Coucou à tous, désolé d'avoir mis aussi longtemps juste après après dit que ce serait rapide, j'ai eu un petit problème avec mes mains et commence seulement à regagner mobilité et dextérité, pas grand chose à faire avant. Sinon, même si je ne pouvais pas m'approcher d'un clavier, j'ai avancé la trad avec mon logiciel de reconnaissance vocal, va falloir que je fasse un sacré boulot de débroussaillage avant de le publier à moins qu'un chapitre phonétique vosu intéresse, mais c'est toujours mieux que rien^^

Merci à ceux qui ont laissé un mot pour le 12 et

Bonne Lecture !


Boyfriend

« Qui dit que l'argent ne fait pas le bonheur ne sait simplement pas où aller faire son shopping » – Bo Derek

Chapitre 13: irritant shopping

B-r-r-ing ! B-r-ring !

Nom de Dieu, quoi maintenant ?

B-r-r-ing !

Presque alerte, je m'assis dans mon lit et regardai autour de moi. Un incendie ? Non, je ne sentais pas de chaleur. Encore cinq minutes. Les flammes ne devaient pas être trop grandes, j'aurais encore le temps de sortir.

B-r-ring !

Mais d'où ça venait, ça ?

B-r-r-r-ing !

Merlin, ça commençait à vraiment devenir agaçant. J'essayais de dormir ! Pourquoi n'avais-je pas le droit de simplement dormir ?

Br- là ! Dans le coin, un réveil ! Depuis quand avais-je un réveil ? Je pensais avoir établi un bannissement clair de ces choses dans ma chambre quatre Noëls plus tôt. Je cherchai ma baguette et mes doigts parcoururent l'espace de ma table de nuit jusqu'à ce que je mette la main sur un morceau de bois dur. Mission réussie !

Je pointai ma baguette vers l'offensant réveil démoniaque et marmonnai un sort pour qu'il s'arrête. Peut-être n'aurais-je pas dû l'Avada Kedavra-tiser. Mais n'importe quoi tentant de me réveiller méritait la peine de mort, de mon point de vue. Le réveil s'arrêta brusquement.

Je baissai ma baguette et me renfonçai confortablement dans mon oreiller. Ahh, dormir…

« Lily ! » J'entendis un cri perçant venir de l'extérieur de ma chambre. « Debout ! »

Je grognai. Maman. Franchement, si cette femme n'était pas passée par l'horrible douleur de me donner naissance… Bouh, la cigogne !

Je remontai mes couvertures au-dessus de ma tête pour retourner dans l'obscurité où il faisait bon et silence et sommeil…

« Lily ! »

Bordel.

Je me trainai dans les escaliers et jusque dans la cuisine. J'avais besoin de café et peut-être d'un peu moins de membres dans ma famille. Je touchai ma baguette du bout du doigt sous la blouse de James. Non, ça ne serait pas bien. Je le regretterais plus tard quand je ne serais plus aussi fatiguée et grognon. N'empêche, peut-être que Tuney…

Je levai les yeux vers l'horloge. 7 h 21.

Oh, bordel, vous vous foutez de ma gueule ?

« Fait chier ! » grinçai-je en faisant demi-tour pour retourner immédiatement en haut. Pas moyen par le slip de Merlin que je reste debout.

« Lily ? Où tu vas ? » demanda maman en arrivant dans la cuisine.

« En-haut ! » grommelai-je en posant le pied sur la première marche.

« Non, absolument pas. Reviens ici tout de suite, jeune fille, » dit-elle d'une voix stricte.

Je grognai. Maman voulait toujours parler de quelque chose de très sérieux quand elle commençait avec ses « jeune fille ». La dernière fois qu'elle l'avait utilisé, j'avais transformé son pull préféré en grenouille – par accident, évidemment. Soupirant face à mon inévitable future mort, je reculai dans la cuisine à contrecœur.

« Te voilà, » dit ma mère en se versant des céréales dans un bol.

Je pointai l'horloge du doigt et grognai une sorte de réponse.

« Je sais qu'il est un peu tôt, mais il faut que j'y aille, » répliqua-t-elle. Apparemment, maman avait suivi des cours en Troll.

« Un peu tôt ? » répétai-je. « Le soleil n'est même pas encore levé ! » me plaignis-je, irritée.

Elle roula les yeux en se penchant sur son bol. « Si, il est levé. Il apparait bien plus tôt que ça en ce moment. »

Je tirai une chaise de sous la table de la cuisine. « Ouais, bon, » marmonnai-je lamentablement.

« Il faut que je sois à l'école tôt aujourd'hui pour la journée d'orientation. On organise une journée spéciale pour que les nouveaux et leurs parents se familiarisent avec l'environnement de l'école avant que le semestre commence vraiment. Ça ne me concerne pas vraiment, mais tous les instituteurs doivent être présents. J'en profiterai sans doute pour faire un peu de paperasse ou changer la disposition des bancs. Chaque année, je n'arrive jamais à me décider sur ce qui est le mieux: que tous les élèves fassent face à l'avant de la salle ou qu'ils se fassent face l'un l'autre. J'aime bien changer en cours d'année, mais c'est tout de même important de commencer du mieux possible le premier jour. En plus, mes petits préfèrent la constance. Je ne sais pas pourquoi, modifier l'orientation de leurs bancs est délétère pour leur niveau d'anxiété. Peut-être que cette année, je devrais fonctionner par groupes. Je suppose que ça aiderait pour la coopération, mais peut-être que ça incitera à plus de bavardages… Mmm, Lily, t'écoutes ce que je dis ? »

Je clignai des yeux. « Quoi ? »

« Est-ce que tu m'écoutes ? »

Non, pas vraiment. J'avais cessé de prêter attention à peu près sept réflexions plus tôt. « Fais les asseoir par terre, » proposai-je.

Maman fronça les sourcils. « T'es vraiment terrible le matin, Lily. Je suis surprise que James supporte tes sautes d'humeur. »

J'haussai les épaules. « Ouais, que veux-tu, c'est un Lily-masochiste. Ce type ne peut pas vivre sans moi, » répliquai-je en me frottant les yeux du dos de la main.

Elle rigola puis but la dernière gorgée de son jus de canneberge. « Il faut que je parte. »

Je grognai. « Tu m'as réveillée juste pour me dire que tu t'en allais ? T'aurais pas pu laisser un mot ? »

Elle attrapa sa mallette. Je jetai un coup d'œil à sa tenue. Elle portait une jolie jupe se finissant sous son genou avec un chemisier lilas à manches courtes. Elle ne s'habillait jamais aussi bien pour moi. Quoi ? J'étais pas assez spéciale ?

Oh Merlin, j'étais vraiment terrible le matin. Mais il était foutument trop tôt !

« Non, c'est ce que j'essayais de te dire. Vu que tu dois partir dans si peu de temps, ton père et moi ne pourrons pas prendre de congé pour t'accompagner au Chemin de Traverse. Je suis vraiment désolée Lily, mais d'habitude ta lettre arrive bien plus tôt et on a plus de temps pour s'organiser. Écoute, je ne veux pas que tu te montes la tête sur ce que ça peut signifier. Ton père et moi, autant qu'on déteste te voir partir, nous adorons aller acheter tes affaires d'école avec toi. Tu sais que ton père se fait presque dessus à chaque fois qu'on passe devant une boutique de balais. C'est juste qu'on n'a pas pu s'organiser correctement cette année. Aucun de nous deux ne peut prendre congé avant que tu partes mercredi et pas même ce week-end. Alors n'essaye même pas de te mettre à chercher une raison. »

Je fronçai les sourcils. Ma mère pensait qu'elle savait tout, je veux dire, elle avait raison, mais quand même. « Qu'est-ce que ça a à voir avec me réveiller aussi tôt ? » croassai-je.

« Je pensais que peut-être, si je te réveillais assez tôt, je pourrais convaincre ta sœur d'aller avec toi – tu sais comment elle est quand elle doit attendre que quelqu'un soit prêt. Presque aussi irritable que toi quand tu te lèves. Mais malheureusement, elle a dit qu'elle avait déjà quelque chose de prévu. »

Je pouvais voir à la façon dont elle avait dit ça que Pétunia ne voulait simplement pas y aller. C'était gentil de la part de maman d'essayer de le cacher. N'empêche, j'aurais pu lui dire hier soir que Tuney ne voudrait pas y aller. Pourquoi était-ce moi la victime dans tout ça ? Bordel, il était sept heures du matin nom de Dieu !

« C'est bon, j'irai juste avec James, » dis-je.

Le front de ma mère se plissa d'inquiétude. « Tu es sûre ? Vous n'avez encore que dix-sept ans. Je ne veux pas que vous vous perdiez. Et si quelque chose arrivait ? »

Je roulai les yeux. « Maman, tout se passera bien. James et moi pouvons faire de la magie. Et qu'est-ce qui pourrait se passer ? En plus, il a été un sorcier toute sa vie. Il sera d'une bien plus grande aide que tout ce que Tuney aurait pu faire. »

Elle chipota avec sa jupe. « Je ne sais pas, Lily. »

« Maman, il faut que tu partes au travail ou tu seras en retard. Vas-y et ne t'inquiète pas pour nous. » Elle me fixa un moment avec hésitation avant de soupirer. « Bon, très bien. Mais sois prudente, Lily. » Elle hocha la tête et m'embrassa sur le front. « Sois gentille, » ajouta-t-elle.

« Je suis toujours gentille, » répliquai-je d'un ton moqueur. « Oh, et maman ? »

« Oui ? »

« Je peux avoir un peu d'argent ? »

Avec quelques billets frais posés sur la table pour moi, je trainai ma carcasse vers les escaliers. Il était sept heures du matin, par l'horrible moustache de Vermine. Je retournais me coucher. C'était du moins mon intention jusqu'à sentir une douleur dans mon ventre. Ma vessie fonctionnait d'une façon étrange. Je fis un détour par la salle de bains et trouvai du sang dans ma culotte. Merveilleux ! Comme si cette matinée n'était pas déjà un désastre comme ça. Tout en grommelant toutes sortes d'obscénité, je m'occupai du sang qui me sortait du vagin comme s'il s'agissait d'une cascade puis retournai dans mon lit.

Quatre merveilleuses heures de sommeil paradoxal plus tard, je me glissai hors de mon lit. J'allai dans la salle de bain et me frottai vigoureusement la bouche à l'aide de ma brosse à dents jusqu'à ce que mes dents brillent comme ce nouveau type qui faisait la couverture de tous les magazines pour sorcières. Je m'humidifiai légèrement les cheveux pour en aplatir les frisottis puis fonçai en bas. Pétunia était assise à table, en train de siroter un café.

Je remplis ma propre tasse puis la rejoignit en choisissant la chaise la plus lointaine possible. Je m'occupai avec mon café en prenant bien garde à ne jamais regarder dans sa direction. Elle parcourut la gazette locale pendant plusieurs longues minutes d'un silence extrêmement tendu et palpable. Finalement, j'entendis un bruit de journal froissé alors que je voyais du coin de l'œil qu'elle le refermait.

« Maman m'a dit que je te devais des excuses, » me dit-elle rapidement.

Et bonjour à toi aussi, Tuney. On est dans ses petits souliers ce matin, n'est-ce pas ?

« Tant mieux, » grognai-je en guise de réponse.

« Donc tu peux lui dire que j'ai dit que j'étais désolée et on peut toutes les deux se forcer à sourire jusqu'à ce que tu repartes et que je ne t'aie plus sur le dos. »

Mes yeux s'écarquillèrent. J'avais toujours pensé que j'étais la seule à me faire sermonner par maman pour ces choses-là.

Néanmoins, ça ne suffisait pas à arranger les choses.

« Est-ce que tu sais seulement pourquoi tu es désolée ? »

Pétunia fronça les sourcils. « Pour ne pas être venue à ton stupide souper hier soir. Apparemment, c'était vraiment grossier, » siffla-t-elle.

Je sentis la colère recommencer à gonfler en moi, mais je me maitrisai. « Ouais, » lui dis-je. « Ça l'était. Par Merlin Pétunia, c'était vraiment important pour moi et tu l'as complètement ignoré. Je sais que tu n'aimes pas le fait que je sois si différente, mais tu pourrais au moins être heureuse pour moi quand quelque chose de bien m'arrive. »

Tuney chipota avec le manche de sa cuillère. « Félicitations, Lily ! » s'exclama-t-elle d'un ton monotone.

Je roulai les yeux. « Ouah, quel enthousiasme. »

« Ouais, ben c'est pas comme si c'était nouveau, » répliqua-t-elle vertement, ses doigts quittant sa tasse pour s'accrocher au bord de la table. « De bonnes choses t'arrivent en permanence. Des notes parfaites et un petit copain parfait et tes tours de magie parfaits... »

Sans blague ? Depuis quand étais-je parfaite ? Quelqu'un avait-il ajouté du gin dans son café ?

« Ma vie n'est pas parfaite, » lui dis-je. « Et de loin. »

« Eh bien, on dirait pas, » répliqua-t-elle amèrement. « Tu pars et es absente pendant neuf mois sans jeter un seul coup d'œil derrière toi. T'es en colère parce que je suis pas venue à ce souper pour toi ? Et qu'est-ce qu'il en est de tous les trucs qui m'arrivent pendant le reste de l'année et que tu n'es jamais là pour célébrer ? T'as aucune idée de ce que c'est de vivre toute l'année avec papa et maman qui passent leur temps à radoter à propos de ta dernière lettre ! 'Oh, Lily est tellement talentueuse. Je suis tellement fier d'elle. C'est si Merveilleusement Génial d'avoir une sorcière dans la famille !', » imita froidement Pétunia.

Je déglutis. Pour être honnête, je pensais rarement à ce que c'était pour Pétunia d'être bloqué à la maison avec eux pendant neuf mois de l'année. Ça me rendrait folle. Pas étonnant qu'elle se soit trouvé Vernon. N'importe quelle compagnie ferait l'affaire au bout d'un moment – même celle d'un pachyderme.

« Donc oui, Lily, je suis désolée. Désolée de ne pas être venue à ton précieux petit dîner, mais sois-en sûre, je sais parfaitement ce que c'est d'avoir une sœur absente. »

Elle finit son discours en redéposant dramatiquement sa tasse sur la table.

Je soupirai, et nous fûmes toutes deux silencieuses pendant un moment. « Tu veux venir sur le chemin de traverse avec moi aujourd'hui ? » demandai-je dans une pathétique tentative de réconciliation.

Elle s'ébroua d'offuscation et remit ses longs cheveux blonds derrière son épaule. « Ouais, bien sûr. Je préférais encore faire des modèles réduits en papier avec papa, » lança-t-elle en se levant de la table.

Je souris. « Tu me manques aussi quand je ne suis pas à la maison, Tuney, » admis-je dans un élan d'honnêteté.

Je vis les coins de sa bouche s'élever légèrement, mais elle secoua la tête et croisa les bras sous sa poitrine. « Ouais, si tu le dis. »

Je ricanai dans mon café et mordit dans un morceau de toast qu'elle avait laissé derrière elle en écoutant le son de ses talons devenir de plus en plus faible jusqu'à totalement disparaitre.

« Lily ! »

« Aah ! » m'écriai-je en sautant en arrière et loin du garçon qui venait d'apparaitre devant moi. Ma tasse de café retomba sur la table mais ne se cassa pas. Mmm, ce made-in-china semblait même meilleur que le made-by-Gobelin.

« James ? Comment t'es arrivé là si vite ? »

Il sourit d'un air canaille et se passa la main dans les cheveux en reculant d'un pas pour me laisser un peu d'espace. « J'ai transplané, maligne ! »

« Tu n'aurais pas pu juste descendre les escaliers comme une personne normale ? » grommelai-je.

« Mais je voulais te faire une surprise, » chantonna-t-il.

Je roulai les yeux.

Il sembla réceptif à mon agacement et se pencha vers moi pour m'embrasser et me distraire de ma colère. Cela marcha. Bon sang, cela marchait à tous les coups.

Il fredonnait à voix basse quand ses lèvres quittèrent les miennes. « Souviens-toi de ce jour, » chuchota-t-il en éloignant sa bouche de la mienne – après un moment.

« Hein ? » demandai-je stupidement.

Il emmêla mes cheveux et relâcha sa prise sur ma taille. « Oublie ça. Monte et va t'habiller. On a plein de choses à faire aujourd'hui ! Nos affaires d'école ne vont pas s'acheter toutes seules et ta mère m'a donné ordre strict de ne pas te quitter d'une semelle de toute la journée, » ajouta-t-il joyeusement.

« Oh, seigneur, » marmonnai-je.

« Allez chérie ! » me pressa-t-il. « Passe la vitesse. »

« Je déteste les gens qui sont du matin, » lui dis-je en râlant.

« Eh bien, c'est une bonne chose que ce soit presque l'après-midi alors, » répliqua-t-il toujours aussi joyeux.

Me sentant comme un Serpentard solitaire perdu au milieu d'un compartiment rempli de Pouffsouffles, je me trainai péniblement dans les escaliers en me demandant ce que ma mère avait ordonné à James de faire si je n'étais jamais sortie du lit. Ouah, nan. Trop tordu même pour moi. Ce qu'il me fallait vraiment à cet instant était une douche. Ou à la limite, je pourrais m'arracher l'utérus du corps. Ce n'est pas comme si j'en avais vraiment besoin, non ?

Je pris une longue douche puis allai ensuite dans ma chambre pour m'habiller. Qu'importe combien je voulais juste enfiler un vieux jogging et me rouler en boule sur le canapé du salon pour regarder de vieux films, j'enfilai consciencieusement un pantacourt noir élastique et un tee-shirt gris trop grand. Ma tenue disait: « Me cherche pas. J'ai mes règles. »

Je me maquillai pour paraitre un tant soit peu plus présentable et attachai ensuite mes cheveux humides dans une queue de cheval. Je glissai mes pieds dans une paire de baskets et attrapai un sac dans lequel je fourrai quelques tampons et mon porte-monnaie.

James m'attendait au bas des escaliers avec un sourire impatient. J'essayai de lui sourire en guise de réponse, aussi joyeusement que possible. Ne fais pas ta garce. Ne fais pas ta garce. Ne fais pas ta garce.

Après avoir essayé d'être aussi patient que possible – ce qui en vrai signifiait faire les cent pas pendant j'enfonçais le reste de mon sandwich dans ma bouche – James se dirigea vers moi.

« Prête ? » demanda-t-il. « J'ai pris nos lettres et ta mère m'a dit de te rappeler de prendre ceci, » dit-il en me tendant l'argent qui était sur la table. « Je suis sous ordre stricte de ne rien t'acheter. »

Je roulai les yeux. « Maman, » grommelai-je en jetant un coup d'œil à sa tenue. Nous étions en opposition parfaite. Son tee-shirt jaune pâle et son short bleu vif étaient plus que ne pouvaient en supporter mes yeux. « Comment tu veux qu'on s'y rende ? »

James s'ébouriffa les cheveux. « Je pensais à transplaner ? »

J'acquiesçai mais ne dis rien.

« Si tu ne veux pas, on peut toujours prendre la poudre de cheminette, » se rétracta-t-il. « Il m'en reste un peu dans la chambre d'ami. On peut aussi y aller en Moldus, si tu préfères. C'est juste que tu as dormi assez tard ce matin et qu'on n'a pas beaucoup de temps devant nous. »

Je posai ma main sur son bras pour le rassurer et le faire taire. « Transplaner ne me dérange pas, » dis-je. Et bon sang, peut-être que j'arriverais à me désartibuler et laisser une certaine partie de mon anatomie derrière moi...

Il me sourit chaudement en sortant sa baguette. Ajustant mon sac sur mon épaule pour m'assurer qu'il ne glisse pas, je fis un pas en arrière et il fit de même.

« Allons-y, » dit James en me faisant un clin d'œil avant de tournoyer sur place.

J'en fis de même et sentit immédiatement la désagréable sensation m'étirer le nombril qui, franchement, était déjà assez douloureux comme ça. Le décor se brouilla autour de moi et tout se mit à tourner, me désorientant. Je fermai les yeux en attendant que cela soit fini. Je sentis mes pieds atterrir par terre et je trébuchai en avant de surprise. Mon dos heurta une surface dure et je sentis des bras chauds entourer ma taille. J'ouvris les yeux.

« Attention, ma puce, » dit James en tirant avantage de notre position pour enfuir son nez dans le creux de mon cou.

Toujours un peu confuse et déboussolée, je laissai échapper un très léger gémissement en sentant ses lèvres attraper la peau sensible juste sous mon oreille. Quelques secondes plus tard, on s'embrassait.

« Hey ! Y'en a qui essaye de promener ici ! » entendis-je un homme bourru au fort accent crier. « Faites ça autre part ! »

Rougissant, je me tortillai pour m'extraire des bras de James et remis mon sac sur mon épaule avant qu'il n'en tombe. « Désolé ! » répliquai-je dans le dos de l'homme.

James rigola et m'embrassa la joue. Il prit ma main et nous entrâmes dans le Chaudron Baveur ensemble.

À l'intérieur, il faisait sombre et sale. Cela aurait besoin d'une bonne journée de dépoussiérage. Pétunia aurait paniqué et se serait enfui en voyant ça. J'adorais ça. La main de James remonta jusqu'à mon épaule. « Puis-je t'offrir un verre ? » proposa-t-il alors que nous passions entre les tables.

Je rigolai et jetai un coup d'œil à sa montre. « Il est un peu tôt pour un verre, » répondis-je.

Il soupira et grommela dans sa barbe.

« Quoi ? Est-ce que je ruine tes plans ? »

Il me sourit. « Plans ? » répéta-t-il d'un ton innocent. « Qui ? Moi ? »

Je roulai les yeux.

« Alors, un verre ? »

« James, est-ce que tu essayes de me souler ? » demandai-je d'une voix scandalisée.

Il me sourit d'un air louche alors que nous passions devant Tom, le barman, qui nous salua d'une geste. « Nan, juste assez joyeuse pour que je devienne subitement irrésistible à tes yeux. »

Je pouffai. « Comme si tu avais besoin d'alcool pour me séduire, » grommelai-je.

La tête de James se redressa vivement, ses yeux brillant de malice. « Vraiment ? » demanda-t-il d'un air extatique.

J'ouvris la porte donnant sur la cour derrière le pub et le trainai à ma suite. « Allons faire nos emplettes, James, avant que ta tête devienne si grosse qu'elle sera impossible à embrasser. »

« Mais tu as bien prévu de faire ça plus tard alors ? »

Franchement, ce gars était comme un gosse saturé d'hormones. En roulant les yeux, je sortis ma baguette et la levai en direction des briques devant nous. Mon bras hésita alors que j'essayai de me souvenir de l'ordre exact à suivre.

« Trois au-dessus, deux sur le côté, » me rappela James.

« Je sais, » sifflai-je défensivement en faisant ce qu'il venait de me dire. Foutu Sang-Pur qui pensait tout savoir.

Les briques commencèrent à bouger et soudain, nous nous tenions à l'entrée de chemin de Traverse. Mes yeux suivirent les allées et venues des gens se déplaçant de boutique en boutique. Je m'empressai de faire un pas en avant, mais James me retint par le bras.

« Lily, tu vas bien ? » demanda-t-il, ses sourcils se plissant d'inquiétude. Il n'observait pas l'effervescence de la rue magique mais moi. Il était plus habitué au monde de la magie que je ne l'étais.

Je soupirai. « Tout va bien, James, » lui promis-je.

« Tu en es sûre ? » insista-t-il. « T'as agi bizarrement toute la journée. »

« C'est rien, » lui assurai-je en collant un sourire sur mon visage. « Je me sens juste un peu vidée ce matin, c'est tout, » dis-je, un tantinet ironique. « Rien qui ne puisse se soigner par une bonne dose de shopping. »

« Et une bonne compagnie, » ajouta-t-il en passant son bras autour de mes épaules.

« Mmm, je me demande où je peux trouver ça ici, » dis-je pour l'ennuyer en regardant autour de nous.

Il rigola bruyamment. « Harpie, » marmonna-t-il.

Je lui souris de toutes mes dents.

« Allons emmerder les Gobelins, » proposa-t-il.

Gringotts était une expérience. Les Gobelins mielleux en firent des tonnes pour mieux pouvoir nous servir une fois que le mot 'Potter' eut échappé aux lèvres de James. J'avais la nette impression que celui avec le regard le plus malveillant d'entre eux, Gloin, était sur le point de nous enfermer et s'enfuir avec l'argent de James – parce qu'il avait en effet beaucoup d'argent. Sa main fut presque collée de manière permanente à sa tête pour tenter de m'empêcher de voir les montagnes d'or, d'argent et de bronze tandis qu'il remplissait sa bourse.

L'argent était un sujet tellement étrange. Si vous en aviez, ça vous définissait, et si vous n'en aviez pas, les gens le savaient et cela vous définissait également. Ma famille n'était pas pauvre, mais elle n'était pas riche non plus. Je me souvenais avoir regardé mon père aligner les chiffres sur l'antiquité lui servant de calculatrice quand Pétunia était entrée à l'université, grommelant des choses comme 'Oh, seigneur' de temps à autre. Et pourtant, nous avions toujours vécu confortablement. Bien sûr, je portais certains des vêtements dont Pétunia ne voulait plus, mais ce n'était pas pas pour des raisons d'argent, c'était du simple bon sens. C'était bon pour l'environnement !

Regarder James ramener son gros sac rempli de pièces dans le wagon était étrange. Je n'y avais jamais vraiment pensé avant, mais James était riche. Sa famille était fortunée. Il était un Potter. Il vivait probablement dans une maison extravagante faisant ressembler la mienne à une cabane délabrée. Il était habitué à des repas de roi, préparés par des Elfes de maison dédiés, et à des parents qui exauçaient ses moindres désirs. Que devait-il penser de moi ? J'avais passé tant de temps à Poudlard à dénigrer ses bonnes qualités, mais que pouvais-je vraiment lui offrir ? Je n'étais qu'une Née-moldue sans nom, sans connections ni rien d'exceptionnel. James était un Potter.

Pas étonnant que tous les Gobelins veuillent lui faire la peau.

Merlin, j'étais vraiment terrible. Je me sentis immédiatement mal pour mes pensées aux idées préconçues sur les Gobelins. Ce n'était pas plus leur faute s'ils avaient des oreilles pointues et des dents tordues que ce n'était la mienne si mes parents étaient Moldus. Ça ne les rendait pas moins méritants ou inférieurs d'une quelconque façon. La même chose était vraie pour les Gobelins.

Cependant, c'était bien de la faute de James s'il faisait se balancer le wagon ainsi pour me forcer à m'accrocher à lui afin de rester à l'intérieur. Il éclata de rire alors que j'enfonçais ma tête dans son torse pour me mettre à l'abri. Je lui mis un coup dans le tibia, mais cela ne fit qu'accentuer son hilarité. Pauvre type. Il était chanceux que je ne l'ai pas balancé par dehors pour aller faire ami-ami avec les dragons qui vivaient dans les sous-sols si les rumeurs étaient vraies.

Une fois nos deux bourses pleines et, pour moi, les genoux tremblants, nous quittâmes Gringotts. J'inspirai profondément et savourai la sensation de l'air urbain pollué après ces tunnels sombres, humides et sans fin. James enfonça son sac de pièces dans sa poche avec quelques difficultés un peu ridicules puis se tourna vers moi.

« Où voudriez-vous aller en premier, mademoiselle Evans ? »

Je me mordis les lèvres alors que je considérais les nombreuses options s'offrant à moi, incapable d'arrêter mon choix sur l'une d'entre elles. « Ce qui nous inspirera le plus, » finis-je par déclarer.

Il sourit et m'attrapa de nouveau la main. Eeylops, Au royaume des hiboux se situait un peu plus loin de la rue, aussi nous nous arrêtâmes là pour acheter quelques bonbons pour hiboux pour Poudlard – saveur souris. Ensuite, on continua notre marché par l'apothicaire afin de refaire notre stock d'ingrédients de potion, avec James ne cessant de rabâcher que les Potions étaient vraiment une matière stupide et que les futurs Aurors n'en avaient vraiment pas l'utilité. Je rigolai en repensant au fait que James détestait que Severus Rogue réalise une meilleure potion que lui presque à chaque fois et ait été accepté dans le Club de Slug avant lui. James était un tel mauvais perdant... Néanmoins, ses jérémiades rendirent l'achat de blattes amusant.

Le chemin de Traverse grouillait de monde aujourd'hui et il nous fallut attendre une éternité pour que James puisse s'acheter quelques nouvelles robes, étant devenu trop grand pour les anciennes. Alors que nous patientons, j'observai les sorcières à l'air tourmenté, les cordiaux hommes d'affaires, les mères exaspérées et leurs sournois bambins se promenant d'un côté à l'autre de la rue. J'étais fascinée de voir tant de sorciers, même si je préférais bien mieux la tranquillité et la familiarité de ma maison en banlieue. James, cependant, semblait parfaitement dans son élément alors que nous nous glissions dans la foule, jouant des coudes avec nombres de passants aux airs supérieurs.

« C'est à vous, jeune homme, » dit madame Guipure en s'adressant à James.

James s'avança et elle commença à prendre ses mesures. Madame Guipure ne pouvait pas avoir plus de trente ans, avait de longs cheveux noirs qui bouclaient dans son dos et de belles lèvres rouges. Ses hanches rondes se balançaient légèrement alors qu'elle tournait autour de James. Il était évident qu'elle le trouvait attirant. C'était le cas de la plupart des gens possédant des yeux.

Néanmoins, je ne manquai pas de remarquer la manière dont ses doigts hésitaient un peu trop longtemps sur le torse de James, et je plissai les yeux dans sa direction en me raclant la gorge. Elle me jeta un coup d'œil et je lui offris le regard le plus noir que je possédais. Elle contrôla sagement ses mains le reste de l'opération. Je lui souris d'un air suffisant alors que James me prenait par la taille au moment de quitter la boutique. Prends ça, Guipure.

Merlin, mes crampes me rendaient hargneuse et vindicative. Peut-être que je devrais essayer de trouver une sorte de tonic ou quelque chose du genre. Quel magasin vendait un stabilisateur d'hormones pour les ados à l'utérus dégoulinant ?

On approchait du glacier Florian Fantarôme et je sus exactement ce dont j'avais besoin pour régler mes petits problèmes féminins: du chocolat.

James se tourna vers moi avec un sourire entendu au visage. « Et si on sautait le plat et passait direct au dessert ? »

« Quelle bonne idée, » agréai-je.

On s'approcha du comptoir et Florian accueillit James d'une tape dans le dos et nous raconta des histoires drôles pendant qu'il s'occupait de nos commandes. Ensuite, James et moi trouvâmes une table libre avec un grand parasol rouge à l'extérieur de l'échoppe et on s'installa avec nos crèmes glacées. Alors que James avait choisi un cornet fraise avec noisettes, j'avais mis le paquet et commandé un énorme sundae nappé de chocolat chaud. Je léchai ma cuillère alors que le chocolat chaud et épais me traversait la gorge. C'était divin.

« Mmm, » gémis-je en me reléchant les lèvres.

« Bon ? » me demanda James avec une œillade suggestive.

Je lui souris de toutes mes dents et le laissai savourer son petit fantasme stupide. « Bon, » lui assurai-je en m'en reprenant une cuillérée.

On resta assis dans un silence confortable tandis que nous mangions nos glaces. Enfin, James mangea la sienne, moi, je l'engloutis. Étant finalement arrivée au bout de mon sundae géant, je redéposai ma cuillère avec triomphe. Je me sentais agréablement nauséeuse. C'était parfait.

James me sourit moqueusement. « Tu as du chocolat sur le visage, » dit-il.

Je rougis en attrapant une serviette pour m'essuyer frénétiquement la bouche. « C'est parti ? » demandai-je.

Il secoua la tête. « Non. »

Je repris la serviette, mais il posa ses mains sur les miennes pour m'arrêter. « Laisse-moi faire, » proposa-t-il.

Seulement, au lieu d'essuyer la trace, il m'embrassa. Sa bouche avait un goût fraise. Impatiemment, je lui retournai son baiser et ouvris la bouche pour approfondir celui-ci. Mes yeux papillonnèrent en se fermant et je savourai la sensation de nos langues froides dansant l'une avec l'autre. James vint poser ses mains sur mes hanches et j'autorisai les miennes à jouer avec les fins cheveux de sa nuque.

Mon ongle érafla sa peau par accident et il émit un son aigu, m'attirant incroyablement près de lui. Je souris contre ses lèvres et l'on continua ainsi à s'embrasser pour ce qui sembla durer des heures. Finalement, le baiser ralentit et ses lèvres devinrent de plus en plus tendres et douces contre moi. James se recula et appuya sa bouche contre la mienne encore une, deux, trois fois avant de s'éloigner pour de bon.

« Je l'ai eue, » dit-il d'une voix rauque.

Pantelante, je me reculai puisque j'étais honteusement presque assise sur ses genoux. « Tu en es sûr ? » m'assurai-je.

« Oh, eh bien... » souffla-t-il en se penchant vers moi pour m'embrasser de nouveau.

Après une autre série de baisers sensationnels, durant lequel je décidai que les crèmes glacées étaient la meilleure invention de tous les temps, nous nous séparâmes enfin pour reprendre notre route. Nous avions encore plusieurs choses à acheter. Malheureusement.

En arrivant devant Fleury et Bott, je poussai impatiemment James à l'intérieur, sautillant quasiment d'enthousiasme. « Allez ! »

James éclata de rire en entrant derrière moi. « Pourquoi tu n'es jamais aussi excitée de me voir ? »

« Tu n'es pas aussi intéressant que ça, Potter, » répliquai-je avec juste une ombre de sourire.

Il haussa un sourcil puis m'attira dans ses bras. « Ah oui ? » murmura-t-il en posant ses lèvres sur mon oreille.

Je le repoussai. « Pas maintenant ! » le réprimandai-je. « Nous avons des livres à acheter, » dis-je d'un ton excité en parcourant la boutique des yeux.

J'attrapai la liste de nos manuels dans mon sac, mettant un soin particulier à ce que James ne voit pas les autres objets y étant, et la passai en revue. « Je n'ai besoin que de deux nouveaux livres cette année, » dis-je. Une fois le niveau des Aspics atteint, les manuels restaient plus ou moins les mêmes.

« Et si on commençait par ceux-là, que tu dévalises le reste du magasin après ? » proposa James.

Je le remerciai d'un grand sourire et me dirigeai vers la section Sortilèges pour y récupérer le dernier niveau du livre des Sorts et Enchantements. James attrapa le premier qui lui tomba sous la main, mais je farfouillai la pile jusqu'à trouver la copie parfaite, avec la reliure parfaite. Ensuite, on se dirigea vers une autre allée afin de trouver le nouveau livre de Métamorphose que le professeur McGonagall voulait nous faire essayer cette année.

Le soupir de James fut difficile à manquer quand je reposai la quatrième copie du manuel pour continuer à chercher celui qui avait la meilleure odeur. « Merlin, Lily, ce sont tous les mêmes. Prends-en juste un, » grogna-t-il avec irritation.

Je fronçai les sourcils en serrant l'un des exemplaires contre ma poitrine. « Ils ne sont pas tous les mêmes, James. »

« Est-ce qu'ils ont tous le même titre ? »

« Oui. »

« Et le même contenu ? »

J'acquiesçai.

« Et le même auteur ? »

Second hochement de tête.

« Alors ce sont tous les mêmes ! »

« Non, » le corrigeai-je du ton de l'évidence même.

Il grogna de frustration et tira sur ses cheveux noirs emmêlés.

Je lui tapotai doucement l'épaule pour qu'il se calme. « Je vais en avoir pour un moment. Pourquoi tu n'irais pas faire quelques courses sans moi ? Je viendrai te retrouver quand j'aurai fini ici, » suggérai-je.

En malmenant toujours ses cheveux, James inspira profondément et hocha la tête. « Je serai probablement au – »

« Au magasin de Quidditch, je sais, » finis-je pour lui. « Va regarder tes balais et trouver ton bonheur. »

James me fit un sourire en coin. « Merci, Lily. J'étais vraiment en train de perdre la boule ici. »

Je roulai les yeux. « Non, vraiment ? J'avais pas remarqué... » dis-je d'un ton pince-sans-rire.

Il attrapa ses livres et les miens avec. « Je vais juste aller payer pour ceux-ci et partir avant que les bouquins se mettent à m'agresser. »

Je lui attrapai la main. « Tu n'as pas besoin de payer les miens, James. »

« Crois-moi chérie, si ça me permet de sortir d'ici, ça en vaut totalement la peine, » dit-il. Puis, après m'avoir rapidement embrassé la joue, il me laissa seule dans l'allée pour renifler autant de livres que je le désirais.

Je me dirigeai directement vers la section fiction. Ayant grandi en lisant des livres moldus parlant de sorcières et dragons, c'était assez génial de pouvoir lire des livres qui rendaient tout beaucoup plus réaliste parce que la magie existait vraiment. Et puis, c'était toujours marrant de lire ce que les sorciers pensaient des Moldus. Je n'avais jamais rencontré personne d'aussi ennuyeux – enfin, à part Vermine, bien sûr.

Je choisis un livre parlant d'une fille qui tuait des vampires et m'assis pour en lire un extrait. Les pages sentaient le propre et faisaient un joli bruit froissé quand je les tournais du bout de l'index pour continuer ma lecture.

Voilà le seul sang auquel je voulais penser pour la journée.

« Lily Evans ? »

Mon cœur faillit sortir de ma poitrine tant je sursautai.

« Oh, Lily. Pardon. Je ne voulais pas te faire peur. »

Je déposai le livre et levai les yeux sur l'offensante personne qui venait de m'interrompre. « Alice Prewett ? » demandai-je, pleine de joie.

« Oh, eh bien, Londubat maintenant, mais oui, » dit-elle en rougissant.

Je poussai un cri perçant en me levant pour la serrer dans mes bras. En me reculant, je pus observer de légers changements dans son apparence depuis qu'elle avait fini l'école, trois ans plus tôt. Ses longs cheveux bruns clairs avaient été coupés à hauteur de ses épaules, son visage s'était fait plus mature et elle avait finalement abandonné ses vieilles baskets usées au profit de chaussures souples. Revoir Alice me rappela la manière dont elle m'avait prise sous son aile en tant que jeune préfète et m'avait montré quoi faire pour impressionner les professeurs et me faire remarquer de manière positive. Alice avait presque été comme une grande sœur quand j'avais eu besoin d'une sœur qui n'était pas Pétunia.

« Tu as épousé Franck ? » demandai-je d'une voix excitée.

Elle gloussa. « Oui ! » répondit-elle, son visage s'éclairant d'un grand sourire ravi.

« C'est fantastique ! » lui dis-je sincèrement.

Son sourire devint encore plus grand, si possible. « Ça faisait tellement longtemps qu'on était ensemble, on s'est dit qu'on pourrait tout autant rendre les choses officielles. »

« Comment c'est ? » lui demandai-je.

Alice rigola. « Un peu comme s'occuper d'un enfant en bas âge en fait, » me confia-t-elle. « Les hommes sont si stupides parfois. Mais il y a certains avantages... » dit-elle avec un sourire éhonté.

On gloussa toutes deux. « J'arrive pas à y croire. »

« Certains jours, moi non plus, à vrai dire, » soupira-t-elle.

« Qu'est-ce que tu fais sur le chemin de Traverse ? » lui demandai-je.

« Espérer pouvoir retourner à Poudlard, principalement, » dit-elle, l'air mélancolique. « C'était tellement plus marrant que l'entrainement pour être Auror. En plus, la nourriture était bien meilleure. Tu n'apprécies jamais vraiment le savoir-faire des Elfes de maison avant d'avoir dû passer une année entière sans pudding digne de ce nom. »

Je souris. « N'empêche, Auror, ça doit être super excitant, non ? »

Elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. « Tu peux garder un secret ? » chuchota-t-elle à voix basse.

J'hochai nerveusement la tête.

« Ça l'est, » avoua-t-elle d'un air conspirateur. « Oh, Lily, c'est absolument fantastique. Tu adorerais ça. C'est si grisant quand tu pars en mission. En plus, notre mentor, Fol-œil, est un génie. Il est ennuyant comme pas permis, mais il m'a appris tellement de choses en défense. J'espère que tu envisageras de nous rejoindre l'année prochaine. On pourrait faire d'un autre Gryffondor dans l'équipe, » dit-elle avec un sourire malin.

Je souris également alors que des images de moi luttant contre des hommes en capes noires défilaient dans mon esprit – pour une quelconque raison, tous les méchants portaient des capes noires. Je n'avais pas décidé ce que je voulais faire après Poudlard, aussi avais-je pris quelques classes d'Aspics supplémentaires pour élargir mes options. J'adorais les enchantements, mais j'étais également très bonne en Potions. Je supposais que je pourrais être Guérisseuse, mais je n'étais pas sûr de pouvoir gérer tous les boyaux suintants. Mais un Auror, moi ? Je sentis des frissons me parcourir le dos. J'aimais le son que ça avait.

« Bien sûr, le côté négatif, c'est Franck qui se démène pour essayer de me protéger et qui finit juste par arriver à se mettre lui-même en danger. Ça a toujours été un adorable petit idiot, » souffla-t-elle avec affection.

Je souris. « Je me souviens. Vous étiez le couple parfait, préfet et préfète en chef. »

Les yeux d'Alice s'écarquillèrent. « En parlant de ça, tu as reçu des nouvelles ? »

« J'ai eu le badge ! » lui dis-je, survoltée.

Elle me serra dans ses bras. « Oh, c'est génial, Lily ! Et tu as une idée de qui est le préfet en chef ? »

Je me mordis les lèvres. « Je, euh, non, je ne sais pas encore, » dis-je.

« Je n'aurais pas su non plus si ça avait été n'importe qui d'autre que Franck. Je déteste que tout dans cette école semble être un tel secret. Enfin, je suppose qu'il n'y a pas tant de possibilités que ça. Remus Lupin n'était pas dans ton année ? Il avait de tels yeux bleus... Si je n'avais pas déjà été en couple avec Franck, je serais sûrement sortie avec lui. Ne le répète pas à Franck, » ajouta-t-elle avec un clin d'œil.

Je hochai mollement la tête, mais je n'avais pas vraiment écouté. J'étais trop choquée d'avoir menti. Il n'y avait aucune raison de cacher la vérité. J'aurais juste dû lui dire que c'était James. Sauf que je ne voulais pas qu'elle me pose de questions. Je n'étais pas prête à ce que quelqu'un en dehors de ma famille soit au courant pour James et moi. Bon sang, je ne l'avais même pas dit à Hestia ! Et si quelqu'un nous avait vus faire nos emplettes ensemble ? Soudain, même cette librairie ne me permit plus de me sentir sereine.

« Lily ? » s'inquiéta Alice.

Je clignai des yeux et collai un sourire sur mon visage. « Désolé Alice, j'ai juste été un peu distraite, c'est tout. Quelle heure est-il ? »

Elle jeta un coup d'œil à sa montre. « Dix heures moins vingt, » répondit-elle.

« Oh merde, je dois y aller. J'ai déjà passé bien trop longtemps ici. »

« D'accord. C'était chouette de te revoir Lily. »

« Toi aussi, Alice, » lui dis-je sincèrement. « Dis bonjour à Franck de ma part. »

Elle sourit. « Je n'y manquerai pas. Jette un bon coup d'œil à Remus de ma part, tu veux. »

Je rigolai. « À plus, Alice. »

« J'espère te revoir bientôt, Lily, » dit-elle.

« Moi aussi, » répondis-je par-dessus mon épaule. Puis, avec un final geste de la main, je sortis de la boutique et rejoignis les rues du chemin de Traverse.

Le magasin de Quidditch n'était pas trop loin et il fut facile à repérer grâce à l'amas de jeunes garçons collés contre la vitrine en train de pratiquement saliver sur le tout nouveau balai. Je me faufilai entre eux, récoltant au passage plusieurs regards lubriques d'adolescents prépubères, et entrai dans la boutique. Après quelques allées et venues dans les rayons étroits, je trouvai James, en pleine conversation avec un des employés.

« Mais le Flèche d'Argent est super lent ! » entendis-je James argumenter. « Et il y a un poids dans la prise de main qui est clairement un défaut de conception. Impossible de plonger correctement avec un de ceux-là sans devoir compenser par une courbe. »

« Ça ne l'empêche pas de battre tous les Nimbus à plates coutures, » répliqua le vieil employé rabougri avec un fort accent irlandais. Ce qui lui restait de cheveux était réparti sur son crâne sous forme de mottes et ses mains tremblaient quand il parlait. « Trop tape-à-l'œil. Quelques années dessus et ils rendent l'âme, et qu'est-ce qu'il te reste pour voler alors, hein ? Mais les Flèches d'Argent, mon garçon, ils te tiendront une vie ! »

« Si je voulais voler comme un vieux schnock ! » s'exclama James avec humeur.

« Tu seras vieux aussi un jour mon garçon, et tu comprendras, » promis l'homme.

James se rebiffa et ses yeux me trouvèrent. « Lily ! » s'écria-t-il joyeusement, son regard s'illuminant.

« Salut James, » répondis-je.

« Le vieux Jim et moi, on discutait balais. »

« Je peux voir ça, oui, » dis-je.

« Qui est-ce, James ? » demanda Jim.

« Oh, c'est ma – euh, eh bien, c'est Lily, » dit James.

Je notai son hésitation mais je ne fis pas de commentaire. Je n'étais plus sûre non plus du protocole en vigueur pour nous. Étais-je sa petite amie ? Je veux dire, nous avions admis avoir des sentiments l'un pour l'autre, mais rien n'était vraiment gravé dans la pierre.

Je me mordis les lèvres, puis réalisai que personne ne disait rien. La main de James gagne immédiatement ses cheveux alors que je tendais la mienne devant moi. « Enchantée de vous rencontrer, Jim, » le saluai-je.

Il attrapa ma main et la secoua vigoureusement. « De même, » dit-il avec un sourire gauche. « Alors, depuis combien de temps connais-tu James ? » me demanda-t-il.

« Trop longtemps, » répondis-je avec un sourire taquin pour James.

« Je vois ce que tu veux dire, » soupira l'homme. « Mais c'est un bon gamin. »

« Je vois ce que vous voulez dire, » admis-je en reprenant ses mots.

« Alors, où se cachent donc tes parents mon garçon ? Ton père est juste aussi stupidement amoureux de ces Nimbus que toi. Je ne pense pas avoir jamais vu cet homme cesser de sourire quand vous êtes ici tous les deux ensembles. »

James eut un sourire ému mais il secoua la tête. « Mes parents passent un peu de temps seuls en tête à tête. Je devais être un peu trop pour eux. C'est juste moi et Lily aujourd'hui, » termina-t-il en passant son bras au-dessus de mes épaules.

Jim me fit un clin d'œil. « Je ferais mieux de retourner à l'avant. À bientôt, gamin, » dit-il en tapant amicalement James sur l'épaule. « Et toi aussi, Lily. »

« Au revoir, Jim ! » s'exclama James avant de se tourner vers moi.

« Au revoir !, » répétai-je.

Jim nous fit un signe par-dessus son épaule avant de disparaitre derrière son bureau à l'entrée du magasin.

« Existe-t-il quelqu'un que tu ne connais pas ? » demandai-je.

Il sourit. « Pas vraiment, » répondit-il. « Où sont tes livres ? » demanda James en remarquant seulement maintenant que j'avais les mains vides. « Tout ce temps et tu finis par ne rien acheter ? Ou tu les as juste tous déjà lus ? »

« Ah ah, » grommelai-je. « T'es prêt à partir ? Je ne me sens pas super bien, j'aimerais rentrer. »

Les yeux de James s'adoucirent d'inquiétude. « Il s'est passé quelque chose ? »

Oui. J'avais rencontré Alice Prewett qui était maintenant Alice Londubat. Je lui avais menti en disant ignorer qui était le préfet en chef et puis réalisé que n'importe qui aurait pu nous voir ensemble toute la journée. Et nous avions passé une bonne partie de celle-ci à nous embrasser. N'importe qui de l'école aurait pu nous surprendre en passant par là ! Et ensuite, tu m'as presque appelée ta petite amie. Oui, quelque chose s'est passé.

« Crampes ! » m'écriai-je impulsivement. « J'ai des crampes ! »

Le corps tout entier de James se figea et son visage devint un peu vert. « Oh, » souffla-t-il.

« D'horribles crampes qui me font me sentir comme une grosse merde, » réitérai-je. « Je vis dans un cauchemar d'œstrogènes... » ajoutai-je.

James lâcha ma main alors que j'observais sa pomme d'Adam remonter dans sa gorge tandis il déglutissait. Il leva la main pour attraper ses cheveux. « Euh – heum, » bredouilla-t-il.

« Et je pense vraiment que nous devrions rentrer. »

« Oui, » reprit James, d'une voix semblant maitrisée. « On va te ramener à la maison. »

On n'échangea pas un mot durant tout le trajet à travers le chemin de Traverse et jusqu'au Chaudron Baveur. Comme il faisait sombre dehors, James me guida à travers la foule, sa main restant sagement posée dans le creux de mon dos. Sa posture était rigide et il ressemblait toujours à un mâle qui venait d'en apprendre bien plus qu'il ne l'aurait voulu. Et, pour une pléthore de raisons, je me sentais vraiment minable.

Une fois de retour dans les rues de Londres, James nous tira derrière un building et regarda par-dessus son épaule. « Personne dans le coin. T'es prête ? »

J'hochai la tête et pris ma baguette. Je tournai sur un talon et fermai mes yeux. Quand je les rouvris, nous nous tenions devant mon porche. « Bien visé, » commentai-je l'air de rien.

Il sourit d'un air suffisant. « J'essaye... »

Je fouillai mon sac jusqu'à trouver mes clés et nous fis rentrer à l'intérieur. Mon père nous attendait à la table de la cuisine. « Hé bébé, » me salua-t-il alors que je m'approchais de lui.

« Hé papa, » répondis-je en lui embrassant la joue. « Qu'est-ce que tu fais encore debout ? » demandai-je en m'asseyant pour jeter un coup d'œil à l'horloge. Il était presque onze heures à présent et il devait se lever tôt pour aller travailler.

« Ta mère s'est écroulée il y a un petit moment mais je voulais vous attendre. Il fallait que je m'assure que vous rentreriez bien sains et saufs, » dit-il. « Merci pour ça, James, » dit-il en lui jetant un rapide coup d'œil, partageant avec un lui un hochement de tête que seuls les hommes semblaient pouvoir comprendre.

« Pas de problème, monsieur Evans, » répondit James en s'asseyant à côté de moi pour passer son bras sur mes épaules.

Je roulai les yeux. J'étais parfaitement capable de prendre soin de moi.

« Tu as trouvé tout ce dont tu avais besoin, Lils ? » demanda mon père.

J'acquiesçai. « Je suis prête à retourner à l'école. »

« Tu es vraiment sûre de vouloir ? Je pourrais prendre quelques congés cette année et on pourrait partir pêcher. Je te laisserai même conduire, » offrit-il.

« Papa... » le réprimandai-je.

« Je sais, je sais. Ton diplôme, » marmonna-t-il avec un soupir.

Je ris. « Bonne nuit, papa, » dis-je en lui embrassant la tempe. « Tu ne devrais pas trop tarder à aller au lit, tu commences à ne plus faire aucun sens. »

« Oui, Lily. »

Je questionnai silencieusement James, mais il se redressa. « Je pense que je vais rapidement aller discuter de quelque chose avec ton père. »

Je fronçai les sourcils mais James se contenta de me sourire d'un air rassurant.

« On parle plus tard ? » me demanda-t-il d'un ton rempli de sous-entendus en faisant un mouvement imperceptible de la tête vers le jardin.

J'hochai la tête puis leur fit signe. « Bonne nuit. »

Je montai dans ma chambre et lançai mes sacs sur mon lit avant de m'y laisser tomber, tête la première. Finalement, avec beaucoup de courage, je me relevai et laissai Calypso sortir de sa cage. « Hey, fille, » murmurai-je. Elle hulula doucement vers moi et m'autorisa, pendant quelques minutes, à caresser les plumes de ses ailes avant de s'envoler par la fenêtre. Prenant cela comme le signe que je devrais en faire de même, je sortis silencieusement de ma chambre pour me rendre dehors sur la pointe des pieds.

Comme la plupart des nuits, James m'attendait sur les balançoires. Sa tête se leva en m'entendant approcher.

« Tu te sens mieux ? » me demanda-t-il prudemment. « Je veux dire, tu n'es plus euh, eh bien, euh – ouais, » finit-il lamentablement, ses oreilles devenant roses alors que sa main gagnait ses cheveux.

Mon visage arbora une jolie teinte de rouge alors que j'essayai de grommeler quelque chose de cohérent pour lui répondre. « Oui, ça va. T'inquiète pas pour ça. Désolé pour avant. Je t'ai forcé à partir, » m'excusai-je.

« Oh ! C'est rien du tout, Lily, » m'assura rapidement James. « Il était tard de toute façon et puis, c'est pas comme si tu le contrôlais. »

« Je contrôle tellement peu en ce moment, » marmonnai-je dans ma barbe. Je penchai la tête sur le côté pour observer son profil.

Voulant alléger l'atmosphère tendue, je me laissai aller à faire une blague. « Alors, de quoi tu voulais discuter avec mon père, Potter ? La taille de ton cercueil pour quand il te tuera ? »

James roula les yeux et me poussa le bras, faisant tourner ma balançoire. « Pas exactement, Evans. Je ne suis pas du genre à faire deux fois la même erreur. »

« Alors, de quoi avez-vous parlé ? »

« J'avais juste besoin de son avis sur quelque chose, » dit James de manière énigmatique.

« Tu sais que ça ne répond pas à ma question, pas vrai ? »

Il sourit d'un air fier. « Oh, je sais, » m'assura-t-il.

Je croisai les bras et boudai.

Quand il vit mon expression, James se mit à rire. « Bon, et si je t'en posais une moi maintenant de question. Tu veux venir manger avec moi demain soir ? »

« On soupe ensemble tous les soirs, » lui rappelai-je.

Il rigola légèrement et malmena ses cheveux. « Je sais bien, mais je voulais savoir si tu aurais envie d'avoir rendez-vous, avec moi, demain soir. »

Je me pinçai les lèvres. « C'est de ça que tu as parlé à mon père ? »

James secoua la tête. « Non. Personne d'autre n'est au courant. Tu es libre de choisir par toi-même sans risquer de compromettre notre couverture. »

« Un rendez-vous, toi et moi ? » répétai-je.

Il acquiesça.

« Pour de vrai ? » insistai-je.

« J'aimerais bien, » dit-il doucement.

Je me mordis les lèvres et fermai les yeux. Est-ce que je voulais vraiment faire ça ? Ça compliquerait encore plus les choses.

« D'accord, » soufflai-je.

Le sourire de James fut si beau que mon cœur sembla se mettre à battre de manière erratique en le voyant. Il se pencha vers moi et je fermai les yeux pour en profiter.