Bonjour/ Bonsoir, je suis de retour pour vous jouer un mauvais tour XP ! Lol, faites pas attention, je débloque ^^' ! Il se fait tard...

Encore une fois, je suis désolée pour les modifications du chap' précédent ! Je ferai attention désormais v_v ! Donc, comme promis, voici la partie 2 : merci beaucoup pour votre patience et votre indulgence ^^ ! Il est assez complet alors, beaucoup de choses vont être abordées !

Note 1 : Certainement, le chap' le plus long que j'ai écrit mais, je devais absolument tout caser en même temps donc, voilà !

Note 2 : Je rappelle que les phrase en italique qui ne sont pas entre "guillemets", sont des phrases appartenant au passé.

Note 3 : Je tiens à me justifier quant à cet incroyable retard. Le fait est, mes cher(e)s lecteurs(trices) que j'ai une vie et que c'est loin d'être un long fleuve tranquille ! D'autant plus que la date de mes examens approche alors, ça devient de la folie et que je rentre chez moi, crevée x_x !

Donc, ne m'en veuillez pas trop, svp é_è !

Note-lexique :

Sclérotique : ce que l'on appelle plus communément le "blanc" de l'oeil.

Bonne lecture ^^ !


Chapitre 10 : Larmes et jalousie, partie 2

Impatient et en même un peu angoissé, Shūhei attendait la venue de son beau commandant de police.

Après qu'ils aient fais l'amour comme des bêtes, dans le bureau de l'argenté - d'ailleurs, il se demandait encore comment ils avaient réussi à le faire deux fois, sans être découverts - le policier avait exprimé le souhait qu'ils aient un vrai rendez-vous ! Un moment, où ils discuteraient tranquillement et essaieraient d'en apprendre plus l'un de l'autre. Immédiatement, il lui avait répondu avec un air coquin :

- Mais, j'adorerai passer un autre moment seul avec toi, Kensei...

- Dans un lieu public, crétin ! Avait rétorqué l'argenté, en rougissant

- Ooh, je vois...

Il avait regardé intensément le policier, ne s'attendant pas à ce qu'il prenne ce genre initiative et lui avait demandé :

- Tu connais le "Golden Bird", sur la troisième avenue ?

Et maintenant, il était là, à l'attendre devant un thé qui refroidissait. Le policier avait plus de deux heures de retard et le majordome commençait à se demander, s'il allait vraiment venir. Peut-être avait-il été retenu par son travail ? Peut-être avait-il du mal à trouver le salon de thé ? Peut-être... peut-être...

- Peut-être m'a-t-il posé un lapin... ? Soupira-t-il tristement

Et pourtant, malgré cette triste possibilité, il restait là, assis et l'attendait en souhaitant désespérément qu'il arrive.

Chaque fois que la petite clochette à l'entrée sonnait, il relevait la tête en espérant que ce soit lui. C'était la première fois qu'il en attendait autant, de la part d'un homme. Certes, l'éphèbe avait eu de nombreux amants, c'était incontestable ! Et autrefois, il ne cherchait que des aventures sans lendemain mais, depuis quelques mois, ce genre de relation ne lui suffisait plus. Oh, il lui était arrivé encore d'avoir des amants d'un soir mais en même temps, il recherchait plus. Et depuis qu'il avait rencontré Kensei, il ne voyait plus personne d'autre. Il voulait construire une vraie relation avec quelqu'un !

Tournant la tête sur le côté, il aperçut un jeune couple à quelques tables de là et il se mit à les observer. Puis très rapidement, il se mit à les envier ! Il enviait les regards complices qu'ils se lançaient, les petits gestes tendres qu'il avait l'un envers l'autre, ces petits mots échangés au creux de l'oreille, comme des secrets et ces sourires rayonnants de bonheur. Tout à coup, il s'arracha vivement à cette vision, qui ne faisant que lui rappeler sa propre solitude. Oui, Shūhei se sentait seul et il en avait assez !

Il en avait assez de se réveiller seul dans son lit et dans sa vie ! Il voulait quelqu'un pour le prendre dans ses bras, quelqu'un avec qui partager ce qu'il ressentait et qui le comprendrait, quelqu'un qui l'attendrait chez lui, le soir, quelqu'un qui... qui l'aimerait... et le lui dirait, tous les jours.

Oui, c'était complètement niais et fleur bleue ! Et alors ?! Il avait bien le droit de désirer ce genre de chose, nom de Dieu ?!

Et avec ce Kensei, il avait cru trouver enfin cette personne. Quand, il l'avait vu la première fois, bien au-delà du désir, il avait ressenti autre chose. Ses jambes lui avaient semblé être en coton, son cœur avait raté un battement et paralysé pendant un instant, il n'avait rien pu faire d'autre que contempler l'homme superbe devant lui. Il dégageait tellement de force et d'assurance, ce jour-là... il était...

Cling, cling, cling...

- Bienvenu, cher client ! S'exclama l'hôtesse, derrière le comptoir à l'entrée

- Hn, bonjour. Lui répondit une voix virile

Cette voix...

" Il est... venu... !"

Le brun avait les yeux grand ouverts, alors que l'argenté était finalement arrivé et promenait son regard, un peu partout. Pourtant, Shūhei ne se manifestait pas et continuait de le fixer, de le détailler.

De son coté, Kensei se sentait un peu mal à l'aise car, ce genre d'endroit n'était pas... enfin voilà... pas euh... disons qu'il avait un peu l'impression de faire tâche, dans cette ambiance cosy ! Lui, qui était plutôt accoutumé aux scènes de meurtres, viols, cambriolage et délits en tout genre, voilà qu'il se retrouvait dans un salon de thé.

Cherchez l'erreur, franchement !

Sentant un regard sur sa nuque, qui l'agaçait fortement, il fit volte-face et tomba directement dans celui de son rendez-vous. Il le détaillait avec une espèce de fascination qui acheva de mettre l'argenté, mal à l'aise. Prenant le pas sur cette gêne, il se racla la gorge et alla rejoindre le jeune qui l'attendait, avec un petit sourire au coin des lèvres.

Seulement, une fois arrivé devant lui, Kensei ne sut que dire car, pour une raison qui lui échappait, il se sentait soudainement nerveux ! Aussi restât-il debout devant lui, sans rien dire, son regard plongé dans le sien. Shūhei lui renvoya son regard un moment puis, à voix basse comme s'il avait peur de briser le silence harmonieux qui régnait, il murmura :

- J'ai crû que tu ne viendrais plus...

- Alors, pourquoi es-tu encore là ? Demanda l'argenté sur le même ton

- Je ne sais pas..., sourit doucement son comparse... mais, j'ai bien fais, non ?

- Hn.

Puis tout à coup, Shūhei eut un rire étouffé, qui intrigua son interlocuteur.

- Vous attendez la permission pour vous asseoir, monsieur-le-commandant ? Ricana le brun, avec malice

Cette question désarçonna le policier, qui grogna de mécontentement, avant de finalement prendre place en face du jeune homme. Ce dernier se mit à nouveau à rire bassement et l'argenté lui fit les gros yeux, pour lui faire comprendre d'arrêter. Ce qui n'eut aucun effet sur le brun, à part augmenter son hilarité !

" Crétin !" vociféra mentalement Kensei

Remis de son rire, Shūhei lui demanda :

- Alors, qu'est-ce qui vous a retenu, monsieur-le-commandant ?

- Ne m'appelle pas comme ça !

- Tu préfères chéri ?

- Silence.

- Silence ? Drôle de surnom mais, si ça te fais plaisir...

- Rooh, tu m'énerves ! S'écria Kensei, avec humeur

- Haha haha ! Moi aussi, je t'adore, chéri ! Ha haha !

Kensei se contenta de croiser les bras et détourner la tête avec un air rageur, pendant que l'autre s'esclaffait à n'en plus finir. Quand il cessait finalement de rire, il prit une voix mi-coquine, mi-malicieuse et déclara :

- Hooo, tu boudes, mon chéri ! Allez, ne fais pas la tête !

Aucune réponse.

- Si tu continues, je vais te taquiner d'une autre manière...

Sur ces paroles, il commença à faire du pied à son partenaire qui, en comprenant le sens de la menace, rougit brusquement, bloqua le pied du brun et se tourna vers lui.

- Shūhei ! S'écria-t-il sur le ton de la réprimande

- Quoi ?

- On est dans un lieu public, imbécile !

- Oups, j'avais oublié..., fit-il faussement innocent

- Menteur ! Affirma vivement le policier, alors que l'autre gloussait de rire en réponse

" Dans quel pétrin, je me suis embarqué encore ? " soupira mentalement l'argenté

- Bon, plus sérieusement : pourquoi un tel retard ? Interrogea le majordome

Ce regain de sérieux dans l'attitude du brun, calma Kensei qui lui répondit :

- Le travail. Des problèmes de dernières minutes me sont tombés dessus, en fait ! Fit-il en se frottant la nuque. J'ai pu en déléguer un certain nombre mais, j'ai dû résoudre le reste par moi-même. Désolé..., acheva-t-il

- L'essentiel, c'est que tu sois venu ! Répliqua le brun, en souriant. A un moment, j'ai même cru que tu m'avais posé un lapin et ça m'a fais... de la peine...

La voix joyeuse sembla se casser et monter vers de tristes intonations. Cela interpela immédiatement Kensei, qui fronça les sourcils et le fixa avec incompréhension.

- Que... ?

- Oh, ne t'en fais pas ! Même si cela avait été le cas, ça n'aurait pas été la première fois ! Ma vie sentimentale est une vraie catastrophe ! Hahaha !

Mais, même s'il en plaisantait, son rire sonnait triste et son regard lui semblait mélancolique. Derrière cette apparence joyeuse, Kensei entrapercevait une autre facette de la personnalité du jeune homme. Quelque chose de plus fragile, qui l'intriguait et lui donnait envie de le rassurer...

- Je ne suis pas du tout ce genre d'homme..., commença-t-il avec sérieux et sincérité

Cela eut pour effet de faire cesser le rire jaune de Shūhei, qui le fixa avec attention.

- ... moi, je tiens toujours ma parole et je ne joue pas... avec les sentiments des autres. Acheva-t-il, solennellement

Un bref silence suivit cette déclaration puis, Shūhei étira un doux sourire, ferma un instant les yeux et déclara, apaisé :

- Ravi de l'entendre... Kensei...

Son prénom prononcé avec une telle douceur, troubla bien plus l'argenté que le sobriquet dont l'affublait habituellement le majordome. En cet instant, il le trouvait tellement beau. Avec ses lèvres rosées qui ne cessait de lui sourire délicatement, ses joues qui avaient pris un peu de couleurs et ces quelques mèches de cheveux lui tombant sur le front, venant chatouiller ses cils et réhaussant l'intensité de ses yeux gris. Il avait beau chercher, Kensei ne se souvenait pas que quelqu'un l'avait jamais regardé de cette façon. Il se sentait désiré et s'il osait y croire, il dirait même qu'il se sentait... aimé.

Mais, il savait que cela n'était pas possible ! Ils ne se connaissaient que depuis peu et Kensei ne croyait pas au coup de foudre et aux contes de fées, selon lesquels on tombait amoureux en un seul regard et finissait heureux pour toujours. Pour lui, une relation se construisait lentement, étapes par étapes et avec Shūhei, il en avait déjà brûlés beaucoup trop. C'est pour cela qu'il avait voulu ce rendez-vous, pour tenter de rétablir le déroulement logique que devait suivre une relation, selon lui. Oui, exactement comme avec Mashi...

Penser à sa future ex-femme le fit brusquement se rembrunir et les circonstances de leur rencontre, lui revinrent en mémoire.

Il l'avait interrogé dans le cadre d'une affaire de cambriolage, qui concernait une de ses amies. On lui avait volés absolument tout son argent et ses objets de valeur et Mashiro étant une des personnes les plus proches de la victime, elle avait évidemment été interrogée. Ayant pu démontrer la validité de son alibi et sa non-implication dans cette affaire, il l'avait laissé repartir. Quelques jours plus tard, les voleurs avaient été démasqués et arrêtés mais malheureusement, on n'avait jamais retrouvé l'argent ou leur butin qu'ils avaient sûrement déjà vendu à prix d'or. Quant au revendeur, l'agitation policière l'avait apparemment décidé à disparaître, puisqu'il ne s'était jamais montré. Cela avait sonné comme un échec aux yeux de l'argenté, qui n'avait jamais pu rendre son bien à la pauvre jeune femme, au bord du désespoir. Quand il était sorti du commissariat, le dos voûté, ce jour-là, Mashiro était là.

Elle semblait l'attendre depuis un moment et s'était avancé vers lui, avec un air contrit :

- Je voulais vous remercier pour l'aide que vous avez apporté à mon amie.

- Pff, ouais... de rien. Personnellement, je ne pense pas mériter de remerciements, étant donné que je n'ai pas pu lui rendre ce qu'elle a perdu.

- Mais, vous avez fais tout ce que vous pouviez, n'est-ce pas ?

- Oui... sans doute.

- Alors, c'est déjà beaucoup, non ? Ne vous tourmentez pas, il y aura des jours meilleurs, vous verrez !

- Hn...

- Bon et bien, au revoir, inspecteur...

- Au revoir, mademoiselle Kuna.

Et puis, elle était repartie avec le sourire aux lèvres et ils ne s'étaient plus recroisés. Jusqu'à ce jour tragique...

Les choses ne s'étaient pas arrangées pour la pauvre jeune. Elle s'était retrouvée ruinée, son mari l'avait quitté pour retourner avec son ex, attirant ainsi à la jeune femme, les pires moqueries et les huissiers ne cessaient de venir la harceler jour après jour. Ivre de chagrin, elle avait fini par se donner la mort et c'est à son enterrement, qu'ils s'étaient revus. Il pleuvait ce jour-là et peu de personnes étaient présentes. De loin, car il avait pensé ne pas voir le droit de s'approcher, il avait vu ses fines épaules tressauter et s'était senti incroyablement coupable.

Si seulement, il avait réussi à mener cette affaire jusqu'au bout, tout cela ne serait jamais arrivé !

Une fois, la cérémonie terminée, il l'avait rejoint et s'était senti encore plus coupable en voyant que ses larmes avaient fais couler son mascara. Alors, sur un coup de tête, il lui avait proposé un remontant qu'elle avait accepté.

Et puis, de fil en aiguille, ils s'étaient revus plusieurs fois et quand Mashiro avait déclaré l'aimer et vouloir se marier avec lui, il avait dit "oui". Ce n'était pas le grand amour mais, ça lui convenait. Les premières années, sans être exceptionnelles, avaient été agréables. Mashiro se montrait toujours douce, joyeuse et chaleureuse. Le jour où il avait été promu commandant, Kensei avait cru que tout serait encore plus beau mais, il avait lentement et sûrement déchanté.

La jeune femme à la chevelure verte avait changé du tout au tout et à présent, leur relation allait bientôt prendre fin. Au final, il avait raison : les contes de fées n'étaient que des sottises, pour les gens trop crédules !

- Kensei... ?

Relevant son regard qu'il n'avait pas eu conscience de baisser, il rencontra celui inquiet de Shūhei qui lui demanda :

- Ça ne va pas ?

- Hn, rien d'important.

- Mais suffisamment, pour que tu aies l'air triste...

- Je t'assure, ce n'est pas...

- Je croyais que vous m'aviez donné rendez-vous, pour que l'on apprenne à se connaître, monsieur-le-commandant. Si, vous ne jouez pas le jeu, ça ne rime pas à grand chose, non ?

Kensei prit un air songeur mais, posant sa main sur la sienne, Shūhei l'empêcha de replonger dans ses réflexions.

- Moi aussi, je suis le genre de personne en qui l'on peut avoir confiance. Même si, je n'en ai pas toujours l'air..., admit-il en souriant.

Cette triste amertume qu'il avait progressivement vu se graver sur ce visage masculin, il avait voulu l'effacer par n'importe quel moyen ! Il voulait qu'il sourit, qu'il rit ou même qu'il boude comme tout à l'heure. Tout, plutôt que cet air déçu et désenchanté ! Il avait attrapé sa main sans réfléchir mais, ne la lâchait plus et la sentait se réchauffer au contact de la sienne. L'échange faisait chauffer les joues de l'argenté, qui détourna le regard en prenant un air faussement ennuyé alors qu'intérieurement, il était troublé à nouveau mais, ne voulait l'admettre.

Ce rendez-vous prenait un tournant auquel il ne s'attendait pas mais, qui lui était étrangement agréable...

- Je t'écoute, Kensei. Raconte-moi...

L'écouter : cela faisait longtemps que personne ne s'était pris la peine de faire cela pour lui !

Et pendant plusieurs heures - jusqu'à ce que la nuit tombe, en fait - entre tristesse et fou rire, ils avaient discuté, s'étaient parlés et écoutés, s'étonnant parfois l'un ou l'autre sur certains sujets ou sur leurs passés respectifs et étaient repartis ensemble.

Pas main dans la main mais, connectés par un regard complice et un sourire heureux, qui ne les avaient pas quittés.


Plus tôt dans l'après-midi, à l'Angélus :

Dans un coin reculé des cuisines, trois individus dont un animal : un chat à la fourrure blanche rayée de noir. Celui-ci dardait sur le rouquin, un regard moqueur qui interpela immédiatement le bleuté. Pourtant, il ne dit rien, curieux de la suite et c'est Ichigo qui parla :

- Bon, écoutes : j'ai besoin de ton aide. J'aimerais que tu m'amènes jusqu'à Yoruichi. Je dois lui parler, c'est important ! Expliqua-t-il calmement

Pour toute réponse, il reçut un sourire narquois du félin qui fit tiquer Grimmjow. Depuis quand les chats souriaient-ils ? L'animal descendit de son perchoir et se dirigea vers la porte de sortie au fond des cuisines, en leur lançant un regard qui incitait à le suivre. C'est d'ailleurs ce qu'allait faire Ichigo, quand il fut intercepté par l'américain :

- Tu vas quand même pas me dire, qu'on va suivre un chat ? Fit-il en haussant un sourcil, dubitatif

- Mais si, c'est précisément cela. Répondit le rouquin. Je l'ai déjà dis : lui et Yoruichi sont semblables, il est donc le plus à même de nous aider. Allons-y !

Grimmjow grogna un peu mais, consentit finalement à venir lui aussi. Ce qui ne l'empêchait pas de râler, bien sûr !

- Putain, j'ai pas l'air con à suivre un chat, tiens !


Ils s'étaient bien éloignés de la ville et progressaient désormais à travers la forêt. Le félin avançait en tête de file quand tout à coup, il ralentit pour se mettre au niveau d'Ichigo. La situation était plus qu'étrange pour Grimmjow et il crut halluciner, quand il entendit le chat demander :

- Ça fait longtemps que t'as pas demandé à voir Yoruichi. Y'a un problème, ta majesté ?

Le chat parle et Grimmjow comprend ce qu'il dit...

" Qu'est-ce que c'est que ce bordel encore ?!" s'exclama mentalement le bleuté

Pendant ce temps, les deux autres poursuivaient leur dialogue :

- Oui et pas des moindres, Shiro ! C'est pour ça qu'il est impératif que je la vois !

- Hn, ok ! Fit simplement l'animal. Je suppose que j'en saurais plus quand on arrivera, ta majesté.

- Pourquoi tu m'appelles toujours comme ça ?

- Parce que ça t'énerves, tiens ! Se moqua délibérément le félin

Une veine palpita sur la tempe du rouquin mais, il se contînt. S'il l'étranglait maintenant, il devrait chercher pendant des heures et des heures, avant de la trouver ! Donc, il ne lui ferait rien... pour l'instant.

Shiro ravi de cette non-réaction, étira un sourire victorieux digne du chat du Cheshire. Il poursuivit son chemin, tout en notant dans un coin de sa tête qu'une fois la sorcière trouvée, il devrait être sur ses gardes. Sait-on jamais...

Grimmjow, lui, se demandait dans quoi il s'était embarqué. D'abord, des anges et des néphillims et maintenant des chats qui vous faisaient la conversation ! C'était lui ou le monde partait complètement à vau-l'eau !

Le félin continua de les guider et au bout d'un moment, ils entrèrent dans une clairière où figuraient les vestiges d'un ancien temple. Le plafond n'était plus depuis bien longtemps, semblait-il, et la lumières entrait sans problème dans les anciens couloirs et les pièces cloisonnés. Des murs de pierres blanches parsemaient la campagne, certains murets étaient fissurés en plein milieu et des morceaux de la roche immaculée, gisaient aux pieds de la fissure. On pouvait également voir parfois des touffes d'herbe et des fleurs des champs qui avaient poussé entre les jointures des pierres, qui formaient le sol de l'ancien lieu sacré.

Ils s'arrêtèrent alors que le félin tigré héla un autre chat à la fourrure noire, qui dormait. Celui-ci ouvrit un œil pour observer ses visiteurs puis, descendit de son perchoir et alla s'asseoir sur un morceau de muret en face du rouquin. L'animal sombre étira à son tour, un sourire moqueur et déclara :

- Ah, Ichi-kun ! C'est gentil de venir me voir ! Tu as drôlement grandi depuis la dernière fois qu'on s'est vu et... tu es encore plus mignon d'avant ! Acheva le félin d'un regard appréciateur

- Bonjour, Yoruichi-san. Désolé d'être aussi abrupte mais, j'ai à te parler d'une affaire urgence ! Annonça le majordome

- Je le sais, mon mignon ! Et bien sûr, je vais t'aider mais..., laisse-moi d'abord me changer, d'accord ?

- Fais donc.

Tout à coup, le corps du chat noir étincela d'une lueur violette. Il se dressa sur ses pattes arrière et son corps prenait une forme de plus en plus humanoïde, pour qu'enfin dans un nuage de fumée, une silhouette féminine fasse son apparition. De courts cheveux violets recouvert d'un chapeau pointu noir, dont la pointe était courbée vers l'arrière, des yeux jaunes avec une pupille allongée et la peau brune ; Yoruichi les regardait en souriant, tandis qu'elle flottait dans les airs comme par magie.

Elle portait une tenue singulière dont le haut formait un col ouvert noir qui descendait en formant un large décolleté sur son opulente poitrine. Le noir laissait alors place à l'orange pour une robe courte près du corps dont les bords irrégulièrement dentelés, étaient noirs. La robe étant sans manche, elle portait également des gants orange assortis, qui lui arrivaient à mi-bras. Enfin, des cuissardes noires aux bords dentelés orange et une courte cape noire, complétaient le tout.

- Une femme ? S'exclama Grimmjow, étonné, pensant que le chat noir était un mâle

- Quel sens de l'observation ! T'as trouvé ça tout seul ? Rétorqua le chat tigré

- Shirooo ! Réprimanda alors le rouquin. Ne commence pas !

- Hmph ! On défend son chéri, ta majesté ? Comme c'est mignon !

- Grimmjow-san et moi, n'avons pas ce genre de relation, idiot ! Rectifia le rouquin

- Fais pas ta mijaurée, majesté ! Ch'uis sûr que t'aimerais bien qu'il te dévore... de haut en bas...

Ichigo rougit furieusement sous la remarque et tourna son regard vers la sorcière, qui observait l'échange avec un sourire moqueur.

- Je ne répondrais pas à une provocation aussi puérile. Quant à toi, Yoruichi : je ne veux entendre aucun de tes commentaires lubriques ! Trancha le majordome

- Hé, je n'ai encore rien dit, Ichi-kun ! Calme-toi, voyons ! Contre-attaqua la femme, qui brûlait d'envie de mettre de huile sur le feu mais, n'en fit rien. Et maintenant, suis-moi. Nous n'allons pas continuer à parler ici, quand même !

Le néphillim grogna mais, n'ajouta rien et tous, suivirent la sorcière aux cheveux violets. Elle les mena jusqu'à un escalier secret, qui descendait dans les profondeurs de la terre. Dans les sombres souterrains du temple, la seule source de lumière provenait de torches, qui s'enflammaient à leur arrivée et s'éteignaient après leur passage.

Grimmjow n'aimait pas cet endroit : c'était sombre, froid, humide... et surtout, cela lui rappelait désagréablement le cachot dans lequel, il avait faillit mourir noyé. Plongés dans une atmosphère austère, ils arrivèrent finalement devant une grande porte en bois à double battant.

- Nous y sommes ! Fit fièrement Yoruichi

Alors qu'elle empoignait les lourds anneaux qui servaient à ouvrir les portes, des raies de lumière semblant provenir de derrière les portes passèrent et c'est avec force que la jeune femme tira les lourds battants.

Ils firent alors face à une grande pièce aménagée, qui tranchait radicalement avec l'austérité et l'inhospitalité des souterrains. Les murs et le sol étaient tapissés, des fauteuils, une table et des chaises attendaient d'être occupées et un feu doux et salvateur crépitait dans une cheminée. D'un vieux temple vétuste et humide, on passait à un salon chaud et accueillant, ce qui était pour le moins perturbant ! Mais, c'est sans hésitation que la propriétaire des lieux y pénétra.

- Soi Fon, nous avons des invités ! S'écria-t-elle.

Instantanément et avant même de comprendre ce qu'il leur arrivait, les deux hommes furent pris dans un sort d'immobilisation et se retrouvèrent avec des dagues sous la gorge. Une frêle silhouette se découpait derrière eux, cachée dans l'ombre et pressait avec insistance, ses armes contre leur trachée. Cependant, c'est avec calme et une pointe d'amusement que Yoruichi intervint :

- Je ne parlais pas de ce genre d'invités, Soi Fon !

- Oh, je vois ! Lui répondit une voix fluette. Pardonnez-moi, Yoruichi-sama !

- Ce n'est rien. Relâche-les maintenant ! Ordonna la sorcière

- Tout de suite.

Et en effet, les armes ainsi que le sort, disparurent dans la seconde et la silhouette jusque-là dissimulée, se révéla au grand jour.

Mesurant à peine 1 m 50 dans sa tenue entièrement noire, qui laissait ses épaules et son dos découverts sous sa longue cape à capuchon, une jeune fille aux cheveux corbeau coupés au carré, dardait sur eux, un regard glacial. Ses yeux gris acier passaient de l'un à l'autre, semblant les jauger pour savoir s'ils représentaient un quelconque danger. Néanmoins, son regard s'adoucit en même temps qu'une main mate se posa sur son épaule dénudée.

- Allons, ne soit pas si méfiante ! Le rouquin que tu vois là, c'est Ichigo Kurosaki. Expliqua-t-elle en le désignant du doigt. Je t'ai déjà parlé de lui, il me semble ?

- En effet, Yoruichi-sama. Répondit ladite Soi Fon

- Bien ! Dans ce cas, allons-y, mes agneaux ! Les invita-t-elle, avec son air malicieux

Seulement, une personne ne semblait pas d'accord avec cette idée.

- Ouais, ouais, c'est ça : allez-y ! Moi, j'vous attends ici. S'exclama Shiro. Où est le siège qui m'est réservé ?

La sorcière stoppa son pas et se tourna vers le félin :

- Réservé ? Parce que tu te crois attendu, peut-être ? Répliqua-t-elle, amusée

- Exactement. Tu devrais t'sentir honorée que m'recevoir chez toi ! Tout le monde n'a pas ce privilège…

" Et ça y est : il recommence à faire sa diva ! Quel mégalomane égocentrique, celui-là !" pensa Ichigo, affligé

- Oh alors, excuse-moi, mon chaton ! Tu veux aussi un bol de lait et quelques souris, peut-être ? Railla la sorcière

Plaisanterie, que le félin n'apprécia guère !

- Fais gaffe, j'pourrais te réduire en charpie si j'le voulais ! J'te rappelle que je suis Shirosaki, l'un des plus puissants esprits malins du Monde. Tu m'dois le respect, sorcière ! Clama-t-il

- Je te dois le respect ?! Et puis, quoi encore, boule de poils ! S'indigna-t-elle, avant de prendre un air moqueur. Et tu te trouves puissant ? Laisse-moi rire ! J'en ai maté des plus coriaces que toi, petit chat !

- Ah ouais ? Et ben, c'est c'qu'on va voir !

Et aussitôt, dans un rugissement féroce, Shiro se métamorphosa en un tigre blanc gigantesque aux yeux dorés et dont le blanc des yeux avait tourné au noir, le rendant ainsi encore plus terrifiant. Son dos touchait presque le plafond à 5 mètres de haut, des griffes aiguisées ressortaient de ses énormes pattes et sa gueule - grâce à laquelle, il aurait aisément pu avaler plusieurs hommes d'un seul coup - montrait des crocs aussi impressionnants que terrifiants. Fin prêt au combat, Shiro lança :

- Vas-y, maintenant ! Amène-toi, sale petite garce !

- Je t'attends, future descente-de-lit ! Répondit Yoruichi, qui s'était mise en position de combat, une boule de foudre crépitant dans sa main.

Chacun attendait un mouvement de l'autre, pour s'élancer à l'attaque. La tension était palpable et la situation allait vraiment dégénérer quand heureusement, Ichigo intervint :

- Il suffit, vous vous calmez, maintenant ! Dit le néphillim. La situation est grave et vous, vous voulez vous battre comme des chiffonniers ?! Il me semble qu'il y a plus important et plus urgent à faire, non ?

Ichigo fixa alternativement les deux adversaires, qui se regardaient en chiens de faïence. Le néphillim insista d'un regard lourd de reproche et alors, tandis que Yoruichi abaissait sa main et faisait disparaître la boule d'énergie, Shiro rétrécissait jusqu'à reprendre sa forme de chat.

Tous deux détournèrent la tête, en poussant une exclamation de pur dédain : le combat était fini... pour l'instant du moins !

Ichigo se pinça l'arête du nez et soupira d'un ton affligé :

- Non mais vraiment, vous deux... ! Plus de 400 ans chacun et vous en êtes encore à vous bagarrer, comme des gamins de 6 ans !

- C'est lui/elle qui a commencé ! S'accusèrent-ils mutuellement

- Assez ! Yoruichi, guide-nous jusqu'à la salle de divination et toi, Shiro, pas un mot ! Je ne veux plus t'entendre sauf, si tu as quelque chose d'intelligent à dire, compris ?

- C'est bon, ça va ! Pas la peine de t'énerver, ta majesté ! Jeta le félin, d'un ton blasé. P'tain, tu m'gâches mon plaisir là…, murmura-t-il

Le majordome lui lança un regard noir puis, observa l'état des lieux : tout le mobilier avait été détruit pendant la transformation de Shiro. Il ne restait plus que des morceaux de bois et des coussins éventrés, bref, une vraie pagaille ! Et encore, il avait réussi à stopper le combat avant qu'il ne commence…

" Je n'ose imaginer ce que cela aurait été, sinon…" se dit le rouquin

- Ils m'épuisent aussi ces deux-là ! Bon, allons-y…

- Holà, pas si vite ! L'intercepta le bleuté. Tu vas te décider à me dire pourquoi on est ici ?! J'en ai marre des mystères et j'ai vu un peu trop de trucs surnaturels, pour aujourd'hui ! Alors ?

L'aristocrate ne sembla pas prêt à lâcher le morceau alors, Ichigo se résolut à lui expliquer :

- Et bien, Yoruichi est une vieille amie. Il y a longtemps, je lui ai sauvé la vie alors qu'elle était blessée et traquée par des chasseurs de sorcière. Depuis ce jour, nous sommes devenus amis et dès que j'ai besoin de renseignements ayant un lien avec le surnaturel, c'est elle que je viens voir.

- Alors cette femme est une sorcière ?! Et… tu as confiance en elle ? Ajouta-t-il prudemment

- Je vous demande pardon ? Fit Ichigo, atterré

- C'est une sorcière, Ichigo. Elle utilise la magie noire pour ensorceler les gens, parfois même pour les maudire. Les personnes comme elle, ne sont pas très fréquentables, ils...

- Ah oui, vraiment ? Et que savez-vous des gens comme moi, Mister Jaggerjack ? Demanda la femme à la peau brune

Surpris, Grimmjow fit volte-face et se retrouva nez-à-nez avec la sorcière. Il la regardait d'un œil méfiant tandis qu'elle continuait de le fixer, attendant une réponse. Finalement, c'est elle qui reprit la parole en premier :

- Jeter des sorts aux gens, apporter malheur et désolation partout où nous passons grâce à nos pouvoirs, donnés par Satan en personne et contre lesquels, nous lui avons vendu notre âme : quelle charmante histoire, n'est-ce pas ? Votre mère vous la racontait lorsque vous étiez petit, c'est ça ? S'exclama-t-elle avec ironie. Quel dommage que pas un seul mot ne soit vrai ! Je vais vous en raconter une autre, moi !

- Ah oui ! Et qu'est-ce qui me prouvera qu'elle est vraie ?

- Tu en jugeras par toi-même, gamin ! Répliqua-t-elle en prenant un ton incisif

Ce changement de ton ne plût guère à l'aristocrate, qui commença à s'énerver :

- Non mais, pour qui tu te prends ?! Ne me parles pas sur ce ton, espèce de...

- Grimmjow-san !

L'interpelé se tourna lentement et fit face au regard ambré d'Ichigo. Une fois sûr qu'il avait toute son attention, il lui demanda :

- S'il vous plaît, gardez votre calme et écoutez ce qu'elle veut vous dire. Écoutez-la jusqu'au bout et ensuite..., vous serez libre de penser ce que vous voulez... Cela vous convient-il ainsi, Grimmjow-san ?

Il ne répondit pas tout de suite mais, finalement :

- C'est bon, j'ai compris ! Arrête de me regarder comme ça, Ichigo ! Je vais l'écouter son histoire... mais, elle a intérêt à être intéressante sinon, je me tire !

- Je suis sûr que vous trouverez cela fort enrichissant, Grimmjow-san. Fit le néphillim avec soulagement. Merci de bien vouloir accéder à ma demande !

Il sourit et Grimmjow grogna dans son coin, en traitant le majordome de "manipulateur". De son coté, Yoruichi observa leur petit manège et riait sous cape :

" J'ai hâte de savoir comment leur relation va évoluer. Cela risque d'être drôle !"

Bon, ceci dit, il était temps de reconcentrer l'attention sur elle, ce qu'elle fit dans un raclement de gorge. Le regard de l'aristocrate à nouveau dans le sien, elle se mit à arpenter la pièce de long en large, observant d'un air songeur les vieux murs de pierre puis, prit la parole :

- Il y a des siècles, nos ancêtres ont découvert et maîtrisé une forme de magie extrêmement complexe. On l'appelait la "magie ancienne" car, elle était basée sur toutes les connaissances et le savoir, jamais acquis par l'Homme et utilisait l'énergie naturellement présente tout autour de nous, depuis toujours. Ceux qui étaient capables de la maîtriser, étaient des savants, des érudits ou des druides selon le peuple auquel ils appartenaient. Des hommes et des femmes de science, qui avaient soif de connaissance. Pour eux, le savoir était le seul chemin qui permettrait un jour, à la civilisation de s'élever. En attendant ce jour, ils mettaient leur magie au service de leur peuple et le protégeait. Certains se déplaçaient de villes en villes pour propager leurs connaissances, soigner les maux ou éclairer les esprits et les éloigner de la peur de l'inconnu ou de la méconnaissance. Les gens étaient plus heureux parce qu'ils comprenaient mieux le monde qui les entoure. Certains, s'étaient même réconciliés avec des esprits magiques, qu'ils avaient longtemps crû maléfiques...

Yoruichi, qui était jusqu'à lors plongée dans un élan de douce nostalgie, se rembrunit tout à coup :

- Seulement, cette joie n'était pas partagée par tout le monde. En effet, en apportant la connaissance aux gens, cela leur permettaient de penser par eux-mêmes, de faire leurs propres interprétations des choses et d'avoir leurs propres opinions. Cela les éloignait de la peur de la colère divine, de la foi et diminuait donc, l'emprise de l'Église sur leurs esprits. L'Église catholique ne pouvait tolérer qu'une telle situation se poursuive car, elle aurait alors perdu toute crédibilité et surtout son pouvoir et son prestige. Alors, elle nous accusa d'agir contre Dieu lui-même, elle affirma que l'énergie de la magie ancienne était d'origine satanique et que nous avions été envoyés par le Diable, pour semer le trouble dans les esprits et ainsi permettre au Malin de gagner en puissance, en attirant leurs âmes dans les tréfonds de l'Enfer ! La magie ancienne devînt la magie noire et les savants ou les druides, n'étaient plus que des hérétiques et des démons... ou comme on le disait plus communément : des sorciers et des sorcières ! Quant à la suite : la chasse aux sorcières, les milliers d'hommes et de femmes qui furent brûlés vifs ou noyés, je crois que je n'ai pas besoin de vous la raconter... Acheva sinistrement la jeune femme

Elle rouvrit ses yeux, qu'elle avait clos un instant et se mit à observer les personnes présentes dans la pièce : Soi Fon avait le visage contracté par la colère et l'indignation. Et à y réfléchir, c'est vrai qu'elle ne lui avait jamais raconté cette histoire...

" Brave petite ! Elle est mignonne..." sourit intérieurement la sorcière

Elle tourna son regard vers Ichigo, qui semblait impassible mais, dont elle voyait les pupilles briller de compassion.

" Ne t'en fais pas pour moi, va ! Tu as bien assez de soucis comme ça, Ichi-kun…"

Quant à l'aristocrate, elle ne voyait que de l'incompréhension sur son visage et elle pouvait presque entendre les rouages de son cerveau, qui tentait de démêler le vrai du faux.

- Et bien, et bien, on ne sait plus quoi penser, mon grand ? On doute peut-être ?

Elle le vit relever la tête et s'apprêter à parler, quand Soi Fon finit par exploser :

- Mais quelle absurdité ! Comment peut-on croire à de telles sornettes et massacrer tant d'innocents ?! Tout cela, juste pour le pouvoir ? C'est insensé !

Sa colère déclencha l'apparition de sombres nuages à l'intérieur de la pièce. Le tonnerre gronda et des éclairs crépitèrent, passant d'un nuage à l'autre.

- Soi Fon, tu recommences…, la réprimanda gentiment la femme aux yeux de chat

- Ho ! Pardon, maîtresse Yoruichi ! Se repentit-elle, embarrassée

L'orage disparut comme il était venu et la sorcière s'empressa d'expliquer :

- Veuillez excuser cet incident. Ma jeune apprentie a encore beaucoup à apprendre sur la maîtrise de la magie et également, sur la maîtrise de soi.

Cette dernière baissa la tête d'un air coupable, tentant de se faire encore plus petite qu'elle ne l'était déjà.

- Je ne vois toujours pas…, intervint Grimmjow,… ce qui me dit que cette histoire est vraie.

- Absolument rien. Tu devras te contenter de ma parole, gamin !

- Premièrement, je vous interdis de m'appeler "gamin" ! Ensuite, n'allez pas croire que votre histoire à faire chialer les pierres, m'a convaincu mais, puisqu'Ichigo à l'air de vous faire confiance…, fit-il en jetant un regard sur le roux…, on va dire que je vous accorde le bénéfice du doute. Acheva l'américain, avec sérieux

- Ho, c'est trop d'honneur ! Répliqua-t-elle, sarcastiquement

- Mais, attention : si jamais vous vous foutez de notre gueule et qu'on se retrouve dans la merde, à cause de vous, sorcière ou pas, vous me le paierez ! Ça, je vous le garantis ! On s'est compris ? Lui demanda-t-il, les yeux dans les yeux

Elle laissa un instant la question en suspend, le défiant du regard. Puis, désinvolte, elle répondit :

- Parfaitement… gamin !

La sorcière tourna les talons, ouvrit une des portes au fond du salon et s'engouffra dans le couloir, avec un sourire en coin. Elle fut suivie de sa fidèle apprentie puis, de Shiro qui marchait d'un pas nonchalant.

Grimmjow poussa un grognement de mécontentement : cette satanée vieille sorcière l'avait encore traité de gamin !

Une chevelure orangée entra dans son champ de vision puis, un regard ambré s'ancra dans le sien, l'incitait ainsi à suivre, à son tour, la sorcière. Il céda mais, avec un air encore suspicieux et emprunta le couloir à la suite du majordome, qu'il ne quittait des yeux pour ne pas se perdre dans ce sombre dédale. En effet, c'est un véritable labyrinthe de couloirs éclairés par quelques torches, qui s'offrait à eux et où il était aisé de s'égarer.

Personnellement, Grimmjow trouvait cet endroit vraiment sinistre. Comment pouvait-on vivre dans un endroit pareil ?

" Enfin, au moins, la vue est plaisante…" pensa-t-il en lorgnant sur le derrière d'un certain roux

Pour tenter de se soustraire à cet agréable spectacle, il engagea la conversation :

- Dis-moi, Ichigo, tu en as encore beaucoup des amis spéciaux comme ça ?

- Quelques uns, Grimmjow-san.

- Quel genre ?

- Du genre qu'il vaut mieux ne pas énerver…, répondit-il en riant

- Ça, je l'avais deviné tout seul, figure-toi !

- Alors, pourquoi demandez-vous ? Fit malicieusement le majordome

- Grrr, tu m'énerves !

- Ho mais, je ne vis que pour ça ! S'exclama-t-il, ironiquement dans un geste théâtral

- Ouais, ouais, c'est ça ! Continue de te foutre de ma gueule, tu perds rien pour attendre, toi... !

- Hou, la peur me paralyse ! Railla le rouquin, en levant les yeux au ciel

- Qui te dit, que c'est de la peur que je veux t'inspirer ?

- Pardon ?

Ichigo eut tout juste le temps de s'exclamer, avant de se faire plaquer contre le mur par le bleuté. Celui-ci, emprisonna ses poignets, par la même occasion. Acculé, ce dernier demanda :

- Grimmjow-san, qu… qu'est-ce que vous faites ?

- Plus important…, commença-t-il se collant un peu plus au rouquin,… qu'est-ce que ça te fait ?

- Rien ! Absolument rien ! Affirma le néphillim, qui luttait contre toutes les sensations par lesquelles, il était assailli

- Ah oui, tu en es sûr ? Insista alors, le bleuté

D'un coup de genou, l'aristocrate écarta la jambe qui le gênait, de son passage et colla complètement son bassin contre celui du majordome.

Ichigo, de son côté, ne savait plus quoi faire. Il se retrouvait jambes écartées, avec entre les cuisses, son âme-sœur et la situation échappait à son contrôle. Sa force surhumaine - grâce à laquelle il pouvait battre n'importe qui, habituellement - était annihilée par une intense chaleur qui bouillonnait dans son ventre et irradiait tout son corps. Il voulait se débattre mais, n'en trouvait pas la force, le contact avec Grimmjow était divin. Alors, à défaut de cela, il tenta de garder un air impassible face à l'homme, qu'il désirait de tout son être et dit :

- Je ne vois pas où vous voulez en venir, Grimmjow-san.

- Don't make a fool of me * ! S'écria l'américain. Tu crois peut-être que j'ai pas remarqué comment tu me regardes ? Comme à l'auberge, tout à l'heure, hein ?!

Grimmjow était si près, en lui disant cela, qu'il pouvait sentir son souffle sur sa peau. Il ferma un instant les yeux pour réfréner le soupir de plaisir, qui lui montait dans la gorge. C'est ce moment que choisit Grimmjow, pour se rapprocher davantage, afin de susurrer à son oreille :

- Sais-tu… que je te regarde de la même manière ? Soufflait-il, avec envie. Allez, avoue…

Cette fois-ci, le majordome ne put réprimer un gémissement, alors qu'il sentait les lèvres du noble, effleurer son oreille et titiller ses sens.

- Avoue… que tu me désires, Ichigo !

Le cœur battant, la gorge serrée et la voix chevronnante, le majordome balbutia :

- J-Je…je…

Les pensées se bousculaient dans sa tête et son esprit était embrumé par l'étroite proximité entre son corps et celui de son âme-sœur. Les mots avaient du mal à s'assembler dans son cerveau, pour former une phrase cohérente, cependant une chose en particulier l'interpelait :

" Le désirer… Est-ce vraiment juste du désir… ?"

Grimmjow - pour se faire plus insistant - donna un coup de reins qui pressa sa virilité contre celle du rouquin et les fit tous deux, gémirent. Le néphillim allait céder…

Son regard plongea dans celui, semblable aux mers des Caraïbes du bleuté…

" Non ! C'est bien plus que ça… ! Kami-sama, c'est tellement plus…"

Et tout à coup, se faisant violence comme jamais, il reprit ses esprits et repoussa brutalement l'aristocrate sur le mur d'en face. Légèrement haletant, il n'eut cependant aucun problème à s'exprimer, fixant droit dans les yeux, son tourmenteur :

- Je ne sais pas exactement ce que vous voulez, Grimmjow-san. Mais, sachez ceci : si c'est un jouet que vous souhaitez alors, trouvez quelqu'un d'autre pour vous amuser. Moi, je ne joue pas ! Est-ce clair ?

Il n'attendit cependant pas de confirmation et fit volte-face, tout en enjoignant le bleuté à le suivre :

- Ils doivent certainement nous attendre. Hâtons-nous, Grimmjow-san !

Un peu sonné et une main derrière la tête frottant son crâne douloureux, l'américain suivit tout de même le néphillim. Ce n'était pas ce qu'il avait espéré ! Il pensait qu'en le poussant de cette façon dans ses retranchements, le majordome craquerait et laisserait enfin ses pulsions le dominer.

Que nenni ! Le rouquin avait - une fois de plus - fais preuve d'un self-control surhumain, qui le surprenait autant qu'il l'agaçait ! Non mais, c'est vrai, quoi ! Il le voulait son petit majordome mais, rien ne semblait fonctionner ! Nom de Dieu mais, que fallait-il qu'il fasse pour réussir, au moins, à lui arracher un baiser ?!

Ah, toute cette tension, ce n'était pas bon pour lui ! Il allait finir par devenir fou, si cela continuait encore longtemps comme ça !

Passant une main lasse sur son visage, il releva les yeux et constata qu'ils étaient enfin parvenus à l'entrée de la fameuse salle. Ichigo l'attendait, lui tenant la porte comme d'habitude mais, son visage était contracté. Par quelle émotion ? Ça, il n'en était pas sûr mais en tout cas, le rouquin n'était pas dans de bonnes dispositions. Mieux valait ne pas pousser davantage le bouchon, au risque de se prendre un violent retour de bâton, pensait-il !

A l'intérieur, tout le monde les attendait et ces deux pendards de Shiro et Yoruichi, les regardaient entrer avec un sourire goguenard. Shiro, qui n'en ratait jamais une, ne put s'empêcher de faire une remarque :

- T'as été long, majesté ! Occupé, peut-être ?

- Ta gueule, Shiro ! Cingla le rouquin, agacé

- Oh, quelle vulgarité et quelle agressivité ! S'exclama la sorcière, faussement choquée

- Ouais, t'es frustré ou quoi ? Renchérit le félin, moqueur

Aucune réponse ne lui parvint mais, le visage crispé et les sourcils froncés du néphillim lui suffisaient amplement. Les bras croisés, Ichigo défiait quiconque du regard, d'ajouter quelque chose puis, il décida de changer de sujet.

Son regard se tourna vers Yoruichi, qui se tenait à côté d'une chaise. Entre elle et lui se trouvait une petite table ronde en bois drapée d'une nappe bleu foncé, au milieu de laquelle il y avait une boule de cristal enchâssée dans un socle de métal stylisé. Cela ressemblait à une main de monstre aux griffes acérées, qui gardait la boule emprisonnée à jamais, dans sa paume.

Oui, on pouvait dire que Yoruichi avait des goûts très personnels, parfois !

Ne s'attardant pas davantage sur ce genre de détails, Ichigo déclara :

- Pour en revenir à ma demande : j'aimerais que tu utilises tes dons de voyance, pour me dire à quels genres de démons va recourir Aizen. Peux-tu faire cela ?

- Évidemment. Et d'ailleurs, j'ai même une meilleure idée : je pense que la projection astrale serait bien mieux ! Fit-elle en s'installant devant la boule de cristal. Cela te permettrait de voir par toi-même, ce que tu désires savoir.

- Très bien, que dois-je faire ?

- Mets-toi derrière moi et pose tes mains sur mes épaules.

Il fit le tour de la table, se plaça derrière la chaise dans laquelle était assise Yoruichi et fit qu'elle lui avait dit. La sorcière échangea un bref regard avec lui puis, mit ses mains autour de la boule de cristal, sans pour autant la toucher. Elle ferma les yeux pour se concentrer, marmonnant des formules dans une langue étrange et antique. La boule mystique s'illumina une lueur bleutée et sortit de la griffe pour se mettre à flotter dans les airs.

Tous les autres observaient attentivement le spectacle, dans l'attente de ce qui allait se produire. Dans ce silence pesant, Yoruichi s'adressa à Ichigo :

- Je vais maintenant projeter nos esprits hors nos corps, à l'endroit de ton choix. A toi, de repérer l'énergie vitale de ceux que tu cherches et de nous guider. Normalement, personne d'autre que moi, ne pourra t'entendre et te voir, tu n'as donc pas à t'en faire de ce côté-là. Cependant, tu devras garder constamment tes mains sur mes épaules, afin de ne pas interrompre le sort. Tu as bien compris ?

- Oui. Nous pouvons y aller quand tu le souhaites, Yoruichi-san ! Je suis prêt. Répondit-il

- Bien, accroche-toi, mon mignon ! C'est parti !

Leurs esprits furent brusquement sortis de leurs corps et s'élevèrent haut dans le ciel. Les yeux fermés, Ichigo se concentrait. Il recherchait à travers tout le pays, l'énergie de ce fourbe d'Aizen.

Dans son esprit, il visualisait des centaines de milliers de sources vitales, semblable à des points lumineux et qui défilaient à toute vitesse devant lui ! Pourtant, pas une ne lui échappait, il les analysait toutes, les unes après les autres, avec une rapidité qui aurait donné le vertige à n'importe qui d'autre ! Et soudain, il trouva enfin celle qu'il cherchait :

- Il est là !

- Reste bien concentré dessus, surtout ! S'exclama alors Yoruichi

Avant même de dire "ouf", leurs esprits redescendirent vers la terre et se dirigeaient vers la source qu'avait perçu Ichigo, comme s'ils étaient attirés par un aimant. Ils se déplaçaient à la vitesse de la pensée et en l'espace d'un centième de seconde, ils avaient atteints leur destination.

- Ouvre les yeux, Ichi-kun.

Doucement, comme s'il s'éveillait d'un rêve, le néphillim ouvrit les yeux. Ils papillonnèrent un peu, à cause de l'extrême concentration dont venait de faire preuve son cerveau puis, s'ouvrirent en grand, face au spectacle qu'il avait devant lui.

Des hommes - les sbires d'Aizen, sans nul doute - étaient réunis et Sosuke, en maître de cérémonie qu'il était, trônait sur une petite estrade, avec un air satisfait et arrogant. L'endroit dans lequel ils se trouvaient, était une grande pièce dont le plafond formait une coupole et dont les murs et le sol, étaient entièrement en pierre. Eclairée par des torches présentes sur les piliers, qui se poursuivaient en de sombres couloirs, une atmosphère mystique et malsaine semblait régner alors qu'en face de l'estrade, le centre de la pièce était vide.

- Que peuvent-ils bien faire ? Demanda le rouquin à son amie

- On dirait qu'ils se préparent pour un rituel...

- Dans ce cas, ils sont en avance. Il m'a dit que cela devait avoir lieu dans une semaine au moins, pas dans deux jours !

- Leur plan a dû mieux se dérouler que prévu et ils ont donc pu avancer la date. Et malheureusement, nous n'avons aucune prise sur les événements !

- C'est pas vrai ! Râla le rouquin. Tu es en train de me dire qu'ils vont invoquer des démons, là, juste sous notre nez et qu'on ne pourra rien y faire !

- Désolée mais, dans l'état où nous sommes actuellement, on ne peut pas faire grand chose à part regarder et écouter ! C'est le propre de la projection astrale.

- Formidable ! Soupira le néphillim, dépité. Bon, essayons au moins, d'en apprendre le plus possible sur nos futurs adversaires. Approchons-nous un peu, Yoruichi-san...

- Bien.

Ils se placèrent non loin au-dessus de l'estrade et attendirent la suite.

C'est ainsi qu'ils virent Gin faire son entrée, accompagné de quelques hommes qui avaient des coupes pleines, dans leurs mains. Le jeune homme s'approcha de son maître et du bas de l'estrade, il déclara avec son grand sourire :

- Tout est prêt, Aizen-sama !

- Bien, nous pouvons donc commencer. Qu'on m'apporte le grimoire !

Tōsen, qui s'était fais invisible jusque-là, se détacha de l'assemblée avec un livre très volumineux entre les mains. Silencieusement, il le tendit au brun en s'inclinant avec respect et soumission. Sosuke s'empara de l'ouvrage, le posa sur un pupitre, prévu à cet effet et tourna les pages, pour arriver à celle qui l'intéressait. Il lança un bref regard à Gin, qui en comprenant le message, dit aux hommes derrière lui, qu'ils pouvaient y aller.

Les sbires portant des coupes se rapprochèrent donc du centre de la pièce et, formant un cercle, s'agenouillèrent en attendant le signal. De là-haut, Ichigo et Yoruichi essayaient de comprendre leur attitude. Ils distinguèrent alors d'étranges marques gravées au sol, sans pour autant réussir à les identifier. La roche sombre et la faible luminosité des torches ne permettant pas de voir clairement. Puis, la voix d'Aizen résonna à nouveau, dans la pièce :

- Versez le sang d'offrande ! Ordonna-t-il

Aussitôt dit, les coupes remplit de sang furent versées et le liquide écarlate sembla alors, suivre un chemin bien précis. Les flux se rejoignaient et se séparaient par endroits, constituant des formes puis, des signes, pendant que le brun s'était mis à réciter les étranges paroles du livre. Et quand enfin, le cheminement sanglant aboutit, le maître de cérémonie acheva sa psalmodie, en une grande exclamation. Une lueur maléfique s'échappa alors, des sillons de sang et la nature des gravures, fut révélée sous les yeux ébahis de nos deux amis.

- Ô Kami-sama, mon dieu... non ! C'est... c'est...

- Un sceau de Baphomet * ! Acheva la sorcière, tout aussi horrifiée

Sous leurs yeux, profondément ancré dans la roche du sol et étincelant d'une sombre lueur, trônait fièrement le sceau démoniaque : une étoile à 5 branches inversée inclue dans un cercle, lui-même inclut dans un deuxième cercle. Dans le premier cercle, au bout de chaque branche, se trouvait les runes symbolisait l'eau, la terre, le feu et l'esprit. Mais, ce fut le dernier signe se trouvant dans le pentagone convexe au centre de l'étoile, qui acheva de les pétrifié d'horreur.

- Yoruichi... dis-moi que tu ne vois pas, ce que je vois...

- Hélas, je crains que tes yeux ne te trompent pas, Ichi-kun ! Il s'agit bel et bien de la rune symbolisant le chiffre 4. Confirma-t-elle au néphillim

Autrement dit, le sceau satanique avait été tracé afin d'invoquer un démon de niveau supérieur. Et pas n'importe lequel, en plus !

Mais, ils ne purent y penser davantage car déjà, la lueur provenant des sillons, s'élevait formant ainsi une sorte de barrière mystique. Les dalles de pierre à l'intérieur du pentagone s'effritèrent puis, s'effondrèrent semblant plonger au fin fond des ténèbres et créant ainsi un trou béant pentagonal. Une brume noire en sortit abondamment, alors qu'une forme étrange ressemblant à un cocon, s'extirpait lentement mais, sûrement de l'abysse.

Complètement sortie et en lévitation au dessus du sol, le cocon tressaillit et s'ouvrit brusquement, créant un souffle d'air qui surpris tous les occupants de la pièce. Les torches s'éteignirent et dans la noirceur oppressante de la pièce, tous découvrirent avec stupéfaction, le démon qui se dressait devant eux.

Le cocon s'avérait en fait, être une paire d'immenses ailes noires jusqu'à lors repliée, comme celles des chauves-souris et leur propriétaire était aussi impressionnant qu'effrayant.

La première chose qui frappait, était son corps mince et sa peau blafarde. Puis, venait ensuite, son visage à la fois inexpressif et glacial, encadré par de courts cheveux noirs d'où ressortaient de longues cornes blanches. De ses yeux - dont la sclérotique d'un vert sombre, entourait ses iris dorées fendues d'une mince pupille - partaient des marques noires, qui rejoignaient le bas de son visage et ressemblaient à un flot de larmes noires, qui ne cessait de couler.

Plus bas, sur son torse nu, une substance obscure faisant penser à du sang impur, s'écoulait d'un trou sombre de forme parfaitement circulaire, au centre de sa poitrine. Ses bras et ses jambes effilés, étaient couverts de fourrure noire et ses doigts étaient pourvus de longues griffes. On pouvait également voir deux pans de fourrure noire encadrer ses jambes, au bout desquelles des pieds ressemblants davantage à des serres de gargouille, pendaient dans le vide. Enfin, une queue extrêmement longue et fine semblable à un fouet, s'agitait lentement dans son dos.

- Que..., commença doucement Ichigo

- Qu'est-ce que c'est que ça ?! S'écria une voix dans la salle

Il y eut un mouvement de foule et tous s'écartèrent de celui qui venait de s'exclamer. Terrorisé et totalement inconscient que tous, le regardait de façon étrange, l'homme poursuivit :

- Ne me dites pas... que c'est cette chose, qui est censée nous aider ! Fit-il en pointant le démon

La créature tourna son regard vers lui et instantanément, tous s'éloignèrent complètement de l'homme, qui se retrouva seul et en évidence dans la pièce. Tremblant de tous ses membres, il regardait le démon lever sa main noire dans sa direction et comprit qu'il venait de commettre une grossière erreur. Dans un hurlement de souffrance, il fut recouvert d'un sombre éclat et son âme fut aspirée au creux de la paume du démon, tandis que son corps se désagrégeait, tombant lentement en poussière.

- Immonde.

La voix glaciale du démon claqua dans le silence religieux, qui s'était imposé.

- Ton âme... a vraiment un goût infect. Clama-t-il

Pétrifiés, plus personne n'osait réagir, alors que la créature se tournait lentement vers celui qui l'avait invoqué. Sosuke, contrairement aux autres, l'observait avec satisfaction, un fin sourire sur les lèvres et déclara finalement :

- Je me nomme Sosuke Aizen. Et toi, démon, quel est ton nom ?

Intrigué par l'audace dont faisait preuve l'humain, il consentit à lui répondre :

- Je suis Ulquiorra, démon du vide et du désespoir.

Sosuke sourit davantage, alors que la créature poursuivait laconiquement :

- As-tu conscience, humain, que pour avoir invoqué un être tel que moi, nul pardon, ni rédemption ne pourra désormais... t'être accordé ?

- Je n'en ai pas besoin. Car, grâce à ta puissance, je vais m'élever au-dessus du commun des mortels ! Assura le brun

- Tu es bien présomptueux, Sosuke Aizen. Pour quelle raison, te donnerais-je accès à un si grand pouvoir ?

- J'ai, bien évidemment, un marché à te proposer, cher Ulquiorra. Répliqua-t-il, en plissant les yeux d'intérêt

Décidemment, cet humain insignifiant était bien téméraire d'oser lui parler ainsi ! Mais, qui sait, peut-être parviendrait-il à tromper son ennui, pendant un temps ? Il y avait longtemps qu'on ne lui avait pas proposé un pacte.

Cela allait peut-être être intéressant mais, d'abord...

- Il me tarde d'entendre ce que tu as à dire, humain. Mais, d'abord... permets-moi de m'occuper des intrus, qui se sont glissés ici.

Ichigo et Yoruichi se figèrent, alors que le regard maléfique d'Ulquiorra se planta sur eux.

- Yoruichi-san, il faut partir vite !

- J'ai horreur... que l'on m'espionne. Fit froidement le démon, en levant son bras

- Yoruichi ! S'écria le rouquin, faisant reprendre ses esprits à la sorcière

Le bras d'Ulquiorra s'abattit sur eux, alors que la femme-chat mettait fin à son sort. Ils s'extirpèrent juste à temps pour éviter l'attaque du démon, qui aurait pu les tuer. Ce dernier, loin d'être déçu, songea sans aucune émotion :

" La prochaine fois, vous ne m'échapperez pas..."

Puis, il décida de retourner à son affaire, avec ce dénommé Aizen...


Du côté de Grimmjow et des autres, on commençait à s'impatienter.

- Putain mais, qu'est-ce qu'ils foutent ! Ils vont rester comme ça, encore longtemps ?! Râla Shiro

- Taisez-vous, sombre idiot ! Vous ne voyez pas que Yoruichi-sama est en pleine concentration ! S'insurgea Soi Fon

- La ferme, minus ! J'en ai marre d'atten...

C'est à ce moment précis que les esprits d'Ichigo et Yoruichi revinrent brusquement dans la pièce. La réintégration de leurs corps, fut d'ailleurs si rapide et si brutale qu'Ichigo, qui n'était pas assis, en tomba à la renverse !

BAM !

- Itaï ! Clama-t-il sous le choc

Il se releva cependant, calmement et tout en s'époussetant, il ajouta :

- Et bien, c'était juste ! Un peu plus et c'en était fini de nous. Fit-il, en s'essuyant le front d'un revers de manche

- Il est puissant... vraiment très puissant. Normalement, il n'aura jamais dû réussir à nous repérer ! Renchérit la sorcière, avant de tourner la tête vers Ichigo. Ce sera le plus féroce adversaire que tu auras jamais eu à affronter et tes pouvoirs seuls, n'y suffiront pas...

- Que proposes-tu alors ? Répliqua le rouquin, inquiet

- Hé, ho ! On peut savoir de quoi vous parlez ? Qu'est-ce qui s'est passé, bon sang ?! Les interrompit alors Grimmjow

Les deux concernés stoppèrent alors, leur conversation et ils entreprirent de raconter à leurs amis, ce qu'ils avaient vu.


Pendant de temps, dans le repaire d'Aizen :

- Nous sommes donc d'accord, n'est-ce pas ?

- Mon aide et celle de mes serviteurs, en échange de toutes les âmes pures de ce pays, oui. Mais, es-tu certain de pouvoir tenir cet engagement, humain ?

- Evidemment. Répondit-il, fier comme un paon

- Dans ce cas...

Faisant apparaître un parchemin, où figuraient de singulières écritures, Ulquiorra acheva sa phrase :

- ... tends ta main, Sosuke Aizen.

Le brun avança donc sa main et observa attentivement le démon. Ce dernier, au lieu d'attraper la main, amena la sienne en-dessous et d'une de ses griffes acérées, traça une profonde entaille dans la paume de l'humain. Sosuke ne cilla même pas, alors que son sang gouttait douloureusement de la plaie. Le démon amena ensuite, sa main blessée au-dessus du parchemin et laissa quelques gouttes tomber sur le bas de la page. Le sang s'imprégna dans le papier qui brilla d'un éclat rougeoyant puis, le parchemin disparut dans le vide.

Ulquiorra relâcha la main humaine et déjà, Tōsen se chargeait de panser et bander la plaie de son maître. Une fois fait, il se retira alors qu'Aizen le congédiait d'un bref geste de la main et reconcentra son attention sur la créature.

Ulquiorra fixait insensible, le brun arrogant devant lui. Il se dégageait de cet homme, une assurance et une cupidité qui - il en était sûr - causerait un jour, sa perte. Mais, qu'importe ! Il n'était pas là pour donner des leçons, il avait mieux à faire que ça. Il tourna les talons, revenant au centre du pentacle où il commença à s'enfoncer lentement. Il se tourna pour jeter un dernier regard à Aizen et déclara de sa voix d'outre-tombe :

- Cette histoire m'a l'air intéressante... voyons, quelle en sera la fin...

Sur ces paroles, il retourna dans les abysses d'où il venait, abandonnant le maître et ses sbires. Ce dernier sourit, ravi de l'affaire qu'il venait de conclure et de voir son plan se dérouler comme prévu. Il regarda sa main entourée de bandes blanches et sourit davantage, en serrant le poing.

" Bientôt, j'en aurais fini et tout sera à moi... et toi aussi, Ichigo, tu m'appartiendras pour l'éternité... !"

- Aizen-sama.

- Qu'y a-t-il, Gin ? Questionna-t-il sans se retourner

- Maître, si je puis me permettre, ne croyez-vous pas que ce démon pourrait se retourner contre nous ?

- Douterais-tu de mon intelligence, Gin ? Répliqua-t-il, en lui jetant un regard par-dessus son épaule

- Certainement pas, Aizen-sama, mais...

- J'ai évidemment envisagé cette possibilité. L'interrompit-il, en lui faisant à nouveau, complètement dos. Et c'est d'ailleurs pour cette raison, qu'il est si important que tu récupères l'objet dont je t'ai parlé.

- Et ce sera fait, maître, bien sûr. Bien que je ne comprenne pas en quoi un simple objet, pourrait nous permettre de faire face à un démon. Aurait-il un pouvoir spécial dont vous ne m'ayez pas parlé ?

- Effectivement, Gin. Et il est surtout très puissant... le genre d'objet, qui ne peut pas être manipulé par n'importe qui. Comprends-tu ?

- Oui, Aizen-sama. Répondit docilement l'argenté

Le brun fit volte-face et s'avança lentement vers son serviteur. Il lui lança un regard, qui écrasait littéralement le jeune homme en face de lui et le fit déglutir nerveusement. Comme un condamné attendant sa sentence, Gin attendait les prochaines paroles de son maître.

- Gin, tu es quelqu'un de naturellement curieux. Et c'est d'ailleurs, cette curiosité qui fait que tu es de loin, mon meilleur espion et informateur. Tu es de ces rares personnes, qui vont au fond des choses pour connaître les détails les plus infimes et qui ne s'arrêtent que lorsqu'elles sont pleinement satisfaites. Oui, il n'y a pas à dire : tu es très doué dans ton domaine. Cependant...

Le changement de ton, quoique léger, n'échappa pas à l'argenté qui frissonna.

- Cependant, tu devrais apprendre à savoir quand il faut s'arrêter. Et surtout, tu ne devrais pas oublier qui est le maître, ici. Suis-je suffisamment clair ? Acheva Sosuke, d'une voix doucereuse qui ne trompait pas l'argenté

- On ne peut plus clair, Aizen-sama. Pardonnez-moi pour mon indiscrétion, maître.

- Tu es pardonné, Gin. Et maintenant, va ! Tu peux disposer...

- Merci, maître.

Le jeune homme se retira, soulagé de s'en tirer à bon compte. Il connaissait mieux que personne, l'étendue de la cruauté de cet homme impitoyable et savait qu'avec lui, personne n'était à l'abri ! Pas plus lui qu'un autre, en fait !


Du coté de nos amis, Ichigo et Yoruichi venait de terminer leur récit, laissant leur public stupéfait. Soi Fon fut la première à recouvrer la parole :

- Est-ce que vous pourriez le combattre, maîtresse ?

- J'aimerais te dire le contraire mais, la vérité est que ni Ichigo, ni moi, ne pourrions faire face à un tel monstre. Soupira la sorcière. Nos pouvoirs sont loin de valoir les siens, hélas !

Cette simple constatation était difficile à avaler pour la femme-chat ! Pour la première fois depuis l'âge d'or de la chasse aux sorcières, elle se sentait dépassée et prodigieusement contrariée.

- Et lui, là... intervint Grimmjow, en désignant Shiro..., il ne pourrait pas s'en occuper de votre démon. C'en est un lui aussi, non ?

- Ne m'insulte pas, abruti ! Feula immédiatement ce dernier. Je suis un esprit malin, pas un démon, nuance ! Mon truc à moi, c'est emmerder le monde et de faire chier les humains, pas de bouffer leurs âmes ! Pauvre crétin !

- Tu vas me faire croire que t'as jamais attaqué d'humain, peut-être ? Répliqua vertement l'autre, suspicieux

- Seulement, ceux qui étaient assez cons pour venir m'attaquer directement. Ceux-là, j'me faisais un plaisir de les écrabouiller sous mes pattes ou de les décapiter avec les dents ! S'exclama-t-il avec un sourire malsain. Mais, pour c'qui était de leurs âmes : c'était pas mon problème, ok ?

Le sourire de psychopathe du félin, ne rassurait guère Grimmjow. C'est à ce moment qu'Ichigo ajouta, sereinement :

- Sachez, Grimmjow-san, que Shiro est ce que l'on appelle : un décepteur. C'est un esprit malfaisant qui se comblait à provoquer toutes sortes de désagréments et de catastrophes naturelles, comme des invasions d'insectes ou des tremblements de terre. Et cela, uniquement pour passer le temps. Ajouta-t-il, dépité. Il apprécie tout particulièrement d'utiliser la ruse pour tromper et manipuler les gens et ainsi, de rire ensuite de leurs mésaventures ! Bien qu'il ne soit pas fondamentalement mauvais, contrairement aux démons, il prend un certain plaisir à " emmerder le monde ", comme il le dit si bien !

Grimmjow, en entendant ces informations, coupa la parole à Ichigo pour dire au félin :

- T'es vraiment un enfoiré, toi !

- Merci ! Fit Shiro, très fier de lui. L'invasion d'insectes, je ne la fais pas souvent mais, j'adore voir les gens se mettre à courir dans tous les sens et entendre les femmes hurler à la mort, en se tortillant ! C'est très drôle !

- Cela n'a rien de drôle de terroriser les gens ! S'insurgea Soi Fon. N'avez-vous donc, aucune moralité ?

- Moralité ? Connais pas ! Ça s'mange ce truc ? Demanda-t-il, en se moquant délibérément la brune, qui vit rouge

- Vous n'êtes qu'un... !

- Soi Fon, calme-toi, je te prie. Lui ordonna calmement Yoruichi

Et comme la fois précédente, la colère de la jeune femme s'évanouit au son de cette voix. Ce qui ne l'empêcha pas de se détourner dédaigneusement du décepteur, qui continuait de la fixer avec un air narquois. Le silence rétablit, Ichigo put reprendre son explication :

- Les décepteurs, tout comme les autres esprits, se nourrissent de particules spirituelles. Cette énergie est présente naturellement autour de nous et c'est également d'elle dont Yoruichi-san tire ses pouvoirs.

- Ah ! C'est pour ça qu'il n'y avait que ce psychopathe, pour la retrouver ! Comprit enfin le bleuté. Parce que leur force à la même origine !

- T'es pas aussi bête que t'en as l'air, finalement ! Répliqua ledit psychopathe

- De quoi ?! Répète un peu !

- Bon ! Je crois que les esprits se sont suffisamment échauffés, pour aujourd'hui. Il est temps que nous prenions congé ! Constata le rouquin. Yoruichi-san, raccompagne-nous, s'il te plaît.

- Oui, oui ! C'est par ici. Répondit-elle. Et je te le ferais savoir si jamais, je… aaah !

La sorcière allait se lever de sa chaise, quand elle fut parcourue par un immense frisson, qui la fit retomber sur son siège.

- Yoruichi-sama ! S'alarma sa disciple

- Yoruichi-san... ?

L'interpelée les fit taire d'un geste de la main. Puis, semblant encore sous le choc, elle déclara :

- J'ai été assailli par un horrible pressentiment...

- De quoi s'agit-il, Yoruichi-san ? Lui demanda Ichigo

- Je ne sais pas... je... Attendez, laisse-moi consulter ma boule de cristal, un instant.

Elle se replaça correctement sur sa chaise et remit ses mains autour de la sphère divinatoire. Celle-ci sortit à nouveau de son socle et un étrange tourbillon de lumière s'agita, en son centre. Les yeux rivés sur la boule, la sorcière se plongea dans des visions qu'elle était la seule à percevoir et ce n'était pas très réjouissant !

Un voile sombre recouvrait Londres et elle vit une inquiétante silhouette encapuchonnée, se détacher des ténèbres. La silhouette vaporeuse se tourna vers elle et la sorcière ne distingua que ses yeux brillants et entièrement rouges, qui la fixaient.

Rouges comme le sang...

Puis, sans préambule, la silhouette saisit une faux, dans ses mains squelettique et l'abattit sur elle !

- Aaah !

Yoruichi revint à la réalité et son air effrayé, inquiéta toutes les personnes présentes dans la pièce.

- Quoi ? Que se passe-t-il, Yoruichi-san ? Lui redemanda le rouquin

- La Mort rôde Ichigo... elle plane au-dessus de la ville et bientôt... très bientôt, elle emportera de nouveau, une âme avec elle !

La sinistre prédiction plongea la pièce dans l'angoisse et une question était présente dans tous les esprits : Mais, qui allait bientôt mourir ?


La nuit était tombée et quand la ville fut enfin en vue, Ichigo faillit pousser un soupir de soulagement. Il n'en pouvait plus !

La vision de Yoruichi n'avait apparemment pas inquiété longtemps Grimmjow et Shiro, qui - sur une impulsion du félin tigré - avaient commencé à se chamailler et ne s'étaient pas arrêtés pendant tout le chemin de retour, malgré toutes ses réprimandes ! Plus d'une fois, l'envie de les étrangler tous les deux, l'avait taraudé mais, il avait su faire honneur à sa fonction et était resté calme... enfin, autant que possible !

Heureusement pour lui, Shiro allait maintenant devoir reprendre son rôle de "chat normal". Et puisqu'il n'asticoterait plus Grimmjow, celui-ci serait bien forcé d'en faire de même, histoire de ne pas passer pour un fou s'époumonant contre un animal domestique ! Ce dernier les abandonna d'ailleurs au détour d'une ruelle, prétextant qu'il avait des choses à faire...

- Pff, bon débarras ! S'exclama le bleuté, rancunier

Le retour à l'auberge s'accompagna d'un soupir de plaisir du rouquin qui appréciait, comme il se doit, la douce chaleur de l'établissement après avoir goûté à la fraîcheur du soir. Cependant, ses iris ambrées furent immédiatement happées par la chevelure sombre de Karin. Celle-ci était accoudée au bar, le regard fixe et un air vaguement contrarié sur le visage. Interpelé, il se dirigeait directement vers elle.

Une fois près de sa sœur, il l'interrogea :

- Karin ?

- Hn ? Grogna la brune, en tournant son profil vers son frère

- Qu'est-ce que tu as ? Y aurait-il un problème ?

La jeune fille se contenta de grogner, à nouveau et lui indiqua du menton, ce qui l'ennuyait. Le rouquin suivit des yeux, la direction indiquée et c'est alors qu'il put constater la venue d'un invité, qui ne lui était pas inconnu. Celui-ci ne l'avait pas remarqué et continuait de discuter joyeusement avec Yuzu, en rougissant.

Ichigo sourit, il comprenait maintenant pourquoi Karin faisait cette tête. Il laissa échapper un petit rire, amusé par le comportement surprotecteur de la brune. Celle-ci se mit à râler :

- Non mais, regarde-les ces deux-là ! Ils ont l'air aussi idiots l'un que l'autre, à rougir et à bégayer comme ça !

- Et c'est toi qui dis cela, Karin ? Répliqua le rouquin, en haussant un sourcil

- Pardon ? Répliqua la brune, perdue

- Tu devrais voir à quoi tu ressembles lorsqu'il s'agit de Chad. Crois-moi, ce n'est guère mieux !

- Que... tu... ! N'importe quoi ! Comme si, j'en avais quelque chose à faire de lui !

- Il t'indiffère, petite sœur ?

- Parfaitement !

- Oh ! Alors dans ce cas, cela ne t'intéresse pas non plus de savoir ce qu'il m'a dis de toi, l'autre jour. Hum ?

Karin écarquilla les yeux, surprise de savoir que Chad parlait d'elle à son frère et répliqua, avec un air faussement détaché :

- Et qu'a-t-il dis exactement ? Pas que cela m'intéresse mais, j'aimerais bien savoir ce qui se raconte dans mon dos !

- Et bien, tu n'as qu'à aller le lui demander toi-même.

- Comment, mais... ?! S'exclama-t-elle, estomaquée

- Après tout, s'il t'indiffère, cela ne devrait pas te poser de problème, n'est-ce pas ? Reprit-il, un brin moqueur

Sur cette réplique, il abandonna sa sœur qui fulminait dans son coin et se dirigea vers le couple, qu'il observait tantôt.

Lui, était assis et osait à peine la regarder dans les yeux, tant il était gêné. A croire qu'être plus âgé que la jeune fille, ne suffisait pas à réduire sa timidité naturelle, visible dans cette manie qu'il avait de passer sa main dans sa nuque. Quant à sa sœur, elle était debout devant lui, ses petites mains enlacées nerveusement devant son tablier et aussi rouge que lui. Son rire cristallin parvenait aux oreilles du rouquin, qui ne put s'empêcher de les trouver attendrissants. Tous deux, se souriaient tendrement et riaient innocemment comme des bienheureux, dans un autre monde...

Depuis combien de temps ces deux-là se tournaient-ils autour, sans oser franchir le pas ? Il sembla tout à coup à Ichigo que cela faisait une éternité !

" Bon, allez ! C'est le moment idéal pour jouer le grand frère surprotecteur... allons-y ! " se dit-il, avec sadisme

Silencieux, le majordome se rapprocha du couple qui ne l'avait toujours pas remarqué, tellement ils étaient à mille lieues delà ! Lorsqu'il fut à portée, le rouquin empoigna vigoureusement l'épaule du jeune homme et lança :

- Bonsoir, Hanatarō ! Comment vas-tu ?

Surpris, le brun sursauta, se tourna brusquement pour faire face au rouquin et se mit à bredouiller péniblement :

- Ku... Kurosaki-san... vous, euh... bonsoir ! Vous êtes là... depuis longtemps... ?

- Quelques instants, seulement. Mais, à ce que je vois, tu t'entends toujours aussi bien avec ma petite sœur..., répliqua-t-il, avec un regard emplit de fausses menaces

- Ce... ce n'est pas ce que vous croyez ! Paniqua le noiraud, en agitant ses mains devant lui

- Vraiment ? Et que suis-je censé croire, alors ? Demanda-t-il, en souriant

- Euh, et bien... euh... c'est-à-dire que, vous voyez... euh...

Si extérieurement, Ichigo semblait impassible, intérieurement, il était mort de rire. Il n'avait bien évidemment aucun grief contre Hanatarō mais, cela l'amusait de le taquiner comme ça ! Il savait que bien malgré lui, il impressionnait énormément le brun, qui ne savait plus où se mettre quand il était face à lui.

Pourtant, Hanatarō était quelqu'un de bien, il était plutôt mignon et très attachant sans oublier, qu'il était un apprenti-médecin très consciencieux et méticuleux. Son seul vrai problème, venait de son manque effroyable de confiance en lui-même ! C'en était pathologique à ce niveau-là ! Et encore, il s'était beaucoup amélioré depuis leur première rencontre...

Il s'en souvenait parfaitement de ce jour-là. Il était sorti pour faire une course rapide, quand il avait été surpris par une pluie torrentielle. Son paquet sous le bras, il avait couru pour se chercher un quelconque abri et en avait trouvé un, sous les alcôves du London Bridge *. C'est alors qu'il l'avait vu...

Debout sur la passerelle, les jambes tremblantes, son corps trempé par la pluie et le visage ravagé par les larmes : il allait se suicider !

Heureusement, il était intervenu à temps et à force de persuasion et de douceur, il avait finalement réussi à le faire redescendre. Le jeune homme avait littéralement fondu en larmes, dans ses bras et il avait fallut tout le chemin du retour à la maison, pour parvenir à le calmer.

Sa famille avait très bien accueilli Hanatarō et puisqu'il n'avait nul part où aller, il avait été décrété qu'il s'installerait avec eux, dans l'ancienne chambre d'Ichigo ! Inutile de dire que le pauvre garçon s'était senti submergé par la culpabilité et avait répété à maintes reprises, qu'il ne voulait pas déranger la charmante famille.

Seulement, quand Isshin avait lourdement insisté pour qu'il reste, Hanatarō n'avait rien pu faire d'autre que se soumettre à cet homme si imposant.

Mais, le jeune homme n'avait atteint les sommets de la confusion que, lorsque Yuzu lui avait innocemment demandé quel métier, il voulait exercer dans l'avenir. Il leur avait alors confié qu'il rêvait de devenir médecin et ni une, ni deux, Isshin avait décidé d'en faire son apprenti ! Il avait poliment refusé, argumentant qu'il les dérangeait suffisamment comme cela mais, rien à faire !

Quand Isshin Kurosaki avait une idée en tête : autant parler à un mur, on avait plus de chance d'être écouté !

C'est donc ainsi que Hanatarō Yamada, était entré dans leur petite famille et avait peu à peu repris goût à la vie.

Et aujourd'hui, il était là, devant lui, en train de s'emmêler les pinceaux pour lui fournir une explication, qui n'avait même pas lieu d'être !

S'il ne se retenait pas, Ichigo exploserait littéralement de rire !

Car, ce que le brun ne savait pas, c'est qu'Ichigo serait plus que ravi de lui donner sa bénédiction pour sortir avec Yuzu. Il serait même prêt à le soutenir face à son père, s'il le lui demandait.

Parce que oui, c'était comme cela que les choses se passaient chez les Kurosaki ! D'abord, on demandait l'autorisation à l'aîné et ensuite, on allait chercher l'approbation du paternel. Et si l'un ou l'autre refusait de donner son accord, il était évidemment inconcevable d'aller l'encontre de cette décision, à moins de parvenir à faire ses preuves aux yeux des deux hommes.

Cette règle pouvait paraître dure, voire injuste. Pourtant, elle était inscrite dans les traditions japonaises et tous, dans la famille Kurosaki, s'y soumettait humblement.

Pour en revenir à Hanatarō, Ichigo était persuadé que Yuzu et lui, étaient faits pour être ensemble. Seulement, il était hors de question de lui mâcher le travail ! Il attendrait que le jeune homme ait le courage de lui faire sa demande droit dans les yeux et d'homme à homme.

Après tout, c'était de sa chère petite sœur qu'il s'agissait ! Aussi, Hanatarō devait lui montrer qu'il était digne d'elle et de l'amour qu'elle lui portait !

" Oui... et bien... ce n'est pas encore pour tout de suite, visiblement..." se disait Ichigo, en écoutant les babillements nerveux du brun

Le rouquin décrocha un moment de la conversation, pour observer un certain américain aux cheveux bleus. Il ne savait pas trop quoi penser de leur précédente confrontation. Le bleuté avait été plus que direct, quant à ses intentions et il se demandait encore où il avait trouvé la force de le repousser. Il se demandait aussi si les dernières paroles, qu'il avait prononcé à ce moment-là, avaient fais leur chemin dans l'esprit de Grimmjow. Avait-il compris ce que sous-entendaient ces propos ?

" Oh, Grimmjow-san... si vous saviez à quel point, vous me torturez ! "


De son coté, assis sur une chaise, Grimmjow se repassait en boucle la scène où il plaquait le majordome, contre le mur. Il y avait quelque chose... quelque chose qui le chiffonnait... Mais, impossible de mettre le doigt dessus et ça l'énervait !

- Putain, fais chier..., marmonna-t-il rageusement entre ses lèvres

L'abstinence et la frustration commençait à avoir raison de ses nerfs et il ne savait pas combien de temps, il tiendrait encore. Il n'avait jamais été très croyant mais là, tout de suite, il était persuadé que quelqu'un là-haut se foutait royalement de sa gueule ! Sinon, comment expliquer une telle situation ?! *

Ces réflexions métaphysiques furent interrompues par un hurlement provenant de l'extérieur et qui prenait la forme d'un nom :

- ICHIGOOOO !

Sortis brutalement de leurs pensées, les deux âmes-sœurs sursautèrent et tournèrent vivement la tête en direction de la porte.

- Renji ? S'interrogea à haute voix, le rouquin en haussant un sourcil

- Qui ça ? Lui demanda à son tour, Grimmjow

Mais, avant que le majordome ait eu le temps de lui répondre, une tornade rouge pénétra en grand fracas, dans l'auberge. Ladite tornade s'avérait en fait être un jeune homme à la longue chevelure écarlate, réunit en une natte et dont les yeux chocolat habituellement railleurs, étaient emplis de panique. Les tatouages tribaux sur son front - occultés par une large mèche de cheveux - étaient parcourus de sueur, tout comme le reste de son visage et sa respiration haletante, étaient autant de preuve que l'homme avait couru jusqu'ici...

Que se passait-il encore ?

- Renji, qu'est-ce que...

- Ah, Ichigo... te voilà... en-enfin... haa... haa... t'ai cherché... toute la ville... haaaa ! Haleta le rouge

- Mais, enfin que se pass...

- Pas le temps ! Clama l'autre en l'attrapant par le bras. Il faut que tu viennes avec moi, vite ! Vite !

Ebahi face à ce comportement, Ichigo se laissa entraîner par son ami qui le tirait à sa suite, repartant en courant dans les rues. Grimmjow s'était lui aussi relevé et essayait tant bien que mal de les rattraper mais, les voyait petit à petit disparaître. Il s'était malheureusement redressé trop vite et sa cheville s'était rappelée à son bon souvenir, faisant fulminer son propriétaire.

- Et merde ! Foutue cheville à la noix ! Fais chier ! Ragea-t-il en grimaçant de douleur


Du côté des deux serviteurs, Ichigo avait réussi à stopper son ami pour qu'il lui explique le problème :

- Pour l'amour du ciel, Renji, arrête-toi ! Tu vas me faire une crise cardiaque, si tu continues comme ça ! Réprimanda fermement le rouquin. Et maintenant, dis-moi ce qu'il se passe !

- Dame Hisana... t-tu savais qu'elle était... malade, n'est-ce pas ? Mais, ce que t-tu ne sais pas... c'est qu'en réalité, el-elle est atteinte d'une maladie incurable ! Lâcha le rouge, qui reprenait peu à peu sa respiration.

- Comment ? S'étonna son ami

- On m'a dit qu'elle n'en avait plus pour très longtemps. Rukia était effondrée ! Clama-t-il, affecté. Je t'ai cherché à travers toute la ville pour t'amener au manoir. Dame Hisana souffre tellement ! Je l'ai même entendu murmurer... elle appelait après la Mort !

Ichigo était abasourdi. Hisana Kuchiki... mourante ?

"Ô Kami-sama, c'est pas vrai ! La vision de Yoruichi-san…" songea alors le néphillim

- Je t'en prie, Ichigo... vas la voir ! Fais quelque chose pour elle, par pitié ! Je sais que tu le peux ! Le supplia-t-il, le regard larmoyant

Reprenant ses esprits, le rouquin vissa son regard sur celui de son ami et lui dit :

- Renji, il y avait un homme aux cheveux bleus avec moi, dans l'auberge : vas le trouver et amène-le jusqu'au manoir Kuchiki. Moi, je pars seul de mon côté et nous nous retrouverons là-bas. D'accord ? Articula-t-il pour être sûr qu'il comprenne bien

Le rouge bafouilla un bref acquiescement et aussitôt, Ichigo poursuivit seul, le chemin. Renji resta un instant, à fixer la direction qu'il avait pris puis, retourna sur ses pas pour aller trouver cet homme aux cheveux bleus, dont il lui avait parlé...

- Attends, une minute. Se stoppa-t-il brusquement. Des cheveux... bleus ?


Ichigo courait, courait et courait encore. Et il ne comprenait pas pourquoi...

Oui, pourquoi une chose aussi horrible arrivait à une femme aussi douce et aimable que Hisana Kuchiki ?

Cette femme qu'il avait souvent croisé, en venant prendre des nouvelles de Renji et qui l'avait toujours accueilli chaleureusement et traité avec respect. Cette grande dame aux origines si modestes mais, au cœur si noble...

- Kami-sama, c'est injuste ! Jura-t-il, soudain

Il atteignit finalement l'entrée de l'imposante demeure, dans le style purement japonais des Kuchiki et prit une seconde pour se calmer. Bien que la situation soit alarmante, il ne pouvait se présenter chez le Duc, dans cet état, au risque de se voir refuser l'entrée. C'est donc avec un calme apparent, qu'il franchit le portail de fer forgé et arrivé devant la porte, il frappa.

Personne ne lui répondit. Il recommença une seconde fois, un peu plus fort et au lieu de la domestique habituelle, ce fut Rukia qui lui ouvrit. La mine épouvantable qu'arborait la jeune femme, ne fit qu'augmenter son inquiétude et c'est quelque peu hésitant sur sa formulation, qu'il dit :

- Bonsoir, Rukia-san. Renji m'a prévenu de ce qu'il se passait et... je suis venu voir Madame, votre sœur... Puis-je entrer, s'il vous plaît ?

Les cheveux complètement défaits et les yeux rougis et gonflés, à force qu'avoir trop pleuré, la petite brune vêtue d'un joli kimono parme fit néanmoins, honneur à son rang et d'un geste de bienvenu, l'invita à l'intérieur de la demeure.

Elle patienta tandis qu'il se défaisait de ses chaussures puis, silencieusement et d'un pas altier, elle le guida à l'étage. Cependant, une fois arrivée au début du dernier couloir, elle ne put faire un pas de plus car, la présence de sa sœur se faisait trop pesante pour elle. Aussi, Rukia se contenta de lui indiquer le chemin d'une voix devenue rauque et s'en retourna immédiatement dans ses appartements, où elle pourrait épancher sa peine, sans que nul ne voit ses larmes.

Resté, seul dans le couloir, Ichigo détourna son regard attristé de là, où venait de disparaître la brune et se tourna dans la direction, qu'on lui avait donné. Il ne savait pas si c'était l'heure tardive ou l'atmosphère funèbre qui s'en dégageait mais, le couloir paraissait encore plus sombre qu'à l'accoutumée.

" Allons, voyons ! Ce n'est guère le moment pour ce genre de pensées sinistres ! " se corrigea-t-il, en secouant la tête

Il fit quelques pas dans le couloir, quand le bruit caractéristique d'un shōji que l'on ouvre et referme, se fit entendre et très vite, la stature altière de Byakuya Kuchiki apparue.

Vêtu d'un riche kimono d'intérieur aux couleurs froides, son regard gris semblait lointain et son teint encore plus pâle qu'à l'accoutumée, lui donnait l'impression que l'homme aussi était malade. Sauf que lui, c'était de chagrin...

Le noble ne le remarqua pas tout de suite mais, quand ses yeux anthracite croisèrent leurs homologues ambrés, son visage se durcit et tel un faucon, il fondit sur le rouquin.

- Que diable faites-vous ici, Kurosaki ?! Qui vous a permis d'entrer ?

- Bonsoir à vous aussi, monsieur.

- Ne soyez pas insolent et répondez ! Vociféra le noble

- Puisque vous souhaitez tant le savoir, c'est Rukia-san qui m'a ouvert et invité, en ces lieux. Quant à la raison de ma venue, elle est simple : je suis là pour rendre visite à Dame Hisana, votre femme. Répondit calmement le roux

- C'est absolument hors de question ! Elle n'est aucunement en état de recevoir qui que ce soit et surtout pas, un petit majordome. Acheva-t-il, avec mépris

- Je n'ai que faire de votre condescendance, monsieur. Si je suis ici, c'est uniquement pour venir en aide à Dame Hisana et vous ne m'en empêcherait pas !

- Comment osez-vous, misérable ?! Vous vous croyez tout permis parce que l'on vous prête quelques qualités, c'est cela ? Mais, laissez-moi vous dire une chose : vous n'êtes et ne demeurez jamais rien de plus, qu'un majordome, un serviteur !

- Si tel est vraiment le cas, alors pourquoi me montrer tant d'hostilité ?

- ...

- Si j'étais réellement aussi insignifiant que vous le dites, vous vous contenteriez simplement de m'ignorez, n'est-ce pas ? Hors, vous n'avez jamais eu que mépris et dédain à mon égard. Et, sauf erreur de ma part, on n'est hostile qu'envers ceux qui nous menacent d'une manière ou d'une autre.

Byakuya ne répondait pas, se contentait d'écouter mais, au fur et à mesure qu'Ichigo parlait, les mains pâles du noble se serraient et ses poings tremblaient d'une rage contenue. Le rouquin le voyait bien et en une seule phrase, il pouvait faire voler en éclats les derniers remparts du brun :

- Alors, la question est : pourquoi vous sentez-vous menacé par moi ?

En voyant la mâchoire de son interlocuteur se crisper, le rouquin crut que celui-ci allait enfin lui apporter quelques réponses - même si cela devait se faire au travers d'un combat, qu'il n'aurait aucun mal à dominer - mais finalement, rien ne se passa. Le noble inspira profondément puis, relâcha lentement tout l'air qu'il avait dans les poumons. Il reprit son masque altier puis, déclara d'une voix venimeuse :

- Le simple fait que vous puissiez imaginer m'atteindre, est un affront impardonnable. Cela reviendrait à comparer un chien à son maître ! Ajouta-t-il en toisant de haut en bas son opposant. Par ailleurs, j'ai entendu qu'il n'y a pas si longtemps, vous aviez été arrêté par Scotland Yard...

- Une simple méprise, voilà tout.

- J'en doute fort, personnellement. Décidément, la justice est devenue bien laxiste ! Mais, n'ayez crainte lorsque, je succéderai à mon grand-père au titre de Duc, je compte bien faire en sorte... d'y mettre bon ordre.

- Oh mais, je n'en ai jamais douté, Kuchiki-san ! Répliqua Ichigo, d'un ton volontairement provocant

- Espèce de...

- Assez ! C'en est assez, Byakuya ! Intervint un nouvel arrivant

- Grand-père ?

- Monsieur le Duc, je vous souhaite le bonsoir. Fit Ichigo en s'inclinant avec respect

- Allons, allons, mon garçon. Il me semble vous avoir déjà dis et répété que vous m'inspiriez bien trop de sympathie, pour être aussi formel à mon égard, hum ? Répondit le vieil homme avec un sourire fatigué

- Navré, Ginrei-san. Sourit à son tour, le rouquin

- C'est mieux ainsi ! Quant à toi, Byakuya, puis-je savoir pour quelle raison, tu te montres aussi désagréable avec votre invité.

- Un invité ? Enfin, Ojī-san, ce valet n'est qu'un trouble-fête qui n'a rien à faire ici !

- Ce n'est pas à toi d'en juger. Ici, nous sommes dans ma demeure et c'est moi, qui dicte les règles. Hors, dans ma demeure, on ne traite pas les invités ainsi ! Clama-t-il en frappant sa canne au sol. Présente immédiatement tes excuses à Ichigo-kun, tu entends ?

- Comment ?! Moi, m'excuser auprès d'un serviteur ! Mais, vous n'y pensez pas, Ojī-san ?

- Sur-le-champ, j'ai dis ! Sauf, si tu préfères lui demander pardon à genoux ? Menaça le vieil homme, en pointant sa canne sur son petit-fils

L'air sévère de son aïeul, lui indiqua qu'il ne plaisantait pas et était vraiment prêt à mettre sa menace à exécution. Alors, de mauvaise grâce, Byakuya inclina le haut de son corps et commença, avec rigidité :

- Je...

Il sembla à Ichigo que les mots étaient coincés dans la gorge pâle du noble, qui reprit du mieux qu'il put :

- Je vous prie de bien vouloir me pardonner son comportement ainsi que mes propos, dont la teneur était on ne peut plus déplacée.

- Je n'ai pas bien entendu, Byakuya. A qui présentes-tu tes excuses ? Réprimanda Ginrei, d'un ton insistant

Ce dernier se mordit la langue de rage mais, répliqua docilement :

- Veuillez accepter mes excuses, Kurosaki... -san.

- Je les accepte bien volontiers. Et étant donné que je me suis moi-même montré quelque peu irrespectueux envers une personne de votre rang, je vous présente pareillement mes excuses, Kuchiki-san.

- Bien. Cet incident étant réglé, j'aimerais à présent, aborder la raison qui vous a poussé à venir en ces lieux, Ichigo-kun.

- Oui, et bien... comme je le disais à Kuchiki-san, je...

- Souhaite voir Hisana-san, c'est bien cela ? Acheva à sa place, le duc

- Vous avez deviné juste, Ginrei-san, c'est exactement cela. Confirma le rouquin

- Je vois. Ma foi, il n'y a aucun raison de vous refuser cette requête. Fit l'ancêtre, songeur. De plus, l'épouse de mon petit-fils vous a toujours tenu en estime. Alors, je ne doute pas que cette visite lui plaise...

- C'est ridicule ! Ragea Byakuya. Qu'est-ce que sa visite pourrait bien changer à son état ? Même les meilleurs médecins n'ont pas été capables de...

- Il suffit, Byakuya ! Clama son aïeul. Si, comme tu le dis, ta femme vit ses derniers instants alors, je suis certain qu'elle serait ravie de voir autant de visages familiers que possible, avant... la fin.

Ne pouvant en supporter davantage le brun se détourna et reparti d'un pas rapide, devant le shōji qu'il avait fermé plus tôt.

Ichigo, qui était resté en compagnie du duc, le regarda faire avec un air contrit. Il avait beau chercher, il ne voyait pas pourquoi le noble se comportait ainsi, envers lui.

- Cela n'est point de votre faute, mon garçon.

- Vous dites, monsieur ?

- Ce sentiment que mon petit-fils nourrit à votre égard, n'est point de la haine ou du mépris...

- Et bien, en tout cas, cela y ressemble de façon troublante, Ginrei-san ! S'exclama le rouquin

- Oh non, je vous l'assure. Affirma le duc. En vérité, Byakuya ne vous hais pas, il vous envie !

- Pardon ?!

Alors celle-là, il ne s'y attendait pas ! Byakuya Kuchiki, le futur successeur au titre de Duc, de la noble famille Kuchiki, l'enviait ? Il avait raté quelque chose ?

- Mais enfin, c'est ridicule ! Pourquoi diable m'envierait-il alors, qu'il a tout pour lui ? Demanda le rouquin, confus

- Pour votre force, votre audace et surtout, pour votre liberté...

- Ma... liberté ? Répéta le majordome

- C'est cela ! Byakuya a toujours recherché l'excellence en toute chose, il voulait plus tout... être digne de son défunt père, Sōjun. Celui-ci nous a quitté avec sa femme, lors d'un terrible naufrage qui avait fais des centaines de victimes. La charge qui aurait normalement dû lui être dévolue, est revenue alors à mon petit-fils qui a été littéralement happé par son devoir. Trop accablé par mon propre chagrin, je n'ai pas su voir ce que les membres de notre famille faisaient de lui et lorsque, je me suis réveillé... il était trop tard. L'enfant souriant et insouciant qu'il avait été, était devenu un garçon impassible et perfectionniste.

- Hm... J'imagine qu'en plus de la pression d'exerçait votre famille, il ne devait se permettre lui-même aucun faux pas, n'est-ce pas ?

- Oui... cela était incroyable et terrifiant, à la fois ! Soupira tristement le vieil homme. Et malheureusement, il était bien trop ancré dans les carcans de son devoir, pour que je parvienne à l'en sortir.

- Je comprends. Que s'est-il passé ensuite ? Demanda le rouquin

Le duc jeta un bref regard à ce dernier, avant que soupirer en détournant la tête vers son petit-fils.

- Vous allez certainement penser que je suis un monstre d'égoïsme, Kurosaki-kun, mais, même avoir découvert l'ampleur des dégâts causés par l'éducation draconienne que mon petit-fils avait subit, je n'ai rien fais...

- Comment ? Mais, pourquoi cela Ginrei-san ? S'étonna le majordome, attentif à la réponse

- Byakuya est le portrait de son père, il lui ressemble de façon troublante et chaque fois que je posais mes yeux sur lui, j'avais l'impression d'être face à un fantôme. Le fantôme de mon cher fils perdu..., ajouta-t-il, la gorge serrée. Malgré tout ce temps, je n'avais pas réussi à faire mon deuil et chaque fois que je voyais son visage, mon cœur de père... se déchirait.

- Ginrei-san...

- Rétrospectivement, je me rends à quel point, mon comportement était stupide et je regrette de ne pas avoir été là pour lui, pour l'épauler, l'encourager et le féliciter. Car, vous pensez bien que c'est à peine, s'ils le félicitaient pour tous ses efforts. Être démonstratif, est loin d'être le point fort de notre famille, malheureusement ! Tant et si bien, qu'il a fini par se persuader que ce qu'il faisait, n'était jamais assez bien et qu'il devait faire encore mieux que cela...

- C'est impossible, Ginrei-san, personne n'est parfait.

- Je le sais, mon garçon mais hélas, lorsque l'on est destiné à hériter du titre de Duc, on se doit d'avoir une image absolument irréprochable et ne jamais sortir des sentiers battus. Et d'ailleurs, précisément pour cette raison que mon petit-fils, vous envie Kurosaki-kun...

- Je ne..., commença le rouquin

- Vous n'avez pas peur de franchir toutes les barrières qui se présentent à vous et particulièrement, les barrières sociales. Ainsi, bien plus qu'un simple majordome, vous parvenez à vous élever au-dessus de votre rang afin d'atteindre vos objectifs. Et le plus étonnant, est que vous êtes applaudi pour cela et que vous êtes l'objet des plus ferventes louanges. C'est une chose dont Byakuya n'est pas capable ! Et même face à une injustice que lui-même condamnerait et sur laquelle, il n'a pas de prise directe : lui, resterait cloisonné dans son impassibilité, là où vous, vous n'hésiteriez pas à crier au scandale, agir en conséquence et à en être remercié. Acheva le vieil homme

Interloqué, Ichigo prit le temps que digérer ce qu'il venait d'apprendre, comprenant mieux désormais, la rancœur tenace du brun pour lui. Le duc l'observait, le laissant plonger dans ses réflexions, un moment puis, reprit :

- Cette flamme qui brûle en vous, Kurosaki-kun et qui vous donne votre audace et votre liberté d'action, est ce qu'il vous envie ! Et je crains que son ressentiment l'empêche de voir, tout ce qu'il possède déjà... ainsi que les personnes qui l'aiment..., soupira l'ancien, fatigué

- Ginrei-san...

- Vous savez, malgré tout, j'aime profondément mon petit-fils. C'est quelqu'un de bon et je suis certain qu'il fera un meilleur chef de famille que je ne l'ai moi-même été ! Il a toutes les qualités pour cela..., lui avoua le duc

L'étincelle de fierté qui illumina brièvement dans son regard, n'échappa pas à Ichigo, qui sourit avec compassion. Quel dommage que Byakuya ne puisse pas s'en rendre compte, lui aussi ! Le majordome songeait alors, qu'il ne devait sûrement rien voir non plus, de la ferveur avec laquelle Rukia-san parlait de lui, ni du tendre amour qu'Hisana avait pour lui. Elle lui avait même confié une fois, vouloir le combler en lui annonçant un heureux événement, dès qu'elle serait enfin guérie. Tant d'amour et de bonheur qui lui étaient inconnus !

Maudites, soient les règles de cette famille qui l'emprisonnait, comme un oiseau en cage, depuis son enfance ! Et maudite, soit sa stupide obstination qui le rendait sourd et aveugle !

Agacé et las de toutes ces balivernes, Ichigo mit fin à sa conversion avec le duc, le salua et se dirigeait dignement vers le brun, qui attendait toujours à côté du shōji. Les yeux anthracites ne manquaient aucun de ses mouvements et arrivé face à lui, se plongèrent dans leurs consœurs ambrées.

Pendant un instant, le noble le défia du regard puis, s'écarta doucement pour libérer le passage. Puis, d'une voix emplit de froideur, il déclara :

- Passez cette porte et toutes celles qui suivent, les unes après les autres. Sa chambre se trouve derrière la sixième.

Ichigo sourit. Cette ruse destinée à faire perdre du temps à un éventuel assaillant et donner ainsi du temps à l'occupant, pour fuir : cela l'amusait malgré lui !

- Bien.

- Et s'il se passe quoique que ce soit, venez m'en informer immédiatement. Ne vous prenez pas pour un héros, est-ce clair ?

Refroidi, le néphillim perçu toute l'inquiétude dissimulée derrière ces mots et ne s'embarrassa donc pas du ton, qui avait été employé. Il se contenta d'hocher la tête en signe d'acquiescement puis, ouvrit silencieusement le premier shōji.


Ailleurs, dans les rues, Renji qui avait retrouvé celui dont lui avait parlé son ami, marchait d'un pas rapide en direction du grand manoir.

Grimmjow, à ses côtés, observait son guide d'un regard critique. D'après ce qu'il avait vu, il pouvait en déduire que le rouge occupait le même genre de fonction qu'Ichigo et que ces deux-là étaient proches. Histoire d'être sûr du lien qui reliait son rouquin à ce dénommé Renji, il demanda :

- Tu es un ami d'Ichigo, c'est bien ça ?

- Oui. En fait, on peut dire qu'Ichigo est mon meilleur ami ! Sourit un peu l'interpelé. Pour moi, il est comme un frère... ajouta-t-il même, sans y penser

- Hn, je vois.

" Bon, au moins, il n'en a pas après son cul celui-là ! C'est déjà ça !" pensa le bleuté, désormais plus détendu.

- Et je peux savoir ce qu'il se passe, pour que tu te sois mis à gueuler comme ça, tout à l'heure ?

- Je ne suis pas sûr que cela soit...

- Ne m'énerves pas et réponds à la question, compris ! Rugit le bleuté, qui même avec une canne et un bras en écharpe, restait impressionnant.

Le pauvre Renji n'en menait d'ailleurs pas large face à ce noble, qui avait l'agressivité d'un fauve. Son aura sauvage était aussi intimidante que pouvait l'être, celle glaciale de Byakuya-sama, le grand frère adoptif de sa chère Rukia.

" Mais comment Ichigo fait-il pour tenir tête à des types pareils ? " se demandait le rouge

Le mutisme du serviteur, irritait Grimmjow qui reprit avec supériorité :

- Tu vas répondre, oui !

- Euh... et bien, il se trouve que la sœur aînée de ma maîtresse est gravement malade. C'est incurable d'après les médecins et je crois... j'ai pensé que... enfin, euh...

L'aristocrate grogna face au bégaiement du rouge, qui lança alors :

- Ichigo sait toujours quoi faire alors, je me suis dis que... peut-être cette fois aussi, il pourrait...

- C'est bon, j'ai compris l'idée ! Fit l'américain, en passant sa main libre dans ses cheveux.

Vaguement amusé, il tourna la tête vers le ciel étoilé et déclara :

- Pff, encore parti essayer de faire des miracles, celui-là !

Et dans la fraîcheur de le nuit, Renji espérait que son presque frère pourrait faire quelque chose, qui soulagerait définitivement Dame Hisana.


Manoir du Duc Kuchiki, à l'étage supérieur :

Devant le dernier shōji menant à la chambre de Hisana, Ichigo marqua une pause, se préparant mentalement à ce qui allait suivre. Après une profonde inspiration, il demanda d'une voix claire la permission d'entrer à l'occupante de la chambre, qui la lui accorda rapidement. L'accord fut d'ailleurs suivie d'une quinte de toux sèche, qui le pensait-il avec justesse, devait irriter considérablement la gorge de la malade.

Quand il entra finalement dans la salle, le rouquin reconnut à peine le corps étendu sur le grand lit à baldaquin, qui détonnait un peu avec la décoration traditionnelle du reste de la chambre. Dans un souci de bien-être, Byakuya avait certainement fais demander à ce que son futon soit remplacé par ce lit occidental. Pour en revenir à Hisana, Ichigo ne pouvait que constater à quel point, son corps avait été ravagé par la maladie et cela lui fit un coup au cœur.

Il se sentait mal de voir cette dame habituellement si charmante et rayonnante, être affaiblie comme cela. Incroyablement amaigri et creusé, son visage à lui seul, témoignait de sa souffrance lancinante. Et c'est avec des yeux embués de larmes, qu'elle tourna lentement la tête vers lui et s'exclama faiblement :

- Ichigo Kurosaki ? Mais, que faites-vous donc ici, mon garçon ?

- C'est Renji qui m'a demandé de venir, madame. Lui répondit-il doucement

Alors qu'elle répliquait, le majordome dut faire un effort pour l'entendre, tant sa voix était éteinte.

- Comment ? Mais pourquoi a-t-il... Kof, kof, kof ! Fit-elle en toussant péniblement

Le majordome prit alors, le temps d'observer attentivement la dame allongée devant lui. Et ce qu'il voyait n'était pas très brillant ! Son regard était vitreux et larmoyant, son teint frisait la pâleur d'un cadavre et il apercevait sur sa gorge, d'étranges tâches brunâtres et suppurantes, semblables à de la peau nécrosée qui s'étendaient très probablement sur tout le corps de la noble.

" Comment a-t-elle pu se retrouver en présence d'un tel virus, c'est inconcevable ?! se dit-il, déconcerté avant de se calmer. Elle est en bien triste état ! Et si, j'en juge à sa respiration laborieuse, elle ne passerait certainement pas la nuit et mourra dans d'atroces souffrances. Je n'ai donc pas le choix, je dois le faire..."

Fort de sa résolution, il prit place sur le matelas, tout près de la dame qui le regardait avec un air confus. Elle ne comprenait pas ce que faisait le rouquin mais, n'eut cependant pas la force de l'interroger. Ichigo capta malgré tout son trouble et parla avec un sourire amical :

- Ne vous en faites pas, Hisana-san. Tout va bien se passer, faites-moi confiance ! Lui assurait-il en posant sa main sur son front.

Il approcha son visage de la femme aux cheveux brun et lui murmura :

- Fermez les yeux, Hisana-san...


Inquiet de savoir ce majordome, seul avec sa femme, Byakuya tournait en rond comme un lion en cage, devant les multiples portes qui menaient à la chambre de son aimée. Quand le shōji glissa enfin pour laisser réapparaître le rouquin, ce que vit le noble lui coupa la respiration et le glaça d'effroi :

- C'est fini, Kuchiki-san. Tout est terminé…, lui annonça le majordome qui avait encore sur les joues, les traces des larmes qu'il avait versé.

Incrédule, Byakuya secoua la tête de droite à gauche essayant de nier la réalité. Une larme puis, une deuxième puis, une multitude d'autres coulèrent des yeux anthracite et brusquement, il se précipita vers la chambre de son aimée, bousculant le rouquin au passage.

Non, pas elle ! Pas Hisana ! Pas cette femme si lumineuse, qui avait réussit à le sortir de la solitude dans laquelle il avait été enfermé toute sa vie ! Celle pour qui, il avait osé braver sa famille pour la première fois, afin d'avoir le droit de l'épouser. Pour elle, il avait menacé de tout abandonner : sa fortune, l'avenir auquel on le destinait depuis sa naissance, tout ! Cette femme qu'il avait trouvé si lumineuse au milieu du quartier pauvre, où il l'avait vu et où il en était tombé amoureux. L'amour l'avait frappé de plein fouet, lui, que même des membres de sa propre famille, qualifiaient d'insensible. Son cœur froid et dur comme de la glace, avait fondu face au charme délicat de cette brune aux yeux couleur des fonds marins, où il s'était noyé.

Il la chérissait plus que quiconque en ce monde, elle ne pouvait pas… partir sans lui ! Elle ne pouvait pas être… morte !

C'était sa faute, tout était de sa faute ! S'il avait été là plus souvent, s'il avait passé plus de temps avec elle, il aurait vu qu'elle n'allait pas bien. Il aurait vu que quelque chose n'allait pas et il aurait pu agir avant que tout cela ne s'envenime ! Il aurait pu faire quelque chose pour elle…

Elle avait toujours été là pour lui mais… lui, qu'avait-il fais pour elle ? L'avait-il suffisamment soutenu ? Suffisamment… aimé ? A cet instant, il en doutait fortement…

Il pénétra comme un fou dans la chambre de son épouse et l'a trouva étendue dans ses draps, les yeux clos et la réalité l'assomma. Hisana n'était plus et il sentait son cœur se briser en milles morceaux.

- Non…, murmura-t-il, désespéré

Fou de chagrin, il s'effondra aux côtés du corps de son épouse et un flot de larmes plus important encore, dévala sur son visage.

Et alors, qu'il crut mourir tant sa souffrance était grande, une main fraîche se posa sur sa joue. Surpris car, il ne lui semblait pourtant pas avoir entendu la porte s'ouvrir, il ouvrit les yeux et resta figé face à la vision qui s'offrait à lui…

- Pourquoi pleures-tu, mon amour ?

- Hisana… tu… tu n'es pas… ? Mais, Kurosaki m'a dit que…

- Oui, c'est terminé, Byakuya. Le cauchemar est fini ! Regarde : plus une seule tâche ! S'exclama-t-elle joyeusement en découvrant sa poitrine.

- Ta voix ! Elle n'est plus voilée, tu ne tousses plus…, remarqua-t-il à son tour, abasourdi. Mais… comment ?

- Je n'en ai aucune idée. Kurosaki-kun m'a seulement demandé de lui faire confiance, je me suis assoupie et… et voici le résultat !

- C'est inouï ! Ô Hisana, je suis tellement… tellement heureux ! Il faut que... Kurosaki ! S'exclama-t-il soudain, en se relevant d'un seul bond pour quitter la pièce

Avec le même empressement que pour aller retrouver son épouse, Byakuya courait dans les couloirs de sa demeure dans l'espoir d'intercepter le rouquin. Pourquoi avait-il fait cela ? Pour Hisana ? Pour Rukia ? Pour... lui ?

Le personnel du manoir était effaré face à l'attitude de l'ébène. Jamais, ils ne l'avaient vu courir à en perdre haleine ainsi !

- KUROSAKI !

Celui-ci se retourna accompagné de Jaggerjack, observant l'aristocrate qui venait de l'appeler en hurlant. Penché à une fenêtre et la respiration encore haletante, Byakuya chercha son souffle pendant un moment. Une fois qu'il eut reprit contenance, il hésita un instant quant aux mots à prononcer et se décida finalement pour un simple :

- De tout mon cœur... merci, Ichigo Kurosaki !

Le majordome ne répondit pas immédiatement, continuant de fixer l'ébène de son regard ambre. Puis, un sourire attendri fleurit sur ses lèvres et il déclara :

- Si vous voulez vraiment me remercier, Kuchiki-san, alors tâchez de profiter de ce que vous avez ! Vous avez une femme qui vous aime et veux vous donner des enfants, une belle-sœur qui vous adore et vous admire, ainsi qu'un grand-père, qui est fier de son petit-fils. Cessez de vouloir courir après la gloire et la reconnaissance des autres, alors que vous avez déjà tout ce qu'il faut pour être heureux ! Vous êtes entouré par des personnes qui valent bien plus, que toutes les louanges dont votre réputation pourrait être couverte et il serait grand temps que vous vous en rendiez compte. Arrêtez d'envier les autres pour ce que vous n'avez pas et satisfaites-vous de ce qui est à votre portée, Kuchiki-san ! Si vous ne le faites pas maintenant, après il sera trop tard pour les regrets !

Un silence suivit ce flot de paroles, que même Grimmjow n'osait interrompre. Si les propos d'Ichigo l'avaient frappé, ce n'était rien à côté de Byakuya. Ses yeux étaient plus écarquillés qu'ils ne l'avaient jamais été et il ne cessa de tourner et retourner les mots du rouquin dans son esprit.

" Il n'a jamais essayé de me supplanter, ni de me rabaisser ou même de me porter atteinte... Pendant tout ce temps, il voulait juste que... j'ouvre les yeux ! Ce que je prenais pour de l'arrogance, n'était en fait que de la lassitude face à mon comportement..., comprit-il enfin. Kami-sama, que j'ai été bête !" se dit-il, fermant un instant, les yeux.

Il avait eu une attitude déplorable avec lui et maintenant, il s'en rendait compte ! Il s'était comporté égoïstement comme un enfant capricieux et en avait oublié ce qui compte le plus. Mais, tout cela allait changer ! Maintenant qu'Hisana était sauve, il ne l'abandonnerait plus jamais au profit de quoique ce soit et il la chérirait comme il lui en avait fais la promesse, le jour de leur mariage. Il avait une famille qui l'aimait tel qu'il était et plus jamais, il ne l'oublierait !

Et dire que cela, il l'avait appris de celui qu'il considérait encore comme un ennemi, il y a quelques minutes de cela. C'en était presque risible !

Byakuya reprit une attitude qui convenait davantage à son rang mais, il n'y avait plus rien de hautain ou de méprisant sur son visage. Juste de la noblesse... et aussi, de la gratitude.

- Je tâcherai de ne pas oublier vos paroles, Kurosaki-san. Et soyez assuré que je m'acquitterai de la dette, que j'ai envers vous car, un Kuchiki paye toujours ce qu'il doit. Dit-il d'une voix posée

- N'est-ce pas ? Renchérit Ichigo, fort amusé par le perfectionnisme que l'ébène mettait toujours dans chacune de ses actions

Ce dernier lui retourna son sourire puis, disparut retournant sereinement auprès de sa bien-aimée. Le rouquin resta un instant à fixer la fenêtre derrière laquelle le noble s'était éclipsé et il sentit au fond de lui que maintenant, tout irait bien pour eux.

" L'oiseau va enfin se décider à sortir de sa prison dorée..."

Cette idée le ravit, scotchant un sourire bienheureux sur son visage alors qu'il s'en retournait à son tour, chez lui.

- Tu ne peux pas t'empêcher de jouer les bons samaritains, hein ? Railla le bleuté, à ses côtés

- Participer au bonheur d'autrui est excellent pour le moral et le contentement de soi. Vous devriez essayer, Grimmjow-san ! Acheva-t-il sur le même ton que son interlocuteur

En retour, celui-ci grommela dans sa barbe inexistante. Râlant comme quoi les remarques de ce genre, étaient toujours pour sa pomme et d'autres choses, qui firent pouffer discrètement le rouquin. Ce qu'il ne vit pas, fut le sourire en coin du bleuté face à l'amusement qu'il avait provoqué chez lui. Et Grimmjow se surprit à penser que le rire d'Ichigo, valait tout l'or du monde...

" Et maintenant, je deviens fleur bleue ! N'importe quoi, je débloque complètement !" se dit-il en levant mentalement les yeux au ciel.

- Mais au fait, comment as-tu fais pour la sauver ? Je croyais que sa maladie était incurable. L'interrogea l'aristocrate

- Les larmes des anges ont le pouvoir de guérir. Et bien que je ne sois qu'à demi-ange, je possède cette capacité.

- Hein ? Mais alors, pour mon bras et ma cheville... ?!

- Êtes-vous à l'article de la mort ou atteint d'une maladie incurable, hormis votre bêtise ? Je ne crois pas. Donc, l'affaire est close ! Acheva le néphillim

- Mais oui, bien sûr ! C'est toujours pareil ! Râla l'autre

- Pourquoi dites-vous cela ? Vous n'êtes pas content que je m'occupe de vous ? Taquina théâtralement le majordome. Et dire que vous allez devoir supporter d'être en tête-à-tête avec moi, pendant quelques jours encore ! Pauvre de vous !

- Je te le fais pas dire ! Qu'est-ce que j'ai fais pour mériter ça, bon Dieu ! Ria franchement Grimmjow

C'est avec le sourire qu'Ichigo alla annoncer la bonne nouvelle concernant le rétablissement de Hisana, à son oncle et ses sœurs, accompagné du bleuté. Puis ensemble, ils rentrèrent finalement au manoir de l'américain.

Demain soir, ils iraient à la soirée organisée par Tensa Zangetsu et cette soirée risqua de leur réserver des surprises...


Dans sa boule de cristal, Yoruichi observait le jeune rouquin en compagnie du bleuté, revenir du manoir des Kuchiki. Elle poussa un soupir et un triste sourire s'étira sur ses lèvres.

- Pourquoi avez-vous si l'air triste, Yoruichi-sama ? Ichigo-kun a réussi à sauver Dame Hisana, non ? Fit Soi Fon

- Oui, comme d'habitude, il a accompli des merveilles ! Malheureusement, ce n'était pas cette âme que la mort viendra bientôt chercher…


Ailleurs, au port de la ville de Londres, plus précisément, une jeune femme brune débarquait de son bateau après un long voyage.

Une main tenant un sac de toile par-dessus l'épaule et l'autre sur la hanche, l'air confiant et le regard emplit de nostalgie, elle entrait dans la ville pour y retrouver son amie d'enfance. Ses cheveux bruns avaient poussé dans son dos, lui conférant une coiffure assez atypique et ses muscles fins mais, saillants témoignaient de l'entraînement quotidien qu'elle leur avait accordé pendant plusieurs années. Cela était également confirmé par la tenue d'arts martiaux qu'elle portait.

- J'ai hâte de te revoir, Hime...

A suivre...


(*) Don't make a fool of me ! = Ne me prends pas pour un con ! (ps : et c'est bien "make", pas "take" ! C'est de l'anglais, pas du franglais, les amis ^^ ! )

Sceau de Baphomet : Non, ce n'est pas une invention ! Le sceau de Baphomet a réellement existé et était associé au culte satanique. Après, il est vrai que je lui prête des pouvoirs spéciaux mais bon, c'est pour la fic :) !

London Bridge : A ne pas confondre avec le Tower Bridge, qui est un pont basculant, situé 900 mètres en aval et qui a été construit de 1896 à 1996 !

Et oui, j'ai fais des recherches ! Non mais, qu'est-ce que vous croyez ?!

Pensées haineuses de Grimm : Non, mon chaton, Dieu n'y est pour rien ! C'est moi, l'auteur, qui te torture XD !


Et voilà, tout pour aujourd'hui ^^ !

Et non, je n'ai pas tué Hisana ! Pourquoi ? La raison est simple : après avoir tué Masaki et la mère de Momo, j'estime avoir tué suffisamment de femmes au coeur pur, comme ça ! Déjà que pour Masaki, ça a été un déchirement alors Hisana, j'ai décidé de la garder en vie et pis, voilà . !

Tatsuki est revenue \o/ ! Une bonne nouvelle ? Hum... pas forcément pour tout le monde... Mouhahaha, je vous réserve un truc sympa ! Vous verrez... x)

Bon, le truc de Yoruichi en sorcière, c'était un peu facile mais, le rôle lui va tellement bien ! J'ai pas pu résister ^^ ! Vous avez remarqué que j'ai utilisé l'apparence qu'elle et Soi Fon avaient dans le passé ? Elle colle plus à mon image de sorcière malicieuse et j'aime bien Soi Fon comme ça ^^ ! Elle fait vachement adepte de Yoruichi, vous trouvez pas XD ?

Si vous avez du mal à vous imaginer le look de Renji, dans ma fic, voici l'image qui m'a inspiré ( ne prenez pas compte des parenthèses ) :

http(: double slash)renji point skyrock point com(/)3127478243 (-) Renji (-) Abarai point htlm *-* !

Si ça marche pas (même si j'ai mis au moins 10 min, pour trouver une notation acceptée par le site u_u" ) c'est une image 400 x 576 de lui, en costume avec un plateau dans une main

Pour Grimm et Ichi... que voulez-vous que je vous dise ? C'est encore à l'eau XD ! Mais, rassurez-vous mes ami(e)s, bientôt, l'histoire va prendre un sacré tournant... suspence ;) !

Ça vous a plût ? Vous en voulez encore ? Alors, reviews \o/ !


Réponses aux reviews anonymes :

lili199 : Coucou ^^ ! Comme tu l'as vu, je peux faire pire en matière de tension XD ! Ah, que je suis cruelle avec les persos x) ! Sinon, j'avoue que j'avais super bien visualisé la scène de l'auberge donc, faire dégager ces deux dindes a été un plaisir *-* ! Mouhahaha ! Bon, et sinon, ce chap' t'a plût ? J'attends ton avis avec intérêt ! A plus ^^ !

chloe : Tiens, tiens ! Il ne me semble pas avoir déjà reçu de review de ta part ? Une nouvelle amie ?! Géniale ^^ ! Je suis contente que ma fic de plaise 8D ! Et que tu me dises que la reprise est bonne me rassure u_u ! Après une longue coupure, on a toujours peur de perdre un peu le fil ou la magie de notre fic ! Qui a dis qu'être auteur était facile ? Merci pour tes encouragements et à la prochaine ^^ !

Hotaru : Salut, salut ^^ ! Désolée pour cette attente u_u ! Alors, tu trouves que mon écriture s'est améliorée ? Il faut dire que j'ai un peu évoluée moi-même alors, le reste suit ^^ ! Ce qui ne m'empêche pas de continuer à m'amuser aux dépends des persos, comme tu as pu le voir x) ! Mais, ne t'inquiète pas, on se rapproche des grands tournants de l'histoire ;) ! Allez, à bientôt et j'attends ta review ! Bye ^^ !

ayu : Kikou ! Merci pour ta review, ton enthousiasme et tes encouragements ! J'espère que tu me suivras jusqu'au bout ^^ !

Contente que mon petit passage sexy chocolat t'ait plût ! Je m'étais mis dans l'ambiance pour l'écrire x) ! J'entends par-là, youtube et musique yaoï très... inspirantes *-* !

Prochain rendez-vous : date indéterminée mais, tu vas adorer XD ! Ja ne ^^ !

chiru : Salut, ça me fais toujours plaisir d'avoir de nouvelles rewieuses ^^ ! Tu me fais penser à moi, quand je tombe sur une fic intéressante : je reste scotchée devant mon écran jusqu'à avoir lu le dernier chap' en date ^^ ! C'en suit un grand soupir de frustration car, il faut attendre la suite x) !

Comme je l'ai dis dès que j'ai commencé ma fic, l'histoire emprunte des éléments de Black Butler mais, ne copie pas le manga ! Le plagiat, très peu pour moi u_u ! J'ai suffisamment d'imagination pour créer par moi-même ^^ ! C'est marrant, tu es la deuxième personne à me parler de "Hush, hush" mais, je n'ai jamais lu ce manga ^^" ! Je ne sais même pas en quoi ma fic y ressemble, en fait x) ! Mais, j'y jetterai un coup d'œil à l'occas' ^^ ! A part ça, j'aime que les choses soient claires et je me suis donc assurée que mon explication l'était en lisant et relisant, pour être sûre que rien ne coince. Et c'est bien passé, victoire ^^ !

Sinon, ne t'inquiète pas, je ne demande pas à mes revieweuses d'écrire, sans aucune faute (déjà que moi-même, j'en fais parfois xp ) ^^ ! Pour commencer, parce que recevoir vos avis me fais déjà super plaisir, il faut le dire ! J'éprouve toujours de la joie, en voyant qu'on m'a envoyé des commentaires ^^ ! Donc, fautes = pas grave x) ! Du moment que ça reste compréhensible, évidemment XD ! Bon, j'attends ton prochain avis ^^ ! A bientôt !

baka-chan : Désolée, je sais que tu aimerais qu'Ichi et Grimm se lâchent mais, j'aime trop les torturer x) ! Mouhahaha ! Où vais-je chercher ces idées ? Dans mon cerveau pervers et sadique, bien sûr XD ! Pis, tu sais pour Grimm, j'ai utilisé le coup classique du mec qui n'entends que la mauvaise partie de la conversation ! Je fous la merde, quoi XP ! Mais, je t'inquiète pas : j'ai bien l'intention de mener cette fic jusqu'au bout ! Et vive le GrimmIchi (mode fan-girl) ^0^ ! Ok, je sors ! J'attends ton prochain délire de fan yaoi avec impatience ! A plus ^^ !