Blabla de l'auteur : Salut à tous. Vous m'avez harcelé pour avoir la suite alors la voilà. Merci beaucoup à Julia Lutecia, Butterfly Fictions, cookie74, Hana Mélodya (Salut miss. Oui j'avoue le passage entre Adrien et son père est magique. J'ai adoré l'écrire pour ma part. Ben moi je suis de l'avis de Marinette. Elle se sent quand même trahie parce qu'il savait qui elle était et il en a profité. Selon elle disons. Mais ne t'en fais pas, il reste un chapitre pour qu'ils se réconcilient :) Bisouilles choupette), tafaha44 (Salut toi. Je suis ravie de savoir que tu me lis depuis le début. J'espère que la suite te plaira. Bises), Keiko Yuriko, Mytsuu, Allone Denestriel pour vos reviews. Elles m'encouragent vraiment.

Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers appartient à Thomas Astruc. Je ne touche rien en écrivant sur cet univers.

Loin de toi

Adrien la fixa, surpris de sa réaction qu'il trouvait disproportionnée. Pourtant en voyant des larmes couler sur ses joues, il sentit son cœur se serrer douloureusement. Comment pourrait-il à présent lui avouer son amour ? C'était pourtant son plan, depuis qu'il avait découvert qui était Ladybug. La rejoindre, lui dire qui se cachait sous le pseudonyme de Chat Noir, visiter l'expo ensemble, lui avouer ses sentiments et s'il était chanceux, pouvoir enfin l'embrasser pour la première fois. Un vrai premier baiser comme Marinette le méritait. Adrien n'oubliait pas qu'il le lui avait volé. Seulement ses yeux et ses joues étaient pleins de larmes, alors que son visage avait perdu toutes ses couleurs. Il fit un geste vers elle seulement elle se recula d'un coup d'épaule et il ne sut plus quoi dire ou faire. Elle se leva d'un bond et s'éloigna en courant à vive allure. Elle était partie si rapidement qu'elle avait oublié son masque et ses achats à côté de lui. Il ramassa le tout, nettoya les reliefs de leur repas puis à son tour quitta la Japan Expo. Le cœur en miette, il appela son chauffeur et l'attendit sagement. Il n'avait aucune envie de jouer les ados normaux aujourd'hui. Il remit son masque, afin qu'on ne le reconnaisse pas et quand son chauffeur arriva, il monta sagement à l'intérieur avec ses achats et ceux de son amie. Même s'il n'était plus très sûr qu'elle le considère comme tel. Pour lui, elle restait sa meilleure amie. Celle dont il était le plus proche.

Quand il arriva chez lui, il monta dans sa chambre et posa ses paquets au sol avant de prendre son portable. Il envoya un sms à son amie pour prévenir qu'il avait ses achats et en attendant une réponse éventuelle, rangea les siens. Dès que ce fut bon, il sortit un livre et le commença sans cesser de guetter son portable mais dut se rendre à l'évidence quand il se coucha. Elle lui en voulait et n'avait aucune intention de lui parler. Il se connecta rapidement à Mayion pour voir si elle lui avait répondu mais là encore, elle semblait muette et il soupira. « Je vais devoir aller lui parler à son boulot, songea-t-il… Père va détester ça ! » Il soupira longuement mais se coucha décidé à tout faire pour comprendre pourquoi elle s'était enfuie.

Dès qu'il se réveilla, il prit sa douche et chercha comment s'habiller. Il voulait paraître normal et observa dehors. Il se décida pour un tee-shirt blanc avec le logo de Greenpeace, une chemise vert clair et un jeans bleu banal. Une paire de mocassins aux pieds, il sortit du manoir et décida de se rendre chez les Dupain-Cheng. Il savait qu'il aurait dû attendre son chauffeur mais il commençait à faire chaud et le jeune homme décida d'éviter au maximum de prendre sa voiture afin d'éviter la pollution. Quand il arriva à la bonne station, il sortit du métro et parcourut à pied les derniers mètres qui le séparaient de la boulangerie. Il sourit en entendant le tintement de la cloche lorsqu'il entra et salua Tom qui s'étonna de le voir.

« - Que fais-tu là gamin ? Tu as décidé de faire un stage d'été ?

« - Non Tom, sourit-il. En fait je me suis plus ou moins disputé avec Marinette et je voulais la voir pour m'excuser et dissiper le malentendu qui nous sépare, avoua-t-il.

« - Tu tombes mal, petit. Marinette est partie travailler pour ton père. Elle y travaille le lundi, le mardi et du jeudi au samedi, précisa Tom.

« - Ah flûte… Bon… Eh bien, je vais aller la voir là-bas, une fois que je vous aurais acheté de quoi prendre mon petit-déjeuner.

Tom sourit et le laissa choisir de quoi manger. Dix minutes plus tard, Adrien ressortit une tartelette à la fraise à la main et une bouteille de jus d'orange dans l'autre. Il regarda autour de lui et partit à pied pour rejoindre la Maison Agreste. Même s'il devait d'abord prendre le métro.

Quand il arriva enfin, il était presque midi et il entra dans la maison en saluant Sophie. Celle-ci lui rendit son bonjour avec plus de professionnalisme que d'habitude. S'il s'en étonna, il n'en montra rien et continua son chemin jusqu'aux ascenseurs. Il savait où trouver son père à cette heure-ci et par extension Marinette puisque Gabriel lui avait assuré qu'il ne la quitterait pas des yeux. Durant l'ascension des sept étages, Adrien répéta son discours même s'il avait une question à lui poser. « Hors de question je reparte sans la réponse, décida-t-il quand les portes s'ouvrirent. » Il inspira un bon coup, pour se donner du courage et rejoignit le bureau de la secrétaire qui lui indiqua que son père était disponible. Il la remercia et frappa à la porte avant d'entrer.

« - Bonjour Adrien. Comment vas-tu mon fils ?

« - Bonjour père. Je vais bien et vous ?

Quand Adrien entra dans la pièce, Marinette se tendit. Elle n'avait aucune envie de le revoir et songea à sortir seulement pour ça elle devrait s'approcher de lui et elle n'était pas prête à sentir son odeur. Elle fit donc un pas en arrière et préféra observer la scène muette.

« - Je vais bien. As-tu besoin de quelque chose mon fils ?

« - Euh non du tout, en fait je voulais savoir si je pouvais t'emprunter Marinette quelques instants ?

« - Marinette a sa pause déjeuner dans dix minutes, peut-être pourrais-tu attendre jusque là?

« - Bien sûr père. Marinette, je t'attends dehors, sourit-il.

« - Je… Ce n'est pas la peine. Je n'ai pas l'intention de te laisser te fiche de moi une nouvelle fois. Deux fois ça fait déjà une de trop, déclara-t-elle froidement.

« - Je… Très bien, soupira-t-il. Je comprends.

Marinette le regarda quitter la pièce et quand la porte fut refermée, elle relâcha sa respiration. Elle était loin d'être aussi sûre d'elle qu'elle le prétendait quand il était présent. Son regard croisa celui de son maître de stage et elle rougit en voyant son léger sourire. Pour autant, Gabriel ne posa aucune question et reprit ce qu'il lui expliquait avant d'avoir été dérangé. Elle le remercia mentalement et reprit le croquis de la robe qu'elle avait imaginé au matin même. Il ne lui avait donné, pour le moment aucune autre consigne. Seulement des conseils pour qu'elle apprenne à mieux dessiner les modèles qu'elle imaginait. Elle ne put faire grand-chose cependant puisque deux minutes plus tard, il lui annonça qu'elle pouvait aller déjeuner. Elle le remercia en souriant et quitta la pièce. Elle n'avait qu'une heure, elle le savait depuis ce matin quand Gabriel lui avait donné ses nouveaux horaires. Songeant qu'elle devait retourner au premier étage pour rejoindre la cafétéria, elle se dirigea vers l'ascenseur et l'appela au moment où une main se posa sur sa bouche alors que l'autre la ceinturait. Elle paniqua aussitôt et allait se débattre seulement une voix l'en empêcha.

« - Ne t'inquiète pas Mimi, ce n'est que moi, chuchota Adrien à son oreille avant de la relâcher. S'il te plaît écoute-moi.

« - Pourquoi est-ce que je t'écouterais Adrien ? Tu t'es foutu de moi ! Depuis que tu es arrivé sur Paris, tu sais qui je suis, n'est-ce pas ? Avoue, cria-t-elle le faisant sursauter. Depuis quand sais-tu qui se cachait sous le pseudo de Ladybug ?

« - Je… Tu te souviens quand Chat Noir t'a recontacté après sa déprime ? Je venais de le découvrir. Tu étais avec Alya dans le parc et tu lui montrais des papiers pendant que je faisais encore des photos pour la brochure de Paris. Quand tu es partie, tu as oublié un papier. Je l'ai ramassé pour te le rendre le lendemain mais tu avais précisé dessus que c'était ton costume pour la Japan Expo et je me suis dit… Franchement Marinette, tu crois réellement que j'avais manigancé tout ça depuis le début ? J'étais à New York quand je me suis inscrit à ce jeu, avoua-t-il. J'ai posé une question sur le forum, je ne comprenais pas vraiment à quoi servait les pierres et tu m'as répondu. On ne se connaissait pas vraiment. Je veux dire, je t'avais aperçu deux fois et oui je pensais de temps en temps à cette fille au regard incroyable mais je ne connaissais rien de toi. Je ne devais même pas revenir à Paris. Comment aurais-je pu manigancer tout ça Marinette ?

« - Je n'en sais rien ! Pourquoi avoir débarqué dans mon lycée ? Avec la fortune et le prestige de ta famille Adrien, pourquoi être entré dans un lycée public ?

« - Parce que depuis la mort de ma mère, dit-il le regard triste, je passe d'école privée à lycée privé. Je n'ai connu que ça Marinette ! Les écoles avec des uniformes hideux et des cours de religions pour apprendre à respecter Dieu. Des lycées avec des cours culpabilisant sur le sexe. Des écoles privées avec uniquement des garçons pour ne pas être tenté par le joli sexe… Je voulais avoir une vraie scolarité. C'est pour ça que j'ai demandé à mon père d'aller dans un lycée normal. Un vrai. Avec des élèves qui s'habillent comme ils le veulent, avec des profs qui ne t'envoient pas chez le directeur si jamais tu as le malheur d'embrasser une fille ou de lui sourire. Je voulais connaître ça. C'est pour ça que je suis arrivé à Françoise Dupont. Mon père a choisi ce lycée sans m'en avoir parlé. J'ai débarqué à Paris la veille de mon arrivée au lycée Marinette. Comment aurais-je pu savoir que c'était dans ce lycée que la fille avec qui je parlais sur Mayion étudiait ?

« - Je ne veux pas le savoir. J'ai faim et tu m'empêches d'aller manger Adrien. Laisse-moi passer.

Sur ces mots, elle entra dans la cabine. Il la regarda et l'imita à la dernière seconde pour continuer à lui parler. Il avait des questions à lui poser et il avait besoin des réponses.

« - Pourquoi Marinette ? Pourquoi t'es-tu enfuie à la Japan Expo ? Quand tu as découvert qui était Chat Noir ? Pourquoi ne pas m'avoir simplement parlé ?

« - Parce que, grommela-t-elle en se fermant à la conversation.

« - Pourquoi ?

« - Ça ne te regarde pas.

« - Dis-moi pourquoi Marinette ? J'ai besoin de comprendre pourquoi tu as fui alors que je voulais te parler ?

« - Parce que, grogna-t-elle entre ses dents.

« - Marinette ? Je ne te mens pas, j'ai besoin de comprendre. Je croyais qu'on était amis toi et moi ? Je pensais que… Je ne sais pas, je savais que tu ne serais pas hyper enthousiaste de découvrir que c'était moi, mais je croyais qu'on pourrait parler toi et moi. Je t'aurais expliqué tout ce que je viens de te dire et on aurait… Je ne sais pas, finit-il par avouer. Pourquoi t'être enfuis hier après-midi ?

« - Je… Il me plaisait, cria-t-elle dans l'ascenseur. Chat Noir. Il était gentil, attentionné, amusant et j'étais amoureuse de lui. J'aimais la douceur de ses mots, sa manière de me faire sourire et rire à distance et toi, tu as… Tu as tout gâché, lui cria-t-elle au visage au moment où les portes se rouvrirent. Alors fiche-moi la paix Adrien, tu m'as brisé le cœur assez de fois !

Elle sortit sur ces mots et rejoignit la cafétéria pour noter qu'elle n'avait plus que quarante-cinq minutes avant de remonter pour continuer sa journée aussi elle se dépêcha de s'installer et de se restaurer sans plus penser à son ami.

Adrien resta inerte plusieurs minutes puis remonta au septième étage. Où du moins quelqu'un appela l'ascenseur et il se retrouva au point de départ. La cabine s'ouvrit devant son père qui sourcilla.

« - Tout va bien mon garçon ?

« - Je… Oui père… Non, admit-il.

« - Veux-tu que nous en parlions ?

Adrien hocha la tête et il suivit son père dans son bureau où ils s'enfermèrent. Le jeune homme s'assit face à lui et lui raconta tout. Depuis son arrivée. Depuis qu'il l'avait vu et qu'elle lui avait tapé dans l'œil. Il lui raconta ses méthodes de dragues minables, l'aide empoisonnée de Chloé, son repenti, leur amitié virtuelle sur Mayion, celle qu'ils avaient dans la vie réelle,… Tout y passa et Gabriel l'écouta sans l'interrompre. En réalité, il se demandait comment il avait fait pour ne pas s'apercevoir plus tôt que son fils avait déprimé, qu'il avait mal vécu son arrivée à Paris, ni qu'il avait quelqu'un dans son cœur. « Comment ai-je pu passer à côté de tout cela, se demanda-t-il en l'écoutant. » Quand Adrien n'eut plus rien à dire, il le regarda longuement.

« - Que comptes-tu faire à présent mon garçon ?

« - Je ne sais pas. Lui courir après je suppose.

« - Ne lui cours pas après Adrien. Marinette se sent trahie parce qu'elle a l'impression que tu t'es joué d'elle. Laisse-la tranquille quelques jours mon fils. Elle a besoin que tu t'éloignes pour qu'elle puisse réfléchir en paix. Quand elle sera prête, elle reviendra Adrien.

« - Sera-t-elle encore amoureuse de moi ?

« - C'est là tout le mystère, Adrien. Le cœur d'une femme est ce qu'il y a de plus mystérieux pour un homme. Si ses sentiments étaient réels, il se peut qu'elle éprouve encore quelque chose de profond pour toi. Mais toi Adrien, qu'éprouves-tu pour elle ?

« - Je suis amoureux d'elle, soupira-t-il.

« - Alors laisse-lui un peu de temps, d'accord ?

« - Oui… Auras-tu besoin de moi ces quinze prochains jours ?

« - Non, tu es libre, pourquoi ?

« - Je vais peut-être partir quelques jours à Londres. J'irais visiter le Royaume-Uni et je reviendrais après.

Gabriel hocha la tête, lui assurant que c'était une bonne idée puis le laissa rentrer chez eux. Autant pour faire son sac que pour préparer son voyage.

Quand Marinette revint dans le bureau, elle était prête à reprendre son croquis et profiter au maximum de ce stage. Même si à présent, elle avait envie d'arrêter. Savoir qu'Adrien saurait la trouver à n'importe quel moment l'ennuyait. Seulement elle avait promis à Gabriel qu'elle ne changerait plus d'avis aussi elle décida de faire face. Elle allait cesser de penser à Adrien en dehors des moments où ils se retrouveraient dans la même pièce. Lorsqu'ils seraient face-à-face… La jeune fille ne savait pas encore comment réagir puis décida qu'elle verrait au moment où ça arriverait. Si ça devait se reproduire à nouveau. Secouant la tête, elle se concentra sur son croquis et y passa plusieurs heures avant d'avoir un rendu qui lui plaise vraiment. Habituellement, elle aurait été plus rapide seulement, elle avait craint, durant les quatre premières heures, que Gabriel ne lui pose des questions sur Adrien et elle. Seulement, il s'était tu, comprenant probablement qu'il préférait les laisser régler leurs histoires seuls. Elle ignorait naturellement qu'il savait déjà presque tout. Quant au reste il l'avait deviné dans sa façon de réagir face à son fils. Il savait qu'elle était sous le charme d'Adrien seulement comme il le lui avait dit, elle avait besoin qu'il prenne du recul pour qu'elle le comprenne.

« - C'est bon Marinette, tu peux rentrer chez toi, ta journée est terminée, dit-il quand dix-sept heures sonna.

« - Bien monsieur Agreste. A jeudi.

« - Bon mercredi à toi, sourit-il.

Elle le remercia et attrapa ses affaires avant de quitter le bureau et surtout la Maison. Elle craignit un instant qu'Adrien soit devant à l'attendre seulement elle rejoignit la boulangerie sans le voir et soupira rassurée. Il avait enfin compris qu'elle ne voulait plus le voir. Seulement une partie d'elle se demanda s'il n'allait pas tout simplement la fuir à présent qu'il avait eu ce qu'il voulait depuis le début. A savoir qu'elle soit sous son charme. « Je n'étais qu'un jeu, voilà tout, songea-t-elle en s'allongeant sur son lit… Maintenant il va jouer avec le cœur d'une autre. » Déprimée, elle se connecta à Mayion et nota qu'elle avait un message privé émanant de Chat Noir. Malgré elle, elle l'ouvrit.

« Salut ma Lady. J'espère que tu vas bien. Je suis navré mais je ne me connecterais pas de la semaine. Je file visiter Londres en attendant que Marinette (la fille à qui j'ai donné mon cœur) me pardonne pour lui avoir caché un truc, me pardonne. Enfin je ne pars qu'une semaine mais je risque d'en avoir gros sur la patate après donc je préfère te prévenir que je risque de jouer les abonnés absents quelques temps. Et comme je t'avais promis de te tenir au courant la prochaine fois que ça m'arriverait… Enfin bref, sache que tu vas me manquer et que j'espère que tu ne m'en voudras pas que je prenne un peu mes distances. Bonne semaine à toi et j'espère que ton stage se déroule comme tu le souhaites. Je t'aime Princesse. Adrien-Chat Noir. » Elle fixa le message surprise. Pourquoi la tenait-il au courant ? Puisqu'elle ne voulait plus lui parler ? Elle pensait avoir été très claire au midi. « Mais il faut croire qu'il n'a pas compris quand je lui ai demandé de me fiche la paix, songea-t-elle… J'aurais peut-être dû lui dire de m'oublier ? » Elle haussa les épaules incertaine. Une partie d'elle voulait qu'il l'oublie. Qu'il passe à autre chose, à une autre fille mais une grosse partie préférait qu'il ne le fasse pas. Elle voulait qu'il revienne vers elle, qu'il s'excuse de l'avoir trompée et manipulée. Elle soupira et réfléchit à lui répondre avant de renoncer. Elle éteignit sa machine et appela Alya à qui elle raconta sa journée. Sa meilleure amie l'écouta sans l'interrompre puis lui demanda ce qu'elle voulait exactement.

« - Je ne sais pas, soupira-t-elle. Je voudrais qu'il m'oublie mais en même temps je n'en ai pas envie… C'est idiot mais je m'étais attachée aux deux. Autant à Adrien qu'à Chat Noir. Bon ok j'étais amoureuse de Chat Noir et donc d'Adrien sans vraiment le savoir mais Alya, comment savoir lequel est sa vraie personnalité ?

Sa meilleure amie resta muette ne sachant que répondre et Marinette souffla longuement. Si elle voulait la réponse à cette question, elle allait devoir parler avec Adrien… Chose qu'elle n'avait, pour le moment en tout cas, aucune envie de faire.

Loin de savoir dans quel état son message avait mis Marinette, Adrien termina sa valise. Elle avait pris ses jeans destroys, deux polos, des chemises et beaucoup de tee-shirts. Presque tout était de la collection Gabriel. Bien qu'il ne veuille plus faire le mannequin, il aimait portait les nouvelles créations de son père en premier. Il ajouta ses produits d'hygiènes, deux paires de baskets, ses papiers, puis regarda autour de lui. Croisant le regard de sa mère, il prit un des cadres photos et l'enveloppa dans ses pulls pour ne pas qu'il soit abîmé dans le voyage. « Bon je crois que j'ai tout cette fois-ci, songea-t-il. Il faudra simplement que je prenne mon chargeur demain matin ainsi que ma brosse à dent. » Satisfait, il ferma sa valise et observa son écran d'ordinateur. Malgré lui, il se rapprocha pour relire le message qu'il avait envoyé à Marinette et sourit en notant qu'elle l'avait vu. Il ignorait si elle lui répondrait, il avait très peu d'espoir en réalité, mais au moins elle en avait pris connaissance. Il sourit en songeant qu'il respectait sa promesse, de la tenir au courant quand il avait besoin de s'isoler, puis soupira. Il avait prévenu tous ses amis qu'il partait en vacances et Nino avait suggéré qu'ils se retrouvent au soir pour fêter son voyage. Il sourit en voyant l'heure et attrapa son portefeuille avant de quitter sa chambre. « Allez, ce soir j'oublie Marinette et je profite de cette soirée entre potes, décida-t-il en franchissant la porte d'entrée. » Naturellement son chauffeur était là mais il s'en moquait. Au moins, si l'envie le prenait, il pourrait boire autant qu'il le voudrait. Même s'il voulait éviter. La dernière fois qu'il avait trop bue, il s'était passé quelque chose avec une serveuse et ça avait failli détruire le peu d'amitié qu'il y avait entre Marinette et lui. Il se promit donc de ne pas toucher à l'alcool. « Pas même un panaché, décida-t-il. » De toute façon, depuis qu'il était arrivé ivre chez les Dupain-Cheng, Adrien avait décidé de ne plus boire d'alcool. Son chauffeur le déposa dans le même bar que celui où il avait bu la dernière fois et il soupira en croisant le regard de la serveuse dont le nom lui échappait. A nouveau, elle le fixa le regard brillant et il la salua le plus poliment possible. Même s'il avait envie de lui hurler dessus depuis qu'il avait vu la vidéo qu'elle avait tourné vantant son moment d'égarement. Heureusement Kim lui fit signe depuis la table où ils étaient la dernière fois et il les rejoignit en souriant.

« - Salut les mecs, désolé du retard, je terminais ma valise, dit-il en serrant la main de Max et Nino. Salut Ivan, tu te joins à nous ?

« - Ben vu que Nino m'a invité… Sauf si ça t'ennuie ?

« - Plus on est de fous, plus on rit, décréta-t-il en s'asseyant. On est presque tous là en fait.

« - Il manque Nathaniel, admit Kim, et Jean Duparc. Le premier a un cours de dessin nocturne et le second je n'ai pas réussi à le joindre.

« - Tant pis pour eux, sourit Adrien. Allez je paye le premier verre. Vous voulez quoi ?

N'ayant pas Alya pour le ramener, Nino se contenta de panaché et Adrien l'imita. Les autres se décidèrent pour des bières et quand la serveuse arriva, le jeune mannequin donna la liste. Il eut un léger soupir en la voyant lui sourire franchement et décida qu'il irait mettre les choses au point dans la soirée. Qu'elle cesse de croire qu'il y avait quelque chose entre eux. Ce n'était pas le cas ! Du moins à ses yeux. Son cœur était pris par Marinette et il la trouvait suffisamment sensationnelle pour ne pas craquer pour une serveuse qui n'était visiblement pas difficile. Il se sentit un peu con en la jugeant si sévèrement seulement lorsqu'elle apporta leurs consommations, il grogna. Sur l'addition, elle avait ajouté son numéro avec un cœur. Naturellement ses amis se moquèrent de lui et de l'attirance qu'elle avait seulement il refusa de se plaindre. Il l'avait mérité. Du moins à ses yeux. « Et probablement aussi aux yeux de Marinette, songea-t-il amusé. » Il prit le papier et le mit de côté avant de discuter avec ses amis et de profiter de leurs présences.

La soirée passa trop vite à ses yeux. Ils avaient fini par commander de quoi manger et s'étaient partagé une pizza arrosé de bières pour certains, de soda pour d'autres. Adrien regrettait de ne pas avoir prêté plus d'attention à ses camarades de classes durant l'année qui s'était écoulée. Ivan avait un humour noir qui le faisait rire, au-delà du côté geek de Max se cachait un jeune homme sensible et poète, il découvrit que Kim avait beau adorer le sport, ce qui lui plaisait davantage étaient les différents cultures entre les pays. Il était même incollable sur les différences entre la France, La République Démocratique de Chine, et le Japon. Quant à Nino outre sa passion pour la musique, il adorait tourner des films ou des documentaires amateurs. « J'aurais vraiment m'intégrer plus rapidement au lieu de me focaliser sur Marinette, songea-t-il en riant à une blague de Kim. » A diverses reprises, la serveuse, il finit par découvrir qu'elle s'appelait Vanessa, vint les servir s'attardant volontairement à côté d'Adrien ce qui finit par l'énerver. S'excusant auprès de ses amis, il fit signe à la serveuse, il refusait de l'appeler par son prénom. De toute façon avec ce qu'il allait faire, il ne valait mieux pas qu'il s'attache.

« - Salut Adrien, sourit-elle en se penchant pour l'embrasser.

« - Salut. Ecoute je suis désolé pour ce que je vais te dire mais j'ai quelqu'un dans ma vie et je ne compte pas la tromper. Alors s'il te plaît, cesse de me draguer.

« - Que… Quoi ? Attends tu as couché avec moi, pour le fun ?

« - Parce qu'on a déjà couché ensemble ? Je ne m'en souviens pas, mentit-il avec aplomb.

« - Tu te fous de ma gueule là ?

Il la fixa le regard perdu et s'excusa une nouvelle fois avant de retourner à sa table pour discuter avec ses amis. Il avait conscience qu'elle ne croirait pas à son mensonge très longtemps mais il s'en moquait, tout ce qui lui importait était qu'elle l'oublie. Pour sa part, il se promit de changer de bar pour passer la soirée avec ses amis.

A minuit et demi, Kim partit expliquant qu'il avait un couvre-feu et ils décidèrent de se séparer. Même si Adrien décida de raccompagner Nino chez lui afin qu'il soit en sécurité. Il prit même la peine de prévenir Alya afin qu'elle puisse dormir tranquille puis rentra chez lui. Le manoir était silencieux aussi il monta se coucher discrètement, sachant qu'il partait le lendemain à onze heures, pour Londres. Il prit simplement le temps de se brosser les dents puis jeta un œil à son écran avant de l'éteindre. Il était connecté sur Mayion mais il n'avait aucun nouveau message. Il soupira déçu et éteignit sa machine sachant qu'il ne pourrait pas la rallumer avant une semaine puis se coucha. Il s'endormit rapidement pour se réveiller huit heures plus tard. Il prit sa douche, compléta sa valise au fur et à mesure puis enfila un jeans blanc et un tee-shirt bleu turquoise. Une paire de basket aux pieds, il était prêt à partir. Il chargea lui-même sa valise dans la voiture puis rejoignit les cuisines afin de prendre un café.

A neuf heures trente, il quitta le manoir et demanda à son chauffeur de l'emmener à la boulangerie des Dupain-Cheng. Il tenait à leur dire au revoir plutôt que de filer sans prévenir. Durant le trajet, il songea à Marinette. Il ignorait si elle travaillait aujourd'hui. Tom lui avait donné ses horaires seulement il les avait oublié. « Quel idiot, je fais, se dit-il. Si jamais elle est à la boulangerie, je ne vais pas lui donner la distance dont elle a besoin pour le moment. » Il soupira et regarda la route en attendant d'arriver. Il sourit en reconnaissant les rues et quand sa voiture s'arrêta, il remercia son chauffeur. Il vérifia l'heure et sourit. Il avait presqu'une heure pour dire au revoir avant de rejoindre la gare du nord afin de prendre son train. Il entra dans le commerce et sourit au tintement de la clochette.

« - Ah Adrien, comment vas-tu bonhomme ?

« - Bonjour Tom. Très bien et vous ?

« - Très bien. Tu viens voir Marinette, je présume, dit-il en jetant un œil derrière lui.

« - Non, je venais vous dire au revoir. Je pars une semaine en vacances à Londres et je tenais à vous dire au revoir à Sabine et vous. Bon et acheter deux croissants, ajouta-t-il quand son estomac sonna.

« - Je te laisse les choisir alors, je vais chercher ma femme.

Adrien hocha la tête et regarda l'étal avant de changer d'avis. Plongé dans sa contemplation, il ne vit pas Marinette sortir de l'arrière-boutique et le regarder. Tom et Sabine arrivèrent et il releva la tête. Son regard croisa brièvement celui de la jeune fille et il lui sourit doucement avant de reporter son attention sur le couple. Ils firent le tour du comptoir afin de le serrer dans leurs bras et la maman lui demanda où il allait.

« - Officiellement à Londres mais je verrais sur place. J'irais peut-être faire un tour au pays de Galles, ou en Ecosse. On verra où le vent m'emportera, philosopha-t-il.

« - Je te souhaite bon voyage alors Adrien. Profite bien de tes vacances.

« - Merci beaucoup. Je ferais de mon mieux.

« - Tu sais quand tu reviens, demanda Tom.

« - Aucune idée. Je pars aujourd'hui et j'ai prévu d'y rester au moins une semaine après… On verra en fonction de certains événements… J'ai lancé une invitation à une fille qui me plaît énormément et on verra si elle l'accepte ou pas.

Il sourit et quand ils se montrèrent curieux, il refusa de dire son prénom. Simplement, qu'il l'avait rencontré au lycée. Tom lui assura qu'il croisait les doigts pour lui et Adrien le remercia avant de lui demander deux croissants aux amandes. Dès qu'il fut servi, il les salua et quitta la boulangerie sans chercher à revoir Marinette. Il avait son train à attraper s'il voulait arriver avant quatorze heures.

Sachant qu'il était loin, Marinette respira mieux et reprit son stage avec une nouvelle ardeur. Au moins elle serait tranquille une semaine. « Au moins. Peut-être même plus après tout, songea-t-elle. Surtout s'il attend que je réponde à son message ! » Pourtant, malgré ses efforts, elle ne put réussir à se sortir son message de l'esprit. Elle ne pouvait s'empêcher de trouver son message touchant. Elle lui en voulait, ce qu'il savait, pourtant il lui avait envoyé un message pour la prévenir qu'il prenait de la distance. Elle eut beau tenter de l'oublier, de ne plus penser à ses mots, Adrien restait dans un coin de son esprit. Elle se rappelait leur première vraie conversation, l'après-midi qu'ils avaient passé ensemble chez elle, leur balade au parc et la glace qu'ils avaient mangé chez André. Ces moments où il flirtait gentiment avec elle, leurs longues conversations sur Mayion… Tous ces moments lui revenaient par bribes et la jeune fille finit par s'en énerver. Pourquoi ne voulait pas quitter son esprit ? Pourquoi chaque fois qu'elle fermait les yeux, il était là ? A lui sourire ? A la regarder avec tendresse ? Comme ce soir-là, quand ils s'étaient baladés dans les rues de Paris sous les étoiles. La veille de son premier jour de stage. Ils avaient été dînés entre amis avec Alya et Nino puis les deux couples s'étaient séparés. Leurs amis avaient prévu d'aller au cinéma et Adrien lui avait proposé de marcher dans les rues au lieu de s'enfermer. Elle avait accepté sans savoir ce qu'ils feraient ni où ils iraient. Heureusement son chauffeur les avait suivis à distance raisonnable et ils avaient discuté de longues heures main dans la main. Comme un jeune couple. Il lui avait raconté quelques anecdotes de son enfance, et elle avait fait la même chose. Elle lui avait parlé de sa grand-mère paternelle, italienne et grande voyageuse. De son oncle, une chef connu dans le monde entier, célèbre pour sa soupe Céleste. Il lui avait parlé de sa mère qui lui manquait cruellement depuis qu'elle avait disparu. Ce soir-là était gravé dans son esprit. Elle avait beau tout tenter, rien ne lui faisait oublier cette soirée. Il s'était passé quelque chose entre eux, ce soir-là. La manière dont il l'avait regardé, la douceur de sa main dans la sienne, la subtile odeur de son parfum ou de son après-rasage qui embaumait doucement l'air autour d'eux… Marinette sursauta quand elle sentit son cœur rater un battement au souvenir de cette soirée et laissa une larme s'échapper de ses yeux. Elle l'essuya rapidement, ne voulant pas que Gabriel la voit seulement il dut s'en apercevoir puisqu'il lui tendit un mouchoir.

« - Tu sais Marinette, tu n'as pas à cacher tes pleurs. Ma femme disait toujours qu'elles sont là pour montrer que le cœur d'une femme déborde d'émotions. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises.

« - Elle a raison, avoua-t-elle en essuyant sa joue. Je suis désolée monsieur Agreste, je…

« - Ne t'en fais pas Marinette, l'interrompit-il gentiment, je peux comprendre que parfois, certaines personnes nous manque.

« - Je… Adrien ne me manque pas, déclara-t-elle d'une voix dure.

« - Je ne parlais pas de mon fils, sourit-il. Mais je serais curieux de savoir pourquoi tu penses à lui.

Marinette ouvrit la bouche pour se défendre mais ne trouva aucun argument convaincant. Elle se tut donc et baissa la tête pour terminer son croquis. Gabriel lui apprenait à dessiner les mouvements des vêtements et elle avait beaucoup de mal à faire les plis. Ou du moins à y insérer les ombres des mouvements ou les courbes des silhouettes. Elle secoua la tête et s'interdit de penser à Adrien pour le moment. Malheureusement, elle savait qu'il hanterait ses pensées dès qu'elle serait seule dans son lit.

Adrien décida de rester quinze jours au Royaume-Uni. Il avait visité Londres, puis était parti en Irlande pour prendre du recul et admirer les paysages. Sa mère adorait le film PS : I Love You et il ne comptait plus le nombre de fois qu'ils avaient regardé ce film. Lui blotti dans les bras de sa mère qui fredonnait doucement les musiques du film. Il avait donc décidé de rejoindre le parc national des Monts de Wicklow et il y avait passé une après-midi complète à se perdre dedans en pensant à Marinette, à sa mère, à ses amis resté à Paris, à son père, à sa vie tout simplement. Ce moment lui avait fait du bien et quand il retrouva la gare de Saint-Pancras, il était un homme nouveau. Il rangea sa valise dans un coin adéquat et s'installa sur son siège en attendant que le train démarre. « Salut vieux. Je suis de retour à Paris. Enfin j'arrive dans trois heures. On sort entre mecs ce soir ? Histoire que j'oublie Marinette ? » En attendant une réponse, il ferma les yeux quelques secondes avant de les rouvrir quand une voix féminine lui demanda si la place était prise. Il lui assura du contraire puis quand le train démarra, regarda dehors. Il observa le paysage, Londres céder à la campagne puis le fameux tunnel qui la ramenait en France. Quand il en sortit, ce fut pour sentir son portable vibrer. « Bon retour parmi nous vieux. J'ai de la famille ce soir, je ne peux pas bouger malheureusement. Tu veux l'oublier ? Je te croyais amoureux ? » Le jeune homme soupira et réfléchit quelques secondes avant de répondre au message. « Ai-je le choix ? Elle ne veut plus de moi Nino ? Je suis amoureux mais comment veux-tu que je lui fasse comprendre puisqu'elle me fuit ? »

Quand Nino reçut le message, il sourit. Il était avec Alya puisqu'elle sortait avec ses amies ce soir. Il lui lut le message et sa petite amie soupira.

« - Dis-lui de se pointer au Tagada Bar. Dès que je le repère, je lui enverrais Marinette. Ils ont besoin de se parler tous les deux.

« - D'accord avec toi ! Ok je transmets l'info… Il est d'accord pour vous retrouver là-bas. Il va dîner avec son père avant il arrivera vers vingt-et-une heures.

Alya hocha la tête et ils rejoignirent l'exposition sur l'évolution du cinéma. Tous les deux adoraient le septième art et avaient décidé de s'y rendre. Ils y passèrent le reste de la journée avant d'aller boire un verre pour parler de tout ce qu'ils avaient vu. Les premières bobines, les premiers films, leur format, leur taille, leur durée,… Ils avaient appris tant de choses que leur conversation dura deux longues heures. Les parents de Nino finirent par l'appeler pour lui rappeler qu'il devait rentrer et il embrassa Alya avec tendresse pour lui souhaiter une bonne soirée. La jeune femme rentra chez elle et troqua son short et sa chemise longue contre un pantalon en cuir et un petit haut rouge sans manche. Elle ajouta une paire de sandales à lanières et se maquilla sobrement. Sa mère observa sa tenue réprobatrice mais la laissa sortir lui demandant de l'appeler pour qu'elle vienne la chercher..

Quand elle arriva, ce fut pour noter que seule Juleka était présente. Une petite robe violette avec des leggings et une paire de ballerines noires. Le temps que les autres arrivent, elles discutèrent tranquillement jusqu'à ce que Mylène les rejoigne. Alix arriva juste derrière et Alya leur parla de la venue d'Adrien. Les filles décidèrent de tout faire pour l'aider à les rapprocher quand Marinette les rejoignit, elles commandèrent de quoi manger et surtout boire. Elles discutèrent de leurs vacances même si seule Marinette faisait autre chose que de profiter de l'été pour bronzer et faire la grasse matinée. Elle leur raconta son stage, comment tout se déroulait et leur montra même certaines copies de ses croquis.

« - Dis donc elle est de toi cette robe, demanda Juleka en observant une feuille.

« - Oui. Gabriel Agreste m'a demandé d'imaginer une robe de princesse. J'ai pensé à Rose et je l'ai imaginé le jour de son mariage avec le prince Ali, pouffa-t-elle.

« - Elle est superbe en tout cas… Il va lui en falloir une copie, parce qu'elle va l'adorer !

« - Hey tu me dessinerais une tenue de sport ? Avec un logo sur le tee-shirt et sur le short ?

« - Je peux te la dessiner en tout cas et voir après avec Gabriel Agreste pour voir si c'est réalisable. S'il me dit 'oui', je prendrais tes mesures et on ira choisir le tissu ensemble. Pour le logo cela dit… Je sais que les coller au fer à repasser.

« - Ben écoute si tu le dessines, j'ai une tante qui fait de la broderie, elle pourra s'en charger.

Marinette rit joyeusement et lui promit le croquis pour dans une semaine. Aussitôt l'une après l'autre, elles lui demandèrent des croquis de tenues qui les faisaient rêver et Marinette nota les idées au fur et à mesure avant de ranger son carnet pour suggérer d'appeler la serveuse afin de commander une nouvelle tournée. Alix hocha la tête et cria un « Serveuse s'il vous plaît » retentissant dans le bar. Ses amies se cachèrent le visage dépité mais la jeune femme qui arriva riait doucement. Ce n'était pas le genre de la maison mais ça ne l'avait pas dérangé. Elle l'autorisa même à crier ainsi à chaque fois qu'elles voudraient commander. Au moment où la serveuse quitta leur table, Adrien entra dans le bar et localisa aussitôt les filles. Il songea une seconde à les rejoindre puis changea d'avis. Il voulait d'abord observer Marinette pour savoir si elle passait une bonne soirée. Il commanda donc une bière sans l'alcool et s'installa dans un coin éloigné de leur table. Il les regarda rire ensemble, se taquiner les unes les autres durant une heure puis décida d'envoyer un sms à Alya pour la prévenir de sa présence. Elle lui répondit presque aussitôt. « Ok on l'envoie au bar dans ce cas. Dès qu'elle se lève tu n'aura qu'à la rejoindre. ) » Il sourit et observa la table. Il ne sut comment mais quelques minutes plus tard, la jeune femme se leva et il l'imita. Elle arriva au bar bien avant lui mais il s'en moquait. Celui-ci était bondé et elle attendit sagement son tour.

« - Salut Marinette, souffla-t-il quand il fut derrière elle.

« - Que… Adrien que… Que fais-tu là ?

« - Eh bien je viens de rentrer de Londres. Je suis passé boire un verre et… Non, dit-il en secouant la tête. La vérité c'est que je suis rentré à Paris cet après-midi, j'ai dîné avec mon père et j'avais proposé à Nino qu'on se retrouve dans un bar entre mecs seulement il est pris par sa famille… J'avais envie de parler avec lui pour t'oublier puisque visiblement tu m'as oublié mais il n'est pas libre et visiblement Alya a décidé qu'on devait parler tous les deux. Elle m'a dit que tu serais là et qu'elle s'arrangerait pour que tu viennes au bar afin qu'on parle, avoua-t-il penaud. Désolé j'aurais peut-être dû te cacher la fin, ajouta-t-il après quelques instants de silence, mais on s'est déjà éloigné à cause d'un fait que je te cachais alors je préfère être totalement honnête à présent.

« - Pourquoi Adrien ?

« - Parce qu'aussi idiot que ça puisse être je t'aime Marinette et je ne veux pas te perdre. Tu comprends t'es la première, depuis la perte de ma mère à m'avoir tenu tête. A m'avoir même remis à ma place, sourit-il. Grâce à toi, je me suis enfin rapproché de mon père, je me suis fait de vrais amis et tout ça, je te le dois en partie. Alors quoi que tu décides Marinette, je vais m'accrocher. Pour regagner ton respect, ta confiance et qui sait, peut-être ton cœur. Après tout, tu m'as dit être tombé amoureuse de Chat Noir alors peut-être laisseras-tu une chance à cet Adrien qui te fait face, proposa-t-il en souriant incertain. Mais s'il te plaît, laisse-nous au moins une chance.

« - Mais je…

Marinette le fixa toute colère envolée. En réalité ces quinze jours sans nouvelles lui avaient paru longs. Elle lui en avait voulu de lui avoir caché qu'il était Chat Noir mais elle s'était souvenue que lorsqu'il l'avait découvert, ils n'étaient pas réellement amis. Ils venaient à peine de se réconcilier. Elle comprenait qu'il ne lui ait rien dit au départ. « Et puis, comment aurait-il pu en parler, songea-t-elle, le sujet n'est pas venu sur la table. » Secouant la tête, elle le fixa calmement lui permettant d'espérer que quelque chose était toujours possible entre eux. Etait-il honnête cette fois-ci ? Aurait-elle le courage d'accepter qu'il entre dans sa vie ? Une grande partie d'elle avait envie de lui laisser une chance mais elle craignait qu'il lui brise le cœur seulement, elle n'était pas certaine de pouvoir agir en amie avec lui.

« - Je… Je ne sais pas Adrien, tu m'as fait beaucoup de mal ces dernières semaines.

« - J'en ai conscience. Je t'ai fait du mal en te volant ton premier baiser, je t'ai fait du mal en ayant cette espère d'aventure avec la serveuse, je t'ai fait du mal en te rejetant parce que j'avais l'impression que tu me volais mon père, je t'ai fait du mal… Je n'ose même pas compter le nombre de fois où j'ai merdé mais quand j'étais au Royaume-Uni, je suis allé en Irlande et j'ai beaucoup pensé à toi là-bas… S'il te plaît Marinette, laisse-moi me rapprocher de toi. Être le seul qui a le droit de t'embrasser. Être celui vers qui tu te tournes si tu as de la peine. Être celui qui compte tout simplement. Je ne te demande pas de me dire 'oui' tout de suite mais accepte au moins d'y réfléchir. S'il te plaît.

Tout en parlant, Adrien s'était rapproché de la jeune femme dont il était amoureux. A chaque phrase, il avait fait un pas pour être plus près d'elle et à présent, seuls quelques millimètres les séparaient. Ils se fixaient dans les yeux oubliant tout le reste.

Et voilà, je m'arrête-là pour ce soir parce que sinon ça va gâcher l'épilogue. J'espère quand même que ça vous a plu. C'est le dernier grand chapitre en fait. Mon prochain post sera l'épilogue.

Miss Tagada (L)