Benjamin Hunter ne parvenait pas à se décider à pénétrer dans la pièce. Il se tenait de l'autre côté de la porte ouverte, le dos contre le mur, et écoutait les discussions nombreuses et bruyantes qui emplissaient le grand salon de l'hôtel Gatewater. Il attendait que Phoenix Wright l'eût rejoint, faisant confiance à l'avocat pour lui donner un peu de courage.

Faire confiance à Phoenix Wright... Ce n'était peut-être pas une si bonne idée. Après tout, c'était cet excès de confiance qui l'avait conduit là où il était maintenant. Il se demandait encore ce qui lui avait pris de laisser son amant se charger de régler cette affaire d'entente frauduleuse. Et qu'était-il passé par la tête de Phoenix pour croire qu'une conférence de presse était le seul moyen de faire taire les rumeurs?

D'expérience, il savait très bien que clamer haut et fort que ce n'étaient que des racontars, des calomnies, ne calmerait pas ces vautours de la presse quotidienne. Ils ne seraient même pas crus. La vérité n'avait jamais fait vendre un journal.

Celui de Eva Cozésouci, paru quatre jours plus tôt, avait quant à lui fait parler de lui. Les télévisions locales s'étaient emparées du scoop. Le tribunal avait été assailli de hordes de journalistes et de photographes, ce qui avait obligé la cour à suspendre tous les procès dans lesquels Hunter ou Wright aurait eu un rôle à jouer. De même, ils avaient été consignés à demeure: ce n'était pas un ordre, mais un sage conseil que les deux avocats s'étaient empressés de suivre.

Bien leur en avait pris, car l'après-midi même, plusieurs scribouillards avides de sensations campaient déjà au pied de leurs immeubles respectifs, espérant obtenir quelques mots de l'un ou de l'autre des intéressés.

Mais pendant que Benjamin rongeait son frein, tournant en rond comme un lion dans sa cage, Phoenix avait pris les choses en main. Il avait planifié une conférence de presse qui était censée mettre fin aux rumeurs. Il n'avait appelé le procureur que quand tout avait été arrangé, et uniquement pour lui faire part de l'heure et du lieu du rendez-vous. Et comme à son habitude, celui-ci était en retard...

Phoenix était debout sur les pédales de son vélo, les mains agrippées au guidon. Il slalomait maladroitement entre les voitures qui encombraient les rues. "Pourquoi cette saleté de réveil a choisi justement aujourd'hui pour passer l'arme à gauche?" ruminait-il hargneusement.

Quand il avait lentement ouvert les yeux ce matin, l'avocat n'avait pas réalisé qu'aucune sonnerie n'avait retenti pour le faire émerger de son sommeil sans rêve. Encore dans les brumes de sa paisible nuit, il s'était levé et était parti se préparer un bon café chaud.

Juste avant de s'asseoir pour le déguster, il avait allumé la radio. C'était l'heure du journal, et il avait écouté d'une oreille distraite des news peu intéressantes. Mais il avait fait un bond, renversant par la même une bonne quantité de son breuvage sur ses genoux, quand, à la fin du communiqué, la journaliste avait annoncé 9h25. Il avait couru jusqu'à la salle-de-bain et pris une douche express, avant de descendre à la cave récupérer son vélo. Il n'avait plus que dix minutes pour traverser la moitié de la ville.

Il arriva finalement devant le grand hôtel avec à peine plus de dix minutes de retard. Un groom le conduisit jusqu'à l'endroit où Benjamin l'attendait nerveusement.

"C'est intéressant de convoquer la presse à une certaine heure et de n'arriver que beaucoup plus tard. Si tu avais envie de les énerver, je pense que c'est gagné" commenta le procureur, furieux. "N'espère plus maintenant qu'ils soient attentifs, tolérants, bienveillants et compréhensifs...

- Bonjour à toi aussi, Benjamin." Hunter grogna. "Je suis désolé du retard, problème de réveil. J'ai fait ce que j'ai pu." Il déserra sa cravate et s'éventa le visage. "Comme tu peux le voir, d'ailleurs.

- Tu n'aurais pas pu passer la nuit à ton bureau, pour une fois? C'est de l'autre côté de la rue.

- Tu as raison, une bonne nuit sur un canapé défraîchi m'aurait fait le plus grand bien... J'aurais été beau sur les photos avec des morceaux de mousse des coussins dans les cheveux.

- Alors qu'en sueur et les joues écarlates, tu es tout de suite plus sexy..." soupira Hunter.

Un large sourire illumina le visage de Phoenix. "C'est gentil de ta part de me dire que je suis sexy!"

Benjamin se frappa le front. Comment pouvait-on être aussi stupide? Le sarcasme semblait être une notion inexistante chez l'avocat. En même temps... Le procureur leva les yeux sur Phoenix. Le visage qu'il affichait maintenant n'était pas très éloigné de celui qu'il voyait quand ils faisaient l'amour: le rouge de ses joues, les gouttes de sueur sur son front, les cheveux légèrement décoiffés, les yeux brillants... Le procureur déglutit péniblement. Ce n'était vraiment pas le moment d'avoir de telles pensées.

Un employé de l'hôtel les rejoignit alors. "Le directeur m'a chargé de vous rappeler que vous n'avez qu'une heure pour votre conférence. Nous avons ensuite d'autres engagements à respecter."

Les deux avocats échangèrent un regard nerveux. Benjamin réajusta sa cravate, Phoenix s'essuya le front, puis, après une profonde inspiration, ils pénétrèrent dans le grand salon.

Immédiatement, les flash des appareils crépitèrent, les questions fusèrent. Les deux hommes prirent leur temps pour s'asseoir derrière la grande table qui avait été installée à leur intention. Deux micros trônaient face à eux.

Ils attendirent patiemment que le calme revint dans les rangs des journalistes. Quand un silence relatif eut envahi la salle, Phoenix se pencha sur son micro et commença à s'exprimer d'une voix d'abord peu assurée.

"Messieurs dames les journalistes, je tiens d'abord à vous remercier d'être venus aussi nombreux aujourd'hui."

Hunter manqua éclater de rire. Il donna un coup de coude dans les côtes de l'avocat avant de lui glisser dans l'oreille: "Ce n'est pas un spectacle de fin d'année, ils sont ici pour te dévorer tout cru. Tu n'as pas à leur faire de courbettes."

Wright se racla la gorge, embarrassé, avant de reprendre: "Mademoiselle Cozésouci a fait paraître un article il y a quelques jours qui..." Il sourit. "... nous a causé souci."

Le parterre de journalistes rit de bon coeur, excepté la demoiselle mentionnée, qui s'impatientait dans un coin du salon.

Eva avait d'abord apprécié le tapage que son article avait déclenché. De nombreux rédacteurs en chef l'avaient contactée pour avoir des informations supplémentaires ou pour lui demander d'enquêter plus en profondeur sur le sujet pour le compte de leur journal. Elle en avait été flattée. De plus, elle avait été ravie d'apprendre que cela avait quelque peu dérangé la vie bien réglée de cet avocat aux cheveux en pointe!

Quand la nouvelle de la conférence de presse à venir était parvenue à ses oreilles, elle avait commencé à s'inquiéter. Elle avait tant de fois assisté aux retournements de situation dont Phoenix Wright était passé maître au tribunal, qu'elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il allait y parvenir une fois de plus. Ce qui ne présageait rien de bon pour la suite de sa propre carrière.

Elle avait toutefois décidé d'y participer avec ses collègues, espérant retarder au maximum, voire empêcher un tel miracle.

Mais maintenant, à voir les deux avocats affronter toute cette presse aussi calmement, elle n'était plus tout à fait aussi sûre d'elle.

"Nous avons été accusé ouvertement d'entente frauduleuse, insinuant que les procès qui nous voyaient nous affronter étaient truqués. L'affaire ayant fait grand bruit, j'ai pensé qu'un simple démenti dans le journal qui avait publié l'article ne serait pas suffisant. C'est pourquoi j'ai organisé cette conférence de presse. Nous tenions à affirmer publiquement que cet article était un tissu de mensonges et que nous étions, monsieur Hunter et moi-même, des avocats parfaitement intègres à la recherche de la Justice."

Benjamin écoutait, admiratif, Phoenix s'exprimer avec éloquence et panache. Wright était un naïf, ce qui poussait souvent à le prendre pour un imbécile. Mais c'était aussi un homme cultivé et intelligent. Ses études en étaient un témoignage flagrant: il avait réussi à poursuivre un cursus artistique tout en étudiant le droit. Après tout, ses victoires au tribunal n'étaient peut-être pas seulement le fruit du hasard et de la chance. Ses prouesses étaient peut-être aussi dues à un cerveau particulièrement éveillé et à une très forte intuition. Hunter n'avait jamais imaginé qu'il pourrait aimer cet homme encore plus, et pourtant...

"Je suis persuadé qu'un long discours ne serait pas très convaincant. Nous allons donc répondre à vos questions, quelles qu'elles soient. Nous vous écoutons."

"Très astucieux, Phoenix" songea Hunter.

"Si ce n'était pas pour conclure des arrangements honteux, quelle est la raison pour laquelle vous avez été aussi souvent vus ensemble, bien que vous essayiez justement d'être discrets?"

C'était la première question à laquelle les deux avocats s'attendaient. Phoenix saisit la main de Benjamin sous la table, la serra un instant, puis s'approcha une fois de plus de son micro. "Nous sommes amants."

Un intense brouhaha emplit le grand salon. Les photographes les mitraillaient. Certains journalistes quittèrent la salle le téléphone à l'oreille, contactant leur journal pour faire imprimer le scoop pour l'édition du soir, n'attendant même pas les réponses aux questions que cette déclaration n'allait pas manquer de provoquer.

"Ne craignez-vous pas qu'une telle annonce puisse porter préjudice à votre carrière?

- Si, bien sûr. Mais certainement moins que l'accusation d'entente illicite."

Hunter gardait le silence. Il n'éprouvait pas le besoin d'interrompre son compagnon, qui maîtrisait parfaitement la situation. Certes, la simple idée de révéler leur liaison l'avait d'abord terrifié. Mais l'entendre ainsi de la bouche même de Phoenix, confiant et sûr de lui, venait d'apaiser ses craintes. Tout allait bien se terminer. Phoenix serait là pour lui. Comment avait-il pu penser une seule seconde que son métier devait primer sur sa vie personnelle? N'avait-il pas déjà, depuis plus de quinze ans, mis sa vie sentimentale entre parenthèses? Pire, il l'avait tuée dans l'oeuf, éloignant de lui toute personne qui avait paru intéressée. Mais si demain, il devait cesser d'être procureur pour pouvoir vivre pleinement sa relation avec Phoenix, il était désormais capable de s'en accommoder. Il réalisait maintenant qu'il était prêt à faire ce sacrifice.

"N'y a-t-il pas conflit d'intérêt à travailler ainsi avec son partenaire?

- Qu'entendez-vous par là?

- Des sentiments romantiques pourraient altérer les capacités de jugement de monsieur Hunter. Ce qui expliquerait ses défaites face à vous."

La main qui tenait celle de Hunter se crispa. Le procureur se tourna vers Phoenix. Ses traits exprimaient une colère froide. Benjamin en était déboussolé.

"Si Benjamin était capable de perdre ses moyens à cause de moi, je ne l'aimerais pas autant. Il est intègre, avide de Justice, et je sais qu'il donne toujours le meilleur de lui-même dans son travail. C'est pour toutes ces raisons que je l'aime, et que j'ai toujours plaisir à l'affronter au tribunal."

Le procureur porta la main à sa bouche pour étouffer un sanglot. Une larme roula sur sa joue. Il était profondément ému. C'était une chose d'officialiser une liaison, mais d'affirmer ainsi ses sentiments face à des centaines d'inconnus en était une autre. Et il se moquait éperdument que des photographes puissent saisir son expression à cet instant-même: il n'aurait pu en avoir une autre s'il l'avait voulu. Tout son être vibrait des sentiments qu'il portait à Phoenix.

"Je souhaiterais donc à l'avenir que vous évitiez de remettre en cause le professionnalisme de monsieur Hunter."

Les visages se tournèrent alors vers celui-ci, qui affichait toujours une intense émotion.

"Monsieur Hunter, comment expliquez-vous alors vos multiples défaites face à monsieur Wright après tant d'années de victoires?

- Des circonstances particulières m'ont poussé à prendre le mauvais chemin dans ma carrière. Mon mentor, Manfred Von Karma, m'avait inculqué que seule la victoire comptait. C'est ce qui fut ma ligne de conduite pendant de nombreuses années. Ma première rencontre avec Phoenix Wright au tribunal, qui fut aussi ma première défaite, m'a amené à reconsidérer ma position. Une cour qui ne recherche pas la Justice est une cour corrompue. J'ai depuis tenté de racheter mes erreurs passées, et Phoenix m'a beaucoup aidé à faire le deuil de mes anciennes convictions. On peut dire que ce ne sont pas tant mes défaites que les victoires de Phoenix et de la Justice."

Les journalistes l'écoutaient religieusement, qui enregistrant la conférence sur un magnétophone, qui prenant des notes sur un calepin.

"Je tiens d'ailleurs à vous rappeler que j'ai réussi à faire condamner Matt Engarde pour le meurtre de Juan Corrida. Si j'avais voulu favoriser Phoenix, cet homme serait encore dans la nature, pendant que la pauvre Andréa Landry croupirait dans une cellule. Je pense que c'est une preuve suffisante de notre honnêteté à tous les deux."

Pendant de longues minutes, les journalistes parlèrent entre eux, faisant le point sur les informations qu'ils avaient récoltées, les confrontant à celles contenues dans l'article de Eva Cozésouci.

Les deux avocats attendaient patiemment le verdict. Ils ne s'étaient jamais senti à ce point comme dans une cour de justice. Seule manquait la décoration baroque du tribunal. Même si celle du Gatewater pouvait rivaliser avec elle.

Selon la manière dont tous ces scribouillards allaient tourner leur article, le public aurait un avis différent sur leur relation. Et si le public les acceptait, les membres du barreau auraient du mal à les renvoyer sans provoquer un scandale.

Pour l'instant, ils affichaient tous une mine concentrée. Très peu d'entre eux semblaient haineux ou écoeurés. Quelques regards en coin laissaient tout de même présager d'un certain nombre d'articles peu élogieux, mais Wright et Hunter y étaient préparés.

Voyant les aiguilles tourner et la mine renfrognée du directeur de l'hôtel, Phoenix prit la parole.

"Si vous n'avez pas d'autres questions, je vais vous demander de quitter la salle. Bien sûr, nous restons à votre disposition pour des informations complémentaires. Vous n'aurez qu'à prendre rendez-vous en contactant nos bureaux respectifs. Je vous remercie encore de votre attention." Sur ce, il se leva et, main dans la main avec Benjamin, il sortit.

A peine eut-il franchi la porte que le procureur se jeta dans ses bras et l'embrassa. Phoenix répondit fougueusement.

A bout de souffle, ils se séparèrent.

"Que me vaut cet honneur?

- Tu as été... magnifique! Je me fiche de savoir quelles vont être les répercussions de cette conférence maintenant. Je suis ravi que tu ais affirmé publiquement notre relation" répondit Hunter, le visage enfoui dans le cou de Phoenix. Celui-ci enveloppa le procureur de ses bras, passant tendrement la main dans ses cheveux.

Hunter poussa un cri quand Phoenix lui tira les cheveux. L'avocat avait été surpris par la sonnerie de son téléphone. S'excusant platement auprès de son compagnon, il ouvrit son mobile.

"Phoenix Wright, je vous écoute.

- Nick! J'ai appris la nouvelle au sujet de toi et monsieur Hunter!" Maya hurlait dans l'écouteur. Phoenix l'éloigna prudemment de son oreille.

"Quelle nouvelle, Maya? On vient tout juste de finir la conférence de presse, ajouta-t-il, perplexe.

- De quoi tu parles? Un bus de touristes est passé hier à Kurain. J'ai discuté avec un vieux monsieur très gentil qui m'a donné quelques nouvelles de la ville. Il m'a parlé de tous ces articles sur vos procès truqués. Il faut absolument faire quelque chose, Nick!"

L'avocat ne manquait jamais d'être surpris par sa jeune amie. Elle passait ses après-midi devant la télévision à regarder des séries pour enfants, mais jamais il ne lui viendrait à l'idée de suivre les informations de temps en temps. Elle n'avait donc appris la nouvelle que la veille, ce qui expliquait qu'il n'avait reçu aucun coup de fil de sa part pour le réconforter. Il n'avait pas oser l'appeler, pensant qu'elle était peut-être très occupée avec... ce qui pouvait tenir occupée une apprentie médium dans la montagne.

Mais Maya semblait hystérique. Il se devait de la rassurer au plus vite.

"C'est justement pour ça qu'on a fait une conférence de presse. Tout est arrangé, on a dit la vérité." Il jeta un regard vers Benjamin, gêné. Il n'avait ressenti aucune crainte à avouer à tout un parterre de journalistes sa liaison avec lui, mais il se sentait maintenant aussi timide qu'un collégien à l'idée de l'annoncer à son amie. "Maya, Benjamin et moi sommes ensemble. C'est ce que nous avons expliqué aux reporters."

Il fut effaré par la réaction de la jeune femme.

"Oh non! J'aurais adoré être là... Ça devait être si mignon.

- Tu n'es pas étonnée par ce que je viens de dire?

- Pourquoi étonnée? Si tu crois que je n'avais pas compris votre petit manège à tous les deux. Je savais que vous étiez follement épris l'un de l'autre. C'est si romantique!

- Maya, fais-moi penser à brûler tes romans à l'eau de rose quand tu rentreras."

Ignorant le sarcasme, celle-ci poursuivit: "Je serai là dans deux jours. Je reviendrai avec Pearl. J'espère que tu nous emmèneras au restaurant pour fêter ça! Je t'embrasse très fort, et ton amoureux aussi!" Sur ces mots, elle raccrocha.

Phoenix remit son mobile dans sa poche et se tourna vers Hunter. D'un petit geste de la main, il lui fit signe de s'approcher. Le procureur s'exécuta, intrigué.

Wright déposa un baiser sur sa joue, ajoutant en souriant: "De la part de Maya.

- Je suppose donc qu'elle a bien pris la nouvelle.

- C'est en dessous de la vérité. Elle était euphorique.

- C'est le principal. Si nos proches nous acceptent, je me moque bien de ce que peuvent penser les autres."

Phoenix eut soudain une illumination. Il ressortit son mobile et choisit un numéro dans le répertoire. Il tendit alors le téléphone à Hunter, avant de s'éloigner rapidement. "Je te laisse le plaisir de l'annoncer à ta soeur alors!

- Quoi?"

Une voix féminine se fit entendre dans l'écouteur: "Franziska Von Karma à l'appareil."

Benjamin Hunter, soudain très pâle, bredouilla quelques mots incompréhensibles avant de raccrocher subitement. "PHOENIX!!" hurla-t-il avant de poursuivre l'avocat qui quittait la salle en riant.