*Salve JkRowling*
Résumé du chapitre précédent :
Grâce à Dumbledore, Harry sait que l'héritier de Serpentard répond à ces caractéristiques : plus âgé, avec de l'expérience, beaucoup de connaissances, et doté d'une intelligence particulière. Mais le directeur ne dévoile pas l'identité de celui qu'il croit être cet héritier.
Severus dispute Harry pour avoir risqué sa vie et celle de Caitlin, puis il emmène Harry dans les cachots, où il l'enferme pendant plusieurs jours. Severus fait subir à Drago, avec son accord, des sortilèges Doloris devant Harry. Son objectif : qu'Harry comprenne qu'il ne peut pas toujours sauver et protéger tout le monde, et qu'il apprenne à contrôler ce qui le pousse à se risquer et se sacrifier pour les autres.
Le but n'est pas entièrement atteint, mais l'expérience porte tout de même ses fruits. Lorsque Drago vient libérer Harry après quelques jours, ils se retrouvent enfin ensembles, et quelque chose se passe entre eux. Il semblerait qu'un lien magique et puissant ait commencé de se créer. Ils prononcent alors à l'autre des phrases particulières, qui expriment leurs sentiments, et leurs promesses pour l'avenir.
Ce chapitre se déroule : du dimanche soir 3 décembre au vendredi 8 décembre
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PREMIERE PARTIE
Chapitre 12 – Secrets, Animagus, Et Nouveaux Amis
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A l'heure du dîner, les élèves se dirigèrent comme d'habitude à leurs tables pour le repas. Au bout de celle des Gryffondors, un petit groupe se retrouva à l'écart des autres, et le souci s'affichait sur leurs visages. Leurs camarades ne leur demandaient plus, cela faisait plusieurs jours qu'ils étaient ainsi.
Hermione et Ron étaient très inquiets pour Harry, toujours absent, et dont ils n'avaient aucune nouvelle. Neville et Ginny étaient assis en face d'eux, tout aussi soucieux, surtout depuis que Neville avait avoué ressentir quelque chose de peu agréable lorsqu'il se concentrait sur Harry et le lien qui avait commencé de naître. Luna, à côté d'eux, ne semblait pas avoir beaucoup changé mais son regard semblait plus loin encore que d'ordinaire.
Lisa les rejoignit. D'un commun accord entre les proches amis d'Harry, au courant de ce qu'il se passait, la jeune fille avait été informée des récents évènements. Elle pouvait désormais prendre part aux conversations qui amenaient le sujet des héritiers et du week-end passé, et appréciait de ne plus être complètement à l'écart alors qu'elle était elle aussi proche d'Harry.
- Bonsoir tout le monde, salua Lisa qui ne les avait pas encore croisés de la journée.
Elle s'assit à leur table et commença de remplir son assiette sans grand enthousiasme. Les autres mangeaient peu eux aussi, trop préoccupés pour avaler quoi que ce soit.
- Vous avez des nouvelles d'Harry ? demanda la jeune fille, sans beaucoup d'espoir.
Quelques-uns secouèrent la tête. Ils mangèrent ce qu'ils purent en silence. Relevant la tête, Hermione regarda la table opposée à la leur, et fronça les sourcils.
- Tiens, c'est étrange… murmura-t-elle.
- Quoi ? réagit Ron. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Malefoy n'est pas là, répondit Hermione toujours à voix basse.
Les autres jetèrent des regards vers les Serpentards.
- Pourquoi est-ce étrange ? demanda Ginny. Cette sale fouine doit sûrement être en train de comploter je ne sais quoi dans les cachots…
Ron, Hermione, et Lisa échangèrent des regards qui se comprenaient davantage. Neville les observa une seconde, et posa ses couverts assez brutalement. Tout le monde sursauta.
- Bon, dites-nous ce qu'il se passe avec lui, demanda-t-il avec une autorité dont ils n'avaient pas l'habitude.
Ginny le regarda avec un grand sourire. Neville prenait de plus en plus d'assurance, et si elle pensait y être un peu pour quelque chose, elle avait bien conscience que le jeune homme faisait beaucoup de choses de lui-même aussi. Depuis qu'il avait appris qu'il avait été choisi par Gryffondor pour être son héritier, il compensait ses doutes par des efforts pour se sentir à la hauteur. Et Ginny adorait ça chez lui.
- Qu'est-ce que… commença de demander Hermione avec un air innocent.
- Ca suffit, les regards en coin, les messes basses, tout ça, l'interrompit Neville. Je pense qu'on a le droit de savoir.
Il prit un air déterminé, et Ginny l'appuya en croisant les bras et en regardant leurs amis avec insistance.
- Vous n'avez pas compris ? dit alors Luna de sa voix éthérée.
Elle tourna les yeux vers Neville et Ginny et sourit.
- Ils sont amoureux ! lança-t-elle avant d'échapper un doux rire.
Neville et Ginny restèrent complètement interdits. Ils avaient l'habitude d'entendre leur amie raconter des choses absurdes, mais ils avaient aussi appris à ne pas toujours ignorer ce qu'elle disait. Et en cet instant, ils n'avaient aucune idée de quoi penser de sa déclaration.
- Qui est amoureux ? intervint alors une voix connue.
Fred s'assit près d'eux, suivi de Georges.
- Vous parlez de qui ? insista le premier avec un grand sourire curieux.
- … d'Harry et de Malefoy, lança Ron avec une grimace.
Il n'arrivait toujours pas à se faire à l'idée.
- Alors c'est vrai… ? murmura Ginny, choquée.
Hermione et Lisa hochèrent la tête.
- Attendez, sérieusement ?! réagit Georges déjà mort de rire.
- Mais Lisa, tu… commença Neville, complètement perdu.
Hermione se leva.
- Allons parler ailleurs, dit-elle avec autorité.
Ils étaient tous d'accord avec ça, et la suivirent jusqu'à la Salle sur Demande. Ils s'installèrent dans la pièce qu'ils créaient quand ils se retrouvaient, une pièce confortable avec des fauteuils très agréables, et une cheminée chaleureuse.
Lisa raconta alors la vérité sur la relation qu'elle avait avec Harry, et Hermione précisa deux trois choses qu'Harry avait pu dire à Ron et elle sur ce qu'il ressentait vis-à-vis de Malefoy. Neville s'en remit assez vite, mais Ginny trouva la réalité particulièrement difficile à accepter. Elle blâmait toujours l'ensemble de la famille Malefoy pour ce qui lui était arrivé trois ans plus tôt. Les jumeaux quant à eux prenaient ça avec humour, et considéraient de toute façon que ce n'était pas leurs affaires.
Ils discutaient quand soudain, quelque chose d'étrange se passa. Neville, qui était en train de parler, s'interrompit brusquement. Son regard partit ailleurs. Ses yeux se mirent alors à briller avec force, et un sourire s'étira sur ses lèvres.
Comprenant tout de suite que cela avait à voir avec Harry, Hermione regarda Luna dans la foulée. La jeune fille avait les yeux fermés, et le même sourire qui illuminait son visage.
Elle les rouvrit quelques secondes plus tard. Elle souriait toujours, tout comme Neville, dont les yeux étaient redevenus normaux cependant.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé… ? demanda Hermione prudemment.
- Harry, répondit Neville. Il… je…
Un rire à la fois nerveux et amusé lui échappa. Il passa une main dans ses cheveux, en essayant de se reprendre, toujours troublé par la force de ce qui venait de le traverser.
- Harry et Drago se sont enfin retrouvés, murmura Luna en souriant encore.
- Oui, oui c'est ça… confirma Neville. Je ne sais pas comment… comment je le sais… comment… mais c'est ça, oui, c'est ça…
Il releva les yeux vers les autres, et se mit à rire à nouveau. Il se tourna vers Ginny, et la regarda intensément. La jeune fille rougit.
Soudain sans prévenir, Neville se leva, l'attrapa, et la fit tourner contre lui en riant encore une fois.
- Neville, enfin ! réagit Ginny en voulant comprendre ce qui arrivait au jeune homme.
Et Neville l'embrassa.
Ils se séparèrent en riant bêtement. Fred et Georges se retenaient apparemment de faire une remarque moqueuse, et Ron était trop surpris pour réagir. Quand il reprit enfin ses esprits, Hermione prit soin de lui attraper la main assez fermement pour lui faire comprendre qu'il n'avait pas intérêt à s'insurger comme il semblait en avoir l'intention.
Les jumeaux détournèrent l'attention en s'interrogeant sur ce qui venait de se passer. Hermione estima qu'ils pouvaient aussi être mis dans la confidence des évènements, et leur raconta. Elle leur parla du plan de Voldemort, du Rituel, des puissances ancestrales, des héritiers, d'Harry qui se trouvait au milieu de tout ça sans qu'ils ne sachent encore pourquoi ou comment.
Elle connaissait assez Harry pour savoir qu'il n'aurait jamais accepté de parler à d'autres. Il avait toujours l'impression qu'il devait tout faire seul, pour ne mettre personne en danger. Hermione trouvait cela stupide.
Alors elle décida pour lui que Fred et Georges étaient assez des personnes de confiance pour qu'ils soient au courant de la situation. Et elle estima qu'elle avait eu raison lorsque leur réponse fut de proposer leur aide en quoi que ce soit.
L'une des deux seules choses qu'Hermione garda fut la parenté d'Harry avec Rogue. Les Wesley étaient déjà au courant, mais pas Neville, Luna, et Lisa, et cette information était à la fois trop peu en lien avec les évènements et trop personnelle pour que la jeune fille se permette de la dévoiler dans le dos de son ami.
Hermione ne parla pas non plus du fait qu'Harry avait décidé de prétendre quitter Poudlard après le Bal. Comme les frères et sœur Weasley connaissaient son apparence lorsqu'il la changeait et retrouvait celle qu'il avait en tant que fils de Rogue, et qu'ils le verraient bien quitter le Square Grimmaud avant la fin des vacances, ils seraient forcément au courant. Mais cela pouvait se faire plus tard.
La jeune fille estimait qu'il allait falloir mettre Luna et Neville dans la confidence, en leur qualité d'héritiers. Mais pour ce qui était de Lisa, ce n'était pas encore pareil. Et là, elle laissait à Harry le fait de dire à sa prétendue petite amie qu'il quitterait l'école, et s'il lui apprendrait ou non son véritable retour.
- Quelqu'un sait ce que fait Caitlin aujourd'hui ? Demanda alors Ron en changeant de sujet.
La petite fille avait passé les premiers jours de la semaine à l'infirmerie, et Mrs Pomfresh l'emmenait parfois se promener, mais l'infirmière ne pouvait pas s'occuper d'elle constamment. Les autres professeurs s'étaient dévoués pour prendre Caitlin avec eux dans certains de leurs cours, ce qui ravissait la petite héritière, mais la plupart du temps, elle restait avec Hagrid. Le garde-chasse était tout aussi ravi qu'elle de lui montrer plantes et animaux sans danger, et la petite fille aimait particulièrement être dehors et dans la nature.
- Je crois qu'Hagrid doit l'emmener voir je ne sais quelle créature aujourd'hui, répondit Ginny, avant de renchérir avec humour. Une créature qu'il trouve adorable mais j'avoue que j'ai un peu peur pour elle, Hagrid n'a jamais eu le sens de la mesure…
Ils rirent. Toutefois, personne ne s'inquiéta réellement. Hagrid ne laisserait personne faire de mal à la petite fille, pas même ses créatures favorites.
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Tandis qu'ils se mettaient à discuter d'autre chose, Neville et Luna tournèrent soudain la tête vers l'entrée. Le jeune homme se leva et alla ouvrir la porte avec enthousiasme.
- Harry ! s'exclama Hermione.
Harry était bien là, et il entra en souriant. Lisa se précipita vers lui et le serra fort contre elle. Il lui rendit son étreinte avec beaucoup de douceur en sentant le cœur de la jeune fille battre rapidement.
Hermione fut aussi démonstrative qu'à son habitude lorsqu'elle s'inquiétait pour lui et l'étreignit à son tour lorsque Lisa s'écarta. Les autres furent plus discrets mais manifestèrent avec vigueur leur joie de le revoir.
Après avoir échangé avec Harry une étreinte plus masculine, Ron emmena son ami s'assoir avec eux près de la cheminée, et lui raconta, aidé des autres, ce que le jeune homme avait manqué, des cours et ragots de l'école. Comme Harry ne semblait pas vouloir parler d'où il avait été, personne ne posa la question.
Une fois qu'Harry se fut posé, et qu'ils eurent déjà discuté un moment, Hermione prit la parole. Elle rapporta à Harry ce que toutes les personnes présentes savaient, expliquant pourquoi elle s'était permis de parler. Mais à son soulagement, Harry la remercia.
- J'avais peur que tu m'en veuilles, avoua-t-elle.
Harry allait répondre mais Ron s'avachit à cet instant dans son large fauteuil rouge dans un soupir de contentement. Ginny leva les yeux au ciel.
- La première fois qu'Hermione a créé ce fauteuil, raconta-t-elle à Harry, il a déclaré que c'était le sien, et qu'elle avait intérêt à le faire revenir à chaque fois. Tu t'en doutes, elle n'a pas très bien pris son ton capricieux et autoritaire et les deux fois suivantes elle l'a obligé à s'assoir par terre.
- Mais il s'est fait pardonner, en faisant apparaître des livres très éloquents, n'est-ce pas Ron… intervint Lisa un sourire moqueur aux lèvres.
Ron se mit à rougir et à bredouiller, et tout le monde éclata de rire. Harry remarqua la teinte rose qu'avaient prises les joues d'Hermione et laissa échapper un rire à son tour.
Cela lui faisait tellement de bien de sentir… de sentir de la vie autour de lui. Ses amis lui avaient manqué.
Harry fut ravi d'apprendre que Caitlin était adorée de pratiquement toute l'école, même si personne ne savait comment elle était arrivée là ni pourquoi elle restait au château. Il fut particulièrement enchanté de savoir que Rogue avait pratiquement eu le coup de foudre paternel pour la petite fille, même s'il essayait évidemment de le cacher.
Ils se contentèrent tout d'abord des nouvelles qui restaient sympathiques et qui concernaient Poudlard tout en évitant de parler de Voldemort, de Drago, ou des rumeurs autour d'Harry. Mais celui-ci amena le sujet, tenant à en parler.
- Je sais plus ou moins que Voldemort a eu des accès de colère ces derniers jours, dit-il. Est-ce qu'il y a eu des attaques de Mangemorts ?
- Hum, oui, quelques-unes, répondit Ron.
Les amis d'Harry lui racontèrent alors que Voldemort lançait des attaques sur de nombreux endroits sans réelle logique, comme s'il s'énervait sur tout ce qui lui tombait sous la main. Cela avait provoqué un certain nombre de pertes chez les sorciers comme chez les Moldus, mais cela avait aussi eu un effet positif : désormais, de plus en plus de gens étaient convaincus du retour de Voldemort, et cessait de douter des dires de Dumbledore et d'Harry.
Le jeune homme était soulagé que les sorciers cessent d'ignorer la réalité mais il était affreux de voir qu'il fallait vraiment aux gens des preuves terribles pour croire en quelque chose… Malheureusement, il y avait toujours un groupe qui refusait d'admettre la vérité.
Le Ministère de la Magie, et à sa tête son Ministre, Fudge, tenaient fermement leur position officielle sur le sujet : Voldemort n'était pas revenu. Les journaux, muselés par l'influence du gouvernement, alimentaient sur ses ordres les propos qui faisaient de Dumbledore un vieux sénile et d'Harry un jeune perturbé et complètement fou.
Apparemment, une certaine femme agissait avec force dans ce sens : Dolores Ombrage, sous-secrétaire d'état. Et d'après ce que Fred et Georges avaient compris en espionnant l'Ordre et les professeurs, le Ministère avait l'intention de prendre de plus en plus d'importance au sein de Poudlard, à cause de ce que cette femme amenait à penser.
Mais heureusement, la plupart des sorciers croyaient donc désormais au retour de Voldemort, à cause de toutes les attaques. De plus, au sein même du Ministère, tout le corps des Aurors travaillait avec l'Ordre depuis la capture de Pettigrow et ses aveux complets sous Veritaserum.
- Oh, en parlant de Pettigrow, Harry ! s'exclama Ron au milieu de la conversation. Même si Sirius n'est pas officiellement libre, tout le monde sait qu'il était innocent ! Tous ceux qui acceptent les aveux de ce sale rat, bien sûr, mais ça fait du monde. Et surtout, tous les Aurors se sont mis d'accord pour ne pas arrêter Sirius s'ils le voient. C'est comme s'il était libre !
Les yeux d'Harry s'éclairèrent subitement, et un immense sourire ravi s'étira sur son visage.
- Mais c'est fantastique ! s'exclama-t-il. Je suis tellement content ! Mais comment savez-vous ça ?
- Grâce à nous, au départ, répondit Fred. On a beaucoup espionné les professeurs en ce moment, avec tout ce qui se passe, et comme tous les profs sont dans l'Ordre, ils parlent de tout ça quand ils sont dans leur salle.
Harry réagit sur quelque chose :
- Tous les professeurs sont des membres de l'Ordre ?
- On imagine que oui, parce qu'ils parlent librement de ces sujets. Même si on n'a pas vérifié à chaque fois qui était à l'intérieur, répondit Georges.
- Et il y a eu un article sur Sirius, la traitrise de Pettigrow, qui démontre que le célèbre Sirius Black est innocent. Il a circulé un peu partout, raconta Hermione. Pas dans la Gazette bien sûr, mais dans les rues, sous forme de prospectus, et dans d'autres petits journaux qui étaient d'accord. Evidemment, il a été lu par tout le monde à l'école.
Harry était vraiment heureux. Ils continuèrent de parler, et s'insurgèrent tous avec force contre le Ministère pendant un moment, pour défouler leur colère contre le gouvernement.
Et puis tout le monde commença à s'en aller petit à petit, comme il se faisait tard. Chacun en partant adressa quelques mots amicaux à Harry pour lui souhaiter un bon retour parmi eux, geste qu'il apprécia.
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Bientôt, il ne resta plus que Ron, Hermione, et Harry. Comme ils n'étaient plus que tous les trois, Hermione se risqua à poser la question que personne n'avait osé demander.
- Harry ? Dit-elle d'une voix hésitante.
Il sut immédiatement ce qu'elle allait lui dire.
- Qu'est-ce que… où étais-tu ces derniers jours ? Demanda-t-elle doucement.
Il ne répondit pas. Il ne voulait pas en parler. Il ne voulait rien revivre. Ron regarda Hermione pour essayer de lui dire de ne pas insister. Mais Hermione avait l'impression qu'il fallait justement qu'Harry en parle, et qu'il ne s'enferme pas dans un souvenir qui avait l'air d'avoir été désagréable.
- Quand ils espionnaient les professeurs, Fred et Georges ont entendu Rogue et McGonagall parler de toi un jour, dit alors Hermione. Ils ne l'ont raconté qu'à nous, mais ça ne nous a pas dit grand-chose de toute manière.
Harry resta silencieux à nouveau. Hermione attendit un instant, et puis estima qu'elle n'allait pas insister ce soir-là. Mais Harry demanda, les yeux fixés sur les flammes dans la cheminée :
- Qu'est-ce qu'ils disaient ?
Hermione regarda Ron, qui hocha lentement la tête. Alors elle raconta :
"C'est tellement difficile… Ca ne m'avait jamais affecté comme cela, jamais à ce point…"
"Vous retrouvez ce que c'est que de tenir à quelqu'un..."
Un silence.
"Et où est-ce que… ça se passe ?"
"Tout en bas."
"Comment tient-il le coup ?"
"Pas très bien."
Un silence à nouveau.
"J'ai peur qu'il n'abandonne jamais…"
"Et le jeune Malefoy ?"
"Il tient bon. Il est très courageux."
"Combien de temps encore…"
"Si Harry n'abandonne pas ce soir, j'arrêterai. Je n'en peux plus."
Hermione se tut. Harry n'avait pas bougé. Elle l'observa, essayant d'en apprendre peut-être plus sur ce qui lui était arrivé. Il n'avait pas dû manger beaucoup ces derniers jours, ni vraiment dormir. Il avait de forts cernes sous des yeux fatigués. Hermione pouvait y lire de la lassitude, de la douleur aussi. Mais étrangement, elle y distingua une profonde détermination et une force nouvelle.
Ron décida qu'il était temps d'aller se coucher, et se leva en entraînant Harry avec lui. Il passa ensuite le chemin jusqu'au dortoir à rapporter à son ami les derniers potins des couples qui s'étaient formés en vue du Bal qui approchait.
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C'est avec joie qu'Harry vit arriver Hedwige le lendemain au petit déjeuner. Il avait été bien heureux la veille de ne croiser pratiquement personne mais son arrivée dans la Grande Salle ce matin-là fut une autre paire de manche.
Tous les regards s'étaient tournés vers lui et le silence avait été long et pesant avant de se transformer en chuchotements et conversations assez évidemment à son sujet. Il avait eu une grimace éloquente mais était allé s'assoir sans commentaires.
Hedwige se posa devant lui avec sa grâce habituelle et laissa Harry prendre la lettre qu'elle portait. Elle but quelques gorgées de jus de citrouille, et attendit que son maître ouvre le courrier qui lui était adressé avant de quémander quelques caresses qu'Harry lui donna affectueusement tout en commençant de lire.
Ses yeux s'éclairèrent en découvrant son interlocuteur, et il prononça simplement le nom de son parrain à l'intention de Ron et d'Hermione avant de continuer sa lecture.
« Harry,
Il faudra vraiment qu'on discute de cette Lisa et de comment tu as fait pour l'inviter, je veux tout savoir.
Ce fameux bal approche, j'espère que tu as une tenue convenable ! La vieille chouette a bien raison de laisser plusieurs heures aux filles pour se préparer, et je te préviens Harry, si une fille n'est pas contente de l'état de son cavalier, ledit cavalier en est assez rapidement informé ! Et pas par des politesses, si tu vois ce que je veux dire…
Une Serdaigle, c'est bien ça ! Elle peut t'aider pour tes devoirs ! Héhé… Je ne sais pas si tu as déjà essayé, mais je ne te conseille pas de lui demander de les faire à ta place… Une Poufsouffle te les ferait sûrement, mais pas une Serdaigle ! Les Serdaigles sont assez fières, si j'en crois ma vieille expérience…
Mais du moment que tu ne nous ramènes pas une Serpentard, choisis donc la plus jolie et la plus utile ! Je plaisante. J'ai déjà réservé tous les autres soirs que celui de Noël juste pour discuter de filles avec toi… »
Harry ne pouvait plus continuer à lire tant il riait. Lorsque Sirius saurait ce qu'il en était réellement !
« … Vous venez bien tous au Square Grimmaud pour Noël, on viendra vous chercher à la gare (mon cas est toujours sujet à polémiques mais je compte venir quand même. Non mais.)
Errol partira en même temps qu'Hedwige mais je doute qu'ils arrivent ensembles à Poudlard. Molly y indique les différentes modalités pour ces vacances. »
Harry indiqua à Ron que le hibou de sa famille était censé arriver également. Le jeune homme scruta le plafond et regarda par les hautes fenêtres, mais ne vit rien venir. Il soupira, las de cet animal trop vieux, et haussa les épaules avant de replonger dans son assiette.
« … Je ne sais pas ce que tu veux me dire à propos de Rogue et comme je n'en ai aucune idée, ça m'inquiète. Surtout que Remus a fait une tête bizarre en lisant ta lettre alors maintenant je m'attends au pire…
Concernant les particularités des Maraudeurs, comme tu l'as formulé, Remus et moi serons ravis de vous conseiller à ce sujet, et avons été très excités de savoir qu'une relève se préparait !
J'ai hâte de te revoir, tout le monde est impatient que vous arriviez. Passe le bonjour à Ron et Hermione, et vous avez celui de Remus.
Avec toute mon affection,
Patmol
PS : dis à Hermione que nous sommes partants. »
Harry reposa la lettre et la tendit à Ron et Hermione qui la lurent rapidement. Sirius avait toujours un don pour lui remonter le moral, l'aider à se sentir mieux et plus léger, c'était vraiment appréciable.
Attendant que son amie arrive au bas du parchemin, Harry la fixa et chercha à deviner ce à quoi Sirius pouvait bien faire allusion. Elle sentit son regard mais chercha à l'ignorer innocemment.
- De quoi il parle ? interrogea Ron après avoir lu à son tour. Tu leur as demandé quoi Hermione ?
- Ne vous inquiétez pas, je vous en parlerai en temps voulu, fut tout ce que la jeune fille répondit.
- Pourquoi pas maintenant ? s'enquit Harry, intrigué.
- Parce que je veux être certaine que cela se fera avant d'en parler et de donner de faux espoirs, répondit Hermione fermement.
Ron prit un air indigné mais comme Harry n'insistait pas, il dut juger que c'était la meilleure attitude et retint toute protestation.
La matinée fut agréable, et Harry avoua à Hermione qu'il était bien content de retrouver les cours après cette semaine difficile.
Toutefois, lorsqu'au déjeuner, elle évoqua le cours de Potions, Ron et elle virent le visage du jeune garçon s'assombrir.
- Ca va Harry ? demanda Hermione.
- Je n'avais plus en tête notre cours préféré… marmonna-t-il avec cynisme.
Ron et Hermione échangèrent un regard perplexe.
- Mais euh, hum… tu étais en bon terme avec… Rogue, chuchota Hermione.
- Il s'est passé quelque chose ? ajouta Ron sur le même ton. Avec la conversation que les jumeaux ont surprise entre McGonagall et lui, on a plus ou moins compris qu'il avait quelque chose à voir avec ton absence, mais…
- Oui il s'est passé quelque chose avec lui, coupa Harry sèchement. Je ne dirai rien de plus.
Ses deux amis se regardèrent à nouveau et n'ajoutèrent rien. Harry réalisa qu'ils ne méritaient pas qu'il s'énerve contre eux.
- Je suis désolé, s'excusa-t-il. Je ne vais juste pas être de très bonne humeur jusqu'à ce qu'on soit sortis de ce cours. Et en plus on est avec les Serpentards ! Et dire que la journée avait si bien commencé.
Harry se leva de table avec lassitude.
- Etre avec eux ça veut dire être dans la même pièce que Drago, expliqua-t-il à voix basse. Et je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée avec ce qui s'est passé hier.
Il se mit à marmonner.
- Déjà que j'ai un mal fou quand on est en même temps dans la Grande Salle alors je ne veux même pas savoir dans une salle de classe…
- Je ne comprends pas bien, Harry… dit Hermione en fronçant les sourcils.
Les trois jeunes sorciers quittèrent la table pour de bon et commencèrent de sortir de la Grande Salle. Harry essaya d'expliquer sur le chemin ce qu'il ressentait. Quelque chose s'était passé entre Drago et lui la veille, qui ne s'était apparemment pas arrêté. Il ne leur raconta pas les circonstances, et resta très vague, mais il parla tout de même des vagues de magie qui les avaient emplis et s'étaient mêlées.
- Et depuis, je sens constamment sa présence dans mon esprit, annonça-t-il alors.
Hermione le regarda avec surprise.
- Où qu'il soit, je sais où il est. Je peux sentir à quelle distance il est de moi, et dans quelle direction, continua Harry.
Il rougit, un peu gêné. Intérieurement, il désespérait de comprendre ce qui se passait entre Drago et lui.
- Ce n'est pas un problème, ça, même si c'est étrange, mais il y a quelque chose de plus : depuis hier, j'ai l'impression que tout en moi cherche à tout prix un contact physique avec lui. J'ai l'impression de lutter constamment pour ne pas aller vers lui, essaya d'expliquer Harry.
Il avait du mal à mettre des mots sur ce qu'il ressentait, c'était à la fois confus et complètement inconnu, et perturbant.
- Oh, effectivement, répondit Hermione en se mettant à réfléchir pour essayer de comprendre le phénomène.
Ils ne dirent rien de plus pour le moment.
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Lorsqu'ils arrivèrent à proximité des cachots, une vague de sensations et de souvenirs douloureux envahirent soudain Harry. Il s'arrêta brusquement et dut se concentrer pour garder une respiration normale.
- Qu'est-ce qu'il y a Harry ? réagit Ron, s'étonnant de voir son ami s'arrêter.
- Rien, répondit Harry d'une voix bien moins assurée que ce qu'il aurait voulu.
- Harry, tu es tout pâle, qu'est-ce que tu as ? demanda Hermione à son tour.
- Rien du tout, répliqua Harry plus violemment.
Ron fronça les sourcils et regarda successivement l'entrée des cachots et Harry qui avait les yeux fixés dessus et qui ne bougeait plus. Hermione essayait de comprendre mais ce fut Ron qui trouva le premier.
- McGonagall et Rogue ont parlé des cachots dans la discussion rapportée par Fred et Georges, se rappela-t-il. Ils ont dit que tu étais… "tout en bas" et ont exprimé que c'était difficile…
- Harry… Qu'est-ce que Rogue t'as fait subir tout au fond des cachots ? demanda Hermione avec hésitation, comprenant à son tour.
Harry déglutit et resta silencieux. Il serra les dents et les poings, et avança soudain d'un pas rageur vers la salle de cours. Hermione et Ron le regardèrent s'éloigner et voulurent le suivre mais une voix murmurée les fit se retourner d'abord.
- Vous ne devriez pas lui parler de ce qui s'est passé. Et en dehors des cours, évitez de trop venir par ici avec lui. Pour le moment en tout cas.
Les deux Gryffondors prirent un air surpris en entendant les dires de Drago. Son regard était extrêmement fermé. Ils ne répondirent rien et il partit rapidement.
- Hermione, qu'est-ce que tu penses de tout ça ? demanda Ron à voix basse.
- Je ne sais pas trop, répondit lentement la jeune femme sur le même ton.
- Qu'est-ce qu'il y a… "tout en bas" ?
- Je ne sais pas.
Ce furent inquiets que les deux Gryffondors rejoignirent leur ami et leurs camarades devant la salle de potions. Harry avait un air sombre, et quand la porte s'ouvrit, il entra rageusement dans la pièce et alla s'installer le plus loin possible du bureau du professeur.
Rogue le regarda passer sans laisser transparaître la moindre réaction sur son visage mais Drago qui le connaissait bien et Hermione qui remarquait beaucoup de choses virent ses doigts se crisper légèrement sur la porte qu'il avait ouverte.
Son attitude fut bien plus sèche et agressive que les semaines précédentes, où tous avaient pu remarquer qu'il s'était considérablement adouci comparé au début de l'année, et il enleva un nombre impressionnant de points aux Serpentards autant qu'aux Gryffondors en l'espace des deux heures de cours.
Ron s'était assis à côté d'Harry et essayait de détendre l'atmosphère mais Harry semblait aussi tendu qu'une corde raide. Il insista particulièrement pour que ça soit Ron qui se déplace et non lui, pour ne pas risquer de trop s'approcher de Drago, ce qui aurait inévitablement fini par dégénérer, et pour montrer ostensiblement à son père, à ce moment-là détesté avec force, qu'il lui en voulait toujours, et beaucoup.
La fin du cours fut un soulagement pour tout le monde, et tous eurent enfin l'impression de respirer correctement en sortant de la salle. Hermione traîna Harry et Ron à la bibliothèque pour les obliger à faire leurs devoirs du jour immédiatement, sachant pertinemment que s'ils repoussaient à plus tard, ils ne les feraient jamais le jour même, et surtout pas après leur entraînement de Quidditch.
De plus, il fallait absolument concentrer Harry sur quelque chose pour lui éviter de trop penser.
Elle les força à rester jusqu'à ce qu'ils n'aient plus rien à faire pour les jours à venir et quand ils n'eurent plus qu'une petite demi-heure avant leur entraînement, elle les laissa enfin partir.
Harry sortit le premier de la bibliothèque et Hermione attrapa le bras de Ron avant que celui-ci ne suive leur ami.
- Ron, fais attention d'accord ? J'ai l'impression qu'il est sur le point d'exploser, murmura la jeune fille.
- Oui, ne t'inquiète pas, répondit Ron, conscient de la situation. Je glisserai à Angelina l'idée de forcer sur ses exercices.
Hermione hocha la tête et regarda son petit ami s'en aller à la suite d'Harry toujours aussi fermé et sombre.
Grâce à Ron qui laissa échapper quelques mots devant Angelina quant au manque qu'Harry avait d'efforts physiques, la capitaine de l'équipe des Gryffondors chargea l'attrapeur de tactiques à travailler en plus de l'entraînement habituel.
Harry n'était pas idiot et il avait bien compris qu'il le devait à Ron mais ne lui en voulut pas, au contraire. Voler lui faisait toujours du bien, et se concentrer sur autre chose que ses soucis du moment ne pouvait être que bénéfique pour lui.
Et lorsque Ron et lui quittèrent l'entraînement, il se sentait effectivement beaucoup mieux.
Lorsqu'ils arrivèrent à leur salle commune, Hermione n'y était pas, mais Parvati vint leur donner un mot de sa part :
"Ne m'attendez pas, je suis allée discuter de quelque chose en rapport avec ce dont je ne veux pas vous parler tout de suite.
Harry, ferme ton esprit. Et ne râle même pas.
Ron, va te coucher, sinon tu vas encore dormir en Histoire de la Magie demain et je t'ai déjà dit que je ne voulais plus que tu prennes mes notes.
Bises à tous les deux et bonne nuit."
Ron jura tandis qu'Harry, le cœur plus léger que plus tôt, éclatait de rire.
- Non mais Harry ce n'est pas drôle ! On dirait ma mère !
Harry ne répondit rien et monta se coucher, épuisé par l'entraînement. Ron le suivit en marmonnant des paroles incompréhensibles mais se mit au lit sans discuter… ce qui l'exaspéra lui-même encore plus, faisant rire Harry à nouveau.
Allongé sur son lit, Harry respira lentement et essaya de vider son esprit. L'exercice fut particulièrement difficile ce soir-là. Tous les évènements de la dernière semaine ne cessaient de revenir, par flashs d'images, l'empêchant de trouver la paix intérieure qu'il cherchait à atteindre.
Il se concentra alors sur la recherche de son Animagus pour centrer ses pensées sur ce sujet uniquement. Ils n'en avaient pas encore reparlé, mais lorsqu'ils en avaient discuté la première fois, Ron, Hermione, et lui avaient établi qu'ils devaient essayer d'atteindre une certaine quiétude pour commencer de visualiser leur animal. Il s'endormit avec l'impression de courir au milieu d'une forêt.
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Le cours de Défense quelques jours plus tard aurait pu être une occasion pour Harry et Drago de se rapprocher mais Harry avait tellement peur de finir par lui sauter dessus qu'il fit tous les efforts du monde pour rester le plus loin possible du Serpentard.
Drago ne comprenait pas très bien mais ne s'offusqua pas car il ressentait lui-même parfois des… pulsions qui le poussaient vers Harry. Il chercha à faciliter les choses à Harry en se mettant avec Blaise lorsqu'il fallut se mettre par deux pour la pratique d'un sortilège à apprendre.
Il remarqua du coin de l'œil que Théodore n'appréciait pas vraiment se faire prendre ainsi son partenaire habituel mais le Serpentard peu bavard alla simplement trouver quelqu'un d'autre. Miss Mint quant à elle ne fit aucune remarque face à ces changements, voyant bien qu'il y avait quelque chose.
Drago avait vu les tentatives presque désespérées d'Harry pour ne jamais se rapprocher de lui et s'il ne ressentait pas aussi intensément le besoin d'aller vers lui, après une heure passée à pratiquer la magie dans la même pièce, il commença à s'affoler de sentir ces étranges pulsions être bien plus fortes désormais que lorsqu'ils étaient entrés dans la salle.
Jetant un coup d'œil vers Harry, il vit que le Gryffondor était particulièrement tendu, et crut comprendre que Weasley avait du mal à rester au niveau de son partenaire. Il grimaça et se reconcentra sur son propre duel, conscient que laisser dériver ses pensées vers Harry n'allait pas aider la situation à s'améliorer.
Ron sentait l'air s'alourdir autour d'Harry, et il commença à ressentir des sortes de vagues de magie émanant de son ami. D'une magie… pas assez neutre à son goût. Quand il croisa le regard d'Hermione, il comprit que la magie d'Harry était en train d'emplir la pièce toute entière à force d'être contenue.
Harry était bien conscient de ce qui se passait mais ne savait pas comment y remédier. Observant ses camarades, il s'aperçut qu'il projetait involontairement sur eux ce qu'il ressentait, sa frustration et son désir.
Les duels commençaient à devenir plus violents et… passionnés. Il fallait qu'il fasse quelque chose pour arrêter ça.
Drago avait de plus en plus de mal à rester détourné d'Harry. Mais lorsqu'il reconnut, venant du Gryffondor, cette détermination qu'il adoptait parfois, Drago se retourna brusquement vers lui.
Il vit avec effroi le rayon rouge d'un sortilège se diriger droit sur son torse, et l'envoyer contre le mur avec fracas.
Tous les regards se tournèrent vers Harry et Ron. Harry laissa échapper un gémissement de douleur, allongé par terre, et son ami se précipita vers lui.
Drago se retint de lâcher un juron et dut faire preuve de toute sa volonté pour ne pas courir à son chevet. Cela allait même plus loin que la simple inquiétude, il sentait tout son être se tendre et lui hurler d'aller vers Harry et de vérifier qu'il allait bien et de le soigner si besoin, et…
Blaise envoya son poing dans son épaule et Drago tourna la tête à une rapidité légendaire pour le foudroyer instantanément du regard. Mais le Serpentard, nullement effrayé, lui envoya un sourire moqueur. Drago ne réagit pas. Il ne savait pas ce que Blaise savait mais il avait compris que celui-ci venait de le faire se détourner de ce fichu Potter.
Harry cligna péniblement des yeux et distingua le regard inquiet de leur professeur et de ses amis. Il essaya de se relever mais ressentit alors une douleur fulgurante dans le dos. Il dut se mordre la lèvre pour ne pas crier.
Ron et Neville se dépêchèrent de l'aider à se relever et Miss Mint leur demanda de l'emmener à l'infirmerie. Le soutenant, ils sortirent de la pièce.
Drago ressentait toujours l'attirance physique et magique, qui l'habitait depuis qu'il s'était passé cette chose étrange le soir où il l'avait libéré, mais il sentit aussi que l'atmosphère de la pièce était devenue subitement plus respirable lorsqu'Harry l'avait quittée.
Certains élèves se regardaient étrangement, voire avec hostilité, mais Drago lut aussi du désir dans certains regards échangés. Il laissa échapper un rire nerveux en passant une main dans ses cheveux.
Le professeur laissa passer un temps où tous furent assez mal-à-l'aise avant de se reprendre. Ils remirent la salle en ordre et le cours se termina par de la théorie des sortilèges de défense.
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Drago sortit de la classe assez perdu sur la conduite à tenir. Il n'avait qu'envie de monter voir Harry, mais ne pouvait aller à l'infirmerie sans une excuse valable, et cela n'en était pas une qu'il pouvait officiellement faire valoir.
C'est alors que Blaise et Théodore l'encadrèrent et le firent aller avec eux dans la direction que Granger avait prise, tout en envoyant Crabbe et Goyle aller voir ailleurs si Drago y était.
- Qu'est-ce que vous faites ? réagit-il.
- Nous ne sommes pas complètement stupides Drago, tu sais, lui dit Blaise avec légèreté.
- Et on sait observer, compléta Théodore.
Drago les regarda avec incompréhension.
- Ca ne me dit pas ce que vous êtes en train de faire ? essaya-t-il de savoir.
- On suit Granger, répondit Blaise.
- Pourquoi on suit la Sang-de… ? commença de dire Drago avec son masque de dédain.
- Oh, je ne suis pas sûr que ton cher et tendre apprécie que tu l'appelles comme ça… l'interrompit Théodore, très calme.
Drago s'arrêta brusquement et regarda fixement Blaise et Théodore l'un après l'autre. La grimace moqueuse sur le visage du premier et l'air sarcastique du second firent s'emballer son pouls. S'ils avaient pu deviner, alors, peut-être d'autres… Il serra les poings et les regarda d'un air menaçant.
- Qu'est-ce que vous racontez… ? demanda-t-il entre ses dents.
Les deux Serpentards levèrent les yeux au ciel face à sa réaction.
- On te l'a dit, nous sommes très observateurs, répéta Blaise.
- Rassure-toi, tu as été très discret, personne n'a compris ce qu'on a compris, dit Théodore toujours aussi calme. On n'a deviné que parce qu'on a bien regardé.
- Et aussi parce qu'on est tes amis, ajouta Blaise très sérieusement.
La réplique de Drago et son attitude de Prince des Serpentards ne tarda pas.
- Je n'ai pas d'ami, seulement des servi…
- Ca suffit Drago, coupa Théodore. Ca va bien cinq minutes, mais toi comme nous savons très bien que tu nous considères pour plus que de simples serviteurs, comme tu dis. Et nous avons été amis bien avant que tu décides que nous n'étions pas assez bien pour toi.
Théodore n'avait pas prononcé la fin de sa phrase comme une accusation, mais elle sonnait trop comme tel pour que Drago puisse l'ignorer.
- Et si nous ne sommes pas tes amis, il n'y a aucune raison de garder secret ce que nous avons découvert n'est-ce pas ? lança Blaise.
- Si vous osez… réagit Drago avec colère.
- Mais calme toi enfin, tu ne comprends rien, vraiment ! s'agaça Blaise.
Drago se tut et croisa les bras en toisant ses deux… amis.
- Bon, maintenant que ce point a été éclairci, pouvons-nous avancer ? On va perdre Granger, reprit Blaise
- Son prénom est Hermione, corrigea calmement Théodore.
- Pourquoi tu l'appelles par son prénom ? réagit immédiatement Blaise.
Drago fut surpris de voir son ami réagir avant qu'il n'en ait eu le temps lui-même. Ils se mirent à se chamailler et Drago leva les yeux au ciel.
Hermione entra dans la bibliothèque et ils entrèrent à sa suite mais n'allèrent pas la voir tout de suite. Blaise et Théodore firent assoir Drago à une table depuis laquelle ils pouvaient vérifier qu'elle ne partait pas.
- Et pourquoi on l'a suivie déjà ? demanda Drago à voix basse. Parce qu'espionner quelqu'un qui fait ses devoirs...
- Tais-toi deux minutes, répondit Blaise. Ecoute, on a appris des trucs, et tu es sensé en savoir d'autres. Le plan c'est qu'on recoupe nos infos et qu'ensuite on aille interroger Grang… Hermione sur les points qui nous manqueront, histoire d'être au courant de tout nous aussi.
Alors que Drago ouvrait la bouche pour répondre, une ombre surgit soudain. Levant la tête, ils déglutirent en découvrant une Hermione Granger, les sourcils froncés, les mains sur les hanches.
- Hum, hum, il est fort impoli de suivre les gens, de les espionner, de parler d'eux et de leurs amis dans leur dos, et d'avoir l'intention de leur extorquer des informations !
Les trois garçons, malgré leur éducation de nobles sang-purs avant tout fondée sur une extrême maîtrise du paraître, sentirent le rouge leur monter aux joues, et eurent un instant l'impression d'être des enfants pris en faute, sous le regard de l'intelligente et perspicace Gryffondor.
- Oh, salut Granger…Hermione, rectifia Blaise en grimaçant à cause du coup de coude de Théodore. On ne t'avait pas vue dis donc… ajouta-t-il en prenant un air innocent.
- Vous n'êtes pas aussi discrets que vous le prétendez, répliqua Hermione.
- Ou alors c'est toi qui es une très bonne observatrice, proposa Blaise en souriant avec innocence.
- Essaie de te rattraper, faux-jeton ! marmonna Drago.
- L'important c'est que je ne vais pas vous laisser fouiner de cette manière sans être certaine que vous n'allez pas porter préjudice à Harry ! déclara fermement la jeune femme.
Le regard profondément outré de Drago lui donna envie d'éclater de rire, mais elle ne laissa qu'un léger sourire transparaître, soucieuse de garder son autorité sur les deux autres.
Blaise et Théodore se regardèrent, sérieusement. Ils regardèrent Drago, regardèrent Hermione, se regardèrent à nouveau. Lorsqu'ils levèrent les yeux vers la Gryffondor, celle-ci put lire de la détermination et de la sincérité.
Théodore s'adressa à elle le premier.
- Je ne t'apprends rien en te disant que nous ne sommes pas nos parents, tu as déjà pu t'en rendre compte par toi-même en travaillant avec moi. Si notre éducation et notre entourage ont cherché à nous apprendre à penser d'une certaine façon, Blaise comme moi avons grandi et avons appris à réfléchir par nous-mêmes. Et en voyant Drago, le plus Serpentard d'entre nous, parvenir à changer, nous nous sommes dit que nous pouvions le faire nous aussi.
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- Et là Blaise se lève et tend la main vers moi pour que je la serre en me disant de te transmettre qu'ils sont avec toi désormais, acheva de raconter Hermione à Harry.
Si Harry faisait une tête de six pieds de long en l'entendant, ce n'était rien à côté des airs ahuris qu'arboraient Ron et Neville. Les filles avaient d'avantage de contenance mais Ginny semblait avoir du mal à accepter que ce que venait de dire Hermione était vrai et Lisa avait un air un peu perdu. Seule Luna avait gardé cet air rêveur et impassible, à son habitude, et comme Hermione s'y attendait, elle ne semblait pas surprise le moins du monde.
- Donc Harry, si tu me le permets, je… voulut continuer Hermione. Harry ? Harry !
Harry sursauta.
- Ca fait bizarre... dit-il. Nott et Zabini pères sont des Mangemorts, Nott était au cimetière au mois de juin, et les Serpentards ne sont pas réputés pour être de mon côté, alors, c'est juste… étrange.
Hermione hocha la tête, comprenant bien son problème.
- Comme l'a fait remarquer Théo, Drago a bien accepté lui, rappela-t-elle.
- Tu es certaine de leur sincérité ? demanda le jeune homme.
- Je ne peux évidemment pas être sûre mais je pense qu'ils ne mentaient pas, répondit Hermione.
Harry resta silencieux un instant, perdu dans ses pensées, essayant d'imaginer ce qu'il serait prudent, ou bon de faire.
Son esprit dériva vers l'incident de la matinée : pendant le cours de Défense, ce qu'il avait ressenti était devenu trop incontrôlable et en voyant à quel point cela commençait à atteindre les autres élèves, il avait jugé préférable d'y mettre fin, avant que la situation ne dégénère pour de bon.
Et aller embrasser fougueusement Drago avec d'autres idées en tête n'aurait certainement pas été une bonne idée, particulièrement pas pour le Serpentard.
Il avait alors laissé un sort de Ron le toucher, pour avoir une excuse pour sortir de la salle. Mais le sortilège rendu plus fort par l'ambiance tendue et emplie de magie, et il avait eu plus mal que prévu.
C'est ainsi qu'il avait été de retour à l'infirmerie. Caitlin et Mrs Pomfresh l'avaient accueilli avec des airs faussement mécontents et Ron s'était pris un fou rire à voir la petite héritière imiter le comportement de l'infirmière.
Caitlin se plaisait beaucoup à aider à soigner les gens. Et voir Harry avait été un réel plaisir pour elle, surtout après presque une semaine à ne pas avoir de ses nouvelles. Le jeune homme l'avait enlacée un long moment, et lui avait promis plusieurs fois qu'il ne l'abandonnerait jamais. La petite fille avait trop besoin d'être rassurée, et de sentir qu'Harry serait toujours là pour elle…
Après simplement une heure à l'infirmerie, Harry avait pu repartir. Ron, Neville, et lui étaient retournés en cours, heureusement non en commun avec les Serpentards, et le petit groupe de Gryffondors accompagné de Luna et Lisa s'était retrouvé dans la Salle sur Demande à la fin de la journée.
Secouant la tête, Harry se reconcentra sur la conversation et les sujets actuels.
- Très bien, je pense qu'on peut essayer de leur faire confiance, et de les inclure un peu de temps à autre, finit-il par dire.
- Ce ne sera pas un problème pour eux si on les voit avec nous, ajouta Hermione. Drago a son image à tenir mais les autres Serpentards de son année créent des liens avec les autres Maisons sans problème, grâce aux groupes de travail entre autre.
Ron intervint :
- Au fait, Justin Finch-Fletchley est venu nous dire à Neville et moi que les autres gars de notre année se réunissaient vendredi après-midi prochain, avant le bal.
- Oui, comme les filles vont se retrouver pour se préparer, Seamus et Dean ont dit qu'ils ne voyaient pas pourquoi les garçons ne feraient pas pareil, compléta Neville. Même si se préparer chez nous n'a pas les mêmes proportions que du côté de nos cavalières…
- On va discuter des filles et de comment ne pas faire de gaffes, ajouta Ron en riant.
Les filles levèrent les yeux au ciel.
- Et nous les filles trouvons que c'est une très bonne idée ! rétorqua Lisa. Ce qui est super c'est que les filles de Serpentard seront là aussi, et bien que je déteste Pansy Parkinson, j'apprécie beaucoup Daphné et quelques autres.
Harry réalisa soudain quelque chose.
- Euh, il y aura les garçons de Serpentard aussi avec nous j'imagine… dit-il.
- Oui, bien sûr, l'idée est qu'on soit tous ensembles, pourquoi… Oh, mince, ça va aller Harry ? finit Ron en se retenant de rire.
- Ce n'est pas drôle ! se plaignit Harry.
- Si, beaucoup. Malefoy et toi dans la même pièce remplie de gars parlant de leurs cavalières… Hahaha !
Ron se mit à rire, suivi de la plupart. Ceux qui avaient assisté au cours de Défense ce matin-là avaient raconté aux autres ce qui s'était passé, et l'idée que cela continue jusqu'aux vacances les avaient tous plutôt fait rire.
- Mais Harry a une cavalière, n'est-ce pas ! intervint Lisa, faussement agacée.
- Oups, désolé, s'excusa Ron sans la moindre sincérité.
Hermione leva les yeux au ciel.
- Ron tu as vraiment des cours à prendre. Tu manques cruellement de tact et de délicatesse.
Elle se tourna vers Harry.
- Et puis, c'est dans un peu plus d'une semaine, je suis sûre que les choses se seront améliorées, concernant Malefoy, dit-elle convaincue.
Harry espérait qu'elle avait raison…
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Le lendemain, il monta voir le professeur Dumbledore, à sa demande.
- Et bien Harry j'ai appris que tu étais encore passé par l'infirmerie aujourd'hui !
Harry grimaça.
- Disons que j'ai préféré me laisser toucher par un sort que de rendre une classe entière complètement dingue…
- Peux-tu m'expliquer ?
Dumbledore alla s'assoir à son bureau et croisa ses mains devant lui. Harry essaya de lui raconter et de lui expliquer ce qu'il s'était passé, depuis le moment où Drago et lui s'étaient… retrouvés, jusqu'aux récents incidents. Il lui raconta aussi les fois où Drago avait senti lorsqu'il était mal, lorsqu'il souffrait à cause de sa cicatrice, ou pour d'autres raisons.
- Et la semaine dernière… commença ensuite Harry, voulant parler de ce qu'il avait ressenti lorsque Drago avait subi le Doloris devant lui.
Dumbledore l'interrompit.
- Je tiens à te présenter mes excuses, Harry, à ce propos. Même si je considère que cela était nécessaire, je sais que cela n'a été facile pour personne.
Harry hésita un instant, et puis décida de ne pas partir dans cette voie.
- C'est bon, je… j'ai compris la raison, dit-il simplement.
- Tu me disais, avec le jeune Malefoy… ? reprit Dumbledore.
Il comprit qu'Harry ne voulait pas encore parler de comment il considérait ce qui s'était passé alors il n'insista pas. Harry essaya de retrouver ce qu'il avait ressenti : à quel point cela avait été insupportable, à quoi point il lui avait été impossible, même de prétendre que voir Drago souffrir lui était indifférent.
- Qu'avez-vous dit Harry ? demanda ensuite Dumbledore. Essaie de te souvenir, et de réfléchir sur ce que vous vous êtes dit. Peux-tu me le répéter ?
- J'ai dit… j'ai dit que je l'aimerai, que je le protégerai, que je me battrai pour lui. Et lui, lui a dit qu'il guérirait mes blessures, et qu'il serait à mes côtés. Il a dit qu'il serait mon compagnon. Il m'a dit… il m'a dit d'être son prince…
Harry était un peu gêné de raconter cela au professeur Dumbledore. Mais les yeux du directeur brillaient avec force, et Harry prit la mesure de l'importance de ce qui s'était joué ce soir-là.
- Que lui as-tu répondu Harry… ?
- Je lui ai dit… d'être mien à jamais.
Dumbledore se renversa dans son fauteuil, un sourire de contentement accroché à ses lèvres, ses yeux pétillant plus que jamais. Fumseck laissa échapper un hululement joyeux et agita ses ailes sur son perchoir.
- Professeur, pourquoi est-ce que je ne peux pas supporter de rester trop longtemps dans la même pièce que Drago sans enflammer tout le monde ? Pourquoi est-ce qu'il s'est passé tout ça entre nous ? Qu'est-ce que cela signifie ? interrogea Harry, désespérant de comprendre.
- Le Prince et son Compagnon Harry… Je te suggère de chercher sur ce sujet si vous souhaitez d'autres réponses.
Harry resta silencieux un instant puis soupira, comprenant que Dumbledore ne serait pas plus clair pour le moment.
On frappa à la porte, et Dumbledore invita à entrer. Severus apparut. Harry lui jeta un regard noir pour toute salutation, et tourna la tête.
- Asseyez-vous donc Severus, dit le directeur. Nous devons parler plus en détails du départ d'Harry.
Harry le coupa pour lui suggérer ce à quoi il avait pensé avec ses amis :
- Nous nous sommes dit que Lisa et moi, ainsi qu'avec Ron et Hermione, nous pourrions nous disputer à la fin du bal, et j'en profiterai pour partir.
Dumbledore hocha la tête. L'idée était de faire croire qu'Harry se séparait de ses amis pour qu'ils ne soient pas mis en danger, ou leurs familles.
- Lorsque tu sortiras du château, quelqu'un de confiance t'attendra et t'emmènera au Square Grimmaud, compléta Dumbledore. Je vous laisse décider entre vous à quel moment, Harry, tu iras avec ton père pour devenir Darren Prince, comme décidé.
Harry acquiesça. Severus voulut prendre la parole :
- Peut-être…
Mais le regard noir d'Harry fut si violent qu'il l'empêcha de continuer.
- Merci, professeur, siffla Harry avec insolence en insistant bien sur le titre, mais je crois que j'ai eu assez de vos brillantes idées pour l'instant.
- Potter, vous allez me parler sur un autre ton, répliqua Rogue qui avait entièrement retrouvé ses facultés.
- Ne m'appelez pas Potter quand ce n'est pas nécessaire ! réagit Harry avec colère.
Il détestait ça. Quand son père l'appelait ainsi, c'était comme s'il reniait leur filiation. Et il l'avait vouvoyé, comme… avant. Et cette façon de prononcer son nom…
- Je t'appellerai autrement quand tu le mériteras ! répondit Rogue.
Harry eut l'impression de recevoir une gifle. Il serra les poings.
- Tu n'as rien compris ! cria-t-il. Tu mélanges tout !
Severus resta interdit. Qu'avait-il…
- J'en ai marre !
Et Harry se leva, et sortit en fermant rageusement la porte derrière lui. Severus se leva à son tour et se tourna exaspéré vers Dumbledore. Mais il prit une mine déconfite en voyant le directeur le regarder lui avec lassitude.
- Harry a raison, vous mélangez tout mon ami, lui dit doucement le directeur.
- Mais, il… enfin Dumbledore j'ai le droit d'exiger un minimum de respect dans la façon dont il s'adresse à moi ! répondit Severus, perdu.
- Il vous a demandé de ne pas l'appeler Potter. Il veut que vous l'appeliez par son prénom, ou je pense au moins par le nom de famille qui est aussi le vôtre, parce qu'il est votre fils et qu'il veut l'être. Et tout ce que vous lui avez dit à l'instant, c'était que vous ne le considérerez comme votre fils que lorsqu'il le méritera.
- Mais non, je ne voulais pas dire ça !
- Bien sûr que non. Mais Harry est un adolescent impulsif qui ne réfléchit parfois pas assez. Et après ce que vous lui avez fait vivre en plus la semaine passée…
Severus jura et se laissa tomber sur le fauteuil le plus proche.
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Harry retrouva Ron et Hermione, toujours énervé. La jeune femme eut alors une bonne idée pour lui changer les idées, et ils allèrent dans la Salle sur Demande.
- Alors, avez-vous des idées de quel animal serait votre Animagus, demanda-t-elle avec enthousiasme.
Les deux garçons réagirent avec plaisir à ce sujet de conversation.
- Quand je réussis à atteindre cet état dont on a parlé la dernière fois, état de quiétude, j'ai l'impression de courir dans les bois, répondit Harry. Enfin, pas de courir comme moi je courrais, mais de courir comme un animal peut courir, si vous voyez ce que je veux dire.
Il s'interrompit, et reprit plus pensivement :
- J'ai une sensation de… de sauvage. Un désir puissant de partir et d'être libre. De ne plus suivre de règles, de destins. Oui, je ressens un besoin fort d'une liberté sauvage.
Ron parla à son tour.
- Je cours aussi, mais ce n'est pas au milieu d'une forêt, c'est plutôt en pleine campagne. Je ne fais pas que courir, j'ai l'impression de… de bondir aussi. Un peu dans tous les sens.
Hermione prit des notes sur leurs dires et raconta à son tour :
- Je n'ai pas exactement l'impression de courir, pour ma part. C'est plutôt une marche rapide, mais sur quelque chose. J'ai l'impression de grimper, et de me balader sur… sur des rochers, ou dans des arbres.
Les trois jeunes gens se sentaient excités par leurs découvertes, même si elles n'allaient pas encore très loin. Ils avaient envie d'en savoir plus, et de trouver quel animal leur correspondait, mais ils ne savaient pas exactement comment encore.
- Je pense qu'on peut restreindre nos recherches aux animaux à quatre pattes, fit remarquer Hermione.
Les garçons étaient asse d'accord. Ils discutèrent encore tous les trois un moment, et ne repartirent à la salle commune que lorsqu'ils sentirent la fatigue les rattraper.
Une fois dans son lit, Harry lança les sorts d'insonorisation autour de lui, sorts qu'il lançait tous les soirs pour ne pas réveiller ses compagnons de dortoirs lorsque ses cauchemars le faisaient crier. Comme il le faisait depuis quelques jours, il commença par prendre de grandes inspirations destinées à calmer les battements de son cœur et à l'apaiser. Il ferma les yeux et chercha à éloigner de son esprit ses souvenirs, ses pensées, ses émotions, ses sentiments.
Une fois qu'il eut atteint ce stade de quiétude ou l'on se sent aussi léger que l'air, Harry rechercha les sensations qu'il avait déjà éprouvé dans sa quête de son Animagus. Lorsque il ressentit l'impression désormais familière de courir sur quatre pattes dans la forêt, il essaya de trouver ce qui correspondrait le mieux. Il s'endormit avant de comprendre.
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Explication du titre [Secrets, Animagus, Et Nouveaux Amis] :
Pas d'explication à donner, il s'agit de différents éléments qu'on trouve dans le chapitre.
Remarques sur ce chapitre :
J'ai abordé plusieurs choses, avec plutôt des conversations, mais c'est pour poser un peu les choses et les personnages après les chapitres plus intenses qu'il y a eu avant.
J'ai repris la thématique du Ministère et le personnage d'Ombrage, qui travaillent contre l'acceptation du retour de Voldemort, parce que je la trouve extrêmement importante en soi dans l'histoire. Et j'aime aussi lier mon intrigue à celle des livres premiers, je trouve cela vraiment intéressant de mêler les deux tout en créant quelque chose d'original.
Je tenais absolument aussi à faire libérer Sirius. Non seulement ça me tenait à cœur (je trouvais affreux que dans les livres, il n'ait jamais pu goûter à un peu de liberté…), mais en plus ça va me servir.
Dans les livres, Harry veut toujours faire les choses tout seul, et je ne suis pas d'accord, alors dans mon histoire, je lui ai un peu forcé la main avec Hermione. Et on a ainsi un premier petit groupe qui se forme autour d'Harry. Si j'ai choisi Neville, Luna, et Ginny en particulier, c'est aussi pour faire une référence aux livres. Et vous verrez, cela va évoluer de plus en plus ensuite.
Harry en veut à son père, bien sûr, ça ne pouvait être autrement. Et si les choses s'étaient améliorées, Severus Rogue n'est toujours pas le père parfait, et il n'a pas toujours conscience de ce qu'il dit.
La relation avec Drago évolue d'un seul coup. Il y a dans les paroles prononcée et rappelée dans ce chapitre, et dans ce qui se passe, des indices de la suite de leur lien. A nouveau, leurs sentiments sont réels, mais il y a quelque chose en plus qui agit dessus, et sur eux. C'est important, et vous comprendrez plus tard en quoi et pourquoi.
Questions de fin de chapitre :
Quels sont les Animagus d'Harry, Ron, et Hermione ?
Comment la dernière semaine avant les vacances va-t-elle se passer, entre les difficultés d'Harry et Drago à rester dans la même pièce, le départ d'Harry à terminer de préparer, l'approche du Bal… ?
Comment le Bal va-t-il se passer ? Harry va-t-il réussir à partir selon leurs plans ?
Remarques références :
*Harry Potter et l'Ordre du Phénix (Tome 5) : le Ministère et les journaux contre Harry et Dumbledore, l'influence d'Ombrage ; importance de Neville, Ginny, et Luna autour d'Harry
*Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (Tome 3) : innocence de Sirius dépendant de Pettigrow
Annonce du chapitre suivant :
Intitulé [Au Bal Masqué], Harry y annoncera enfin à Lisa son départ de l'école, et tentera de faire cesser les incidents liés à Drago et lui, et le Bal arrivera enfin pour les jeunes sorciers…
