Hello !
Voici la suite tant attendue ! Encore merci pour vos reveiws !
Bonne lecture !
Magnus errait comme une ombre dans l'Institut. Il avait rendu ses conclusions sur l'affaire et devant le Directeur de l'Institut et son père, il avait officiellement annoncé qu'il renonçait à poursuivre cette enquête. Lorenzo Rey avait dû masquer son exultation, tandis que son père couvait à peine sa colère et sa profonde déception. Magnus avait repoussé les questions de Ragnor et la présence de Catarina. Il voulait être seul, seul à jamais.
Il se levait, mangeait, faisait les basses besognes et se couchait, cela sans fin… il était prit dans un cercle de détresse. Les jours s'enchaînaient sans se dissembler. Le pire, ce n'était pas le tempête qu'il avait dû subir de la part de son père, ni les brimades quotidiennes de Rey, non, c'était l'absence dévorante d'Alec. Il avait laissé s'enfuir un meurtrier ! Il avait aidé à l'homme de sa vie à disparaître… La nourriture dans sa bouche avait un goût de cendre et sa soif était devenu inextinguible. Lorsqu'il fermait les yeux il voyait le regard triste d'Alec, il sentait ses mains sur lui, il sentait son souffle dans on cou et sa bouche sur la sienne… Ses journées étaient des puits de douleurs et ses nuits des cauchemars infernaux.
Magnus marchait dans New York, il avait besoin d'oublier, de penser à autre chose à ces derniers instants passé avec Alec. Alors il chercha un lieu de perdition, un endroit bien sombre et glauque, où il pourrait se noyer dans l'alcool ou autre excès. Cependant, alors qu'il allait pénétrer dans un repaire de Vampires, Jace surgit devant lui et barra sa route de son corps imposant.
Magnus reconnu le vampire immédiatement.
— Il faut qu'on parle, dit Jace d'une voix sans appel.
— Non, répondit Magnus qui n'avait pas envie de perdre du temps, ni d'évoquer le nom de celui qui le torturait.
— Oh que si ! s'exclama Jace qui saisit Magnus par le col de sa veste et le traîna à l'écart de l'entrée du repaire de vampires.
— Lâche-moi ! riposta Magnus en essayant d'échapper à la poigne de fer de Jace.
— Tu vas m'écouter demi portion ! débuta Jace en poussant le Chasseur d'Ombres contre le mur d'un immeuble attenant. Qu'est-ce qui s'est passé entre toi et Alec ?
Magnus ferma les yeux à l'évocation du prénom de son ancien amant.
— Ça ne te regarde pas, dit Magnus en déglutissant doucement.
Jace observa le changement d'attitude de Magnus, puis fronça les sourcils. Il tenait toujours Magnus par le col et le secoua pour l'obliger à le regarder.
— Dis-moi ! s'exclama-t-il avec force mais sans menace.
— Tu n'as qu'à aller le lui demander ! s'écria Magnus à bout.
— Je le ferais s'il n'était pas devenu une statue !
Magnus leva son regard en amande sur Jace. Il vit alors ce frère, qui était sincèrement inquiet.
— Je ne sais pas ce qui s'est passé entre vous et si tu refuses de me le dire cela n'arrangera en rien l'état d'Alec !
— Comment ça ? demanda Magnus qui sentit bien malgré lui toute sa volonté son cœur s'éveiller.
— Il ne parle plus, ne mange plus, respire tout juste.
Jace vit qu'il avait frappé juste, car aussitôt Magnus sembla fou d'inquiétude. Les deux ex amoureux s'étaient séparés, non pas sur un commun accord, mais sur autre chose !
— Mon frère est en train de se laisser mourir et ça, j'en suis sûr, c'est à cause de votre histoire, alors tu vas gentiment tout me dire, que je puisse arranger les choses ! grogna Jace qui n'avait pas envie de perdre plus de temps que nécessaire.
La nouvelle laissa Magnus sans souffle. Il essaya de parler, mais les mots l'étranglèrent. Jace le secoua à nouveau et Magnus le repoussa cette fois-ci.
— Comment ça : il se laisse mourir ?!
— Je ne sais pas combien de temps il tiendra encore, avoua Jace qui était rongé par l'inquiétude. Alors, dis-moi ce que tu lui as fait !
— Rien ! je n'ai rien fait ! riposta Magnus en se mettant à crier aussi fort qu'il le pouvait. C'est lui tout seul qui a fait ça ! Lui et lui seul ! C'est lui qui nous a mis dans cette situation ! c'est lui qui… C'est lui qui m'a obligé à… Je ne pouvais pas… il le sait ! Il le savait, qu'il ne pouvait pas m'avoir s'il faisait ça ! mais… Est-ce qu'il va mourir ?
— Oui, dit Jace qui n'avait rien comprit au charabia de Magnus. Oui il va mourir et toi, tu auras son sang sur tes mains.
Magnus de rage frappa dans le mur en béton et s'écorcha les phalanges, remerciant la douleur fulgurante qui irradia dans tout son bras.
— Ça y est tu es calmé ? fit Jace sans le moindre état d'âme.
— Fou-moi la paix ! cria Magnus en s'éloignant de lui.
— Dis-moi ce que tu as fait ! s'écria Jace mais déjà Magnus activait sa rune d'invisibilité et disparaissait dans la nuit.
Magnus couru jusqu'à ce que ses jambes ne puissent plus le porter. Il tremblait des pieds à la tête et ses os semblaient grincer sous sa peau. Alec, allait mourir ?! Non ! Magnus tenait le coup en sachant qu'Alec continuait de vivre, qu'il serait éternel et que de toute façon leur histoire n'aurait pas tenu plus de quelques années pour le Sorcier… Apprendre que ces jours étaient comptés, c'était comme si on lui annonçait que le soleil allait s'éteindre dans une semaine ! C'était aberrant ! C'était contre nature, c'était l'apocalypse…
Tandis que ses larmes le reprenaient, soudain il perdit connaissance et sentit son corps s'effondrer sur l'asphalte humide de la nuit.
Il s'éveilla bien des heures plus tard dans une chambre ensoleillée, très richement décorées et avec une vue imprenable sur l'Hudson. Magnus sut immédiatement qu'il était dans l'une des imposantes tour de verre qui surplombait New York avec leur plus de cent étages ! Il était enchaîné à un fauteuil à accoudoir en métal. Il ne pouvait bouger le moindre centimètre de sa peau et sa tête lui faisait un mal de chien. Il voyait que sur son pantalon du sang avait goutté de son crâne, là où on l'avait assommé par surprise pour l'enlever ! Magnus, cligna des yeux et essaya de chasser la nausée qui lui clouait la bouche, jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il portait un bâillon si serré qu'il lui déchirait presque les commissures des lèvres. Magnus en testant la solidité des chaînes, fit du bruit, ce qui attira immédiatement son ravisseur. Magnus s'attendait à voir Jace surgir, quoi que, il faisait grand jour…
Les bruit de pas se rapprochèrent soudain, devant Magnus se tint… Maryse !
En plein jour, elle semblait encore plus imposante, flamboyante et dangereuse. Magnus la regarda les yeux écarquillés de surprise ! Comment cette femme, avait-elle put percer sa rune d'invisibilité et l'assommer ?! Que lui voulait-elle et qui était-elle vraiment ?!
— Magnus, Bane, articula Maryse comme si elle crachait un déchet répugnant de sa bouche magnifiquement maquillée.
Magnus demeura calme. Tout à fait calme. Il regardait cette femme qui l'avait attaché et piégé, avec une forme de sérénité effrayante.
Lilith-Maryse, plissa ses paupières et détailla un peu mieux l'être éphémère qui se tenait devant lui : il était ridiculement jeune, fragile et si petit ! A ces yeux, il n'avait rien d'attirant, il ne dégageait rien, si ce n'est de la chaleur et une odeur d'homme. Elle ne trouvait pas la forme de son visage séduisante, pas plus que celle de ses yeux en amandes, la couleur de sa peau ne lui semblait pas dorée, mais ocre, ses runes : des taches sur sa peau, ses cheveux : mal coiffés et ces vêtements sans saveur. Oui, voilà ce que lui inspirait ce Chasseur d'Ombre : un plat sans saveur, aussi elle se demandait ce qui pouvait autant plaire à Alec chez lui ? Que voyait son fils en regardant ce Magnus Bane ? Elle avait beau le regarder, le respirer, tourner autour et lui saisir le menton entre ses doigts pour planter ses yeux dans les siens, rien, elle n'éprouvait rien ! Tout au plus du dégoût. Néanmoins savoir que son fils se laissait dépérir par la faute de ce mortel la rendait ivre de rage. Lorsqu'elle avait suivi Jace, sachant que son idiot d'enfant la mènerait droit vers le point faible d'Alec, elle ne s'était pas attendue à ce que Bane fusse le problème. Depuis quelques temps elle observait ce Chasseur d'Ombres, était même allée jusqu'à entrer en contact avec lui, pour mieux le cerner, usant de son charme diabolique pour le détourner d'Alec, mais rien n'y avait fait ! Magnus avait résisté à ses charmes, à sa magie et le voilà : assit, soumis et calme !
Ce Chasseur d'Ombres avait le culot de la regarder platement alors que son aîné mourrait et ceux seulement à quelques pièces de là !
Soudain elle se laissa envahir par sa colère et gifla de toutes ses forces la pommette droite de Magnus. Elle frappa si fort qu'il tomba à la renverse avec le fauteuil, dans un bruit de mât.
Magnus était sonné par la violence du coup et immédiatement ses soupçons furent confirmés : cette Maryse n'était pas une simple humaine !
D'un geste impatient et impérieux elle arracha le bâillon de la bouche de Magnus et le saisit par les cheveux pour l'obliger à lever le visage vers elle. Magnus grimaça de douleur, s'obligeant à ne pas la satisfaire du moindre cri.
— Comment un petit insecte comme toi à pu à ce point corrompre ma progéniture ?! Qu'est-ce qui te rend si spéciale ?! Réponds-moi ! exigea-t-elle en le fixant d'un regard qui n'était plus bleu mais noir pourpre, dévorant.
Magnus frémit jusqu'au fondement de ses os, cette chose qui le tenait contre elle n'était assurément pas humaine ! Ses yeux n'était plus qu'un gouffre de ténèbres et même le blanc de l'œil était dévoré par cette noirceur !
— Réponds ! somma-t-elle en plantant un peu plus ses griffes dans le crâne de Magnus qui grinça de douleur.
— Je ne vois pas de quoi vous…
— Ne me mens pas ! dit-elle en frappant à nouveau au visage.
Magnus encaissa en gémissant doucement, il avait entendu sa pommette se fracturer, ce qui n'était pas bon signe.
— Qui êtes-vous ? questionna-t-il une fois que le tournis fut parti.
— Qui je suis ? reprit-elle avec surprise et dédain comme si cela était évident.
Elle empoigna le fauteuil et redressa Magnus, le calant de force face à lui.
— Regarde-moi bien petit chose, et dis-moi qui je suis.
Magnus observa cette femme, au début il l'avait trouvé belle, oui très belle, même, mais maintenant elle ne lui inspirait plus que le la peur et de… ses yeux bleus… les mêmes que ceux…
— Alexander, souffla Magnus qui comprenait soudainement le lien qu'il y avait entre cette femme et son petit ami, non son ex petit ami. Vous êtes la mère d'Alexander !
La femme sourit d'un sourire triste, voilé, amère.
— C'est exact, je suis sa mère, et toi, saleté de mouche, tu as brisé si fort mon enfant qu'il devient une ruine, d'ici peu son corps partira en poussière et il n'y a rien que je puisse faire pour stopper sa volonté ou le processus ! Rien ! Sauf, si tu me dis ce que tu lui as fait !
Magnus tremblait, mais pas de peur face à la colère, non à la détresse de cette mère, mais parce qu'elle disait sur l'état d'Alec le rendait malade. Il avait tout juste cru Jace, mais entendre cette mère crier sa peur de perdre son enfant. Alec devait vraiment être très mal.
— Je veux le voir !
— Jamais, pour que tu achèves ce que tu as commencé ?! Quel était ton but, Chasseur d'Ombres ? Tu comptais me débusquer en t'en prenant à mon aîné ? Tu voulais m'affaiblir en portant le deuil de mon fils ?!
— Quoi ? fit Magnus qui ne voyait pas le rapport.
— Tu es plus rusé que je ne l'avais estimé, je dois bien le reconnaître ! Mais sache, que je ne me laisserai pas manipuler par toi ! Ni par personne d'autre !
A nouveau elle frappa fort Magnus dans le ventre, puis dans les cottes et enfin dans les jambes. Les coups étaient féroces, puissants et implacables, Magnus ne pouvait qu'encaisser en criant de douleur. Cela surpassait tout.
— Oui, tu voulais mettre à genou la Reine ?! C'est ce que tu voulais, misérable ! cria-t-elle en devant plus ténébreuse que jamais.
Magnus à moitié dévasté par ses assauts regardait cette femme, si belle devenir un monstre effrayant.
— Mais qui êtes-vous ? demanda-t-il à bout de force.
— Alors, tu l'ignores vraiment ? s'étonna-t-elle avant de révéler non sans plaisir : Je suis Lilith, mère des démons, première femme d'Adam et dévoreuse de nourrissons ! Je suis la vie et la mort confondue ! Je suis en exile, ni à sa place sur Terre, ni au Paradis, ni à Edom et encore moins dans l'Eden ! J'ai plus d'âge que la plus ancienne montagne et je suis aussi immortelle que l'espace et le temps ! Et toi, petite chose insignifiante tu as décidé de blesser mortellement mon premier né ! Mon tout premier fils ! Mon enfant ! Tu l'as perverti avec ton corps difforme et ton prédigéré médiocre et à présent, MON ALEXANDER se meurt d'amour pour toi !
Magnus était sidéré. Cloué sur le siège, non seulement par les chaines mais aussi par l'ampleur de ce qu'il venait d'entendre. Alec était le fils direct de Lilith, la plus puissante démone de tous les temps ! Magnus la regardait, car son allure avait changé, ses cheveux flottaient autour d'elle alors qu'il n'y a avait pas le moindre souffle d'air dans la pièce et ses yeux toujours aussi noirs brillaient d'étincelles rouges à présent, ses pieds flottaient à plusieurs centimètre du sol et sa peau s'était veinée de lave pourpre.
— Mais je vais renverser la balance ! Je vais te tuer et te sacrifier ! Car le seul remède pour mon fils et qu'il boive le sang de ton cœur ! Une fois qu'il l'aura bu, sa force, pleine et entière lui reviendra, tout comme sa volonté de vivre et cela effacera par la même tous les souvenirs qu'il aura eus de toi !
Magnus écoutait. Tout ce que son cerveau parvenait à lui faire comprendre c'était à quel point sa vie allait s'écourter et qu'en échange, Alec irait mieux. Oui, Alec vivrait, il serait à jamais en vie, cela lui donna un semblant de sourire et un début de sérénité.
Magnus vit les doigts de Lilith se transformer en longues griffes acérées. Puis son bras plongea de façon fulgurante vers sa poitrine. Magnus eut l'impression que le temps ralentissait, c'était toujours ce qui se produisait lorsqu'il avait une forte décharge d'adrénaline, c'était sa condition de Chasseur d'Ombres. Le temps se dilata et ce qui aurait dû se produire en deux secondes dura plus d'une minute. Mais Magnus ne voyait plus Maryse, ou Lilith, peut importait sa véritable identité, car sous les yeux de Magnus se jouait les moments de purs bonheurs qu'il avait eut avec Alec. Sa rencontre avec lui, leurs regards qui c'étaient accrochés l'un à l'autre, cette façon furieuse de s'embrasser, leur première nuit et celles qui avaient suivit et enfin cette dernière soirée passée ensemble. Leur danse au club et le désir qui montait et lorsqu'ils avaient fait l'amour. Oui, Magnus avait eu envie de lui dire : « je t'aime », mais il avait été trop fier pour être le premier à parler. A dire ses émotions, à présent qu'il était sur le point d'en finir avec la vie, il s'en voulu de ne pas avoir eu le courage de dire ces mots. De dire à Alec combien il l'aimait. Il l'aimait plus que tout, plus que la raison et même plus que les crimes qu'ils avait commis.
Les griffes de Lilith percèrent sa peau, son sourire, chargée de dents aiguisées et démentiellement trop nombreuses, s'étirait en un large rictus malfaisant. Magnus ferma les paupières, il voulait emporter comme ultime souvenir le sourire doux et tendre d'Alec. Il respira, gonfla sa poitrine et s'offrit à la démone.
Je suis tellement impatiente de recevoir vos avis sur ce chapitre, que j'ai écris avec, je l'avoue, un malin plaisir ! :-D
A très vite !
