-1
XXXXX
A des lieux de là, la nuit tombait sur une petite troupe de musiciens et d'artistes de rue. Ils se blottissaient contre le feu pour lutter contre le froid et l'humidité. Un se tenait à l'écart, serrant ses couvertures, et tout contre son cœur un masque, un masque de cire blanc, sans expression et sans valeur…
XXXXX
Quatre pris le chemin du retour plus tôt que prévu puisqu'il laissait la gestion de l'après guerre à Duo et à Heero. Il leur faisait confiance, se serait aussi une source d'enrichissement pour le plus jeune des princes.
Il fût accueilli en grande pompe, un arc de triomphe avait même été dressé pour l'occasion. Des deux côtés de la voie principale menant à la porte de la ville, jusqu'au palais, on leur jetait des fleurs, on jouait des hymnes de joie et des chants de victoire. La liesse était générale, les maris, les pères, les fils, les frères, les héros rentraient définitivement.
Et comment ne pas comprendre leur joie, Oz était leur seul véritable ennemi, c'était une paix durable qui s'ouvrait devant eux !
Comme le veut la coutume, le roi attendait entouré de la famille royale au balcon d'honneur. Tous étaient parés de leurs plus beaux atours. Puis venait dans la cour couverte de fleurs et de guirlandes, tous les hauts dignitaires. Sous un soleil magnifique, le palais brillait de tous ces feux baigné dans une atmosphère d'allégresse tel qu'il n'en avait été plus vu depuis sa naissance…
Le roi, tout sourire, ainsi que la Reine s'avancèrent et le roi souleva le bras avec force et grâce pour saluer le vainqueur.
Les portes du palais s'ouvrirent en grand pour qu'il les rejoignent.
Quatre descendit souplement de son cheval, sans qu'une nuée d'écuyers semblant surgir de nulle part, en grande livrée, ne viennent immédiatement prendre la bride et les affaires du prince.
Quatre ne prêtait pas attention à ce moment aux regards qui le dévoraient, inconscient de sa beauté, de son charisme, auréolé de ses cheveux d'or et de ses victoires. Non Quatre profitait du sentiment bienfaisant de rentrer chez lui, la mission accomplie, près des siens, il était heureux, simplement heureux.
Enfin presque, car tout au fond de son cœur, de son âme, une petite vipère noire ne le laissait jamais. Même en ces instants précieux, elle le mordillait un peu plus fort pour qu'il n'oublie pas sa présente… et un absent.
Il pénétra dans la salle du trône, et comme le voulait la coutume, se mis à genoux devant son père lui présentant son épée et ses hommages. Le roi les accueillit dignement mais s'empressa de relever son fils pour le serrer dans ses bras. La reine le suivit de peu, puis se fut Réléna qui n'arrêtait pas de lui dire merci en pleurant pour son frère. Solo lui donna une chaleureuse et fraternelle accolade. Il vit derrière lui, se tenant timidement à l'écart, Sally qui exprimait sa joie avec grâce et discrétion.
Il lui sourit et lui tendit la main. A la surprise de celle-ci, il la prit dans ses bras et la serra fort, puis il lui donna un chaste baiser sur les lèvres sans la libérer. Elle rougit et baissa les yeux, avant de murmurer la joie de son retour.
L'après midi ne fut qu'un long défilé où tous se pressaient pour combler de remerciements et de louanges le prince.
Puis ce fut un moment important mais plus privé. La soirée débuta par un grand festin. Une table immense avait été installée où n'était convié que la famille royale et quelques hauts dignitaires.
La salle composé d'une décor de miroirs et de dorures étincelait sous la profusion des bougies allumées sur les lourds lustres de cristal. Dans un coin, une orchestre jouait une musique douce qui permettait à chacun de converser sans hausser la voix.
Le défilé des mets ne se tarissait pas, depuis les mignardises pour flatter le palais et mettre en appétit, en passant par les pâtés et les plats froids savamment ouvragés, puis se fut les poissons, les plus fins, aux arômes subtils, les viandes fumantes et juteuses, entourées de pommes et de légumes fins. Les fromages aux formes innombrables, les fruits sortant de cornes d'abondances, les gâteaux enfin et les sorbets, symphonie de couleurs pastels, aux effluves sucrées.
Les vins les plus fins étaient servis dans des verres en cristal à la finesse incroyable.
Et durant ce somptueux repas, des coffres étaient installés dans la pièce puis ouverts révélant leurs trésors de pierreries et d'or, de perles et de vaisselles. Puis des tableaux, des tapisseries, des statues étaient présentées.
Les traditions voulaient que le roi fît son choix parmi le butin de guerres et les présents d'allégeance.
Il pris un beau collier en saphir pour sa reine ainsi que des perles. Pour lui il choisi une dague finement travaillée démasquée ornée d'une diamant sur le manche.
Quatre pris une collier en émeraude et l'offrit à sa belle sœur qui lui donna un baiser pour le remercier. Une épée pour son frère, et un ensemble de coffrets et de jouets pour son neveu, adorable bambin qu'on était allé se coucher plus tôt dans la soirée.
Enfin, il prit un diadème de rubis et de diamants qu'il déposa sur la tête de Sally. Elle lui donna à tour, rosissant, un baiser, sur les lèvres.
Minuit était passé quand Quatre pris congé de sa famille et pris le chemin de sa demeure avec son épouse.
Tout était calme, la nuit était douce dans ses terres qui n'avaient pas connues la violence. Il n'avait pas lâcher sa petit main, si douce.
- merci ma douce Sally pour tes lettres et tes attentions, tu ne sais à quel point elles m'ont réconforté quand j'étais au loin.
- mais c'est bien naturel mon prince… je suis heureuse d'avoir pu vous être utile…
Gagnés par la fatigue, ils ne tardèrent pas à aller dans leurs chambres respectives.
XXXXX
Quatre s'enfonçant dans le matelas fait de plumes d'oie, les plus précieuses, son corps reconnut le sensations familières des draps de soies sur sa peau nue, les fragrances subtiles que les domestiques avaient pris soin de répandre avant sa venue. Un mois de vie commune et pourtant il sentait son absence, le temps n'avait pas effacer ses sentiments.
La petite vipère noire se enlaça son cœur et il ne s'endormit épuisé que juste avant les premières lueurs de l'aube.
XXXXXX
Comme tous les soirs, la princesse Réléna rendait visite à son frère. Il était encore faible mais se remettait de son enferment, la vie refluait envers et contre tout. Malgré l'heure tardive, elle s'y rendait, sachant qu'il veillait tard pour lire.
Elle ne montra pas son déplaisir à voir ce Wufei encore à son chevet. Elle se résonnait en se disant qu'elle devait de voir son frère adoré vivant, à ce jeune étranger froid et distant.
Weifei à l'entrée de la princesse, se leva et s'inclina pour se retirer dans une coin de la chambre. Réléna le remercia d'un léger hochement de la tête et s'assit sur la bergère près de la tête du lit.
- tu devrais te reposer sec !
- je sais mais je ne supporte plus d'être allongé en permanence ! Sinon le banquet
- merveilleux et quatre nous a ramené des trésors.
- je suis heureux qu'il soit sain et sauf, il me tarde de le voir
- je pense qu'il viendra te voir dès demain.
- tu devrais te reposer aussi chère sœur, d'autant que je crois que vous êtes deux à avoir veillé ce soir…
- Zech comment as-tu deviné ?
- à la manière que tu as de toucher ton ventre, ce qui ne te ressemble pas et …allongé comme je le suis c'est un peu la seule vue à ma hauteur. Tu l'as annoncé à ton époux ? Il va être fou de joie !
- j'ai un peu attendu pour être sûre, je le ferais demain. Et toi comptes tu rentrer rapidement et demander la main de Lucrézia Noin ?
- je… j'ai besoin de temps Réléna…je suis resté enfermé si longtemps…
Réléna ne voulu pas insister mais si elle pressentait que l'étranger n'y était pas extérieur, ce qu'elle ne pouvait accepter. Mais il était trop tôt pour aborder le sujet. Elle embrassa son frère et quitta la chambre sans même penser à saluer Wufei. Wufei compris qu'il avait désormais une ennemie, haut placée, mais dans le tumulte de ses sentiments ce n'était pas le plus important. Pourquoi se voiler la face, il l'aimait. Il aimait pour la première fois, le sort avait voulu que ce soit le plus beau et charismatique prince des terres connues. Il avait traversé des océans, des contrées étranges, hostiles, combattu, affronté des dangers, mais le bout de son chemin était ici ou plutôt avec lui. Juste lui.
- Wufei
- oui
- viens
Wufei s'approcha de la lumière et pris la place de Réléna sur le fauteuil. Mais au dernier moment son poignet fur enserré et il bascula en avant. Zech l'accueillit dans ses bras et enfouit son visage dans son cou. Le cœur de Wufei cognait fort dans sa poitrine, son sang bourdonnait dans ses tempes. Quand il sentit les lèvres douces du prince le goûter sur la peau fine, de la lave coula dans ses reins.
- Wufei reste avec moi, je veux pas me marier avec une femme, quelque un d'autre que toi…
- prince, Zech… ce n'est pas possible
- pourquoi ? La voix de Zech était rempli de souffrance mais aussi d'espoir, les deux lui faisait mal.
- je suis marié, et je dois retourner dans mon clan.
- tu ne m'en as jamais parlé…
- j'ai du quitté mon clan, nous avons été attaqué, ils tuaient tous les hommes, je n'étais qu'un enfant, studieux, mon père m'a fait partir, pour que je survive et devienne fort…
- un enfant, mais déjà marié
- c'est la coutume, c'était un mariage arrangé depuis ma naissance… J'ai un enfant.
- je suis désolé, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise, je…
- non…
Zech le relâcha tout doucement.
- je te pris de m'excuser pour mon comportement indécent
Il ne supporta pas de la voir ainsi.
- prince je suis honoré…
- il n'y pas d'honneur dans tout cela Wufei…
Wufei s'assit sur le fauteuil, il fixait le tapis au sol, il ne pouvait le regarder sans souffrir, sans lui crier son amour, impossible, interdit
- je pensais vous raccompagner jusqu'à votre palais puis partir pour rentrer chez moi.
Lui-même n'était pas convaincu par ce « chez moi ».
- et tu ne reviendras pas ?
- je ne sais pas.
- je veux que tu reviennes, je t'offrirais un poste qui te permettras de vivre confortablement avec ta famille…
- je ne mérite pas…
- C'est le minimum, tu m'as sauvé la vie
- je n'ai fait que mon devoir
- Wufei, la vérité est que je veux te savoir à l'abris du danger, du besoin…je veux pouvoir encore te voir…
- je ne peux pas !
Wufei fit l'erreur de le regarder. Il sentit les larmes couler sur ses joues…
- je ne peux pas, je ne pas vous voir sans vous aimer…
- Wufei…
- je suis un misérable…
Il se sentit enlacé, la chaleur bienfaisante l'entourait, il aurait voulu tout oublier…
- restes avec moi cette nuit
- non… ne me demandes pas cela, ne me rend pas plus misérable que je ne le suis…
- alors restes juste contre moi, juste cette fois…
- … d'accord.
Zech lui retira le haut de sa tunique et caressa sa peau ambrée si douce et chaude. Puis retira sa chemise avant de le serrer contre lui. Son corps réagit quand Wufei lui rendit son étreinte. Il ne put se retenir de l'embrasser. Wufei n'avait pas l'expérience des caresses, les quelques nuits avec sa jeune épouse avait été techniques et dénué de tendresse. Mais il répondit avec ardeur, se découvrant aussi, ainsi que sa sensualité jusque là réprimée. Il le dévora à son tour, surpris de sa hardiesse. Ils eurent du mal à arrêter avant le point de non retour.
Le matin les réveilla étroitement enlacés. Ils se quittèrent sans un mot, le cœur lourd, le corps inassouvi. Ils n'en reparlèrent plus. Mais restèrent hantés par cette nuit.
Un mois plus tard Zech accompagné d'une garde et de Wufei prit le chemin du retour. Réléna n'avait pas cacher sa joie quand elle apprit qu'il rentrait dans son clan. Elle pensa s'être inquiétée pour rien.
XXXXXX
Le plus dur pour Quatre fut de se plier à nouveau à la routine de cour avec son protocole vide de sens. Il se rendait chaque jour ou presque au palais mais n'y restait pas plus d'une demi-journée. Il préférait rester chez lui, dans son bureau ou auprès des contremaîtres de son domaine.
Ce jour là plus que d'habitude il trouvait l'atmosphère pesante. Jusqu'à la conversation de sa belle-sœur qu'il trouvait irritante. Alors, pour ne pas avoir une parole malheureuse, il prétexta une migraine et rentra chez lui.
Il confia son cheval à son laquais et décida de passer par les jardins, ce mois de mai était chaud et les fleurs multicolores débordaient dans leurs parterres. Cela suffit pour l'apaiser et il entra dans le hall. Par une porte entrouverte il vit Sally plongée dans la lecture d'un gros livre. Elle était si absorbée qu'elle ne l'entendit pas s'approcher.
- Sally vous avez l'air bien absorbée !
Elle en fut si surprise que le livre lui échappa des mains pour tomber aux pieds de son époux.
- Pardonnez moi !
- mais de rien ma chère c'est moi qui vous ai fait peur.
Il se pencha et ramassa le livre un peu étonné de son malaise. Il lut le livre, c'était un livre de médecine et il comprit.
- vous lisez un livre de médecine
- je suis désolée…
- pourquoi ?
- c'est interdit, surtout pour une femme…
- je ne crois pas en ces balivernes…
- vraiment ?
- oui, si cela vous passionne sachez que je vous achèterais tous les livres dont vous aurez besoin et vous pourrez prendre des cours si vous le souhaitez…
- merci, oh merci, vous êtes si bon !
- non Sally… J'ai beaucoup de tort envers vous…
- non bien au contraire !
- je sais que ce mariage vous a été imposé…
- c'était mon sort, mon devoir… et le destin a été clément avec moi car je ne me suis pas retrouvée prisonnière d'une union odieuse…
- ma douce Sally si raisonnable… Vous méritez tant d'être aimée…
- …
- quand je serais roi je vous libérerais de cette union et vous serez libre de prendre un époux véritable de votre choix.
- mais je ne veux pas !
Quatre fut étonné de la voir triste…
- Mais Sally vous ne savez pas ce que vous perdez en restant à mes côtés, vous devez connaître l'amour véritable…
- mais je le connais…
Sally baissa les yeux, les joues rouges, serrant ses mains fines l'une contre l'autre…
- comment cela serais ce possible…
- je vous aime… chaque jour à vos côté est doux… Je suis libre comme jamais je n'aurais espéré l'être, vous me soutenez dans chaque chose que je fait, vous faîte preuve d'attention…ma vie est si riche pleine d'espérance et même si je ne peux vous combler, j'aimerais rester pour toujours à vos côtés, prendre soin de vous, vous aidez de mon mieux…
Quatre l'a pris dans ses bras et la serra.
- ma douce chérie, vous ne savez pas combien vos mots me touchent, vous êtes si douce, je me sens si bien à vos côtés… Je m'en veux de ne pas être un époux digne de vous.
- si vous l'êtes !
Il lui sourit et déposa un baiser sur ses lèvres, elle lui répondit timidement. Contrairement à ce qu'il attendait, son corps loin de se refuser à aller plus loin avait soif de la goûter plus encore. Il approfondit son baiser et entendit avec plaisir son gémissement. Il l'a couvrit de baisers, sur ses yeux, ses joues, son cou. Elle répondait en hésitant à ces attouchements inconnus, ses mains caressant son dos, se perdant dans ses cheveux blonds.
Ils furent interrompus par un domestique qui les prévint de l'arrivé d'un marchand de chevaux. Il la quitta non sans lui avoir donné un dernier baiser.
Elle le vit s'éloigner et s'assit sur son fauteuil alors que son cœur battait comme il n'avait jamais battu.
XXXXXX
La nuit tomba apportant une brise fraîche Ils prirent leurs repas comme d'habitude en tête en tête dans le petit salon. Mais au lieu de leurs discussions journalières ils se dévoraient des yeux ne sachant mettre les mots sur les évènements de l'après midi.
Sally était un peu perdue mais éperdument heureuse. Quatre avait réfléchit un peu. Il aimait toujours Trowa, il l'aimerait toujours mais il avait appris à aimer Sally au fur et à mesure et il sentait qu'il pouvait construire un nouveau bonheur avec elle.
Lorsqu'ils se retirèrent pour se coucher, il l'a retint sur le seuil de sa chambre. Il l'a conduit dans sa propre chambre et lui demanda si elle le voulait. Elle le lui dit oui en rosissant.
Il l'aima avec douceur et passion, et découvrit combien elle était ardente et passionnée sous son apparente réserve. Il connu une nouvelle forme de plénitude. Très différente de celle qu'il avait connu. Il était plus âgé, plus maître de la situation. Il avait aimé son corps, il l'aimerait encore. Un lien était créé, et il était fort, aussi fort que l'autre, mais différent. Quatre expérimentait quelque chose d'étrange, il aimait deux personnes, l'amour avait grandit et ne s'était pas divisé… Il aimait Sally et il avait l'impression d'aimer Trowa davantage…
Sally fut un peu inquiète de voir son mari plongé dans ses pensées, peut-être regrettait-il ?
Il la regarda et lu dans ses pensées, il lui sourit et l'enlaça avant de la caresser jusqu'à ce qu'ils s'endorment.
Le matin était radieux, et annonçait une nouvelle ère dans la maison.
XXXXXX
Les jours et les mois passent. Ils passent trop vite pour Wufei et Zech. Le château de se dernier se dessine, puissant et majestueux perché sur la montagne. Il fait beau mais pour eux il fait gris. Leurs chemins se séparent ici. Wufei ne souhaite pas prolonger ce moment douleureux.
Zech l'entraîne un peu à l'écart et sans prévenir l'embrasse passionnément.
- non ne me rejette pas et puis tu n'es pas coupable, je suis seul responsable…
- Zech…
- promets moi de revenir…
- …
- promets le moi mon amour !
- je te le promets…
Wufei se tourna brutalement et partit au galop. Il ne voulait pas craquer, il était détruit à l'intérieur, jamais il ne serait en paix.
Errance, encore l'errance.
Zech le suivit du regard tant qu'il le pu puis après une dernière minute pleine de lui, il rejoignit ses hommes et galopa vers le château de son enfance.
Il y fut accueillit avec bonheur et joie. Son cœur se serra quand il vit combien son père et sa mère avaient vieilli, usés par les derniers évènements, sa disparition.
Son père ne lui cacha pas lors d'un dîner une semaine après son retour, qu'il souhaitait qu'il prenne sa place car sa santé déclinait rapidement. Il lui dit aussi son souhait de le voir prendre femme. Zech culpabilisa de ne pouvoir lui donner satisfaction sur ce point, il argua sa captivité et son besoin de repos.
Il ne pouvait lui avouer que chaque nuit son corps et son âme étaient pris de fièvre, son esprit imaginant des scènes passionnées avec le jeune guerrier…
Son père mourut quelques mois plus tard et avant que l'année de deuil ne soit passée sa mère mourut à son tour. Réléna enceinte puis mère d'un nouveau garçon ne pû se déplacer pour leur enterrement.
Il se retrouvait seul avec une lourde tache. Il faisait de son mieux, jamais satisfait réellement.
Il était aimé pour son intelligente, sa bonté, sa tempérance. Mais chacun l'ayant approché suffisamment pouvait sentir la tristesse, la solitude.
Après une journée harassante, où il s'était noyé dans les dossiers, il pouvait enfin goûter un peu de repos, dans son fauteuil fétiche, devant un bon feu de cheminée. Dehors la nuit était glaciale, la pluie et le vent alternaient sans discontinuer. Il avait adopté des édits pour que personnes ne soit laissé dehors dans le froid, le ventre vide. Il se rappelait le froid et la faim dans les caves d'Oz… Il regardait les étincelles surgir des braises, images apaisantes. Sa main déposa dans le feu la dernière lettre de Réléna, elle se consuma en quelques secondes. Elle l'exhortait à prendre une épouse et encore d'autre chose… Il finit son thé, caressa son chien et s'apprêta à aller se coucher avec ses souvenirs, ses pensées qui n'appartenaient qu'à lui. Réléna avait tort, il n'était pas seul car il était toujours avec lui, en lui.
XXXXX
La neige tombait drue à présent. Mais Heero et Duo se réchauffaient de la plus douce des manières. Plus de deux ans qu'ils étaient ensemble et la passion n'avait pas faiblie.
Ils co-dirigeaient ensemble un vaste territoire y enracinant la paix et la prospérité. Duo qui avait toute latitude pour s'exprimer s'était découvert une passion pour l'ingénierie. Son dernier grand projet était d'utiliser les eaux chaudes sortant de la terre pour alimenter leur nouvelle capitale en eau et en chaleur. Il en avait débattu longuement avec une équipe de savants et de personnes responsables de ces terres. Il était aimé et plus personne ne le prenait pour un prince étranger. De fait il avait même l'accent un peu gouailleur du lieu.
Heero plus réservé était craint. Il restait un soldat, gérant d'une main de fer l'armée et les milices des frontières, animant avec Quatre pourtant à mille lieux de là; un réseau d'information complexe et secret. Il présidait aussi à la justice dure et implacable même si encore il ouvrait pour que les obscurantismes s'effacent au fur et à mesure.
Mais dans le secret de leur couche, Heero montrait sa vrai nature, tendre et passionnée. Il dévorait le cou de son mari.
- Muhmmm Heero, je vais avoir plein de marques…
- j'aime ces marques…
- mon amour…
- Hn?
- Tu sais que nous devons aller au palais…
- oui… lorsque le printemps sera revenu…
- oui… tu n'es pas nostalgique ?
- non…
- cela fait longtemps que tu n'as pas vu ta sœur et ton oncle…
- oui c'est vrai
- elle t'écrit ?
- non…
- depuis combien de temps ?
- depuis le début, depuis qu'elle l'a su…
- mais…
Heero se releva et l'interrompit en posant ses doigts sur ses lèvres.
- s'il te plait Duo, n'en parlons plus… Je ne lui en veux pas, je l'a comprends, j'espère juste qu'avec le temps elle me pardonnera.
- d'accord mon amour mais il me tarde à moi de revoir mes parents, mes frères et mes neveux.
- je suis heureux pour Quatre…
XXXXXXX
