Léa Roberge décida, malgré tout, de laisser le staff décider. C'était inhabituel, mais elle leur demandait quand même de sacrifier une année pour qu'elle puisse préserver l'existence de son petit-fils. Tous les membres de l'équipage avait des familles qui devraient aussi faire le deuil pendant un an. Elle ne pouvait demander à l'équipage au complet, ce n'était pas une démocratie, mais elle se devait de consulter au moins son staff.

Après que Matt fut retourné sur le Pégasus avec sa femme et son fils, elle avait réuni le staff dans la salle de conférence et leur expliqua la situation. Sur le coup, personne ne répondit, puis Myriam fut la première à commenter.

- Pour la plupart d'entre-nous, notre famille, c'est notre vaisseau et nous partons souvent en mission prolongée, alors qu'est-ce qu'un an?

Les autres lui firent part leur accord, puis la voix de Douze-cent-trois se leva au dessus des autres.

- Mais rien ne prouve que ça marchera, capitaine, même s'il rencontre sa femme avant notre retour, il est possible que ça affecte sa façon d'être dans Starfleet, sa carrière et qu'au lieu d'avoir un petit-fils, vous ayez une petite-fille qui n'a rien à voir avec l'enfant que vous voulez sauver.

Léa le regarda avec surprise.

- Mon fils m'affirme que ce sera suffisant.

- Qu'est-ce qu'il en sait, a-t-il vraiment pensé à comment ce deuil l'avait changé, même au delà d'une année?

- Préférez-vous rester ici, enseigne?

- Mon opinion personnelle ne compte pas; il y a plus important ici que mes propres désirs.

C'est là qu'elle se rappela l'étrange discussion qu'elle avait eut avec lui. Elle eut l'impression qu'il cherchait à protéger l'équipage, mais de quoi?

- Cette réunion est terminée, dit-elle alors, enseigne Douze, restez.

Pendant que les autres sortaient, Léa pouvait voir que le jeune Trentien semblait terrifié. Dès qu'ils furent seuls, elle parla.

- Maintenant, vous allez me dire ce qui se passe.

- Tout va bien, capitaine.

Elle s'impatienta.

- Enseigne, vous avez un air de déterré depuis quelques temps. Vous avez bien tenté de me faire passer un message, mais je ne l'ai pas saisi, mis à part le fait que vous croyez que l'équipage est en danger.

- Vous vous faites des idées, je n'ai rien fait de tel.

Pourquoi niait-il? C'était évident qu'il avait tenté de lui dire quelque chose.

- Sommes-nous surveillés? Est-ce pour ça que vous ne pouvez rien dire?

Douze-cent-trois se leva alors, elle vit alors à quel point il était épuisé.

- Il y a encore un moyen de sauver l'équipage, capitaine, mais pas sans vous sacrifier. Ce qu'ils veulent depuis le début, c'est votre mort. Il aurait simplement fallu que vous choisissiez de rester à cette époque.

Ce discours la prit par surprise. Elle comprit alors que le danger était présent tout autour d'eux. Au même moment, le reptilien qui était sensé être sous sédation à l'infirmerie, entra dans la salle de conférence. Léa ouvrit son tiroir pour prendre son phaseur.

- C'est inutile, dit-il alors. Ordinateur, termine le programme.

La salle de conférence ainsi que le phaseur qu'elle tenait se volatilisèrent et elle se retrouva dans l'holodeck avec tout son staff, mais aucun autre membre d'équipage. La porte de l'holodeck s'ouvrit, un groupe de reptiliens armés entra et, sous leur regard ébahi, ils ramenèrent leurs prisonniers en cellule, sauf Léa et Douze-cent-trois qu'ils conduisirent directement à l'Ipta. Léa remarqua qu'ils étaient toujours à bord du Hawking, mais le vaisseau était contrôlé par leurs ennemis.

En chemin, elle tenta de questionner le Trentien.

- Où est le reste de l'équipage?

- Emprisonnés sur le vaisseau des reptilien et hors de ma portée.

- Vous voulez dire, hors de la porté de votre don.

- Exact. Je devais utiliser mon don sur vous et sur le staff pour que vous ne remarquiez pas les lacunes du programme et pour que vous acceptiez cette réalité.

- Tous les membres de l'équipage, à l'exception du staff, étaient donc des hologrammes.

- Exactement.

- Et notre mémoire?

- C'est aussi moi le responsable, mon don affecte aussi la mémoire.

Ils arrivèrent sur la passerelle où le Ipta s'était installé. Il était assis dans le fauteuil du capitaine. Les reptiliens les poussèrent pour les faire tomber au pieds de leur commandant.

- Bravo, capitaine, dit-il à Léa. Vous m'avez surpris. Je croyais avoir tout prévu, je ne pensais pas que vous trouveriez une solution à votre dilemme.

- Avant que vous me tuiez, je dois vous féliciter pour votre ingéniosité, votre scénario était excellent, mais comment avez-vous fait pour mon fils? Il était tellement crédible!

Le reptilien se mit à rire.

- Mais c'est tellement simple! Quand on veut que la simulation semble réelle, on se tourne vers le réel. C'est bien votre fils et nous sommes bien au 25e siècle. Il y a bien un vaisseau qui s'appelle le Pégasus dehors et vous y avez été réellement téléporté deux fois, la différence est que quand vous reveniez sur le Hawking, vous étiez directement téléporté dans l'hollodeck.

- Mais comment le Pégasus a-t-il fait pour ne pas détecter vos signes vitaux et le fait que nous ne sommes qu'une poignée sur le Hawking?

- Mon vaisseau a une technologie très en avance sur la vôtre. Il est sous écran de camouflage et l'ordinateur du Pégasus a été piraté.

- Je me livre à vous, dit-elle alors, vous voulez me tuer, alors allez-y, mais laissez partir mon équipage.

- Je ne vous tuerai pas, dit-il alors. J'ai une meilleure idée. Nous allons faire un nouveau scénario, du même genre. Votre pilote effacera à nouveau vos mémoires et cette fois, j'utiliserai une autre tactique.

- Que voulez-vous dire?

- J'ai vraiment vu tout ce qui s'est passé dans cet holodeck et même cette nuit avec cet humain avec du poil dans le visage, comment s'appelle-t-il déjà?

- Tom, murmura-t-elle avec inquiétude.

- Oui, dit-il avec un sourire vorace. Ce sera très amusant.

Il se tourna vers ses gardes.

- Ramenez-la et laissez-moi avec le mammifère mauve.

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Ils étaient tous sur la passerelle, prêts pour le grand saut et inquiets de vivre une autre surprise désagréable. Le premier saut ne s'était pas bien passé, alors qui sait où ça allait les mener?

- Les coordonnées sont-elles entrées, demanda-t-elle à Byrd?

- Oui, capitaine, direction vingt-quatrième siècle, un an et une semaine après notre départ.

- Allez-y!

La fissure temporelle apparut progressivement devant le vaisseau.

- Enseigne Douze, allez vers la fissure, maintenant.

- À vos ordres, capitaine.

Le vaisseau traversa la fissure et ils se retrouvèrent à nouveau en dehors du système solaire au même endroit.

- Enseigne Giona, pouvez-vous confirmer la date?

- Exactement au moment prévu capitaine, dit-elle en souriant.

- Contactez Starfleet.

- Ils répondent, capitaine, dit Kirt.

- Sur écran.

Sur l'écran apparut le visage de Ryan Blake, avec un grade d'amiral. Pendant, un moment, Léa resta bouche-bée. Le capitaine Blake avait son style de commandement bien à lui et plusieurs de ceux qui avaient servi sous ses ordres le croyait incompétent. Léa croyait cependant qu'il avait un bon instinct au combat et c'est ce qui l'avait maintenu à ce poste, mais elle restait persuadée que ce genre de commandant ferait un bien piètre amiral.

- Bonjour Amiral Blake, félicitation pour votre promotion.

- Capitaine, pouvez-vous me dire d'où vous venez exactement? Il y a un an que vous êtes portées disparues.

- Ma mission était classifiée et connue que d'un petit nombre d'amiraux, j'ignore si vous êtes dans le secret. Je dois parler à l'amiral Janeway.

- L'amiral Janeway a pris sa retraite. Je la remplace.

Cela voulait dire qu'il était son supérieur immédiat et c'était une bien mauvaise nouvelle. Là où Janeway se montrait conciliante et ouverte d'esprit, il se montrerait buté et intolérant.

- Je dois insister sur le secret de cette mission, amiral.

- Je suis au courant, s'impatienta-t-il, le Hawking est un vaisseau temporel. Ça n'explique pas votre disparition.

- Oui ça l'explique, pour préserver la ligne du temps, nous avons du revenir plus tard. Je vais vous faire un rapport complet.

- Il me tarde de le lire, capitaine. En attendant, je veux vous parler dans votre bureau, seule.

Elle se leva.

- Lieutenant Jamar, transférez la communication dans mon bureau.

Il hocha la tête et elle y alla, craignant ce qui allait suivre. Elle s'installa à son bureau et alluma l'écran. Le visage de l'amiral s'afficha.

- Nous sommes seuls, amiral.

- Comme je suis votre supérieur, je suis au courant des ententes que vous avez prises avec mes prédécesseurs. Ces ententes ne sont plus valides.

Elle pâlit. Parlait-il de sa relation avec Tom?

- Vous voulez dire que...

- Capitaine, ce que vous avez fait est inacceptable et vous êtes chanceuses que je ne vous rétrograde pas pour ça. Vous allez mettre fin à cette relation et je vais faire transférer votre chef ingénieur sur un autre vaisseau. Blake terminé.

Elle resta bêtement figée devant l'écran, incrédule. Il ne lui avait même pas laissé la chance de s'expliquer. Dépitée, elle activa son communicateur.

- Commandeur Parksan, veuillez-vous rapporter à mon bureau.