Bonjour,

Voici le chapitre 13 et les choses évoluent enfin pour nos deux héros. Bien sûr, ce sera long et le chemin qui les attend sera semé d'embuches. Mais Dean s'ouvre enfin un peu. Il était temps.

Merci pour vos messages et votre fidélité. Merci pour vos compliments. Je vous adore.

Bonne lecture et à jeudi

Sydney8201

Musique du chapitre :

The Scientist de Coldplay

Chapitre 13 : Séparation

« L'absence finit par vaincre l'amour le plus fort et la présence occasionnelle est encore plus terrible pour l'amoureux sans espoir que la complète séparation. »

François Hertel

Dean n'était toujours pas revenu travailler. Cela faisait quatre jours maintenant et Castiel commençait à se demander s'il finirait par revenir un jour. Il jetait toujours un coup d'œil à son bureau le matin en passant devant. Il espérait à chaque fois le voir assis sur sa chaise au téléphone ou plongé dans la lecture d'un dossier. Il était déçu à chaque fois qu'il ne le voyait pas.

Son absence pesait sur lui. Il avait la sensation qu'il lui manquait quelque chose. Qu'on lui avait arraché un membre. Il souffrait ne pas le voir tous les matins. De ne pas entendre sa voix. Il mourrait d'envie de savoir comment les choses se passaient pour lui. Si tout allait bien. Si Matt avait fini par lui pardonner. Si son mariage était sauvé ou non.

Plus les jours passaient et plus il était convaincu que l'absence prolongée de Dean signifiait qu'il avait obtenu ce qu'il voulait. Il avait donné à son mari ce qu'il attendait de lui. Ils étaient heureux et profitaient de ce temps pour renouer leur lien. Ils étaient peut être même partis quelque part en vacances. Peut être à l'étranger ou sur une île paradisiaque où ils passeraient leurs journées à dorer au soleil et à faire l'amour dans leur chambre d'hôtel.

Castiel n'aimait pas y penser. Mais c'était pourtant la seule chose qu'il parvenait à faire. Il ne pensait qu'à Dean. A son mariage. A son bonheur. Et à la jalousie qui grandissait peu à peu à l'intérieur de lui. Il était en colère. Il était épuisé. Et il ne réussissait pas à se concentrer sur son travail.

Il était presque sûr que cela finirait par se voir. Il avait beau lire et relire les documents qu'on lui donnait, il ne retenait rien. Ses notes n'avaient aucun sens. Et quand il rentrait enfin chez lui, il ne réussissait pas à dormir. Les idées se bousculaient dans son esprit et l'empêchait de trouver le sommeil. Il finissait par se lever, fatigué et sur les nerfs puis retournait travailler. Le schéma se répétait alors et il n'était pas sûr de pouvoir tenir le coup très longtemps.

La pression était pourtant énorme. Il devait gérer les dossiers qu'on lui confiait et l'enquête qu'il menait toujours. Il voulait se montrer à la hauteur. Mais en l'absence de Dean, il ne se sentait capable de rien. Il était inefficace. Il était inutile. Et cela le mettait plus en colère encore que l'idée que son patron puisse être heureux quelque part avec son mari. Plus encore que le bonheur de l'homme qu'il désirait tant, c'était l'effet que cela avait sur lui qui le rendait fou de rage.

Il devait se rendre à l'évidence. Il n'était pas uniquement attiré physiquement par Dean. S'il n'y avait eu que ça, il aurait été capable de passer outre. Il aurait été capable de l'ignorer pour se concentrer sur ce qui comptait vraiment. Non c'était bien plus grave. Il commençait à avoir des sentiments pour son patron. Et c'était une véritable catastrophe pour lui. Car Dean ne partagerait jamais ses sentiments. Parce qu'il était marié et heureux. Parce qu'il était son patron. Castiel n'avait aucun espoir et pourtant, il ne parvenait pas à l'oublier. C'était un cercle vicieux dans lequel il se sentait prisonnier. Une machine infernale qui finirait par le broyer entièrement s'il ne réussissait pas à lui échapper.

Le fait qu'ils ne réussissaient pas à avancer sur leur enquête ne l'aidait pas. Charlie avait fouillé dans les ordinateurs de tous les employés sans rien trouver d'étrange. Gabriel n'avait pas avancé non plus. L'absence de Dean était au cœur de toutes les conversations mais il n'avait rien entendu de suspect. Sam non plus n'avait rien de neuf. Et si cela continuait ainsi, le procureur finirait par perdre patience. Il viendrait mener l'enquête lui même et ils risqueraient alors de perdre le cabinet.

Castiel le refusait. Alors malgré sa fatigue et son manque de concentration, il se força à rester au bureau jusque tard dans la nuit. Il continua à travailler sur les dossiers qu'on lui confiait sans jamais être totalement satisfait de lui. Il ne rentrait que lorsqu'il était sûr que Meg dormait. Il savait que son amie devinerait en le voyant que quelque chose clochait. Il n'était pas prêt à avoir cette conversation avec elle. Il avait besoin de temps avant d'aborder le sujet.

Le cinquième jour suivant sa conversation avec Sam au sujet de Dean, Castiel était assis à son bureau, le nez dans un dossier pourtant simple mais dont il ne parvenait pas à retirer quoi que ce soit d'intéressant. Il tentait vainement de trouver un argumentaire qui tenait la route malgré la fatigue et l'heure tardive. Il était seul dans la salle. Les autres employés étaient rentrés depuis un moment maintenant. Le silence lui semblait oppressant mais il refusait de quitter le cabinet sans avoir fait le moindre progrès. Il avait du mal à réfléchir. Du mal à se souvenir de tout ce qu'il avait appris.

Il finit par se décider à aller à la bibliothèque pour se rafraîchir la mémoire. Il avait un doute sur la formulation exacte d'un article de loi. Ce n'était pas quelque chose qui lui arrivait souvent. Il avait une très bonne mémoire et il avait pris toujours su se souvenir de ce qui comptait durant ses études. Mais son cerveau tournait au ralenti et il n'avançait pas. Il avait besoin d'aide.

Il laissa ses documents et ses notes sur son bureau et quitta la pièce pour rejoindre la bibliothèque. Il avait l'esprit ailleurs et les idées confuses. Les bureaux étaient vides. Il était le dernier encore là.

La bibliothèque se trouvait au bout d'un long couloir, juste à côté de la salle d'archives. Castiel se souvenait de la dernière fois où il était venu là. C'était le soir où il avait surpris la conversation entre Dean et Sam. Le soir où il avait manqué d'embrasser son patron. Il ne voulait pas trop y repenser. C'était toutefois plus fort que lui.

Il soupira longuement en poussant la porte. Il devait rester concentré sur son dossier en cours s'il espérait avancer enfin.

Il entra dans la pièce et prit aussitôt la direction des immenses rayonnages. Il avait tout juste posé les yeux sur la couverture d'un livre quand un bruit dans son dos le fit sursauter. Il se tourna en un bond, convaincu qu'un cambrioleur s'apprêtait à lui sauter dessus. Quand ses yeux se posèrent sur Dean, assis sur le canapé derrière lui, un verre de whisky à la main, il sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Il aurait presque préféré qu'il s'agisse d'un cambrioleur. Car voir son patron était un choc. Il l'observa une seconde et remarqua l'air grave sur son visage. La tristesse évidente dans ses yeux. Ses mains tremblaient. Il n'allait pas bien. Castiel recula d'un pas jusqu'à sentir les rayonnages appuyer dans son dos.

- Je suis … désolé, je ne vous avais pas vu en entrant et … je devrais peut être vous laisser, lança t-il.

Dean leva alors les yeux vers lui et le dévisagea. Il ne semblait pas totalement ivre mais il avait déjà bu suffisamment pour que cela se voit sur son visage.

- Castiel, souffla t-il simplement.

Le jeune avocat sentit aussitôt un frisson lui remonter la colonne vertébrale. Sa voix lui avait manqué. Il avait presque fini par oublier combien elle était chaude et grave. Il déglutit avec peine.

- Je reviendrais quand vous aurez fini de … enfin quand vous n'aurez plus besoin de cette pièce.

- Non, ne partez pas. C'est moi qui … vous êtes visiblement ici pour le travail et pas moi. Je devrais vous laisser tranquille.

Castiel pouvait sentir que Dean n'avait pas vraiment envie de partir. Qu'il ne savait pas où aller. Il n'avait pas le cœur à le pousser à s'en aller. Pas quand il semblait aussi triste et désemparé. Il finit par secouer la tête.

- C'est votre cabinet. Vous avez parfaitement le droit de … enfin … vous êtes ici chez vous après tout, bafouilla t-il.

Dean ricana alors une seconde. Il n'était pas amusé, c'était évident. Son petit rire était triste.

- Chez moi oui, concéda t-il alors après quelques secondes.

Castiel n'avait aucune idée de ce qui avait pu le mettre dans cet état mais il était évident qu'il n'allait pas bien. Et que ce qui lui était arrivé était suffisamment grave pour le pousser à fuir son appartement et à boire seul. Il l'observa une seconde en quête d'un indice avant de renoncer. Si Dean voulait lui parler, il le ferait. En attendant, Castiel devait avant tout penser à son travail et faire ce pour quoi il était venu ici. Si la présence de Dean était une distraction dont il se serait bien passé, c'était également un soulagement. Il se sentait bien maintenant qu'il l'avait revu. Il se sentait complet.

- Je vais juste … me remettre au travail et enfin … vous laisser tranquille, lança t-il finalement.

Il tourna ensuite le dos à Dean et reporta son attention sur les étagères devant lui. Il allait avoir du mal à se concentrer avec son patron dans la même pièce que lui mais il devait absolument faire comme si sa présence ne l'affectait pas. Il commença donc à lire les étiquettes en quête du bon livre.

- Vous n'êtes pas curieux alors ? Demanda Dean après quelques secondes de silence.

Castiel se mordilla la lèvre inférieure une seconde mais choisit de ne pas faire face à son patron. Il était presque sûr que ses émotions pouvaient se lire sur son visage. Que ses yeux le trahiraient aussitôt. Il ne voulait pas courir ce risque.

- Si je … je le suis bien sûr. C'est même un de mes principaux défauts mais … je sais aussi que ce n'est pas … je n'ai pas le droit de vous poser la moindre question et vous n'avez certainement pas à justifier votre présence ici. Ça ne me regarde pas.

Il mourrait effectivement d'envie de savoir ce qui avait poussé son patron à venir au bureau malgré l'ultimatum posé par son mari. Il voulait savoir si cela avait un rapport avec Matt ou avec l'enquête que Sam et Castiel menaient. Il avait des dizaines de questions. Mais il refusait de les poser. Il n'était rien de plus qu'un employé parmi tant d'autres. Dean n'était pas son ami. Il ne le connaissait même pas vraiment. Il n'avait pas le droit de l'interroger juste pour satisfaire sa curiosité maladive.

- Ce n'est pas un défaut vous savez … la curiosité je veux dire. Dans notre métier, c'est même une bonne chose. Ça nous pousse à poser les bonnes questions. Alors … si vous en ressentez le besoin vous pouvez … me poser des questions j'entends.

Castiel était surpris par ce qu'il entendait. Surpris par le comportement de Dean. Il semblait à la fois résigné et épuisé. Triste. Avide de parler mais sur la retenue. Castiel ne savait pas quoi faire. Il n'était pas sûr de savoir ce dont son patron avait besoin à cet instant précis. Il fit donc mine de continuer à chercher son livre même s'il ne prêtait pas réellement attention à ceux qu'il avait sous les yeux.

- Ce n'est peut être pas un problème dans le cadre de notre travail mais il n'est pas question de travail là … je veux dire, c'est … ça ne me semble pas vraiment approprié, confia t-il.

- C'est approprié si j'ai envie que vous m'interrogiez … si j'ai envie de vous répondre … de vous parler. Mais si cela vous met mal à l'aise, je peux comprendre aussi. Oubliez ce que je vous ai dit. Je crois que je n'ai plus vraiment l'esprit clair.

Castiel attrapa un livre au hasard avant de se tourner pour faire face à son patron. Il avait la tête basse et le regard perdu quelque part sur le sol entre ses pieds. Il tenait toujours son verre dans la main mais il n'avait pas bu depuis l'arrivée de Castiel. Il semblait perdu dans ses pensées. Vulnérable. Castiel sentit son cœur se briser dans sa poitrine.

- Est-ce que ça va ? Demanda t-il alors malgré lui.

Dean haussa les épaules avant de secouer la tête. Il soupira ensuite longuement.

- Sam m'a dit que vous aviez parlé de mon absence. Il m'a dit que vous sembliez inquiet et … je sais qu'il vous a tout dit. Qu'il vous a parlé de l'ultimatum que mon mari m'a posé et de ma décision de faire en sorte que notre couple fonctionne.

- Je … j'étais inquiet oui parce que je sais que vous n'êtes pas du genre à prendre des vacances mais je … je ne voulais que vous ayez l'impression que … enfin que je me mêle de choses qui ne me regardent pas.

Dean se passa une main sur le visage avant de lever les yeux vers Castiel à nouveau.

- Ce n'est pas ce que je pense. A vrai dire, je … je suis content que vous ayez posé la question et … je suis soulagé de voir que les gens qui travaillent pour moi s'inquiètent de ne pas me voir. C'est … ça me prouve juste que vous étiez le bon choix.

Castiel sourit, soulagé. Il avait eu peur que sa curiosité maladive finisse par poser un problème à Dean et Sam. Heureusement pour lui, ce n'était pas le cas.

- Je … pour répondre à la question que vous n'osez pas me poser, je suis là parce que je … je ne peux pas rentrer chez moi. Je n'ai nul part où aller et … vous avez raison … ce cabinet est un peu comme ma seconde maison. C'est mon refuge et … j'avais besoin de venir là.

Cela n'en disait pas beaucoup plus à Castiel sur ce qui avait mis Dean dans cet état mais c'était un début. Il pouvait sentir que son patron avait envie de parler. Qu'il ressentait le besoin de se confier. Castiel n'était pas sur d'être la bonne personne pour l'écouter. Mais il était le seul encore présent. Et il ne pouvait pas abandonner Dean quand il semblait aussi triste et vulnérable. Pas quand il avait clairement besoin que quelqu'un soit là.

- J'étais prêt à faire des efforts vous savez. Je n'avais pas pris ma décision à la légère et je … je voulais vraiment faire en sorte que les choses s'arrangent entre Matt et moi. C'est pour ça que je lui ai tout dit et pour ça que j'ai accepté de prendre quelques jours de congé. Je pensais que … je croyais que cela suffirait à régler les problèmes entre nous.

Castiel sentit son cœur se briser à nouveau dans sa poitrine en entendant combien la voix de Dean tremblait. Il semblait proche des larmes. Il avait envie de le rejoindre sur le canapé et de le prendre dans ses bras. Mais il était comme statufié à un mètre de lui, un livre dont il ne savait même pas le titre entre les mains. Il était incapable de bouger.

- J'étais prêt à tout pour lui prouver que je voulais changer … que j'étais sincère. Je ne suis pas un très bon cuisinier mais … je me suis mis en tête de préparer le dîner pour Matt ce soir. Je voulais le surprendre. J'avais mis les petits plats dans les grands, passé la journée en cuisine et … j'avais même mis des bougies au centre de la table pour que cela soit plus romantique. Croyez moi, ce n'est pas du tout mon genre. Mais je pensais qu'il serait content. Il avait du retourner à la galerie pour régler un problème et … je pensais vraiment le surprendre.

Dean s'interrompit une seconde pour reprendre son souffle. Castiel ne pouvait plus le quitter des yeux. Il pouvait l'imaginer travaillant en cuisine toute la journée pour faire plaisir à son mari. Il aurait aimé trouver un homme capable de tels efforts pour lui. Il aurait aimé être à la place de Matt à cet instant précis.

- Il m'a envoyé un message pour me prévenir qu'il rentrerait tard alors … je me suis dit que je devais aller le chercher. Peut être l'aider avec le problème qui le retenait pour lui prouver que je m'intéresse à son travail. Je … quand je suis arrivé à la galerie, les lumières étaient éteintes mais la porte était ouverte. J'ai imaginé le pire. J'ai pensé que quelqu'un était entré par effraction et j'ai … j'avais peur pour lui. Je l'ai cherché. Quad je l'ai trouvé, il n'était pas seul.

Castiel savait à présent exactement ce qu'il allait entendre. Il avait envie de dire à Dean qu'il était inutile de le lui raconter. Qu'il avait compris et qu'il était désolé. Mais il avait la gorge nouée et il était incapable de prononcer le moindre mot.

- Aaron était avec lui et ils … ils étaient en train de faire l'amour dans le bureau de Matt. Pendant une seconde, je … je ne parvenais pas à croire ce que je voyais. Je refusais d'imaginer que mon mari était … qu'il était en train de me tromper pendant que je préparais un dîner romantique pour tenter de lui faire plaisir. J'ai … ils ont fini par me voir. Matt s'est excusé alors qu'Aaron prenait la fuite. Je n'ai pas cherché à le retenir. Je crois que je lui aurais collé mon poing dans la figure s'il était resté.

Castiel pouvait facilement imaginer ce que Dean avait ressenti en voyant son mari avec un autre homme. Il devinait combien cela avait été difficile pour lui. Douloureux. Il comprenait mieux pourquoi il était là maintenant. Il ne pouvait pas rester avec Matt. Pas après tout ça. Il fit un pas en direction de son patron avant de s'immobiliser. Il ne savait pas vraiment quoi dire. Il opta finalement pour quelque chose de simple et de sincère.

- Je suis désolé.

Dean renifla une seconde avant de porter son verre à ses lèvres. Il le laissa reposer une seconde contre avant de renoncer à boire. Il soupira ensuite longuement.

- Je suis en colère et … je suis … triste bien sûr. Mais je ne suis pas vraiment surpris. Je crois que d'une certaine manière, je l'avais senti venir.

Castiel se souvenait effectivement que Dean l'avait évoqué lors de leur conversation dans la salle d'archives.

- Je lui ai crié dessus dès le départ de son … d'Aaron. Je l'ai insulté et j'ai pleuré et … il a fini par me dire que c'était en grande partie de ma faute. Que je l'avais laissé tomber et qu'il avait fini par trouver quelqu'un qui s'intéresserait réellement à lui. Quelqu'un qui avait envie de partager sa vie. Le pire c'est que je sais qu'il a raison … je sais que je l'ai poussé dans les bras de ce type. J'ai réagi trop tard.

Castiel savait que son patron avait effectivement commis des erreurs. Il aurait du consacrer plus de temps à son mari. Il aurait du savoir qu'il finirait par le perdre en le prenant ainsi pour acquis. Mais il ne pouvait pas le laisser se blâmer de la sorte quand Matt avait lui aussi sa part de responsabilité dans cette histoire.

- Et moi je crois au contraire que les torts sont partagés.

Dean fronça alors les sourcils, visiblement surpris. Castiel enchaîna aussitôt.

- Je ne dis pas que vous n'avez pas commis d'erreurs. Vous avez vos torts bien sûr. Vous vous êtes laissé accaparer par votre travail. Vous n'avez pas suffisamment accordé de temps à votre mari. Vous avez été trop absent et pas assez attentif mais … c'est lui qui a choisi de vous tromper. Je … il aurait pu vous dire qu'il avait rencontré quelqu'un avant de coucher avec lui. Il aurait pu vous demander de divorcer avant de vous tromper. Il a accepté de vous donner une chance et il vous a posé cet ultimatum tout en sachant qu'il avait quelqu'un d'autre … qu'il finirait par vous quitter malgré tout. Il a été malhonnête avec vous. Et si je ne nie pas que vous êtes en partie responsable de la situation, je crois qu'il est important que vous sachiez que vous n'êtes pas le seul.

Dean hocha finalement la tête. Il semblait toujours aussi triste, le serait probablement pendant un moment, mais il avait visiblement accepté ce que Castiel venait de lui expliquer.

- Vous avez sans doute raison. Malheureusement, ça ne change rien. Il … il est amoureux d'un autre que moi et je … je ne peux que l'accepter. Je ne peux que … lui donner ce qu'il veut. Et ce n'est pas moi de toute évidence.

Castiel ne voyait effectivement aucune autre issue. Il avait rêvé d'entendre Dean lui dire qu'il allait quitter son mari depuis leur discussion dans la salle d'archives et leur presque baiser. Mais jamais il n'avait rêvé qu cela se passerait ainsi. Jamais il n'avait voulu voir son patron détruit de la sorte. Trompé et abandonné. Avec le cœur brisé. Il avait de la peine pour lui. Il ne pensait plus à ses sentiments ou à son attirance pour lui à cet instant précis. Il ne pensait plus qu'à le réconforter. A l'aider à se sentir un peu mieux. Si toutefois c'était possible.

Il fit un nouveau pas dans sa direction mais s'immobilisa quand Dean reprit finalement la parole.

- Non, ça ne change finalement rien à ce qui va se passer maintenant. Je peux le haïr ou me faire des reproches jusqu'à la fin de ma vie … je peux le supplier ou passer mes journées entières à pleurer … peu importe en fin de compte. Car quoi que je puisse décider de faire, il y une chose que je ne pourrais pas éviter. Je vais devoir demander le divorce. Je vais devoir discuter avec lui de ce qui lui revient et de ce que je peux garder. Je vais devoir vendre notre appartement et trouver un autre endroit pour vivre. Je vais devoir … réapprendre à être seul.

Il était évident que Dean n'avait pas envie de passer par toutes ces étapes. Mais il n'avait pas le choix. Le divorce n'était pas une chose facile à vivre. Il demandait qu'on parle, qu'on débatte et parfois qu'on déballe tous nos secrets devant un juge. C'était un moment pénible et long. Un moment qui pouvait détruire une personne. Et pourtant, Dean allait devoir y faire face. Castiel avait de la peine pour lui.

- J'ai trente ans Castiel. Je sais que ce n'est pas vraiment vieux mais c'est … ce n'est pas rien quand même. Tout recommencer à zéro … je ne sais pas si j'en saurais capable.

- Comment ça tout recommencer à zéro ?

- Vivre seul, rencontrer des gens, trouver quelqu'un … construire un couple. Je pensais ne pas avoir à le faire à nouveau. Je pensais faire parti de ces chanceux qui trouvent leur âme sœur au début de leur vie d'adulte et qui n'ont pas à … le chercher en vain ensuite. Je pensais tout avoir. Et en quelques secondes, j'ai la sensation d'avoir tout perdu.

Castiel ne partageait pas son point de vue sur ce point. Il avait effectivement perdu son mari ce soir. Mais il lui restait énormément de choses. Il avait un travail, une famille, des amis. Il avait de l'argent et tout pour être heureux. Il suffisait qu'il tire un trait sur Matt et se remette en marche. Il finirait par trouver le bonheur. Sous quelque forme que ce soit.

- Vous n'avez pas tout perdu. Je sais que c'est l'impression que vous avez à cet instant précis mais ce n'est pas vrai pour autant. Vous avez encore votre travail. Vous avez le cabinet. Vos clients. Vos affaires en cours. Ces gens ont besoin de vous.

- J'ai mon travail oui. Et honnêtement, c'est la seule chose qui m'aide à tenir le coup. Si je n'avais pas le cabinet et vous tous, je suis convaincu que je sombrerais aussitôt.

Castiel réalisa alors combien il était important de trouver le traître rapidement. Il n'était plus uniquement question de l'avenir du cabinet et de ses employés. Il était maintenant question aussi et surtout de la santé mentale de Dean. Il avait besoin de son travail pour survivre.

- Je n'ai jamais … jamais songé à tromper mon mari vous savez. Le jour de notre mariage, je lui ai promis fidélité. Je l'avais écrit dans mes vœux et je le croyais à l'époque … je le crois toujours. La fidélité est la chose la plus importante à mes yeux. Je n'aurais jamais pu le trahir comme ça. Ce n'est pas moi.

Castiel hocha la tête. Il savait Dean honnête. Et il respectait cela. Il n'existait que trop peu de gens pour qui la fidélité était réellement importante. Trop peu de gens pour tenir leur promesse de rester loyal. Matt en était la preuve vivante.

- Je ne dis pas que je n'ai jamais regardé un autre homme durant notre mariage. Il m'est arrivé d'en croiser que je trouvais particulièrement séduisants. Certains m'ont abordé parfois. Ils m'ont proposé de les raccompagner chez eux. Mais jamais … jamais je n'ai songé à dire oui. J'étais marié et fidèle.

- Vous le regrettez maintenant ?

- Non, pas le moins du monde. J'aime l'idée que j'ai su tenir cette promesse. J'ai manqué à beaucoup de mes devoirs vis à vis de mon mari mais pas à celui là. Et je ne le regrette pas. Je n'aurais jamais pu me le pardonner si je l'avais trompé.

Castiel était fasciné par ce qu'il entendait. Fasciné par cette nouvelle facette de Dean qu'il découvrait ce soir. Il était un homme bien. Il était honnête et s'il n'était pas parfait, Castiel ne pouvait s'empêcher de l'admirer. Il se sentait également honoré d'être celui à qui il se confiait. Il ressentait le besoin de faire plus. A cet instant précis, il voulait être celui qui redonnerait le moral à Dean. Il sortit donc de sa torpeur et le rejoignit sur le canapé. Il s'assit à coté de lui avant de poser le livre qu'il tenait toujours sur la petite table à côté. Il garda une certaine distance entre eux pour ne pas donner l'impression à son patron qu'il était pris au piège.

- J'aimerais pouvoir faire plus pour vous. J'aimerais … trouver les bons mots ou les bons conseils pour vous redonner le sourire. Dites moi ce que je peux faire de plus ?

Dean leva les yeux dans sa direction et lui sourit doucement. Il était toujours triste. Mais la présence de Castiel sur le canapé avec lui semblait l'aider.

- Et bien sauf si vous avez une machine à remonter dans le temps caché chez vous ou le pouvoir de me renvoyer dix ans en arrière, je crains qu'il n'y ait rien de plus que vous puissiez faire pour moi.

Castiel sourit à son tour.

- Je n'ai ni machine ni pouvoir … je suis désolé.

Dean posa alors sa main sur son genou et le serra une seconde entre ses doigts. Il portait toujours son alliance. Castiel l'observa une seconde. Il pouvait sentir la chaleur de la paume de son patron à travers le tissu de son pantalon. Il avait du mal à se concentrer quand les doigts de Dean était aussi proche de son entrejambe. Il déglutit avec peine et ne se détendit que lorsque Dean retira sa main de son genou. Il ne semblait pas avoir la moindre idée du trouble que son geste avait déclenché chez son employé.

- Plus sérieusement Castiel. Il n'y a rien à faire. Vous ne pouvez pas accomplir de miracles et mis à part être là pour m'écouter me plaindre, je ne vois pas quoi vous demander d'autre. Je vais devoir prendre le temps de me faire à cette idée et faire ensuite face à ce divorce. Apprendre à être seul à nouveau. Accepter cette solitude.

Castiel n'aimait pas ce qu'il entendait. Dean semblait oublier qu'il y avait des gens autour de lui sur lesquels il pouvait compter.

- Vous n'êtes pas seul. Matt n'est peut être plus là mais … vous avez toujours votre frère. Vous avez Charlie. Il me semble que vous êtes proches non ? Je suis convaincu qu'ils seront là pour vous soutenir dans cette épreuve.

- Oh je sais qu'ils seront là. Mais parfois … il est plus difficile de se confier sur ce genre de choses à des gens qui savent tout de vous. Des gens qui vous ont vu avec la personne qui vous a brisé le cœur. Sam adore Matt mais je sais qu'il voudra le tuer quand il l'apprendra. Et je sais que Charlie aura la même envie. Je les aime de tout mon cœur mais parfois ils sont juste … trop protecteurs envers moi.

Castiel avait du mal à le comprendre mais puisqu'il n'avait jamais été dans une situation similaire, il ne pouvait sans doute pas réellement donner son avis. Il hocha donc la tête et saisit cette opportunité pour rappeler quelque chose à son patron.

- Je suis là moi aussi … enfin si vous en avez besoin. Je sais qu'on ne se connaît pas vraiment mais puisque c'est justement ce que vous … ce qui vous pose problème avec Sam et Charlie alors … enfin voilà. Je peux être là pour vous aider quand vous aurez besoin de parler ou juste de quelqu'un pour vous tenir compagnie.

Ce n'était sans doute pas une proposition appropriée venant d'un employé à son patron. Mais à cet instant précis, le lien de subordination entre eux n'avait plus aucune importance. La seule chose qui comptait était que Dean avait besoin de quelqu'un et que Castiel se sentait à la hauteur pour l'aider.

- Merci Castiel … ça compte pour moi. Vraiment.

- Inutile de me remercier. Je ne le fais pas devoir ou parce que je pense que cela me fera gagner des points. Je le fais parce que j'en ai envie.

Dean hocha la tête en lui souriant à nouveau. Il n'allait pas beaucoup mieux mais il semblait un peu moins tendu. Un peu moins triste. Castiel savait que c'était en partie grâce à lui. Il sourit à son tour.

- C'est étrange vous savez … la vie … la tournure qu'elle peut prendre parfois sans qu'on ne s'y attende. C'est … quand j'étais plus jeune … quand j'ai commencé mes études … je ne pensais pas une seconde quand j'en serais là à trente ans. Je n'imaginais pas une seule seconde que je me marierais. J'étais même plutôt opposé à l'idée d'ailleurs. Je voyais le mariage comme .. une forme de prison dans laquelle on choisi de s'enfermer parce que c'est ce que la société … la norme nous impose. Je pensais faire ma carrière et devenir un avocat brillant … mais pas un mari. Et douze ans plus tard, je suis là … trompé … trahi et sur le point de divorcer d'un homme que j'aime pourtant toujours.

- La vie nous surprend parfois. Pas forcément dans le bon sens mais on ne peut que l'accepter malheureusement.

Dean acquiesça avant de baisser les yeux sur son verre. Il n''y avait plus touché depuis l'arrivée de Castiel mais il semblait avoir besoin de continuer à le tenir dans ses mains. Comme si ce simple verre le rassurait.

- Le divorce n'est jamais une chose facile mais ce n'est pas la fin de tout. Il y a des tas de gens qui divorcent tous les jours et retrouvent ensuite le bonheur … que ce soit seul ou avec quelqu'un d'autre.

- Je sais que ce n'est pas la fin du monde même si c'est l'impression que j'ai ce soir … mais ça reste un échec peu importe l'angle sous lequel on l'aborde et je déteste l'échec.

Castiel ne voyait pas quoi ajouter à cela. Il doutait de pouvoir pousser Dean à voir les choses différemment. Il choisit donc de poser une main dans son dos pour lui apporter son soutien plutôt que de parler pour ne rien dire. Il sentit le muscles de son patron se tendre sous sa paume avant de se relaxer petit à petit. Il ne protesta pas. Ne chercha pas à fuir ce contact. Castiel garda donc sa main dans son dos. Dean portait une chemise et un jean. C'était la première fois que le jeune avocat le voyait habillé de façon aussi décontractée. Cela lui allait bien.

Le tissu de sa chemise était fin et Castiel pouvait sentir la chaleur de sa peau contre sa main. Il fit un effort pour ne pas se laisser trop affecter par un geste qu'il avait lui même initié. Il devait avant tout se concentrer sur le mal être de Dean et ne pas penser à lui.

- Je devrais probablement arrêter de me confier à vous comme ça. Je sais que vous n'êtes pas là par obligation et je sais que vous ne vous en servirez pas contre moi un jour mais … vous avez sans doute mieux à faire que de m'écouter me plaindre en permanence.

Castiel secoua la tête. Il n'avait pas vraiment quoi que ce soit de plus important à faire. Passer du temps avec Meg peut être. Mais elle était elle aussi très occupée et ils vivaient déjà ensemble. Ils se voyaient les week end quand la jeune femme ne travaillait pas. Il avait également son travail mais il pouvait bien s'accorder une pause. Non. Il n'avait rien de mieux à faire que de tenir compagnie à Dean.

- Je n'ai pas une vie vraiment passionnante vous savez. Et être là à vous écouter, ça me donne l'impression de faire quelque chose d'utile alors … non je suis bien là.

Dean tourna le visage dans sa direction et plongea son regard dans celui de Castiel. Ce dernier retint alors sa respiration sans trop savoir pourquoi. Il y avait une forme de tension dans l'air dont il ignorait l'origine. A vrai dire, il ne savait pas vraiment ce qui pouvait se passer dans la tête de son patron à cet instant précis. Il aurait aimé pouvoir lire dans ses pensées.

- Vous êtes quelqu'un de bien Castiel. Je sais que je vous l'ai déjà dit mais je crois qu'il est nécessaire que je vous le répète. Vous êtes quelqu'un de bon et de gentil. Quelqu'un de généreux et croyez moi, ce sont des qualités qui se perdent de nos jours. Je suis vraiment content que Sam ait pris sur lui de vous engager malgré l'avis de Crowley. Je suis content que vous fassiez parti de mon cabinet et je suis content que vous soyez là ce soir.

Le cœur de Castiel battait la chamade dans sa poitrine. Il ne savait pas comment réagir à de tels compliments. Il ne savait pas ce que Dean attendait de lui à cet instant précis. Il déglutit avec peine sans quitter son patron des yeux. D'aussi prêt, il pouvait voir les tâches de rousseur sur ses joues et sur son nez. Les petites tâches dorées dans ses yeux verts. Il pouvait sentir son souffle sur son visage. Il avait terriblement envie de l'embrasser.

- Ce que je cherche à vous dire par là c'est que je vous aime bien Castiel. Je vous apprécie beaucoup. Et je …

Dean s'interrompit alors en pleine phrase. Castiel mourrait d'envie d'entendre la fin de sa phrase.

- Vous quoi ? Demanda t-il alors.

Dean fronça les sourcils, visiblement mal à l'aise. Mais au grand soulagement de Castiel, il ne recula pas. Leur proximité ne semblait pas lui poser problème.

- Je ne devrais pas vous dire tout ça. Vous êtes mon employé. Je suis fatigué et j'ai bu. J'ai le cœur brisé. Je … je suis désolé. C'est juste … c'est plus fort que moi. Vous me troublez.

Pendant une seconde, Castiel fut presque sûr qu'il avait halluciné ces trois derniers mots. Qu'il les avait imaginés. Mais Dean semblait sérieux et calme. Il le regardait toujours.

- Vous avez le droit de me dire d'arrêter … de ne jamais plus tenir de tels propos. Je le ferais. Et vous avez également le droit de partir maintenant. Je ne vous retiendrais pas et je ne vous en voudrais pas. Mais si vous restez Castiel … si vous restez, je vais commettre une bêtise que je regretterais sans doute ensuite.

Castiel secoua la tête aussitôt, son cœur battant jusque dans ses tempes. Il avait la sensation de rêver. La sensation qu'il allait bientôt se réveiller seul dans son lit. Que Dean ne serait pas sur le point de divorcer. Il chassa toutes ces idées de sa tête et se reconcentra entièrement sur son patron.

- Je ne veux pas partir, souffla t-il.

Dean lui sourit alors avant de combler la distance qui les séparait. Cette fois, il ne s'immobilisa pas juste avant d'embrasser Castiel. Cette fois, il ne recula pas. Il vint presser ses lèvres contre celles du jeune avocat sans hésiter une seconde. Et ce dernier ferma aussitôt les yeux. Il avait rêvé de ce moment. Il avait souvent pensé au goût que les lèvres de Dean pourrait avoir. Il avait la réponse maintenant. Elles avaient le goût du whisky qu'il avait bu. Elles étaient chaudes, douces et légèrement humides. Elles étaient parfaites.

Ils ne bougèrent pendant quelques secondes avant que Castiel ne se décide enfin à passer à l'action. Il n'aurait sans doute pas cette même chance une deuxième fois et même s'il s'agissait d'une erreur monumentale, il ne voulait pas la laisser lui échapper.

Il pressa sa langue contre les lèvres de Dean et fut satisfait quand ce dernier les entrouvrit aussitôt. Il la fit alors pénétrer dans sa bouche pour venir chercher la sienne. Il posa sa main libre dans le cou de son patron puis la fit remonter dans ses cheveux. Dean se tourna alors vers lui, inclina la tête sur le côté puis posa ses mains sur sa taille.

Castiel se sentit alors pousser des ailes. Le baiser était parfait. Meilleur que tous ceux qu'il avait connus avant. Il ne voulait pas que ce moment s'arrête. Il voulait continuer à embrasser Dean jusqu'à la fin des temps.

Mais il savait que le temps lui était compté. Il voulait en profiter. Sans réfléchir, il se pencha en avant jusqu'à ce Dean saisisse le message et accepte de s'allonger sur le canapé, Castiel sur lui. Leurs torses se touchèrent et Castiel fut pris d'une envie presque frénétique de glisser sa main sous la chemise de son patron. De sentir sa peau nue sous ses doigts. Il choisit de le faire malgré les avertissements que son cerveau lui envoyait. Il gémit quand ses doigts effleurèrent la peau de son ventre plat. Quand il sentit ses muscles abdominaux se contracter.

Il continua d'embrasser Dean sans se retenir, sa langue caressant celle de son patron avec passion. Il ne savait pas jusqu'où ce dernier accepterait d'aller. Il refusait d'y penser pour le moment.

Il dut reculer après quelques minutes pour reprendre son souffle. Il était toujours allongé sur Dean, sa main sous sa chemise, contre sa peau. Il la fit remonter doucement jusqu'à son torse puis se pencha à nouveau en avant pour l'embrasser à nouveau.

Mais Dean tourna le visage au dernier moment. Il appuya ensuite ses mains contre le torse de Castiel pour le repousser. Le jeune avocat suivit le mouvement, conscient que leur moment était terminé.

- Je ne peux pas faire ça, souffla alors Dean en se redressant à son tour.

Il se remit ensuite debout et réajusta sa chemise. Il se passa une main dans les cheveux avant de faire face à Castiel à nouveau.

- Je suis désolé. Je … je ne sais pas ce qui m'a pris. Je n'aurais jamais du vous embrasser. Je …

Castiel l'observa alors, les sourcils froncés. Il semblait totalement paniqué. Il savait qu'il serait dans un état similaire d'ici quelques minutes. Il était toutefois encore sous le choc du baiser qu'ils venaient de partager.

- Je vais vous laisser. Je dois … je vais rentrer chez moi et … me reposer. Je … j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop. J'ai bu et je … je n'ai pas les idées claires. Ce n'est pas une excuse mais … je suis désolé.

Castiel aurait aimé lui dire qu'il ne lui en voulait pas. Qu'il était parfaitement capable d'oublier tout cela même si ce n'était pas vrai. Il détestait voir son patron dans cet état. Il était toutefois incapable de parler. Incapable de prononcer le moindre mot pour arranger la situation.

Il ne put que regarder Dean quitter la pièce après quelques secondes. Il lui fallut de longues minutes pour détacher enfin ses yeux de la porte. Il était seul à présent. Et jamais avant dans sa vie, il ne s'était senti aussi perdu. Il avait du mal à réaliser ce qui venait de se passer. Ce baiser. Extraordinaire. Le goût des lèvres de Dean. La chaleur de sa peau sous ses doigts. Les muscles de son ventre. Il en voulait encore. Et il savait pourtant qu'il n'en aurait jamais plus.

Il sentit finalement la panique le gagner. Il ne pouvait pas rester là. Il devait renter chez lui. Se préparer à affronter son patron le lendemain. Prier pour que ce qui venait de se passer ne gâcherait pas tout pour lui.

« Vous me troublez ». C'était ce que Dean lui avait dit. L'inverse étai vrai. Castiel n'avait jamais été autant déstabilisé par un autre homme. Et il savait que ce baiser n'arrangerait rien. Il se prit la tête entre les mains et ferma les yeux. Ce qui était fait était fait. Maintenant, il allait devoir faire face aux conséquences de ses actes. Il allait avoir besoin de parler avec Dean cette fois. Ils devaient se mettre d'accord sur le fait que tout ceci était une erreur. L'ignorer et faire comme si de rien n'était ne suffirait pas cette fois. Castiel avait besoin de plus. Et de réponses. Il était déterminé à les obtenir.