Hey hey hey. Vous allez bien ? J'espère que vous avez bien commencé cette nouvelle année :)

Précédemment : Bianca intervenait devant le Sénat, rencontrait Cal Kiptorio, et Zack se rendait compte qu'il avait grave besoin de vacances. Dommage que le devoir ne les rappelle à l'ordre.

Je tiens à signaler que toute ressemblance avec les événements survenus en novembre ne sont pas voulus. Excusez-moi d'avance si vous y voyiez une certaine connotation mais cette tram' était prévue depuis cet été... N'y voyez donc pas mon opinion sur ces événements.

Encore merci Neyel pour la correction :)

Disclaimer: je ne possède pas Star Wars.

Sur ce, bonne lecture et on se voit à la fin :D


Chapitre 12 : Rodia

POV Zack

– Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer la situation ?!

Bianca posait cette question depuis dix bonnes minutes sans obtenir de réponses sensées. Pour ma part, j'étais beaucoup trop occupé à écouter Jacen, Ben et Luke résumer l'histoire, alors que nous avions quitté le Temple Jedi, direction l'astroport.

Que je vous explique la situation de base. Rodia est une planète de la Bordure Extérieure, qui se trouve non loin de Naboo, ma planète d'origine, et Tatooine, la planète de Bianca. (Je sais : j'ai pour habitude de ne jamais croire aux coïncidences… mais là je préfère admettre que c'en est une !)

Qui dit planète de la Bordure Extérieure, dit que la République n'en a pas grand-chose à faire. Sauf que le gouvernement a signé un traité de paix avec la planète. La République n'interférerait plus dans ses affaires si, en échange, un base républicaine y était implantée, afin d'agir au plus vite dans la région. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'Ernesto y avait été envoyé en mission, pour vérifier que les accords tenaient toujours… (Mission pour laquelle j'ai dû le ramener sur Coruscant… et qui m'a permis de rencontrer Bianca.)

De ce que je sais, cet accord a été conclu bien avant que je sois né. Mais je sais aussi qu'il était relativement efficace et respecté par les deux parties.

Alors, nous annoncer que notre base est en train d'être attaquée par des extrémistes rodiens porte à croire que nos soldats et la population locale sont en danger.

Il leur fallait du renfort… Renfort dont j'allais faire partie. Et en route pour une nouvelle mission suicidaire !

Même en volant en vitesse lumière, nous mettrions bien une demi-journée pour faire le trajet de Coruscant à Rodia. Nos ressortissants allaient devoir se débrouiller le temps que nous arrivions.

On m'exposa l'idée de départ alors que nous montions dans une navette, direction l'astroport. J'écoutais attentivement le plan de Luke Skywalker. Je constatai en même temps l'effort de Bianca pour suivre cette conversation des plus complexes.

Maître Skywalker expliqua que notre équipe sera composée de trois-cents combattants, aussi bien des Jedi que des soldats de l'armée républicaine. Nous, les Jedi, formerions une petite minorité. Il devrait y avoir trois vaisseaux de commandement. Jacen et moi devrions nous trouver à bord de l'un d'eux – même si, personnellement, un X-wing aurait suffi. Par ailleurs, ces petits vaisseaux individuels ne seraient pas moins de deux-cents.

On arriva finalement à l'astroport. Notre petit groupe courut jusqu'à notre vaisseau. Luke, Jacen et Ben échangèrent quelques mots avec le commandant de bord, alors que moi et Bianca étions en retrait.

– Ta première bataille. Tu n'as pas le trac ? lui demandai-je tout en lui donnant un petit coup dans l'épaule.

Elle tourna le regard vers moi et me fixa, l'air mauvais… Avant de laisser transparaitre de l'inquiétude.

– Hé, ne t'en fais pas, tentai-je de la rassurer. Tout se passera bien.

– Evidemment que tout se passera bien. Je n'aurai qu'à éviter de me faire tuer, ou mieux, de tuer un membre de notre équipe.

– Bianca, tu es forte et-

– Mais inexpérimentée ! me coupa-t-elle, complètement paniquée. Franchement, je crois que la guerre n'est pas faite pour moi ! Et puis, j'ai trop de choses à apprendre encore. Et je-

– Hé ho, regarde-moi !

Cette fois-ci, ce fut moi qui l'avais coupé dans son mélodrame. Je l'avais complètement retournée vers moi, et saisi ses épaules. Elle n'eut pas peur de me regarder droit dans les yeux. Je la sentis trembler, mais elle resta muette.

– Tu ne peux pas dire ça avant d'aller sur le terrain. Oui, c'est dangereux. Nous sommes tous suicidaires pour vouloir aller au front. Mais rappelle-toi : la manière forte seulement en cas d'urgence… Si on fait appel à nous et à nos capacités, ce n'est, dans ce cas-là, pas pour jouer à la parlante. Nos concitoyens sont en danger et nous devons leur venir en aide. Sans faire de victime des deux côtés.

Elle respira profondément puisque je sentis ses épaules se soulever sous mes mains.

– Nous savons tous pourquoi nous partons. Tu ne seras pas seule : tu dois garder une bonne fois pour toute cette idée en tête. Et puis si vraiment tu ne t'en sens pas capable, demande à ne pas partir.

– Oui mais… Et toi ?

J'écarquillai les yeux de surprise face à cette interrogation… Bianca sembla se rendre compte de qu'elle venait de dire.

– Enfin je veux dire… y'a toi certes, mais y'a aussi tous les autres. Et Ben ! Il partira combattre, c'est sûr !

– Ne t'en fais pour lui, c'est un grand gaillard. Et puis, s'occuper de toi va lui donner une nouvelle raison de se-

Yo, man, alors comme ça on se retrouve encore au front tous les deux !

Je sursautai et tournai la tête vers cette voix qui avait le don de me détendre à la moindre ânerie qu'elle sortait. Ernesto Ramirez s'avançait vers moi. Je lâchai la prise que j'avais sur Bianca et donnai une accolade à mon meilleur ami.

– Ernesto, toi aussi tu as été mobilisé.

– Yep. Et je suis prêt à tout balayer sur mon passage.

Ernesto était vêtu de sa tenue de pilote d'un orange des plus criards, et tenait son casque sous le bras. Il me souriait, et quand il remarqua Bianca, ce sourire prit une autre teinte. Ernesto en mode drague, le retour. Bianca émit un petit rire face à ce changement d'expression.

– Bianca, cela faisait longtemps. J'espère que tu ne me considèreras pas comme un barbare si je venais à brûler le paysage.

– Ernesto, je ne suis même pas sûre de-

– Non ne dis rien, reprit mon ami avec un air très théâtral, histoire de faire rire. Oh pauvre de moi, je comprends. Je ne suis pas assez important pour que tu t'inquiètes de mon triste sort. (Je retins mon rire de résonner dans le hangar, et Bianca fit un sourire en coin.) Mais oui, j'ai tout saisi, continua Ernesto dans son délire. Oh Zack, mon frère (Il passa un bras autour de mes épaules pour illustrer son propos.), pour une fois, tu as été plus rapide que moi. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé. Mais bon, je vais être bon joueur et te la laisser. Après tout, il faut bien une première fois à tout.

– Woh, Ernesto qu'est-ce que tu racontes là ?!

Je m'échappai de son étreinte et le fixai, lui demandant du regard ce qu'il insinuait. Pour toute réponse, j'eus droit à un sourcil levé, son légendaire sourire moqueur, et un clin d'œil.

– Il faut que j'y aille. Ma cavalerie ne va pas tarder à partir. On se retrouve sur le terrain, man.

Et aussi vite qu'une lumière, Ernesto disparut – non sans avoir déposé furtivement un baiser sur la joue de Bianca. Cette dernière le réalisa tardivement et tourna sur elle-même, essayant comme moi de comprendre le comportement tordu de mon meilleur ami. Et pour je ne sais quelle raison, je crus sentir quelque chose dans ma poitrine. Quelque chose d'infime mais de douloureux sur le coup… Hum, mystère. Ce fut au tour de Bianca de m'interroger du regard, mais je ne pus qu'hausser les épaules et faire une grimace pour lui répondre.

Et le défilé des proches continua quand quelqu'un sauta sur mon dos, s'agrippant à mon cou. Je n'avais même pas besoin de me retourner pour connaitre l'identité de cette personne. Devant moi, Bianca était en train de rire tandis que je souris en levant les yeux au ciel.

– Mon cher Zack, dit la fille toujours accrochée à moi. Cette fois-ci, tu reviens sans aucune blessure. Promet-le moi.

– Al', la dernière fois que je suis revenu gravement blessé, c'était il y a deux ans, contestai-je alors.

– Ta cicatrice en est témoin. Donc, gare à toi.

Allana se décida enfin à descendre de mon dos et à libérer mes épaules. Au même instant, Luke, Jacen et Ben revinrent vers nous.

– Zack, il est temps d'y aller, me dit mon mentor.

Alors que je commençai à marcher vers le vaisseau, je m'étonnai à ce qu'il n'y ait personne à mes côtés. Je fis demi-tour. Ben semblait expliquer quelque chose à Bianca, et Jacen enlaçait sa fille. Luke se tenait un peu en retrait.

– Je croyais que c'était urgent, me décidai-je à dire.

– Oui, dit Jacen avant d'embrasser le front d'Allana et de la lâcher. Nous y allons.

Quand mon maître repartit seul, passant devant moi, je compris pourquoi je m'étais retrouvé seul comme un idiot il y a quelques secondes.

Ben, Luke et Bianca ne venaient pas avec nous.

Par réflexe - surement parce que j'étais nerveux - je me mordis la lèvre inférieure… peut-être un peu trop fort d'ailleurs. Au moins, cela devrait rassurer Bianca ; elle ne prendra pas part aux combats.

Avant que j'aie pu repartir, Allana vint me faire un câlin. J'enroulai mes bras autour de son corps, cachant quelques instants mon visage dans ses cheveux blonds. Je réussis à la lâcher, puis avant de repartir définitivement, je croisai le regard azur de Bianca. Elle me fit un signe de tête que je lui rendis.

Je le compris instinctivement. Je serai prudent.

Je me mis à courir vers le vaisseau. Puis, sitôt que je montai dedans, la passerelle se rétracta et la porte se referma. On dirait qu'ils attendaient mon arrivée à bord pour partir.

Je m'accrochai à un tuyau au mur alors que je sentis le vaisseau décoller. J'attendis un petit moment qu'il se stabilise, puis je me mis à marcher jusqu'à la salle de débriefe.

Quand j'y arrivai, personne ne fit attention à moi. Il devait y avoir cinquante combattants environ, soldats et Jedi mélangés. J'allai m'assoir aux côtés de June et Will. Je remarquai alors que Jacen, Anakin et Korben Leroy (il fallait qu'il me suive !) étaient au centre de la salle… Enfin, surtout Korben. A mon avis, il est l'investigateur de cette opération d'urgence. Je remarquai également que Jaina n'était pas présente. Etrange puisque Will participe à la mission et qu'elle est son mentor. Le trio Solo devrait être au complet…

C'est Korben qui prit la parole le premier :

– Mes amis, le général Masri nous a contactés il y a une heure dans un état des plus urgents. Vous avez été mis au courant que notre base sur Rodia a été attaquée.

– D'après nos informations, continua Anakin tout en manipulant l'écran tactile pour nous montrer les images qui attestaient son propos, tout ceci serait l'œuvre d'un groupe extrémiste rodien qui était contre l'implantation de cette base. Mais ce petit groupe sévit depuis plusieurs dizaines d'années, prônant la guerre et ayant tenté à plusieurs reprises de renverser le gouvernement déjà fragile de Rodia.

– Le chef de ce groupe se prénomme Yoto Amulia, intervint Jacen alors qu'Anakin nous montrait une image du prétendu chef ennemi. Recherché dans toute la galaxie mais ne laissant jamais de preuves flagrantes derrière lui. Pour le reconnaitre, c'est très simple : il est borgne. Je vous l'accorde, sur un Rodien c'est dur à repérer… mais c'est le seul indice que nous ayons.

Des murmures se firent entendre dans la salle. J'en profitai pour demander à June et Will où était Jaina.

– Elle est dans un X-wing, me répondit sa fille.

Elle ne put en dire davantage car Korben reprit la parole :

– Voici donc notre ennemi. Concernant l'attaque, notre base disposait d'un champ de force protecteur, généré par une centrale qui doit se trouver à quinze ou vingt kilomètres d'elle. Les séparatistes ont d'abord attaquée cette centrale, afin que le bouclier disparaisse. Il était alors facile de lancer une attaque sur notre base.

– Monsieur, quel est leur objectif ? demanda un gars dans l'assistance.

– Nous l'ignorons. Mais nous avons des raisons de supposer qu'ils souhaitent voler nos données récoltées auprès des systèmes voisins. Ces données sont encore protégées, mais nous ignorons pour combien de temps elles le resteront. Nos hommes résistent et maintiennent l'ennemi à une certaine distance. Mais la méconnaissance du terrain ne nous avantage pas.

Korben fit signe à Anakin de continuer son exposé. Des images de ce qui semblait être une jungle apparurent devant nous.

– Rodia est une planète connue pour ces marécages, son humidité et sa chaleur. Combattre dans ces conditions est aussi difficile que de combattre dans un désert. Les Rodiens extrémistes connaissent ce terrain. Nous, non. Mais nous sommes mieux armés, plus stratèges, cela est notre avantage.

Pendant un temps, Anakin nous expliqua comment nous battre sur un terrain marécageux. Personnellement, je n'avais combattu dans ce type d'endroit qu'une seule fois, et je me souviens avoir glissé à de nombreuses reprises… Cela ne sera pas facile. Quand il eut fini, une fille soldat demanda :

– Quel est le plan ? Parce que foncer tête baissée dans un lieu inconnu ne doit pas être la solution.

– Pourtant c'est ce que nous allons devoir faire… en partie, lui répondit Jacen. Nous avons des vaisseaux chasseurs, et nous vous avons vous, Jedi comme soldats. Nous vous demandons de vous battre, ni plus ni moins… Sauf pour l'un d'entre vous.

– Une personne, de préférence un Jedi, aura pour mission de restaurer le champ de force à la centrale, expliqua Anakin en nous montrant cette fois-ci un plan avec un chemin mis en valeur par une couleur jaune. Nous avons repéré un tunnel qui mène non loin de la centrale. Il est étroit et les armes à feu ne seront d'aucune utilité. Cette personne devra parcourir ce tunnel à pied uniquement, sans remonter à la surface – terrain que contrôlent les séparatistes. Nous la larguerons à un endroit précis et elle devra parcourir les vingt kilomètres de tunnel le plus vite possible. Nous ne voulons forcer personne, mais il faudrait de préférence une personne agile et expérimentée. Mais nous tenons déjà à la rassurer d'avance, elle sera accompagnée d'un droïde astromécano, nécessaire à la réparation du champ de force.

A ce moment, ce fut mon droïde qui entra en scène, à savoir R4-D3. Il avança jusqu'à se retrouver aux côtés de Jacen. Enfin, R4 n'était pas vraiment mon droïde personnel, mais disons qu'il m'avait accompagné sur pas mal de missions… et qu'il m'obéissait un peu plus qu'aux autres.

– Des volontaires ? acheva Anakin.

Beaucoup de Jedi se levèrent, se portant volontaire pour cette mission. Mais vu les visages du trio directeur, aucun n'avait l'air de trouver grâce à leurs yeux. Je pensais à me proposer, mais étrangement, une petite voix à l'intérieur de moi me disait que cela n'allait pas… comme un mauvais pressentiment.

– Moi, je peux le faire !

C'est June qui s'était levée, ayant dit cela suffisamment fort que tout le monde ferma son clapet.

– June, en es-tu sûre ? lui demanda Anakin, qui était son mentor.

– Oui, maître. J'ai les épaules pour assumer cette mission. Je suis agile et expérimentée. De plus, je suis assez fine pour me glisser dans ce tunnel sans aucun problème.

– Crois-moi, j'adorerai te laisser cette mission mais… tu n'es que Padawan.

Will et moi remarquâmes le dépit d'apparaitre sur le visage de notre partenaire.

La petite voix me rappela ce mauvais pressentiment. Je décidai de l'envoyer valser.

– Et si je l'accompagnai ? proposai-je en restant assis, ma voix manquant d'une certaine conviction. Je suis plus expérimenté qu'elle, j'ai déjà combattu en terrain marécageux (je gardai pour moi que cela avait été un demi-échec) et ce robot m'apprécie bien. Deux Padawan valent un chevalier Jedi.

Et sachant que, parmi les Jedi présents, nous étions une majorité ayant le titre de Padawan, je savais que mes arguments feraient mouche. Cela ne rata pas puisque Jacen céda à ma requête.

– Très bien, reprit Korben en faisant signe à tous de se rassoir et de se taire. Les Padawans Perkins et Barh iront réparer le champ de force avec R4-D3. Pendant ce temps, nous…

Je ne fis pas vraiment attention au reste de l'exposé de Korben.

Je sentis June me prendre la main. Je la regardai alors, constatant qu'elle me souriait, comme pour me remercier. Elle lâcha ma main avant de jouer avec ses longs cheveux noirs. On n'avait pas besoin de parler ; nous savions que notre mission était capitale pour sauver la base et aider nos forces armées à vaincre l'ennemi.


J'avais mal estimé notre temps de trajet. Nous n'avions pas mis une demi-journée pour arriver à Rodia en vitesse lumière, mais seulement cinq ou six heures.

J'avais dormi pendant que Jacen, Anakin et Korben continuaient d'exposer leurs instructions. J'avais trouvé un coin tranquille et roupillé durant quelques heures. C'est mon communicateur qui m'a réveillé.

Ernesto, qui s'ennuyait tout seul à bord de son vaisseau individuel, avait décidé de taper la discute avant la bataille. Enfin, c'est plutôt lui qui a parlé. Moi j'ai plus hoché la tête qu'apporté des réponses compréhensibles. Il m'avait parlé de sa conquête de la veille, avant d'évoquer le fait qu'à son retour, il tenterait sa chance avec Bianca.

A ce moment, je me suis pleinement réveillé. Je lui ai bien sûr demandé ce qui l'attirait tant chez elle alors qu'il ne l'avait connu que sous son pseudonyme nocturne, Lidia.

– Oh mais, man, tu es aveugle ou quoi ?! m'avait-il dit en m'engueulant presque. Elle est juste superbe ! Elle est jolie, sexy, a un corps de rêve. Comment ne peux-tu pas le remarquer alors que tu dors dans la pièce à côté d'elle.

– Désolé de te décevoir, mais à partir de ce soir elle dort chez son père, avais-je plaisanté.

– Il n'empêche que j'aime tout chez elle ! Ses cheveux, je trouve qu'ils ressemblent au feu du soleil lorsqu'on s'y approche trop. Et ses yeux, waouh ! Ça me rappelle mon excursion sur cette planète quasiment recouverte que d'eau. Et puis…

Pendant qu'Ernesto me vantait les qualités physiques de Bianca – que je devais silencieusement reconnaître – je ne pus m'empêcher de penser à ses autres qualités.

Certes, Bianca était très jolie, c'était indéniable. Mais je la trouvais aussi très courageuse, fonçant tête baissée dans tout ce qu'elle entreprenait. J'adorais aussi la manière qu'elle avait de lancer des répliques sanglantes, auxquelles on ne s'attend pas, ou son humour décalé mais qui donne le sourire, même quand on est énervé. En fait, elle a vraiment un caractère de feu – comme l'indique la couleur de ses cheveux. Même à chaque fois qu'elle manque de confiance en elle, j'ai envie de la protéger, de la rassurer, de la hisser vers le haut… Son passé n'arrange pas cette phase de guérison.

Non mais oh, à quoi est-ce que je pense là ! Je dois rester concentrer sur ma mission avec June. Ernesto m'a perturbé (est-ce le bon mot ? En tout cas je n'en trouve pas d'autre pour décrire mon état) juste avant l'assaut.

Alors que j'allais mettre fin de force à notre conversation, Jacen me trouva, m'annonçant que nous arrivions.

Je raccrochai donc.

Une certaine humidité se dégageait désormais des parois du vaisseau, mais la chaleur n'était pas étouffante comme sur Tatooine.

Jacen et moi retrouvâmes June, Anakin et Korben à la sortie du vaisseau – qui volait toujours, soit dit en passant.

– Vous, deux, j'espère que vous mesurez l'importance de votre rôle dans notre mission, nous dit Korben d'un ton désobligeant. (June et moi gardâmes pourtant un visage neutre.) Faites au plus vite. Vous rendez vous compte que vous serez sous terre pendant au moins douze heures ?

Ah non, ça, ce n'était pas prévu dans le contrat !

J'entendis June avaler sa salive avant de dire :

– Mais, nous devrions mettre moins de temps. Le tunnel fait trente kilomètres vous avez dit. (Et bien, moi je n'étais pas au courant. Cela m'apprendra à aller dormir pendant les réunions.) Nous devrions le traverser en six heures grand maximum.

– Si vous étiez sur un terrain sec, oui, lui indiqua Anakin, d'un ton beaucoup plus agréable que Korben. Ce tunnel est glissant, sombre, et les risques d'effondrement sont assez élevés. Donc, prudence est maitresse de sûreté.

Prudence… J'avais promis à Bianca d'être prudent – et à Allana de revenir entier. Allons, non ! Pense à autre chose qu'à Bianca ou ça va te porter préjudice !

– June, nous ne connaissons pas le terrain, dis-je à ma coéquipière. Qu'importe le temps que cela nous prendra, nous devons compter sur nos troupes pour repousser l'ennemi durant ces douze heures. Et tout devrait bien se passer.

June me lança un regard mauvais mais elle ne trouva rien à dire. Elle admit, forcée de constater, que j'avais en partie raison.

– June, Zack, que la Force soit avec vous, nous dit Jacen.

La passerelle s'ouvrit. Nous devions être à six mètres du sol. June sauta la première. Alors que j'allais la rejoindre, je sentis une main sur mon épaule. Jacen me regarda, m'intimant à son tour d'être prudent. Je lui souris avant de quitter le vaisseau.

Je fis appel à la Force pour ne pas m'écraser au sol. R4 nous rejoignit juste après moi à l'aide de ses propulseurs. Nous étions dans une sorte de clairière… humide. L'air était respirable mais lourd. On entendait distinctement le bruit des armes à feu qui échangeaient des tirs à quelques lieux d'ici.

Je me sentis mal pendant quelques secondes. Je n'arrive toujours pas à me faire au bruit des armes dites « traditionnels ». Les blasters, les coups de feu…

Je repris mes esprits quand le vaisseau s'éloigna et partit dans une autre direction. Quand il disparut complètement de notre champ de vision, June nous guida, R4 et moi, vers un bloc de pierre. (Pas étonnant qu'elle sache où aller vu qu'elle avait assisté à la réunion dans son intégralité.)

Elle ordonna à R4 de lancer un coup de laser dans le sol. Le droïde s'exécuta et un trou apparut dans le sol.

– Prêt ? me demanda June.

– Pour le danger, je suis toujours partant.

Elle me sourit avant que nous sautions dans le souterrain noir.


POV Jacen Solo

Comme la dernière fois, je n'aimais pas l'idée de laisser Zack seul. Il est certes très doué et discipliné, mais il a une certaine tendance à s'attirer des ennuis. Et qui plus est, à aimer cela.

Le fait que June soit avec lui ne me rassure qu'à moitié. Elle le tempèrera, c'est sûr, mais j'ai peur qu'elle ne se soumette trop rapidement au plan tordu de mon élève. Il fallait l'avouer ; quand Zack était dans les parages, ma nièce perdait vite ses moyens. Et je ne comprends pas comment ce garçon fait pour ne pas s'en rendre compte.

Enfin, il est grand et responsable. Sa vie ne regarde que lui… A condition que cela n'entrave pas sa formation. Cette dernière qui, je le sens, s'achèvera dans quelques mois. Bientôt, son entrainement prendra un sens…

Je pourrais déjà le promouvoir chevalier Jedi puisqu'il sait déjà tout ce qu'i savoir… Mais comme j'aime le réprimander, je prolonge ce petit plaisir personnel. Et puis, je le connais (après tout, je l'ai élevé) : sitôt qu'on lui confiera ce titre, il fera la fête avec le soldat Ramirez et oubliera un temps ses obligations. Alors, attendons quelques mois encore…

Anakin, Korben et moi-même étions en train d'expliquer les derniers détails à bord de notre vaisseau. Le capitaine nous annonça que le temps du largage des troupes était venu.

Le bruit de la bataille se faisait clairement entendre. Nous nous accrochâmes tous à ce que nous pouvions, juste avant qu'une petite secousse ne se fasse ressentir. Nous venions d'atterrir.

La porte s'ouvrit et nous nous élançâmes dans un nouvel affrontement. Tous les Jedi avaient déployé leur sabre laser – moi-même y compris avec ma lame bleu foncé – tandis que les soldats venaient de sortir leurs fusils d'assaut et leurs machines de guerre.

Je fermais la marche avec mon frère et son fils. Nous fixâmes durant quelques secondes notre base en proie aux jets de flamme des croiseurs ennemis. Mais nos propres vaisseaux chasseurs les prenaient pour cible. Ma sœur jumelle se trouvait parmi eux.

Le grand bâtiment était gris et de forme circulaire, avec plusieurs observatoires et antennes paraboliques. Enfin, il y en avait moins qu'à l'origine.

Le bruit des coups et des sabres laser me ramena au réel. Nous partîmes tous les trois en quête d'ennemis à redresser. Je sentis un coup arrivé dans mon dos. Je me retournai alors et parai le rayon laser à l'aide de mon sabre. Des vingtaines d'autres rayons déferlèrent sur nous, mais aucun ne nous atteignit. Je fus séparé d'Anakin et de Will, mais je devais rester concentrer sur mes ennemis rodiens. Les rayons-laser se multipliaient beaucoup trop rapidement. J'avais de plus en plus de mal à les parer. Puis à l'instant où je voulus en esquiver un, je le sentis frôler mon visage.

Mes lèvres se mirent à me brûler. Par réflexe, je mis ma main devant ma bouche et soufflai. Rien à faire : l'air attisait la brûlure.

Je me redressai et commençai à courir. Un autre rayon frôla ma nuque, mais je ne ressentis aucune brûlure… Par contre, il y avait bien une odeur de brûler. Je passai ma main dans mes cheveux et je fus forcé de constater que j'en avais perdu un peu à cause de ce rayon. Oh rien de très alarmant, temps que cela restait derrière et pas devant.

Je décidai de m'arrêter une fois que j'estimais être hors de portée pour un moment. J'avais dû courir cinq-cents mètres par rapport à mon point initial. Je m'étais enfoncé dans la jungle, et je venais de trouver l'objet de cette course.

De l'eau, tout simplement. J'étais face à un lac.

Ne ressentant aucune présence – si ce n'est animale – je m'accroupis et me penchai au-dessus de l'eau. J'en pris dans mes mains avant de m'asperger le visage avec. J'en passai également dans ma nuque. Mes lèvres ne me brûlaient plus tant que ça mais je sentis du sang couler.

J'attendis que les clapotis de l'eau se calment pour faire attention à mon reflet. Et oui, le rayon laser avait frôlé la commissure de mes lèvres. Cela allait me laisser une cicatrice… Une nouvelle à ajouter au compteur.

J'ai été formé pour résister à la douleur. J'aurai très bien pu continuer à combattre à peine arriver… Mais mon instinct m'avait conduit vers la jungle, en retrait du conflit principal…

Puis je ressentis une présence.

Je repris mon sabre et me remis debout, guettant une erreur de l'ennemi… Ennemi qui, je le ressentais, était armé d'un sabre laser. Je resserrai ma prise sur mon arme, attendant qu'il sorte de son trou.

Je n'eus pas à attendre trop longtemps. Un rodien surgit de l'autre bout du lac, sauta dans ma direction, prêt à m'asséner de coups. Pourtant, je n'eus aucun mal à le contrer. Je le fis basculer et il tomba au sol. Sa peau verte se teinta de marron à cause de la boue.

Il se releva et nous échangeâmes quelques coups…

Etrange, sa maitrise du sabre laser n'était semblable à aucune technique que je connaissais. Enfin, je veux dire que je reconnaissais quelques mouvements traditionnels, mais… Je ne ressentais pas la Force en lui.

J'ai été dupe quelques instants. Ce rodien n'était pas un Jedi -, mais il se servait d'un sabre laser. Deux options : soit il l'avait volé à l'un de mes combattants ; soit on le lui avait donné… Et entre nous, j'espérais que ce soit la première option.

Il s'essouffla rapidement mais je remarquai quelque chose qui m'avait alors échappé… L'un de ses yeux était recouvert d'un cache-œil.

Un borgne.

J'avais face à moi Yoto Amulia, le chef des séparatistes. Ce dernier se releva, non sans mal.

– Vous vouliez plonger vous-même dans la gueule du loup ? ironisais-je.

Il me répondit dans son dialecte, dont je ne saisis pas le moindre mot.

Même si son autre œil était valide, il m'était impossible de lire dans celui-ci. Il était si noir et profond… comme un trou noir, en fait.

Je sais bien que je ne dois pas le tuer, mais l'occasion était trop belle… Oh et puis rien ne m'interdit de le malmener pour ses crimes.

Je réengageai alors le pseudo-combat.

Yoto Amulia bloqua mon premier coup mais il avait du mal à résister à ma force. Sous mon poids, il bascula en arrière et commença à s'enfuir. Je me mis à sa poursuite. Même s'il était pitoyable avec un sabre laser, je devais reconnaitre qu'il était rapide. La distance entre nous était constante alors que nous étions en pleine course poursuite. Soit sept ou huit mètres qui nous séparaient… Alors que, d'après nos informations, il était plus vieux que moi ! Je veux bien croire qu'à quarante ans passés, je ne suis plus aussi vif que lorsque j'en avais vingt, mais je refuse que cette crapule me distance !

Tout en courant, je me concentrai pour l'attirer à moi grâce à la Force… Malheureusement, il était encore trop éloigné de moi. A mon grand malheur, je dus me résigner car nous étions revenus en plein milieu des combats. Je brandis mon sabre à nouveau et repris ma tâche d'intercepter les rayons laser. Je couvris à plusieurs reprises mes camarades armés de blasters et autres armes technologiques.

Durant combien de temps je m'attelai à cela ? J'avais remarqué la rotation du soleil, indiquant clairement que nous avions avancé dans le temps… Et toujours aucune nouvelle de Zack et June. J'espère qu'ils vont bien et qu'ils feront au plus vite, puisque là je sens bien que nous sommes dans de beaux draps.


POV June Barh

– Zack, tu es sûr de n'avoir ressenti aucune secousse ? Parce que moi, si !

– Mais ne t'inquiète pas, le tunnel ne s'effondrera pas ! me répondit mon coéquipier sur un ton plus qu'exaspéré. A moins que tu veuilles marcher dans le noir, on suit mon plan.

Oui parce que la seule idée qu'avait trouvé Zack pour nous faire avancer dans ce tunnel sombre et humide, c'était de nous guider à l'aide de nos sabres laser… Or, le passage était étroit et les lames passaient très souvent un peu trop près de la paroi.

Sur les douze heures estimées pour la traversée, nous en avions accompli trois environ. Autant dire une misère.

R4 nous suivait derrière avec ses insupportables petits bruits de droïdes. Je me serais bien passée de lui, mais il nous était indispensable pour réparer le champ de force.

Zack était devant moi et « éclairait » notre chemin à l'aide de nos deux sabres laser. J'étais donc sans arme : quelle belle affaire ! Déjà qu'on ne m'a pas considéré comme suffisamment forte pour accomplir cette mission, il fallait que ce soit Zack qui prenne le plus de risques en approchant les lames de la paroi.

Voilà donc trois heures que je le sermonnais.

– Je continue d'affirmer que c'est une mauvaise idée.

– Tu as une autre solution ? me demanda-t-il d'un ton dédaigneux.

– Non, dus-je admettre. Mais c'est à moi qu'on a confié cette mission. C'est toi qui devrait me suivre, et non l'inverse !

– Peut-être, mais moi j'avais une idée.

– Oh ce que tu peux être agaçant quand tu t'y mets !

Il s'arrêta brusquement ; mais prise dans mon élan, je rentrai dans son dos. Je m'écartai de lui le plus vite possible, soudainement gênée. Je me frottai les bras dans l'espoir que tout rentre dans l'ordre.

Zack soupira avant de se retourner vers moi, et de me regarder avec un visage dépéri.

Même si nous étions dans le noir quasi complet, les lames verte et pourpre de nos sabres respectifs créaient des contrastes somptueux d'ombre et de lumière sur la roche et sur son visage. Sa peau apparaissait dorée alors qu'elle est beaucoup plus claire normalement. De même pour ses cheveux qui semblaient plus foncés qu'en réalité. Cependant, ses yeux étaient toujours aussi verts, clairs, brillants, quasi transparents ; à tel point que je pouvais presque apercevoir mon reflet à l'intérieur, tel un miroir.

De toute façon dans n'importe quelle circonstance, j'avais toujours trouvé Zack Perkins craquant et magnifique… Et cela ne datait pas d'hier.

– June, tu es avec moi ?

Je me réveillai soudainement de mon état de transe. Mon partenaire me lança un regard inquiet.

– Euh, excuse-moi. Tu disais ? tentai-je de me rattraper.

– Que j'étais désolé. Je ne sais pas pourquoi je suis sur les nerfs depuis qu'on est parti.

C'est étrange, mais j'ai beaucoup de mal à croire ce dernier point. Pourtant par respect, je n'insistai pas plus.

Zack se décida enfin à me rendre mon sabre laser avant de reprendre sa marche. Je lui emboitai le pas en faisant toujours attention aux parois qui rétrécissaient par certains moments.

– Il faut dire que la vie n'est pas facile ces derniers temps, continua-t-il.

– Je suis d'accord avec toi. Toutes ces responsabilités et l'entrainement qui s'endurcit. Je me demande comment j'ai fait pour pas craquer.

– C'est vrai. Surtout que l'arrivée de Bianca n'a pas arrangé le fait que j'aie besoin de vacances, plaisanta-t-il.

Sauf que moi, cela ne me fit pas rire. Bianca Darring. Je ne comprends vraiment pas tout le cirque que l'on fait autour d'elle. Oh, c'est vrai que la pauv' p'tite choute a perdu sa maman, mais cela ne lui donne pas le droit de s'offrir la place d'honneur au sein de cette famille – qui est déjà à elle seule un bordel sans nom. Cela fait deux semaines que mon idiot de frère n'a que son nom à la bouche, la trouvant superbe et affolement mystérieuse. Alors, Zack n'a pas intérêt à en rajouter une couche !

Sans que je m'en rende compte, j'avais stoppé ma marche, serrant les poings afin de me calmer et contenir ma rage. Zack sembla remarquer ma détresse alors qu'il était dix mètres devant moi. Il revint sur ses pas pour me faire face.

– Tout va bien, June ?

– Est-ce que tu lui fais confiance ?

– A qui ?

– Mais à Bianca, bordel ! criai-je.

La question était partie toute seule, je n'avais pas pu l'empêcher de sortir de ma bouche. J'étais énervée et cela devait se voir sur mon visage.

– Pourquoi cette question ?

– Tu ne trouves pas ça étrange, toi ? On ignore son existence pendant des années, et voilà qu'un beau jour, pouf, elle apparait et prétend être la fille de Ben.

– June, tu sais bien que-

– Oui je sais, le coupai-je, toujours les nerfs à vif. Tu ne crois pas aux coïncidences ! Mais celle-ci est juste grotesque. Il a fallu que ce soit toi qui la trouve ! Toi qui, comme par hasard, est super proche de notre famille. Tu en fais même partie ! Tu n'as pas peur qu'elle se serve de toi ?

– Non, je n'ai pas peur de ça, me répondit-il calmement. (Ce qui m'étonna puisque d'ordinaire, je suis celle qui montre le moins ce qu'elle ressent.) Et tu sais pourquoi ? reprit-il sur le même ton en me fixant. Parce que je lui fais confiance.

Je sentis mon cœur me faire mal l'espace d'un instant.

– Au point de lui confier ta vie ? lui demandai-je par curiosité.

– Pour ce point-là, j'attendrai qu'elle maitrise un peu mieux les armes et les techniques Jedi. Mais si l'occasion se présentait et que nous étions seuls, alors oui, je lui confierais ma vie.

Son regard dur me paralysa, j'avais peur de riposter. Il se retourna et reprit son chemin. Je ne pus m'empêcher de me sentir idiote. Les occasions d'être complètement seule avec Zack étaient aussi rares que d'entendre grand-père Han parler de choses sérieuses. Cette mission était l'occasion ou jamais qu'il fasse un minimum attention à moi, mais il avait fallu que Bianca gâche tout. Même quand elle n'est pas là, il n'y en a que pour elle !

Je me décidai à suivre Zack de nouveau. Mais il ne devait pas compter sur moi pour réengager la conversation ! J'entendis R4 qui nous emboitait le pas. Zack ralentit soudainement. La tension entre nous était palpable. Quand j'arrivai à son niveau, il remit le sujet sur le tapis – à mon grand désespoir.

– Pourquoi tu la détestes tant ? Je ne vois pas du tout ce que tu peux lui reprocher.

Oh mais il y a plein de choses que je peux lui reprocher ! Futiles ou non, sensées ou pas. Par exemple, je la trouve tellement jolie que j'ai peur que tu n'aies plus d'yeux que pour elle – comme Reese qui te suit déjà comme un modèle. Je n'aime pas la façon qu'elle a de te regarder. Je n'aime pas le fait qu'elle joue la petite chose fragile.

Oui, il y avait des tas de choses futiles qui rendaient Bianca Darring (ma cousine… dire qu'elle est ma cousine !) des plus détestables à mes yeux. Mais pour éviter de m'attirer encore les foudres de Zack, je choisis l'excuse bateau - mais exacte.

– Je ne lui fais pas confiance. Je me méfie d'elle.

– Développe.

– Je n'ai pas envie de parler d'elle.

– On a déjà passé trois heures à se disputer sur ma méthode d'éclairage soit disant « dangereuse. » Or là, je te donne l'occasion de vider ton sac. Tu as deux options de discussion : la luminosité pourrie ou Bianca. Quoi que le silence serait tout aussi intéressant à entendre.

Il n'avait pas tort sur un point : je ne voulais pas passer les huit heures suivantes à le réprimander sur son « plan-lumière » comme il l'avait nommé (Pourquoi l'avais-je bêtement suivi dans cette idée, d'ailleurs ?) Et comme le silence me gênerait trop – et me pousserait à imaginer des plans tordus pour l'attirer à moi –, je pris à contrecœur la deuxième option qu'il me proposait.

– Je viens de te le dire. Tu ne trouves pas ça étrange qu'elle débarque comme une fleur sans qu'on sache quoi que ce soit d'elle. Même l'attitude de Ben ne colle pas : pourquoi aurait-il caché le fait qu'il ait eu une aventure alors qu'il était en mission ?

– Remet-toi dans le contexte, me répondit-il. On ne peut pas le comprendre, mais à cette époque, la galaxie était instable. Tout le monde prenait le risque de mourir à tout moment. Ben a juste voulu protéger la mère de Bianca.

– Je veux bien croire en la bonne foi de Ben, dis-je à demi-convaincue. Il n'empêche que ça lui va bien de jouer les filles fragiles.

– Qu'est-ce que tu veux dire ?

– Attends, dès le jour où elle débarque, elle nous fait un cirque soit disant parce qu'elle a trop à manger ! Et là, elle nous sert son histoire de fille sans le sou. Je veux bien avoir de la peine à cause de la mort de sa mère, mais qu'elle ne vienne pas se donner en spectacle.

– June, je t'en prie, ne dis pas de choses pareilles.

Il avait parlé doucement, mais je sentais bien que son esprit bouillonnait. J'aurais pu m'arrêter, mais j'étais trop lancée pour cesser mon argumentation.

– Ça lui va bien aussi de jouer les saintes nitouches alors que tous les gars sont prêts à quitter femmes et enfants dès qu'elle franchit un couloir. Je la trouve hautaine et prétentieuse. On dirait qu'elle se croit tout permis juste parce qu'on doit croire à sa pauvre histoire. Et aussi-

– June, la ferme ! hurla soudainement Zack. Je t'en prie, tais-toi ! Je t'interdis de parler d'elle comme ça !

Sans que je puisse comprendre, je me suis retrouvée coincée entre mon équipier et la paroi boueuse. J'avais lâché mon sabre et la lame s'était rétractée. Désormais, seule l'arme verte de Zack nous évitait de nous retrouver dans le noir. Il respirait distinctement. Son visage me faisait froid dans le dos. Il me faisait peur. Mon cœur s'emballa sans crier gare. Mais qu'avais-je dit de mal si ce n'est la vérité ?!

– C'est moi qui l'ai rencontrée le premier ! reprit-il, bien plus énervé que tout à l'heure. (Je crois d'ailleurs que c'est la première fois qu'il se laissait autant aller à ses émotions.) Je l'ai côtoyé dans son monde. Alors je t'en prie, n'affirme rien si tu ne sais pas de quoi tu parles ! Oui j'ai sauvé Bianca, mais tu ne sais rien de ce que j'ai fait pour la convaincre de partir avec moi. Elle et moi avons vu sa mère mourir ! Tu la crois superficielle : elle est tout le contraire. Elle a bel et bien vécu dans la pauvreté et la misère durant des années ; alors que toi tu as toujours vécu correctement ! Moi-même je la comprends parfaitement car j'étais comme elle avant de vivre avec vous ! Si tu savais tout ce qu'elle a enduré à cause de son boulot ingrat, tout ce qu'elle a perdu, tu la verrais autrement !

Je l'avais laissé extérioriser sa colère. Pourtant, je sentais qu'elle ne retombait pas. Son visage exprima soudainement la surprise, le choc, avant de laisser place au regret. Il s'écarta de moi et porta une main à son visage, comme pour se cacher.

– « Boulot ingrat » ? ai-je posé comme question. Zack, Bianca nous a dit être serveuse… Qu'est-ce que tu caches ?

Zack se mit à trembler. On sentait qu'il se retenait de lâcher la moindre information… Mais il en avait trop dit. Je voulais en savoir davantage.

– Zack, réponds-moi ! insistai-je en haussant le ton. Qu'est-ce que tu caches ?!

– Elle dansait la nuit ! finit-il par avouer.

Je ne sais pas ce qui me choqua le plus : cette révélation ou la réaction de Zack à son aveu.

Mon cerveau fit mille et un tours dans ma tête. Bianca était une danseuse… Soit une personne née pour charmer. Pas étonnant que tous les hommes lui tournent autour. Mais comment Zack peut-il savoir cela ? La réponse vint d'elle-même et elle me répugna : Zack avait assisté à l'une de ses danses…

Alors que j'étais sur le point de vomir, je remarquai que Zack semblait déboussolé, comme pris de remords. Il marmonnait des mots incompréhensibles dans sa main et faisait les cent pas dans cette minuscule galerie. Il ne semblait pas faire attention à son sabre qui faisait des cercles lumineux, frôlant dangereusement la paroi. On dirait qu'il regrette ses mots. J'en profitai pour ramasser mon sabre laser et en sortir la lame pourpre.

Zack sembla se calmer et passa une main dans ses cheveux. Il soupira et me regarda, l'air de m'en vouloir. Aller, ça va encore être de ma faute ! Pourtant, je décidai de me montrer courageuse en reprenant la parole la première.

– Cela veut dire, dis-je doucement et avec une extrême prudence, qu'elle était une prostituée.

– Non ! contesta-t-il. Juste danseuse. Et pas tout le temps. Elle était bien serveuse.

Zack respirait entre chaque phrase. Il n'était pas en train de paniquer, mais il était loin d'aller bien.

Pour ne rien arranger à mon état, je ressentis à nouveau les vibrations des parois. J'allais passer outre quand je remarquai que Zack avait l'air interloqué. Il regardait en l'air et semblait analyser la situation. Il ferma les yeux puis les rouvrit quasiment aussitôt, alors que les tremblements étaient de plus en plus intenses.

– Cours ! me cria-t-il.

Avant que j'ai pu commencer à courir, Zack attrapa ma main et m'entraina dans sa course. La paroi commençait à s'effriter tandis que les secousses étaient de plus en plus fortes.

J'espère qu'R4 ne nous a pas perdus de vue. Mais comme j'entendais toujours ses bruits habituels, je ne m'inquiétai pas.

A un moment, je criai de surprise. Zack m'avait amené au sol et il m'ordonna de couvrir ma tête. Je ne me fis pas prier.

Alors que nous nous maintenions au sol côte à côte, je sentis de la terre dans mon dos.


Une heure plus tard

POV Ernesto Ramirez

– Yeah, prend ça, vieux thon !

Le bruit jouissif des canons du vaisseau atteignit mes oreilles. Suivi du doux son d'un destroyer ennemi explosant en plein ciel. Je devais être à dix vaisseaux enflammés en quatre heures. Encore quelques-uns et je battrai mon record. Ça méritera une petite récompense et un coup à boire !

Il n'empêche, je me demande combien de temps cela durera encore. Personnellement, j'ai été affecté à des missions bien plus longues et complexes que celle-ci. A vingt ans, j'avais participé à plus de mission qu'aucun autre pilote de mon âge. Et ce n'est pas pour paraitre sans cœur (car j'en ai un, demandez à la fille de la nuit dernière) mais j'adore faire exploser les vaisseaux ennemis. Ce n'est pas comme Zack qui doit se conformer à son code Jedi et utiliser la violence en cas de force majeure. Dégommer les méchants, y'a que ça de vrai !

Alors que je prenais en chasse un autre vaisseau, le bruit insupportable d'un appel en cours se fit entendre. Quand je lis « Vieille branche » sur mon écran de contrôle, je ris. J'appuyai alors sur un bouton.

– Allo, vieille branche, ici le capitaine Ramirez pour te servir. Que puis-je pour toi ?

– Ernesto ! Oh mon Dieu, je suis content de t'entendre !

Mon meilleur ami était complètement essoufflé et il toussait. Mon habituel sourire disparut bien vite.

– Hey, man, ça va ?

– Oh Ernesto, c'est vraiment une catastrophe. Le mur- (Il s'interrompit pour tousser à nouveau.) Le mur s'est écroulé.

– Quoi ?! Mais vous allez bien ?! m'alarmai-je.

– Plus de peur que de mal. Je n'ai mal nulle part, mais la terre dans mes vêtements m'énerve à un point que tu ne peux même pas imaginer.

– Et ta partenaire, elle va bien ?

– June ? Oui, ça va. Elle saigne un peu au niveau du bras, mais ça n'a pas l'air trop grave.

– Ouf tu me rassures. Dire que je pensais effectuer la partie suicidaire de la mission, plaisantai-je.

– Ernesto, si je t'appelle c'est pour que tu me rendes un service.

– Bien sûr, vieux frère, tout ce que tu veux ! Quoi que je suis pas dans la meilleure des positions là. Attends deux secondes.

Il tenta de protester mais il fut beaucoup moins rapide que mes rayons laser qui atteignirent un autre vaisseau ennemi.

– Dans le mil ! m'écriai-je.

– Ernesto, s'il te plait ! (Nouvelle quinte de toux)

– Oui, c'est bon, je suis tout à toi.

– Okay. Nous avons un gros souci pour notre mission : R4 nous a lâchés.

– Quoi ? Euh, explique.

– Un droïde est nécessaire pour réparer le bouclier. Or l'éboulement a fait qu'R4 a rendu l'âme.

– Quoi ?! Attends, R4 est caput ?

– Il est pire que caput !

– Tu as essayé de le réparer ?

– J'ai perdu une heure à faire ça ! Et puis mes connaissances dans ce domaine sont assez limitées.

Mierda, comment vous allez faire ?

– C'est là que tu entres en scène. Il faut que tu contactes Korben, Jacen ou Anakin. Dis leur qu'il nous faut un nouveau droïde.

– Vous ne pouvez pas les contacter vous-mêmes ? Ou bien ta copine peut appeler sa mère et-

– On a déjà essayé, me coupa-t-il. Mais Jaina pilote comme toi, et elle nous a foutu un gros vent avant même qu'on ait parlé de l'éboulement. Et aussi, comme les trois autres sont au sol, on a peur de les déstabiliser, qu'ils s'inquiètent pour nous.

– D'accord, je fais au plus vite. Je te rappelle après.

– Merci, vieux.

– A ton service, Zack.

La communication fut coupée entre Zack et moi. Madre de dios, c'est bien le seul mec capable de se fourrer dans des situations improbables ! Pour autant, je ne me laissai pas déstabiliser. Alors juste après avoir fait exploser un autre vaisseau, j'établis un contact avec Korben Leroy, qui était mon supérieur hiérarchique… et donc le seul des trois gars cités dont j'avais le numéro.

– Ramirez, hurla-t-il contrarié (On a fait mieux comme première approche.) Vous ne pouvez pas mieux tomber. Je suis un peu occupé, là.

J'entendis des bruits de combats, des rayons-laser qui s'entrechoquent.

– Monsieur, c'est très important ! insistai-je. C'est à propos de Zack et June qui sont dans le tunnel.

– Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Ce n'était pas la voix de Korben. Un homme devait se battre à côté de lui et avait dû intercepter le début de notre échange.

– Zack et June vont bien ? demanda ce nouvel arrivé.

– Oui, ils vont bien. Mais ils ont eu un souci technique. Le droïde que vous leur avez confié a rendu l'âme. Zack a tenté de le réparer, mais rien à faire. Il leur en faut un neuf. Vous en avez prévu d'autres au moins.

Je sentis une tension à l'autre bout du fil, de même qu'un silence des plus prompts. Enfin, je parle de silence si on fait abstraction des bruits de combat autour. Toujours est-il qu'entre ces deux-là, le courant venait de se rompre.

– Korben, nous n'avons pas le choix. Nous devons contacter Coruscant.

– Jacen, auriez-vous perdu l'esprit ?! Appeler du renfort, c'est montrer notre faiblesse à l'ennemi.

– Mais si nous ne faisons rien, nous allons tout perdre. Nous avons déjà dix victimes, ce qui est peu je vous l'accorde, mais je n'en veux pas une de plus !

– Ce n'est pas ma faute si Yoto Amulia vous a échappé.

J'étais ravi de ne pas me trouver en face d'eux. On sentait bien qu'ils étaient tous les deux à cran.

– Nous l'attraperons. Mais pas sans force supplémentaire ! Et puis comme ça, les enfants auront un autre robot. Ils peuvent continuer leur parcours dans le tunnel mais sans droïde, le champ de force ne pourra pas être rétabli ! Regardez un peu ce bâtiment. Il est en proie aux flammes. Et nous ignorons combien de temps les protections restantes tiendront ! Alors Korben, mettez votre égo de côté et contacter Coruscant !

Les gars, décidez-vous vite parce que ça sent le roussi. Je le sens grave !


Voilà pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous aura plu. N'hésitez pas à laisser un p'tit commentaire pour me faire plaisir et me donner votre avis, ou poser des questions ;)

Dites donc, mais qu'est-ce qu'il m'arrive depuis quelques chapitres ? Vous pondre des textes de 20 pages ! J'espère que ce n'est pas une torture pour vous ^o^'

En tout cas, dites-moi ce que vous pensez de cette première partie de la mission sur Rodia. Et, qu'avez-vous pensé des différents points de vue utilisés, histoire de changer de Zack et Bianca à longueur de temps ? (Celui de Jacen m'a bloqué un certain temps, même s'il ne fait que 3 pages en soi)

Bref dans le prochain chapitre : les renforts vont arriver... Et une personne mourra ! (gros spoil - faites vos paris) Je ne sais pas encore quand est-ce qu'il sortira...

Sur ce, à la prochaine et prenez soin de vous ! :D