Bonsoir/Bonjour ! En ce jour de sortie nationale du Hobbit 2 (11.12.13, ça ne s'invente pas), je publie (enfin) ce chapitre.
Je le dédie à ce héros comme on en fait plus : Nelson Mandela. On oublie parfois que les hommes comme lui ne sont pas immortels... RIP
Sinon, bonne lecture !
Cette après-midi promettait d'être très agréable : la soleil brillait le plus fort possible, apportant un peu de chaleur à l'hiver. Mais je n'en avais cure, car je ne ressentais plus les températures comme avant. Etait-ce dû à ma nouvelle nature elfique ou à mon statut de Lune, qui comprenait apparemment une très forte tolérance aux différents écarts de température ? Je n'en avais aucune idée, mais c'était plutôt sympa.
Nous avancions tranquillement entre les grands mellyrn, appréciant la beauté des lieux. Amandil était légèrement devant moi, un peu tendu et à l'affut, on ne savait jamais… La dague de Legolas était accrochée à ma taille, sa pression sur ma hanche était presque réconfortante.
-Où va-t-on ? demandai-je après de longues minutes de silence.
-Dans un de mes endroits préférés, c'est un petit lac au milieu d'une clairière. Je voulais te le montrer au moins une fois, et si tu veux, on y reviendra !
-D'accord, j'aime bien passer un peu de temps avec toi … je veux dire … seuls. On n'a pas beaucoup l'occasion de l'être, avec Legolas, ta sœur etc …
-Je trouve aussi ! me sourit-il en prenant ma main dans la sienne.
Sa peau était douce, comme celle des bébés, et une impression très chaleureuse traversa tout mon corps alors que nous continuions toujours d'avancer, toujours plus loin dans la forêt d'or.
Finalement, après une petite heure de marche, la clairière tant attendue s'offrit à nous. L'endroit était divin, le lac prenait en effet une grande partie de l'espace, une petite île en son centre était le refuge d'un grand saule pleureur, dont les longues branches retombaient dans l'eau. L'herbe était bien verte, et de fines fleurs, semblables à des perce-neiges, tapissaient par endroit la clairière.
-C'est vraiment très joli Amandil.
-Je suis content que ça te plaise, on s'installe ?
Je l'aidai à étendre la toile qu'il avait apportée et nous nous allongeâmes dessus, côte à côte, au bord du lac.
-Beaucoup d'elfes connaissent cet endroit ? demandai-je en tournant mon visage vers lui.
-Je ne pense pas… répondit-il en replaçant une mèche de mes cheveux qui retombait sur mon visage derrière mon oreille. Son contact accéléra mon rythme cardiaque, pour une raison que je ne comprenais pas.
-Comment l'as-tu découvert alors ?
-Pendant une patrouille, la situation était calme, et nous avions pris le loisir de nous promener, moi et mes compagnons. Chacun était parti dans une direction, mais toujours proche d'un autre. Je suis arrivé ici mais en ne disant rien aux autres, puis j'ai fait comme si de rien n'était, n'en parlant à personne. Un jour que j'étais libre, je suis revenu et l'endroit m'a encore plu, avec ce calme, cette beauté … C'est devenu mon refuge en quelque sorte.
-Pourquoi me le montrer alors, si c'est ton refuge, tu ne devrais pas le montrer à n'importe qui…
-Mais tu n'es pas n'importe qui, murmura-t-il en caressant ma joue.
La situation dégénérait, il fallait que j'y mette un terme, que je trouve une échappatoire. Etait-ce cela, le « danger » dont m'avait parlé Legolas avant que je ne parte ? Etait-ce Amandil, le danger pour ma relation plus que bancale qui me liait au Soleil ? Je me levai un peu brusquement, et demandai, pas vraiment naturellement :
-J'aimerais bien aller sur l'île, tu viens ?
Il parût désappointé mais me suivis. J'enlevai quelques vêtements tout en en gardant assez pour ne pas le provoquer et je me glissai dans l'eau fraîche. Amandil me suivit de près, rougissant plus qu'autre chose. Lui aussi était dévêtu, et il n'avait gardé que son pantalon. Il était moins charpenté que Legolas, ses muscles étaient encore plus fins, mais non moins efficaces.
Je proposai une course à la nage, autour de l'île. Il se prit au jeu, et alors que je perdais, je l'éclaboussai d'une grande gerbe d'eau. Il se retourna et répliqua … la course se termina en bataille d'eau, dans les éclats de rire. J'avais réussi à lui change les idées !
Après qu'il m'eut mis KO, je gagnai l'île et m'étendit au pied du saule. Lui grimpa dans une des branches. La soleil commençait sa descente sur l'horizon. Bientôt, nous ne perçûmes plus que des rougeurs au-dessus des faîtes des arbres. La nuit nous enveloppa mais nous ne bougions pas. Au bout d'un moment, je le sentis redescendre de l'arbre et s'allonger tout près de moi, je pouvais sentir son souffle dans mon cou. Mon cœur s'emballa une nouvelle fois. Voyant que je ne fuyais pas, il se déplaça de façon à se retrouver au-dessus de moi. Dans la nuit noire, je discernais sans mal ses yeux qui flamboyaient d'un éclat mordoré. Il se pencha de plus en plus, son visage si proche du mien. Sans vraiment savoir pourquoi, je mis mes mains autour de son visage et l'approchai encore un peu plus, avant de rencontrer ses lèvres.
Ce baiser fût très délicat, j'avouai que j'y pris un plaisir particulier, il avait un goût d'interdit, même si Amandil n'était, comme tout le monde d'ailleurs, pas au courant de ma relation avec Legolas. Son corps exerçait une infime pression sur le mien, tout était si doux avec lui…
Il se releva, au bout d'un moment, et tendit une main vers moi, que je saisis.
-Il faut rentrer maintenant.
Sa phrase était un peu brutale, après le doux moment que nous venions de passer, mais la nuit était déjà bien noire, j'en connaissais un qui allait se faire un sang d'encre…
Nous regagnâmes la berge puis nous rhabillâmes même si nos vêtements étaient trempés. Il reprit ma main et, après un ultime baiser, nous courûmes jusqu'à la cité. Il lâcha rapidement ma main quand nous aperçûmes une silhouette devant les portes de Caras Galadhon. Legolas, faisait le pied de grue en attendant notre retour. Tiens, je n'y aurais jamais pensé !
Arrivé devant lui, nous ne dîmes pas un mot. Son regard se fit sévère sur Amandil puis il me détailla. Il dût voir la légère rougeur sur mon visage, ainsi que mes vêtements mouillés. Je cachais soigneusement mes pensées, et il ne sut rien. Il s'inquiétait juste de ne pas nous avoir vus rentrer plus tôt, avant la nuit.
-Pourquoi es-tu trempée ?
-Nous nous sommes baignés et nous n'avons pas vu l'heure passé… Je suis désolée si je t'ai causé du souci.
-Vous vous êtes baignés ?!
-Oui.
-Par ce froid, mais tu vas être malade ! Amandil, tu ne crois pas que la baignade n'étais pas obligatoire, vous êtes trempés, elle va être malade maintenant, à quoi pensais-tu ?!
-Excuse-moi Legolas, je n'aurais pas dû, c'est vrai. Mais elle est en pleine forme !
-On verra ça demain… Haldir t'attend, tu dois partir en urgence aux frontières je crois, il y a eu une attaque d'orcs.
-Merci de me transmettre le message. Bonne nuit Annaso'.
-Bonne nuit, et merci de cette après-midi.
Je lui souris et il partit du côté de la caserne des gardes. Legolas me prit le bras et nous rentrâmes chez moi.
Il demanda de l'eau chaude à Serindë qui nous l'apporta. Il la versa dans le grand bac de la baignoire, il sortit et mon amie m'aida à me déshabiller. Je plongeai dans le liquide chaud jusqu'au cou. L'eau chaude était tout aussi agréable que l'eau froide pour moi, et je pris soin d'effacer les traces de terre ou d'herbe qui subsistaient sur mon corps.
Après avoir fini, je m'enveloppai dans une large serviette et regagnai ma chambre. Serindë était partie préparer le dîner et Legolas était étendu sur mon lit. Je me glissai à ses côtés. Il me serra dans ses bras et je me sentis un peu honteuse de ce que j'avais fait avec Amandil cette après-midi. J'avais en quelque sorte trahi Legolas… Mais je ne me sentais pas si coupable que cela. Pouvait-on aimer deux personnes à la fois ? Soudain, je compris que je n'avais pas fait attention à mes pensées … il avait tout lu, tout compris !
POV Legolas (pensées cachées à Annasophiel)
Alors Amandil est passé à l'attaque, il a essayé de la détourner de moi ... et il a réussi. Nous sommes amis mais là, il dépasse les bornes que nous avons convenu ! Comment faut-il que je réagisse ?
Je la rejette pour m'avoir « trompé » ? Si oui, elle va se sentir encore plus coupable, et n'osera plus me parler, ce qui compliquerait les choses encore plus qu'elles ne le sont… Et je n'ai pas le cœur à la rejeter, je l'aime non ? Oui, je l'aime, évidemment !
Ou alors je ne dis rien, j'accepte en silence ? Devant elle alors, mais je parlerai à Amandil ! Il se doutait déjà de quelque chose ces derniers jours… Un vrai ami arrive à lire entre les lignes, il a compris que je n'aimais pas Annasophiel juste à cause de notre lien, mais qu'il y a autre chose de plus profond.
La dernière solution me parait la meilleure. Je ne fais pas de scène, elle ne le mérite pas. Elle l'aime aussi, ça me fait mal mais si je veux conserver la partie de son cœur qu'elle me réserve, je ne dois rien dire. Je l'aime. La situation va être tendue jusqu'à notre départ de Lorien… mais il faut la protéger elle d'abord. Et comme on dit chez les hommes : « Loin des yeux, loin du cœur. », elle l'oubliera. Oui, elle l'oubliera. Je peux lui offrir tellement plus que lui.
Il se tendit et me dit à haute voix :
-Tu l'aimes aussi. Je n'y peux rien, je dois l'accepter. Mais il doit alors savoir pour nous deux, il ne faut pas qu'il croit qu'il t'a pour lui tout seul.
Comme sa voix était froide, sa chaleur naturelle semblait l'avoir quitté pour se retrouver sur mes joues.
-Je suis si désolée Legolas, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, pourquoi ai-je fais ça ? dis-je, sentant que les larmes menaçaient de rouler sur mes joues.
-Tu l'aimes aussi. Ne te flagelle pas pour ça, je peux comprendre. Je t'aime aussi moi, ça ne change rien pour nous !
Et sur ces mots il m'embrassa passionnément, y mettant tout l'amour qu'il avait pour moi, et je lui rendis, les larmes coulant à flot. Il embrassa alors mes joues salées, mes paupières, mon front. Il revint sur mes lèvres, sa langue trouvant la mienne. Reprenant son souffle, il descendit le long de ma mâchoire, remonta jusqu'à mon oreille, qu'il mordilla gentiment.
Pourquoi faisait-il ça ? Pour me montrer à quel point il était meilleur qu'Amandil ? Mes pensées étaient confuses, il était trop habile.
Il descendit encore, déposant de petits baisers dans mon coup, sur mon épaule dénudée. Je le fis remonter en prenant en otage ses lèvres pour un énième baiser.
-Pas aujourd'hui, je ne veux pas, pas en réaction à ce qu'il s'est passé, soufflai-je dans son esprit, alors que je comprenais très clairement ses pensées.
-Si tu veux… comme tu veux.
Mon ventre gargouilla alors, rompant la magie de l'instant. Il fallait que je mange et les odeurs qui émanaient de la cuisine de Serindë étaient très alléchantes. Nous rîmes de concert, l'atmosphère se fit plus légère et je filai dans le dressing pour m'habiller.
-Au fait, je n'ai plus froid, ni chaud ! Tu crois que c'est normal ? demandai-je pendant que je lassais mon corset.
-Les elfes ressentent moins les écarts de température, mais moi aussi, je ne ressens plus cela comme avant.
-Alors je ne serai pas malade demain ? ris-je en le retrouvant, fin prête pour aller manger.
-C'est à voir … sourit-il à son tour.
Après le repas, où Amandil ne vint pas, je me retrouvai dans mon lit, dans les bras de Legolas, aussi appelé le meilleur endroit du monde… Nous nous fixions du regard, chacun admirant l'autre, et observant comment chacun voyait l'autre. Le silence complice qui régnait parfois entre nous s'éternisait. Soudain, il me posa une question toute simple :
-Joues-tu d'un instrument de musique ? Un de ceux dont tu m'as parlé une fois ?
Je réfléchis un moment avant de me souvenir qu'effectivement, je jouais du piano, dans mon monde.
-Oui, du piano.
Pourquoi avais-je dû tant réfléchir pour retrouver quelque chose de si anodin ? Chez moi, je jouais presque tous les jours, et c'était un moment que j'affectionnais tout particulièrement, car personne ne me dérangeait.
Quand les premières notes raisonnaient, un silence religieux emplissait la maison, tout le monde s'arrêtait de faire du bruit. C'était une sorte de tradition, une « pause » dans notre vie quotidienne, et j'étais si heureuse d'en être la raison. Car non seulement cela me rendait fière mais aussi mes parents, qui louaient mes « talents de musicienne » à toutes les personnes qui passaient dans notre salon. Tous devaient au moins m'entendre jouer un morceau. Mes parents étaient d'autant plus fiers qu'ils n'avaient jamais eu la chance d'apprendre la musique, alors ils se contentaient de m'écouter. Peu avant mon « départ », mon frère avait lui aussi décidé de jouer de la musique mais dans un tout autre genre : la batterie.
Legolas avait tout vu de mes pensées, alors qu'une larme coulait le long de ma joue. Ce trou de mémoire me perturbait. Une elfe sans mémoire, ce n'était pas possible !
-Hey ! Ne pleure pas ma Nana', tu n'as plus côtoyé ton monde depuis des mois, c'est normal que tu oublies certaines choses. Ton monde est si différent !
-Oui mais jusqu'à en oublier une de mes passions ! Est-ce que je vais finir par oublier mes parents et mon frère aussi ? Et mes amies ?
Mon ton de pensées était devenu presque hystérique, la panique emplissait mon esprit.
-Chut…chut… ça va aller ! me rassura-t-il en m'embrassant sur le front et en caressant mes cheveux. Je ne voulais pas te faire pleurer… Excuse-moi.
-Ce n'est pas de ta faute Leg'… fis-je en essuyant mes larmes.
Je me blottis dans ses bras, la tête enfouie sans le creux de son aisselle. Il réfléchissait à un moyen de consoler et soudain, au travers du fil de ses pensées qu'il repassait en arrière, il arriva au moment où nous avions fait apparaître mon téléphone.
-Et si on faisait apparaître ton fameux piano ? proposa-t-il.
Je me relevai soudain, une lueur d'excitation dans le regard, comme je le vis de son point de vue. L'idée était bonne, mais il allait falloir pas mal d'explication pour qu'il comprenne le fonctionnement de l'instrument et qu'il le perçoive à peu près comme moi.
-On peut toujours essayer, approuvai-je.
Les explications commencèrent alors, et durèrent un moment. Après une bonne demi-heure, nous joignîmes enfin nos mains au milieu de mon salon. Nos vœux furent émis à travers nos pensées, sa Chaleur m'enveloppa et ma Fraîcheur sortis de mon corps. Une puissante lumière nous aveugla, je fermai les yeux et je sentis soudain un bois particulier sous mes doigts, à la place de ceux de Legolas. J'ouvris les yeux, un peu inquiète qu'il soit sous le piano noir qui venait d'apparaître, mais mes craintes furent de courtes durées quand je le vis à l'autre bout du piano droit. Il y avait même mon tabouret un peu bancal, mais que j'aimais tant !
Legolas me sourit et me montra le siège du doigt, m'invitant à m'installer. Il ne fallait pas me le dire deux fois !
Je soulevais le couvercle dont le bois grinça un peu puis appuyai sur le do médian. Le son était clair, très pur. Je fis glissai mes doigts le long du clavier pour entendre toutes les notes. Il était accordé parfaitement !
J'offris un large sourire à Legolas, qui semblait tout aussi content que moi.
-Le son est très beau, dit-il en me souriant.
-Oui, il a un je ne sais quoi en plus qui lui donne une sonorité … comment dire … elfique !
-Peut-être est-il béni par les Valars… supputa-t-il.
-Alors je les adore du fond du cœur.
-Maintenant, montre-moi ce que tu sais faire !
Je ne répondis pas par des mots, mais mes doigts le firent pour moi. Tout naturellement, je retrouvais les notes qui correspondaient au premier morceau de l'album « Philharmonics » d'Agnès Obel, intitulé « Falling, Catching ». C'était un de mes morceaux favoris et je fus rassurée de me souvenir encore des notes.
A la fin du morceau, Legolas me regarda avec un large sourire, il était sublime ainsi.
-C'est magique, et très poétique…, fit une voix derrière moi.
Serindë nous avait rejoints, étonnée d'entendre un son comme celui que produisait le piano. Nous lui expliquâmes rapidement qu'il provenait de mon monde etc… Elle était ravie et me demanda si je pouvais lui apprendre à jouer de cet instrument.
-Ce sera avec plaisir, lui répondis-je en la prenant dans mes bras, tu joues d'un instrument ?
-La flûte oui, y-en-a-t-il dans ton monde ?
-Oui, le son est très joli aussi, mais il paraît que c'est dur d'apprendre…
-Pas du tout !
-Serindë est très douée pour tout ce qui concerne les arts, elle dessine sublimement aussi, ajouta Legolas, ce qui gêna un peu notre amie, qui se cacha derrière ses cheveux roux.
-Ça nous fait un bon programme pour les semaines à venir alors ! lançai-je en rigolant, me remettant au piano, trop heureuse de pouvoir en jouer de nouveau.
En effet, les jours des semaines qui suivirent se calquaient presque tous sur ce modèle :
Je me levais aux aurores pour m'entraîner avec Haldir, puis je rentrai me laver et déjeuner avec les autres. Le chef de la garde de la Lorien était fier de mes progrès qu'il jugeait excellents pour une jeune elfe comme moi, exception faite de l'archerie où mes premiers essais avaient conforté mon maitre d'arme dans son idée de ne m'apprendre que le combat avec une lame. Nous étions devenus bons amis et je découvrais chaque jour un Haldir plus rigolard que la veille. Il fallait l'apprivoiser pour trouver l'elfe sociable qu'il était, sa sévérité n'était qu'une façade qu'il utilisait envers les nouvelles personnes qu'il rencontrait et quand sa fonction l'y obligeait. Je profitais de ce rapprochement pour le rapprocher à son tour de ma chère Serindë, et cela marchait plutôt bien d'après moi !
Je passai ensuite environ une heure avec la Communauté, surtout les Hobbits, qui étaient toujours prêts pour rigoler. Gimli était peu à peu plus aimable avec moi, surtout quand il me racontait sa vie, et celle de Kili. Souvent, ses souvenirs faisaient remonter une douleur au fond de moi, échos du manque que la mort de Kili avait provoqué.
Venait alors un moment avec Galadriel ou Serindë, en fonction des souhaits de la Dame. Je sus bientôt tout ce qu'il y avait à savoir sur la Terre du Milieu et son histoire. J'avais l'impression que j'y avais vécu depuis des milliers d'années… Elle me rassurait aussi sur notre pouvoir, sur ce rôle qui était encore si flou dans nos esprits et nous inspirait tant de craintes.
Mes cours de musique étaient vraiment supers, vu que mon élève était effectivement très douée, c'était un réel plaisir de lui apprendre à jouer du piano. Tant est si bien qu'au bout d'un moment, je lui avais appris tout ce que je savais ! Alors ce fût elle qui m'apprit à jouer de la flûte traversière. J'étais plutôt fière de moi, car ce n'était pas si compliqué, finalement !
Après le repas du soir, je me retrouvais avec mes deux elfes préférés pour l'apprentissage des langues. La situation c'était arrangée très facilement, si aisément d'ailleurs que j'avais un moment cru qu'ils jouaient la comédie. Mais, comme je le voyais dans l'esprit de Legolas, je n'avais pas à m'inquiéter. Ils se surpassaient l'un et l'autre pour me montrer leur attachement.
Je passais parfois un après-midi avec Legolas, et nous restions chez l'un ou chez l'autre, à batifoler comme de jeunes adolescents. Il fallait avouer que notre relation était beaucoup plus physique que celle que j'entretenais avec Amandil. Nous passions des heures entières à nous embrasser, à découvrir l'autre à travers son corps. Souvent, je devais me contrôler pour ne pas me laisser totalement aller, je n'étais pas prête à passer le pas de la première fois, ou je ne voulais peut-être pas le faire alors que j'en étais loin avec Amandil.
Nous allions souvent, le brun et moi, dans la petite clairière, et les heures défilaient alors que nous discutions sans cesse. Nous apprenions à nous connaître par les mots et non pas par le corps. Ce n'était pas moins bien, c'était différent. C'est ainsi que j'appris qu'Amandil avait un siècle de moins que Legolas, et cinquante ans de plus que sa sœur. Il lui arrivait parfois donc de m'apprendre des choses sur le prince sylvain…
Parfois, des craintes me faisaient cauchemarder la nuit. Je rêvais que Legolas et Amandil se battaient à mort pour moi, que je devenais une paria pour avoir détourné le cœur de deux elfes en même temps. Car même si rien n'était officiellement dit sur notre triangle amoureux, officieusement, beaucoup de gens savaient, en particulier la Communauté mais cela ne semblait pas déranger les gens.
Alors je craignais autre chose… Il y avait toujours une idée dans ma tête, qui me faisait redouter une chose inconnue, je devenais peu à peu paranoïaque mais très légèrement hein ! Ce bonheur ne pouvait exister, il devait y avoir une erreur, un grain de sable dans le rouage, qui allait un jour où l'autre mettre un terme à cet Eden.
Et ce grain de sable arriva bien trop vite à mon goût...
Ce matin-là, après une nuit très douce et reposante, où plus aucune crainte de me hantais, je me réveillai de moi-même. La lumière au dehors était si vive ! Je me levai et allai sur mon balcon pour découvrir que la neige était tombée dans la nuit.
Le spectacle était féérique, les arbres brillaient encore plus sous les ardents rayons de la soleil. Je m'habillai rapidement, excitée comme une puce par toute cette neige.
Un fin tapis blanc recouvrait le sol de feuilles mortes, quelques flocons descendaient encore des cimes alors qu'un coup de vent faisait trembler les branches chargées. C'est les cheveux un peu blanchis de fins cristaux que j'arrivai dans la clairière d'entraînement, après avoir remarqué un peu d'agitation sur le chemin qui menait au fleuve.
Haldir m'attendait en son centre, une main dans le dos. Il me salua à la manière elfique, et je lui rendis son salut.
-Aujourd'hui, je peux affirmer que vous avez été une élève très intéressante, pleine d'entrain et qui n'a jamais baissé les bras. Je suis fier de vous, de vos énormes progrès. Je ne peux rien vous apprendre de plus, la pratique sera votre seul moyen de vous améliorer encore. Je peux vous garantir que bon nombre d'elfes plus âgés n'ont pas votre talent et votre habilité.
-C'est grâce à vous tout ça, dis-je la voix un peu cassée par l'émotion.
Il m'offrit un sourire doux et chaleureux.
-Je n'ai su que canaliser votre énergie et réveiller votre âme de guerrière, car c'est ce que vous êtes devenue, une guerrière. C'est pourquoi aujourd'hui, je peux vous remettre cette épée, Helcëmà.
-La main de glace…
Il me tendit alors le paquet qu'il cachait derrière son dos. La lame était fine et légère et un peu courbe mais sûrement meurtrière, comme toutes les lames elfiques. Elle était argentée, ornée de runes elfiques indiquant son nom et le mien.
-Oui, car vous êtes la Lune, mais aussi la Glace, comme Legolas est le Soleil et le Feu, mais je ne vous apprends rien n'est-ce pas ? sourit-il en voyant mon regard ébloui par la beauté de l'arme.
-Non, rigolai-je. Merci pour tout Haldir, repris-je, une larme roulant le long de ma joue, pour l'épée, pour m'avoir donné du courage… pour tout.
-Ce fut un réel plaisir, ma Dame, dit-il lui aussi un peu ému, en s'inclinant.
Je me jetai dans ses bras, pleurant à chaud de larme. Car ce moment était le dernier auquel j'aurais droit en tête à tête avec lui, et, si quelqu'un était présent, même un ami proche, il n'aurait jamais refermé ses bras autour de moi dans un geste affectueux qui redoubla mes sanglots.
-Si un jour j'ai une fille, j'espère qu'elle vous ressemblera, ajouta-t-il, les yeux un peu embués tandis que nous rompions notre étreinte.
-Ce sera un honneur pour moi d'être son modèle, rigolai-je alors que les larmes se tarissaient.
-Je pense que vous avez compris que votre départ est prévu pour demain matin. Beaucoup de personnes tiennent à vous dire au revoir personnellement. Vous pouvez y aller.
-Oui chef ! fis-je une dernière fois en le saluant à la mode militaire de mon monde.
Il sourit et je partis, voulant éviter de sombrer sous les pleurs une nouvelle fois, même si je présentais que ce ne serais pas la dernière fois ce jour.
J'avais un moment avant de rejoindre Serindë ou la Dame de Lorien, alors je fis un saut au campement de la Communauté. Pippin et Merry entamaient leur collation du matin et m'y invitèrent joyeusement. Je me joignis à eux sans avaler quoi que ce soit. Mon ventre se retournait à l'idée de partir de ce paradis. Nous avions presque oublié ce pourquoi nous étions réunis, les neufs. Le Mal grondait hors des frontières des Bois Dorés et nous devions détruire l'Anneau Unique.
-Tes affaires sont prêtes Annasophiel ? me demanda Merry.
-Non, je n'ai pas grand-chose à emmener, mes affaires sont tombées en même temps que Kili… Peut-être Serindë voudra bien me prêter quelques changes.
-Qu'y avait-il dans tes affaires ? questionna à son tour Pippin.
-Les habits avec lesquels je suis arrivée, mais je doute qu'une mini-jupe et des talons soient très utiles pour battre la campagne…
Ils rirent un peu mais je sentais qu'eux aussi étaient un peu tristes de partir.
-Je crois que c'est tout… oh non ! Il y avait aussi une lettre de la fille du Seigneur Elrond, la Dame Arwen.
-Elle devait être pour le Seigneur Aragorn alors, déclara Merry d'un air pensif.
-Que veux-tu dire par là ?
Je ne voyais pas le rapport entre Aragorn et Arwen, hormis le fait qu'il avait été élevé à Imladris quelques années, d'après ce que m'avait dit la Dame sur la descendance d'Isildur.
-Vous n'êtes pas au courant ? s'étonna le Hobbit.
-Au courant de quoi ? demandai, de plus en plus intriguée.
-Comment le serait-elle Merry ? Elle était encore endormie lorsque nous sommes partis, et elle n'a pas dû avoir beaucoup le temps de faire la conversation avec la jolie Dame…
-Vous allez me répondre à la fin ? commençai-je à m'impatienter.
-Ils se sont promis l'un à l'autre, chuchota enfin Merry alors qu'Aragorn arrivait vers nous.
-Oh ! fut tout ce que je pouvais répondre.
Aragorn aimant une elfe immortelle, cela me rappelait l'histoire de Beren et Luthien, celle que m'avait raconté Galadriel lors d'une de nos après-midi, une bien triste histoire ! Je regardais maintenant Aragorn avec peut-être plus de tendresse et de pitié, car son amour devait être si compliqué !
-Bonjour Annasophiel, comment allez-vous aujourd'hui ? me demanda-t-il en s'asseyant à mes côtés.
-Un peu triste de partir, je viens de faire mes adieux à Haldir, lequel m'a remis cette épée, dis-je en montrant ma nouvelle arme au Rôdeur.
-Elle est sublime, vous êtes chanceuse, apprécia-t-il en l'inspectant puis, me la rendant il ajouta : Nous partons demain à l'aube par le fleuve. Vous devriez passer le reste de votre journée avec vos amis elfes, car vous ne les reverrez pas avant longtemps…
-Si je les revois un jour… marmonnai-je.
-Je ne pourrai jamais vous promettre que vous reviendrez un jour, mais vous êtes beaucoup plus forte qu'il y a un mois et vous avez plus de chance de survie en combat normal que quand vous êtes partie de Fondcombe.
-J'en suis consciente, merci Aragorn. J'y vais alors ! dis-je en me levant.
-A plus tard.
Je me dépêchai de rejoindre la maisonnette dans l'arbre de Serindë alors que la neige recommençait à tomber. Je l'y retrouvai, en compagnie de son frère et de Legolas.
-Bonjour tout le monde ! les saluai-je avec un ton qui se voyait joyeux mais où la tristesse pointait malgré tout.
-Bonjour Annaso' ! Comment vas-tu aujourd'hui ? me demanda Serindë.
-On part demain, donc je ne suis pas trèèès heureuse…, dis-je ne m'asseyant entre les deux garçons sur le grand canapé marron.
-Alors il faut profiter de cette dernière journée ! Et si on partait tous les quatre en ballade ? proposa Amandil. Tu n'as jamais vu la colline de Cerith Amroth, Annaso' ?
-Non.
-Alors allons-y ! déclara Legolas.
-Elle est très haute cette colline ? demandai-je dans l'esprit du Soleil.
-Plutôt oui …
-C'est-à-dire ?
A lieu de se perdre dans une description sans fin, il préféra remonter le fil de ses souvenirs pour retrouver celui de la première fois qu'il y était allé. En voyant cette immense colline, immaculée d'herbe verte et parsemée de fines fleurs à l'identique de la clairière d'Amandil, surmontée d'un cercle d'immenses mellyrn, je pensai tout de suite à une piste de luge car je rajoutai immédiatement la neige qui tombait sur l'image de Legolas.
-Quelle idée as-tu derrière la tête ? me questionna-t-il.
Je ne lui répondis qu'en lui lançant un regard joueur mêlé à un sourire diabolique alors que nous suivions nos amis sur des chemins qui quittaient la cité. Le trajet fût très animé et joyeux, comme pour oublier l'inévitable.
Il nous fallut moins d'une heure pour apercevoir la butte, et la voir en vrai me toucha étrangement : je percevais toute l'histoire et l'importance de l'endroit, il y avait tant de souvenirs mêlés à ce lieu.
Nous gravîmes la colline en ligne, moi tenant la main de mes deux amoureux et Serindë au bras de Legolas. Arrivés en haut, nous nous recueillîmes un instant au centre du cercle d'arbres.
-Merci de m'avoir emmené ici, soufflai-je alors que le vent tourbillonnait autour de nous, apportant les derniers flocons de la journée avec lui.
-C'est sûrement un des lieux les plus importants de cette forêt, et même si nous n'en sommes pas originaires, tous les elfes respectent cet endroit plus que tout autre, me répondit Amandil.
-Je suis heureuse que vous ayez passé ces quelques semaines avec nous, déclara Serindë. Je suis si heureuse d'avoir fait ta connaissance Annaso', et que tu puisses t'entendre si bien avec mon frère et Legolas, qui lui aussi est un peu mon frère, après tout non ?
-Evidemment que vous êtes mes frères et sœurs ! rigola Legolas. On reviendra, j'en suis sûr, et nous vivrons tous ensembles.
-Peut-être avec Haldir aussi ! blaguai-je, déclenchant un léger rougissement de la jolie rousse. Ainsi, chacun aura trouvé chaussure à son pied ! C'est si facile la vie !
Tous sourirent. Notre plan était clair, net et précis. Encore fallait-il finir cette guerre et y survivre… Mais l'espoir était de mise en cette veille de départ et je dévoilai alors mon idée pour utiliser la magnifique pente qui s'offrait à nous : la luge.
-Legolas, il faut que nous fassions apparaître au moins deux luges, dis-je en lui tendant mes mains.
-Ce peut être une bonne idée, un peu puérile mais une bonne idée tout de même ! rigola-t-il en serrant mes mains.
Je lui expliquai très rapidement à quoi devrait ressembler les luges et la lumière bleue réapparu, puis disparaissant aussi vite, laissant sur le sol quatre luges, dont deux doubles. C'était parti !
C'est fou comme les elfes peuvent apparaître si sérieux la première fois que l'on en rencontre, mais une fois qu'on gagne leur confiance et qu'ils ne sont pas en présence d'un public d'étrangers, ce sont de vrais gamins ! Nous dévalâmes la colline à toute allure, tour à tour par binômes ou seul. Les courses furent impossibles à départager et il eut fallu avoir recourt à la triche pour départager les concurrents. Tout cela finit en bataille de boules de neige, et notre état, en rentrant à la cité, aurait pu passer pour normal si nos cheveux n'avaient pas l'air d'être passés dans une essoreuse.
C'est donc hilare que chacun rejoignit son chez-lui pour se préparer pour la soirée d'adieu du soir, alors que la nuit était largement tombée.
Je profitai longuement du bain chaud qui m'attendait dans la salle de bain. Je n'en sorti que quand l'eau fût froide, m'enveloppant dans une large serviette. Un fois sèche je lâchai la serviette et me positionnai devant le miroir de plein pied de la salle de bain.
Mon corps avait indéniablement changé. Il était plus fins, plus musclé. Mes courbes humaines, quoique très discrètes, ressortaient au niveau de mes seins et de mes hanches, qui étaient plus marqués que ceux des elfes. Mes cheveux avaient grandis et m'arrivaient à la moitié des épaules, leur couleur restant identique mais ils étaient plus soyeux et plus souples qu'avant. Mon visage s'était imperceptiblement affiné, et les imperfections de mon adolescence humaine avaient disparues. Ma pilosité était maintenant nulle, et mon cycle menstruel devait s'être allongé. Je ne voyais pas de désavantages à être une elfe.
Restait tout de même la question de mon immortalité, qui ne s'était pas manifestée et qui me gênait un peu. Allai-je toujours vieillir alors que mes amis elfes n'avaient pas changé depuis des millénaires ? Legolas et Amandil me désireront-ils toujours autant quand j'aurai des rides, que je ne pourrai plus vivre sans l'aide d'une tierce personne ? La question allait peut-être se résoudre plus rapidement que je ne le pensais alors.
On avait apporté la robe de soirée que Serindë m'avait confectionné. J'enfilai rapidement mes sous-vêtements pour me glisser dans ce drapé de soieries.
Le tissu était d'un gris perle somptueux. Le haut de la robe était fermé aux épaules par une broche en forme de lune dorée à droite et un soleil argenté à gauche. Elle retombait librement jusqu'au sol, le tissu formant de grands drapés aux reflets argentés et dorés qui flottaient au moindre de mes mouvements. Les pans qui formaient les emmanchures étaient libres dans mon dos, comme de petites ailes. Il n'y avait pas de motifs sur la robe, qui étaient finalement très simple.
Serindë finit par arriver. Elle aussi était très bien habillée, dans un joli voile duveteux vert pale, mettant ses flamboyants et libres cheveux roux en valeur.
-Tu es sublime, tes cheveux semblent être en feu ! m'exclamai-je alors qu'elle avançait vers moi.
-Tu n'es pas mal non plus, s'amusa-t-elle. Laisse-moi peaufiner la travail.
Elle saisit un large ruban noir qu'elle noua autour de ma taille, laissant le haut du tissu de la robe retomber négligemment dessus. Elle coiffa mes cheveux en une longue tresse simple. Je n'avais plus besoin de maquillage.
-Je pense que c'est très bien comme ça, pas trop triste et pas trop sophistiqué pour l'occasion, ajouta-t-elle quand tout fut fini.
-Je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu as fait pour moi, mon amie, dis-je en la prenant dans mes bras, les larmes picotant mes yeux. J'espère te revoir un jour.
-Si ce n'est pas ici, ce sera en Aman ou ailleurs ma douce Annaso', mais c'est sûr que nous nous reverrons. Tu es exceptionnelle, car tu assagis Legolas, et tu combles mon frère qui est pourtant très difficile. C'est à moi de te remercier, je sais que tu nous sauveras tous.
Nous restâmes encore un peu dans les bras l'une de l'autre jusqu'à ce que son frère apparaisse dans l'encadrement de la porte. Elle s'éclipsa pour nous laisser un dernier moment seuls.
-Je voulais te dire au revoir personnellement, dit-il en prenant mes mains dans les siennes. Tu es fantastique à tous points de vue. J'ai passé les jours les plus beaux de ma vie en ta présence. Ne change jamais, malgré tout ce que l'on pourrait te dire ou te faire.
-Amandil… je…, sanglotai-je, les larmes cascadant maintenant librement sur les joues.
-Chut…
Il m'enlaça tendrement et attendit un peu avant de m'embrasser. Ses lèvres avaient le goût salé de mes larmes, mais leur chaleur me réconforta petit à petit. Nous ne nous séparâmes que pour reprendre notre souffle, et nos bouches se lièrent rapidement ensuite.
Après ce qui fut une éternité de volupté, nous descendîmes les marches jusqu'au sol et gagnâmes la clairière que j'avais quitté au bras de Legolas, quelques semaines plus tôt. Elle était sobrement éclairée, seuls quelques elfes étaient présents, ainsi que la Communauté de l'Anneau. Haldir était absent de l'assemblée.
Mon piano avait été placé dans un coin, à côté des musiciens. La Dame et son époux nous attendaient pour un petit discours.
-Votre séjour parmi nous nous conforte dans l'espoir que nous avons de voir un jour cette Terre du Milieu vide de tout mal, commença Galadriel. Mais pour l'instant, votre vie ne tient qu'à un fil après la mort de Gandalf.
Ces mots nous rappelèrent subitement l'horreur que nous avions vécue, la chute de Gandalf et Kili à Khazad-Dûm, les combats…
-Ce qui vous attend au sortir de ces bois ? Nul ne le sait, continua Celeborn. Néanmoins, vous savez la cruauté de l'Ennemi et de ses serviteurs. Vous êtes armés contre cela, et le repos pris ici vous sera utile pour la suite de votre quête. Profitez de cette dernière soirée de paix, votre départ se fera à l'aube, demain, sur les quais.
Nous saluâmes nos hôtes puis nous nous dispersâmes. Je voulais tout de même dire un mot aux Seigneurs, je m'attardai donc auprès d'eux.
-Je voudrai vous remercier pour tout ce que vous m'avez appris pendant ces deux mois, leur dis-je avec gratitude. Je n'oublierai jamais cela.
-C'est tout naturel et très honorifique de pouvoir aider la Lune, notre sauveuse. Il n'y a rien de plus à dire, me répondit Celeborn.
La Dame des Galadhrim me fixa un instant, et je sus qu'elle lisait dans mon esprit. J'entendis alors sa voix profonde et éternelle dans ma tête : « Vos craintes ne sont pas infondées, et bientôt vous saurez. »
Je ne répondis pas, d'aucune manière que ce soit. Je m'inclinai pour retrouver ensuite la Communauté. Nous étions tous inquiets de notre sort mais Merry et Pippin nous divertîmes joyeusement. Malgré tout, les mots de la Dame revenaient sans cesse dans mon esprit. Ils m'obsédèrent à un tel point que je n'entendis pas Amandil arriver derrière moi et me demander une danse. Il s'y reprit à deux fois avant d'avoir mon attention et je lui accordai bien volontiers ce qu'il demandait, je voulais profiter de tout le temps possible pour être en sa compagnie.
Arrivés au milieu de la piste, il lâcha ma main qu'il avait prise et fit un signe à l'orchestre qui entonna une musique que je connaissais très bien : Dernière danse, de Kyo. Amandil chantait les paroles de sa voix mélodieuse d'elfe en caressant ma joue, humide de larmes. J'étais décidemment une vraie fontaine ce soir-là.
(Couplet 1) J'ai longtemps parcouru son corps, effleuré cents fois son visage,
J'ai trouvé de l'or et même quelques étoiles en essuyant ses larmes,
Et j'ai appris par cœur la pureté de ses formes, parfois je les dessine encore,
Elle fait partie de moi …
(Refrain) Je veux juste une dernière danse, avant l'ombre et l'indifférence,
Un vertige puis le silence, je veux juste une dernière danse…
(Couplet 2) Je l'ai connu trop tôt mais c'est pas ma faute, la flèche a traversé ma peau,
C'est une douleur qui se garde, qui fait plus de bien que de mal,
Mais je connais l'histoire, il est déjà trop tard, dans son regard, on peut apercevoir,
Qu'elle se prépare, au long voyage…
(Refrain)
(Couplet 3) Je peux mourir demain, ça ne change rien, j'ai reçu de ses mains,
Le bonheur encré dans mon âme, c'est même trop pour un seul homme,
Et je l'ai vu partir, sans rien dire, il fallait seulement qu'elle respire,
Merci, d'avoir enchanté ma vie…
Avant l'ombre et l'indifférence, un vertige puis le silence, je veux juste une dernière danse…
Couplet 1…
Une dernière danse…
Alors que la musique continuait, nous dansâmes l'un contre l'autre au milieu des autres gens. Legolas, un peu en retrait, nous observait. Ses pensées étaient impénétrables, je ne le remarquai qu'à peine alors que je dansais toujours avec le brun.
La musique s'arrêta. Un lourd silence tomba entre nous.
Les musiciens reprirent une autre musique traditionnelle des bals elfiques mais nous ne bougions plus.
Legolas nous rejoignit et lança un regard à Amandil qui acquiesça.
-Venez… annonça Legolas sans un regard pour moi. Il faut qu'on parle…
Voilà ! Alors ? Review ?!
Réponse aux reviews anonymes :
Cannelle : Merci pour tes avis sur les différents chapitres ! Voilà la suite !
En ce qui concerne le Hobbit, je ne vais malheureusement le voir que dans 10 jours...! Je vais mourir entre temps mais c'est surtout pour vous dire que pour mon autre fic, vu que le prochain chapitre parle de l'arrivée Avarlomë à Greenwood, je vais attendre d'avoir un petit aperçu de ce à quoi ça ressemble pour être plutôt cohérente ... ! Voilà ! A bientôt !
LK
