Quand Molly se réveilla, elle était seule dans le lit et l'autre côté était déjà froid. Elle ne fut même pas surprise que Mycroft ne soit pas resté toute la nuit. Elle était presque sûre qu'il était enfermé dans son bureau quelque part, à travailler.

Elle tourna son regard vers l'horloge et sourit. Le morceau de papier sur sa table de nuit avait son nom inscrit dessus dans une élégante écriture qui était très loin de celle horrible de Sherlock. Elle lut :

Je suis désolé de te quitter comme ça mais le travail n'est jamais très loin. Appelle-moi après ton lunch avec Mrs. Hudson. Je te joins un numéro de téléphone à n'utiliser qu'en cas d'urgence… Et juste pour que tu saches, tu es dans le top 5 de ma liste de priorités. Mycroft.

Molly ne put s'empêcher de sourire, ce n'était pas une déclaration d'amour mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il y en ait. Il tenait à elle et c'était à l'évidence aussi loin qu'il irait.

Molly avait encore un grand sourire plaqué sur son visage quand elle se rendit à Baker Street. Elle dut se sermonner pour avoir l'air plus sérieuse car un grand sourire ne serait certainement pas approprié pour un anniversaire de mort.

Ce fut John qui ouvrit la porte et elle fut surprise qu'il ne semble pas en colère contre elle.

- Je suis désolée. Je suis en retard ! Lâcha- t- elle dès qu'elle entra. J'ai essayé de t'appeler encore et encore et encore.

- C'est ok, dit-il en lui faisant un câlin. Mon téléphone est mort juste après que tu m'aies envoyé un message et je n'avais plus de réception jusqu'à ce matin.

Molly poussa un soupir de soulagement.

- Oui je t'ai appelé plusieurs fois pour te dire que j'allai être en retard. Je suis désolée, le trafic était affreux – tu as bien fait de ne pas attendre.

John fronça les sourcils, surpris.

- Je suis resté là toute la nuit.

Ce fut au tour de Molly d'être confuse.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? J'étais en retard de 45 minutes mais tu étais déjà parti.

Molly ouvrit la bouche pour continuer quand Mrs. Hudson apparut dans le corridor.

- Ah, Molly tu es là. John, ne soyez pas grossier et laissez cette pauvre fille entrer.

Molly enlaça la vieille dame.

- S'il te plait, viens à la cuisine. Greg grignote déjà les entrées, ajouta Mrs. Hudson et fit un geste en direction de la cuisine.

- Juste une minute, Mrs. Hudson, dit Molly avant de se tourner vers John. Je ne t'ai pas vu là-bas.

John haussa les épaules.

- On a dû se manquer, l'endroit était tellement noir de monde.

Molly fronça à nouveau les sourcils.

- Non ça ne l'était pas, il y avait genre trois personnes.

Ce fut au tour de John de froncer les sourcils.

- A l'Aleria ?

- Quoi ? Je pensais qu'on devait se voir au Fish & Chips.

- Oui… John laissa sa réponse en suspens comme si elle avait perdu l'esprit, mais tu m'as envoyé un message pour changer le lieu du rendez-vous.

- Je peux voir le message ? Demanda Molly.

- Tu es sûre que tu vas bien Molly ? Demanda John réellement préoccupé en sortant son téléphone de sa poche. Tu m'inquiètes maintenant.

Molly prit le téléphone de John et lus le message. Je pense que s'amuser est ce dont nous avons besoin pour nous souvenir de Sherlock. Retrouve-moi à l'Aleria. Molly xoxo

Molly sentit le sang bouillir dans ses veines. Elle était plus que furieuse… Que Mycroft soit au courant de toute sa vie était une chose, mais s'en mêler, s'en était une autre.

- Oh, oui, j'ai oublié, dit-elle, la voix saccadée, essayant de son mieux de ne pas montrer à quel point elle était vraiment furieuse.

- Tu as oublié ? Demanda John avec incrédulité.

Molly força un ricanement.

- Ouai, mon incompétent de patron balance toujours tout son travail sur moi. Je pensais ne pas t'avoir envoyé de message mais je suppose que si. Je suis désolée, ma vie est vraiment hors de contrôle, dit-elle et elle fut très heureuse que seulement une petite partie de ce qu'elle venait de dire soit un mensonge.

- S'il te plait ne te sens pas mal, en fait ça c'est fini plutôt bien pour moi, ajouta John en serrant son épaule et en allant vers la cuisine. J'ai rencontré quelqu'un.

- Oh vraiment ! Mrs. Hudson poussa un cri de joie alors qu'elle attrapait la fin de la phrase de John. Quel est son nom ?

Greg jeta un regard amusé à Molly alors qu'elle s'asseyait à côté de lui. Ils s'étaient toujours moqués de Mrs Hudson et du fait qu'elle soit si certaine que John et Sherlock étaient en couple.

- Elle s'appelle Mary, répondit John en s'asseyant à table.

- Elle ? Oh mon cher, vous êtes vraiment passé à autre chose.

- Mrs. Hudson, je ne suis pas gay, ajouta John, sans pouvoir cacher l'irritation dans sa voix.

- Si vous le dites mon cher… Si vous le dites.

John soupira en secouant sa tête avec dédain.

Molly fut reconnaissante des plaisanteries qui l'aidèrent à calmer sa colère. Elle attrapa tout de même son téléphone et envoya un texto à Mycroft.

Je dois te voir d'urgence. Je devrais être à la maison dans quelques heures. Viens dès que possible, te mêler de ce qui ne te regarde pas N'est PAS ok. Molly.

MMMMMMMMMMMMMMMMMMMMM

Mycroft poussa un soupir en sortant son téléphone de sa poche.

- Elle sait, n'est-ce pas ? Demanda Anthea alors qu'elle faisait un compte rendu à Mycroft d'une analyse des renseignements recueillis par les Services Secrets.

- Bien sûr qu'elle sait, je n'en attendais pas moins d'elle.

- Et elle est en colère ?

Mycroft hocha la tête tout en lisant le rapport.

- Je présume qu'elle est absolument furieuse.

- Et ça en valait le coup ?

Mycroft ne put empêcher un petit sourire d'apparaitre sur ses lèvres.

- Indéniablement.

Mycroft ne s'était jamais attendu à coucher avec Molly. Même après l'avoir embrassé, il n'y avait pas vraiment pensé. Mais le jour où il avait annulé leur rendez-vous et qu'elle avait refusé de répondre à ses appels, il avait dû envoyer ses hommes pour avoir un visuel. Il l'avait vue dans cette robe verte sortant avec un autre homme. L'instinct primaire de la jalousie dont il s'était moqué avait pris le dessus. La seule chose à laquelle il pouvait penser était, 'elle est à moi'.

Dès que Anthea était entrée dans la pièce pour lui dire que Molly n'était pas contente, il lui avait demandé d'envoyer une équipe de surveillance active avec des images en temps réel. Quand il avait eu l'image de Molly dans une robe verte quelques heures plus tard, une vague de colère, de jalousie et de possessivité l'avait submergée. C'était quelque chose inhabituelle et absolument irritant mais il n'arrêtait pas de s'énerver rien qu'en y pensant.

Cela avait failli provoquer une crise diplomatique avec le président français. Il avait été excusé par la forte pression et les 12 heures enfermées dans la salle de gestion de crise. Une pause avait été demandée durant laquelle il avait essayé d'appeler Molly qui n'avait pas répondue. Il avait alors appelé son équipe qui lui avait racontée qu'elle dinait avec John Watson.

La jalousie que Mycroft avait ressenti à ce moment l'avait presque mis à genoux. Il savait que s'il avait été quelque part à Londres il serait entré dans ce restaurant et aurait fait probablement une scène. Mycroft fronça les sourcils, il n'aimait pas cette partie inconnue chez lui. Mycroft n'était pas jaloux ou territorial, il ne s'était jamais attaché assez pour ça.

Il l'avait appelé encore et encore, espérant que son agacement prendrait le dessus et l'obligerait à répondre.

Molly, soit une adulte et répond à ton téléphone ? MH

Je ne comprends pas ta colère. MH

Ça ne marchera jamais.

C'était le dernier message qu'il avait envoyé avant que la réunion reprenne.

Quand Mycroft avait reçu la dernière info, que Molly était rentrée seule à la maison, sa colère s'était calmée. Il réalisa à quel point il avait été pathétique et irrationnel. Mycroft n'était rien si ce n'est pragmatique et rationnel.

- Voulez-vous garder le flux actif sur Docteur Hooper ? Demanda Anthea quand la réunion fut ajournée pour la nuit.

- Non. En fait je veux réduire sa sécurité au minimum acceptable. Je ne veux plus aucun rapport sauf s'il y a quelque chose d'inhabituel ou mettant sa vie en danger.

- Monsieur ? Vous êtes sûr ? Demanda Anthea.

- Positif, répondit Mycroft en fermant la porte de sa chambre sans regarder en arrière.

Mycroft avait besoin de corriger l'erreur qu'il avait faite. Il était devenu amoureux de cette femme, quelqu'un d'irrationnel. Elle avait affecté son travail et ce n'était pas acceptable. Son travail viendrait toujours en premier et il s'enorgueillissait d'être détaché émotionnellement. C'était ce qui l'avait aidé à être promu si rapidement au sein du gouvernement. Il n'était pas idiot, il savait qu'on le surnommait l'Homme de glace. Mais il était aussi celui vers qui ils se tournaient toujours lorsqu'ils avaient des choix difficiles ou des décisions impossibles à prendre. Même le pénible travail de faire parler les gens, ils venaient toujours à lui. Il n'avait aucun regret, il considérait cela comme un moyen insensé de corriger l'erreur humaine. Il faisait ce qui devait être fait et n'y avait jamais réfléchit à deux fois.

Pendant son vol retour, Mycroft ramassa une copie du Daily Mirror. 'Un an après la mort du faux génie… Comment s'en sortent-ils ?' Ces journaux étaient des ordures et toute l'Angleterre le savait mais Mycroft avait la laborieuse tache de les passer en revue tous les jours. Ce que les gens ne savaient pas c'était ça, même si 97% de ce qui était dans ces journaux n'avaient aucun sens, comme 'Je suis enceinte du bébé d'Elvis Presley', en de très rares cas quelque chose était vraie. C'était souvent quelque chose de trop absurde pour les journaux réputés. Dans ces rares cas, Mycroft devait limiter les dégâts avant que la preuve ne soit trouvée. Il avait besoin de faire acheter, discréditer ou pire encore. Pour la sécurité de l'Angleterre et la stabilité politique c'était un devoir qu'il avait par-dessus tout. Tout vient avec un prix, mais peu importe à quel point c'était haut, Mycroft le paierait sans hésiter.

Mycroft alla à la page 7 pour lire l'article sur son frère. Il y avait une grande image de John avec des lunettes de soleil sortant du 221B, une image de Lestrade quittant le cimetière, et une image de John enlaçant Molly le jour des funérailles. Mycroft fronça les sourcils en lisant le commentaire sous l'image. 'La pathologiste de Bart réconfortant le petit-ami du faux génie – est-ce plus que de l'amitié ? Ce câlin suggère une romance – y a -t-il plus dans leur relation ?' Cette insinuation était tout à fait ridicule, à la limite vraiment insultante.

Mycroft poussa un soupir en repliant le journal sur ses genoux avant de prendre une gorgée de scotch. Il avait presque oublié que cela faisait près d'un an que Sherlock avait simulé sa mort. Il pourrait ne pas beaucoup s'en soucier mais Mycroft était un homme de parole.

- Comment va John Watson aujourd'hui ? Demanda-t-il à Anthea tandis qu'il regardait à l'extérieur de l'avion alors que le littoral de l'Angleterre apparaissait à l'horizon.

- Monsieur ? Demanda-t-elle, surprise que son patron mentionne John.

Depuis quelques jours, c'était comme si personne n'existait plus pour lui.

- Aujourd'hui c'est l'anniversaire de la mort de mon frère et John Watson est une créature 'sentimentale'. Je veux être sûr qu'il ne fasse rien de stupide ou d'imprudent aujourd'hui. Je l'ai promis à Sherlock.

- Je vais vérifier et vous le ferai savoir, monsieur.

- Merci, répondit Mycroft en reprenant la lecture du journal.

- John Watson a un diner ce soir pour commémorer la mémoire de Sherlock, dit Anthea alors que leur avion commençait à atterrir.

- Qui vient ?

- Inspecteur Lestrade, John et Dr. Hooper.

Mycroft ne manqua pas la petite hésitation dans la voix d'Anthea quand elle dit le nom de Molly. Il était sûr qu'elle essayait d'obtenir une réaction donc il s'assura de garder son visage aussi impassible que possible.

- Ils ne m'ont pas invit. J'ai le cœur brisé, constata simplement Mycroft. Et où se tient cette sincère commémoration ?

- Le Fisherman club, je crois que c'était… est le Fish& Chips préféré de votre frère.

Mycroft hocha la tête.

- En effet ça l'est… Merci, au moins je sais qu'il n'essayera pas de se tuer ce soir. C'est un soulagement, ajouta- t-il mais il n'y avait aucune émotion dans sa voix.

- Y a-t-il autre chose que vous deviez savoir, monsieur ?

- Non, parfait…

Mycroft détestait le fait que Molly aille passer la soirée avec John une fois de plus. Il pensait qu'il s'en était remis mais la photo dans le Mirror et la légende en dessous ne lui convenaient pas. L'idée même de John avec Molly… Sa main traînant sur son corps frissonnant, ses lèvres partout – Mycroft grimaça à cette image mentale. Non, ça n'arrivera pas, pas maintenant, jamais. Molly était trop intrigante pour la laisser partir, du moins pour l'instant… Une fois qu'il aurait compris l'ensemble du puzzle ce serait différent mais Mycroft n'était certainement pas le type à lâcher un problème avant de l'avoir résolu.

- En fait, faites venir une seconde voiture sur le tarmac s'il vous plait, j'ai encore du travail à faire et je crois que vous méritez votre soirée. Je vous verrai demain.

- Vous êtes sûr, monsieur ?

- Positif.

Mycroft récupéra son téléphone et appela le Centre des Services Secrets.

- Mycroft Holmes, autorisation 247563. J'ai besoin d'un portable cloné pour les prochaines 4 heures. John H. Watson – code approbation : 'soldat consultant' dossier 37942.

Anthea regarda Mycroft avec étonnement mais s'abstint de poser des questions. Tout ce qu'elle savait était que pour les quatre prochaines heures Mycroft pourrait utiliser le numéro de téléphone de John pour toutes les communications qu'il souhaiterait. En faisant cela il désactivait aussi le téléphone de John pour tous les appels et messages entrants et sortants, et il pouvait choisir les SMS ou les appels que John pouvait recevoir. Elle ne savait pas ce que son patron avait à l'esprit mais elle savait que ce n'était rien de bon.

Dès que Mycroft entra dans la voiture, il appela le numéro direct du commissaire adjoint.

- Frederick, Mycroft Holmes à l'appareil.

Mycroft regarda sa montre.

- Je n'ai pas beaucoup de temps mais c'est une importance de sécurité nationale que l'inspecteur Lestrade travaille ce soir… Je ne peux pas expliquer et rien ne doit l'alerter. Cet homme rend un service exceptionnel et Sa Majesté la Reine n'ignore pas ses efforts, ajouta Mycroft, sachant que le fait de graisser la patte du commissaire pourrait aider la carrière de Lestrade. Il le méritait après que Mycroft se soit immiscé dans ses plans.

Après ça, Mycroft avait utilisé le numéro cloné de John pour appeler Molly, et comme prévu, elle lui répondit la seconde fois. Sa voix eut un effet sur lui, l'entendre haletée le fit sourire. Cette femme avait le don de l'intriguer, le captivait, et le faisait rire… La plupart du temps en dépit de lui-même. C'était un rayon de soleil dans son monde austère et calculateur. C'était peut-être la raison pour laquelle il était si difficile pour lui de lâcher prise, même s'il savait que c'était mieux eux deux.

- Molly-, dit-il et il sourit une nouvelle fois à sa voix aigüe.

Il la connaissait bien maintenant et commençait à comprendre l'effet qu'il avait sur elle.

Il ne s'attendait pas à l'inviter à dîner, tout ce qu'il voulait, c'était qu'elle soit seule... Pourquoi ? Il n'était pas vraiment sûr mais une fois qu'il entendit sa voix il réalisa qu'il voulait la voir, peu importe les conséquences. Sa réponse négative ne l'avait pas déstabilisé. Molly avait du cran et il savait que cela prendrait plus que quelques mots doux pour la faire revenir.

Dès qu'il avait raccroché il dirigea son chauffeur au Diogène Club alors qu'il appelait l'équipe de surveillance de Molly et il découvrit qu'elle venait de prendre le bus 26.

Mycroft appela l'agent des services secrets placé au bureau des transports de la ville.

- Autorisation 247563, Code amarante sur le Bus 26, un délai de 30 minutes est requis.

Mycroft savait que ce qu'il faisait n'était pas bien. Il savait aussi que quand Molly le découvrirait, elle serait plus que furieuse. Il ne pouvait pas se sentir coupable – elle devait l'écouter. Si c'était ce qu'il fallait faire alors il le ferait à sa façon.

Dès que Mycroft atteignit le Diogène, il alla sur le réseau sécurisé et sourit à l'écran.

- Bonjour, chère Adriana, ça te dirait de rencontrer un gentil ex-docteur de l'armée ? Chuchota-t-il à son écran tout en tapant sur son clavier.

Il requit l'ex-agent 25 - une mise à jour sur son activité et sa localisation. Mycroft demanda à l'agent d'aller à l'Aleria.

Après ça, Mycroft envoya un message à John en utilisant le numéro de Molly et changea le lieu de rencontre.

Dès que Mycroft eut l'accord de John, il désactiva son téléphone pour la nuit.

- Maintenant vous allez m'écouter Dr. Hooper, dit-il avec un sourire alors qu'il se tenait près de la fenêtre en attendant que son plan se déploie.

- Monsieur, je sais que je ne suis pas un experte, mais je sais que les gens n'apprécient pas qu'on se mêle de leurs vies, dit Anthea en le ramenant à la réalité.

- Eh bien, les gens devraient savoir dans quoi ils s'engagent, répondit-il.

- Monsieur, j'ai reçu un appel ce matin demandant une vérification.

- Vérification de quoi ?

- Il semble que vous avez accédé à la base de données des agents internationaux inactifs hier. Ils voulaient être sûr que c'était vous et non pas une faille dans le système. Il semble que ce n'est pas notre division, monsieur.

Mycroft hocha la tête.

- Oui, c'est moi. Je ne vois pas de raison de s'inquiéter.

- Eh bien, ces gens ont échangé des secrets avec nos Services Secrets afin d'obtenir de nouvelles identités. Ils vivaient ça généralement comme un nouveau départ… La plupart d'entre eux n'aiment pas se souvenir de leur passé.

- Eh bien nous avons tous un passé. Peu importe à quel point vous essayez de fuir, ce n'est jamais assez loin.

- Je ne peux pas m'empêcher de demander pourquoi… ajouta-t-elle avec hésitation.

Mycroft poussa un soupir en déposant le rapport avant de rencontrer le regard de son assistant.

- Qu'est-ce que vous vous demandez ?

- Juste- Anthea secoua la tête. Molly ne sait pas à quel point vous iriez loin pour obtenir ce que vous voulez.

Mycroft pensa au texte qu'il venait juste de recevoir d'elle.

- Je ne suis pas d'accord – je pense que maintenant elle est en train de comprendre jusqu'où je suis prêt à aller.

MMMMMMMMMMMMMMMMMMMM

Molly était tellement furieuse après le message de Mycroft qu'elle nettoya sa maison de fond en comble en attendant qu'il arrive. Elle avait presque abandonné l'idée de le voir quand elle entendit un coup sec à la porte.

- As-tu trafiqué le portable de John ? Demanda-t-elle dès qu'elle ouvrit la porte.

Elle savait qu'elle était en pleine agitation, avec une queue de cheval désordonnée, pantalon de survêtement et un tee-shirt de St Bart troué, mais elle était trop furieuse pour s'en soucier.

- Puis-je au moins entrer ou doit-on le faire dans la rue ?

Molly soupira, lui faisant signe d'entrer.

- Donc – as-tu trafiqué son téléphone ?

- Oui, je l'ai fait, dit-il sans honte.

- Et pourquoi as-tu fait ça ? Demanda-t-elle, déconcertée par ses aveux.

- Parce que tu étais puérile. Si tu avais répondu à mes appels et non pas joué à ce petit jeu, je n'aurais jamais eu à prendre de telles mesures.

- Donc tu me reproches ton comportement ? Demanda-t-elle incrédule.

- De toute évidence.

Molly eut un rire sans humour.

- Tu es incroyable !

- Je sais, dit-il avec un petit sourire.

Molly secoua la tête, sa colère s'estompait mais elle devait tenir bon.

- Et à quel jeu est-ce que je joue ? Demanda-t-elle en entrant dans la cuisine pour nettoyer l'évier.

- Est-ce que tu essayais de me rendre jaloux avec cette robe verte ? Demanda -t-il en s'appuyant contre le mur de la cuisine.

Elle savait qu'appeler John et sortir dans cette robe était une erreur. Si elle devait être complètement honnête, une petite part d'elle avait espéré qu'il avait regardé et réalisé ce qu'il avait manqué.

Les yeux de Mycroft brillèrent de victoire. Il avait fait des erreurs… (ce qu'elle considérait comme des erreurs) mais pour lui cela avait seulement été un moyen d'arriver à ses fins. Il avait fait tout ça pour qu'elle l'écoute, et ça s'était terminé avec eux faisant passionnément l'amour trois fois… Cette mission avait été un succès.

- J'ai acheté cette robe pour toi, admit-elle en baissant les yeux. Et tu m'as laissé tomber… A nouveau.

Mycroft avança de quelques pas dans sa direction et se tint juste assez près pour la toucher.

- J'aimais la robe… Non, j'adorais la robe. Je détestais le fait que tu la portais pour quelqu'un d'autre que moi.

Molly releva le regard.

- Etais-tu jaloux ?

- Appelle ça comme ça.

- Il n'y a rien entre John et moi.

- Il n'y a rien qui t'arrêterai, ajouta Mycroft.

- Si, il y a- Il y a toi, ajouta-t-elle pour elle-même.

Elle soupira, l'esquivant pour créer une certaine distance entre eux, et retourna dans son petit salon.

- Je ne suis pas comme ça. John est mon ami, je ne mettrai jamais ça en péril – et ce que tu as fait était hors sujet.

- Je suppose que trafiquer le téléphone et le bus-

- Tu as quelque chose à voir avec le bus aussi ? Demanda-t-elle, furieuse une fois de plus.

Mycroft lui donna un regard penaud.

- Il n'y a pas de coïncidence, Molly.

- Ce n'est pas croyable ! Je ne suis pas une poupée avec laquelle tu peux jouer et que tu peux diriger comme tu le veux, tu sais ! J'accepte l'espionnage parce que je crois en Sherlock- et en toi – quand tu dis que c'est pour ma sécurité mais ça… ça va trop loin ! Comment peux-tu-

- Oh, fou moi la paix, tu veux ? explosa Mycroft.

- Quoi ? Molly n'arrivait pas à croire que c'était lui qui se mettait en colère.

- Tu sais, je n'ai aucune idée de ce que je fais. Je te l'ai déjà dit, je n'ai jamais voulu quelque chose que je ne pouvais pas acheter, voler ou prendre mais c'est différent. C'est inhabituel pour moi et je pense que tu devrais être plus indulgente.

- Tu me veux ?

Mycroft lui donna un regard exaspéré.

- Oh, allez Molly – tu es plus intelligente que ça ! La nuit dernière n'en n'était pas la preuve ?

Molly rougit au souvenir de la possessivité de Mycroft durant l'acte.

- Je te l'ai dit avant, Molly, je ne suis pas un homme bon. J'ai menti, j'ai volé, j'ai trompé, j'ai conspiré, j'ai tué tout cela au nom de mon pays. Je le ferai encore en un clin d'œil si j'en avais besoin. Je ne fais pas dans les sentiments, la famille... Je fais ce qui dois être fait mais je m'en soucie… Je tiens à toi.

- Je pensais que tenir à quelqu'un n'était pas un avantage.

- Ça ne l'est pas, les sentiments sont une faiblesse et il semble que je suis faible.

Molly s'assit, vidée.

- Je te l'ai dit les sentiments ont la capacité de faire ressortir le pire chez les gens. Je n'ai jamais été jaloux avant. Ce n'est pas quelque chose que j'aime ressentir.

Molly hocha la tête.

- Je crois en l'exclusivité, Mycroft. Même si ce que nous avons est temporaire et secret, je promets de rester fidèle. Je promets d'essayer de te comprendre mais tu dois me promettre d'arrêter d'essayer de contrôler ma vie. Je ne suis pas ton collègue ou ton employée, je suis-

Molly s'arrêta. Qu'est-ce qu'elle était pour lui ? Elle n'en n'était même pas sûre.

- Je suis- Qu'est-ce que je suis ?

Mycroft sembla y réfléchir pendant une éternité.

- Tu es mon amie très spéciale.

Molly savait qu'elle n'avait aucune raison de s'attendre à plus, et pourtant ses paroles étaient décevantes d'une manière ou d'une autre.

- A partir de maintenant, plus de mensonges, ok ? Dit-elle, en se levant.

- Plus de mensonges, accepta-t-il en l'embrassant en sachant que cette déclaration était probablement le plus gros d'entre tous. Maintenant, puis-je te voir dans cette robe verte ? Ajouta- t- il en l'attrapant par la taille et en la tirant à lui.

µµµµµµµµµµµµµµµµµµ

Ouch… Je n'en peux plus… C'est tellement mignon ! Mycroft commence à perdre le contrôle et c'est hilarant !

J'espère que vous appréciez toujours autant ! Merci à tous/ toutes ceux/celles qui m'envoient de petits messages. N'hésitez pas à me faire des remarques il est parfois très compliqué de trouver des traductions pour certains mots anglais.

Bisous xxx