Auteur : Nat, qui aime s'amuser sur le dos de ses personnages préférés.

Disclaimer : Elrond, Celebrían, Celeborn, Galadriel, Thranduil, Glorfindel, Haldir et Erestor (et Double-G ^.^) ne m'appartiennent pas. Ils en remercient Illuvatar de tout leur cœur. Et le concept de la fic est de Miss-Tako-chan. C'est une de ses histoires qui m'a inspiré celle-ci.

Spoiler : Aucun contexte précisé. Se passe avant le Seigneur des Anneaux, au Deuxième Age.

Warning : Persos totalement OOC. C'est normal, c'est un délire. La réelle chronologie de Tolkien est parfois respectée par erreur. ^^'

Résumé : Mémoires d'un jeune Elfe rangé. …Ou presque, diront certains. Dérangé, diront d'autres. Voici le journal intime d'un jeune Elfe en vacances en Lórien avec ses amis. Rédigé par Elrond, corrigé par Erestor, subtilisé par Glorfindel et… hem… égaré par Thranduil. Elrond va pester.

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Mémoires d'un jeune Elfe rangé, jour 13

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Cher journal, le plan "récupérer le journal d'Erestor" est en place. Glorfindel est venu me voir il y a dix minutes au cas où j'aurais oublié de me réveiller. C'était totalement inutile, étant donné que cela fait une heure que je tourne et me retourne dans mon lit en me répétant ce que je vais dire au lettré. Le tueur de Balrog est donc retourné se coucher et faire semblant de dormir. Dans une poignée de minutes, je vais faire semblant de me réveiller, je vais me lever, m'habiller, me débrouiller pour trouver le livre qu'Erestor a emprunté à Brethildor et aller le tirer du lit en lui demandant d'aller le rendre. Surtout, je ne dois pas lui laisser le temps de réfléchir. Et je dois être suffisamment convainquant et naturel pour qu'il ne se doute de rien.

Moi qui n'aime pas mentir, j'ai l'impression que je ne fais plus que ça depuis quelques jours... C'est perturbant.

Bon, il doit être l'heure. Je ne suis pas sûr que Brethildor soit déjà levé, mais ça n'a aucune importance. Si Erestor pouvait perdre du temps à le chercher, cela nous en laisserait plus, à nous, pour lire son journal. J'ai remarqué qu'il l'a posé sous son lit hier soir, près du pied gauche. Il est maintenant caché par ses rideaux et, je suppose, par ses couvertures. Heureusement que j'ai vu ça, sinon nous aurions passé pas mal de temps à le chercher...

J'y vais. En espérant qu'Erestor n'aura pas la présence d'esprit de partir avec son journal.

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Nous avions presque réussi, journal ! Presque.

Comme prévu, je suis allé réveiller Erestor. Je l'ai secoué doucement par l'épaule et je lui ai parlé à voix basse, comme si je voulais éviter d'éveiller Glorfindel et Thranduil. Ce n'était pas tout à fait faux, d'ailleurs : un Thranduil mal réveillé vaut bien deux ou trois Trolls des cavernes à lui tout seul, si on se place du point de vue des dommages infligés à son entourage immédiat. Mais là n'est pas la question. J'ai donc dit à Erestor que Brethildor voulait qu'il lui rende son livre. Il devait dormir encore à moitié, parce qu'il s'est levé et a commencé à s'habiller sans même songer à me demander comment cela se faisait que j'ai déjà vu le libraire à une heure aussi matinale. C'est une bonne chose. Je ne sais pas ce que je lui aurais répondu. Une bêtise improvisée, sans doute. Généralement, je m'en sors plutôt bien quand j'improvise des bêtises. Enfin, ça, c'est l'avis de Glorfindel.

Erestor était en train de nouer ses bottes lorsque son cerveau a dû se mettre en marche. Il a relevé la tête, m'a regardé et a ouvert la bouche comme pour me poser une question. Je lui ai aussitôt fourré son livre dans les mains sans lui laisser le temps de réagir et je l'ai poussé à se dépêcher, argumentant que Brethildor n'était pas l'Elfe le plus patient qui soit au monde. Ce doit être vrai, parce qu'Erestor a confirmé et a quitté le talan sans m'opposer la moindre résistance.

Je suis resté un instant immobile à écouter le bruit de ses pas qui s'éloignaient. Lorsque je n'ai plus rien entendu, je suis allé faire signe à Glorfindel. Il a aussitôt bondit hors de son lit et s'est précipité sur celui de l'érudit. Je lui ai désigné le pied gauche du lit et il a hoché la tête avec un sourire. Il s'est penché pour récupérer le journal pendant que j'allais réveiller Thranduil. Au moment où le Sindar émergeait des rêveries elfiques et où Glorfindel brandissait victorieusement le fameux journal, le propriétaire de ce dernier est réapparu comme par magie au niveau de notre échelle de corde. Son regard est tombé sur le pauvre Glorfindel, dont le sourire triomphant s'est lentement décomposé pour laisser la place à une expression d'agonie pure.

Erestor a fondu sur lui dans un tourbillon de robes noires, lui a arraché le journal des mains et lui en a assené un violent coup sur le haut du crâne. Il nous a épargnés, Thranduil et moi, parce qu'il a sans doute pensé que nous n'avions rien à voir avec les imbécillités de Glorfindel. En effet, j'étais penché sur le lit du prince-Elfe lorsqu'il est entré, et Thranduil avait tellement l'air de tomber de la lune en voyant la scène qu'il était tout simplement impossible, à moins d'être atteint de paranoïa à un stade des plus élevés, de le soupçonner d'être de mèche avec l'autre blond. Heureusement pour lui, Erestor n'est pas paranoïaque. Enfin, je crois.

Après avoir à moitié assommé Glorfindel, Erestor est reparti en silence, aussi calme que d'ordinaire. Et avec son journal. Ce qui fait que nous n'avons toujours pas pu le lire.

Quand il a été assez loin pour ne pas nous entendre et que Glorfindel a enfin cessé de geindre en se tenant les cheveux, nous avons mis Thranduil au courant de la situation. Il a simplement dit que nous étions deux abrutis inexpérimentés, que je n'aurais pas dû le réveiller pour ça et que la prochaine fois que nous voudrons faire des bêtises, nous devrons penser à bloquer la trappe de notre talan avant de prendre l'objet interdit. Il s'est retourné et s'est rendormi aussi sec, tandis que Glorfindel et moi échangions des regards embarrassés. En effet, nous aurions dû y penser...

Mais bon. Ce qui est fait est fait. Notre plan n'était pas si mauvais que ça, puisqu'il aurait marché si nous n'avions pas oublié ce léger détail de retour intempestif du principal concerné. Par contre, ce qui est plus embêtant, c'est que nous ne pourrons pas recommencer. Il va falloir trouver autre chose... Et Erestor va être encore plus méfiant à l'avenir. Je me demande si nous arriverons un jour à lire ce qu'il a écrit dans son journal.

Désolé journal, je dois te laisser. Glorfindel m'appelle pour jouer aux échecs. Après la partie, je réveillerai Thranduil s'il ne s'est pas déjà levé et je lui demanderai ce qu'il a fait de l'épée de son parent Celeborn. Ce serait bien qu'il pense à la lui rendre avant la fin de cet Age.

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Journal, Thranduil m'énerve.

Non, ce n'est pas une nouveauté, je sais. Mais il m'énerve encore plus que d'habitude.

Après avoir gagné haut la main la partie d'échec... Non, je plaisante. Je me vante, ce n'est pas bien. Et je ne suis pas honnête, j'ai bien failli la perdre, cette partie. Glorfindel est un adversaire redoutable. Mais j'ai tout de même réussi à gagner. Enfin, après la partie d'échec, donc, je suis allé parler à Thranduil qui venait de se lever et achevait de nouer sa ceinture. Je l'ai questionné à propos de ce qu'il avait fait de l'épée de Celeborn. Il m'a regardé comme si je lui avais parlé dans un quelconque dialecte Nain, a haussé un sourcil et m'a demandé « Quelle épée ? » en balayant le talan du regard. J'ai été forcé de constater, bien malgré moi, qu'il n'y avait aucune épée dans notre talan. Et que sans la moindre preuve, je ne peux ni l'accuser de l'avoir volée, ni le forcer à la rendre.

Thranduil a éclaté de rire devant mon air déconfit et s'est sauvé avant que je ne puisse ajouter quoi que ce soit. Glorfindel m'a ensuite dit de ne pas m'occuper de cette affaire, parce que j'ai déjà bien assez d'ennuis comme ça. Je sais à cause de son sourire à ce moment-là qu'il faisait référence à "ma" Celebrían.

Mais tout de même ! Je suis sûr que c'est Thranduil qui l'a, cette épée. C'est une vraie pie voleuse, ce garçon ! Je ne sais pas où il l'a cachée, mais je donnerais ma main aux Wargs que c'est lui qui l'a. J'en suis sûr et certain.

Gardez votre main Elrond, vous risquez d'en avoir besoin pour la donner à Celebrían... A moins que votre Warg soit suffisamment gentil pour vous la rendre en un état pas trop déplorable, ce dont je doute franchement.

Ah non ! Ce n'est pas possible, ça !

C'est un monde, tout de même ! Je laisse mon journal sur mon lit deux minutes, deux minuscules petites minutes pour aller chercher une autre plume, et Glorfindel en profite pour y écrire des âneries !

Et ça le fait rire, en plus.

Excuse-moi journal, mais je vais m'en aller. Je crois que je vais aller me promener dans le Bois Doré. A moins que je n'aille à la bibliothèque... Je ne sais pas. Par contre, je sais que je vais aller là où Glorfindel n'est pas, et que je vais t'emmener avec moi. C'est plus prudent.

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Me revoilà journal.

Je te sollicite beaucoup aujourd'hui, peut-être que tu préfèrerais que je te laisse un peu tranquille ? Mais tu as eu toute la journée d'hier pour te reposer, alors maintenant, tu travailles. Justifie ton existence.

Non, je ne suis pas fou, ne t'inquiète pas. Je ne suis pas non plus désespéré au point de faire la conversation avec un tas de papier inerte, silencieux et dénué d'intelligence. Je suis juste de bonne humeur ! ...Je crois que c'est encore pire. Je fais toujours des choses stupides quand je suis de bonne humeur. En fait, il faudrait que je sois toujours fâché. Ça donne l'air sérieux et imposant. Un peu comme Double-G. Mais c'est dur de rester sérieux et fâché quand tu passes tout un repas assis à côté de Celebrían, à discuter et plaisanter avec elle. Elle souriait tout le temps, ce qui me faisait sourire à mon tour, ce qui la faisait sourire encore plus. Quand nous n'étions pas en train de rire pour je ne sais quelle raison. J'en ai même mal aux joues. Je pense que c'était le meilleur déjeuner que j'ai passé depuis mon arrivée en Lórien.

Par contre, Glorfindel et Erestor sont venus me trouver il y a quelques minutes pour me dire que Thranduil m'avait regardé d'un air bizarre pendant tout le repas (bizarre étant ici un synonyme d'inquiétant), et que je ferais bien d'être un peu plus discret à l'avenir. Glorfindel a ajouté que ce serait idiot que Thranduil me défigure irrémédiablement après avoir deviné l'intérêt que je porte à sa cousine, parce qu'il doute qu'elle accepte d'épouser un Elfe avec une tête d'Orc qui se serait pris les Portes Noires dans la figure lors de leur ouverture. Si l'image peut sembler amusante, le futur dépeint, lui, ne me réjouit guère. Je crois que je vais suivre leur conseil et éviter d'être trop... enthousiaste en présence de Celebrían.

Ah, voilà justement Thranduil qui arrive. Je vais essayer d'être naturel... Il est en train de déclarer qu'il a réfléchi. Je te fais grâce du « Impossible ! » incrédule qui a échappé à Glorfindel et de la claque qu'il vient de recevoir en guise de réponse. Bref. Thranduil a réfléchi, donc, aussi incroyable que cela puisse paraître. En fait, si je comprends bien ce qu'il est en train de nous expliquer, il a repensé à notre attaque ratée contre le Miroir et a réalisé que, même si nous avions eu quelque chose pour le vider, il serait toujours resté quelques gouttes au fond que nous n'aurions pas pu enlever. Sur ce point, il n'a pas tort. Nous devons donc assécher totalement le Miroir. Et c'est là qu'il a eu une idée de génie. Pourquoi ne pas utiliser du papier buvard pour absorber les dernières gouttes d'eau ? Il a jugé envisageable de vider la plus grande partie du Miroir avec, par exemple, le verre de cristal serti d'argent qui a "accidentellement" glissé dans sa manche pendant que nous prenions notre dessert et qu'il a "oublié" de remettre sur la table à la fin du déjeuner, puis de l'achever avec du buvard.

Ça y est, je viens de comprendre pourquoi Thranduil porte toujours des manches de trois furlongs de long. Les longues manches sont les meilleures amies des cleptomanes.

Enfin, Glorfindel et moi avons jugé que ce plan était envisageable et réalisable. Par contre, il nous faudra nous assurer que ni Galadriel ni Celeborn (surtout pas Celeborn, en fait) ne se trouvent à proximité du jardin de la Dame des Galadhrims. Il en va de la survie de nos oreilles. Et de notre survie tout court, cela va sans dire. Mais la mise en place du plan "anti-Miroir II" devra attendre, parce que Thranduil est en train de me demander de lui apprendre à jouer aux échecs. Etant donné qu'il m'a appris à jouer au mahjong, je ne peux pas refuser.

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Journal, nous sommes en train de mettre en place le plan "anti-Miroir II". Figure-toi que ce soir, pendant le dîner, Celebrían a demandé à ses parents s'ils accepteraient de l'accompagner à Cerin Amroth demain après-midi. Ils ont accepté, ce qui signifie que ni l'un ni l'autre ne se trouvera à côté du Miroir ! Nous allons pouvoir passer à l'attaque.

Tiens, Erestor vient d'entrer dans le talan. Il a bien vu que nous étions en train de fomenter un coup louche, mais il n'a rien dit. Il n'a même pas essayé de nous sermonner et de nous dire que nous nous comportions comme des elfings en bas âge. Au contraire, il avait presque l'air soulagé en réalisant que nous programmions une attaque contre le Miroir. Il a sorti son journal d'on ne sait où et écrit dedans. Il est étrange parfois.

Oh, il me semble que j'entends Celebrían chanter... Oui, c'est bien elle. C'est sa voix. Il n'y en a pas deux comme la sienne. Il faudra que je le lui dise, un jour.

Journal, je crois que j'ai trop rêvassé en écoutant chanter Celebrían. Thranduil me regarde encore d'une façon aussi déconcertante qu'inquiétante. Je crois que je vais aller me coucher avant de commettre une bêtise irréparable.

Bonne nuit !

Elrond Eärendilion

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