Hourra ! J'ai réussi à vous poster ce chapitre aujourd'hui ! :D Mais je ne vous dis pas à quelle heure je me suis couchée, par contre... :P

Merci encore à Bergère, silyKat, Melian-Chan, Lil's87, Myiou, Hachi, Lunashura, Eladora, Aoheili et Anne O'Nyme (dont les yeux ont su me donner le coup d'énergie de plus qu'il me fallait pour arriver à vous offrir ce chapitre dans les délais :) ) de m'avoir laissé une belle petite review pour le chapitre précédent. Wouah, vous êtes beaucoup ! *o*

C'est de plus en plus stressant ! Je me demande tout le temps si la suite de ma fic tordue restera toujours à la hauteur de vos attentes. :S Je ne peux qu'espérer... Vous savez que j'ai hésité longtemps avant de publier ce délire ? :P

(Tout ce beau monde appartient à J.K. Rowling)

Bonne lecture ! ^^

Chapitre treize — Une perspicacité exaspérante

Le mois de mai arriva à sa fin, baignant le parc de Poudlard d'un soleil resplendissant. Une brise tiède faisait onduler par instants les pelouses et les feuilles des arbres, et la pleine lune était pour bientôt.

— Dans deux semaines, rappelait sans cesse James d'un ton joyeux, alors qu'ils étaient tous les quatre assis à l'ombre du hêtre. J'ai hâte. On va enfin pouvoir se vider la tête des révisions des examens d'ASPIC pour un moment. Ça fera du bien. Et le match final de Quidditch qui se déroulera ce vendredi qui vient...

— Oui, mais en attendant, dit Remus en lui tendent son manuel avancé de métamorphose, il faut réviser sérieusement. Tiens...

— Laisse-moi tranquille avec la métamorphose, Lunard, veux-tu, répliqua James avec mépris. Je sais déjà tout sur cette matière. Et Patmol aussi. D'ailleurs, Patmol, dit-il en le regardant d'un air presque indigné, pourquoi perds-tu ton temps à lire ce bouquin sur les Animagi ?

Sirius était appuyé contre le tronc du grand arbre et ne levait pas les yeux de plusieurs schémas montrant une femme qui se transformait en corneille.

— C'est un livre que m'a prêté McGonagall, expliqua-t-il avec ferveur. Et sincèrement, c'est intéressant. Je regrette de ne pas avoir eu ce livre sous la main pendant que nous nous exercions à devenir des Animagi. Il y a plein de conseils utiles que j'aurais aimé savoir en ce temps-là.

— Oui mais, maintenant, objecta James, on s'en fiche puisqu'on en a plus besoin. On est déjà des Animagus, Patmol, je te fais remarquer.

— Ça reste quand même intéressant, répliqua Sirius, courroucé.

Il se rendait compte qu'il avait toujours conservé une certaine curiosité pour les Animagi. À la fin des précédentes retenues avec le professeur McGonagall, celle-ci lui avait présenté, à plusieurs reprises, quelques livres de sa bibliothèque personnelle, et Sirius, comme animé d'une grande passion revigorée, s'était jeté avidement sur les différents ouvrages. Ce jour-là, il lui avait emprunté un très vieux grimoire, une reproduction de celui qu'avait écrit de sa propre main Morgane Le Fey.

— J'adore le côté maléfique qu'avait Morgane lorsqu'elle tourmentait Merlin. Un oiseau, elle se transformait en oiseau... et elle explique comment elle y est parvenue.

— Et alors ? dit James en étouffant un bâillement.

Il se leva.

— Je dois y aller. J'ai promis à Lily que j'irai passer la voir avant mon entraînement de Quidditch, cet après-midi. Si on ne se revoit pas d'ici là, Patmol, dit-il en s'ébouriffant les cheveux d'une main, eh bien... Bonne chance lors de ta prochaine retenue. Je vois que tu as déjà réussi à te trouver un point commun avec elle : les Animagi.

Il lui adressa un clin d'œil et s'éloigna en direction du château.

Effectivement, Sirius avait trouvé un même centre d'intérêt avec le professeur McGonagall et il s'en servait habilement pour essayer de la charmer. Tout au long de la semaine, il lui avait suscité de l'enthousiasme alors qu'il lui parlait d'Animagi et elle était ravie d'apprendre que l'un de ses élèves prévoyait de suivre le même cheminement qu'elle avait elle-même parcouru du temps qu'elle était étudiante. Sirius avait donc continué à prétendre qu'il voulait devenir un Animagus, la rendait très heureuse en lui demandant son aide pour y parvenir, et ils avaient alors passé une grande partie du temps des retenues à échanger des propos sur la métamorphose et autre, tout en poursuivant tranquillement la correction des travaux d'élèves.

Puis, à plusieurs reprises, Sirius s'était surpris à trouver la compagnie du professeur McGonagall agréable. Elle et lui partageaient bien plus d'un point commun et il pouvait même parler Quidditch puisqu'elle avait fait partie de l'équipe de Gryffondor durant sa scolarité. Par conséquent, il y avait souvent des moments où Sirius oubliait de paraître séduisant tant la conversation pouvait devenir animée et passionnée.

Mais de toute façon, peu importaient le nombres de beaux yeux que Sirius lui faisait, il n'y avait rien à faire. Elle conservait toujours cette attitude professorale, détachée, qu'avait une enseignante face à un élève et restait totalement indifférente à son jeu de séduction, ce qui commençait à agacer prodigieusement Sirius au fil des journées qui défilaient à une vitesse alarmante.

Ce soir-là, cependant, alors qu'il arpentait les couloirs de Poudlard pour se rendre une fois encore au bureau de McGonagall, Sirius avait décidé de forcer un peu les choses...

— Entrez, dit-elle après que Sirius eut frappé trois coups confiants à la porte.

— Bonjour, professeur, lança-t-il d'un ton courtois en rejoignant la petite table dans son coin habituel de la pièce.

Il s'assit confortablement sur sa chaise en bois, puis sourit à McGonagall en attendant qu'elle lui apporte du travail.

Cette dernière se leva, l'air étrangement préoccupé, ramassa une pile de parchemins sur son bureau et s'approcha de la table de Sirius.

— Ce sont les devoirs de ma classe de quatrième année, dit-elle. Les sortilèges de Transfère. Je suis persuadée que vous n'auriez aucun mal à me corriger ça ?

— Pas de problème pour moi, en effet, dit aimablement Sirius qui se saisissait des parchemins.

Il prit soin de lui effleurer les doigts au passage, mais en la touchant ainsi, il ne remarqua aucune réaction en particulier de sa part. Sirius osa alors pousser un peu plus loin ses intentions... Il posa les parchemins sur sa table, puis, dès qu'elle s'apprêta à retourner à son bureau, Sirius lui lança :

— Attendez !

Il allongea prestement la main et lui attrapa le bras. Puis, doucement, lui fit glisser sa main le long de sa manche, jusqu'à lui caresser subtilement les doigts en la ramenant à lui. Ensuite, comme si rien n'était, il lui demanda le plus naturellement du monde :

— Vous n'auriez pas une plume à me prêter ?

Cette fois-ci, à la grande satisfaction de Sirius, le professeur McGonagall parut troublée. Ses joues rosirent légèrement lorsqu'elle retira sa main des doigts de Sirius et celui-ci remarqua qu'elle essayait de reprendre rapidement contenance.

— Une plume, vous dites ? répondit-elle à mi-voix. Vous n'avez pas apporté la vôtre ?

Sirius sourit en simulant un air navré et plongea la main dans sa poche. Il ressortit sa plume abîmée dont la partie supérieure pendait toujours tristement, rattachée par un mince filament, puis il émit un petit rire amusé.

— Je crois bien qu'il est grand temps de m'acheter une nouvelle plume, railla-t-il avec désinvolture. Vous ne pensez pas, professeur ?

— Oui, certainement, ce n'est pas à en douter, reconnut-elle. Je vais donc vous en prêter une pour cette fois, Black, mais à l'avenir...

— Merci, murmura Sirius en arborant son plus beau regard séducteur. Vous êtes gentille.

McGonagall eut l'air méfiante mais elle retourna néanmoins à son bureau et revint vite avec une longue plume mordorée.

— Avez-vous vu le professeur Goldstein, dernièrement ? demanda-t-elle en lui tendant la plume.

— Non, pourquoi ? s'étonna Sirius.

À nouveau, elle sembla préoccupée.

— Moi-même je n'ai pas eu de nouvelles de lui concernant le Consequatum Maxima de Rogue. Je commence à appréhender beaucoup le fait que...

Elle s'interrompit.

— Enfin, reprit-elle dans un murmure, j'ose espérer qu'il y parvienne...

— Ne vous inquiétez pas, rassura Sirius. Je vais finir par me débarrasser de ces furoncles, vous allez voir.

Vous allez finir... ?

Elle le darda d'un regard pénétrant. Un malaise prit aussitôt Sirius.

— Heu... C'est une façon de parler, se rattrapa-t-il précipitamment. J'ai confiance en le professeur Goldstein... Vous avez toujours votre encrier d'encre rouge ?

Pour un moment, le professeur McGonagall parut songeuse, puis elle observa Sirius en plissant les yeux d'un air soupçonneux. De plus en plus mal à l'aise, Sirius reprit :

— J'ai besoin d'encre rouge pour corriger...

— Oui, oui, je vais vous l'apporter, coupa-t-elle avec impatience.

Elle alla ouvrir un tiroir de son bureau avec brusquerie et revint vers lui avec un encrier à la main.

— Tenez. Ces corrections ne devraient pas vous prendre beaucoup de temps. Lorsque vous aurez terminé, je vous demanderai de vous remettre à vos lignes à copier.

— Toujours la même phrase ? « À l'avenir, je réfléchirai au moins cent fois avant de commettre une énorme bêtise » ?

Elle acquiesça d'un vif signe de tête et retourna s'asseoir à son bureau. Sirius se pencha sur le parchemin du dessus de la pile, commença à lire les premières phrases d'Augustus Macnair et s'interrompit dans sa lecture afin de jeter un coup d'œil inquiet au professeur McGonagall. Ses mains frémissaient légèrement tandis qu'elle rassemblait ses papiers sur son bureau.

— Allez-vous bien, professeur ? demanda Sirius.

— Oui, je vais bien, Black, merci, répondit-elle d'un ton sec.

— Vous êtes sûre ?

Elle lui décocha un regard froid qui voulait clairement signifier qu'il ne devait pas insister et Sirius reporta alors son attention sur le devoir d'Augustus, trempant sa plume dans l'encre rouge.

Quelques heures plus tard, ne pouvant plus supporter de se torturer l'esprit plus longtemps en se demandant s'il ne venait pas de commettre une autre « énorme bêtise » comme il en traçait présentement les mots pour une énième fois sur son long parchemin, Sirius se redressa sur sa chaise et observa McGonagall qui était en train de rédiger des paragraphes sur un papier jauni.

— Vous n'êtes pas fâchée contre moi, j'espère ? risqua-t-il.

— Bien sûr que non, répondit-elle d'un ton ironique, sans lever les yeux de ses paragraphes. Pourquoi serais-je en colère contre quelqu'un qui, depuis des semaines, ne fait que me mentir, me cacher des choses et, par-dessus tout, ne cesse de concocter des mauvais plans en espérant que je tombe dans le panneau... ?

— Mais... mais, professeur... balbutia Sirius.

— Vous allez encore me sortir la raison du pari, c'est ça ? poursuivit-elle d'un ton acerbe. Le pari que vous avez échoué, dont la conséquence vous empêche de me révéler les vérités ?

— Ce... ce n'était pas un pari...

— Je sais que vous connaissez le seul moyen de lever le maléfice, Black ! s'écria-t-elle brusquement.

Elle regardait Sirius droit dans les yeux à présent.

— Vous n'êtes pas revenu frapper chez moi à une heure du matin sans raison, Black. J'aurais dû m'en douter plus tôt. Maintenant je crains fort avoir fait une erreur ce soir-là. Qu'aurait-il fallu que je fasse pour que vous réussissiez le pari ? Que je vous croie ?

Sirius eut l'impression que son cœur tombait comme un gros morceau de plomb dans sa poitrine.

— Ce... ce n'était pas... un pari...

— C'était donc pour ça que vous aviez essayé de me faire boire un philtre d'amour, deux semaines passées, non ? continua-t-elle. C'était pour qu'il soit plus facile pour vous de me faire croire que vous êtes amoureux de moi alors que vous ne l'êtes pas ?

Non ! mentit Sirius, horrifié. Ce n'était pas moi qui ai tenté de vous faire boire un philtre d'amour !

— Ne le niez pas, Black, tout concorde ! répliqua McGonagall d'une voix cassante, les yeux étincelant d'une façon inquiétante derrière ses lunettes carrées. Je vous ai vu quitter la Grande Salle rapidement ce jour-là et votre réaction terrifiée au moment où vous m'aviez revue ensuite n'était pas un hasard ! Vous vous étiez attendu à ce que je vous... à ce que je... Enfin, j'entends par là que vous saviez qu'un philtre d'amour avait été versé dans mon verre, Black.

Elle parlait avec une telle énergie qu'on aurait dit qu'il y avait longtemps qu'elle se retenait de tout révéler ce qu'elle avait découvert par sa seule brillante perspicacité.

Non ! répéta Sirius, complètement désemparé. Non ! Non ! Non !

— Et comme ce plan n'a pas eu le succès escompté, poursuivit-elle d'une voix plus forte, vous avez alors décidé de boire vous-même un philtre d'amour, c'est exact, non ? Mais votre ami Mr Pettigrow, apparemment, aurait fait une erreur en vous offrant un verre contenant trop...

— Mais comment avez-vous su que c'était Qu-Peter qui... qui... ? s'étrangla Sirius qui sentait son cœur se serrer de plus en plus.

McGonagall poussa une exclamation d'incrédulité indignée.

— Vous avouez ! Vous avez vraiment intentionnellement bu de l'Amortentia ?

Sirius avait la respiration précipitée. Il avait l'impression qu'il suffoquait. Elle était en train de tout deviner à l'instant, de faire tomber tous ses espoirs d'être enfin libéré un jour de son mauvais sort...

Non... gémit-il, une douleur atroce dans la gorge. Je n'ai rien avoué du tout...

Mais le professeur McGonagall, qui ne semblait pas remarquer le terrible sentiment d'horreur qu'elle infligeait à Sirius, poursuivit d'une voix encore plus sonore :

— Je m'abuse ou bien la seule solution à votre problème de conséquence est de retourner essayer de me faire croire que vous m'aimez éperdument, à la porte de mes appartements, à une heure du matin précisément ? Vous devez remporter ce pari, c'est bien cela ?

— CE N'ÉTAIT PAS UN PARI ! hurla Sirius en bondissant de sa chaise, tremblant de la tête aux pieds. ET MAINTENANT, À CAUSE DE VOUS, JE VAIS ÊTRE OBLIGÉ DE VOUS RÉPÉTER CETTE MAUDITE PHRASE LE RESTANT DE MA VIE !

Le professeur McGonagall parut interdite.

— Qu'est-ce... qu'est-ce que vous sous-entendez... ?

— Eh oui, Minerva McGonagall, imbécile, déclara Sirius d'un ton féroce, hors de lui, vous venez de tout ficher en l'air ! Voilà ! Vous êtes contente ?

Une fureur le brûlait de l'intérieur comme la lave d'un volcan. Il sentait monter en lui un désir ardent d'attaquer cette femme qui venait de le condamner toute sa vie à la conséquence du pari échoué, de lui faire mal, de lui faire payer sa perspicacité exaspérante...

De quoi m'avez-vous traitée ? dit lentement McGonagall, les yeux projetant des éclairs menaçants.

— D'imbécile ! répéta Sirius sans aucune hésitation. Parce que vous êtes trop intelligente et JE VOUS DÉTESTE POUR ÇA !

Il prit l'encrier sur sa table et le jeta par terre de toutes ses forces. Le petit récipient se brisa sous le choc et une flaque rouge vif se rependit à ses pieds. Le professeur McGonagall, dont le visage avait un instant tressailli comme si elle avait réprimé un sourire, se leva à son tour et lança :

— Black, nom de Dieu, mais qu'est-ce qui vous prend ? Comment osez-vous ?

— JE M'EN FICHE ! rugit Sirius en saisissant la pile de devoirs sur les sortilèges de Transfer qu'il projeta en l'air, à bout de bras. PUISQUE MA VIE VIENT DE S'ÉCROULER À CAUSE DE VOUS ! JE NE POURRAI PLUS JAMAIS ME SORTIR DE CETTE HUMILIATION ! JE VAIS RESTER TOUTE MA VIE COMME ÇA ! À CAUSE DE VOUS !

Non mais voyez-vous ça ! s'écria McGonagall d'une voix perçante, révoltée. Vous avez du culot pour ainsi m'accuser d'être la cause première de vos tourments ! Je vous rappelle que c'est vous, au tout début, Black, qui avez fait l'incommensurable erreur de votre vie en acceptant de relever un tel pari hasardeux et complètement stupide !

— CE — N'ÉTAIT — PAS — UN — PARI ! scanda Sirius avec véhémence avant de faire volte-face vers la sortie en frémissant de rage.

— Où allez-vous ? demanda sèchement McGonagall. Je n'en ai pas fini avec vous ! Et d'ailleurs, vous n'avez pas le droit de prendre congé en plein temps de retenue !

— Alors regardez-moi faire ! défia Sirius avec mépris.

À la volée, il ouvrit grand la porte... qui se referma aussitôt d'elle-même avec un claquement sonore. Puis il y eut un déclic. Furieux, Sirius se retourna. Le professeur McGonagall, toujours debout derrière son bureau, avait sorti sa baguette magique qu'elle dirigeait droit sur lui.

— Bravo, Black, je vous félicite, dit-elle, le regard plus flamboyant que jamais. Enfin, vous allez vous apercevoir que ma patience à des limites. Cela me fend le cœur de devoir renvoyer de Poudlard un élève aussi brillant tel que vous, mais, hélas, je crains de ne pas avoir d'autre choix.

— Bien ! Super ! répliqua ironiquement Sirius sur le même ton qu'elle. En plus d'être contraint à passer toute ma vie avec les lettres de votre joli long nom étalés sur ma fesse gauche, je suis renvoyé. Quelle joie !

Vous l'avez cherché, Black ! cracha-t-elle.

— C'était la seule solution qui me restait si je voulais un jour espérer me débarrasser du maléfice qui pèse sur moi ! Comprenez-moi donc, professeur ! Je ne voulais pas devoir subir toute ma vie cette conséquence due à — oui, je l'avoue — une énorme bêtise amère que je n'aurais jamais dû accepter de faire. Qu'est-ce que vous auriez fait à ma place pour vous en sortir, hein ? Je vous le demande !

— Possiblement les mêmes choses que vous, répondit McGonagall et Sirius fut subitement bouche bée. J'aurais tenté par tous les moyens d'y remédier. Je peux imaginer ce que vous ressentez, Black, je ne suis pas idiote. Je vous aurais même proposé de vous aider en vous demandant ce qu'il me fallait faire pour que vous puissiez réussir ce pari, mais...

Elle poussa un profond soupir irrité et rabaissa sa baguette.

— C'est le fait que vous osez m'accuser d'être la responsable pour tout ce qui vous est arrivé de malheureux qui m'exaspère, Black ! Et je tolère encore moins que vous vous permettez de me crier des insultes et de me manquer totalement de respect. Dans les dernières minutes, votre comportement a été bien plus que déplacé et injurieux, Black. Franchement, c'est regrettable, mais vous pouvez dire adieu tout de suite à l'obtention de vos ASPIC.

Sirius se trouvait maintenant dans un état proche de la crise ne nerf. Il était outré que le professeur McGonagall déclare son renvoi de l'école mais, en même temps, il ne pouvait réprimer un désagréable sentiment de reconnaissance au fond de lui-même. D'une certaine manière, elle ne lui en voulait pas d'avoir enfreint le règlement de l'école plusieurs fois pour chercher désespérément à mettre un terme à ses malheurs. Elle le comprenait. Elle aurait même proposé de l'aider, ce qui le rendait encore plus furieux. Finalement, il aurait mieux fait de contenir sa rage, d'attendre encore un peu avant d'exploser...

— Et puisque j'en constate qu'il est maintenant trop tard pour vous aider dans votre défi, poursuivit McGonagall froidement, eh bien, je vous souhaite bonne chance avec l'hôpital Ste Mangouste. Venez avec moi, Black, nous allons rendre visite au directeur.

Elle s'avança vers la porte d'un pas décisif. Sirius réfléchissait à toute vitesse. Il n'allait quand même pas se laisser faire ? Il n'allait pas se résigner maintenant ? Après tout le mal qu'il s'était donné, il ne pouvait pas accepter qu'il en était finalement à son renvoi de l'école, au comble des atrocités qu'on pouvait lui infliger. Il devait combattre, résister. Il devait lutter encore !

Il y eut un second déclic et le professeur McGonagall ouvrit la porte. Se creusant toujours frénétiquement les méninges en quête d'une idée géniale qui pourrait bien le sauver de cette situation critique, Sirius lança alors la seule phrase qui lui vint à l'esprit sous l'impulsion :

— Je vous interdis de me renvoyer, professeur, sinon je révèle à toute l'école que vous avez profité de moi tandis que j'étais sous l'effet de l'Amortentia et vous perdrez alors votre emploi !

La réaction escomptée fut immédiate : McGonagall referma la porte brusquement et se retourna vers Sirius, l'air pantois.

— Profiter de vous... répéta-t-elle. Mais qu'est-ce que vous voulez insinuer... ?

— Vous le savez très bien, professeur, répondit Sirius qui était incapable de camoufler sa satisfaction sur son visage. J'avais beau ne pas être conscient de ce que je faisais mais, en revanche, je me souviens de tous les détails.

McGonagall parut alors effrayée.

— Je... je ne vois pas où vous voulez en venir...

Sirius sourit d'un air féroce et fit un pas vers elle, seulement pour essayer de l'intimider plus encore.

— J'avais les deux mains de chaque côté de votre visage durant le temps que je vous embrassais, continua-t-il d'une voix doucereuse. Vous n'étiez donc plus prisonnière entre mes bras à ce moment-là. Vous auriez dû en profiter pour me repousser mais, pourtant, vous ne l'avez pas fait. Au lieu de ça, vous m'avez serré l'épaule de plus en plus fort, à mesure que la culpabilité montait en vous, alors que vous répondiez à mon baiser...

— Non ! Arrêtez ! s'exclama-t-elle. Vous dites n'importe quoi ! Je n'ai jamais...

— Prendre votre forme d'Animagus, en cet instant, ne vous avait pas effleuré l'esprit ? coupa Sirius.

Il prit quelques secondes pour la jauger d'un regard accusateur et McGonagall sembla fondre de malaise.

— J'étais en état de choc, Black, se défendit-elle désespérément. Je suis sûre que vous aussi, à ma place...

— Certainement pas ! interrompit Sirius avec vigueur. Essayez donc de m'embrasser à l'instant, pour voir, et vous verrez bien que vous volerez à l'autre bout de la pièce !

— Vous m'aviez coincée contre le mur, Black ! Je ne pouvais pas vous repousser ! Vous étiez trop fort ! Incontrôlable !

Sirius éclata d'un rire mauvais.

— Il y a eu un moment, reprit-il en haussant le ton, pendant que j'essayais de vous déshabiller d'une main, où je ne vous tenais que par les cheveux et, encore là, vous ne bronchiez toujours pas ! Pourquoi ?

La respiration accélérée, McGonagall secouait maintenant la tête comme si elle ne voulait plus rien entendre.

— Allez, dites-moi pourquoi ! insista-t-il avec amusement. Avouez donc que vous avez aimé que je vous embrasse !

— JE NE SUIS PAS FAIT EN BOIS ! hurla-t-elle soudain. Je ne suis pas... de bois... Je suis... désolée...

Et elle fondit en pleurs, au grand désarroi de Sirius, avant de lui tourner aussitôt le dos pour essayer d'étouffer ses sanglots. Sirius fut brusquement contrit, puis la colère s'insinua à nouveau en lui. Pourquoi devait-elle manifester des signes de faiblesses au moment où il prenait enfin plaisir à l'incriminer ? Elle était supposée être forte ! Et à présent il devait lutter pour ne pas se sentir comme un parfait idiot sans cœur pour l'avoir ainsi blessée brutalement.

— Professeur, murmura-t-il, je m'excuse...

— Allez-vous-en, répliqua-t-elle en reniflant. Vous avez gagné... Laissez-moi tranquille, maintenant...

Le cœur de Sirius se serra. Mais pourquoi ressentait-il soudain le besoin de la consoler, de lui demander pardon, de lui dire qu'il n'était qu'un abruti... ?

— Je... je m'excuse... répéta-t-il maladroitement.

— Je vous ai demandé de partir ! aboya McGonagall en se retournant devant lui, les yeux rougis, les joues humides de larmes. Dehors ! Immédiatement !

Elle ouvrit la porte et le poussa violemment dans le couloir.

— Retournez à votre salle commune avant que je ne décide de revenir sur ma décision de ne pas vous renvoyer pour ce que vous venez de faire ! Et j'enlève cinquante points à Gryffondor !

Elle claqua ensuite la porte si fort que la flamme des torches à proximité s'éteignit subitement. Sirius resta longtemps dans la pénombre, immobile, à ressentir une affreuse et intense sensation de culpabilité le submerger. Pourquoi, en ce moment, ne pouvait-il pas se contenter de la haïr, comme d'habitude ?

Ce fut donc avec une terrible affliction et le sentiment qu'il ne méritait pas de rester à Poudlard, qu'il se rendit au septième étage d'un pas traînant et qu'il s'arrêta, la tête basse, devant le portrait de la grosse dame.

— Mmmm, fit celle-ci d'un œil scrutateur. On dirait bien que vous n'allez pas.

— Quel sens de l'observation, répliqua Sirius d'un ton morne. Fripouille.

— Vous de même !

Le tableau pivota et Sirius retrouva ses amis, tous assis devant la cheminée, qui tournèrent aussitôt la tête vers lui. Il apparut qu'en dehors d'eux, tout le monde était allé se coucher. Dans le silence de la salle commune, on n'entendait que le feu de l'antre crépiter, puis James, inquiet, qui était assis dans le même fauteuil que Lily, demanda :

— Heu... Ça ne va pas ?

— McGonagall a discerné ton jeu de séduction ? soupçonna Remus, la plume immobile au-dessus d'un morceau de parchemin.

— Oui, répondit Sirius en venant s'affaler dans le fauteuil à côté de Peter qui le regardait avec nervosité. Mais elle a fait bien pire encore.

— Elle ne t'a quand même pas forcé à avouer que c'était un pari ? s'inquiéta Lily.

— Elle n'en a pas eu besoin, dit Sirius, déconfit, elle a encore tout deviné.

Et avec une étrange sensation de vide, presque de détachement, il leur raconta ce qu'il s'était passé, en précisant que tout était désormais terminé pour lui, qu'il n'y avait plus rien à faire, qu'il était « fichu » comme il n'avait cessé de le répéter tout le long de son récit, et que, pour couronner le tout, il était parvenu à faire pleurer Minerva McGonagall.

— Ah non, Sirius, s'indigna Lily, mais comment as-tu pu être si méchant avec elle ?

— Je ne pensais pas que j'arriverais à la faire pleurer, se défendit Sirius.

— Oui, c'est ça, on sait bien, poursuivit Lily d'un ton acide. Lorsqu'il s'agit d'une femme, tu ne considères jamais que cette personne puisse avoir des sentiments !

— Lily, s'il te plaît, gronda James avant que Sirius ne réplique avec fureur. Ce n'est pas le moment !

Lily lança un regard assassin à Sirius et se renfrogna.

— Est-ce que ça veut dire que tu vas rester toute ta vie avec des furoncles au derrière ? demanda Peter, scandalisé.

— Oui, répondit Sirius, en effet, je vais rester toute ma vie avec les mots « Sirius Black est amoureux de Minerva McGonagall » affichés sur mon postérieur. C'est chouette, non ? ironisa-t-il avec amertume.

— Je n'y crois pas, dit abruptement Remus en laissant tomber sa plume aux pieds du fauteuil. Je refuse de croire que tu resteras avec ce maléfice durant le restant de tes jours. C'est impensable ! Il doit forcément y avoir une autre méthode qui existe quelque part, qui pourrait remédier à ça !

— Quoi ? demanda Sirius, désespéré. Si tu trouves, je me ferai une joie de connaître cette méthode en question, Lunard !

— Elle sait que la seule chose à faire était de renouveler le défi, récapitula James.

Les sourcils froncés, il réfléchissait déjà à une solution.

— Mais sait-elle aussi que, pour réussir le pari, il ne faut pas qu'elle te punisse ?

— Non, je ne crois pas... répondit Sirius qui ressentait un peu d'espoir renaître en lui. Elle a supposé qu'il aurait fallu qu'elle me croie après lui avoir dit que j'étais amoureux d'elle.

— Et elle est très en colère contre toi... continua James en se caressant le menton d'un air songeur.

— Oh, pour ça, oui, elle est très en colère contre moi. Furieuse, même.

— Cornedrue, dit brusquement Remus, le visage illuminé d'une idée soudaine, est-ce que tu penses à ce que je pense ?

— Oui, lui répondit James d'une voix ferme avant de regarder Sirius dans les yeux. Patmol, je crois bien que tu n'es pas encore fichu.

— Comment ça ? demanda Sirius dont le cœur battait avec frénésie.

— Si tu retournes frapper à ses appartements dans le temps qui suit, expliqua James, une lueur triomphale brillant derrière ses lunettes, tu risques de subir toute une nouvelle fureur noire de la part de McGonagall. Vrai ?

— Oui... Probablement... Sûrement, dit Sirius qui essayait de comprendre où voulait-il en venir.

— Donc, ça reste un défi ! s'exclama James, ravi.

— Exactement ! ajouta Remus d'un air joyeux.

Devant l'expression abasourdie de Sirius, James s'empressa de clarifier :

— Tant et aussi longtemps que McGonagall n'accepte pas de t'aider en disant — il imita une voix suraiguë de fille — « oui, Sirius, je vais faire exactement ce que vous me demanderez de faire pour que vous réussissiez le pari », ça reste un défi !

— Exactement, répéta Remus d'une voix claironnante.

Impressionné, à la fois profondément soulagé, Sirius éclata de rire.

— Oui, c'est ça ! s'exclama-t-il. Vous avez raison ! Je ne suis pas encore fichu ! Je n'ai qu'à... Je n'ai qu'à...

Aussi soudainement qu'il était apparu, son sourire s'effaça.

— Je n'ai qu'à tout reprendre du début, acheva-t-il d'une mine accablée, retourner à la case départ et recommencer à me torturer l'esprit en quête de nouvelles solutions pour ne pas que McGonagall me punisse...

— Un philtre d'amour, proposa alors de nouveau James, les yeux toujours brillants.

— Impossible, dit Sirius. Je te rappelle qu'elle sait que c'est moi qui ai décidé de boire un philtre d'amour la dernière fois. Donc ça ne l'empêchera pas de me punir très sévèrement après s'être empressée de me faire boire l'antidote. Et j'ajoute que je ne serais pas surpris d'apprendre qu'elle traîne avec elle, dans sa poche, cet antidote en question depuis l'incident, par précaution.

— C'est vrai, tu as raison, j'avais oublié...

— C'est elle qui doit boire le philtre d'amour, déclara alors Remus. Enfin, soit un philtre d'amour ou de confusion... En tout cas, de toute évidence, il faudra essayer de la... droguer... d'une certaine manière...

James regarda Remus comme s'il n'en croyait pas ses oreilles.

— C'est vraiment toi qui propose cette idée, Lunard ?

— Oui, répondit Remus d'un air contrit, mais je n'approuve pas vraiment mon idée.

— Moi non plus !

Lily hochait la tête en signe de réprobation.

— Vous êtes vraiment tordus, les gars, de vouloir continuer à tourmenter la pauvre Minerva de la sorte !

— Hé, oh, Evans, protesta Sirius avec indignation. Je souffre autant qu'elle, sinon plus. Et qu'elle le veuille ou non, elle est impliquée dans cette histoire. Alors elle continuera à souffrir tant et aussi longtemps que je souffrirai, moi !

Cependant, en disant ces mots, quelque chose se contracta du côté de son estomac.

— Mais pourquoi ne pas essayer simplement d'être gentil avec elle au lieu de penser qu'à lui faire du mal ? répliqua Lily d'un ton cassant. Il doit pourtant exister des moyens plus doux, plus amicaux, moins cruels, enfin !

— Un moyen gentil, tu dis ? releva James avec incrédulité amusée. Désolé, ma belle, mais je ne crois pas que ce soit possible...

— Oui, c'est possible, il y en a sûrement ! lança inopinément Sirius avant même d'avoir pris conscience qu'il venait de reprendre la parole.

Toutes les têtes se tournèrent vers lui.

— Je... enfin, se reprit Sirius, mal à l'aise. Ce que je veux dire, c'est... c'est... Evans a raison, lâcha-t-il en détournant les yeux. Nous devrions faire un effort pour ne pas blesser McGonagall plus qu'elle ne l'est déjà. S'il existe des moyens moins terribles pour elle, j'aimerais bien commencer par essayer ceux-là...

Puis, alors qu'il ne se reconnaissait plus, comme si quelqu'un d'autre parlait à sa place, il murmura :

— Je... je n'ai pas envie de la faire pleurer à nouveau... Je n'ai pas envie de lui faire mal une nouvelle fois... Elle ne mérite pas ça...

Il y eut un silence perplexe.

— D'accord, dit lentement James, je comprends. Trouvons un moyen gentil alors...

Rassurez-moi. Dites-moi si ce chapitre vous a quand même plu...

La suite demain. :) Merci d'avoir lu !