Chapitre 13
-Salut Mu ! S'exclama Aldébaran en s'asseyant à côté de lui.
Le tibétain semblait moins nerveux depuis la dernière fois.
-J'ai eu une super idée pour ressembler moins à une fille !
Le colosse le regarda, surpris, puis remplit sa tasse de café.
-De quoi tu parles Mu ? Je t'ai dit que tu n'étais pas efféminé pourtant !
-Ouais, mais je veux quand même le faire… insista Mu. Un tatouage !
Aldébaran manqua de s'étouffer avec le liquide chaud et se mit à tousser.
-Qu.. quoi ?! Un tatouage ? Mais ça se verra pas sous ses vêtements, si ?
-Je le ferai sur le bras gros bêta, sourit Mu.
-Comme tu veux.
-Un tatouage, c'est vrai ?! Intervint Dohko.
Le chinois avait seulement entendu la fin de la phrase.
-Et tu vas te faire tatouer quoi ?
-Hum… j'hésite entre le nom de mon maître, Shion, ou ma région natale, Jamir.
-Tu viens de Jamir ?! S'exclama le chinois.
Il connaissait bien la région, pour l'avoir étudiée sous tous les angles. Et d'ailleurs, il n'y avait pas grand-chose à dire dessus. Et puis c'était pas loin de chez lui alors…
-C'est un vrai trou paumé Jamir, entouré par les montagnes, expliqua Dohko à Aldébaran. Il y fait froid tout le temps, et il n'y a pas ou peu de végétation. Mais je pensais que c'était une région inhabitée.
-Mon maître s'est installé là-bas pour être tranquille, alors je l'ai suivi.
-Hé Shaka, Mu vient de Jamir ! Dit Dohko en apercevant l'indien.
-Toi aussi, tu sais ou c'est ? S'étonna Aldébaran.
Shaka acquiesça. Mu attrapa une feuille et fit un schéma rapide.
-Là, y'a l'Inde… dit-il en pointant le pays du doigt. Au-dessus, c'est le Tibet… et encore au-dessus, c'est la Chine ! D'ailleurs Shaka, demanda t-il, tu viens d'où en Inde ?
-Vallée du Gange, répondit l'indien en montrant sur la carte où cela se situait.
-Dans le genre paumé… commenta Dohko.
-Et toi ? Renchérit Shaka sans se formaliser de la vanne du chinois.
-Vallée des cinq pics ! Répondit fièrement Dohko.
-Bienvenue au club des trous paumés… fit le blond.
Milo et Angelo arrivèrent à ce moment là.
-De quoi vous parlez ? Demanda le grec à la petite troupe qui s'était formée autour de Mu.
-Du tatouage de Mu, expliqua Aldébaran qui lui, n'avait pas perdu le sujet de départ.
-On parlait pas de tatouage, si ? S'étonna Shaka qui pour une fois, avait perdu une occasion de se taire, puisque Dohko et Mu éclatèrent de rire en chœur.
-Tu viens d'où en Italie ? Demanda Aldébaran à Angelo.
-Un petit bled à côté de Milan, répondit l'italien. Et toi ?
-Rio de Janeiro, sourit le brésilien.
Il ne mentait pas, ou juste un peu. Après tout, il venait vraiment de Rio, après, il n'était pas obligé d'avouer qu'il vivait dans des favelas.
Milo siffla d'admiration.
-Hé ben ! Tu te fais pas chier toi ! Moi qui vient d'un trou perdu à 100 kilomètres d'ici !
-Sérieux ?! S'exclama Ayoros qui venait d'attraper un bout de la conversation. Moi et Aiolia venons de Rodario, juste en dessous d'Athènes. Et Saga aussi, je crois.
La conversation devenait animée au fur et à mesure que les étudiants arrivaient pour prendre leur petit déjeuner. Tous parlaient de leurs régions natales, tant et si bien que quand Shura entra à son tour dans la salle à manger, en bon dernier qu'il était, il se retrouva au milieu d'un joyeux capharnaüm.
-Et toi ?! S'exclama Ayoros en s'approchant de lui.
-Bilbao, répondit laconiquement Shura.
-Il paraît que c'est une ville magnifique, commenta Aldébaran, qui avait entendu comme par miracle, vu le bruit alentours.
-C'est vrai, admit Shura, flatté.
Il alla s'asseoir sur une des seule chaises restantes, et qui se trouvait malheureusement en face de celle de Aphrodite qui discutait avec animation avec Camus, assis à côté de lui. Ou plutôt, il parlait et le français écoutait et acquiesçait de temps à autre.
Shura se demandait ce que Camus pouvait bien trouver au suédois. En ce qui le concernait, l'ex-mannequin l'irritait au plus haut point. C'était physique. Alors qu'en contrepartie, il appréciait quelque peu le français discret mais qui savait faire montre d'une certaine culture générale, ce qui, il en était certain, faisait cruellement défaut à Aphrodite.
Il poussa un profond soupir et avala son verre de jus d'orange d'un trait. Il n'avait pas très envie de s'attarder là si le bruit incessant continuait. Dohko rirait tout le temps, Aldébaran parlait trop fort, idem pour Ayoros, Shaka, Mu et Camus se faisaient plus discret, Angelo jurait comme un charretier en italien quand il se brûlait avec sa tasse, Milo se moquait gentiment de lui, Aiolia tentait vainement de se faire entendre, et pour finir, Aphrodite éclata d'un rire cristallin à une remarque de Camus. Ce qui fut la goutte de trop pour Shura.
-Hé Miss Monde, ça te tuerait de rire moins fort ? Grogna t-il à l'adresse du suédois qui se tourna dans sa direction.
-Je t'ai parlé, à toi ?! Répondit Aphrodite sur le même ton.
Il n'avait pas peur de l'espagnol, même s'il l'avait déjà vu faire preuve de violence envers quelqu'un. De toute manière, il savait très bien se défendre, ses parents s'en était assuré.
-Le fait est que tu fais plus de bruit que n'importe qui, ici ! C'est de la…
-De la symbolique ? Le coupa Aphrodite, ironique. Pitié, je te signale qu'on est 11 dans cette pièce, c'est normal qu'il y ait du bruit !
Camus ne put réprimer un rictus à l'entente de la pique de son camarade de chambre.
-Franchement, continua le suédois, tu devrais arrêter de t'engueuler avec tout le monde. Nous, on ne t'a rien fait.
-Shaka s'est moqué de mes convictions ! Se défendit Shura, assez bas pourtant pour que le concerné ne l'entende pas.
-Toi aussi, tu n'as pas respecté les siennes, que je sache ! Répliqua Aphrodite. Et moi, je t'ai fait quoi au juste ?
-Toi, c'est juste ta gueule de parvenu qui m'énerve ! Ça existe vraiment, les gars qui mettent du fond de teint ?!
Aphrodite ouvrit la bouche pour répondre, mais ne dit rien. Il se contenta de se lever et de sortir de la salle. Camus fusilla Shura du regard.
-T'es vraiment un idiot.
…
Shura, assis tout seul à la table, maintenant que tout le monde était parti, ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il avait été vraiment méchant avec Aphrodite. Même s'il ne l'aimait pas.
Il attrapa une cuillère et regarda son reflet sur le dos de l'ustensile, et ce qu'il lui renvoya de lui plaisait guère. Comme toujours. Ce n'était pas pour rien qu'il détestait se regarder dans un miroir et qu'il se coiffait à l'instinct. Parce qu'il ne pouvait pas supporter l'image qu'il lui renvoyait.
Après plusieurs minutes d'apitoiement sur lui-même, il décida d'aller s'excuser, malgré sa fierté mais quand il toqua à la porte du suédois et du français, personne ne vint lui ouvrir, ce qui lui fournit une réponse.
…
-Aphrodite, qu'est-ce que tu fais ? Demanda Camus, surpris de voir Aphrodite s'asperger le visage d'eau. Ton maquillage va couler, non ?
Il n'était pas particulièrement gêné par la lubie de Aphrodite de ne pas être vu sans maquillage. Il avait bien le droit d'être coquet si il le voulait.
-Je vais lui montrer, à l'autre abruti, rugit le suédois en s'essuyant le visage avec une serviette. Voilà, t'es content ? Demanda t-il en se retournant vers son colocataire.
Camus resta figé, stupéfait par les larges bleus qui ornaient le visage parfait de Aphrodite.
-Qui t'a fait ça ? Demanda t-il enfin, se reprenant.
-Pas tes affaires ! Répliqua Aphrodite en sortant de la chambre à grandes enjambées.
Les quelques camarades de classe qu'il croisa le regardèrent d'un air scandalisé par son état, mais il les ignora royalement et ouvrit la porte de la chambre de l'espagnol à toute volée.
-Hé, crétin de Shura !
Le-dit crétin leva le tête dans sa direction, surpris, puis resta bouche bée devant le spectacle que lui offrait l'ex-mannequin.
-Je… ton visage… comment tu…
-C'est mon problème, le coupa Aphrodite. Mais tu vois, je ne mets pas du fond de teint pour faire joli !
Et il ressortit aussi sec, laissant Shura planté au milieu de la pièce.
…
-C'était plutôt bien joué, dit Shaka à l'adresse de Aphrodite, appuyé contre un mur.
Il avait attendu qu'il ressorte de chez Shura.
-Merci ! Répondit le suédois d'un ton froid.
Il n'avait aucune envie de s'éterniser dans le couloir dans cet état.
-De rien, soupira le blond. J'espère que ça va le calmer un peu.
-J'espère aussi.
-C'est douloureux ? Demanda Shaka. Tes blessures.
-Non, plus maintenant. Mais ça va se résorber bientôt.
-Ouais, je suppose.
-Ne me regarde pas comme ça ! S'exclama soudain Aphrodite.
Shaka parut surpris.
-Comme ça quoi ?
-N'ai pas pitié de moi !
Aphrodite fut surpris de voir le blond rire doucement, puis plus franchement.
-Tu es assez drôle, sourit Shaka. Ne t'inquiète pas pour ça, la pitié est quelque chose que je ne connais pas.
-Ah… murmura Aphrodite, se sentant idiot. C'est juste que… je me sens un peu mal à l'aise quand on regarde mes bleus alors…
-Je ne les regarderais pas alors, trancha le blond en fermant les yeux. Ça te va comme ça ?
-T'es pas obligé d'en faire autant !
Shaka haussa les épaules et le dépassa, toujours les yeux fermés, pour aller à la bibliothèque.
-Te prends pas un mur hein ? S'inquiéta Aphrodite.
-Pas de problème, le rassura l'indien. J'ai l'habitude de marcher les yeux fermés.
…
-Alors ? Demanda Camus quand il vit Aphrodite revenir, un petit sourire aux lèvres.
-Je crois que ça s'est bien passé. Ah, mais je déteste me promener comme ça ! Protesta le suédois. Vite, à la salle de bains !
Camus sourit.
-Quelqu'un t'a vu comme ça ?
-A part Shura tu veux dire ? Euh… Shaka et euh… Mu aussi je crois. Ah, et Angelo aussi !
-Ça ne te dérange pas ?
-Ben… un peu, si… mais… je n'en ai pas vraiment honte au final, murmura Aphrodite en étalant du fond de teint pour masquer les marques.
-Tu me raconteras ?
-Peut-être, un jour… Si je suis de bonne humeur !
…
Aiolia ferma la porte derrière lui.
-Aiolia, dépêche toi ! S'impatienta son frère, qui l'attendait à l'autre bout du couloir.
-Oui oui, j'arrive ! Râla le jeune homme en le rattrapant.
-Vous allez quelque part ? S'étonna Milo en les voyant passer.
-Ouais ! Répondirent-ils en chœur.
-On retourne à Rodario pour prendre des affaires chez nous, ajouta Aiolia. T'as besoin d'un truc ?
-Euh non, je crois pas… Ah si, si vous avez un jeu de cartes, ce serait sympa !
-Ok, j'essaierai de m'en souvenir ! À ce soir !
Les deux frères sortirent de la résidence et se dirigèrent vers la périphérie de la ville. Ce faisant, ils croisèrent Angelo.
-Ah, Angelo, l'interpella Ayoros. J'ai appris que tu avais eu un entretien d'embauche hier. Alors ?
L'italien fit la grimace.
-Je crois que ça s'est pas trop mal passé dans l'ensemble. Mais le gars a fait une drôle de tête en me voyant arriver, et puis il voulait que je parle mieux grec aussi.
-Pourquoi tu demande pas à Milo pour ça ? S'étonna le grec. Vous vous entendez plutôt bien non ?
-Ouais je sais… bah, je lui demanderais… hésita l'italien. Bon, à plus les gars.
Et il s'éloigna.
-Bon, tu viens ? Demanda Aiolia en se remettant en marche.
…
Ils arrivèrent à Rodario épuisés par leur longue marche en début d'après-midi.
-J'ai trop faim… gémit Ayoros en s'affalant sur le canapé.
Aiolia l'imita. Cet endroit lui avait manqué plus qu'il ne l'aurait cru, malgré le fait qu'une semaine plus tôt, il était prêt à tuer pour pouvoir s'en éloigner.
-Y'a rien dans le frigo ? Demanda t-il.
-Non, on l'a vidé en partant.
-Merde…
Un silence réconfortant s'installa. Ayoros avisa la pochette de plastique qui recouvrait le dossier d'inscription.
-D'ailleurs, ça me fait penser mais… tu m'as pas expliqué comment t'avais eu le dossier aussi vite. Moi j'ai mis 6 mois pour l'obtenir.
-Le pote d'un pote en gros… murmura Aiolia. Je l'ai croisé sans faire exprès le jour où t'es revenu et voilà.
Ils se regardèrent une bonne minute en silence.
-On va manger en ville ? Demanda finalement Aiolia.
-Ouais !
Une heure et un sandwich plus tard, ils étaient parfaitement rassasiés.
-On doit prendre quoi à l'appart ?
Aiolia soupira et se mit à réfléchir.
-Il me manque mon jean, et toi, t'as oublié ton shampooing. Ah, et le jeu de cartes pour Milo.
-On pourrait prendre notre jeu de poker aussi, non ?
-Ouais, bonne idée ! S'exclama Aiolia.
-AIOLIA !
Il se raidit, tandis que Ayoros faisait un bond monumental. Il se retourna vivement.
-JE SUIS TROP CONTENT DE TE V…
Aiolia banda un arc imaginaire. Regulus se crispa.
-… de te voir ! Finit-il sur un ton un peu plus humain.
Ayoros poussa un soupir de soulagement.
-Mais t'es fou de gueuler tout le temps comme ça ! J'ai failli mourir !
Regulus éclata de rire.
-Tu dois faire semblant de lui tirer dessus avec un arc pour qu'il arrête, expliqua Aiolia.
Son frère se tourna lentement vers lui comme s'il était subitement devenu fou.
-Un.. un arc ?!
-Ouais, son tuteur fait du tir à l'arc, et il est la seule personne qui arrive à le calmer. Donc…
-Alors, la fac ? Le coupa Regulus.
-Bien. Et toi, la prépa ?
-Trop cool ! J'adore ça, la médecine !
-Attends, mais il a quel âge ? Demanda Ayoros, incrédule.
-15 ans, répondit Aiolia. Mais c'est un génie. Enfin, c'est une longue histoire, et j'ai la flemme de te la raconter…
-Tu viens à la maison ? Demanda Regulus.
-Euh… non, c'était pas pour ça à la base qu'on est ici, dit Aiolia. Mais passe le bonjour à S…
-Mais non, viens ! Insista Regulus en le traînant par la manche. Il sera content de te voir, j'en suis sûr !
Aiolia capitula. Ce gars était bien trop têtu pour qu'il puisse le supporter plus d'une minute ou deux.
-Comme tu veux, mais ça me fait chier de me ramener à l'improviste comme la dernière fois. Je vais acheter un truc en passant. Ayoros, tu viens ?
-Je crois… qu'il aime les roses ! Dit Regulus.
-Regulus… c'est bien ça ton nom ? Répondit Ayoros, déjà excédé. On est pas là pour lui déclarer un amour éternel ! Enfin, Aiolia peut-être, vu la semaine qu'il a eu, mais…
-Ayoros, ta gueule !
-Comment ça ? Demanda Regulus, très curieux.
-Regulus, toi aussi ta gueule !
Mais c'était trop tard, et son frère commença à lui raconter toute l'histoire avec Shaka, à son grand désespoir.
-Et il te plaît ? Fit Regulus le plus sérieusement du monde.
-Mais non ! Protesta Aiolia. C'était des quiproquos ! Et puis…
-Tu connais ce mot toi ? S'étonna Ayoros, sincèrement surpris.
Aiolia soupira profondément.
-Bien sur que oui, tu me prends pour un idiot ! Et donc je disais, c'était des quiproquos et en plus, on est des mecs !
-Et alors ? Renchérit Regulus le plus innocemment possible. L'amour, ça n'a pas de sexe non ?
Aiolia ferma les yeux. Il sentait sérieusement la migraine poindre. Entre Regulus qui parlait trop fort et Ayoros qui se comportait comme un gamin de 14 ans, il n'était pas sorti d'affaire ! Soudainement, il eut très envie d'être arrivé jusqu'à chez Sisyphe, qui empêcherait Regulus de faire l'idiot. Et Ayoros aussi par la même occasion.
Il avisa la vitrine d'un magasin.
-Regulus, c'est quoi son signe du zodiaque ?
-Sagittaire je crois !
-Dans la vie faut pas croire, il faut être sûr…
-Ou dessous, enchaîna Ayoros avec un sourire malicieux.
-Hilarant, vraiment…
Et il entra dans la boutique.
…
-C'est… quoi ça ? Demanda Sisyphe, dubitatif, en tenant l'objet devant ses yeux.
-Un porte-clés, répondit Aiolia. J'avais pas d'idées alors… c'était ça ou des roses.
Sisyphe se tourna vers Regulus.
-Tu leur a dit que j'aimais les roses ?
-Oui, pourquoi ? Demanda le jeune garçon.
-Parce que j'aime pas ça.
Aiolia poussa un soupir soulagé.
-On a eu du bol ! Un peu plus et…
-En effet, dit Sisyphe ne souriant. Je suis allergique aux roses.
Un silence s'installa.
-Regulus, espèce d'abruti ! S'exclama soudain Aiolia en secouant le garçon. Sans les bêtises de Ayoros à propos de Shaka, il aurait pu terminer à l'hosto !
-Mais je savais plus moi ! Se défendit Regulus. J'ai entendu « rose » et « aimer » dans la même phrase, après, j'ai pas fait gaffe au reste !
-Mon dieu, mais qu'est-ce qu'il est bête… soupira son tuteur. Bon, et bien merci pour ce… porte-clés. Au moins j'y suis pas allergique.
Aiolia se mit à ricaner d'un air idiot.
-Et qui est Shaka ?
Aiolia avala sa salive de travers tandis que Ayoros sentit un large sourire étirer ses lèvres.
…
-Alors, comment se sont passé les derniers jours ? Demanda Kanon.
-C'était sympa, répondit Saga. J'ai rencontré pleins de gens sympas. Bon, j'avoue, j'ai fait une crise mais...
-Quoi ? S'étrangla son frère jumeau.
-Euh, ouais… hésita Saga. J'ai frappé un gars. Mais il m'a pardonné hein ! Tout s'est arrangé !
-Très bien, je te crois, soupira Kanon. Je vais te faire confiance pour cette fois mais à la prochaine crise, j'appelle Deutéros !
Saga agita frénétiquement la tête, rassuré.
…
Le soir même, alors qu'il rentrait à la résidence, reconduit par son frère, Saga eut la chance d'assister à une dispute entre Aiolia et Ayoros. Les deux frères marchaient en direction de leur chambre, en face de la sienne, et donc, ils ne le voyaient pas.
-T'aurais jamais du dire ça ! Râlait Aiolia.
-Mais pourquoi ? C'était drôle non ? Se justifiait Ayoros.
-C'était drôle que pour toi ! Et Regulus !
-Sisyphe a eu un micro-sourire, lui aussi, ajouta l'aîné.
-Mais c'est même pas vrai, ce que t'as dit ! Protesta Aiolia.
-Ouais, mais c'était plus sympa comme ça…
Saga voulut en savoir plus.
-Vous parlez de quoi ? Demanda t-il.
Les deux frères se retournèrent.
-On parlait de… commença Ayoros.
-Je te coupe tout de suite ! Rugit Aiolia. Je-ne-suis-pas-amoureux-de-Shaka ! Point final !
Et il claqua la porte de la chambre derrière lui, puisqu'ils étaient arrivés. Ayoros lança un regard désolé à Saga avant de le suivre.
…
-Quelque chose ne va pas ? Soupira Shaka en ouvrant les yeux.
Il était en train de méditer quand Saga était entré, et celui-ci s'était planté devant lui. Il l'avait ignoré quelques minutes, mais là, il en avait marre.
Saga avait l'air un peu tourmenté à vrai dire.
-Je t'ai parlé il me semble.
Le grec sursauta, comme si on l'avait piqué, et lâcha sa bombe.
-J'crois que Aiolia est amoureux de toi.
