Salut tout le monde !

Je vous retrouve avec l'avant-dernier chapitre, avec de la dépression, du lemon (wéééééé), des bisous et du guimauve. Toujours du guimauve, je déteste en écrire mais je m'en passe pas, hum.

J'espère que ce chapitre vous plaira, et que vous n'avez pas trop attendu suite à la désastreuse fin du dernier chapitre !

BêtaLectrice : SuperPoussin et son travail acharné

[Réponse au review]

Lerugamine : Ah bah non l'intérêt c'est que ce soit le couple principal qui trinque, et Sasuke et Naruto avaient déjà eu leur engueulade mouhahaha... Sérieusement, je suis très contente que le chapitre t'est touché à ce point, mais pas de panique, la réconciliation arrive !

Rated : M

Sur ce, bonne lecture !


Shikamaru avait passé la première partie de ses vacances la tête sous la couette. Son portable, toujours à porté de main, affichait inlassablement les messages de ses meilleurs amis, quelques-uns de Kiba, et même de Naruto et Sasuke. Tous semblaient s'inquiéter mais aucune nouvelle de celui qui importait vraiment : Gaara.

Il ignorait tous les appels, et avait même refusé de voir Choji lorsqu'il s'était présenté chez lui deux jours auparavant. Et pourtant, il n'avait pas eu le cran de composer le numéro qu'il connaissait par cœur. Il se sentait incapable d'essayer de contacter son petit ami, encore fallait-il qu'il le soit encore. Pas de nouvelles depuis quatre jours, et il ne savait pas non plus ce qu'il en était pour Noël. Mais n'étant pas sorti de son lit depuis longtemps, il n'était pas plus avancé.

Ses parents n'avaient pas encore osé aller le voir. Lorsque Shikamaru était rentré le lendemain de la soirée, il n'avait rien dit et ils avaient clairement compris au silence et au claquement de la porte que quelque chose n'allait pas. Ils connaissaient suffisamment leur fils pour savoir qu'il réglait les choses à sa façon. Lorsqu'il aurait besoin de parler, ils seraient là.

En attendant, sa mère déposait souvent des plateaux avec des petits plats préparés, auxquels le génie touchait rarement. Elle se sentait impuissante face au mutisme de son fils et ça la rendait tout aussi triste. Elle n'avait jamais vu son enfant aussi vulnérable, et comprenait bien que c'était en rapport avec Gaara, puisqu'elle n'avait pas de nouvel du lycéen depuis le début des vacances.

Ce soir-là, alors qu'elle amenait un énième plateau garni qu'elle posa sur le bureau, elle ne put s'empêcher d'amorcer un geste vers son fils. Elle s'assit sur le lit et posa sa main sur la bosse qui déformait la couette, signe que Shikamaru était là.

« Shikamaru… »

Pas de réponse. Elle glissa sa main vers le haut et rencontra une touffe de cheveux hirsute. Elle les caressa.

« Shikamaru, j'aimerai que tu manges un peu…
- J'ai pas faim. »

Elle s'empêcha de soupirer.

« Ton portable n'arrête pas de sonner.
- Je sais.
- Shikamaru. »

Le nommé savait qu'il ne pourrait pas se battre indéfiniment contre sa mère. Cette dernière pouvait se montrer très persuasive, et il trouvait déjà anormal qu'elle ait attendu aussi longtemps pour venir le voir. Il se tourna lentement dans les couvertures, faisant face à sa génitrice. Cette dernière eut un pincement au cœur en voyant la mine effroyable de son fils.

« Tu dors un peu au moins ? »

Shikamaru haussa les épaules.

« Shika… Qu'est-ce qui se passe… Choji est déjà venu deux fois, et on a même vu Ino aussi. Ils s'inquiètent pour toi. Moi aussi, et ton père aussi.
- Je suis désolé.
- Raconte-moi ce qui se passe au lieu d'être désolé.
- C'est… »

Il n'arrivait pas à sortir les mots. Dès qu'il pensait à cette soirée, les larmes montaient d'elles-mêmes et sa gorge se serrait. Il renifla, incapable de refréner sa détresse et son souffle se hacha. Sa mère se pencha sur lui, le prenant dans ses bras dans une étreinte réconfortante. Shikamaru s'accrocha à elle, comme si sa mère pouvait panser ses blessures et se laissa aller à son chagrin. Il fondit en larmes dans ses bras et la femme le berça doucement, attendant qu'il se calme.

La nuit était déjà bien avancée lorsqu'elle sentit enfin son fils se détendre dans l'étreinte. Elle se décala un peu, examinant le visage fatigué et mouillé de larmes. Elle essuya tendrement ses joues, se rendant compte qu'elle n'avait peut-être pas été assez là pour son fils durant toutes ses années.

« J'ai peur maman… »

Elle décida d'écouter Shikamaru jusqu'au bout, le laissant prendre son courage pour tout lui dévoiler.

« Je suis trop bête j'ai… J'ai pas assurer maman, j'ai peur d'avoir fait une grosse connerie… »

Il hoqueta, et Yoshino caressa doucement ses cheveux pour l'inciter à continuer.

« J'ai peur d'avoir tout foutu en l'air avec Gaara… Je sais que je devrais lui parler mais j'ai trop peur de l'appeler ou d'aller le voir… Maman j'arriverai pas à lui faire face… »

Elle sentit les larmes revenir au galop et le pris une nouvelle fois entre ses bras.

« Shikamaru… Ton père dit toujours que tout problème à une solution, et je suis d'accord avec lui. Tu as mis du temps à le comprendre, mais tu es un garçon intelligent. Malheureusement, même le plus grand génie peut devenir faible face à l'amour, et crois-moi ton père était loin du lauréat dans ce domaine-là. »

L'allusion fit rire le brun et sa mère fut heureuse de le voir sourire.

« Si vous n'avez pas parlé avec Gaara, tu ne peux pas savoir si c'est finit ou non. Même si ça te fait peur, il en va de vous. Tu ne laisserais pas tout tomber comme ça, si ?
- Non mais… C'est ma faute, je crois et…
- Raison de plus pour l'appeler.
- Mmh… Mais s'il refuse de répondre je sais pas ce que je ferai…
- Déjà il faut que tu te calme. Et que tu manges. Après tout ce que vous avez vécu, tout ne peut pas être balayé sur un malentendu. Et je signale au passage que sa sœur n'a pas décommandé Noël. »

Cette nouvelle réchauffa le cœur du génie. Sa mère avait raison, tout n'était pas perdu. Et même si maintenant il ne se sentait toujours pas capable d'appeler le rouquin, il devait se reprendre et réparer les dégâts. Il se sentait coupable de cette soirée, et il se promit qu'après une bonne nuit de sommeil il prendrait son courage à deux mains pour appeler Gaara.

Il finit par relever son visage pour regarder sa mère. Il n'était pas très proche d'elle en général, mais il la remercia silencieusement. Ses yeux parlaient pour lui et Yoshino caressa une nouvelle fois sa joue.

« Tu es indépendant, Shikamaru, mais je suis contente de pouvoir faire mon rôle de mère de temps en temps. »

Le plus jeune rit un peu et sa mère lui ébouriffa les cheveux.

« Bon maintenant, tu manges. Et après tu dors, tu ne reconquerras pas ton homme avec cette tête. »

Le génie grogna mais accepta volontiers le repas que lui porta la femme. Après ses quelques jours de jeun, son estomac commençait à réclamer et avec ce regain de volonté, Shikamaru avait de nouveau faim.


« Naruto s'il te plaît, arrête de faire la tête. »

Le blond se retourna, peu convaincu. Adossé prêt de la fenêtre de la chambre de son petit ami, il avait passé l'après-midi à regarder dehors, les yeux vides. Sasuke comprenait que l'Uzumaki se sente triste pour son meilleur ami, mais ça ne pouvait plus durer. Et ça le frustrait, d'un côté.

« J'ai l'impression de servir à rien là, avec ta dépression.
- Je déprime pas.
- Viens. »

Naruto se leva pour rejoindre son petit ami sur son lit, se lovant dans les bras qu'il lui ouvrait.

« Pourquoi ça te concerne autant ?
- Bah je sais pas… C'était pour nous dire au revoir qu'il a laissé Shika, et du coup Kiba l'a kidnappé. »

Sasuke soupira. Décidément, qu'allait-il faire d'un petit ami aussi simplet ?

« T'as pas à te sentir coupable, abruti. S'ils sont pas capables de s'expliquer c'est leur problème.
- Hé ! »

Le blond se redressa, posant des yeux révoltés sur l'Uchiwa qui haussa les épaules.

« T'as zéro compassion.
- Ce ne sont pas mes affaires.
- Arrête, je sais que t'as envoyé un message à Shika. »

Ça, il ne pouvait pas le nier. Lorsqu'il avait appris ce qui s'était passé entre les deux lycéens, il avait essayé d'appeler le génie, en vain. Il lui avait donc laissé un message, mais était resté aussi bredouille que son petit ami.

« On peut rien y faire de toute façon, ils doivent régler leur problème tous les deux.
- Mais je m'en veux… J'aurais dû lui dire que je partais ou attendre…
- Parce que t'aurais préféré, plutôt que la nuit qu'on a passé tous les deux ? »

Sasuke commençait vraiment à se sentir de trop, dans cette histoire. Naruto capta son énervement et se décala pour le prendre dans ses bras, bataillant légèrement pour qu'il y reste.

« Mais non imbécile, c'était la meilleure nuit que j'ai jamais passé. Et tu le sais très bien. C'était magique. »

Le brun rougit au souvenir et se laissa aller dans les bras de son petit ami. Il lui avait enfin donné sa première fois, ce soir-là, alors ça comptait beaucoup pour lui. Ils ne l'avaient pas refait depuis, mais l'Uchiwa avait été largement comblé par le moment passionné que lui avait fait vivre Naruto, et il était prêt à recommencer n'importe quand. Tant que c'était Naruto, c'était magique, comme il l'avait dit.

Itachi les avait laissé sur le pas de la porte après les avoir prévenu qu'il ne serait de retour que le lendemain soir. Les deux amoureux l'avaient à peine écouté et s'étaient précipités dans la chambre du brun, la tension du trajet à attendre d'être enfin seuls les tenaillait presque douloureusement.

A peine entrés dans la chambre, ils avaient commencés à s'embrasser avec passion, se déshabillant rapidement dans de grands gestes désordonnés, faisant écho aux battements effrénés de leurs cœurs.

« Depuis combien de temps on attend ça ? avait demandé Naruto en le portant sur le lit.
- Trop longtemps, j'ai trop envie de toi. »

Et ils s'étaient bien allumés, toute la soirée. Des jeux de regards, des caresses subtiles, un pied frottant une jambe, une main effleurant un bras. Et quand Sakura avait titillé le blond sur leur relation intime, ce dernier n'avait pas pu tenir plus longtemps. Sasuke avait été loin de s'en plaindre.

Les deux lycéens aimaient beaucoup jouer, à ce genre de jeu. Échauffer les sens de l'autre, s'embrasser, se caresser, se toucher, encore et encore. Puis venaient les préliminaires. Naruto prenait toujours un malin plaisir à torturer de désir son petit ami, alors que celui-ci lâchait complètement sa voix pour faire exploser le blond. Ils avaient longtemps attendu, avant de se lancer, et ce soir là ils ne tenaient plus.

Naruto l'avait pourtant préparé avec minutie. Ses lèvres jouaient sur les tétons durcis par l'envie alors que ses mains s'affairaient sur la partie basse. Sasuke ondulait sous lui, ses mains agrippant son dos, le griffaient presque lorsqu'il appuyait ici ou là.

Il aimait toujours autant être dominé, malgré son caractère inverse dans leur vie de tous les jours. Sentir les doigts de Naruto en lui lui faisait complètement perdre la tête, et sa voix en devenait obscène pour le blond qui implosait intérieurement.

« Sas'ke… gémissait-il en finissant de le préparer, Sas'ke… »

Le surnommé souleva ses hanches, son bassin allant presque cogner celui du plus jeune qui grogna. Il retira ses doigts, ses yeux plongeant en une supplique silencieuse dans ceux du brun. Ce dernier haletait, les joues rouges et la bouche entrouverte. Naruto dut se retenir de ne pas le pénétrer sans autre forme de procès, et Sasuke tendit les mains vers lui. Le blond se faufila dans ses bras et le serra contre lui. Leurs corps se rencontrèrent, chauds et un peu humides de leurs premiers attouchements.

« Naru…to… J'en peux plus…
- Moi aussi, je t'aime tellement Sas'ke. »

Il embrassa le coin de son nez avant de se redresser, tendant la main vers la commode pour chercher ce qui lui manquait. Avant qu'il n'ait eu le temps d'ouvrir le tiroir, sa main fut interceptée par le brun et il haussa un sourcil.

« Sasuke ?
- Pas besoin… »

Il leva des yeux fiévreux vers son petit ami, tirant la main vers lui. Naruto se laissa faire et son corps eut un violent frisson lorsqu'il vit, autant qu'il sentit, les lèvres du brun happer ses doigts et les sucer comme une friandise. Il déglutit avec difficulté, pas sûr de tenir très longtemps si son amant s'amusait à le torturer de la sorte.

« Tu l'auras voulu, parvint-il à articuler en faisant jouer ses doigts sur la langue du brun. »

Ce dernier gémit et relâcha les doigts du blond qui put poser ses mains sur ses hanches, surélevant ainsi son bassin. Il se pencha sur le brun pour lui arracher un dernier baiser, profitant de la distraction pour enfin le pénétrer.

Sasuke se crispa instinctivement. Il sentait son antre légèrement écartelée alors que Naruto s'enfonçait doucement en lui. Il remercia toutes ces longues séances torrides de préparation, bien qu'à l'époque il eut désiré plus. Ça ne faisait pas mal, mais il ne ressentait pas encore le plaisir qu'il attendait tant. Il serra le blond contre lui, son visage venant se nicher dans son cou.

De son côté, Naruto nageait en plein bonheur. Sentir son érection engoncée dans les chairs chaudes le faisait frissonner. Ce n'était pas trop serré, et il rit intérieurement au souvenir de toutes les préparations dont il avait affublé son adonis. Il embrassa son épaule, remontant vers l'oreille qu'il mordilla pour le détendre. Une fois entièrement enfoncé, il attendit un peu.

Il ne fallut pas longtemps à l'Uchiwa avant d'onduler son bassin, donnant le feu vert au blond qui amorça un premier mouvement. Ce n'était toujours pas douloureux, légèrement gênant mais surtout extrêmement grisant. Il contracta doucement ses chairs et sentit Naruto se crisper.

« Fais pas ça putain, souffla le blond. »

Sasuke ricana et le plus jeune se redressa, plantant un regard de prédateur dans celui du brun.

« Tu pourrais le regretter.
- J'ai hâte de voir ça. »

Naruto se rengaina d'un coup en lui, faisant crier le brun qui se cambra sous l'assaut. C'était étrangement excitant, et l'Uchiwa s'étonna d'en vouloir plus.

« Encore, laissa-t-il échapper. »

Le blond haussa un sourcil, ne s'attendant pas à une telle réaction et un sourire étira ses lèvres. Ils avaient bien fait d'attendre, finalement. Il reprit ses mouvements, se retirant presque entièrement avant de se renfoncer lentement mais presque avec férocité dans l'antre de son amant.

Ce dernier ne mit pas longtemps à perdre pied. Il gémissait au rythme langoureux des coups de bassins du blond et ses mains serraient avec force les bras de Naruto. Ce dernier se délectait des sensations qui parcouraient son bas ventre, complètement grisé par les sons sensuels du brun. Au bout de quelques vas et viens, il changea l'angle et Sasuke poussa un cri qui mit à mal sa retenue. Il grogna, les chairs se contractant autour de son érection.

« Ah Sas'ke… »

Il mit un moment avant de rengainer, replaçant un coup de rein à l'exact endroit qui avait fait crier son adonis. Ce dernier hoqueta, des larmes de plaisir perlant au coin de ses yeux.

« Naruto… Ah ! Ah… Plus… Plus vite… »

Son corps réagit de lui-même, comme une nécessité de posséder sauvagement le corps sous lui. Son bassin se déchaîna, infligeant de puissants vas et viens au brun qui ne pouvait plus que crier, découvrant avec délice les affres d'un gouffre sans fond. Il ne pouvait plus verbaliser quoi que ce soit de cohérent, et ses ongles se plantèrent dans le dos du blond qui se cambra à son tour.

Ils étaient tous les deux en pleine montée d'un plaisir puissant, poussé par les gémissements de l'autre, aux portes d'un orgasme qui ne leur avait jamais paru aussi libérateur. Sasuke goûtait pour la première fois les langues de flamme qui lui dévoraient le ventre, électrisant son corps entier et cherchant une porte de sortie par son sexe suintant.

Naruto ne s'était jamais senti aussi bien, aussi haut et il grogna de plaisir en sentant les chairs se resserrer de plus en plus vite autour de son membre, signe que son petit ami était sur le point de jouir. Ses doigts agrippèrent violemment les hanches du brun alors qu'il donnait les derniers coups de butoirs féroces, captant le regard embrumé et bien trop sensuel du brun qui fit céder ses dernières barrières.

« Sas…uke ! »

Au même moment, le nommé ne put retenir un dernier cri de pur plaisir franchir ses lèvres alors que son bassin rendait les armes, son érection explosant d'un orgasme libérateur alors que sa vue se brouillait totalement. Naruto se mordit la lèvre à s'en faire saigner, son propre sexe jouissant à l'intérieur du brun. Il trembla presque alors que les dernières notes de plaisir explosaient dans son bassin et il se retira avant de s'effondrer auprès de son amant.

Les deux amoureux eurent autant de mal à se lever pour prendre une douche qu'à en sortir. Fatigué par toutes ces montagnes russes, Sasuke se laissa chouchouter par son petit ami qui s'occupa de lui toute la nuit restante, et même le lendemain. Ils s'étaient réveillés tard dans l'après-midi, et Naruto avait tenu à tout préparer pour le brun. Ce dernier, trop fier pour montrer qu'il avait quelques séquelles de leur nuit fougueuse, c'était volontiers laissé aller à toutes les attentions du blond.

Passer cette étape n'avait pas changé grand-chose dans leur façon d'être entre eux. Ils continuaient de se taquiner, Naruto toujours aussi insistant même lorsque l'Uchiwa l'envoyait paître. Toujours aussi tactiles quand ils n'étaient que tous les deux, et ils avaient eu tôt fait de remarquer les traces de leur ébat sur le corps de l'autre.

Bien loin de se formaliser des longues griffures rouges dans son dos, Naruto s'était senti un peu coupable d'avoir laissé de tels bleus sur les hanches de son petit ami. Ça faisait plutôt rire le brun qui en avait profité pour le taquiner, jusqu'au moment où ils avaient appris ce qui s'était passé entre leurs deux amis.

Sasuke soupira une nouvelle fois, alors qu'il tenait son petit ami dans ses bras en cette veille de noël. On était presque le soir et Iruka devait bientôt arriver pour venir passer le réveillon avec eux. Itachi était aux fourneaux, et le cadet caressait distraitement les cheveux blonds ébouriffés. Il allait ouvrir la bouche pour parler lorsqu'il fut coupé par la sonnerie du portable de l'Uzumaki. Ce dernier grogna mais se redressa quand même, tâtant de sa main sur la commode pour trouver son cellulaire. Ses sourcils se froncèrent lorsqu'il vit le nom qui s'affichait. Il décrocha de suite.

« Temari ? »

Sasuke fronça les sourcils à son tour. Si ça avait un rapport avec Gaara mais que ce n'était pas celui-ci qui l'appelait directement, ça ne promettait rien de bon. Il vit les yeux du blond s'écarquiller et il s'imagina le pire.

« Quoi !? »


Chaque année, le vingt-quatre au soir, les trois familles Nara, Akimichi et Yamanaka, amies depuis des générations, se retrouvaient chez les uns ou chez les autres pour fêter le réveillon ensemble. Cette année-ci, c'étaient les Nara qui recevaient. C'était un double travail pour Yoshino qui devait mettre les bouchées doubles pour ce soir et le lendemain midi, mais c'était un défi que la femme se donnait avec plaisir.

Shikamaru était encore étalé dans son lit, parcourant d'un œil distrait les longs messages qu'il avait reçu. Il s'était réveillé plein de bonnes résolutions, mais n'avait finalement pas encore réussi à appeler Gaara. Il soupira, se retournant dans les draps pour se retrouver sur le dos. Ses affaires pour la soirée étaient sur son bureau, mais il n'avait aucune envie de s'habiller.

Ses doigts appuyèrent d'eux-mêmes sur l'écran de son portable, et il regarda un long moment le surnom de son petit ami. Son pouce survolait la touche verte sans parvenir à se décider. Il soupira une nouvelle fois. Il allait verrouiller son téléphone lorsqu'une vibration continue le fit sursauter.

Il eut une soudaine sueur froide en voyant le prénom s'afficher. Temari. Il déglutit, péniblement, et attendit de longues secondes, complètement indéci. Avant de pouvoir y réfléchir d'avantage, il décrocha, et porta fébrilement l'appareil à son oreille.

« Shikamaru ? »

Le ton pressé et inquiet de la jeune femme le fit frissonner. Il avait peur.

« Oui ?
- Mon dieu Shikamaru, s'il te plaît dis-moi que tu as des nouvelles de Gaara. »

Et il avait chaud, maintenant. Une multitude de scénarios montaient dans son esprit et tous l'angoissaient. Il déglutit, la bouche sèche.

« Je… Non, non… Je sais pas… »

Il avait la voix rauque, et le soupire désespéré de la blonde ne fit qu'agrandir le gouffre dans lequel il s'enfonçait.

« Je sais qu'il s'est passé quelque chose entre vous deux… Je sais aussi que vous êtes plus intelligents que ça, mais pour le moment je n'arrive pas à savoir où est Gaara…
- T'as appelé Naruto ?
- Oui, oui… Il m'avait même dit qu'il allait chez lui jusqu'à cette après-midi mais Naruto ne l'a pas vu depuis deux jours, et son portable ne répond pas… Shikamaru, je suis très inquiète, il a jamais fait ça… T'aurais pas une idée de l'endroit où il pourrait être ? »

Le génie réfléchissait déjà aux possibilités qu'il avait avant même que la grande sœur ne lui pose la question. Son cerveau tournait à mille à l'heure, et sa dispute irrésolue avec son petit ami était loin de ses préoccupations. Il devait le retrouver.

« Shikamaru ?
- Je… Ouais, je vais voir. Je dois y aller. »

Il n'attendit pas la réplique de Temari avant de raccrocher, sautant de son lit pour mettre ses tennis, un pull, et se précipiter dans les escaliers.

« Shikamaru ? Tu n'es pas encore habillé ? »

Le brun jeta à peine un regard à sa mère affairée dans la cuisine et ouvrit la porte d'entrée. Le froid frappa son visage et il se rendit à peine compte qu'il faisait déjà nuit.

« Shikamaru ! Appela sa mère en apparaissant dans l'entrée.
- Désolé maman, je… Gaara est… »

Il n'avait pas le temps de parler, et sa respiration hachée l'empêchait d'articuler correctement. Ses yeux écarquillés devaient déjà en dire long, sa mère s'arrêta près de lui.

« Fais vite. »

Il hocha la tête et s'engouffra dans le froid, ses pieds bougeant aussi vite qu'ils pouvaient. Il n'avait jamais couru aussi vite, le froid fouettait son visage et la pluie commençait à goûter ci et là. Les lumières avoisinantes lui permettaient de voir où il allait, et il pria intérieurement de ne pas avoir choisi le mauvais endroit. Ce n'était pas très loin de chez lui et si c'était bien là, il aurait beaucoup de chance. Et ça voulait aussi dire que tout n'était pas perdu.

Lorsqu'il aperçut le parc ses jambes accélérèrent d'elles-mêmes. Il traversa la rue et la silhouette qu'il reconnut sur le banc fit rater un battement à son cœur. Il était bien là. Il ralenti en arrivant à hauteur du square, les vêtements presque trempés par la fine pluie que sa course avait rendue plus forte, et son pied ne rata pas la flaque alors qu'il entrait enfin dans le parc.

Le bruit humide caractéristique attira l'attention du garçon assis sur le banc, et il releva la tête pour regarder Shikamaru marcher dans sa direction. Il ne dit rien, ne réagit presque pas, comme s'il s'y attendait. Le brun était à deux doigts de s'effondrer, les larmes brouillant sa vue alors qu'il atteignait le banc. Gaara n'avait cessé de le regarder, l'air piteux et le corps tendu.

« Gaara… »

Le génie reprenait son souffle, et il n'avait aucune idée de ce qu'il allait dire maintenant. Il était parti sur un coup de tête, mais ne savait pas comment rétablir la situation. Il se souvint d'une phrase que lui avait dit son petit ami, juste avant qu'ils ne sortent ensemble : « Quand tu t'embrouilles dans tes pensées, le meilleur moyen c'est d'être franc, même si c'est brouillon. Et en plus t'es très mignon. »

« Gaara… Je voulais t'appeler je… J'arrivais pas, mais je voulais vraiment… Je savais pas quoi te dire je suis complètement tétanisé par notre dispute et… Et cet air, cette haine que tu avais j'ai eu tellement peur… Gaara jamais je pourrais te faire de mal… »

Les larmes coulèrent sans qu'il ne s'en aperçoive, et il essuya ses joues sans quitter le regard du rouquin qui n'avait pas bronché.

« Il s'est rien passé avec Kiba, je te l'ai toujours dit j'ai jamais rien ressenti pour lui ! C'était qu'un jeu, j'avais un peu bu et…
- Respire. »

Shikamaru hoqueta, se rendant compte effectivement qu'il était en apnée depuis qu'il avait commencé à parler. Il prit une grande inspiration, tremblante, et ferma les yeux pour évacuer les dernières larmes qui restaient au coin de ses yeux. Il les rouvrit subitement en sentant une poigne le tirer en avant. Gaara s'était levé, et avait profité de la pause du brun pour le prendre dans ses bras. Il se serra avec force et Shikamaru poussa un petit gémissement.

« Je suis désolé, chuchota le rouquin, je me suis emporté ce soir-là, je voulais pas te faire souffrir autant. Je m'en veux, je m'en veux de ne pas t'avoir fait confiance, d'avoir douté de toi et de t'avoir fait subir ça… Je sais que suis un peu instable, psychologiquement parlant, mais ça n'excuse en rien la façon dont je t'ai parlé. J'ai eu tellement peur d'un coup, et tout ça m'est monté à la tête et… »

Il se décala légèrement, ses yeux rougis plongeant dans ceux brillants du brun qui était pendu à ses lèvres.

« J'ai tellement peur de te perdre… Je me suis senti si mal ces jours-ci sans toi, en pensant que tu me haïssais. J'avais besoin de réfléchir à tout ça, penser à nous…
- Et t'en penses quoi ? »

Gaara sourit doucement et sa main vint recoiffer une mèche brun hirsute.

« Je t'aime, Shika. Rien ne pourra m'en faire douter. J'étais énervé, je comprenais pas pourquoi tu refusais de me répondre et… Je suis tellement possessif, je suis encore un enfant je crois… »

Shikamaru le suivit dans son rire et il posa son front contre le sien, soulagé de l'avoir retrouvé.

« Il s'est rien passé avec Kiba, fit-il alors, jamais je pourrais te faire ça – il sentit deux mains venir serrer les siennes, avec force- Je t'aime toi, Gaara. Et ça ne changera pas. Je suis désolé de ne pas te l'avoir dit dès le début.
- C'est pas grave, chuchota le plus âgé en fermant le yeux, c'est pas grave. »

Ils restèrent un petit moment ainsi, la bruine rafraîchissant doucement leurs deux esprit surchauffés par tant d'attente alors que le brun se blottissait dans les bras de son petit ami.

« T'es gelé. »

Shikamaru frissonna. Gaara glissa ses doigts sur sa nuque pour entortiller quelques mèches de cheveux et il finit par se décaler, sans le lâcher.

« Comment tu as su que j'étais là ?
- Temari m'a appelé, elle s'inquiète. »

Le plus petit rougit, se rendant seulement compte que son envie de solitude la veille de Noël n'était peut-être pas bien choisit.

« Et t'as tout de suite su que j'étais ici ? »

Ce fut au tour du brun de rougir, et il détourna le regard, gêné. Gaara le trouva adorable et il rit, prenant son menton entre ses doigts pour le ramener près de son visage. Ses lèvres retrouvèrent les siennes et Shikamaru lui rendit volontiers son baiser, aux anges. Évidemment qu'il avait pensait à ce parc, celui-là même où ils s'étaient embrassés la première fois. Il portait tant de signification pour eux, et le fait que Gaara est choisi cet endroit signifiait aussi bien des choses.

Plus rien n'importait maintenant, pas même la pluie, pas même son retard au dîner du réveillon, pas même son potentiel rhume du lendemain. Il avait retrouvé son petit ami, et c'était tout ce qui comptait. Le rouquin pressa une dernière fois ses lèvres contres celles humides du génie et se recula, les yeux brillants.

« Je vais te raccompagner. »

Il glissa sa main dans la sienne et leurs doigts s'entremêlèrent.

« Tu devrais rentrer toi aussi…
- Ça peut attendre, je veux pas que tu rentres seul. »

Shikamaru n'eut pas son mot à dire, et Gaara le tira derrière lui alors qu'il sortait du parc. Le brun prit de l'allure pour rester à sa hauteur, et il pressa ses doigts contre les siens, silencieux. Il le vit sourire du coin de l'œil et ne put s'empêcher de faire de même, heureux. Ils ne parlèrent pas sur le chemin du retour, appréciant le silence paisible qui apaisait leur cœur.

Personne n'avait jamais dit qu'être amoureux était de tout repos. Gaara et Shikamaru, du haut de leur dernière année de lycéen, pouvaient aisément l'affirmer. Mais pour eux, il n'y avait rien d'aussi beau et de relaxant que de se tenir près de la personne aimée, qu'importe les péripéties. Et ce soir, ils ne cherchaient rien d'autre.


Je vous l'avais dit que je ne pouvais pas les faire trop souffrir, je les aime trop pour ça... Mais qui dit engueulade dit réconciliation, et ce n'est pas encore fini héhé...

Et puis oui, enfin, ce sont Naruto et Sasuke qui passent à l'acte. Je souhaitais quand même leur accorder ce petit moment et vous l'écrire, on ne peut terminer cette fiction sans un lemon entre eux deux quand même.

J'attends vos réactions, dites-moi ce que vous en avez pensé, vos sentiments pour nos deux couples adorés. N'hésitez pas à écrire un petit commentaire !

Je vous retrouve la semaine prochaine pour le tout dernier chapitre (et oui déjà) et en attendant je vous souhaite un bon week end/une bonne semaine.

Merci d'avoir lu, et à la prochaine !