Et un nouveau petit chapitre pour vous... :) Les histoires se précisent les êtres se retrouvent. Meurtre & Passion, tout un programme que ce chapitre retrouve lui aussi entre ses lignes.

J'espère que cela vous plaira.

Bien à vous.

K.


« Boston, mon amour, je suis de retour ! » furent les premières pensées de Jane quand elle arriva sur le tarmac de Logan. Elle était de retour à la maison, elle se tourna vers Frost et lui donna son arme et sa plaque.

« - Oublie pas de les rendre à Cavanaugh.

- Promis. Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? Demanda Frost avec une pointe d'inquiétude.

- Officiellement, je profite de mes vacances non payées et officieusement, tu sais où me trouver si tu as besoin d'une enquêtrice. Bon courage avec le petit neveu préféré du gouverneur, moi, je vais voir Maura, elle me doit une bière.

- Bonne soirée. »

Jane lui offrit un sourire et quitta l'aéroport sans plus tarder. Direction Beacon Hill, la maison de Maura était toute éclairée, Jane laissa ses affaires dans sa voiture et alla sonner à la porte de son amie qui lui ouvrit quelques secondes plus tard. Jane n'eut pas le temps de dire un mot que déjà Maura la serrait dans ses bras. Jane la laissa faire sans rien dire. En réalité, ce soir, elle en avait besoin. Besoin d'attention et d'affection. La solitude la pesait et Maura l'avait rapidement remarqué. Elle l'invita à s'installer sur le canapé. Jane n'avait aucune envie de parler, elle voulait simplement être là, à écouter Maura lui raconter sa journée. La tête posée contre l'épaule de son amie, elle se laissa bercer par la voix douce de Maura et oublia pour un temps, les horreurs de cette affaire incompréhensible.

« - Jane ? Jane…

- Mmmh !

- Frost vient d'appeler. Vous avez un autre cadavre.

- Quoi ? Dit-elle en se levant d'un bond. Je me suis endormie. Il est quelle heure ?

- cinq heures et demie. Je vais te faire un café.

- Non, c'est bon, j'ai pas faim. Je mangerai tout à l'heure.

- Jane, on ne commence pas une journée sans manger.

- Attends, il est cinq heures du matin ? Dit-elle en se laissant retomber sur le canapé. J'ai dormi quinze heures d'affilée ?

- Tu étais épuisée, je n'ai pas osé te réveiller. Tiens. Murmura Maura en lui donnant une tasse de café. Tu dois rejoindre Frost à l'aéroport dans une heure, il semblerait que votre tueur ne soit pas dans le coma.

- Il t'a dit qui c'était ? Je veux dire la victime ?

- Non, il ne m'a rien dit, seulement de me tenir prête à faire une autopsie dans la journée. Hey, Jane, ce n'est pas Ryan, sinon Frost me l'aurait dit.

- J'ai merdé, j'aurai du les accompagner. J'ai manqué quelque chose. Non, je manque tout depuis le début. S'exclama Jane en se levant pour faire les cent pas. Je ne peux même plus me fier à mon instinct. J'suis foutue.

- Non, tu as besoin de temps. Même les meilleurs ont le droit à leur moment de faiblesse. Tu le trouveras, j'en suis sûre.

- Quand ? Lorsqu'il aura décimé tous les plus grands joueurs parce qu'il veut leur place ? … Mais oui, c'est ça ! Je t'adore Maura ! S'exclama la jeune femme avant d'embrasser son amie. »

Maura resta figée sur place sans comprendre. Jane venait de l'embrasser pour la remercier mais la remercier de quoi ? Elle ne comprenait pas et Jane ne semblait pas vouloir s'expliquer. La jeune détective décrocha son téléphone et appela Frost.

« - Tu as l'autorisation de venir, Jane, Cavanaugh te couvre à nouveau, tu…

- Ce n'est pas pour ça que je t'appelle. Peux-tu imprimer le classement des meilleurs performeurs de l'année ? J'ai besoin de vérifier quelque chose. Et aussi, peux-tu me dire qui est mort, s'il te plaît.

- Un certain Thomas Donovan. 27 ans, aucune famille ni petite amie connue. Il était aux Cowboys depuis le début de sa carrière. Aucun lien avec les patriots. Désolé.

- Y'a forcément un lien sinon notre tueur ne l'aurait pas tué. Espérons qu'il ait fait une erreur, cette fois. »

Quand Jane raccrocha, Maura n'avait toujours pas bougée. Elle s'approcha de son amie et l'embrassa dans les cheveux.

« - Je ne serais pas restée bien longtemps à Boston. Mais grâce à toi, on a une nouvelle piste. Merci pour la soirée. Dit-elle en l'embrassant sur la joue. Passe une bonne journée.

- Hey, Jane ! Intervint Maura alors que Jane quittait la maison. Je t'aime.

- J't'appelle quand j'arrive. »

Jane ne s'attendait pas à recevoir cette information en plein cœur. Tout au long du trajet, elle entendait cette phrase résonner dans sa tête. Elle ne put que se maudire en repensant à la réponse qu'elle avait donnée.

Dans l'avion, Frost remarqua le malaise qui tenait Jane terrée dans son silence. Il n'osa rien demander mais il savait bien que son malaise portait le nom de Maura. Il préféra se concentrer sur l'affaire qui devenait de plus en plus complexe. Quatre cadavres en même pas trois semaines. Aucun suspect puisque le dernier avait un alibi en béton.

A Dallas, le soleil tapait déjà fort à dix heures du matin, le corps avait déjà été envoyé à Maura qui le recevrait en tout début d'après-midi. Alors que Frost se rendait sur la scène de crime, Jane alla directement au commissariat pour rencontrer les inspecteurs responsables de cette affaire. Quand ils la virent arriver, ce fut comme si le messie était entrée dans la pièce. Sans aucune négociation, Jane récupéra le dossier. Les inspecteurs refusaient de travailler sur cette affaire maudite.

« - Le détective Frost va surement passer vous voir dites-lui que je suis à l'hôtel pour bosser au calme.

- Bien, madame, nous lui dirons.

- Dites, vous savez comment tout ça s'est passé ?

- Pendant la soirée, les Cowboys ont invités les Patriots pour faire la fête. Malgré leur défaites, les Patriots sont venus. Après le match tout le monde redevient amis avec tout le monde.

- Ennemi sur le terrain, amis dans la vie. La grande joie du football. Qui a découvert le corps ?

- La soirée battait son plein, personne n'a rien vu ni entendu. Ce n'est qu'à quatre heures qu'une serveuse a appelé la police, elle était complètement paniquée. Elle venait de trouver le corps de Donovan dans l'un des carrés V.I.P.

- On n'a pas pensé à vous prévenir tout de suite puisque le corps n'était pas sur un terrain de football. Mais quand on a vu les similitudes et que les Patriots étaient en ville, on a tout de suite prévenu l'inspecteur Frost.

- Vous avez fait du bon boulot les gars. Vous pourriez d'ailleurs me rendre un petit service ?

- Bien sûr, tout ce que vous voudrez.

- Demandez au club où la fête a eu lieu de nous envoyer toutes les vidéos surveillances de la soirée. Je crois que notre tueur vient de faire sa première erreur.

- Vous aurez ça dans l'après-midi. »

Jane les remercia et se rendit à l'hôtel. Elle avait besoin de calme pour travailler et la solitude d'une chambre d'hôtel, il n'y avait pas mieux. C'était sans compter l'arrivée de Ryan, deux heures plus tard pour un déjeuner surprise. Jane eut un instant d'arrêt en découvrant le contenu du déjeuner. Ryan qui avait élu domicile sur le canapé sentait que quelque chose clochait. Jane assise à côté de lui était tout à coup suspicieuse.

« - Ok, là, c'est moi qui vais finir par croire que tu es suspect.

- Pourquoi ?

- ça fait trois semaines tout au plus qu'on se connait. Et tu en sais beaucoup trop sur moi !

- Comment ça ?

- Je ne t'ai jamais dit que j'adorai les sandwichs au beurre de cacahuète ou comme à New-York, le bacon au chocolat. Toutes ses petites choses que tu sais sur moi sans que jamais je ne t'en parle.

- J'ai mes sources.

- C'est ce qui m'inquiète. J'ai deux hypothèses en tête et les deux ne me font aucunement plaisir.

- Dis-moi, je te dirai si c'est le cas.

- Soit tu es le tueur de Patriots et tu te serres de moi pour ne pas te faire arrêter. Ce qui m'étonnerait puisque pour deux des quatre meurtres, j'étais avec toi mais comme je dormais, tu as très bien pu partir et revenir sans que je le sache, bien que…

- Stop, je ne suis pas le tueur de Patriots, je te le promets. Quel est ton autre hypothèse ?

- Tu t'informe sur moi pour pouvoir aider Megan Wentford à me faire plonger à sa place pour le meurtre de Marissa. Je sais c'est tordu et vicieux mais cette femme est…

- Et tu n'as pas pensé à une troisième solution, disons plus… désintéressée et respectable ?

- Non, je ne vois pas.

- Et pourtant, c'est le cas. Je n'ai ni envie de jouer avec toi, ni envie de te voir en prison et encore moins envie de te voir morte. Je veux te voir, tout court. Passer des bons moments comme si cette enquête n'existait pas, manger, rire, regarder des matchs de football en faisant les commentaires.

- Je crois que cette enquête me rend parano.

- Je crois surtout que tu as besoin de vacances. Tu viens de passer les pires semaines de ta vie et pourtant, tu es déjà en train de te jeter corps et âme dans une enquête qui refuse d'avancer. Tu as soufflé quoi, le temps d'une journée, simplement parce qu'on t'a forcé à rester couchée dans un lit d'hôpital.

- Tu sais quoi, mange et tais-toi ! Dit-elle en le forçant à manger un sandwich au beurre de cacahuète. »

Ryan manqua de s'étouffer, ce qui fit rire Jane. Les deux amis firent abstraction de l'enquête pour parler d'eux, du football, de Boston, de tous ce qui semblaient les unir. Jane semblait bien même dans un coin de son être la douleur continuait de marteler son cœur et son âme. Elle invita petit à petit Ryan à la laisser, elle ne voulait pas le chasser mais se replonger dans l'enquête l'empêchait de penser à la douleur et l'absence. Après une étreinte plus que nécessaire entre les deux amis, Jane se retrouva de nouveau, seule avec ses dossiers.

Les journées à Dallas passèrent et se ressemblaient. Le matin, Jane et Ryan déjeunait ensemble avec ou sans l'équipe, puis elle se rendait au commissariat de Dallas où elle mettait en commun les informations avec Frost avant de retourner à l'hôtel pour visionner des heures de vidéos surveillance à la recherche de ce mystérieux homme à la casquette. Elle faisait des pauses dans l'après-midi pour appeler Maura qui était devenue son refuge quand les doutes se mettaient à écraser son cœur. La jeune légiste n'avait pas retentée un « je t'aime » sachant très bien que Jane ne lui répondrait pas. Et pourtant le soir, Jane semblait à chaque fois être à la limite de laisser échapper ses quelques mots d'entre ses lèvres.

« - Une semaine et demie à Dallas, Maura, j'en peux plus, je veux rentrer !

- Tu rentres demain, non ?

- Je sais même plus quel jour on est.

- Hier, Boston gagnait face au Carolina Panthers, 27 à 12, j'ai rien comprit mais j'ai regardé le match comme tu m'as demandé. Ryan a d'ailleurs mit un magnifique euh…

- Touchdown ?

- Voilà, c'est ça. Et ce matin, aucun appel pour une victime au Gillette Stadium, c'est bon signe, votre coupable se cache. Il se sent traqué, vous devez être sur la bonne piste.

- On a une photo floue d'un gars avec une casquette. Vive la piste.

- Jane, arrête, tu as connu pire situation et tu t'en es toujours sortie, pourquoi ça changerait aujourd'hui ?

- Parce que je ne suis pas capable de passer une journée sans penser à Casey et avoir l'envie de pleurer, je n'suis pas capable de rester dans une pièce toute seule sans avoir le goût de me refaire le petit coup de l'hyperthermie. J'n'arrive plus à comprendre mon cœur, ma tête, c'est un vrai combat en moi. Vas donc réfléchir dans ses conditions.

- Rentre à Boston, laisse-toi encore quelques jours et va parler au psy que Cavanaugh a réquisitionné pour l'enquête. Je sais que tu n'es pas allée le voir parce que tu ne veux pas parler de toi entre les questions sur l'enquête.

- Maura… Tu fais chier à lire dans ma tête !

- Je suis ta meilleure amie, c'est normal.

- Merci, on se voit demain alors ?

- D'accord. A demain.

- Hey, Maura.

- Oui ? Demanda Maura surprise.

- Tu es bien plus que ma meilleure amie. Bonne nuit. »

Maura raccrocha le sourire aux lèvres. Jane se rapprochait peu à peu d'elle pour son plus grand bonheur. La jeune détective avait fini de préparer son sac et n'avait qu'une hâte rentrer à Boston, elle ne supportait plus l'ambiance de Dallas et voulait retrouver sa ville du nord. Frost avait décidé de rester jusqu'au soir pour s'assurer de n'avoir rien manqué.

Boston, Jane venait de se poser dans son appartement, Maura allait arriver dans quelques heures et la jeune détective en profita pour aller voir sa voisine qui une fois de plus avait gardé Jo Friday. Le pauvre chien ne voyait pas souvent sa maîtresse ses derniers temps. Après une petite discussion avec la voisine, Jane rentra chez elle et appela Korsak pour savoir si les informations qu'elle lui avait envoyé étaient utiles à l'enquête, malheureusement Frankie et lui n'avait pour le moment rien trouvé de plus.

« - Bon, je dois te laisser, j'ai de la compagnie. Dit-elle en entendant sonner à la porte. On se voit demain.

- Au dirty, à dix heures ?

- Parfait, merci Vince. »

Elle alla ouvrir pensant tomber sur Maura mais ce fut sa mère qui se tenait sur le pas de la porte. Elle ne semblait pas très calme. Jane la laissa entrer et lui proposa un café qu'Angela accepta.

« - Qu'est-ce qui t'amène Ma' ?

- Depuis, enfin, ça fait longtemps que tu ne viens plus me voir, ni à la maison, ni au café, j'espère que je n'ai pas dit quelque chose que tu n'as pas aimé.

- Non, c'est juste que… Avec ce tueur qui rôde, je n'ai plus une minute à moi. J'ai passé mes semaines entre le bureau, New-York et maintenant Dallas. Heureusement que les deux prochains matches sont à Boston sinon, j'aurai eu le droit à Washington et la Nouvelle-Orléans.

- Pourquoi tu ne profites pas de ta suspension pour te reposer ? Il y a trois semaines, quand tu étais à New-York pourquoi tu n'es pas rentrée directement, tu aurais pu te dire, voilà, je suis à la maison, je prends soin de moi, de Maura et j'en profite pour retrouver le chemin du bonheur.

- Parce que pour le moment le bonheur n'est pas au programme. Pour le moment, j'aimerai que mon corps arrête de me faire chier entre les envies de pleurer Casey, les maux de crâne à cause de cette enquête qui me torture l'esprit et le cœur qui se serrent à chaque fois que je vois un couple heureux avec des gamins. Je veux simplement redevenir, moi et la première étape pour réussir, c'est résoudre rapidement cette enquête.

- Qu'est-ce que tu as prévu, demain ?

- Voir Korsak, après parler au psy qui est sur l'affaire pour savoir si les nouvelles informations qu'on a récupéré à Dallas peuvent l'aider à faire un profil du tueur. Et après, je rentrerai surement à la maison.

- Je viendrai te chercher à la sortie de chez le psy et je t'emmènerai dans un endroit que tu aimais bien quand tu étais petite. Dis, oui !

- D'accord mais c'est juste parce que ça fait longtemps qu'on n'a pas passé du temps, ensemble. »

Jane allait continuer mais on sonna à la porte. Maura venait de faire son apparition. Angela voulu partir mais Maura l'en empêcha. Elle se sentait tout à coup de trop mais comme à chaque fois qu'elle était en compagnie de Jane, elle ne le fit pas remarquer.

« - Alors, contente de rentrer à la maison ?

- Seigneur, oui. J'en pouvais plus de Dallas. A part les deux inspecteurs avec qui on travaillait, les autres nous prenaient de haut. C'est dingue comme Boston est tellement plus…

- C'est ta ville, Janie, tu ne peux pas t'en passer.

- Quand elle était petite, il n'y avait qu'un endroit qu'elle aimait voir, c'était Salem, sinon il était hors-de-question de quitter Boston. Ajouta Angela.

- Tu me forçais à aller dans le Maine pour voir les cousins, excuse-moi, ils étaient complètement paumés.

- Jane !

- Désolée, mais c'était pas toi qui a eu Anthony au téléphone après la mort de Casey. J'ai cru que j'allais le buter dans la seconde.

- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Jane et Anthony n'ont jamais pu s'entendre. Murmura Angela à Maura qui semblait ne pas comprendre.

- Cet enfoiré m'a appelé pour savoir si c'était important qu'il soit là pour mon mariage parce qu'il n'avait pas eu le temps de s'acheter un costume. Et le lendemain du mariage, il m'a appelé en me disant qu'il avait bien fait de pas venir parce qu'il n'aurait pas supporté la vue du sang.

- C'est vrai qu'il est maladroit mais…

- Non, maman, ce mec est un enfoiré et un arriviste qui a les dents si longues qu'elles raillent le plancher. »

Angela fit tout pour changer de sujet et ce fut Maura qui vint la sauver en posant des questions à Jane par rapport au match de la veille. Elle n'avait pas toujours compris les actions et Jane ce fit un plaisir de lui expliquer. Malgré la présence d'Angela, Jane ne se retint pas d'offrir quelques gestes attentionnés et tendres à Maura qui écoutait avec intérêt. Angela remarqua rapidement les regards, les sourires et les gestes que les deux femmes s'échangeaient et préféra s'éclipser discrètement. Elles étaient tellement prises dans leur explication qu'elles ne s'en rendirent pas immédiatement compte. Maura montra une vidéo à Jane qui jouait inconsciemment avec la main de son amie.

« - Et là, je ne comprends pas ! Pourquoi l'arbitre n'a pas arrêté le jeu ? Ryan est à terre, non ?

- Oui, sauf qu'il a intercepté le ballon sur le dos, ses genoux et ses mains n'ont pas touchés le sol. Il a tout à fait le droit de se relever et d'aller marquer un touchdown.

- Mais le type tout à l'heure, il…

- Il avait mis un genou à terre et était sortie du terrain, du coup le jeu est arrêté.

- c'est vraiment trop compliqué. Murmura Maura en prenant la main de Jane. Le polo…

- Non, non, Maura, le polo, ça c'est un sport compliqué.

- Il n'y a rien de compliqué au polo ? »

Jane ne put s'empêcher de rire, Maura avait réussi son coup, son amie avait retrouvé le sourire. La légiste vida son verre avant de se retourner vers Jane qui était perdue dans l'analyse de la vidéo que Maura avait apporté sur sa tablette.

« - Qu'est-ce que tu regardes ? J'ai manqué quelque chose dans le match ?

- Non, je repensais à ce que le détective Beckett m'a dit au sujet d'une affaire qu'elle a eu avec un supporter des Yankee.

- Quoi donc ? Demanda Maura en regardant la vidéo par-dessus l'épaule de Jane. »

Jane se figea sur place, sentant le souffle de Maura contre sa nuque. Elle n'osait plus bouger de peur de faire une gaffe. Maura l'avait sentie et en avait profité. Elle posa délicatement sa main sur celle de Jane qui ne savait plus que faire.

« - Elle a parlé des supporters qui tuaient leur idole mais je ne vois personne dans les gradins qui serait susceptible de faire une telle chose. Ce ne sont que des parents avec leurs enfants.

- Mon père est un tueur en série.

- Sauf qu'il ne t'emmenait pas voir des matches de football. Dit-elle en faisant face à Maura.

- C'est vrai. »

Leur regard s'était accroché. Ni l'une ni l'autre ne bougeait de peur de faire un faux pas. Alors que Maura allait l'embrasser, on frappa à la porte. Jane s'écarta et alla ouvrir. Frost était devant la porte les bras chargé de vidéo.

« - Je viens de recevoir les vidéos de l'hôtel où s'est passé la soirée à New-York. Une petite soirée vidéo ?

- Je… Euh… Entre.

- Docteur Isles ? Oh, je dérange ?

- Non, j'allais y aller. Ne vous en faites pas. Répondit Maura en attrapant son sac.

- Installe-toi, Frost. Je raccompagne Maura. »

Jane rattrapa Maura sur le trottoir devant l'immeuble. Elle s'apprêtait à monter dans la voiture quand Jane lui attrapa le bras. La jeune détective n'en cru pas ses yeux. Maura lui en voulait, mais pourquoi ?

« - Maura ? Qu'est-ce qui te prends ?

- Rien, c'est… Je suis fatiguée, on en parlera, demain.

- Non, c'est maintenant, cette fois, tu ne te défiles pas !

- C'est toi qui te défile, Jane. Quand tu es loin, tu passes ton temps à m'appeler, à me dire que je suis plus que ta meilleure amie, que je te manque, que tu veux me retrouver mais dès que tu me retrouves, tout ça, s'envole, comme si ça n'avait jamais existé. Alors excuse-moi d'être de mauvaise humeur quand tu fais tout pour que nous ne soyons jamais seules dans la même pièce.

- Ce n'est pas moi qui ait dit à ma mère de rester et ce n'est pas moi qui suis partie quand Frost est arrivé. J'allais lui demander de laisser les vidéos, qu'on les regarderait toi et moi, tranquillement. Mais tu as préféré partir. Tu veux que je te dise quoi ?

- Ce qu'il y a dans ton cœur au lieu de jouer avec le mien.

- J'en sais rien, Maura. Quand je suis loin de toi, je rêve d'être dans tes bras, d'être juste avec toi mais à chaque fois que tu es là, je repense à cette nuit où… Et je n'ai qu'une envie partir pour ne pas recommencer.

- Mais j'en avais envie, tu le sais, je…

- Ben pas moi, Maura. Pas comme ça ! S'exclama Jane en haussant le ton. »

Jane s'embarquait sur un terrain glissant, elle le savait mais elle devait être claire avec Maura maintenant. Elle devait lui dire ce qu'elle avait sur le cœur, lui expliquer clairement cette fois, la peur qui la tenait à chaque fois que Maura entrait dans son champ de vision. Maura voyait bien que Jane était mal en point mais elle ne l'aida pas pour autant. Cette fois-ci, elle devait s'en sortir seule. Jane prit délicatement les mains de Maura dans les siennes. Elle les fixait avec attention comme pour se donner du courage.

« - Je sais pas ce que je ressens, enfin, si je le sais. Je tiens à toi plus que tout…

- Et Ryan ?

- Maura, s'il te plaît, ne m'interrompt pas… Dit-elle avec douleur. Je… Casey était l'homme de ma vie, j'étais prête à tout pour lui. Quand il est mort, il m'a dit que je l'oublierai vite, lui et son accent. J'ai espéré pendant des nuits qu'il avait raison mais ce n'est pas le cas. Je n'arrive pas à l'oublier. Quand je crois l'avoir oublié, que je commence à penser à toi et moi, je fais tout pour faire un pas vers toi… Je l'ai fait plus d'une fois, je t'ai appelé, j'y ai cru et dès que j'ai eu raccroché le téléphone, il était de nouveau là et je n'avais qu'une envie, le rejoindre. »

Jane avait du mal à organiser ses pensées, tout lui venait d'un bloc et cela vint briser sa carapace de dur-à-cuir. Maura sentait des larmes tomber sur ses mains que Jane tenait de plus en plus fort. Elle aurait voulu la prendre dans ses bras mais Jane n'avait pas fini et elle voulait tout savoir avant de faire son choix.

« - Je sais combien « nous deux » compte pour toi et je sais ce que c'est d'attendre l'amour de quelqu'un qui fuit, j'ai vécu ça et je m'en veux de te faire vivre ça mais…

- C'est Bagdad dans ta tête. Murmura Maura avec douceur.

- Oui, sauf quand tu es là. Quand tu es là, dit-elle en levant les yeux vers Maura, tout devient clair mais c'est le calme avant la tempête et pour le moment, la tempête est trop violente pour que tu la vives avec moi. Je n'veux pas t'embarquer dans ma tourmente.

- Je comprends. Ajouta Maura en caressant la joue de Jane. Je ferais n'importe quoi pour que le calme devienne une histoire de chaque jour.

- Embrasse-moi. »

Ses mots étaient sortis comme une supplication. Maura ne put refuser une telle demande. Jane se laissa porter par ce tendre baiser qu'elle échangeait avec la belle légiste. Maura sentait contre ses paumes les larmes de Jane s'évader de ses yeux. Elle les chassa d'un geste tendre avant de s'écarter.

« - Tu ne veux pas rester ? Demanda Jane une pointe de supplication dans la voix.

- Tu as besoin d'être concentrée pour travailler. Si tu as besoin, tu sais où me trouver. Dit-elle en montant dans sa voiture.

- Attends. Murmura Jane en s'accoudant à la portière. Je… Bonne soirée.

- A toi aussi. Conclu Maura en s'en allant. »

Jane resta quelques secondes immobiles sur le trottoir. Elle tenta de retrouver sa carapace avant d'aller rejoindre Frost dans son appartement pour une nuit entière de travail qui ne leur apportèrent rien à part que cinq joueurs des Patriots avait fait le voyage jusqu'à New-York alors qu'ils ne jouaient pas. Frost avait fini par abandonner Jane à sa solitude aux alentours de quatre heures du matin.

Le lendemain, Jane du s'y reprendre à deux fois avant d'entrer chez le psychologue qui avait accepté de la recevoir entre deux rendez-vous. Elle avait vu Korsak qui lui avait conseillé de parler avec ce psy même si elle était contre l'idée de se confier à un inconnu. Et quand le psy, la reçue, elle refusa de parler d'elle et se mit à parler de l'enquête. Evidemment le spécialiste vit immédiatement, que cela n'était qu'un moyen d'éviter la discussion. Il essaya donc de la faire parler à travers l'enquête et après de longues minutes, il réussit enfin à percer la carapace de Jane qui eut tout à coup l'envie folle de tout déballer sur la table.

« - Le tueur est pas fou, il veut offrir à quelqu'un la possibilité d'être fier de lui. Comme vous, il fait bonne figure en public et craque dès qu'il se retrouve seul.

- Sauf que je ne tue pas des innocents.

- Non, vous l'avez dit vous-même, vous jouez avec eux. Vous les attirez comme un chasseur le ferait et quand ils ont mordu à l'hameçon, vous vous désintéressez d'eux. Sauf que votre conscience vous fait remarquer que cela est mal, donc vous faites tout pour vous faire pardonner, vous vous attachez à eux, avant de recommencer la même chose. Cette femme dont vous me parlez depuis le début, elle vous a piégé, elle vous a fait tomber dans votre propre piège. Elle contrôle la situation sans même que vous vous en rendiez compte.

- Non, si elle contrôlait la situation, elle serait partie depuis longtemps.

- Non, ça, c'est ce que vous faites, vous, pas elle. Elle vous aime ou du moins elle croit vous aimer et elle fera tout pour que cela devienne réciproque. Et comme ça l'est, elle attend simplement que vous fassiez le pas manquant.

- Et je fais ça comment ? Vous semblez oublier qu'il y a presque un mois, j'étais sur le point de me marier avec l'homme de ma vie. Etre homosexuelle et l'être avec ma meilleure amie n'étaient pas vraiment au programme.

- C'est ça qui vous fait peur, n'est-ce pas ?

- Quoi donc ? Etre homosexuelle ? Non, pas du tout.

- Non, pas ça, je suis sûr que vous êtes suffisamment costaud pour assumer votre orientation sexuelle mais ce qui vous effraie, c'est que vous ne contrôlez absolument pas la situation. Vous avez peur de ne pas être à la hauteur, d'être prise au dépourvu par l'avenir. Avec votre fiancé, vous avez rapidement reprit la situation de l'histoire mais avec cette femme, vous avez trouvé un adversaire à votre taille et vous avez peur de tout perdre en acceptant de suivre ses règles et non les vôtres. »

Jane regardait le psy avec inquiétude, il avait su mettre des mots sur ses craintes en un rien de temps. Elle ne savait plus quoi penser. Elle le fixait avec défi ce qui le fit sourire. Il laissait le silence s'installer, il savait qu'elle finirait par parler, par ôter le dernier masque qui le séparait de son vrai visage et ce ne fut pas manqué.

« - Ok, c'est bon, vous avez raison. Dit-elle en posant ses mains sur ses genoux. En gros, je drague tout ce qui bouge pour me sentir puissante et vivante. Je vais tout détruire autour de moi avec cette manie. Comment je fais pour que ça s'arrête ?

- Retourner à l'endroit où tout à commencer. Refaire le chemin pour comprendre où les choses ont vraiment dérapé.

- Mais je sais quand les choses ont dérapé, quand j'ai choisi d'utiliser ma meilleure amie comme objet sexuel ! S'énerva Jane.

- Vous ne l'avez pas choisi, ça s'est imposé à vous et comme vous me l'avez dit, elle ne vous en veut pas.

- Oui mais…

- Il est temps de vous pardonner, Jane.

- Je ne pourrai jamais oublier.

- Je ne vous demande pas d'oublier. Je vous demande de vous pardonner. Vous n'oublierez jamais mais vous pouvez vous pardonner. Vous avez des circonstances atténuantes. Vous veniez de perdre l'homme de votre vie le jour même de votre mariage, vous avez perdu votre courage et votre envie de vivre. Vous avez vu en votre amie, la promesse d'un retour prochain du bonheur et vous avez voulu le goûter trop tôt.

- Me pardonner, refaire le chemin à l'envers. Ok, c'est noté ! »

Et voilà, il venait de perdre la connexion avec la véritable Jane. Il la regarda avec désolation avant de se lever pour la raccompagner. Il savait qu'elle reviendrait lui parler. Elle en n'avait pas fini avec ses problèmes et lui en n'avait pas fini avec elle. Quand Jane quitta le bâtiment, elle chaussa immédiatement ses lunettes de soleil pour cacher ses yeux rougit par les larmes. Sa mère était déjà là et quand elle lui demanda si elle était prête, Jane lui offrit un grand sourire avant de dire dans le plus grand calme.

« - Tu veux bien m'accompagner à la cathédrale ? Je ne pourrai pas y aller seule.

- D'accord, tu es sûre que c'est là que tu veux aller ?

- Je ne veux pas y aller mais je dois m'y rendre si je veux pouvoir tourner la page. »


Alors? Jane arrivera-t-elle a se pardonner? De passer ce dernier obstacle? Trouvera t'elle enfin ce tueur qui la hante?

Réponse... Bientôt les amis. :)

On s'approche à grand pas de la fin... :)

Bien à vous.

K.

PS: Toujours autant hâte de vous lire ^^