Saluuuuut...

*viens de passer ses deux premières épreuves de partiels*

*a envie de mourir*

*tout de suite*

-Muahahahahahaaaaaa! DANS TON CUL, CONNASSE D'HUMAINE...!

... Bougez pas, je reviens.

*bruit d'agonie du Seigneur des Enfers, Lucifer himself*

Vous vous rappelez le capitaine accro aux milkshakes et le sniper...? Bah les revoilà!

Bon, pas le temps de faire une super présentation (alors que j'ai quinze milliards de trucs à dire à propos de ce chapitre, hahaha) (MONDE DE MERDE!), je speede...!

Et c'est partit pour le chapitre le plus long de Putrefactus VS. Massacrors pour l'instant...!

Sinon, un GIGANTESQUE merci à toutes celles qui laissent une review, je vous jure que ça me donne une patate d'enfer lorsque je reviens d'une épreuve de partiels avec une forte envie de me tirer une balle (une épreuve d'épistémologie de l'historiographie pour tout vous dire) (si, si, ça existe) (c'est suuuper intéressant mais, haha, on a eut un bon gros sujet de pute) (GREUH)! Merciiii à Tara (KEUPIIIIIINNNNNEEEE) (merci pour toutes ces reviews...!), à Ialka (meuahaha, il va apprendre à filer droit le petit Uryuu...!), à Hyoki (z'ont un instinct de survie pas si foiré que ça au final ces putrefactus XD) et à Yuni (HELLFEST'S GONNA RULE THE WORLD, YEEEEAW!) (ze. te. déteste) (je veux aller au Hellfest, gnnnnni!)

Et on retrouve Beni, Tora et Retsu coincées dans... des chiottes. (pitit rappel, la Panzher, c'est le surnom de Kaede)

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Discalibuuuur...! Mic la Montagne de Muscle et Mini Chamallow ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo, le créateur de Bleach...! Les autres défoncés du ciboulot, ils sont à moi! Nyahaha!

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13. La Horde sauvage.


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– Y'a moyen que vous nous refassiez le passage Godzillator avec ceux qui traînent dehors? demanda l'adolescente aux cheveux rouge qui avait décidément appris le respect chez les Pygmées.

Tora retint de justesse un rire nerveux. Aucun instinct de survie celle là, je crois.

– Non. répondit calmement Retsu de sa belle voix douce et posée. Ils sont un peu trop nombreux. Ils ne m'attaqueront pas car ils ont trop peur de moi et leur instinct leur hurle de ne pas m'approcher. Mais pour vous, ça ne serait pas le cas.

Donc… cette nana est plus dangereuse que Beni?! Bah merde alors, on dirait pas…

Tout ce que je peux faire, c'est vous aider un peu en décapitant quelques uns. dit-elle, toujours souriante.

Putain, et elle te dit ça avec son air de Sœur Emmanuelle sur la gueule. Narmol. J'veux pas me retrouver toute seule avec cette nanaaaa!

L'autre adolescente réfléchit quelques secondes en fronçant les sourcils au dessus de ses beaux yeux bruns (ce qui faisait assez mal aux neurones en fait) (mais aïe-euh!)

– Bah comment vous vous êtes retrouvée coincée ici alors?

Retsu lâcha un petit soupir.

– Ils sont trop nombreux et l'effet de groupe serait tel que leur instinct de propagation prendrait le pas sur leur instinct de survie et qu'ils attaqueraient, qu'importe le danger que je représente pour eux.

– Merde. Fait chier. jura sommairement et très poétiquement la jeune fille.

– Bah c'est pas grave, on a qu'à appliquer le plan de base nan? fit Tora.

– Ouais, je sais… C'est juste que ça aurait été trop cool de se dire qu'on avait Godzillator dans notre camp. répliqua la rouquine avec une moue boudeuse.

Trop tchoupi.

– Enfin bref! poursuivit Benikyogai. C'est partit! Phase 'sortons nos culs entiers de ce putain d'hosto zombifié' du plan 'Il faut sauver les miches du soldat Retsu' enclenchée!

Oui, malheureusement pour le monde entier, Tora, Ken, Yachiru et Beni ADORAIENT les noms de code à deux balles. Le monde était foutu.

– Allô Mic la Montagne de Muscle? lâcha Tora dans un talkie-walkie qu'elle trimballait avec elle depuis le début.

– Tu veux une baffe gamine?

– Mais moi aussi je t'aime mon grand. Prêt à tout faire péter?

– Quand tu veux morveuse.

– Alors je crois que tu peux faire mumuse.

À quelques centaines de mètres de là, Kenpachi Zaraki appuya son doigt calleux sur un bouton avec un sourire carnassier absolument terrifiant. Aussitôt, la quasi totalité des égouts du secteur explosa dans un vacarme assourdissant, projetant gravats et plaques de béton à plusieurs mètres du sol et atomisant un sacré paquet de zombies au passage.

– Foncez! leur lâcha t-il sans attendre une seconde de plus.

– GERONIMOOOOOO! beugla de son côté une Benikyogai qui pétait toujours autant la forme.

Aussitôt, le petit trio se précipita à sa suite, sortant enfin de l'hôpital et se mettant à faire feu sur tout ce qui approchait un peu trop près. Heureusement pour elle, les zombies se repéraient principalement à l'ouïe. Alors l'explosion titanesque (oui, Sûuko avait filé un sacré paquet de C4 à sa belle-fille, de quoi largement rayer de la carte un pays tel que la Moldavie) (finger in the nose, bitch) était plutôt pour les aider : la plupart des zombies encore debout avaient eut l'ouïe définitivement grillée par la déflagration. En explosant, le C4 avait littéralement détruit la plupart du macadam alentour et les égouts béaient désormais à l'air libre. En gros, Ken-chan venait de se trouver une nouvelle vocation de paysagiste urbain sauce Rambo-fait-tout-péter. Du coup, ces saletés ne pouvaient plus du tout se repérer.

– ON FONCE! hurla Tora en profitant de l'occasion et se mit à accélérer encore un peu plus, tirant Retsu par le bras d'une main et éclatant de la cervelle façon DANS TON CUL CONNARD de l'autre.

À une vingtaine de mètres devant elle se tenait leur supeeeerbe 4x4 désormais rose fluo grâce aux goûts artistiques carrément douteux de Mini Chamallow, alias leur chauffeur fou, Yachiru Kuzajishi (désormais capable de rugir, youpiiiie…). Les deux adolescentes ainsi que l'adulte accélérèrent encore un peu plus leur course. Avoir fait péter les égouts avait certes réussit à désorienter les zombies mais cela ne durerait pas bien longtemps.

– Yachiru! appela Benitsuki. Envoie nous munitions, grenades et bazooka! Vous, vous prenez Godzillator et vous vous barrez!

– Bah et vous? pépia la petite fille au volant tandis que Retsu rejoignait Ichigo et son bien aimé à l'intérieur du véhicule.

– T'occupes! répliqua la jeune fille, on fait diversion! Fout les à l'abri, nous on emmène ces connards de zombie ailleurs! Pis faut qu'on se dérouille un peu! GERONIMOOOOO!

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Quelques instants plus tard, dans un coin plus tranquille de la ville.

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– Et une bouchée pour Papa…

BLAM!

– Et une bouchée pour Maman…

BLAM!

– Ça va, tu t'éclates…? ricana Benitsuki l'air goguenarde.

– Mmm? Ouais, ouais tranquille.

– Ah bon? Perso, j'aurais plutôt dit que tes neurones se suicidaient m'enfin bon…

– Ouhlà! 'Neurones'? Depuis quand tu sais ce que c'est, toi?

– Alors là…! Très bonne question.

– Un éclair de génie.

– Ouais, sûrement.

Tranquillement installées sur des échafaudages qui recouvraient la quasi totalité d'un immeuble qui était en rénovation avant que les gens ne commencent à se bouffer entre eux, les deux jeunes filles discutaient et papotaient d'un air léger, tout en tirant de temps en temps sur les zombies un peu trop proches. Oui, ces saletés de créatures avaient un mal fou à escalader quoi que ce soit, cela leur demandait trop de réflexion et trop de coordination motrice pour qu'ils y parviennent correctement. Alors franchement, elles étaient très bien sur leur échafaudage à cinq ou six mètres au dessus du sol. Cela devait faire une bonne dizaine de minutes que le reste de leur groupe 'sauvons les fesses du soldat Retsu' avait dû rejoindre l'appart leur servant de QG, bien au chaud avec la Meute pour veiller sur eux. Encore fumant, le bazooka dont s'était servi Beni lors de leur diversion pour attirer les zombies à leur suite reposait tranquillement à côté des deux adolescentes, aux munitions pour bazooka désormais épuisées. Au bas de l'échafaudage, cinq ou six zombies grognaient. Bavaient. Bu-bullaient. Faisaient des bruits chelous quoi.

– Alors, on est pas bien là…? soupira d'aise celle aux cheveux rouge avant de coller une énième balle en pleine boîte crânienne à moitié putréfiée, le tout en savourant la douce caresse du soleil sur sa peau.

– Baaaah… Mmmm… répondit Tora avec un air de suprême intelligence sur le visage.

– Ouh, ça sent l'argumentation super construite ton machin, là.

– Gna-gna-gna. M'enfin… sans les zombies, avec un cocktail mangue-kiwi-banane-vodka bien frais et des rondelles de citron entre les orteils, ouais, là ça serait le pied. Total.

– Mmm, pas faux.

BLAM. Et 'Arrrrrg'. BLAM. 'Couic'. Tora posa son beau regard gris perle sur le profil délicat de l'autre jeune fille, occupée à tirer sur les zombies d'un air distrait. Toi, si tu crois que je vais oublier que tu m'as dit d'accord lorsque j'ai hurlé que si on s'en sortait, j'te roulais une pelle… C'est qu'elle était belle comme ça, le soleil éclairant doucement sa peau burinée par le vent et la poussière. Quelques mèches de sa longue chevelure rouge tombaient autour de son visage fin et voletaient doucement dans l'air frais qui les entouraient.

– Eh, commença Tora, tu sais que…

SCHBAM!

Le bruit de la déflagration coupa net sa phrase et la tête d'un des zombies à leurs pieds explosa littéralement sous l'impact de la balle.

– HOLY SHIT! jura violemment Beni en se redressant brusquement, arme en main.

Ce n'était ni elle, ni Tora qui venait de tirer.

Aussitôt debout, flingues braqués vers l'avant, les deux jeunes filles scrutèrent avidement l'espace autour d'elle à la recherche du tireur qui venait de buter ce zombie.

– Merde, je vois rien… lâcha Tora à mi-voix.

– Même chose… lâcha son amie, aussi peu rassurée.

– Ça serait pas Kenpachi?

– Nope. grogna Beni, vraiment mal à l'aise. Il se serait déjà montré… Pis il aurait prévenu via le talkie. C'est pas son genre de débarquer en douce, il sait que c'est risqué.

– Et merde! jura une nouvelle fois Tora en chuchotant.

SCHBAM! SCHBAM! SCHBAM!

Les trois zombies restants s'écroulèrent d'un seul coup, le crâne littéralement éclaté en morceaux sanguinolents à chaque impact de balle.

– What the f… lâcha Beni entre ses dents avant de sauter souplement au sol, aussitôt suivie par Tora.

Le paysage urbain alentour était toujours aussi vide de vie humaine.

– Qui est là?! appela Tora, agacée que la personne en question se cache toujours. MONTRE TOI!

À ses côtés, son amie pointa son .357 Magnum vers l'avant, prête à dégommer le moindre connard qui tenterait de les descendre.

– PORTE TES COUILLES BORDEL DE MERDE ET RAMÈNE TA FRAISE! hurla t-elle à son tour dans une classe et une distinction qui faisait la fierté du clan Amaikoddoku tout entier.

Droit devant elles se trouvait une des grandes avenues de cette métropole.

– Là! lâcha soudain la jeune fille aux Beretta, pointant de la gueule de son arme deux silhouettes qui leurs faisaient face.

Immobiles, les deux silhouettes en question se tenaient à une cinquantaine de mètres des deux adolescentes et, malgré la distance, étaient indubitablement masculines. Merde, mais c'est qui ces deux gus…?

Évidemment, elles n'étaient pas les seules avec leur petit groupe à avoir survécu à cette fichue pandémie apocalyptique, il y en avait d'autres, il y a avait d'autres rescapés à cette année terrifiante. Seulement, il était rare, extrêmement rare même que les survivants soient... des enfants de cœur. Ça avait été un pur Enfer alors pour pouvoir survivre, la plupart d'entre eux avaient littéralement dû se transformer en bêtes sauvages. Du coup, si en plus un de ces deux hommes était armé de sorte à pulvériser ainsi des crânes humains à cette distance, cela n'avait rien de spécialement rassurant.

On fait quoi? lui chuchota Tora à l'oreille.

– J'en sais rien du tout. Prépare toi à leur tirer dessus si jamais ça dégénère.

– T'es sérieuse…?

– Vu l'arme que tient celui de gauche, à mort.

Puis les deux silhouettes se mirent à avancer lentement vers elle, celle de gauche d'un pas lent et mesuré tandis que celle de droite, un peu plus grande et beaucoup plus dégingandée, semblait avancer en sautillant, faisant danser dans son dos une longue et fine natte de cheveux noirs comme la nuit et luisant comme de la soie. Malgré leur différence de taille et de pas, les deux hommes avançaient au même rythme. Celui à la natte, bien qu'un peu plus grand en taille que son voisin qui portait toujours entre ses mains un fusil de précision Hécate II, aussi appelé 'fusil du tireur d'élite', semblait être plus jeune. Et plutôt maigre à ce qu'elles pouvaient en voir malgré ses vêtements. D'ailleurs, tous deux étaient simplement habillés de noir de la tête aux pieds, le plus jeune portant toutefois quand à lui un perfecto absolument blanc comme neige sur ses épaules fines. Ses cheveux, courts et bruns, étaient complètement ébouriffé comme une chouette mal réveillée, ce qui avec son visage aux traits enfantins lui donnait un petit air inoffensif, encore renforcé par sa longue natte noire qui dansait au rythme de ses pas.

M'enfin ça, c'était uniquement au premier abord. Que ce soit par sa démarche féline, par sa manière de se mouvoir en général ou à la simple vue de l'arsenal d'armes blanches qu'il trimballait sur lui, il était tout simplement évident que cet homme était dangereux. Et que celui à sa droite l'était tout autant. Un tout petit peu plus petit et surtout beaucoup moins maigre, tout de noir vêtu, le second homme avait les cheveux d'un noir corbeau, coupés courts également. Au vu de l'arme qu'il tenait entre les mains et au vu de son attitude en général, il semblait clair qu'il était le garde du corps du plus fin.

Les deux hommes continuèrent à avancer en silence, s'approchant de plus en plus des deux adolescentes qui purent enfin distinguer leurs visages. Celui de gauche, tout en noir, avait l'œil droit barré de trois cicatrices longilignes tandis que sa joue gauche était tatouée d'une longue bande grise sous laquelle était inscrite le chiffre 69. Et celui de droite…

– Bordel…! jura Tora à mi-voix en réprimant de justesse un mouvement de recul.

Son visage en lui-même n'était pas laid et même plutôt agréable à regarder. Ses traits étaient doux et délicats ainsi que bien proportionnés. Il y avait en lui quelque chose de l'enfant qui n'était pas encore devenu adulte, que ce soit par son nez arrondi, ses petites lèvres pulpeuses ou encore par ses grands yeux pétillants. Non, ce qui choqua ainsi l'adolescente, c'était justement ses yeux, ou plutôt leur couleur. Et plus précisément, leur absence de couleur…

Les yeux de cet homme…

Blancs.

Ils étaient blancs.

Totalement blancs.

Entièrement blancs.

En leur centre brillait un iris noir, très petit et très sombre, mais sa pupille elle, était bel et bien blanche comme neige et seule une couronne d'un doux gris pâle lui permettait d'être distinguée du reste du blanc de l'œil. C'était de la glace faite regard. Le tout donnait une impression gelée, inquiétante, incroyablement perçante. Ces yeux semblaient pouvoir tout transpercer.

L'homme n'était pas aveugle et l'on pouvait distinguer ses yeux du reste du blanc de la sclérotique par cette fine couronne délicate mais il avait bel et bien les yeux blancs.

– Slurrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrppp! fit-il en aspirant bruyamment une longue gorgée du milkshake qu'il avait en main.

Tout content, ses lèvres rondes s'étirèrent encore plus en un sourire parfaitement enfantin tandis que ses yeux -blancs donc- pétillèrent de bonheur. Encore un peu et il se mettait à ronronner. Enfin bref, en deux mots, il venait de pulvériser allègrement tout le côté inquiétant et oppressant de la scène. L'homme à ses côtés, celui qui avait visiblement dû faire un pari bourré vu qu'il avait un 69 tatoué sur la joue (pas Winnie l'Ourson, nan, nan, un! putain! de! 69! BORDEL!), lui adressa un regard de reproches. Qu'il ignora royalement vu qu'il avait un milkshake entre les mains et que les milkshakes, bah c'était trop bon. Na.

Face à ce duo plutôt… euh, étrange disons, Tora cligna des yeux. Plusieurs fois, des fois que tout ça ne soit qu'une hallucination un peu siphonnée. Elle hésitait entre deux attitudes, retourner se coucher parce que franchement c'était trop ou carrément se foutre ouvertement de leur gueule. Nan mais sérieux, c'était qui ces types…?! Toujours un peu décontenancée, elle glissa un regard vers Beni. Et se figea.

Benikyogai avait ses beaux yeux bruns écarquillés et était comme bloquée. Comme si elle avait peur.

– Que… commença la jeune fille aux cheveux blanc-bleuté.

Mais elle n'eut pas le temps de la questionner d'avantage.

– Eh bien, eh bien! chantonna le jeune homme au milkshake, l'air tout content. Amaikoddoku Junior à ce que je vois!

Tendue du bout des pieds à la pointe de ses cheveux, l'adolescente lui grogna dessus. À ce son, le garde du corps de celui qui venait de parler fit glisser son long doigt sur la gâchette de son fusil de précision. Tora déglutit bruyamment, d'un coup encore plus mal à l'aise, ce qui pouvait se comprendre. Ce mec sait qui est Beni… et elle, elle a peur de lui.

Shinko… finit-il par lâcher celle aux cheveux rouge. Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler par mon nom de famille. Je ne suis pas ma mère.

Le dénommé Shinko aspira bruyamment une nouvelle gorgée de milkshake à la fraise.

– Moui. Mais «Amaikoddoku Junior» , ça te va vachement bien.

– Je t'emmerde. répliqua t-elle acerbe en serrant les poings.

– Je te trouve bien impudente de manquer ainsi de respect au capitaine Daraiki… gronda l'homme tatoué.

Benikyogai ricana d'un air sinistre.

– Toi le clebs, je t'ai pas causé. Et c'est moi qui te trouves 'impudent' comme tu dis de menacer ainsi la fille de Celle qui Règne sur l'Est.

Le bruit de la culasse de l'arme armant une balle claqua dans l'air.

– C'est ça ouais… lâcha Beni. Colle moi une balle et tu verras ce que c'est la vraie Apocalypse. Crois moi, t'as pas intérêt à toucher à un seul de mes cheveux si tu veux pas voir la Panzher mettre ce qu'il reste de ce monde chez toi à feu et à sang jusqu'à ce qu'il ne reste que des cendres de Moscou.

– Du calme, du caaaalme… rigola Shinko. Allons Shuuhei, du calme!

Shuuhei et Shinko donc… Pourquoi est-ce qu'il l'appelle capitaine? C'est qui ces mecs?

Alors Amaikoddoku Junior dis moi… poursuivit-il avec un sourire qui faisait froid dans le dos. Qu'est-ce que tu fais dans le coin?

– Je te poserais volontiers la même question… Shinko. grogna t-elle en appuyant sur l'usage de son prénom.

Elle n'était pas Amaikoddoku Junior, elle n'était pas sa mère. Elle était elle, Benikyogai Benitsuki et personne d'autre!

– C'est capitaine Daraiki. lâcha le sniper d'une voix sourde.

Leur interlocutrice souffla brusquement. Il commençait à les lui briser 69!

– Toi, le toutou, ta gueule! C'est clair? J'vous emmerde, toi, ton capitaine et les 13 divisions. Et je sais parfaitement que ton cher capitaine ne te laissera pas me faire le moindre mal, pour l'unique et bonne raison qu'il n'a pas envie que ma mère déferle sur Moscou à la tête de ses hordes de yakuza pour vous égorger jusqu'au dernier. lâcha t-elle d'un trait malgré le léger tremblement de ses poings.

Shuuhei fixa sur elle un regard brun au fond duquel brillait une haine féroce. Il exécrait cette gamine qui se croyait intouchable du fait de son nom de famille. Certes, elle, elle l'était. Mais…

– Peu de personnes ont insulté les 13 divisions et sont encore vivantes.

– Si tu me tues…

– Dans ce monde infesté de zombies, comment retrouver ton cadavre?

– Sous-estime pas la toute puissance des Triades et des yakuzas réunis, merdeux.

Elle était intouchable.

Brusquement et si vite que les deux jeunes filles purent à peine distinguer son mouvement, Shuuhei, crosse calée contre son épaule releva le canon de son arme de précision, le plaçant juste… entre les deux yeux de Tora.

Son amie elle, ne l'était pas.

Par réflexe, la main de Benikyogai qui tenait son arme bien serrée amorça le geste de se relever mais la voix de Shuuhei la coupa net dans son mouvement.

– Là, ça serait à toi de ne pas me sous-estimer. Bouge, et je lui éclate la cervelle. Et crois moi, tu n'as pas envie de voir ce qu'une arme longue distance peut faire à bout portant.

Sa voix était calme et maîtrisée, parfaitement sereine.

La mort était son métier, la mort était sa raison d'être.

Tuer ceux qui se dresseraient sur la route du capitaine Daraiki, il n'y avait rien d'autre qui importait. Exécuter sommairement cette gosse aux cheveux blancs ne le gênerait pas une seconde, comme exécuter ses parents sous ses yeux de gamin n'avaient pas arrêté ces soldats yougoslaves au beau milieu de la guerre du Kosovo. La vie était ainsi faite et peu lui importait tant que Shinko Daraiki vivait et que c'était lui qui avait le doigt sur la détente. Tout ce qui comptait, c'était Shinko Daraiki, son regard perçant et son sourire d'enfant moqueur. C'était lui, sa manière de se déplacer, ces longs doigts osseux, cette démarche sautillante et son intelligence froide.

Face à lui, de l'autre côté du canon longiligne de son arme, l'adolescente -la petite fille- s'était totalement figée, comme la souris surprise par le chat qui va la dévorer. Ses beaux yeux gris s'étaient écarquillés et le fixaient sans réellement le voir. Pour elle n'existait plus que cette arme braquée sur sa tête. Une simple pression de son doigt sur la gâchette et cette enfant cesserait de vivre. Et ça ne lui faisait ni chaud ni froid.

Amusé -et touché- par les réactions de celui à qui il avait choisit de confier sa vie, Shinko étira ses belles lèvres rondes en un grand sourire. C'est que l'héritière du clan Amaikoddoku avait tout de même quelques leçons à recevoir. Par contre, il ne savait pas encore si il allait laisser Shuuhei tuer son amie sous ses yeux ou pas. Il avala distraitement une nouvelle gorgée de milkshake à la fraise tandis que le cœur de Tora se mettait à battre de plus en plus vite, comme s'il voulait à tout prix s'échapper hors de sa cage thoracique. À ses oreilles, le bruit lui semblait assourdissant. Inratable. Et terrifiant.

Benikyogai ne bougeait pas non plus, le vent faisant voleter quelques mèches de sa chevelure rouge sang. Son regard brun ne quittait pas un seul instant Shuuhei, contenant avec difficulté une rage sans nom.

– Écoute moi bien… commença t-elle en parlant lentement, très lentement et ses lèvres détachant avec une application à faire froid dans le dos chacune de ses syllabes. Si tu touches à un seul de ses cheveux… Oh, ce n'est pas ma mère que tu auras à craindre. Ça seras moi. Et crois moi, tu n'as aucune idée de ce qui t'attends si tu presses cette détente.

On aurait dit un grand fauve à deux doigts de se jeter à la gorge de sa proie pour lui briser la nuque d'un coup sec. Shuuhei l'écouta parfaitement. Il savait que ce n'était pas du bluff. Mais ce n'était pas lui qui prenait les décisions, c'était le capitaine.

– Wow. Pas mal…! fit Shinko en sifflant d'un air admiratif. Crois moi, t'as rien à envier à ta mère de ce côté là. Mais dis moi… poursuivit-il en posant un de ses longs doigts osseux contre ses lèvres rondes. Tu comptes faire quoi si… ta chère amie…

Son sourire se fit un peu plus grand.

– … se faisait descendre? Sous tes yeux je veux dire?

Le sang de Beni se glaça encore un peu plus. Puis elle répondit.

– Ce n'est pas les 13 divisions que je raserai, crois moi.

Shinko haussa un sourcil, ne saisissant pas vraiment le raisonnement.

– C'est ce monde que je détruirai.

Sa voix n'était plus qu'un grondement rauque et inquiétant.

Le jeune homme aux yeux blancs fixa son regard sur cette adolescente. Le clan Amaikoddoku hein… Telle mère telle fille comme on dirait. Et quand on voyait la femme avec laquelle avec ladite mère s'était mariée, rien d'étonnant à ce que la gamine ait un tel potentiel. Les deux se fixèrent un instant tels deux fauves, œil brun contre œil de glace, évaluant l'autre, se jaugeant mutuellement, calculant toutes les possibilités en une fraction de seconde. Tout était prêt à exploser.

Tora. La vie de Tora est en jeu. Déconne pas, garde le contrôle de tes nerfs. Ne pense qu'à une seule chose. Tora. Tora. Tora. Tora.

Elle ne bougeait strictement pas. Tora non plus, visiblement sous le choc du risque de décéder sans aucune raison, ici, au milieu de nulle part, de devenir un cadavre de plus dans cet amoncellement de charniers. Elle soufflait lentement, très lentement, comme pour essayer de maîtriser, ne serait-ce qu'un tout petit peu, la peur panique qui montait en elle. Son regard gris perle fixait toujours son possible bourreau sans le voir. Et Beni réfléchissait à toute vitesse. Tora. Tora. Tora. Sauver Tora. Trouver une solution. VITE!

– Eh… lâcha soudain la voix claire de la jeune fille à l'épaisse chevelure blanc-bleuté. Tout est bon dans le cochon.

– Que…

Et avant que quiconque ne saisisse ce qui se passait, Tora fit brusquement basculer son torse sur le côté pour dévier sa tête de la trajectoire d'une balle éventuelle et profita du mouvement pour envoyer sa longue jambe heurter violemment la tête de Shuuhei.

– ME SOUS-ESTIME PAS CONNARD! hurla t-elle avec rage tandis que le jeune homme s'écrasait au sol.

Aussitôt et sans rien attendre, Beni braqua son .357 Magnum sur la tête du tatoué qui avait osé menacer Tora, prête à le descendre sans sommation. Mais avant qu'elle ne puisse appuyer sur la détente, le pieds de Shinko percuta d'un seul coup son estomac, la faisant reculer sous la violence l'impact.

– Et on se calme, merci! fit-il sans cesser de sourire en constatant que tout le monde n'était plus en état d'utiliser son arme à feu dans l'immédiat, Shuuhei se relevant péniblement, Tora tremblant encore et Beni avec les tripes jouant la lambada.

Enfin, tout le monde sauf lui quoi. Et ça, bah c'était cool. Très content de lui, il continua à sourire. Des quatre personnes ici présentes, il était le seul toujours aussi calme, jouant distraitement d'une main avec l'un des longs couteaux aiguisés fixés à sa ceinture. Certes, il n'était pas bien épais et certes il n'était pas bien effrayant avec sa tête de grand gamin et son regard pétillant mais le sous-estimer était une erreur. Une erreur mortelle même.

Daraiki Shinko était maigre à faire peur, comme un stigmate que son corps avait gardé de son enfance en Tchétchénie où il avait plusieurs fois cru mourir de faim.

Il y avait eut les Tchétchènes, les Russes, les Ingouches, la guerre et au milieu de cette folie, des gosses abandonnés et affamés qui devinrent pire que des loups, sans foi ni loi et assoiffés de sang. Ingérables et hors de contrôle, ils avaient presque tous fini dans un caniveau, une balle en pleine tête. Tous… sauf lui, sauf Shinko.

Trop doué, trop talentueux, pour qu'on puisse l'exécuter. Trop dangereux de l'attaquer, aussi. De cette époque troublée, il avait gardé l'âme d'enfant que la guerre et les adultes avaient tenté de détruire. Sans autre refuge, c'était là qu'il s'était abrité. Daraiki Shinko était un enfant, un enfant à qui on avait volé son enfance, un enfant capable de tuer, d'exécuter, d'assassiner, d'empoisonner, de torturer sans remords. Les enfants n'ont pas de remords. Les monstres non plus.

Mais si il avait seulement été doué pour tuer, on se serait servit de lui comme d'une simple arme. Une arme humaine, voilà tout. Or il était hors de question que quiconque se serve de lui. Shinko n'avait jamais rien eut, ni richesse, ni argent, ni ami, ni famille. Tout ce qu'il avait toujours eut, c'était sa liberté. Elle ne valait peut-être pas grand-chose, cette liberté d'un gosse des rues tchétchènes, mais c'était tout ce qu'il avait, avec cette aisance, cette facilité pour tuer de sang froid et… son intellect. C'était peut-être aussi pour ça qu'il était encore en vie, cette manière qu'il avait de réfléchir. Pour dire cela simplement, il était la preuve même qu'une intelligence acérée était capable de naître au beau milieu des pires charniers humains.

Et Shinko avait fait un choix, qu'importe ce qui pourrait advenir. Il garderait cette liberté. Dans ce monde, le bien et le mal n'existaient pas, n'étaient que des illusions vaguement rassurantes pour ceux qui vivaient bien au chaud à l'abri, loin des conflits. Tout ce qu'il y avait, c'était le pouvoir et ceux qui étaient trop faibles pour le rechercher. Ni bien ni mal, juste la survie. Il refusait que quiconque se serve de lui… alors il avait entrepris de conquérir un pouvoir, montant à toute vitesse les échelons de la toute-puissante mafia russe, indissociable du KGB et du monde politique russe.

Un vague gargouillis dégueulasse sortant de la bouche d'Amaikoddoku Junior, les tripes en mode Berserk, lui rappela qu'il avait une certaine situation à gérer. Sacrés abdos ceci dit au passage, la plupart du temps avec un coup de pieds pareil sa victime (oui, avec Shinko Daraiki on parlait de victimes, pas d'adversaires) gisait déjà avec les intestins éclatés… Oui, il n'aimait pas qu'on menace Shuuhei. Pas touche et puis c'est tout.

D'un air distrait, il vérifia d'un coup d'œil que la jeune fille était toujours dans l'incapacité de braquer à nouveau son arme monstrueuse sur la tête de celui qui avait juré de le protéger. D'ailleurs celui-ci était déjà de nouveau debout, et, comme à son habitude, prêt à tirer sur la moindre des deux connasses qui recommencerait à jouer à la maligne. Ah, un tel professionnalisme, c'était émouvant… Héhé. Ouais, même si demain matin un des plus beaux bleus de toute la création ornerait le côté droit de son beau visage tatoué. Sacré punch cette fille aux cheveux blancs. Et des couilles monstrueuses aussi.

– Oh nooooon, mon milkshake… se lamenta soudain Shinko.

Effectivement, dans le mouvement, la moitié du pauvre milkshake avait basculé du côté obscur de la gravité, c'est-à-dire qu'elle était allée faire un gros bisou au macadam.

– Je vous en referai un capitaine. souffla Shuuhei, un peu désespéré que son capitaine adoré chouine ainsi sur un milkshake, son regard brun fixé sur Tora.

Si le sniper avait eut des flingues à la place des yeux, la jeune fille serait désormais une passoire.

– Bah ouais mais où est-ce que tu vas trouver des fraises dans tout ce bordel…? Pff…

Dépité, il écrasa négligemment son pieds sur un crâne humain qui traînait juste là, à moitié rongé. La boîte crânienne explosa sous l'impact. Du coup, le visage de Beni et Tora gagna trois tontes de blanc, facile.

– Enfin bref! poursuivit-il mine de rien. Dis moi, Benikyogai Benitsuki… C'est qui cette nana? fit-il en désignant celle qui avait collé son pieds dans la tête de son Shuuhei. Ton nouveau toutou?

La jeune fille, toujours aussi peu douée niveau diplomatie voulu lui lâcher une phrase de son cru. Seulement, vu l'état actuel de son bide, y'avait comme qui dirait… un pitit problème. Tout pitit.

– Gragllegllmpffgllglrr…!

– Ah ouais. Quand même.

– Je vous l'avais dit capitaine, que vos coups de pieds étaient… plutôt efficaces.

– J'espère oui…! rigola t-il en réponse

– Je peux savoir qui vous êtes…? grogna Tora en les coupant, retenant de justesse le «bande de trouducs galactiques» qui lui brûlait la gorge.

– Hisagi Shuuhei.

Haha super blaireau, tu m'aide vaaaaaaachement…

L'E… GARGL! toussa brutalement Beni en se remettant tant bien que mal. L'Exécuteur…

Pas en super état, elle parvint toutefois à se remettre droite. À peu près.

– On appelle ce mec l'Exécuteur. Il a d'autres surnoms mais j'vais éviter des balancer.

– Oui, ça vaux mieux. lâcha froidement Shinko en braquant sur cette jeune fille aux cheveux rouge un regard assassin.

Et dix secondes avant, il pleurait la mort de son milkshake adoré. BIPOLAIIIIIIIIIRE!

C'est, si tu préfères, continua t-elle à expliquer en se retenant de lui tirer la langue, pas impressionnée pour deux sous, le 'garde du corps' de Shinko Daraiki.

Le sac d'os donc.

– Il est chargé de sa protection, lui voue une confiance aveugle, obéira au moindre de ses ordres sans réfléchir, se sacrifierait pour lui sans hésiter, tout ça, tout ça… Dans le milieu, on appelle ça un chien de garde. Ken-chan a été celui de ma mère un temps et maintenant, c'est un des deux élèves de Ken-chan justement qui a pris la relève, un genre de boule de billard sur pattes ultra bavard.

Euh… ok.

– Sûuko aussi en a un, le second élève en l'occurrence, un beau gosse prétentieux. Gay jusqu'au bout des ongles. Comme si Maman allait laisser un hétéro approcher Sûuko, haha, grosse blague… Enfin bref!

Ouais, ouais, tu t'égares. Revenons-en aux deux cinglés en face de nous.

– Et lui, Daraiki Shinko, c'est un capitaine.

– D'accooooord… un capitaine de quoi nom de Dieu?!

– Eh bien, des Treize Escadrons… lâcha le jeune homme en question.

– Mafia moscovite dont l'influence dépasse largement celle de l'ex-URSS. l'éclaira Benikyogai. Et comme c'est la Russie… bah dis toi que le FSB (nouveau nom du KGB, on change le nom mais on garde les mêmes connards), le gouvernement et la mafia… pis les médias… bah c'est exactement les mêmes types.

– Coooool… lâcha Tora en ne pouvant réprimer un frisson.

– On les appelle les Treize Escadrons parce que treize porte malheur et…

– T'as déjà entendu parler des Escadrons de la Mort…? (sorte de 'légende urbaine' mafieuse où la Mort elle même et ses escadrons viennent massacrer ceux qui ont manqué à la règle, la loi du milieu)…? lui demanda Shinko.

– Ouais… marmonna t-elle vaguement, toujours esquivant le regard inquiétant et glacial de Shinko. J'travaillais pour le cirque Schwarzeberge avant, et on était affiliés au clan de Varsovie. Alors oui, je sais ce que c'est.

– Bah les Escadrons… C'est nous.

Pas glop. Aux côtés de la jeune fille de moins en moins à l'aise, Benikyogai poursuivit ses explications.

– Daraiki Shinko est l'actuel capitaine du 9ème Escadron, ou 9ème division si tu veux…

– Les renseignements. lâcha le jeune homme en question avec un petit sourire, comme s'il annonçait qu'il vendait des chamallows flambés sur la plage.

– À comprendre, 'traque, torture et extraction d'informations par n'importe quel moyen'. Et aussi qu'il a tué le précédent capitaine pour obtenir ce poste.

– Bah quoi! répliqua t-il en haussant les épaules. Il avait qu'à pas dire que si j'étais arrivé là, 3ème siège de la 2ème Escadre…

'Terrorisme et espionnage industriel et politique'.

– … c'était parce que le cul de mon chien de garde était un garage à bite.

– C'était une raison pour l'enfoncer vivant dans une déchiqueteuse à papier…?

– J'avais pas de tracteur à lui enfoncer dans le derrière sous la main, j'ai fait avec ce que j'avais.

Et le gars te lâchait ça avec un tel air d'évidence que Tora préféra ne rien dire du tout. Du tout, du tout. Milieu de tarés. Shuuhei, lui, fixait obstinément un nuage, faisant mine de ne rien entendre de la conversation en cours. Il n'était qu'un chien de garde, un outil au service du capitaine Daraiki. Ce qu'il pensait, ce qu'il ressentait importait peu. Cela n'avait pas d'intérêt. Sa vie elle-même n'avait de la valeur qu'en fonction de sa capacité à tenir son arme et à faire feu sans hésiter, sans réfléchir. Une arme vivante, voilà ce qu'il était aux yeux des corporations mafieuses. Aux yeux de Shinko lui-même, c'était un peu différent. Shuuhei était un chien errant, perdu et crasseux dans l'horreur de la guerre… Shinko disait qu'il n'avait fait que lui tendre la main, que c'était le jeune homme qui l'avait saisie, il disait qu'il n'avait rien fait d'autre que de donner un peu d'attention à l'adolescent sale et couvert de sang qu'il avait alors trouvé aux alentours d'un charnier, serrant le corps ensanglanté et désarticulé de sa sœur dans ses bras.

Pour Shuuhei, c'était tout autre chose. Il n'était qu'un adolescent lorsque Shinko l'avait rencontré, déjà entré dans l'organisation mafieuse des Treize Escadrons russes. Perdu dans sa douleur, ses yeux bruns avaient perdu toute étincelle. La vie n'avait aucun… sens, aucun intérêt. Il avait trop souffert, cela avait fait trop mal. Avant, il avait réussit à tenir le coup. Juste un temps. Pour elle, pour Kazeshini, sa sœur, il avait tenu bon, enfant perdu dans l'horreur de la guerre qu'il était. Il avait juré de la protéger lorsque les Slovaques étaient venus frapper à sa porte pour les exécuter, lui et sa famille; il avait juré que plus jamais un adulte ne poserait ses grandes mains sales et répugnantes sur sa peau douce de jeune fille… et il n'avait rien pu faire. Ils l'avaient tué. Ils l'avaient détruite. Et il n'avait rien pu faire. Il avait eut trop mal et il avait voulu mourir.

Jusqu'à ce qu'il croise ce regard blanc. Vide de toute impureté. Et il avait pris cette main tendue pour ne plus jamais la lâcher.

Alors aujourd'hui, peu lui importait que le monde entier ne le considère que comme le chien de garde du capitaine Daraiki, l'Écorcheur ou quels que soient les horribles surnoms qu'on lui donnait tant que celui-ci continuait à le regarder ainsi. Seul Shinko avait de l'importance. Le reste pouvait disparaître dans les flammes et la souffrance.

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Me revoilà...!

J'ai eut une de ses difficultés pour le découpage en chapitres à ce niveau là, haha...

Aloooors, vous aviez pensé à Gin (héhéhé), à Tôsen, à Mayuri, à Yoruichi, à Soi Fon, à Shuuhei (en même temps, tatoué sur le visage hein)...

Précision touuuut de suite avant que vous ne craquiez définitivement votre slip en mode arrrrg-c'est-qui-ce-capitaine-j'ai-sauté-des-chapitres-de-Bleach-ou-quoi, no souci, c'est juste que ce Shinko Daraiki, yeux blancs et aussi épais qu'une crevette anorexique post-Auschwitz, est en fait un de mes OC. Pas tapeeeer...!
Je l'ai créé pour la fic Le Regard de l'Aveugle, actuellement en pause (parce que je n'arrive plus à remettre la main sur mon manuscrit *pleure toutes les larmes de son corps*) et il y est le capitaine de Shuuhei (de la 9ème division quoi) Et c'était une demande de Taraimpératrice ^^ "Ou alors, une sorte de cross-over! Entre Le regard de l'Aveugle et Feu et Foudre je suis sûre que ça donnerait un truc totalement... ben pété avec ton capitaine-enfant et tes deux vikings!" Ben pour le coup, Beni s'est bieeen fait péter les intestins par Shinko. Bon, j'suis pas sûre que ce soit exactement ce que tu voulais mais j'espère que ça te plaira quand même... Pis j'ai pas pu m'empêcher de faire un mooonstrueux clin d'oeil à la fic en reprenant exactement le passage où Tora/Shuuhei découvre le regard blanc de Shinko.
Du coup, j'en ai profité pour explorer un aspect de la relation entre Shuuhei et Shinko peu développé dans Le Regard de l'Aveugle et, honnêtement, j'aurais TELLEMENT voulu les exploiter plus que ça...! (vous n'imaginez pas à quel point!) (rrrraaaaah!)

Faut pas menacer Tora devant Benikyogai, sérieux les mecs... (j'ai a-do-ré écrire ce passage!)

Le fait de raconter une connerie absolue pour déstabiliser la personne qui pointe une arme sur votre tête (Tora qui lâche 'tout est bon dans le cochon' à Shuuhei...) (p'tite référence à Kira et sa conscience, muhuhuh) est une technique qui existe bel et bien et que certains soldats ont déjà utilisée (j'ai lu ça dans plusieurs témoignages de soldats d'ex-Yougoslavie, ça m'avait assez marquée quand même...)

Sinon, j'évoque ici deux conflits assez récents mais généralement assez mal connus (je vous encourage à vous renseigner un minimum) (si, si) (mais n'y allez pas en mode youpiiiie-j'vais-lire-deux-trois-trucs-rigolos, c'est super sordide, on parle quand même de crimes de guerre voire de crimes contre l'Humanité... disons qu'il n'y a pas eut des camps de concentration que sous les nazis) (eh ouais), la guerre du Kosovo en 1999, qui prend place dans ce qu'on a appelé plus tard les guerres d'ex-Yougoslavie, pour Shuuhei et la guerre en Tchétchénie de 1994 à 1996 pour l'enfance de Shinko. Du coup, Shinko a environ 6 ans lorsque le premier conflit tchétchène a éclaté vu qu'il est né en 1988 et Shuuhei est né en 1987 (ouais, ils n'ont qu'un an d'écart). Problème, cela signifierait que pendant le conflit du Kosovo, ils n'auraient respectivement que 11 et 12 ans... Et à ce moment là, Shinko est sensé être entré dans la mafia russe (la Tchétchénie est 'collée' à la Russie), du coup, OUAIS, ça fait un peu jeune...! Du coup, dans cette fic, je suis partie du 'principe' que la guerre du Kosovo a eut lieu plus tard, lorsque Shinko avait une quinzaine d'années, dans le début des années 2000, vers 2003.
Tiens, puisqu'on en est aux dates, cette fic se déroule en 2015, ce qui fait que la pandémie de putrefactus s'est déclarée fin 2013 début 2014. Ainsi, Shinko a 27 ans (et 7 ans d'âge mental), Shuuhei en a 28 tandis que Beni en a 16 et que Tora en a 17 (elles sont nées à quelques mois d'écart vu que Tora est née en décembre 1998 et que Beni est née en mai 1999)
Ouaaaaais, c'est précis. C'est vous dire à quel point j'ai cogité tout cet univers bien plus que ce qui est visible dans cette fic...

Pitite toute pitite référence à Zeri et à Rédemption, j'sais pas si t'as vu...

Pour le titre, je fais référence à La Horde Sauvage de Sam Peckinpah (c'est à dire en VO The Wild Bunch et pas The Maverick Queen de 1956... ouais, ils ont traduit les deux par le même titre) (champions), que je ne conseillerais pas aux plus jeunes et aux plus sensibles d'entre vous. Si, si. En fait, c'est l'histoire ultra-violente d'une bande de malfrats incapables de s'adapter au monde qui a changé et continuant à y appliquer leurs normes décalées et inefficaces. Shuuhei et Shinko ne vivent quasiment que l'un pour l'autre, Shuuhei ne vit que pour Shinko et Shinko ne vit que pour sa propre survie, ils se foutent du monde extérieur tant que eux survivent, d'où le titre... Et le 'sauvage' parce que, surtout pour Shinko, il est complètement hors de contrôle et ingérable pour qui que ce soit.

Le nom du cirque de Tora, Schwarzeberge... Ça veut dire Montagnes noire en allemand. Héhé. Et qui qui c'est qu'essaye de deviner qui sont les chiens de garde de Kaede et de Sûuko?

Encore désolée pour le retard, non seulement je n'ai pas du tout eut le temps et en plus, il est suuuper long (et j'avais plein de choses à dire). ET CE PUTAIN DE SITE A BUGGUÉ HIER SOIR, J'AI DU RETAPER DEUX FOIS TOUT CE QUE J'AVAIS ÉCRIT À PROPOS DU CONTEXTE! DEUX FOIS PUTAIN...!

J'essaye de rattraper ce retard aujourd'hui...!

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Allez, une petite review malgré mon retard...? Pour me motiver et me remercier pour ce chapitre qui m'a donné des envies de m'arracher les cheveux (trop de trucs à dire, pas assez de temps, j'ai été obligée de raccourcir...! *TRAUMATISME*) ? Pleaaase...?

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Prochain chapitre: 14. Zombinator.