Depuis plusieurs semaines, Black Plague ne laissait plus aucune trace. Il avait disparu aussi soudainement qu'il était apparu. Presque un mois sans le moindre meurtre suspect où les Teens Titans avaient retrouvé leurs habitudes. Ce qu'ils ignoraient, c'était que Raven connaissait probablement sa cachette, et surtout qu'elle entretenait des sentiments grandissants pour lui.

Dans la chambre de Robin, Starfire et lui, complètement nus, reprenaient leur souffle, allongés côte à côte sur le lit. Starfire s'appuya sur la poitrine de son amant.

- On devrait le faire plus souvent, haleta-t-elle.

Robin approuva d'un signe de la tête avant de se redresser sur le lit. Son dos le faisait encore un peu grimacer, mais il pouvait se battre sans problème. Il se perdit dans ses pensées où il arrêtait enfin Black Plague, d'une manière ou d'une autre. Starfire, qui remarqua l'absence de son amoureux, ne put s'empêcher de lui en parler :

- Tu penses encore au tueur ?

- Oui… où a-t-il bien pu se cacher ? Il était le tueur le plus actif et le plus dangereux du pays et d'un coup il disparaît ! Ça n'a aucun sens…

- N'y songe plus pour l'instant, demain tu auras tout ton temps pour le chercher. Pense à autre chose, comme à moi par exemple, dit-elle en plaquant un baiser sur les lèvres de Robin qui la prit dans ses bras.

Dans sa chambre, Raven rassemblait infatigablement des informations sur Black Plague et ses semblables. Elle savait maintenant qu'il tuait à cause de sa malédiction et, elle ignorait pourquoi exactement, mais en la brisant, Black Plague disparaitrait et Sam renaitrait.

À présent, elle ne pouvait s'empêcher d'associer les histoires d'esprits vengeurs et de revenants à Black Plague et ses pairs. Ils avaient tout fait pour effacer leurs traces, mais ils avaient oublié quelques petites choses. C'était avec espoir qu'elle fouillait dans ses livres de magie pour trouver le moyen de libérer Sam de son fardeau.

Les rendez-vous de Sam et Raven s'étaient multipliés depuis leurs premières entrevues. Elle se sentait étirée entre deux vies, les Teen Titans, ses amis, d'un côté, ou Sam qui était un meurtrier sanguinaire. Malgré cela, la malédiction faisait naitre en elle une lueur d'espoir; ce n'était pas de la faute de Sam, donc il ne tuait pas seulement pour le plaisir, mais bien par obligation. Alors qu'elle montait dans le salon, elle soupira en regardant dehors, se demandant où il pouvait bien être.

À l'autre bout du pays, Black Plague chargeait un fusil d'assaut derrière une bute de sable. Il ne portait pas son masque, mais bien un foulard pour cacher son visage et il avait troqué sa polaire pour un blouson de cuir. À ses côtés, Jim vérifiait son fusil et rechargeait son révolver, ils étaient tous deux prêts pour un affrontement. De l'autre côté de la bute, dans le désert, des motards se rassemblaient.

Depuis que Black Plague avait tué quatre d'entre eux dans un bar, la tension entre les gangs avait explosé et une guerre dans cette section du crime organisé faisait rage. Naturellement, les semblables de Sam en profitaient comme s'ils étaient dans un buffet à volonté. Aujourd'hui, tous ces criminels se préparaient à attaquer au matin un chapitre d'un gang rival dans la ville voisine. Le rassemblement comptait environ quarante hommes armés qui finalisaient leur plan et leur préparatif.

- Alors, prêt à donner le signal ? demanda Jim qui était parfaitement calme malgré la situation.

- Plus que jamais !

Black Plague se leva alors pour avoir un contact visuel avec le gang. Jim le suivit et tous deux ouvrirent le feu sur les criminels. Une pluie de balle fonça sur eux une fois l'effet de surprise estompé, mais aucune ne les affectait. Soudainement, trois autres silhouettes firent leur apparition du côté opposé à Sam et Jim. Les motards étaient encerclés par cinq personnes.

Leur nombre baissait à vue d'œil pendant que l'ennemi s'approchait en absorbant les balles comme si de rien n'était. Finalement, les cinq derniers survivants tentèrent de se rendre, mais ils furent exécutés promptement. Un homme à l'allure soignée enleva sa cagoule et passa sa main dans ses cheveux blonds comme les blés pour les repeigner.

- Hé hé, sacrée fusillade ! Ça me rappelle presque Verdun, dans le sable gorgé de sang.

- Dis pas des bêtises Érik, c'était de la boue à Verdun, si tu avais été en Afghanistan avec Alexandre, ça t'aurait vraiment rappelé des souvenirs ! répliqua un homme d'âge mûr.

Cet autre interlocuteur enleva sa casquette pour gratter sa tête couronnée de cheveux noirs frisés. Il enleva aussi le sable de la barbe qui soulignait agréablement son teint basané.

- On n'est pas tous des anciens, Atanas. Le plus loin que je me souvienne c'était en 1695, répliqua Jim

Une jeune femme posa son fusil à son tour et prit place dans le sable. Ses courts cheveux noirs et ses magnifiques traits cachaient véritablement une beauté fatale qui venait de tuer au moins dix hommes. Black Plague acheva les blessés avant de rejoindre les autres qui partaient pour leur planque. C'était un vieux garage abandonné au bord d'une route désertique. À l'intérieur, les quatre hommes regardaient la chaîne de télé qu'ils captaient miraculeusement.

- Sacrée journée ! Je suis gavé pour quelques semaines, s'exclama Érik, dont l'accent allemand trahissait ses origines.

- J'te le fais pas dire… soupira Jim en regardant le match de football.

La femme passa derrière eux avec une serviette sous le bras et les cheveux mouillés

-T'as laissé de l'eau chaude pour la douche? Demanda Jim.

-Nan, t'avais qu'a la prendre avant.

-Tu peux vraiment être une plaie toi!

-Va te faire foutre…

Sam ne disait pas un mot, il n'osait pas interrompre une dispute d'ancien.

- Il n'a pas un truc à dire sur la question le nouveau? dit la femme.

-M…moi? Non pourquoi? Répondit Sam surpris.

-Je sais pas, peu être parce que tu t'y connais en femme pas vraie? Dit, t'as fait tanguer le lit avec elle ou t'es toujours puceau? Donc tu pourrais dire les dames d'abord et envoyer Jim se faire foutre?

-Non, non et non! et elle n'est pas vraiment ma petite amie!

-Tu me réponds non? Tu sais, je pourrais faire une petite visite à ta petite amie, strictement professionnel rassure toi. dit-elle en sortant un poignard et en le plaçant sur la gorge de Sam.

-Si tu la touches!

-Quoi? Tu vas me tuer?

-Pourquoi pas!

- Josiane, fous-lui la paix tu veux ? trancha Atanas

- Ok patron ! Si on peut plus avoir un peu de plaisir ici… grommela-t-elle avant de quitter la pièce où il était et où les voitures étaient réparées.

Quelques minutes de silence suivirent l'intervention d'Atanas l'ancien, lui qui avait vu les campagnes d'Alexandre le Grand jusqu'à la chute de Rome. Ce répit indiqua à Black Plague qu'il allait dire quelque chose de sérieux et qu'il en serait probablement la cible.

En temps normal, Josiane aurait pu attacher Sam à un lit et faire ce qu'elle voulait, il n'en aurait rien eu à cirer, mais un sujet sérieux planait sur la pièce et il n'avait pas le temps pour les caprices de sa compatriote. Tout le monde aimait bien s'amuser avec les jeunes membres de leur communauté, mais il y avait un moment pour tout.

- Sam, on doit parler. À propos de Black Plague et des Teen Titans. On est au courant pour tes sentiments à l'égard de cette sorcière et des risques que cela implique. Ne me force pas à te demander de les tuer parce qu'ils en savent trop ! Nous ne te demandons pas de ranger ton masque, car tous les membres de notre communauté sont libres de leurs mouvements, mais ne provoque pas notre chute. Fais gaffe à toi, les plus radicaux pourront tenter de t'éliminer toi… et ta petite amie…