Salut !

Et non je ne suis pas morte ! Je suis vraiment désolée pour cette longue attente, d'autant plus que je n'ai pas d'excuse valable si ce n'est un manque d'inspiration. Alors je vais vous épargnez mon petit blabla habituel et vous laissez lire :)

n'gie : Moi, sadique ? Du tout ;) C'est sûr que Laurent devient de plus en plus entreprenant et dangereux. Et pour Jake, Bella avait vraiment besoin de lui parler et lui avait vraiment besoin qu'on lui explique un peu la situation. Comme ça tout le monde est content :) A part Emmett bien sûr. Un grand merci pour tes petits mots qui me font toujours autant plaisir et à bientôt !


Chapitre 13 :

Juste avant que le répondeur ne se mette en marche, une voix –un râle plutôt- se fait entendre.

-Besoin d'aide.

Et les tonalités enchainent. Putain je n'avais jamais entendu une voix aussi faible ! Ou alors juste avant que le gars meure. Oh non. Oh non, non, non, non, non. C'est impossible. Je ne veux même pas y penser. Jacob me fixe toujours, attendant la suite.

-Il faut absolument que tu me ramènes chez ton père. Tout de suite.

Il se lève d'un bond et me pousse à toute vitesse jusqu'à chez Billy. En nous voyant débarqué comme ça, Jake complètement essoufflé et moi paniquée au possible, Peter et Billy stoppent immédiatement leur discussion. Peter se lève même de sa chaise, aussi paniqué que moi.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Emmène-moi chez Emmett et vite.

Il secoue légèrement la tête, l'air mi embarrassé mi furieux.

-Bella, soupire-t-il. Tu sais bien que c'est pas trop possible.

Il est vraiment con ou il le fait exprès ? Parce que là c'est pas drôle du tout.

-Peter, emmène-moi là-bas !

-Bella, c'est pas possible, susurre-t-il entre ses dents.

Il comprend pas que j'en ai rien à foutre de Laurent ?! Emmett a besoin de moi !

-Peter… Ma voix devient menaçante.

-Non !

Je le fusille du regard et m'apprête à lui crier dessus pour bien lui faire comprendre que c'est URGENT.

-Tu devrais lui obéir gamin, intervient Billy.

Peter soupire et fait signe à Jacob de le suivre avec moi. Mais quand il s'aperçoit que Jake court, les quelques pauvres neurones qu'il lui reste se mettent en marche et il comprend que c'est vraiment urgent. Jacob de mon fauteuil à la voiture tandis que Peter daigne enfin me demander ce qui se passe.

-J'en sais rien mais démarre cette putain de voiture !

Des larmes de frustration me montent aux yeux. Je ne peux vraiment rien faire pour accélérer les choses avec ces plâtres de merde. Sans eux je serais déjà chez Emmett depuis longtemps. Jake finit de m'attacher comme il le ferait avec une enfant. Et m'embrasse sur le front avant de sortir de l'habitacle. Mais Peter le retient.

-Viens avec nous, mec. On pourrait avoir besoin d'aide.

Il hoche la tête et saute à l'arrière du pick-up. Peter démarre en trombe brusquement. J'essaie de me vider l'esprit mais c'est juste impossible. Qu'est-ce qui a bien pu lui arriver pour qu'il appelle à l'aide comme ça. Je commence à le connaître un peu et je sais qu'il est bien trop fier pour ça. Des images de sang, de scalpel et de plaies beaucoup trop profondes viennent danser sous mes paupières closes. La main de Peter qui se pose sur ma cuisse dans un geste qui se veut rassurant me fait sursauter. Il ne faut pas que je pense à ça. Sous aucun prétexte.

Heureusement pour moi, le trajet est assez court même s'il m'a semblé duré des heures. Quand Jacob ouvre la porte pour me remettre dans mon fauteuil, je guette le moindre bruit suspect mais aucun son ne parvient jusqu'à moi. Et je crois bien que ça me panique encore plus que si j'entendais des hurlements. Je me force à respirer tandis que les deux garçons m'emmènent à l'intérieur et me font grimper les escaliers. Comme aucun de nous ne connaît la maison on décide de se séparer, Peter fouillant les pièces du bas et Jake et moi celles du haut. Je ne sais pas pourquoi mais une porte m'attire plus que les autres alors que visuellement, elle n'a rien de particulier. Je la pointe du menton pour que Jake y aille en premier. Il s'exécute et quand il ouvre la porte, je me glace d'effroi. C'est encore pire que quand j'avais trouvé Edward dans les toilettes, parce que là je savais au fond de moi que ce n'était pas lui qui s'était mutilé. Mais cette fois…

Le corps d'Emmett gît au milieu des bouteilles de vodka vide, de lames de rasoir et de tabac. Je ne vois pas son visage mais la flaque de sang autour de lui ne me rassure pas du tout.

Jacob reste figé sur le pas de la porte alors que je lui demande d'avancer. Putain mais il m'entend pas ou quoi ?! Finalement, je me jette par terre et je rampe jusqu'à Emmett. Je me débarrasse de mon atèle pour le retourner vers moi et là je me mets à pleurer à chaudes larmes. Il a au moins une dizaine de nouvelles entailles toutes plus profondes les unes que les autres. Si je compte bien il y'en a autant que de bouteilles d'alcool. Mais ce qui m'achève c'est la seringue, encore plantée dans sa veine. Mon Dieu mais pourquoi il se fait ça ?! C'est pas possible, c'est vraiment pas possible d'être autant versé dans l'autodestruction, même après ce qu'il a vécu. J'arrache la seringue de son bras avant de me pencher vers lui pour essayer de voir s'il respire. Quel soulagement quand je sens un souffle faible et irrégulier, mais un souffle tout de même. Je tente de le mettre en position latérale de sécurité tant bien que mal en me demandant comment j'arrive à garder autant la tête froide malgré les larmes qui obscurcissent ma vue.

Mais quand Jake et Peter viennent s'agenouiller derrière moi, sûrement pour mes soutenir, mes sanglots enflent dans ma gorge à tel point que je ne parviens plus à respirer. Je m'écroule sur le corps d'Emmett en gémissant son prénom. Peter me caresse doucement le dos pour me rassurer.

-Ne t'inquiète pas Bella j'ai appelé son père, il sera bientôt là. Il ne peut rien lui arriver d'accord ?

A ces mots je panique encore plus. S'il lui arrive quelque chose… Non. Non ! NON !

-Emmett ! Ne m'abandonne pas je t'en supplie ! Emmett.

Je pose ma main libérée sur son abdomen pour pouvoir vérifier en permanence qu'il respire.

-Comment t'as pu te faire ça Emmett, putain ?! Comment t'as pu me faire ça ?! T'avais dit un an ! Une putain d'année ! Je crois que je commence à vraiment péter un câble. Il me reste 346 jours, tu sais ? je me radoucis, lui parlant comme je parlerais à un enfant. Me dit-pas que tu as oublié ? Emmett tu dois me laisser ces 346 jours. Tu le dois, tu m'entends ?! Tu verras que ça ira mieux, je te le jure. Je te le promets, tu m'entends ? J'appuie un peu plus sur son abdomen parce que j'ai l'impression de moins sentir sa respiration. Mais soudain, je ne la sens plus du tout. Oh mon Dieu ! Emmett ! Je passe ma main devant son nez pour essayer de sentir un souffle. Mais rien du tout. Non. NON ! Emmett ! EMMETT ! Ne me laisse pas ! Je te l'interdits tu m'entends ?! Emmett ! EMMETT !je hurle de toute la force de mes poumons. Il ne respire plus. Il ne respire plus ! Comme les deux imbéciles qui sont avec moi ne semblent pas réagir, je me mets à leur crier dessus. Putain mais faites quelque chose ! Emmett je t'en supplie réponds moi !

Ma panique est telle que je n'arrête pas de faire volte-face, tantôt pour engueuler les deux incapables qui tentent de me rassurer au lieu d'aller chercher de l'aide, tantôt pour supplier Emmett d'ouvrir les yeux.

Une éternité et quelques minutes plus tard, Carlisle daigne enfin arriver. Il ne se préoccupe aucun de nous et se précipite au chevet de son fils alors que je gémis encore son prénom depuis les bras de Peter. Je pensais que je pouvais pas être plus paniquée et angoissée que jusqu'à ce que je voie des larmes rouler silencieusement sur les joues d'un Carlisle encore plus pâle que d'habitude. Je commence à me débattre pour sortir des bras de Peter et aller serrer mon Emmett dans mes bras. Mais je ne dois pas être encore assez inquiète pour arriver à maîtriser Peter.

-Il faut que tu le laisses faire son examen Bella, il sait ce qu'il fait, me chuchote-t-il à l'oreille pour essayer de me calmer.

Mais merde je veux pas me calmer ! Et quand Carlisle commence à faire un massage cardiaque, mon monde s'écroule. Si je pensais que je pleurais toutes les larmes de mon corps et crier de toute la force de mes poumons il y a quelque minutes, ce n'est rien comparé à maintenant. Cette fois j'arrive à me libérer de l'emprise de Peter et j'arrive même à éviter Jake qui essaie de me retenir. Je marche même à moitié sur mon plâtre pour aller plus vite. Je m'agenouille, brisant l'un de mes plâtres avant de prendre la tête d'Emmett pour la placer sur mes genoux. S'il n'était pas secoué par le massage cardiaque de son père, on aurait pu croire que c'est un petit enfant endormi. Il a l'air tellement paisible. Je lui caresse tendrement le visage alors que mes larmes coulent dans son cou.

-Emmett, Emmett, je gémis le visage à moitié caché dans son cou.

J'ai l'impression qu'on reste comme ça pendant des heures alors que ça doit être à peine quelques minutes avant que les secours n'arrivent.

Ils lui font un autre massage cardiaque mais avec une machine comme dans les films. Ils ne me demandent pas de bouger alors je reste dans ma position à lui murmurer des mots doux à l'oreille, espérant bêtement que ça l'aidera à se réveiller. Finalement, l'un des ambulanciers crie victoire en disant que son cœur est repartit.

-Tu vois mon amour, tu vas t'en sortir. Ce n'est pas encore ton heure. Tout va bien se passer, je murmure dans un soupir de soulagement.

Mais à ces mots il se met à convulser violemment.

-Non. NON ! EMMETT ! je hurle alors que les ambulanciers l'emmènent en panique sur un brancard. Laissez-moi aller avec lui ! Laissez-moi y aller !

-Je suis désolé mais on ne peut faire monter qu'une seule personne dans l'ambulance et il a besoin de son père.

-Et moi, hein ? je rétorque méchamment. Il n'a pas besoin de moi peut-être ?!

-Je suis vraiment désolé Mademoiselle Swan mais il faut le transporter d'urgence.

Je baisse les yeux, un peu honteuse parce que je sais qu'il a raison, il a besoin de soins et pour l'instant c'est moi qui l'empêche de les recevoir. Mais quand je les vois l'éloigner de moi, c'est beaucoup plus que ce que je peux supporter.

-Non s'il vous plaît ne l'emmenez pas loin de moi ! je supplie, totalement consciente de mon égoïsme profond. Non ! Non, je vous en supplie ! Peter et Jacob m'enlacent pour me retenir alors que j'essaie de courir sur mes plâtres jusqu'au brancard d'Emmett. Putain mais lâchez-moi bande de connards ! Lâchez-moi j'vous dis ! Emmett ! Emmett, réveille-toi et dis leur ! Dis leur que tu veux que je sois avec toi !Réveille-toi et dis-le ! Emmett… Emmett. Ma voix faiblit au fur et à mesure qu'ils éloignent Emmett de moi comme si mes forces me quittaient en même temps que lui. Emmett… Je finis par sangloter dans les bras de mes deux amis.

Ils me conduisent doucement jusqu'au sol et m'y assoient. Ils me bercent doucement ponctuant mes faibles appels de baisers rassurants dans mes cheveux. Mes sanglots ne semblent jamais vouloir s'arrêter. Ils me disent que tout va bien se passer pour m'apaiser mais je n'arrive pas à les croire, même si j'essaie de toutes les maigres forces qu'il me reste. Une petite voix malsaine résonne dans ma tête, me répétant sans cesse que mon monde va bientôt s'écrouler. Et surtout, elle me dit que je suis en train de perdre Emmett. J'espère vraiment que cette voix n'est qu'un effet de l'adrénaline, un pur produit de mon imagination.

-Je vais le perdre, je délire à voix haute.

-Mais non ! Tu vas voir, son père sait ce qu'il fait, tente encore une fois Jake pour me rassurer tout en me caressant doucement le dos. Tout ira bien.

Sans trop que je sache pourquoi, ces paroles me paniquent encore plus.

Emmett. Il faut que je voie Emmett, que je m'assure qu'il respire, que son cœur bat. Je veux que ses yeux rassurants croisent les miens et je veux entendre sa voix apaisante m'assurer que tout va bien, qu'il va bien. Je veux me perdre dans une de ses étreintes qui me réchauffent jusque dans mon âme.

-Emmett, je recommence à murmurer, comme si ça pouvait me rapprocher de lui alors que ça ne fait que creuser encore plus la sensation de vide entre nous.

Trop perdue dans mes pensées, je n'ai même pas entendu arriver une seconde ambulance. Quand le bruit des sirènes arrive enfin jusqu'à mes oreilles, je me demande pourquoi elle est là.

-C'est pour toi, m'explique Peter en voyant mon incompréhension.

Ah, je comprends mieux pourquoi aucun des deux garçons ne m'a encore emmenée à l'hôpital au chevet d'Emmett. Je pensais plutôt qu'ils attendaient que je me calme, ce qui ne me paraissait pas être une mauvaise idée. Mais je ne comprends pas pourquoi une ambulance, je vais très bien. Sur le plan physique du moins. Je lance un nouveau regard interrogateur autour de moi. Jake et Peter soupirent de concert.

-Regarde-toi Bella, t'es vraiment dans un sale état, m'éclaire l'indien pendant que l'autre se lève pour saluer les ambulanciers et leur faire un briefing de la situation.

Je baisse les yeux pour faire le triste constat des dégâts. C'est vrai que ce n'est pas vraiment reluisant. L'un de mes plâtres et fissuré alors que l'autre est carrément éclaté. Je suis couverte de sang et si je pense d'abord qu'il s'agit seulement de celui d'Emmett, je me rends vite compte entaillée ma main libérée. Je n'ai pas du tout senti la douleur jusqu'à maintenant et je n'ai absolument aucune idée de quand c'est arrivé mais dès que j'en prends conscience ça commence à me faire mal. Même la couleur de mes jambes se réveille et je grimace. Aussitôt les infirmiers, qui commençaient tranquillement leur boulot, m'emmènent rapidement jusqu'à l'ambulance. Jacob monte avec moi alors que Peter se réinstalle au volant de ma voiture.

Le trajet pour l'hôpital me semble ridiculement court en comparaison du temps que j'ai passé au côté d'Emmett à attendre du secours alors que je sais pertinemment qu'il a duré au moins deux fois plus longtemps. Je laisse les infirmiers m'entraîner jusqu'à un box de soins sans protester mais avec une idée fixe en tête : Emmett. Au départ, j'ai pensé à me débattre pour courir vers lui mais dans mon état je sais que je serais vite maîtrisé. Alors c'est sûr que ça ira plus vite si je me laisse faire. Et c'est vrai qu'à peine une demi-heure plus tard je ressors de la petite salle avec deux beaux plâtres de marche –histoire d'éviter que la casse-cou que je suis casse à nouveau des plâtres classiques_ et l'un de ma main blessée bandée mais le bras libéré. Le docteur a dit que finalement mon bras était remis et que je l'avais bien prouvé en m'en servant correctement. Mais à vrai dire, là tout de suite je m'en contre-fous. Tout ce à quoi je pense c'est de rejoindre Emmett. Jacob, qui pousse mon fauteuil semble le comprendre puisqu'il m'emmène à l'accueil sans que j'ai besoin de le demander.

-Bonjour. La chambre d'Emmett Cullen s'il vous plaît ?

Sue, la secrétaire qui est aussi une très bonne amie de mon père semble hésiter à répondre.

-Je suis vraiment désolée mais le Dr Cullen nous a demandé de ne laisser personne entrer.

Elle a l'air vraiment navrée mais j'en ai vraiment rien à foutre. Elle va vite me dire où il est ou je risque de vouloir essayer mes plâtres tous neufs pour aller lui en coller une.

-Sue, j'interviens la voix basse et menaçante. Tu vas vite me dire où il est parce que j'ai vraiment besoin de le voir.

Elle hoche à nouveau la tête de gauche à droite, en proie au doute.

-Sue…

-Chambre 102 au fond du couloir à droite, cède-t-elle en baissant les yeux.

Je la remercie vaguement en faisant signe à Jake d'y aller. Il remonte lentement le couloir alors que je voudrais qu'il coure. Arrivés dans la chambre, Carlisle nous salue d'un sourire avant de sortir en entraînant Jacob à sa suite. Je manœuvre plutôt maladroitement mon fauteuil jusqu'au pied du lit pour prendre le rapport médical. Il est écrit qu'ils lui ont fait un lavement d'estomac parce qu'il aurait ingurgité des pilules en plus de l'alcool et l'héroïne injectée directement dans son sang. Ils ont aussi dû lui faire une transfusion de sang parce qu'il en avait perdu une quantité impressionnante. Mais son état est stable et ça ne devrait plus être qu'une question d'heures avant qu'il ne se réveille.

Après quelques minutes de lutte acharnée contre ce foutu machin roulant j'arrive enfin à me rapprocher assez près de lui pour lui prendre la main. Je ne sais pas combien de temps je reste dans cette position alors que des médecins se succèdent à son chevet pour vérifier ses constantes sans jamais me déloger. Quoi qu'il en soit il finit par remuer légèrement avant d'ouvrir les yeux. Quand ils se posent sur moi, il retire brusquement sa main comme s'il s'était brûlé. Mais qu'est-ce qu'il lui prend ? Cette fois j'ai bien conscience de chaque seconde qui passe alors qu'il me fixe de ses yeux froids. Pourquoi il me regarde comme ça ? Comme si… comme s'il me détestait ?

-Emmett… je l'appelle doucement.

Il ne répond pas, ses lèvres serrées ne formant plus qu'un pli amer. Merde mais qu'est-ce que j'ai fait ?

-Emmett je suis vraiment, vraiment désolée de ne pas avoir répondu. Je m'en veux vraiment tu sais. Je… J'avais pas vu que c'était toi sinon j'aurais répondu tout de suite ! Je ne sais pas ce que j'aurais fait si j'étais arrivée trop tard, si…

-Tais-toi.

Qu-quoi ? Je relève des yeux écarquillés vers lui. Jamais encore il n'avait osé me parler sur ce ton-là, même au tout début. Mais bon Dieu qu'est-ce qui lui arrive ? Merde mais j'ai rien fait de mal à part ne pas décrocher ce putain de téléphone, bordel !

-Emmett…

-Je viens de te dire de la fermer ! s'énerve-t-il, me laissant totalement choquée dans mon fauteuil.

Il essaye de se retourner dans ses draps pour me donner le dos mais une de ses perfusions l'en empêche.

-Tu vois ? C'est à cause de toi tout ça ! Si seulement t'avais décroché ton putain de téléphone j'en serais pas là ! Si t'avais décroché, si tu m'avais parlé, je me serais calmé. Mais toi t'es qu'une égoïste et tu as préféré faire je ne sais quoi avec je ne sais qui plutôt que de m'aider ! C'est pour ça que je ne laisse jamais personne m'approcher. Les gens finissent toujours par te laisser tomber, débite-t-il froidement en me regardant droit dans les yeux.

-Emmett…

-Et j'ai été incroyablement stupide de penser que ce ne serait pas le cas avec toi, m'achève-t-il en m'ignorant royalement.

C'est pas possible de penser de ça. Ses yeux reflètent un tel désarroi que mon cœur déjà en lambeau se réduit en cendres. Il ne peut pas penser ça de moi. Si ?

-Emmett ! Tu vas me laisser en placer une, oui ! Je t'ai dit que j'étais vraiment désolée et je sais que ça n'excuse rien mais il faut que tu me laisses une chance. Tu m'avais dit…

-Un an oui je sais tu me l'a déjà dit quand je luttais pour rester en vie.

Je rougis de honte.

-346 jours, je continue le plus froidement possible. C'est ce qu'il me reste. Et tu n'as pas le droit de me retirer ça. Tu n'as pas le droit Emmett ! Je te l'interdis, tu m'entends ! Et de toute façon c'est hors de question que je te laisse maintenant ! Hors de question ok ?! Parce que je t'aime, moi ! Et on laisse pas tomber les gens qu'on aime !

Je plaque les deux mains devant ma bouche avant de réaliser ce que je viens de dire. Merde mais qu'est-ce qui m'as pris ? Quelle conne ! Je sais que c'est tabou avec lui, même si c'est évident. Mais non, moi je sors ça comme ça, comme si c''était quelque chose de naturel qu'on dit tous les quatre matins. J'attends patiemment –trop patiemment en fait- que la bombe que je viens de lâcher explose. Mais non, elle implose.

-Ça c'est moi qui te l'interdis.

Il a dit ça encore plus froidement que tout le reste, si c'est possible. Il ne peut pas avoir dit ça. C'est un putain de cauchemar et je vais bientôt me réveiller. Je vais même jusqu'à me pincer pour le vérifier. Mais non, je suis bel et bien réveillée. Merde.

-Vas-t'en Isabella. Je ne veux plus te voir.

-Qu-quoi ?! Je réagis tout haut.

-Plus jamais.

Je le fixe pendant une éternité avant de comprendre qu'il est vraiment sérieux. Alors je fais demi-tour le plus dignement possible même si je galère comme une dingue, me rendant encore plus pathétique que je ne le suis déjà. Je me sens tellement mal que je n'arrive même pas à faire couler les larmes qui embuent mes yeux quand je rejoins Jacob et qu'il me demande ce qu'il se passe.

« -... » -Emmett.


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