Chapitre 12 : Le labyrinthe d'Hadès.


Draco l'attendait, encore et toujours. Il le sentait, de plus en plus proche. Bientôt il pourrait le voir. Bientôt, il pourrait lui parler. Il fallait qu'il arrive à lui parler. A dire des mots sensés cette fois-ci. Des mots qu'il comprendrait. Et puis un nouveau sentiment le prit. Qu'était-ce que cela ? Ce sentiment, quel nom avait-il ? La peur, l'impatience, l'envie… Il avait compris. Il savait. Mais ça ? Il voulait savoir, il fallait qu'il lui demande.

Et puis soudain, le malheur. Il apparut devant lui comme le mauvais présage, comme la fin du monde. La fin de son monde. Son attente prenait fin, mais pas comme il le voulait. Alors… il ne le verrait pas. Il releva la tête et lui sourit avec cet air carnassier. Lui, il ne voulait pas le voir, il en fut obligé. Et dans sa tête, il s'horrifia. Pas la cage… Pas maintenant qu'il pouvait ressentir des choses. Méphistophélès attrapa brusquement son bras et lui tordit.

- Oh non, mon ami. Pas aujourd'hui.

Il lui fit mal, extrêmement mal. Pourquoi lui avoir cassé le bras ? Pourquoi ne l'avait-il seulement pas pris et emmené. Pourquoi lui faire mal ? Oui, il se rappelait, c'était un démon, il était né pour faire du mal. Alors… Il allait souffrir. Énormément. Et s'il avait su ce qu'il allait se passer, il aurait prié pour être envoyer dans la cage. Mais il ne le savait… Il allait bientôt apprendre qu'il existait un sort pire que la mort…


Le brun avança, tremblant, et posa une main sur la porte. Que découvrirait-il derrière ? Était-ce Draco ou bien le faucheur qui s'était détourné quand il avait eu besoin de lui. Il finit par prendre son courage à deux mains et passer au travers.

- Draco, murmura-t-il.

Il parcourut la pièce des yeux. Vide. Complètement vide… La sensation était toujours là mais elle s'estompait au fur et à mesure.

- Non, murmura-t-il. Non !

Il n'était pas là. Il n'était pas dans cette maudite pièce.

- Non, hurla-t-il.

Les objets se mirent à léviter puis exploser un par un en de millions de petites particules. Il frappa le mur de métal et entendit quelques uns de ses os se réduire en miette dans sa main. Il frappa à nouveau. Pourquoi ? Pourquoi chaque fois qu'il était si proche du but, il lui filait entre les doigts comme du sable. Quand il se détruit la deuxième main, il hurla de douleur à nouveau, ses yeux se remplirent de larmes. Il fallait qu'il arrête mais il ne pouvait plus. Il frappait encore et encore avec douleur. Enfin, Mickaël l'attrapa par la taille brusquement et le tira de son mur de doléances.

- Lâche-moi ! Cria-t-il. Il n'est pas là…

Mais Mickaël l'accrocha encore plus. Il serrait des dents, il lui faisait très mal. Il sentit la force de son pouvoir le désintégrer comme la chaise et la table en bois. Gabriel essaya de s'approcher pour l'aider mais il se fit balayer d'un coup de vent. Il défonça la porte qui s'ouvrit puis atterrit par terre avec violence, évanoui.

Le combattant le regarda, la peur pouvant se lire dans ses yeux. Un seul moment d'inattention le fit se déséquilibrer. Il lâcha prise et se fit lui aussi éjecter. Harry hurla à nouveau, et prit sa tête entre ses mains. Raphaël apparut brusquement à l'entrée de la pièce. Il perdait le contrôle. Il laissait à nouveau le démon le submerger. Raphaël sentit qu'essayer de l'approcher ne servirait à rien. Avec sa lumière, il fallait lui parler. Alors il parla :

- Harry, s'il te plaît, chuchota-t-il. Je sais que tu peux m'entendre. Tout va bien, Harry. Il était là… ça veut dire qu'il était en vie. Qu'il est en vie ! Harry… Ecoute-moi. Tu dois te calmer… Il est en vie, il va bien… Lumière…

Le brun entendit sa supplique. Dans sa tête, c'était un vrai champ de bataille. Pourtant il l'avait entendu. Et il avait raison. Il était là… On l'avait enfermé. Il avait peut-être réussi à s'enfuir. Et en vrai… Il ne voulait peut-être pas le voir. Parce qu'après tout, il lui avait fait tellement mal. Il lui avait pratiqué une rédemption partielle. Il avait souffert. Il souffrait sûrement toujours. Harry se calma petit à petit. Il rouvrit lentement les yeux et Raphaël s'approcha. Il s'agenouilla devant lui et le prit dans ses bras.

- Tout va bien. Il est en vie. Si tu l'es, lui aussi l'est tu le sais bien.

Ses mots le calmèrent tout à fait. Même si ce n'était pas ce qui faisait peur au brun. Après tout, oui, il savait très bien qu'il était en vie. Ce qu'il ne savait pas, c'était ce qui passait dans sa tête. Comment avait-il été traité par cet ange. Était-il retourné aux enfers. Comment serait-il traité là-bas ? Oui, c'était cela qui l'effrayait. Alors, il pouvait lui dire qu'il était en vie… mais pas lui assurer qu'il allait bien… Harry sécha ses larmes. Il renifla, malheureux.

- Il était là… Pleura-t-il. Il est parti.

Raphaël le serra un peu plus fort, essayant de tout faire pour le remettre d'aplomb. Il regarda à sa droite, Mickaël qui se relevait lentement, alors que ses brûlures et déchiquetures se refermaient une à une. Il se massa l'épaule et remit sa nuque en place. L'épée de Dieu sourit à Raphaël avant de tourner la tête vers Gabriel, toujours parterre. Il se précipita sur lui et le redressa, secouant sa tête.

- Gabriel, Gabriel !

L'archange était complètement sonné, mais toujours en vie. Harry repoussa Raphaël, la bouche grande ouverte. Qu'avait-il fait ? Comment avait-il pu faire du mal à l'homme qui l'avait aidé, instruit. Il était un monstre. Un démon horrible. Raphaël tourna sa tête vers lui par le menton.

- Eh ! Ça va. Il va bien, ne t'inquiète pas. Je te le promets. Ça, j'en suis sûr !

Le brun hocha difficilement la tête. Il ne put s'empêcher de regarder à nouveau l'archange endormi dans les bras de Mickaël. Il était un monstre… Il fallait qu'il aille dans le pays des monstres…


Il s'effondra sur les genoux. Ou plutôt, on le força à s'installer dessus, sans ménagement. Puis les deux légionnaires le courbèrent et son nez toucha presque le sol. Il ne fit aucun mouvement, aucun bruit. Il ne leva pas les yeux. Il fit son rôle de faucheur à la perfection. Enfin, il le pensa. Mais un rire sadique le fit légèrement tiquer. Il sentait son regard sur lui, il le mettait complètement à nu. Et il sut qu'il n'avait aucune chance de passer inaperçu. Il savait. Et lui aussi… il savait.

- Draco, Draco, Draco…

Son ton était le plus glacial qu'il n'ait jamais entendu. Cela ne faisait que très peu de temps qu'il faisait attention aux choses réellement, mais sa voix… C'était un mélange des cris des chiens et de celle de Méphisto. Vraiment une horreur. Il sentait aussi qu'il souriait. En même temps, il était le roi des enfers, le dieu des démons. Il était tout pour eux… oui, il ne pouvait être que plus maléfique que quiconque.

- Ne joues pas ce petit jeu avec moi, veux-tu ? Relèves-toi et regardes-moi.

Draco ne sut pas pourquoi il l'obéit, mais il le fit. Il le fixa sans rien dire. Lucifer avait des cheveux en brosse, blancs comme la neige, des petits yeux bleus clairs, un visage encore plus creusé que le sien. Ce qui le marqua était ses dents pointues. S'il devait les comparer à quelque chose qu'il eut connu, il dirait qu'il ressemblait à un requin. A quoi cela ressemblait un requin ? Il ne le savait plus, mais il fut sûr d'en avoir déjà croisé. Il était assis sur un trône d'os, les mains posées sur les accoudoirs et tapotait de ses longues griffes dessus. Vêtu d'une longue cape noire, il faisait réellement peur à voir. Lucifer sourit un peu plus et se pencha en avant.

- Draco… C'était donc vrai. Un faucheur qui recouvre la mémoire…

Le blond pencha la tête sur le côté. Il avait compris, il savait ce qu'il voulait dire. L'ange le lui avait déjà dit cela. Il était le seul, l'unique. Et il se demandait encore pourquoi. Lucifer se remit en place. Son sourire… il était excité au plus haut point. Comme un enfant qui pendant longtemps ne s'était pas autant amusé avec ses jouets. Et puis ses yeux avait ce fond de réfléchi. Il fallait qu'il trouve une solution très rapidement. Draco comprit qu'il n'était pas comme Dieu. Il n'était pas omniprésent. Il avait besoin de réfléchir.

- Tu vois… Dit-il au bout d'un moment. Tu me déçois beaucoup, petit faucheur. J'ai pris tellement soin de toi ces derniers mois. Après tout… Tu es l'âme jumelle de la lumière, j'aurais pu te torturer encore et encore, des jours et des jours. J'aurais pu t'infliger milles souffrances, jusqu'à ce que la petite lumière te voit, en lambeau, et souffre tout autant que toi. Mais non, je t'ai retiré ta mémoire, j'ai fait de toi un brave petit soldat. Je… t'ai… retiré ta peine ! Cria-t-il en pesant chaque mot.

Il grimaça et se calma.

- Et voilà ce que tu me fais, Draco ? Murmura-t-il. Tu me poignardes dans le dos ?

- Peut-être devrions-nous le punir comme il se doit, la cage ne semble pas tant lui faire d'effet que ça.

Méphistophélès apparut à ses côtés et s'assit sur l'accoudoir. Lucifer sourit et caressa son dos avec lenteur.

- Tu as raison, mon petit prince. Tu as raison…

Draco ouvrit de grands yeux. Il y avait quelque chose de pire que la cage ? Il trembla légèrement, mais assez pour que Lucifer le remarque. Il le regarda de biais, alors que son sourire réapparut, plus fort que jamais.

- Draco… Je ne sais pas si tu te souviens de tous ses monstres que tu as vu dans ton monde. Toutes ses petites bébêtes qui grouillent sur votre Terre. Elles viennent d'en bas. Enfin, beaucoup plus bas… rit-il. Dans le labyrinthe.

Le faucheur frissonna. La façon dont il avait dit cela. Le labyrinthe… Qu'était-ce ? Et puis, qu'elles étaient ses bêtes qui le terrorisaient autrefois ? De quoi parlait-il ?

- Tu vois, sortir mes affreux du labyrinthe est vraiment… vraiment difficile.

Son autre accoudoir qu'il tenait toujours de l'autre main craqua sous la pression de sa colère.

- Surtout quand ses saletés d'anges les détruisent, un par un ! Grimaça-t-il.

Draco plissa les yeux. Il ne comprenait pas. Pourquoi lui disait-il tout cela ? Il laissa sa rage transparaître sur son visage avant de s'effacer à nouveau. Cela ressemblait comme à un jeu pour lui. Il s'énervait, se reprenait, souriait puis laissait à nouveau la colère le ravager. Lucifer caressa à nouveau le dos de son bras droit et sourit.

- Enfin… passons. Je prends sur moi. Donc, je te laisse vadrouiller, mon petit soldat. Je te laisse même revoir ta chère petite lumière, bon, en essayant de le voir craquer mais cela ne fonctionne pas. Et voilà que j'apprends que tu retrouves la mémoire et que… tu lui redonnes de l'espoir. Vil petit homme. Non, non, non, ce n'est pas ainsi que je t'ai élevé. Mais puisque tu sembles être à nouveau doté de raison et d'un potentiel de libre arbitre, on repasse au plan A.

Lucifer ressortit ses petites quenottes pointues.

- Le labyrinthe d'Hadès.


Harry soupira. Il regardait longuement le corps de Gabriel, couché sur son lit. Il se rappela quand il était à sa place et Ramiel à la sienne. Il n'avait pas de guitare et était sûr d'être piètre chanteur. Mais si cela l'avait réconforté, peut-être que Gabriel aussi se remettrait plus facilement. Il avait fait des pieds et des mains pour qu'il reste avec lui, les archanges souhaitant qu'il se repose un peu après toute l'énergie qu'il avait dépensée ses derniers jours. Mais le brun ne comptait pas le laisser ainsi, surtout sachant que c'était lui qui lui avait fait cela.

Enfin, il le vit bouger, grimacer avant de papillonner des yeux. Harry retint son souffle et se releva brusquement. Il sourit et serra ses draps avec avidité.

- Gabriel ! Tu es debout !

- Eh, lumière… Bredouilla l'archange en tentant de se lever. Comment vas-tu ?

- Quoi ? Non, toi ! Toi, comment vas-tu ? Je suis tellement désolé pour ce que je te fais…

- Shht… Chuchota Gabriel.

Il cligna une dernière fois des yeux et sourit puis se releva tout à fait. Semi allongé il retira son drap et regarda son torse nu. Il n'y avait plus aucunes traces de ses blessures. Il était pourtant certain d'avoir senti ses côtes se fêler et sûrement ses vertèbres se briser. Harry sourit doucement.

- J'ai… Ramiel m'a montré comment soigner quelqu'un… C'est le moins que je puisse faire.

Le blond hocha la tête. Gabriel massa ses épaules et tendit son corps. Il avait quelques fourmillements, mais sans plus. Bientôt, il ne ressentit plus rien et s'assura qu'il n'avait pas d'autres bobos. Harry se mordit la lèvre, conscient qu'il lui devait des excuses plus poussées, mais l'archange ne lui laissa pas le temps. Il se mit brusquement à rire chaleureusement.

- Bon Dieu… Qu'est-ce que tu es puissant quand tu t'y mets. Dommage que ce soit ton côté démoniaque qui te fait l'être. Je suis certain qu'une fois à pleine puissance, tu ne feras qu'une bouchée de tout ce qui touche de près ou de loin les enfers.

- Non… Je… je ne veux plus l'utiliser.

Gabriel le fixa en haussant un sourcil.

- Tu sais très bien comment faire alors.

Harry savait. Sa rédemption. Non… il n'allait pas la faire. Pas encore. Il fallait juste qu'il fasse plus attention. Gabriel le repoussa et retira le drap. Il s'assit sur le rebord, face au brun et soupira.

- Je te déconseille de t'en vouloir, petit homme. Tu as paniqué, tu étais épuisé et las. Et surtout chagriné par un certain faucheur envolé. Mais à ce que je sache, tu es toujours en vie, tu n'as pas été ramené au pont, donc Draco aussi. Alors tout va bien, d'accord. Quant à moi ! Je suis tout réparé. Fais-moi plaisir et va me chercher Raphaël. Je dois lui parler.

Harry ouvrit la bouche mais la referma tout aussi vite. Il hocha la tête en souriant. Il partit, le laissant seul et dévala les escaliers. Quand il s'arrêta soudainement sur le palier, la main toujours sur sa rambarde. Gabriel était « réparé ». Il pouvait donc aller le voir quand il voulait. Pourquoi l'envoyer alors sachant qu'il mettrait bien plus de temps que lui ? Il leva la tête. Il renifla et sentit qu'un autre ange avait regagné sa tour. Il remonta lentement et retourna à l'intérieur de la pièce. D'abord, il ne vit rien, mais il entendit parfaitement.

- Tu es revenu ? Pourquoi… Murmura Gabriel.

- Voir si tu allais bien, chantonna la deuxième voix.

Harry écarquilla les yeux. Il connaissait cette voix par cœur, il savait qui il était. Il entendit le blond rire à sa blague. Enfin, il jeta un coup d'œil et resta figé. C'était bien Marc. Il était debout, devant la fenêtre et regardait au loin. Il n'avait pas du tout la même prestance que quand il était avec lui. Il se tenait bien droit, les doigts croisés dans son dos. Son visage était fixe.

- Arrête de plaisanter, fit Gabriel.

Il claqua des doigts et revêtit des vêtements modernes.

- Tu sais, à force de jouer les petits anges combattants à la perfection, je me demande si tu ne serais pas en train d'y prendre goût.

Marc haussa un sourcil et se retourna vers lui.

- Que veux-tu dire par là ? Sourit-il.

- Oh, seulement que peut-être tu aurais de plus en plus envie de te joindre à notre joyeuse sauterie pour arrêter Lucifer et sa quête de s'emparer de la lumière ?

Marc rit et hocha négativement la tête. Non, il n'allait pas les aider et Gabriel le savait car il n'insista pas. Il sourit avec lui et tendit sa main. Un papier apparut et il sortit un stylo.

- Dis-moi ce que je dois savoir ? Dit-il sèchement comme s'il n'était qu'un dictaphone. Ce que je dois dire… ou pas.

- Gabriel, soupira le brun. Ne le prends pas comme cela.

- Et comment veux-tu que je le prenne, Père ? Je te l'ai déjà dit, j'en ai assez. Tu nous as laissé détruire ta création une fois, tu as laissé Azazel pourrir dans cet endroit maléfique ! Tu as laissé Lucifer envoyer ses démons, nous brûlant à petit feu, encore et encore pendant des mois… Pourquoi ? Nous voulons juste savoir pourquoi ? Ce n'est pas compliqué, juste une réponse… Je t'en supplie.

Harry vit la détresse dans les yeux du blond alors que Marc restait toujours de marbre, ce faux sourire sur son visage. Marc… ou Dieu, s'il avait bien compris. Il était là, à ces côtés depuis des semaines et il ne l'avait pas remarqué. Comment avait-il fait pour se cacher de la sorte ? C'était Dieu… Il pouvait tout faire. Alors Harry eut la même réaction que Gabriel. Ce qu'il voulait savoir, c'était pourquoi ? Il vit Dieu lever un sourcil puis soupirer :

- D'accord… Je vais te le dire.


Le faucheur fut jeté par une trappe. Il se laissa glisser à travers l'étroit tuyau jusqu'à ce qu'il ne reste plus que du vide. Il tomba ce qui lui parut des heures et s'écrasa au sol avec douleur. Il sentit tous ses os craquer et la douleur le fit grimacer. Mais ce fut pire ensuite, quand il tenta de se relever sur ses jambes en miette. Il hurla un moment. Il avait tellement mal. Il regretta à nouveau d'avoir retrouver ses sentiments. Maintenant il devait supporter tout ce que son corps avait. Dont les fractures.

Il grimaça à nouveau et les regarda puis serra les dents et les remit en place. C'était encore pire que ce qu'il pensait. Moins que la cage mais tout de même. Chaque fois qu'il découvrait une nouvelle sensation désagréable, il se jurait de ne plus jamais la ressentir à nouveau. Cependant, personne n'était d'accord avec lui. Draco posa une main sur ses jambes et glissa dessus, puis la regarda. Elle était ampli d'un liquide rouge.

- Du sang… Murmura-t-il.

Son sang. Pourquoi ne mourrait-il pas après avoir perdu autant de sang ? Il fronça les sourcils. Il n'était même pas fatigué, à peine. Il pencha la tête sur le côté. Il en avait marre de ne pas comprendre. Il vit sa peau se résorber comme un rien et enfin la douleur cessa. Bientôt, il ne ressentait à nouveau plus rien. Il entendit un claquement s'élever. Il regarda tout autour de lui. Il était dans un long couloir de pierre. Le claquement reprit, puis un autre et encore un. Il comprit… C'était deux mains qui frappaient ensembles.

- Applaudir, murmura Draco.

Mais qui applaudissait ? Et cela raisonnait dans tout l'endroit où il était. C'était grisant. Il tourna la tête, une ou deux fois, et recommença quand sa voix résonna. Il plaqua ses mains sur ses oreilles. C'était horrible. Pire encore dans ce lugubre souterrain.

- Bienvenu, mon cher petit faucheur. Dans le labyrinthe d'Hadès.

Le blond se leva lentement et plissa les yeux. Un labyrinthe… Oui, il comprenait mieux maintenant. Il avait déjà connu ça. Le long couloir semblait tourner vers la droite d'un côté et vers la gauche de l'autre, il avança lentement vers lui. Comment sortirait-il d'ici ?

- Première règle, reprit Lucifer d'il ne savait où. On ne touche pas à l'âme. Pour ce qui est de ton corps… Apprends à l'apprécier tel qu'il est, car tu vas le voir réduire en bouilli, charcuté, découpé, cramé, décapité, mâché, vidé de son sang, etc. etc. Encore et encore… Jusqu'à en devenir complètement fou.

Draco trembla un peu avant de serrer sa main. Il se retourna brusquement en entendant un long râle tangible. Il n'était qu'à quelques mètres, il le sentait bien. Il toucha la pierre froide, puis colla son oreille. Il le sentit. Cette créature qui l'attendait en détour de couloir, elle lui voulait du mal. Par quel côté aller ? Où pourrait-il se cacher ? Draco se retourna à nouveau très vivement alors qu'une autre de ses choses qui grognaient et râlaient s'approchait.

- Alors… combien de temps crois-tu que tu pourras tenir, petit démon ? En attendant… Je te conseille de courir.

Draco écarquilla les yeux quand une patte apparut, striant le mur comme des ongles sur un tableau. Puis il vit sa gueule grand ouverte dépasser du virage et entrer dans son couloir. On aurait dit une énorme chauve-souris. Elle tourna la tête et claqua de ses ongles sur les murs. Et hurla soudainement. Draco ouvrit de grand yeux et tenta d'ouvrir son aile, mais rien n'y faisait. Il recula avant de faire demi-tour et s'enfuir à toutes jambes. Il entendit son rire une dernière fois.

- Oui, c'est bien, petit homme. Cours, cours comme si ta vie en dépendait…

Et c'est ce qu'il fit. Draco courrait de toutes ses forces. Il savait que s'il s'arrêtait, il mourrait. Enfin, il serait réduit en charpie, ce qui était tout comme. Et sûrement pas qu'une fois. Il enchaînait les couloirs, mais cela ne s'arrêtait toujours pas. Comme son nom le disait, il était interminable. Il jura avoir déjà passé deux ou trois fois un même couloir. Comment sortir d'ici ? Était-ce… tout bonnement possible ? Dans un éclair de lucidité, il sortit une griffe et zébra le mur. Il recommença, pour être sûr de ne plus se tromper.

Au détour d'un nouveau couloir, il se fit stopper net par une main qui lui enserra la gorge. Il attrapa son bras des deux mains, essayant de le faire lâcher. Derrière lui, la créature recula en crachant sa bave dégoulinante. Sur quoi était-il tombé pour faire fuir une aussi grosse bête. Il regarda l'homme en face de lui qui souriait méchamment.

- Une nouvelle petite proie… Père est si humble. Tu es craquant mon mignon.

Draco fronça les sourcils alors que l'inconnu le soulevait à quelques centimètres du sol. Qu'était-ce que ce démon ? Il pensait qu'il n'y avait que des créatures dans le labyrinthe. L'homme lui donna raison alors que des crocs poussèrent de sa bouche. Et il eut comme un flash.

- Vampire, murmura-t-il malgré la main qui écrasait ses cordes vocales.

Il ne se souvenait pas du tout ce qu'était cette chose mais il se souvenait de son nom. Comme pour Harry. Draco sentit ses griffes rentrer dans son cou et le lacérait. C'était la première d'une très longue et atroce série de tortures, il le savait. Il fallait qu'il fuie et vite.

- C'est dommage que tu ne sois plus humain… Je t'aurais saigné comme un porc !

A la place, il agrippa sa taille et lui arracha la clavicule. Il but de son sang avant de le recracher.

- C'est horrible. Ricana-t-il. Père pourrait m'envoyer quelques humains de temps en temps. Du sang de démon… le pire breuvage de l'univers. Tant pis, jouons à d'autres jeux… plus sympa. Même si je ne peux pas te manger, je peux toujours…

Il ressortit ses griffes pour lacérer son ventre, déchirant son vêtement. Il glissa un pouce sur son torse, remontant jusque son téton.

- Vraiment très mignon, sourit-il.

Le faucheur fronça les sourcils. Il ne savait pas ce qu'il voulait faire de lui, mais il n'aimait pas du tout cela. Il avait comme l'impression… de tromper quelqu'un. Il ne voulait pas qu'il le touche de cette manière. Il n'y avait qu'une seule personne à qui il donnait le droit, même si pour l'instant il ne pouvait pas. Et ce n'était sûrement pas lui. Le faucheur sentit la colère monter en lui. Alors que le vampire continuait à le toucher de façon exécrable, Draco attrapa brusquement son poignet.

- Ne me… touche pas.

- C'est qu'on essaye de me résister, rit le vampire.

Il tenta de se dégager et son sourire se brisa quand il remarqua que la poigne du blond était soudainement supérieure à la sienne.

- C'est impossible… murmura l'homme.

Draco fronça les sourcils. Qu'est-ce qui était impossible ? Pourquoi ne se défendait-il pas ? Il voulait le tuer il y a quelques instants, et maintenant, il préférait le regarder avec cette même peur qui l'habitait il y a peu. Le blond resserra sa prise et regarda son visage se tordre de douleur. Il écarta son bras et le vampire suivit le mouvement.

- Tu as… mal ? Demanda-t-il sans comprendre.

- Lâche-moi !

L'homme hurla. Derrière eux, la gargouille répliqua de son cri strident. Draco commençait à comprendre. Il savait ce qu'était la douleur maintenant. Il savait comment la prodiguer. Il lui tordit un peu plus le bras, enfonçant ses griffes dedans. Draco regarda son autre main. Oui, le blond commençait à comprendre. Ses griffes se mirent à pousser. Son œil perçut la peur dans ceux du vampire. Il tourna sa paume vers lui et ses longues lames dans son visage. L'une d'elles rentra dans son œil et le perça avec douceur. Le vampire hurla. Jusqu'à ce qu'il transperce sa gorge et ses cordes vocales.

Draco se sentit bizarrement bien. C'était étrange. Cela lui faisait du bien de faire du mal. C'était horrible de penser cela. Il sourit quand il tomba à genoux. L'avait-il tué ? Pouvait-il seulement le tuer ? Il regarda l'homme qui tremblait de tous son corps. Il était toujours en vie. Draco releva sa main devant ses yeux, fixant ses choses coupantes comme des lames de rasoir. Puis il leva le bras, vraiment haut, avant de la rabattre avec vivacité, visant la gorge. Elle le transperça, de part en part et l'homme arrêta de trembler. Sa tête se décolla lentement du reste de son corps et tomba au sol dans un bruit mat.

Le faucheur sentit cette douce sensation de bien-être le prendre à nouveau. Une sensation malsaine, il le sentait. Il savait qu'il ne fallait pas s'en abreuver et pourtant, il ne put s'empêcher de le faire. Il regarda la tête coupée du vampire rouler lentement.

- Il est mort…

- Oh oui ! S'éleva une nouvelle fois sa voix caverneuse. Et pas qu'un peu. J'ai dis qu'on ne touchait pas à l'âme… malheureusement, mes petites créatures magnifiques n'a jamais réussi à en avoir. Dieu les garde bien trop précieusement pour lui tout seul ! Pas d'âme… Pas de vie. Je ne peux que voler quelques âmes mortes dans le pont des déchues pour réanimer et envoyer mes créatures sur Terre. Mais… j'ai oublié de te parler de la seconde règle : quand tu coupes une tête… deux autres repoussent. Draco… Tu n'as pas fini de courir, je le crains.

Le blond se retourna brusquement. La gargouille tenue en retrait jusque maintenant par le vampire se remit en chasse et il se vit forcer de reprendre sa route à toute vitesse dans les longs et sombres couloirs de cet endroit infesté. Cependant, le blond avait quelque chose en plus, maintenant. Il savait comment faire mal. Il savait comment tuer.


Harry se fit tout petit pour continuer à entendre. Il ne sut pas comment il avait fait pour passer inaperçu jusque maintenant. Gabriel voyait rouge, il pouvait comprendre qu'il ne fasse pas attention. Mais pour Dieu ? Le brun remettait petit à petit les pièces du puzzle en place. Mais il y avait tellement de chose qui lui paraissait si clair. Il n'avait jamais réussi à battre Marc et pourtant il se disait ange que depuis cent années seulement. Et il semblait tellement tout savoir. Il pensa à ce qu'il lui avait dit sur son ami rédempteur. Devait-il le croire ou n'était-ce qu'un stratagème pour être certain qu'il ne pourchasse pas sa quête de rendre son âme à Draco ?

Harry commença à douter. Même son Dieu lui interdisait de croire en son rêve ? Non… il ne pouvait y croire. Le seul et unique Dieu qu'il était censé vénérer lui avait menti ? Harry s'attrista. Le nombre de fois où Marc l'avait réconforté. Tout cela… ce n'était que du vent ? La lumière se fit violence pour ne pas foncer dans le tas. Pour la première fois, il se contenta de réfléchir plutôt que de s'empresser. Marc n'avait maintenant plus du tout envie de rire. Il leur tournait le dos, comme s'il avait peur de ce qu'il pourrait voir de lui.

- Tu sais… J'ai vraiment eu de la peine quand il fallut tout détruire. Et… pour Azazel… ce fut tellement pire. J'entendais ses cris alors qu'elle m'appelait… encore et encore. Je l'entendais m'hurler de lui venir en aide. Je ne l'ai pas fait. Et pourtant… elle continue à me prier et croire en moi.

Il sentit que le regret remplissait sa gorge.

- Je bouillais de rage… envers moi… envers Lucifer… Et tout ce que nous avions bâti. Cette vie que nous avions créée. Gabriel…

- Tu ne réponds pas à ma question, murmura sa parole.

- Pourquoi ? Parce que…

Dieu s'arrêta de parler. Le blond s'attrista. Il ne lui dirait pas. Il n'arrivait toujours pas à lui dire. Il fit cramer le bout de papier. Tant pis, il aurait essayé. Harry se dégagea de l'ouverture alors qu'il se dirigeait vers lui. Il se colla au mur mais Marc le retint avant qu'il ne puisse le voir.

- La lumière.

Harry écarquilla les yeux. Il l'avait repéré ? Non, il continua doucement.

- Harry… a une tâche à accomplir. Et quand il l'aura fait, vous n'aurez plus jamais besoin de moi. Mais pour cela, il devait arriver tout ce qui est arrivé jusque maintenant. J'ai eu peur que si je changeais… modifiais quoi que se soit, l'avenir serait différent. L'effet papillon.

- Qu'est-ce que c'est ? Pourquoi ne peut-on pas le faire nous ? Pourquoi ne pas nous donner cette tâche plutôt qu'à un gamin de dix-sept ans qui a déjà sauvé le monde une fois ? Qui n'a jamais demandé tout cela.

- Il faut que ce soit lui… Enfin… il fallait que ce soit Draco, plutôt.

Le brun se tétanisa. Que voulait-il par là ? Draco devait faire quelque chose mais quoi ?

- Si tu ne veux pas me dire ce qu'il va se passer, donnes-moi au moins le résultat ? Père…

Marc franchit les quelques pas qui les séparaient et posa une douce main sur son visage. Il lui sourit si tristement qu'Harry eut mal au cœur.

- La fin du monde tel que nous le connaissons. La dernière apocalypse… Un changement qui détruira tout… pour tout reconstruire. Toi… et tous les autres seraient balayés en un souffle de vent. Quant à moi… Tout va changer.

Gabriel resta choqué. Même bien après que Marc soit parti en un battement cil. Quant à Harry… c'était pire. Dieu savait ce qu'il allait se passer. Ils seraient la machination d'un complot des enfers qui viserait l'humanité tout entière. Et plus encore. Comment pouvait-il laisser faire cela ? Pourquoi ne se révoltait-il pas ? Non. Il avait laissé sciemment les choses faire. Il voulait que cela se passe ainsi. Pour Harry, il n'y avait plus de doute. Dieu était du côté de Lucifer… Et cela sûrement depuis le début. La lumière profita que Gabriel restait encore sonné pour partir. Cependant il ne descendit pas de sa tour. Il préféra monter. Il se rendit tout en haut. Il était vert de rage.

Si même Dieu était du côté des enfers, comment pouvait-il faire confiance à la cité des anges. Il regarda la tour des horizons. Oui, la lumière… il ne pouvait être que de bien et de bonté ? Il devait lui parler. Et obtenir des réponses. Celles que Dieu n'avaient qu'en partie révélées.


Le blond dérapa à nouveau. Malheureusement, c'était la seconde de trop. La gargouille l'attrapa dans ses mains géantes et le balança contre le mur. Elle sauta sur lui et attrapa sa hanche dans sa gueule, lacérant sa peau de ses crocs titanesques. Draco serra les dents autant qu'il le put. Il tenta d'arracher cette horreur de lui. Il tira autant qu'il put. Il tira sans la faire bouger d'un seul centimètre.

La gargouille le releva, le secoua comme un mouchoir en papier. Draco sentit du sang couler de sa bouche, de sa hanche. Ses os craquaient à nouveau réduit en poussière. Il n'avait plus aucune issue. Il sentait qu'elle allait le déchiqueter, le démembrer. C'était encore plus dur que ce qu'il avait cru avoir jusqu'à présent. Plus effrayant, plus décadent. Enfin, la bête le lâcha et envoya son corps contre le mur de pierre. Il sentit quelque chose le percer de part en part. Il avait si mal. Il n'était plus qu'un monceau de chair fumante et dégoulinante de son propre sang.

Il releva la tête très lentement. La créature tapa sur le sol quelques fois avant de se dresser devant lui, sifflant. Draco sut qu'il devait bouger, s'enfuir rapidement avant de se voir à nouveau mastiquer. Mais il n'arrivait pas à faire le moindre geste. Il cracha son sang à terre. Il devait bouger. Il tenta à nouveau par tout les moyens de disparaître, de s'envoler ou autre sans succès.

- Troisième règle ! Pas de magie dans le labyrinthe d'Hadès, mon cher Draco. Ici, tu n'as que tes petits bras pour répliquer ou tes jambes pour fuir. Allons Draco, ce n'est pas très bien de tricher.

Le faucheur se leva à quatre pattes, grimaçant. Il passa un bras sur ses côtes, essayant de recouvrir le trou béant qu'il avait à la place de son torse. Il tenta de se remettre debout sur ses jambes flageolantes sans succès. La bête attaqua de nouveau et Draco dans un sursaut de combattivité se jeta sur le côté. Elle lui passa à côté, monta sur le mur et fit demi-tour en un saut avant de charger encore. Cette fois-ci il se prit le coup de plein fouet.

Il grogna, souffla la poussière à terre et frappa du poing. Il n'allait pas se faire battre par une chauve-souris croisée démon. Il était hors de question que cette chose le touche une fois de plus. D'où lui venait cette aversion pour tout ce qui voulait l'approcher de près ou de loin ? Pourtant, il aimait particulièrement être proche de sa lumière. Il voulait même pouvoir le toucher, même s'il savait qu'il ne le fallait pas.

Draco l'entendit à nouveau caqueter, puis tapoter avec ses griffes avant qu'elle ne suive son mouvement. Le faucheur se releva, lentement, et pencha la tête. Il fallait qu'il comprenne comment cette chose fonctionnait. Comme il avait fait pour le vampire. Il fallait qu'il trouve son point faible et qu'il la tue. Draco montra ses dents. Un grognement sortit de sa gorge. Ses yeux se fendirent un peu plus. Il relâcha son flanc, sentant que sa blessure le faisait de moins en moins mal. La douleur était toujours là, il décida juste de passer outre. Il se remit à quatre pattes avant de prendre une position d'attaque. Si elle voulait jouer, c'était parti. Sa peur s'envola d'un coup. Non, il n'allait pas se laisser avoir par cette chose.

Alors qu'elle attaqua derechef, il chargea aussi. Il sauta avant même qu'elle ne se jette sur lui. Il sauta sur son dos et attrapa ses oreilles pour tirer sa tête en arrière. La créature hurla et se débattit mais Draco tint bon. Enfin, il tira une dernière fois et il vit sa mâchoire se découper en deux. Son sang gicla, aspergeant son visage du sang de la gargouille. Elle arrêta enfin de se débattre pour s'écraser au sol, la langue presque entièrement sortie pendouillant dans le vide.

Le blond roula sur le côté et s'allongea sur le dos. Tout son corps le détruisait à petit feu. Il passa une main sur son visage pour tenter de se rassembler, et ses doigts touchèrent ses dents, longues et pointues. Il était un démon… il était l'un des leurs. Lui aussi… était un monstre. Draco soupira et se releva difficilement. Il n'avait pas les moyens d'utiliser ses pouvoirs de démon, il devrait donc faire autrement. Il regarda la bête et ses longues griffes.

Bien plus grosses et tranchantes que les siennes. Il attrapa et tira de toutes ses forces. La griffe céda, emportant un bout de chair qu'il enleva du bout des doigts. Puis ensuite il avisa un os de ses longues ailes ressortant et l'arracha à son tour. Il fallait bien qu'il l'attache à quelque chose. Ce qu'il fit en l'attachant solidement avec se qu'il lui restait de sa cape. Maintenant torse nu, il regarda son corps et toucha son abdomen. La blessure était toujours là. Il grimaça de douleur en tentant de pincer sa peau. Son corps ne se résorbera pas de si tôt. Surtout s'il continuait de se faire ainsi malmener.

De nouveaux hurlements l'obligèrent à se concentrer. Il fronça les sourcils. Que devait-il faire… Se battre jusque la fin des temps ? Des vampires s'approchèrent, il pouvait les sentir. Plus question de fuir, maintenant. S'il fallait se battre, oui… Il se battrait. Il leva son bras, dégainant sa nouvelle arme de fortune au-dessus de sa tête.

- Approchez, murmura-t-il.


Gabriel atterrit en souplesse dans la tour d'Azazel. Il fronça les sourcils en la trouvant complètement vide. Où était passé tous ses archanges ? Il avait fait le tour de la cité des anges sans pour autant voir qui que se soit. Il avait de grande nouvelle à leur annoncer pour une fois. De grandes… pas des bonnes malheureusement. Devait-il en parler à Harry ? Oui, il le fallait. Il était temps d'arrêter de mentir. Et tant pis pour les conséquences.

L'archange fit les cent pas dans la tour. Il réfléchissait aussi vite qu'il le pouvait. Il y avait quelque chose qui n'allait pas. Si Dieu ne voulait réellement pas changer le cours de l'histoire, pourquoi lui avoir tout dis ? Surtout qu'il savait qu'il avait décidé de lui tourner le dos. De tout dire à ses confrères. A moins qu'il avait prévu cela aussi. Cela faisait parti de son plan ? Et s'il décidait de ne rien dire, peut-être que… cela le contrecarrait…

La parole de Dieu posa une main sur sa tête. Que devait-il faire… Que devait-il dire ? Pour la première fois, il se sentait perdu. Avait-il ou non le droit de parler, devait-il seulement le faire. Comment faire pour savoir ce qui allait arriver. Il n'y avait qu'Azazel qui pouvait l'aider. Il s'assit sur son canapé et rejeta sa tête en arrière, attendant sagement le retour de l'un des archanges. N'importe qui, qui puisse lui indiquer la bonne marche à suivre.

Finalement, Mickaël se présenta à lui. Il ferma les yeux et soupira. Ce n'était pas le moment. Il devrait bientôt faire face à une apocalypse qui touchera non seulement l'humanité mais aussi le monde des morts. Il n'avait pas de temps à perdre avec lui et… ses sentiments. Ses terribles sentiments qu'il avait mis à nu sans qu'il ne le veuille. Le combattant s'assit sur le canapé à ses côtés, bien plus proche qu'il ne le voudrait.

- Salut. Tu es remis apparemment.

- Je le suis, murmura Gabriel.

L'épée de Dieu se frotta les mains et le blond remarqua son malaise. C'était si rare de le voir ainsi, chancelant, hésitant. Mais Mickaël se disait la même chose, rare de voir son archange préféré aussi sérieux. Les deux hommes se regardèrent un instant. Puis le brun approcha son visage du sien. Il n'avait qu'une envie, c'était de le revoir sourire comme il le faisait toujours. Mais le blond détourna la tête avant qu'il ne puisse l'embrasser.

- Quand tout cela sera terminé, je t'ai dis, murmura Gabriel.

- Mais c'est fini, lui répondit-il. Harry est ici, en sécurité et Draco est retourné en enfer. Ce n'est pas la meilleure fin que l'on aurait voulu, mais… C'est la seule que nous pouvons avoir. Tout est rentré dans l'ordre. Comme si rien ne s'était passé. Alors…

- Non, Mickaël… Justement, ce n'est pas terminé. Cela ne fait que commencer.

- De quoi tu parles, Gabriel ?

Le blond se mordit la lèvre. Il pouvait lui dire ou non… Est-ce qu'il accepterait de le suivre sans se poser de questions ? Est-ce qu'il lui ferait toujours confiance s'il lui disait tout ce qu'il avait fait dans l'ombre, sans lui avouer. Il lui avait menti, ou au moins négligé de dire. Cela faisait des milliers d'années que cela durait. De tous petits mensonges, des choses sans importance… Mais il mentait quand même. L'aimerait-il toujours s'il lui montrait… cette partie secrète qu'il lui cachait sciemment ?

- Mickaël… Commença-t-il lentement. Il faut que tu sa…

Gabriel se mit brusquement à brasser de l'air. Il ouvrait et fermait la bouche sans qu'aucun son ne sorte. Il se tint la gorge en commençant à paniquer. Il ne pouvait plus parler du tout. Pourquoi ? Que se passait-il ? Mickaël s'activa en le voyant, il le prit par les épaules.

- Que se passe-t-il ? Gab… Gaby, dis-moi. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Il tentait vainement de répondre à sa supplique. Gabriel se calma petit à petit et se leva brusquement. Ses lèvres bougeaient, il hurlait, il lui disait qu'il ne pouvait plus rien dire. Mais aucun son n'arrivait à sortir de sa bouche. Mickaël le regarda faire un moment, la bouche grande ouverte avant de pouffer dans sa main. C'était tellement comique de le voir ainsi. Le blond s'arrêta de gesticuler dans le vide et croisa les bras, puis tapa du pied sur le sol.

Le sourire du brun se fana quand il sentit Azazel arriver. Elle se planta en plein milieu de la pièce et s'écroula à terre. Mickaël la rejoint en deux pas et la prit dans ses bras. Elle avait les yeux grands ouverts, des yeux qui regardaient partout… sans ne plus rien voir.

- Micka, murmura-t-elle. C'est toi ?

Elle posa une main tremblante sur son visage.

- Mais qu'est-ce qu'il se passe… bredouilla l'archange.

Il chercha du réconfort dans les yeux de Gabriel mais celui-ci était encore plus perdu que lui. Et ce qu'il vit, n'était que de la peur…


A suivre...


Comment avez-vous trouvé cette première descente aux enfers ? Ne vous inquiétez pas, cela ne va faire qu'empirer ! Mouhahaha !

A bientôt,

Personne ne l'a jamais connue.