Bien le bonjour ... Prêtes à rentrer dans la dernière ligne droite de cette histoire ... Ben oui, c'est bientôt la fin ... plus que 3 chapitres et il sera temps de dire au revoir !

Mais pas encore ... On vous doit encore quelques réponses. John, en bon samaritain, ça vous dit?

Bonne lecture.

Y&A


Chapitre 13

New York, mardi 22h30, Aéroport de Terterboro

John regarda la voiture s'éloigner avec à son bord Finch, Shaw et Neal. Mission accomplie. Caffrey était désormais hors de danger, il serait en sécurité dans l'appartement en attendant de voir comment ils allaient gérer ses déboires avec le FBI. Au moins, le risque le plus grand maintenant n'était que la prison et non plus sa vie.

Il se tourna vers Dirk qui sortait de la cabine de pilotage.

"A quelle heure pourrons-nous repartir ?" demanda-t-il au pilote.

"Le temps de faire le plein de carburant et déposer notre plan de vol. Si tu pouvais nous trouver de quoi manger ça serait parfait." Comme John se dirigeait vers l'échelle, il ajouta, "pour l'aller et le retour. Les anglais ne connaissent rien à la cuisine."

John ne put retenir un sourire. "Comment as-tu pu survivre avec les rations militaires si tu trouves que la cuisine anglaise n'est pas bonne ?"

Dirk fit mine de frissonner. "Mon pire souvenir de l'armée," fit-il avec un clin d'œil.

Moins de trente minutes plus tard, profitant du dernier créneau horaire de décollage pour la journée, le Falcon partait en direction de Londres. Jetant un œil à sa montre, John décida de s'octroyer quelques heures de sommeil. Finch était sans doute en train d'installer Neal, il le contacterait plus tard pour lui demander de localiser Sara à Londres.

POI - WC - POI - WC - POI - WC

Il se réveilla quelques heures plus tard, frais et dispos. Le confort de cet appareil était un pur délice. Il se leva pour étirer ses jambes et laissa son nez le diriger vers l'espace cuisine, attiré par l'odeur du café.

Son téléphone vibra annonçant l'arrivée d'un message. Comment Finch savait-il qu'il était debout ?

##Information envoyée sur le PC##

Renonçant à comprendre, il activa le portable sur la petite table de travail. Apparemment après avoir installé Neal, Finch n'avait pas chômé.

Il lui avait envoyé l'adresse personnelle de Sara, son lieu et horaires de travail ainsi que son agenda de la journée. Il avait également ajouté le nom de deux restaurants pour y déjeuner. Regardant le programme de la journée de la jeune femme, John décida d'attendre qu'elle rentre en fin de journée pour aller la voir. Inutile de la bouleverser pendant ses heures de travail. Son dernier rendez-vous se terminait relativement tôt, il devrait sans doute pouvoir la voir arriver depuis le bar indiqué par Finch.

Dirk sortit de la cabine de pilotage.

"Il me semblait bien t'avoir entendu bouger. Nous arrivons dans deux heures."

"Parfait, merci."

"Tu as du travail ?" demanda Dirk.

John leva un sourcil surpris. "Non. Pourquoi ?"

Dirk sortit un paquet de cartes de sa poche. "Ca te dit ?"

John répondit d'un sourire complice.

POI - WC - POI - WC - POI - WC

Londres, Mercredi 12h00, heure locale

John attendait patiemment l'heure de sa rencontre avec Sara, lorsque que Finch le contacta.

"Bon vol M. Reese ?" demanda Finch.

"Je ne vais pas nier la fatigue, mais c'est pour une bonne cause," lui répondit son associé, d'un ton las. "Quoi de neuf Finch ?"

"Je souhaitais faire un point avec vous sur le sujet que nous n'avons pas abordé dans l'avion en présence de M. Caffrey," expliqua Finch.

"Vous voulez parler des Illuminati et de ce que vous avez découvert sur les ordinateurs d'Alvaredo, je suppose. Allez-y, je vous écoute."

"En effet, c'est bien de cela que je veux parler. J'ai esquivé cette partie de nos découvertes et fort heureusement M. Caffrey n'a pas relevé. Il n'était pas au mieux de sa forme, ce qui est préférable, je ne souhaitais pas l'impliquer davantage. Malheureusement, mes recherches approfondies ont été interrompues dès le moment où le réseau a été coupé. Ils ont sans doute découvert plus vite que je ne le pensais la 'disparition' des enregistrements vidéo et ont eu recours à des mesures radicales." commença Finch.

"Vous pensez décidément à tout. Il ne reste donc plus aucune trace de notre passage à Laredo ?" dit John d'un ton admiratif.

"En effet. J'ai également effacé les traces sur le réseau de la police et sur le registre de l'hôtel."

Finch poursuivit ses explications.

"Cette organisation est encore plus paranoïaque que nos services de renseignements. Certains dossiers comme celui de Neal étaient facilement accessibles, une fois dans le système, mais la grande majorité est cryptée à des niveaux incroyables. J'ai pu copier une petite partie des données mais il va falloir des semaines voire des mois pour les décrypter. J'espérais que nous serions plus près de découvrir davantage d'informations sur cette menace, mais j'ai bien peur que nous n'en sachions toujours pas plus sur nos adversaires."

"Encore une chose, je vais transmettre à l'agent Burke et au bureau des Marshals des informations sur deux Marshals qui sont à la solde d'Alvaredo, donc des Illuminati probablement. Toute notre action aura au moins servi à cela."

"Finch, ne soyez pas trop dur avec vous-même. Vous avez sans doute récolté plus d'informations que n'importe qui d'autre s'étant attaqué au sujet. Que ce soient les Illuminati ou une autre organisation, nous les identifierons un jour ou l'autre," répondit Reese.

"Pour l'instant, j'ai également arrêté toutes mes recherches sur l'enchevêtrement d'entreprises au niveau mondial. Nul doute que le problème de Laredo va entraîner une surveillance accrue de leur part des réseaux informatiques. Il est plus sage de rester dans l'ombre," conclut Finch.

John eut un simple grognement d'assentiment.

"Bonne chance avec Melle Ellis," ajouta-t-il avant de couper la communication.

Peu de temps après, Finch vit un message apparaître sur son écran.

## 'Elle' vous remercie. Toutes les données récoltées ont été utiles pour entamer de nouvelles surveillances – Root ##

Finch secoua la tête face à ce message énigmatique. Mais que pouvait-il attendre d'autre de la part de leur mystérieuse acolyte ?

Il se leva et prit la laisse de Bear. Mozzie apprécierait sans doute de se défaire du malinois et lui-même avait hâte de retrouver leur compagnon canin. Même s'il lui arrivait de rouspéter contre le goût marqué de Bear pour certains de ses livres, pour rien au monde il n'accepterait de se défaire de lui. Sa présence dans la bibliothèque était aussi rassurante que le ronronnement de ses ordinateurs.

POI - WC - POI - WC - POI - WC

Londres, Mercredi 17h30 (heure locale), appartement de Sara

Contrairement à ses habitudes, John frappa à la porte de Sara. Il entendit du bruit et un corps frotter contre la porte ; Sara vérifiait sans doute qui était son visiteur à travers l'œilleton.

Elle ouvrit la porte avec un air de surprise sur le visage.

"John ?"

"Bonsoir Sara."

Elle resta silencieuse un instant se demandant sans doute ce qu'il faisait là. Elle pâlit tout à coup.

"Neal va bien ?"

John ne put s'empêcher un soupir intérieur de soulagement. Elle s'inquiétait pour son ancien petit ami, tout n'était donc peut-être pas perdu, et il n'avait pas traversé l'Atlantique en pure perte. Même si la partie de poker endiablée avec Dirk avait été fort amusante.

"Il est en vie, si c'est le sens de votre question", la rassura-t-il. Comme Sara ne bougeait toujours pas, il demanda, "je peux entrer ?"

Elle sursauta. "Oui, bien sûr. Pardon." Elle s'écarta pour le laisser passer. "Comment allez-vous, John ?" demanda-t-elle enfin, se souvenant des règles élémentaires de politesse.

Il la suivit vers le fauteuil qu'elle lui signala de la main. Droit au but, elle avait compris que sa présence n'était pas une simple visite de courtoisie.

"Je vais bien, je vous remercie, Sara. Et pour répondre à votre question, Neal va bien également. Il a été quelque peu malmené, mais il se remettra…" Il la regarda digérer l'information. "Et pour tout vous dire, je pense que vous pourriez l'y aider," ajouta-t-il lentement.

Sara ouvrit la bouche pour protester puis soupira. "C'est compliqué…" expliqua-t-elle.

"L'amour l'est toujours, c'est ce qui en fait tout l'attrait."

"Je…" se défendit Sara.

"Vous l'aimez toujours. Lui aussi. Je crois surtout que vous devriez vous parler et arrêter de vous cacher des choses."

"Neal est incapable d'avoir une vraie conversation honnête," rétorqua Sara, le visage fermé.

John soupira. Il n'était sans doute pas le meilleur intermédiaire dans ce type de situation. S'il avait eu le choix, il les aurait volontiers attachés tous deux en haut d'une grue pour les obliger à se confronter, mais puisqu'il ne pouvait avoir recours à des méthodes dites violentes, il devrait faire appel à ses talents de négociateur, même si Shaw avait des doutes quant à ses compétences.

Il sortit le dossier que Neal avait rendu à Finch et le tendit à Sara. Elle le feuilleta, puis fit une grimace.

"Oui, je suis au courant. C'est bien pour cela que je suis revenue à Londres."

"Ces documents sont un tissu de mensonges."

"Non, j'ai fait des recherches. Tous ces faits sont avérés."

"Que vous dit votre cœur ?"

"Mon cœur n'a rien à voir là-dedans ! C'est comme cette histoire de sous-marin…" Elle s'interrompit, écarquillant les yeux d'un air coupable.

"Je suis au courant, rassurez-vous," fit John en secouant la tête, se demandant si Sara avait conscience de ce qu'elle venait de faire.

Alors même qu'elle cherchait à l'accabler, elle le défendait encore d'avoir caché l'existence du trésor. Elle était tout aussi perturbée que Neal avec ses sentiments ambivalents pour Rebecca. Ces deux-là avaient besoin d'un conseiller conjugal… discret… et aux idées larges…

"J'ai une longue histoire à vous raconter, Sara. Un verre ne serait sans doute pas superflu."

La jeune femme se leva pour leur servir à boire, puis regardant John, elle versa davantage d'alcool dans les verres. John trempa ses lèvres et fit une légère grimace surpris par le goût sucré.

"Du Sherry ? Vous vous êtes vite faite à la mode anglaise," plaisanta-t-il.

"Pas vraiment. J'ai toujours aimé ça. J'ai encore du mal avec leur cuisine par contre…"

"Vous regrettez les hot-dogs de Central Park ?"

"Et les pizzas de Little Italy…" surenchérit-elle avec un regard rêveur.

Elle poussa un soupir. "Dans quelle histoire s'est encore fourré Neal ?"

John ne put s'empêcher un léger sourire. Elle le connaissait bien.

"Il s'est fait kidnapper la semaine dernière. Il va bien, il est en sécurité," ajouta-t-il quand il la vit pâlir.

"Je suppose que c'est à vous qu'il le doit..."

Sara repensa à son propre kidnapping, environ un an plus tôt. Sans John, elle ne serait probablement pas là à l'heure actuelle.

"Il a eu plus de chance que vous quant aux conditions de sa captivité, même s'il n'a pas eu son mot à dire. Il est de retour à New York entre de bonnes mains."

"Si vous m'expliquiez un peu ?" demanda Sara, devinant que l'histoire était plus complexe.

"Il y a un peu plus d'un an, un certain Alvaredo a mis en œuvre un plan diabolique pour s'assurer la collaboration de Neal afin de retrouver un diamant rose…"

Reese lui raconta ce qu'avait été la vie de Neal au cours des derniers mois. Tandis qu'il parlait, il observait attentivement la rouquine : la colère d'avoir été bernée, la pointe de jalousie à la mention de Rebecca, l'inquiétude, l'angoisse... Il n'avait aucun doute quant à ses sentiments vis-à-vis de Neal, mais tout comme l'ex-voleur, le cerveau et le cœur de Sara avaient du mal à se retrouver.

Quand il eut fini de raconter son histoire, la jeune femme resta silencieuse un long moment, digérant sans doute toute l'information. Elle se leva, se dirigea vers la fenêtre perdue dans ses pensées.

"Neal vous a envoyé plaider sa cause ?" demanda-t-elle enfin. "Ca ne lui ressemble pas…"

"Il ne sait pas que je suis là."

Sara se retourna vers la grande silhouette installée dans son canapé. Elle se souvenait parfaitement de leur première rencontre. Un grand homme en noir qui n'avait fait qu'une bouchée des hommes qui la retenaient. Elle l'avait vu se battre contre une armoire à glace qui l'avait jeté à travers le mur de verre derrière lequel elle était ligotée. Elle se souvenait encore du jet de sang quand John lui avait planté un morceau de verre dans la jugulaire. Puis comme si cela n'avait été qu'un contretemps mineur, il était venu vers elle pour la libérer de ses liens. Il l'avait sauvée, elle, puis avait sauvé la vie de Neal quelques heures plus tard.

Et voilà qu'il jouait les entremetteurs…

L'homme sembla lire son incrédulité sur son visage.

"Je me suis donné beaucoup de mal pour vous ramener de Londres la dernière fois, je ne vais pas laisser un illuminé mégalomane tout détruire." Il reprit une gorgée de son Sherry. "Je crois aux secondes chances, Melle Ellis. Quelqu'un m'en a donné une il y a quelques années. On a parfois besoin d'une main tendue. Parlez à Neal…"

Sara poussa un long soupir. "C'est…"

John eut un léger rire. "Je ne vais pas vous demander de repartir avec moi ce soir. Promettez-moi juste d'y réfléchir, d'accord ?"

Sara acquiesça de la tête. John se leva d'un mouvement souple et posa le verre sur la table basse.

"Merci pour le verre. Bonne soirée Sara."

"Vous repartez déjà ?"

John fut pris au dépourvu. Il n'avait aucune raison de rester.

Sara sembla hésiter un instant. "Neal vous a raconté comment nous nous sommes connus ?"

"Brièvement."

"Il y a des choses dont je n'ai jamais parlé à personne." murmura Sara en regardant à nouveau par la fenêtre. "Personne n'aurait pu comprendre…"

John se retint de pousser un soupir et se rassit. Apparemment, Sara avait besoin de parler et avait décidé que ce serait à lui. Décidément ce travail avait parfois des incidences inattendues.

Il quitta Londres plusieurs heures plus tard avec la furieuse envie d'aller dans les bas-fonds de la ville provoquer une bagarre juste pour pouvoir se défouler. Il était un homme d'action. Rester assis à écouter Sara mettre son cœur à nu lui avait fait se demander quelle fascination morbide pouvait pousser des gens à devenir psychologues. Si Neal et Sara ne se remettaient pas ensemble, il allait en prendre un pour taper sur l'autre jusqu'à ce qu'ils prennent la bonne décision.

"Finch," aboya-t-il dans son téléphone alors qu'il prenait un taxi en direction de l'aéroport.

"M. Reese," répondit Harold avec son calme habituel, ne relevant pas le ton hostile de son employé.

"Je quitte à l'instant l'appartement de Sara."

"Melle Ellis va bien ?"

"Oui. Et franchement le côté baby-sitting de ce travail me convient de moins en moins."

Finch allait lui rappeler que personne ne lui avait demandé de se rendre à Londres mais s'abstint de faire la remarque. Reese semblait déjà assez énervé.

"Vous serez alors heureux d'apprendre que les choses se présentent plutôt bien en ce qui concerne la libération de M. Caffrey. Je vous ai prévu un rendez-vous avec Melle Morgan demain."

La simple mention du nom de la jeune femme eut l'effet escompté. John répondit avec une voix beaucoup plus calme.

"C'est une bonne nouvelle. Merci Finch."

"Parlant de bonnes nouvelles, un généreux donateur anonyme a remis à l'ambassade du Mexique un précieux masque que l'on suppose être le masque des Dieux disparu à Tenochtitlan vers 1520 ainsi qu'une lance bien connue des historiens."

"J'imagine que le conservateur du musée de Mexico City est déjà dans un avion en direction des Etats-Unis."

"Il y a de fortes chances, en effet."

"Comment va Neal ?"

"Melle Shaw me dit qu'il subit le contre coup de sa mauvaise expérience, mais qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter."

"Que voulez-vous dire ?" demanda John néanmoins inquiet.

"Qu'il dort toujours depuis notre arrivée à l'appartement."

"Au moins pendant ce temps-là, il ne risque pas de nous causer d'autres soucis," rétorqua Reese, amusé. Il lui était arrivé par le passé de vivre la même chose quand après une mission particulièrement éprouvante, il bénéficiait enfin de quelques jours de vrai repos.

"Vous êtes en route pour l'aéroport, je présume."

"Oui. Je serai de retour dans huit heures environ. Je vous retrouve à la bibliothèque."

"M. Reese, M. Caffrey est en sécurité, prenez donc le temps de souffler un peu."

"Les fauteuils de votre avion sont parfaits pour dormir, Finch. Ne vous en faites pas pour moi."

"A votre guise, M. Reese," rétorqua Finch, légèrement exaspéré en coupant la ligne.

Son employé était capable de traverser la moitié du globe pour s'assurer du bonheur d'un numéro, mais totalement dépassé dès qu'il s'agissait de prendre soin de son propre corps. Il allait devoir s'assurer que quelqu'un le fasse pour lui. De toute façon, Melle Morgan devait reprendre contact au sujet du dossier du FBI…

POI - WC - POI - WC - POI - WC

New York, Jeudi après-midi, planque de Finch

John se leva pour ouvrir la porte et sourit à Zoé.

"Bonjour, Zoé."

"John," répondit la jeune femme en lui posant un léger baiser sur la joue.

Elle se dirigea vers les marches et se souvint de la dernière fois où elle était venue dans cet appartement. La fameuse "soirée entre filles" concoctée par Finch et Reese pour mettre la main sur un prédateur. Elle ne put s'empêcher un sourire en repensant aux visages un peu dépassés des deux hommes tandis qu'ils ne pouvaient s'empêcher de les admirer mais faisaient tout pour rester de parfaits gentlemen.

Finch se leva pour la saluer.

"Melle Morgan, c'est toujours un plaisir," fit-il lui tendant la main.

Neal s'approcha à son tour. "Melle Morgan, c'est un honneur de vous rencontrer."

Il lui prit la main pour y poser un baiser avec toute la classe d'un prince.

"M. Caffrey, je vois qu'on ne m'avait pas menti à votre sujet."

"Appelez-moi Neal, je vous en prie," répondit Neal avec un sourire éclatant.

John ne put s'empêcher de secouer la tête amusé. L'homme était incorrigible. Zoé perçu le mouvement du coin de l'œil et souleva un sourcil dans sa direction. Jaloux ?

Ils s'installèrent dans les fauteuils confortables et Zoé sortit quelques documents de son sac.

"M. Caffrey… Neal," corrigea-t-elle. "Harold et John m'ont demandé un peu d'aide dans le cadre du refus de votre libération. Je dois vous avouer que je voyais mal comment je pouvais intervenir sur une décision de justice, mais les conditions de votre disparition et les recherches qu'a menées Finch nous ont permis de découvrir certaines irrégularités."

C'était un doux euphémisme. Le directeur du FBI faisait partie du même cercle qu'Alvaredo et avait en conséquence pris la décision sans même consulter le procureur, apposant son véto à la libération.

"Fort heureusement, je connais quelques personnes et j'ai pu obtenir une demande de révision du dossier."

"Alors même que le dossier était signé par le directeur du FBI ?" demanda Neal surpris.

"Il suffit de monter plus haut dans la hiérarchie," se contenta de préciser Zoé.

Neal sentit son respect pour Zoé s'accroître encore. Il commençait à penser qu'elle connaissait probablement personnellement le président des Etats-Unis.

"Quand la demande arrive de la Cour Suprême avec l'appui d'un membre du Congrès, le directeur du FBI ne peut guère qu'obéir."

Zoé marqua un temps d'arrêt pour laisser à Neal le temps de digérer l'information. Les dossiers qu'elle avait étudiés lui avaient permis d'en savoir plus sur l'informateur du FBI. Un homme comme lui pourrait sans doute lui être utile un jour. Il fallait qu'il prenne conscience de l'importance de son travail de façon à ce qu'elle puisse à son tour un jour lui demander de lui rendre service. Elle ne faisait pas son métier par philanthropie.

"L'autre avantage est que le dossier a donc été géré en priorité. Vous n'avez pas rendu la tâche facile, M. Caffrey. Vous enfuir au Cap Vert a été l'entorse de trop difficile à balayer d'une simple remontrance. Fort heureusement vos talents sont reconnus. Un compromis a finalement a été trouvé, après moult discussions, croyez-moi !"

Neal ne put s'empêcher une grimace. Il se méfiait des compromis… Généralement, un ex-criminel, même repenti, n'était jamais du bon côté.

"Le FBI tient à pouvoir bénéficier de vos services. Ils souhaitent que vous puissiez transmettre vos connaissances à des équipes spécialisées afin que vos succès puissent être reproduits."

"On ne peut pas transmettre un don," s'exclama John.

Le compliment implicite alla droit au cœur de Neal.

"Vous semblez avoir un véritable fan club, Neal," commenta Zoé, avec un petit rire en regardant John.

Reese haussa une épaule. "On ne peut pas nier les faits," se contenta-t-il d'expliquer.

"Quoi qu'il en soit, le FBI semble espérer que vous serez en mesure de former leurs agents pendant un contrat de trois ans."

"Encore trois ans ! Non ! J'ai servi ma peine," s'écria Neal en se levant d'un bond.

S'il était resté en prison dès le début, à l'heure actuelle il serait libre ; il n'avait aucunement l'intention de continuer à porter un bracelet. Il avait fait ses preuves ; même son "escapade" au Cap Vert avait été causée par l'agence, plus particulièrement l'agent Kramer qui voulait déjà faire de lui un prisonnier à vie.

Malgré lui ses pas l'avaient conduit vers la porte. Il fut surpris quand il se retrouva face à John.

"Neal, calme-toi. Tu ne vas pas t'enfuir comme ça…" lui dit l'agent d'une voix calme, lui posant une main amicale sur le bras.

Neal serra les dents. Il savait qu'il n'avait aucune chance face à l'ex-agent, mais l'envie de le bousculer pour passer la porte n'en était pas moins réelle. Il se contenta de le foudroyer du regard, mais Reese ne se départit pas de son air tranquille.

Zoé jeta un œil à Finch, surprise par la violence de la réaction de l'informateur. Elle avait visiblement touché une corde sensible.

"M. Caffrey, si vous me laissiez terminer…" suggéra-t-elle.

Neal poussa un soupir, s'obligeant à se calmer.

"Excusez-moi Melle Morgan. Cette conversation m'en rappelle une autre il n'y a pas très longtemps… j'ai bien peur que ma réaction ne soit démesurée."

Zoé accepta les excuses d'un signe de tête.

"Le contrat de trois ans est un contrat de travail en tant qu'employé de l'agence, non en tant qu'informateur ou prisonnier sous tutelle. Votre remise de peine a été approuvée. Ce contrat est le compromis dont je vous parlais. De fait, il permet surtout au directeur du FBI de sauver la face…"

Neal ne put rien faire contre la rougeur qui lui monta aux joues. Il avait effectivement réagi un peu trop vivement. Que lui reprochait Peter si souvent ? Aucun contrôle de ses impulsions ? Il se mordit la lèvre penaud, puis descendit les marches pour aller s'asseoir sur le canapé, évitant soigneusement de croiser le regard de qui que ce soit.

Zoé et John échangèrent un regard amusé. Sentant que Neal n'était pas prêt à reprendre la parole, elle poursuivit.

"Les documents sont en train d'être finalisés pour être validés puis transmis à l'agent Peter Burke, votre responsable. Votre libération sera effective à réception et notification de ceux-ci au sein du bureau de New York. Je ne vous cache pas, qu'il y aura de nombreux documents à signer."

"Merci…" Neal releva enfin la tête. "Je ne sais pas comment vous remercier d'ailleurs. Si je peux faire quoi que ce soit un jour."

"Oh, mes services ne sont pas gratuits M. Caffrey. Je saurai faire appel à vous le jour où cela sera nécessaire," répondit-elle avec un sourire.

Un éclair d'inquiétude passa dans les yeux de Neal. Quel était donc le service qu'elle avait rendu à un Juge de la Cour Suprême pour obtenir la révision de son dossier ? Qu'allait-elle lui demander le jour où ses "talents particuliers" viendraient à servir un dossier de Zoé Morgan ?

Il avala sa salive. Il ne doutait pas qu'elle n'hésitait pas à sortir du cadre légal quand cela était nécessaire ; son association avec Reese et Finch le prouvait. Mais, il aviserait le moment venu.

Pour l'instant il allait juste savourer la nouvelle.

Libre…

Il eut vaguement conscience que Zoé continuait à s'entretenir avec John et Finch mais il était incapable de se concentrer sur la conversation.

Plus de bracelet… plus de rayon limité… un vrai travail avec un salaire…

La nouvelle était presque trop belle… Il fronça les sourcils. Et si…

Il avait déjà été persuadé plus tôt que sa libération n'était qu'une formalité. Il ne s'autoriserait pas à s'enflammer. Tant qu'il n'aurait pas le jugement entre les mains, il resterait sur ses gardes.

Ayant terminé de fournir ses informations, Zoé se leva pour partir. Par égard pour Neal, elle se contenta de poser un léger baiser sur la joue de John.

"Au revoir, John. A bientôt".

Elle s'éloigna sans pouvoir néanmoins s'empêcher de caresser les fesses de l'ex-agent en partant. Celui-ci se raidit malgré lui. La familiarité dont était capable de faire preuve Zoé en public ne manquait jamais de le surprendre.

Neal écarquilla les yeux.

"Attends, je rêve, ou elle vient de te…"

John lui répondit d'une grimace. "Zoé semble avoir une attraction toute particulière pour cette partie de mon anatomie."

"Oh…" fit Neal avec un petit rire. Puis il ouvrit encore davantage les yeux, "ohhhh…. Toi et Zoé Morgan… Ouah…."

John pencha la tête ne comprenant pas cette réflexion.

Neal s'excusa d'un geste de la main. "Non, je suis ravi pour vous. Juste surpris. Je connais des hommes qui tueraient pour être à ta place…"

Zoé Morgan était une légende dans son milieu. Sa vie personnelle faisait l'objet de toutes les supputations sans que personne n'ait jamais été capable d'avoir la moindre bribe d'information. Elle conservait ce secret aussi farouchement que celui de ses clients. Finalement sa relation avec John avait tout son sens, les deux vivaient dans l'ombre.

"Ca fait longtemps ?" ne put-il s'empêcher de demander.

John allait poliment lui reprocher sa curiosité lorsqu'il s'aperçut que c'était suite à l'affaire de Neal que sa relation avec Zoé avait évolué. Au lieu de lui reprocher sa curiosité, il lui adressa un sourire.

"En fait, c'est un peu grâce à toi. Après tout le travail qu'elle avait fait sur le dossier de Burke, je me devais de passer la remercier..."

"C'est donc elle qui a rassemblé toutes les informations qui ont démoli Calloway ?" s'exclama Neal. "Je savais que Finch avait fait parvenir les données à Diana, mais je ne savais pas que vous aviez impliqué quelqu'un d'autre dans cette affaire."

Il resta silencieux un instant. "Ca explique bien des choses…"

"Félicitations," dit John avec un léger sourire.

"Pour ?"

"Ta libération."

Neal fit une grimace.

"John, je ne doute pas des talents de Melle Morgan, mais je n'y croirai que lorsque j'aurai le document officiel entre les mains."

Il avait bien trop souffert quand Peter lui avait annoncé la décision la première fois. Il ne se permettrait pas la moindre once d'espoir tant que le FBI ne lui aurait pas signifié officiellement sa remise de peine définitive.

"Je peux continuer à vivre chez Finch, je suppose ?"

"Bien sûr, aussi longtemps que tu le voudras."

Neal le remercia de la tête.

"Je voudrais voir Peter."

"Tu es sûr ? Ca ne me paraît pas très prudent. Je te rappelle que tu es recherché."

"Je voudrais lui expliquer ce qui est arrivé. Si j'en crois Mozzie, il est fou d'inquiétude. Je voudrais au moins le rassurer sur ce point. Je lui expliquerai qu'il est hors de question que je me présente au FBI tant que ma libération n'aura pas été confirmée."

"Neal, c'est un agent du FBI. Malgré toute l'affection qu'il te porte, son devoir lui commandera de te passer les menottes sur le champ !"

"Probablement. Je vais donc avoir besoin d'aide…" précisa Neal en le regardant fixement.

"Pour te permettre de disparaître si les choses se gâtent."

Neal opina de la tête. John réfléchit un instant.

"Un lieu public offrant plusieurs chemins de sortie, des obstacles pour ralentir les poursuites, des gardes du corps assurant ta protection…"

"Tu penses à un endroit en particulier ?"

"Central Park, dans la partie nord-ouest. Il y a un petit étang, si le besoin se fait sentir, Mozzie devra être prêt à pousser Burke dans l'eau pour gagner du temps."

"Il vaut mieux ne pas lui suggérer l'idée. Il est capable de la mettre à exécution sans que cela ne soit nécessaire !" s'esclaffa Neal. "Je demande à Mozzie d'organiser le rendez-vous."

A suivre


Et voilà ... quelques éléments de réponse. Ca vous a plu ?

A bientôt