Aucun personnage ne m'appartient.

Victoire politique sur les citrons

Il y avait plusieurs choses que Torren n'aimait pas. L'une d'elle, et non la moindre, était le citron. Tonton Rod avait bien veillé à mettre en garde le garçon dès son plus jeune âge sur les propriétés machiavéliques de ce fruit à l'aspect trompeusement inoffensif.

Du coup, l'athosien fuyait comme la peste tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un citron, militant farouchement aux côtés de l'astrophysicien dans sa campagne anti-citron. Le cuisinier avait porté plainte auprès de Monsieur Woolsey pour harcèlement à ce sujet.

Et Torren savait que, bien que son MonColonel John se plaise à taquiner tonton Rod avec ça, le militaire avait depuis longtemps banni oranges, agrumes, limes et autres affaires citronnés de son régime alimentaire.

Pas par solidarité, mais par réel souci pour son meilleur ami, lui avait expliqué sa mère. Un accident est vite arrivé, avait-elle ajoutée, et son fils avait décidé ce jour-là, inquiet de perdre son tonton, de ne plus jamais boire de jus d'orange.

Le citron, pour lui, c'était méchant au même titre qu'un wraith, un réplicateur ou un Kavanagh. Ça tuait et ça en voulait à sa famille, c'était donc son ennemi. Dans la famille, on se tient les coudes et on fait face tous ensemble.

C'était avec ce charmant discours qu'il avait convaincu tout son petit monde de rejoindre sa lutte contre les diaboliques citrons.

Tonton Rod, bien entendu, avait immédiatement agréé à son idée pour déloger l'ennemi de la Cité. Maman, MonColonel, tatie Jennifer et oncle Ronon avaient suivi le mouvement sans faire d'histoires, plus amusés qu'autre chose. Par la suite, Amélia, Chuck, Carson et Radek s'étaient rapidement ralliés à leur cause, si bien que personne ne pouvait se promener sur Atlantis sans croiser l'un des protestataires à un moment ou un autre de la journée.

Une pétition avait circulé parmi les habitants et tous avaient finis par signer. Certains par solidarité, d'autres pour de moins bonnes raisons (« Ce que vous voulez, mais foutez-moi la paix, il est plus de 3 heures du mat', j'aimerais dormir! »). Il faut dire que le regard de chien battu de Torren, la diplomatie agressive de Teyla, le sourire ravageur de John, les plaintes incessantes de Rodney, la présence intimidante de Ronon et les menaces de torture par aiguilles de Jennifer avaient fait leur œuvre.

Résultat, Woolsey n'avait pu qu'accéder à la requête de Torren et du Docteur McKay; le citron avait été foutu à la porte (des étoiles) de la Cité.

L'athosien était si fier de cette première victoire politique, que la semaine suivante, il se lançait déjà dans une nouvelle campagne, contre les arachides cette fois.

FIN