Voilà, voilà ! Le chapitre suivant… s'il y a parmi vous des allergiques aux Serdaigle, qu'ils s'abstiennent P. Des cachets contre les effets Serdaigliens sont fournis pour les reviewers donc saisissez cette opportunité hors du commun… ce n'est qu'un conseil, bien sûr xD

Bonne lecture à toutes et à tous !

P.S : merci beaucoup à Crasyhug et Titine pour leurs reviews très encourageantes mais auxquelles je ne peux malheureusement pas répondre…


Chapitre 12 : Overdose Serdaiglienne

-Si je suis venu te voir, c'était pour te demander de sortir avec moi.

-Je… tu… Que je… Quoi ?

Il explose de rire alors que moi, j'ouvre de grands yeux et essaye de trouver mes mots. Ça ne peut être qu'une très, très mauvaise blague. Il ne peut pas vouloir sortir avec moi… c'est impossible, inimaginable, insensé… En plein dans son fou-rire, je me mets à l'observer sous toutes les coutures. Jamais je ne l'ai regardé autrement que comme le meilleur ami de mon frère mais il n'est pas si mal que ça. Il faut bien l'admettre.

Il est châtain clair et ses cheveux un peu longs lui chatouillent les sourcils. Ses yeux sont entre le bleu clair et le vert pomme, des yeux vraiment étranges d'ailleurs. Il est assez grand et plutôt dans le genre athlétique que dans celui du gros malabar. Il a la peau mate et un visage ovale. Je remarque même des fossettes aux creux de ses joues pendant qu'il pouffe bêtement de rire.

Je sens mes joues devenir rouges de gêne et de colère, il se moque de moi ! Je regarde la salle et croise le regard de Londubat, entouré d'autres mecs de Poudlard mais pas de mon frère, puni par mon père. Londubat est dans le complot, j'en suis sûre, sinon pourquoi me regarderait-il comme ça ?

-Je suis sérieux, assure Aubert, reprenant son calme et me forçant à tourner mon regard vers lui.

-Alors pourquoi tu ris comme un con ? demandais-je avec colère.

-Parce que c'est la première fois que je te vois bégayer et perdre tes moyens. Et en plus, tu rougis, déclare celui-ci joyeusement.

Et c'est reparti, je me remets à rougir. Pourquoi ça doit être à moi d'être gênée ? Lui à l'air tout à fait relax et sûr de lui, le bougre !

-Je n'aime pas qu'on se foute de moi, le prévenais-je, menaçante malgré mes joues rouges.

-Alors, sois ma petite amie, dit-il.

-Ah ouais ? Et comment crois-tu que va réagir Théo ? Il va te détester de pactiser avec l'ennemi, ricanais-je en essayant de masquer ma gêne.

Ma dernière relation date de ma deuxième année, ça me fait vraiment bizarre d'entendre un mec me dire ça surtout que je ne suis pas sûre qu'il soit sincère. D'un coup, son regard se fait dur et il serre la mâchoire.

-J'en ai déjà parler avec lui, j'ai eu le droit à un coup de poing. Mais ça ne le regarde pas, je fais ce que je veux et toi aussi, non ? assène-t-il de mauvaise humeur.

Il l'a frappé pour ça ? Je ne le pensais pas aussi brutal… en même temps, ça doit beaucoup le vexer de savoir que son meilleur ami veuille sortir avec sa sœur, Serpentard et détestable. L'idée de pouvoir mettre mon frère en rogne me fait évaluer la situation plus sérieusement. Après tout, Aubert m'a plusieurs fois soutenue face à mon frère, le seul d'ailleurs, je mets Laura à part évidemment. Il l'a souvent calmé quand il commençait à m'insulter ou à me crier qu'il voulait que je disparaisse. Plusieurs fois, juste avant que nous ne débutions des duels, il lui disait de ranger sa baguette mais ça n'a jamais empêché les duels de se faire. En plus, il est intelligent et assez beau, alors ?

-Ouais, on fait ce qu'on veut.

Et puis, j'ai besoin d'un partenaire pour le mariage du frère à Laura…

xOx

-Et tu lui as dit oui ? s'étonne Laura.

-Exactement ! répondis-je.

-Parce que tu l'aimes, maintenant ? s'enquit-elle, ironique.

-Les sentiments ne sont pas obligatoires pour sortir avec quelqu'un. Le plus souvent, ils viennent après, déclarais-je avec bonne humeur.

Elle a une moue réprobatrice que j'ignorai. De toute manière, je lui ai seulement dit que je voulais bien essayer, je ne lui ai rien promis. Je ne lui ai pas menti et l'ai prévenu que je ne ressentais rien, alors où est le mal ? Je suis particulièrement impatiente de voir la tête de mon frère quand je viendrai embrasser son meilleur ami devant lui… ça risque d'être comique, tiens !

Laura fait mine de contempler le paysage défiler depuis la diligence mais je la vois bien me lancer des coups d'œil discrets.

-Je ne te laisserai plus toute seule maintenant avec deux bière-au-beurres, vu les résultats, gronde-t-elle.

-Je ne vois pas ce que viennent faire les bières-au-beurre dans cette histoire, m'étonnais-je.

-ça doit te rendre euphorique, marmonne-t-elle avec reproche.

Poussant un soupir, je lui jette un regard de lassitude.

-Alors, comment est la robe de ta mère ? l'interrogeais-je pour changer de sujet.

Elle me lance un regard qui me prouve qu'elle n'est pas dupe mais réponds, visiblement fière d'elle :

-Elle est rouge rubis à fines bretelles avec un décolleté parfaitement dessiné. C'est une pure merveille, la taille est très bien découpée et les broderies sont fantastiques. Il y a même…

Puis elle part dans une description précise et barbante de son joyau qu'une vieille dame à la coupe ridicule (d'après elle) avait voulu lui voler. Laura lui avait jeté le sort de chauve-furie pour la mettre k.o. J'aurais bien aimé voir ça.

xOx

-Ecoutez-moi bien, bandes de nazes ! Aujourd'hui, vous avez plutôt intérêt à faire honneur à votre capitaine, à votre maison, à votre sang et à Salazar Serpentard ! La moindre couille-molle qui ne sera pas à la hauteur, je lui ferai regretter d'être né, vous m'avez bien compris ? Je veux voir ces sales intellos ridiculisés ! Je veux les voir pleurer leurs mères ! Je n'accepterai aucune erreur, aucune ! discourt M. le grand capitaine.

Il a l'air des plus motivés, le Parkinson. D'habitude nous n'aurions pas apprécié qu'il nous parle de cette façon et l'un de nous l'aurait envoyé se faire voir chez les moldus (soit Laura, soit Nott, soit moi) mais ce jour est aussi important pour nous. Cette fois nous gagnerons la coupe ! Cette année, toutes les autres maisons verront que Serpentard est la meilleure ! L'année dernière, Serdaigle nous avait battu mais cette fois…

-T'inquiète, Parkinson ! On leur ferra bouffer le gazon ! assure Kentin Salter.

Nous ajoutons tous notre exclamation, promettant à Serdaigle une défaite dans les règles de l'art. Notre équipe est constituée ainsi : le capitaine et gardien, Parkinson les poursuiveurs, moi, Kentin Salter (un septième année) et David Drucker (un quatrième année) l'attrapeuse, Laura les batteurs, Fred Beck (un cinquième année) et Lucifer Nott. Chacun est compétent et sait ce qu'il doit faire.

Ensuite, après que tout le monde se soit changé, nous nous rendons sur le terrain, Parkinson en tête de file. La foule applaudit à tout rompre. Nous entendons d'ici, les Serpentard nous encourager à grand renfort de cris et les autres maisons nous huer. Le ciel orageux a poussé la plupart des élèves à sortir l'anorak.

Même au sol, le vent glacial frigorifie et fouette violement les visages. M. Furole se place devant nous, il attend que Parkinson serre la main du capitaine de Serdaigle : Florina Bugle. Je le vois lui murmurer des menaces et Bugle lui sourire narquoisement. Je connais l'équipe de Serdaigle par cœur, Parkinson nous l'avait fait réciter plusieurs fois jusqu'à ce que nous le sachions. Bugle, une septième année, est donc le capitaine mais en plus l'un des poursuiveurs. Sacha Miller et Gregory Malet, deux cinquièmes années sont les deux autres poursuiveurs. Jefferson Flesch en sixième année, et Trevor Houpper, un septième année, sont les deux batteurs. Gladys Kenitra, une septième année, est la gardienne tandis qu'une troisième année, Théodora Sacre, est l'attrapeuse.

L'équipe de Serdaigle est celle qui comporte le plus de filles, d'ailleurs c'est la seule à avoir une fille comme capitaine. Bugle est une sacrée féministe, elle n'arrête pas de crier que le Quidditch n'est pas un sport où les meilleurs sont les hommes et je suis parfaitement d'accord avec elle.

Une fois que nos capitaines se soient échangés les politesses d'usage, chacun s'envole, restant tout de même assez proche du sol. Furole libère les balles et le match commence.

xOx

«Et encore un point pour Serpentard marqué par Drucker… Kenitra est une véritable passoire !... désolée, professeure… hum, je disais… 60 à 30 points pour Serpentard… »

Pourquoi prennent-ils toujours Skeeter pour commenter ?

Je vois Drucker me faire signe d'un danger derrière moi. Instantanément, je jette un coup d'œil dans mon dos un cognard file tout droit vers moi. Sans en attendre plus, je fais un écart et le cognard me dépasse en me frôlant.

Je fais un mouvement de tête pour remercier Drucker qui n'attend que ça pour repartir piquer le souafle à Bugle. Moi-même, j'accélère et vais les rejoindre. La pluie me martèle le visage et j'ai l'impression que le tonnerre résonne toujours plus fort à chaque fois.

Le souafle passe d'une main à l'autre, parfois il est envoyé à travers les anneaux. Les cognards fidèles à eux-mêmes cognent et frappent. Le vif d'or bat des ailes et se balade sur le terrain, suivi bien souvent par Laura et Sacre. Les minutes défilent…

Même au bout d'une trentaine de minute, nous menons toujours. 70 points nous séparent de Serdaigle. Les Serdaigle sont bien moins forts cette année depuis que Japper et Roger, deux excellents poursuiveurs ont quitté Poudlard en fin d'année dernière. Leurs remplaçants sont loin d'assurer la relève à la perfection. Ils loupent plus de la moitié de leurs lancés.

Salter m'envoie le souafle et je file en direction des anneaux à l'autre bout du terrain mais un cri strident me fait pivoter, j'aurais reconnu cette voix entre milles autres Laura.

Plus loin, à une hauteur vertigineuse, Laura est suspendue dans le vide et seule sa main droite encore accrochée à son balai la sauve d'une chute mortelle… enfin, pour l'instant. Et même avant que je n'en prenne réellement la décision, je me penche sur mon balai et pars à toute trombe vers ma meilleure amie. Mais je suis loin et ne vais pas assez vite. Le dernier rempart entre Laura et le vide tombe sa main lâche. Dans un long cri qui se mêle à tous ceux des spectateurs, elle se rapproche à une vitesse impressionnante du sol. Mon cœur manque un battement et je fais tout pour encore accélérer mais c'est impossible. Au fond de moi je le sais, c'est impossible. Impossible pour mon balai d'aller plus vite. Impossible de traverser tout le terrain en moins de temps pour Laura d'aller s'écraser sur le sol. Impossible que je la rattrape. Je la manquerai d'à peine une seconde mais je le sais, je la manquerai. Je ne pourrai jamais la sauver. Je le sais pourtant je continue de foncer, tête baissée, vers elle.

Mais pour quelqu'un d'autre tout cela était possible. Heureusement. Tel un miracle, je vois Nott virer vers elle à la vitesse d'une étoile filante. Il fonce droit vers le sol. A peine une dizaine de mètres avant qu'elle ne heurte la terre, il la rattrape d'un bras tandis qu'il redresse son balai de l'autre. Laura est maintenant dans ses bras, sur son balai mais Nott allait trop vite. Bien trop vite et il a beau tirer de toutes ses forces pour redresser son balai, la chute est inévitable.

J'hurle en voyant le balai de Nott voler en éclat au sol.

xOx

Chacun des membres de mon corps tremble de fureur et mes yeux sont voilés par la colère. J'ai une envie folle de tout massacrer sur mon passage, de frapper la moindre personne que je croise et de saccager chaque endroit que je traverse.

Mes pieds cognent le sol avec une détermination insolente et mes poings sont serrés, déjà prêts à briser des nez et à marteler des estomacs. Ma tête bourdonne et mes sens sont en ébullition. Je vais la massacrer.

Les couloirs défilent sans que je n'y prête la moindre intention, mon regard reste braqué devant moi, pourtant je sais très bien où je vais. La salle commune de Serdaigle.

Sur mon chemin, je ne fais ni attention aux personnes que je bouscule ni à leurs insultes. Je sais juste que je vais la massacrer.

Pas de chance pour elle, je sais parfaitement où se trouve la salle commune des Serdaigle et je sais aussi comment y pénétrer. Holmes m'a tout dit. Oui, tout. Je sais tout.

Bientôt j'arrive devant cette statue de nymphe. D'une voix vibrante de rage, je crache le mot de passe. La statue prend vie devant moi et baisse son visage de marbre vers moi.

-Il a beau rugir, personne ne l'entendra plus, désormais, dit la statue.

-Godric Gryffondor.

Elle descend de son socle et me laisse le passage. Une grande porte en bois foncé apparait au mur. Je l'ouvre avec violence et rentre sans prendre la peine de la refermer derrière moi.

J'y suis. Dans la salle commune de Serdaigle. Oui, j'y suis et je la vois. Elle est là, à rire avec ses amies. Sacha Miller.

Ma mâchoire se crispe.

-Eh toi ! Je peux savoir ce que fous une Serpent…, commence à s'écrier un Serdaigle.

-Ta gueule ! le coupais-je.

Elle tourne son visage de pouffe vers moi. Une belle petite conne. Mon sang ne fait qu'un tour. Je comptais utiliser ma baguette mais un besoin inguérissable de me défouler m'ordonne presque de préférer mes poings.

En quelques enjambées, je m'approche d'elle. Elle ne bouge pas et me regarde avancer, ses yeux marron grands ouverts. Encore incrédule.

Lorsque je suis à deux mètres d'elle, elle se lève, s'apprêtant à me poser une quelconque question mais mon poing va s'écraser le plus violement que je puisse sur son beau visage. Sous la force de mon coup, elle perd équilibre et retourne s'effondrer sur le sofa qu'elle venait tout juste de quitter. Dans toute la salle, des vagues de murmures choqués se propagent et les amies de Miller sont glacées de terreur.

Miller gémit avant de relever son visage. Ses yeux me fusillent et son nez pisse le sang.

-Non, mais tu vas pas bien, espèce de garce ! hurle-t-elle.

Son cri semble réveiller tout le monde et des exclamations retentissent de tous les côtés. « Sale Serpent », hurle un tel. « Folle dingue », s'exclame un autre. « Psychopathe », « Salope », « Vipère »,…

On m'insulte mais je n'ai d'yeux que pour la Serdaigle de cinquième année affalée dans le canapé, juste devant moi. Je me baisse vers Miller et lui agrippe le col de sa chemise. D'un mouvement brusque, je la fais se lever. Chancelante, elle se retrouve devant moi, debout, au milieu d'une salle où une bande de Serdaigle ne cessent de gueuler leur protestation stupide.

-Tu as peut-être gagné ce match, pétasse, mais sache que la vraie partie ne vient que de commencer. Tu auras tout le temps de regretter d'avoir fait ça à Laura après ce que je te réserve. Tu comprendras bientôt dans quoi tu t'es embarquée… sois patiente, lui susurrais-je à l'oreille.

-Lâche-la, pauvre conne ! me dit une de ses amies.

Avec un ricanement, je pousse Miller sur son amie et m'en vais en direction de la sortie. Les Serdaigle crachent sur mon passage et continuent à m'insulter mais chacun d'eux s'écarte. Ça gueule beaucoup mais aucun d'eux n'aurait le courage de me faire face. A ce compte-là, ils feraient tous mieux de se taire.

Je suis prête à sortir quand l'image encore brûlante du balai de Nott s'écrasant au sol fait renaître une pulsion meurtrière en moi. Et ni une, ni deux, je me suis déjà retournée, rebroussé chemin et refoutu mon poing en pleine face de Miller.

xOx

-On a perdu ! J'y crois pas, on a perdu ! beugle Parkinson, fou de rage. On avait une avance pas possible mais on a quand même perdu ! Tout ça à cause de cette idiote qui ne sait pas tenir sur un…

Le plat de potage à la citrouille va s'écraser sur la sale tronche de notre capitaine avant même qu'il ne finisse sa phrase. Fou de rage, il essaye de se lever de table pour venir me régler mon compte mais un de ses amis l'en empêche.

-Tu devrais te calmer, Collina. Ça fait la cinquième personne que tu frappes ou agresses depuis hier. T'es très forte à ce jeu-là mais ça pourrait mal tourner au bout d'un moment, me prévient Huwiler alors que je me sers de la dinde.

-Occupe-toi de tes nouilles, Huwiler.

Elle me dit vaguement que ses nouilles sont en effet plus intéressantes que moi et me traite d'hippogriffe capricieux avant de retourner à son plat.

A la table des Serdaigle, une bande de fille de cinquième année ne me quitte pas du regard. Elles parlent entre elles en me jetant des regards de haine et de mépris, de rancœur aussi. L'une d'elle en particulier. Une brune d'assez grande taille a ses yeux marron braqués sur moi.

Soudain, un petit pois saute d'un des plats et va s'enfoncer dans sa narine gauche. Elle pousse un hurlement d'horreur tandis que je range ma baguette, un fou rire naissant au fond de ma gorge. Merci à Flitwick pour ses merveilleux sorts tel que le Wingardium Leviosa … et aux sorts informulés aussi !

-Cette pauvre fille va vraiment regretter d'avoir fait tomber Laura de son balai… en tout cas, je vois que tu t'acharnes pour que ce soit le cas, n'est-ce pas, Collina ? minaude Huwiler en ricanant.

-Pourquoi ? T'es amoureuse ? Ça te gêne que je m'amuse avec ta princesse ? répliquais-je, sardonique.

Elle me fusille du regard et repart une fois de plus à son repas.

Elle avait tout de même raison, je comptais bien lui en faire baver à cette sale petite Serdaigle ! Holmes m'avait tout dit quand nous étions près de Laura, inconsciente dans son lit de l'infirmerie. Elle avait vu Miller, perchée sur son balai, braquer sa baguette sur un cognard puis la diriger vers Laura. En plus de tout ça, elle remuait les lèvres. Pour sûr qu'elle récitait une incantation. Ça sert le savoir, hein ? Ils cachent bien leur jeu derrière leur livre de bibliothèque et leur encyclopédie, ces traîtres de Serdaigle.

Cette Miller ne supportait pas l'idée que son équipe perde un match et n'ait pas une fois de plus la coupe. Alors elle n'avait rien trouvé de mieux que de mettre Laura hors d'état de nuire. Comme ça, mon amie s'écrasait au sol et la petite de troisième année pouvait aller chercher le vif d'or sans être embêtée par Laura.

Je me lève de table, désireuse de partir le plus loin possible de cette garce. Huwiler me jette un bref regard mais ne fait pas plus attention à mon départ. Je sors de la Grande Salle. Est-ce que Laura s'est réveillée ?

xOx

-Elle est encore inconsciente, Tatiana. Mais ne t'inquiète pas, elle n'a rien de grave. Juste un petit choc à la tête. M. Nott a ralenti la chute et a fait obstacle de son corps, me rassure Pompom.

-Quand se réveillera-t-elle ?

-Demain, peut-être.

-Et Nott ? demandais-je.

Le silence me répond. Pompom reste pensive puis elle déclare :

-ça risque de mettre un peu plus de temps.

Je déglutis. Je m'y attendais un peu mais, le fait est là, Nott est plus gravement blessé que mon amie.

-Tu veux quand même la voir ? m'interroge-t-elle.

Elle n'attend pas la réponse et se dirige vers un coin de l'infirmerie où les rideaux sont tirés. D'un geste, elle les écarte et je vois deux lits d'un blanc immaculé où reposent, dans l'un Nott, dans l'autre Laura. Si cette dernière savait qu'elle dormait à moins d'un mètre de Nott, c'est certain qu'elle piquerait une colère.

Pompom s'en va. Je prends une chaise et la place à côté du lit de Laura. Elle dort paisiblement, au contraire de Nott qui gémit faiblement dans son sommeil. Son bras gauche est bandé. Pompom a guéri les blessures de son visage, c'est déjà ça.

-Tu vas être folle de rage quand tu te réveilleras, marmotte. On a perdu. Sacre a attrapé le vif d'or alors que tu étais au sol. J'ai eu beau dire que c'était injuste, Dumbledore est resté sur ses positions des blessures ne cautionnent pas qu'on rejoue le match. Je sais, ce vieux fou est vraiment énervant, dis-je.

Je me sens folle de parler dans le vide mais ma mère me disait tout le temps, à l'époque où ma grand-mère était plongée dans le coma, qu'elle entendait ce qu'on lui disait. J'avais passé des journées entières à lui raconter comme le ciel était bleu et comme les oiseaux chantaient faux. D'après ma mère, ça l'aidait à guérir… ma grand-mère est morte un an plus tard. Je ne saurai jamais si j'ai parlé pour rien. Mais, dans ses cas-là, ne parle-t-on jamais pour rien ?

-On se rattrapera au match prochain, t'inquiète, Titine !

-Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler Ti…, commençais-je à m'énerver.

Mais ma voix se perd alors que les rouages de mon cerveau tournent encore… et encore. Le déclique se fait soudainement.

-Ah bah enfin, j'ai failli attendre, m'exclamais-je, folle de joie.

Laura sourit dans ses draps. Ses yeux peinent à rester ouverts mais elle est bien réveillée.

-Je t'ai manquée, pas vrai ? chantonne-t-elle.

-A qui tu pourrais manquer, Laura ? Une chieuse pareille ça ne manque à personne. D'ailleurs, j'ai pas que ça à faire, répliquais-je, hautaine.

-Mais t'as le temps de taper la discute à une « chieuse » inconsciente alors qu'elle ne te manque pas du tout.

Grillée.

-Bon o.k., tu m'as un peu manquée, capitulais-je, boudeuse.

-Si ce n'est que ça, casse-toi, rétorque-t-elle avec sérieux.

J'éclate de rire. Son mauvais caractère m'a bien manquée !

xOx

-Elle va sortir bientôt ? demande-t-il.

-Dans les prochains jours, répondis-je.

Nous sommes assis au bord du lac, dans une heure les cours reprennent. Quand je suis sortie de Sortilège, il m'attendait. Aucun de nous n'avait cours, alors il s'est dit « Tiens, si j'allais passer un peu de temps avec ma copine ». Même si je n'avais aucune envie de le voir, ni même de lui parler, j'avais accepté d'essayer, non ? Ce n'est pas le moment de se trouver des excuses pour ne pas être avec lui… je suppose.

-Je ne lui ai rien dit, dit-il.

Je lui jette un regard. De quoi il parle ?

-A Théo.

-Il le saura bien, de toute façon, répliquais-je, sarcastique.

-Ouais, surement, marmonne-t-il.

-Tu espères qu'il ne le remarque pas ? ricanais-je, ironique.

Il ne répond rien. De toute manière, pas besoin de réponse, je sais très bien qu'il l'espère. J'ai accepté de sortir avec lui, en partie pour foutre mon frère dans tous ses états alors il peut être sûr qu'il sera au courant !

-Pourquoi tu souris comme ça ? s'enquit-il.

J'efface le sourire diabolique qui naissait sur mes lèvres.

-Qu'est-ce que ça peut te faire ? assénais-je.

Il prend assez mal la remarque mais ne dit rien et se relance dans l'observation du lac.

-Pourquoi tu as accepté d'être ma copine ? me demande-t-il.

-L'envie de faire une bonne action, ironisais-je.

-Tu peux être sincère pour une fois ? s'agace-t-il.

-Tu me faisais pitié, sans doute, répondis-je avec colère.

Il soupire d'exaspération. Si je l'énerve tant que ça, il peut s'en aller. Je ne le retiens pas.

-Tu veux provoquer ton frère en m'utilisant, n'est-ce pas ?

Je me retourne vers lui. Il ne quitte pas le lac du regard et a un air indéchiffrable collé au visage.

-ça te gênerait ? lui demandais-je.

-J'ai le choix peut-être ? s'irrite-t-il.

-Tu peux casser…

-Je vais à la bibliothèque, o.k. ? m'avertit-il en se levant déjà.

-Bah attends ! On était en pleine discussion ! protestais-je, offusquée.

Je me lève à mon tour et le suis alors qu'il s'en va vers le château.

-J'ai un devoir de Métamorphose.

-M'en fous ! On parlait, alors tu restes, m'énervais-je.

-Je suis ton petit-ami, pas ton chien, Tatiana ! Mélange pas tout ! cingle-t-il avec froideur.

Sur le cul, je m'arrête et le regarde s'éloigner. Non mais, pour qui se prend-il celui-là ? Il me demande de sortir avec lui, bonne âme que je suis, j'accepte alors que je n'en ai pas vraiment envie. Et là, quoi ? Il me fait une scène et me laisse en plan ! Elle est belle la reconnaissance chez les Serdaigle !

-J'aimerai mieux un chien ! Tu m'entends, Aubert, je préférerai un bon chien plutôt qu'un emmerdeur dans ton genre ! hurlais-je.

Un rire lointain me répond. Sale Serdaigle !

xOx

-Une Serdaigle…, marmonnais-je de mauvaise humeur.

-Et alors ? s'enquit John, perplexe.

« Et alors ? » ose-t-il me demander ? Je pensais que les Gryffondor étaient les pires mais en fait, j'ai eu tort ! A présent, j'ai bien compris. Les Serdaigle sont les pires et de loin… entre cet Aubert, mon soi-disant petit ami, et l'autre pouffe de Miller, autant vous dire que j'ai fini par me méfier d'eux. Ne parlons même pas de Holmes qui, même si je l'apprécie, est vraiment insupportable.

-Je ne ferai pas de commentaire, dis-je, sarcastique.

-Bon, comment tu la trouves ? me demande-t-il en couvant sa chère et tendre d'un regard niais.

Un peu plus loin, assise avec ses amis, une petite brune s'acharne sur un parchemin qui est déjà bien fourni. Je ne me rappelais pas qu'en première année on avait à rendre des devoirs aussi longs. Même d'où je suis, à environ une dizaine de mètres d'elle, je vois le nombre ahurissant de ligne que la petite Serdaigle a déjà écrit. Impressionnant.

Bon, passons. Je ne vois son visage seulement de profil mais je note tout de même que mon petit John n'a pas de si bons goûts. Ses cheveux sont bruns tendant sur le roux et, même si elle les a relevés en une queue de cheval, je devine que, lâchés, ils lui arrivent en bas du dos. Elle tourne la tête dans ma direction sans toutefois me regarder moi en particulier. Tiens, elle a une fossette au menton et son nez est un peu aplati… elle est plus belle de profil. M'enfin, elle n'est pas moche non plus.

Je ne vois pas très bien la couleur de ses yeux mais ils me semblent assez clairs. Bleus, je dirais.

-Alors ? s'impatiente mon cousin.

-Mouais… t'es sûre que tu préfères pas la rousse à sa droite ? lui demandais-je.

-Tiana ! Je t'ai pas demandé ton avis, je veux juste que tu m'aides, me reproche-t-il.

Oh là, on se calme, gamin !

-Je ne faisais que te faire remarquer que si tu voulais vraiment une Serdaigle, il y avait mieux…

-La ferme, s'te plait ! Emma est bien plus belle d'abord, marmonna-t-il, vexé.

-Ah alors, elle s'appelle Emma ? m'enquis-je.

Monsieur n'a pas voulu, pour une obscure raison, me dire son nom jusqu'à maintenant.

-Emma Gerry, ajoute-t-il.

-J'aime pas ce prénom.

-Ah parce que tu crois que Tatiana, c'est beau comme prénom ? réplique-t-il, colérique.

Il se met en colère pour un rien ce petit, c'est dingue !

-C'est pas moi qui l'ait choisi. Tu te plaindras à mon père…, dis-je avec sarcasme.

-Ouais, non, j'vais éviter, je crois, rétorque-t-il.

Ah, tiens, il connait bien Tonton ! Je ricane.

-Bon, alors, qu'est-ce que je dois faire ? me demande-t-il.

Surprise, je détourne mon regard de « l'heureuse élue » et le porte sur le petit blond en face de moi. Sous mon regard interrogateur, il souffle d'exaspération.

-M'enfin, Tiana ! Tu te rappelles notre marché, non ? Tu dois m'aider à ce qu'Emma s'intéresse à moi, s'agace-t-il en tapotant nerveusement la table de ses doigts.

-Ah ouais… bah, va lui demander de sortir avec toi, lui dis-je.

-Quoi ? Comme ça ? Tu vas pas bien dans ta tête, toi ! Je dois lui avoir parlé trois fois depuis que je la connais et à chaque fois elle m'a bien fait sentir qu'elle ne m'aimait pas.

J'hausse un sourcil interrogateur.

-Pourquoi vouloir sortir avec une fille qui ne t'aime pas ? demandais-je, moqueuse.

-ça se trouve, elle m'aime au fond d'elle…, me répond-il en redressant le torse.

-Youpi. J'ai un double de Potter comme petit cousin, marmonnais-je.

-Eh ! Parle pas de malheur ! Je n'ai pas envie de me prendre des baffes tous les jours.

Okay… Sympa le gosse ! Il ne serait pas content, le Potter s'il entendait ça.

-Attends que je répète ça à l'ébouriffé…, ricanais-je.

-Faudrait déjà que tu lui parles pour autre chose que pour l'énerver, réplique mon cousin préféré.

Il marque un point. Quoique je peux très bien l'énerver et balancer la gentille réplique de mon cousin. Mais bon, comme je ne vois pas trop ce que ça me rapporterait…

-Bon, écoute, t'y vas et tu l'invites à Pré-au-Lard, m'impatientais-je.

-On est en première année ! s'écrie-t-il.

-Et alors ? Y a des passages secrets, tu sais, lui dis-je comme si c'était une évidence.

Pourquoi ai-je un abruti comme cousin ?

-C'est une Serdaigle ! proteste-t-il, la voix montant dans les aigus.

Ah oui, c'est vrai. C'est un abruti amoureux d'une abrutie… et moi dans tout ça ? Je joue les cupidons ?

-Que veux-tu que j'y fasse si t'as pas le courage d'aller lui causer ? m'enquis-je, lasse.

-Très bien, j'y vais mais je ne sais vraiment pas quoi lui dire !

-Bah, complimente-la, proposais-je.

La flatterie, ya que ça de vrai ! Mais trop tard, il est déjà parti d'un pas décidé. Il s'approche de la bande d'intellos miniatures.

-Emma…, commence le blondinet.

-Fillichon, grince-t-elle en redressant la tête vers lui.

Mon cousin a un sursaut de mécontentement. Faut dire, sa dulcinée ne se rappelle même pas de son nom alors qu'elle doit surement connaitre le nom latin de toutes les plantes et leur facultés médicinales. Il se reprend néanmoins rapidement et lui offre un grand sourire.

-C'est Fillipon, Emma, la corrige-t-il aimablement.

-Que veux-tu que ça me fasse de connaitre le nom d'un imbécile de ton genre ? dit-elle avec mépris.

Le sourire de John tremble quelque peu, le coup est dur. De mon côté, je me retiens d'aller régler son compte à cette gamine mais je me dis que John le prendrait assez mal.

-Tu ne me connais même pas, réplique-t-il en essayant de garder son calme.

-Si, tu es nul pratiquement dans toutes les matières et tu aimes te faire remarquer en répondant aux professeurs ! lâche Emma.

-Chacun sa manière de se faire remarquer ! Toi, tu joues la lèche-botte auprès des profs ! s'énerve mon cousin.

Peut-être pas la meilleure façon pour la séduire mais John n'a pas échappé au trait de caractère de sa charmante famille… un très mauvais caractère. Personne dans la famille ne se laisse faire, on nous insulte, on insulte. On nous frappe, on frappe. Et la petite Emma a poussé le bouchon un peu loin, pas étonnant que ça ait fini par exploser.

Mais, apparemment cette Emma a son caractère aussi puisque la gifle est partie.

-Si c'était pour me dire ça, Fillibon, tu aurais mieux fait de t'abstenir ! siffle-t-elle avant de partir, la tête haute.

Ses amies s'empressent de la suivre… apparemment Mademoiselle à sa cours personnelle. John, dont l'expression oscille entre la colère et la tristesse, revient vers moi. Il me fusille du regard avant de me lancer :

-C'est de ta faute ! A me comparer à Potter, tu vois ce qui arrive !

Ce ne fut peut-être pas le bon moment mais je ne pus qu'éclater de rire sous le regard furibond de mon cousin.


Alors, alors ? Qu'en avez-vous pensé ? :D