Salut ! En fait, merci Twitter, j'ai appris que nous étions « 19 ans plus tard » aujourd'hui ! Oui, le jour de l'épilogue de HP7, alors j'ai décidé de fêter ça à ma manière en postant le chapitre un peu plus tôt ! Bonne lecture à tous, donc ! Oh et pour ceux qui ont commencé à lire dès le début, vous allez peut-être remarquer que j'ai changé le nom de Mme Lupin. Elle s'appelait Esperance au début, j'ai maintenant opté pour Hope. C'est simplement traduit, mais plus je lisais "Esperance", plus je trouvais ça bizarre. Et puis, c'est des anglais, pas des français. Hope Lupin, donc !

Danaud64 : L'humour noir, j'adore ! Héhéhé ! Sympa tes réflexions sur Althaïs et sa possible implication. Je suis justement en train d'organiser tout ça ! Pour ce qui est de son issue, on peut toujours croiser les doigts ;) Et je suis bien d'accord, on peut se poser sérieusement la question de Regulus. Est-ce qu'il aurait peut-être pu être sauvé ... C'était pas un mauvais, le petit gars. Et plus j'y réfléchi, plus je l'apprécie. Il est mort en essayant de se rattraper, ce qui n'est pas rien ! D'un autre côté, à ce moment de l'histoire, il a 15 ans, il est immature et influençable. Tout son entourage est tourné vers Voldemort et lui répète que Sirius est un traître à son sang, c'est presque automatique qu'il suive. En tout cas, comme toujours maintenant, je suis trèèèès contente que tu aies apprécié ! Et j'espère que tu continueras avec ce chapitre !

ga drctnr pttrhd : Ah, ah, Sirius et Althaïs, c'est l'eau et le feu en vrai ! Sirius, c'est un exigeant et un têtu. Quand il s'est fait un a priori sur quelqu'un, c'est dur de le faire changer d'avis et comme Althaïs fait partie du pack "mangemorts" ... À ses yeux, Regulus fait parti du même pack, d'ailleurs. À part que c'est juste un petit gars paumé finalement, qui se laisse entraîner par les événements. Je partage tes regrets le concernant. C'est un des destins que j'aime le moins dans les livres. Dommage qu'il soit mort, vraiment. Sans même laisser une lettre ou un petit truc pour Sirius, en plus. Son frère, ça a du être le regret de la vie de Regulus ... Oh et merci pour le titre ! Il colle vraiment bien à l'ambiance. Merci aussi pour la review ! Qui fait toujours, toujours très plaisir !

SilverwolfDream : Déjà, un grand merci d'avoir laissé une review ! C'est un bonheur de recevoir des avis ! Alors figure-toi que quand quelqu'un a posé la question à J.K. Rowling, elle a répondu qu'il n'y avait pas besoin d'avoir été préfet pour être préfet-en-chef. Très bizarre, pas vrai ? Et elle n'a ni confirmé, ni infirmé le fait que James ait été préfet-en-chef. Mais tu as raison : capitaine de l'équipe de Quidditch ET préfet-en-chef, ça fait vraiment beaucoup. Le pauvre garçon n'aurait plus une minute pour lui (ou pour Lily, héhéhé !). Oh, et puis dans l'Ordre du Phoenix, quand Harry s'inquiète que son père ait été préfet, Remus lui répond que non, assez clairement. S'il avait été préfet-en-chef, c'était le moment ou jamais d'en informer son fils. Pour Lily, ça colle beaucoup plus, j'suis d'accord ! Et tu vois, je suis contente que t'aies donné ton opinion là-dessus. Ça me conforte dans mes choix ! Merci donc, et à très bientôt, j'espère !


Chapitre 13 : Le Servilus Show

Date : Dimanche 5 décembre 1976 – POV Sirius

« Quand est-ce que la carte sera finie ? », demandait Peter, sans arrêt.

« Quand est-ce que tu vas arrêter de toujours poser les mêmes questions inutiles ? », répliqua Sirius, agacé.

« C'est bientôt terminé », souffla James, d'une voix bien plus douce que celle du jeune Black. « Il manque juste à ajouter le passage du quatrième, à trouver le sort pour la localisation des gens et … Salut Lily Jolie ! »

« Tais-toi, Potter ! », répondit la belle rousse, en achevant de descendre l'escalier qui les menaient, elle et ses amies, jusqu'à la Grande Salle.

Trois des quatre maraudeurs s'étaient installés en bas des marches qui donnaient sur le hall d'entrée. Remus, en ce jour de pleine lune, était si fatigué qu'il était déjà à l'infirmerie depuis la veille. Prétexte invoqué : sa mère était tombée malade et il était allé lui rendre visite. C'était sans doute l'excuse qui revenait le plus souvent. Si Sirius n'avait jamais su la vérité, il aurait sans doute cru Remus sur parole. Il avait rencontré sa mère à King's Cross et elle était loin d'avoir l'air en bonne santé. Elle devait être aussi fatiguée que son fils, en réalité. Peut-être même plus. Et jamais quiconque ne pourrait l'en blâmer. Voir grandir son enfant dans de telles conditions doit être effroyable pour n'importe quelle mère. Cela faisait maintenant presque douze ans que Remus était devenu un loup-garou et que Hope Lupin, moldue de son état, ne pouvait que regarder son fils souffrir tout en étant particulièrement impuissante. Sirius fit le calcul rapidement. Douze ans, cela représentait environ 144 pleines lunes … Dont une bonne partie passée à Poudlard quand même, avec ou sans les maraudeurs. Le jeune Black se secoua un peu, décidé à mettre de côté ces tristes pensées.

Près de lui, James tapotait son genou du bout du doigt, visiblement impatient. Il ne quittait pas Lily des yeux et lorsque celle-ci pénétra dans la Grande Salle, il se leva brusquement.

« Salut Servilus ! », lança-t-il gaiement.

Sirius le chercha des yeux et l'aperçut à l'autre bout du hall. Son sac sur l'épaule, Rogue semblait essoufflé d'avoir monté trop vite les marches des cachots. Il se figea en constatant qu'il allait devoir passer juste devant le groupe des Maraudeurs pour avancer dans les étages. Sans doute pour aller essuyer ses cheveux graisseux sur les livres de la bibliothèque, pensa Sirius. Le Serpentard resta impassible et reprit son chemin, comme si personne ne l'avait interpellé. Il y avait pas mal d'autres élèves dans le hall et Rogue n'avait sans doute pas envie d'attirer l'attention sur lui. Pourtant, tous les étudiants présents avaient déjà entendu la voix forte de James et la plupart s'était arrêtée, attendant la suite avec une impatience visible. Cela encourageait James et Sirius à continuer de le martyriser d'ailleurs. Ils savaient très bien que cela faisait rire et ils adoraient être au centre de l'attention. Rogue monta encore quelques marches, assez pour arriver au niveau des Maraudeurs. Sirius sourit, en se tournant un peu pour appuyer son dos contre la rambarde comme le ferait un spectateur lambda.

« Alors Servilus, on ne dit plus bonjour ? », s'exclama James, hilare, tandis que Rogue accélérait le pas. « Te presse pas trop, tu risques de … »

Le Gryffondor lança un sort rapide et le sac de Rogue se déchira, déversant tout son contenu dans les escaliers.

« Oups ! », fit le jeune Potter, en grimaçant un peu, avant d'éclater de rire.

Sirius, qui souriait largement, se baissa pour attraper une plume qui avait dégringolé jusqu'à son pied. Il tourna la tête, remarqua un Gryffondor qu'il connaissait et lui lança la plume de Rogue.

« Tiens, cadeau ! Et surtout, ne me remercie pas ! », s'écria-t-il, tandis que tout le monde riait avec lui.

Rogue, à côté d'eux, avait perdu sa pâleur habituelle et devenait un peu plus rouge à vue d'œil. Il s'approcha de James à grands pas et Sirius sauta sur ses pieds, la baguette déjà sortie de sa poche, prêt à contrer toute attaque.

« Vous pouvez rire, mais vous rigolerez moins quand toute l'école saura que Lupin, votre monstre de meilleur ami, adore les promenades à la pleine lune », murmura Rogue dans un souffle.

« T'es complètement fou, mon pauvre », répliqua James, dont la mâchoire s'était serrée imperceptiblement.

« Il est absent à chaque pleine lune. Parfois peu, mais les calculs sont assez simples … », commença le Serpentard.

« La ferme. MAINTENANT ! », aboya Sirius, en poussant Rogue qui tomba sur le premier palier de l'escalier.

Ce dernier lui adressa un regard mauvais, mais se releva rapidement. Sirius se secoua intérieurement, il avait très mal réagi, en montrant à Rogue que sa remarque le touchait. Il reprit son masque d'arrogance et haussa les épaules.

« Bon, on va manger les gars ? Il faut profiter que Rogue n'ait pas encore réussi à nous couper l'appétit », lança-t-il en descendant les quelques marches qui le séparaient du hall.

Sirius s'inclina ensuite, faisant presque une référence aux élèves qui avaient assisté au spectacle.

« Merci d'avoir assisté au Servilus Show ! Nous acceptons les gallions, les noises, les mornilles et les paiements en nature ! »

A nouveau, tout le monde éclata de rire, ne faisant même plus attention à Rogue qui ramassait lamentablement ses affaires. Un septième année de Gryffondor donna une claque dans le dos de James, un sourire goguenard aux lèvres. Et deux petites demoiselles de Poufsouffle gloussaient encore quand les maraudeurs entrèrent dans la Grande Salle.

« Ça m'avait manqué, ça », assura Sirius en passant une jambe par dessus le banc de leur table. « Un bon petit spectacle, ça ne fait de mal à personne ! Enfin si, à Rogue. »

« Ouais, autant dire personne, t'as raison », poursuivit James, qui remplissait déjà son assiette.

« Si Remus avait été là, il n'aurait pas aimé », ajouta Peter, d'une petite voix hésitante, comme s'il ne voulait blesser personne.

« Ce qu'il ignore ne lui fera pas de mal », assura Sirius, en haussant les épaules. « Et puis, par Merlin, on parle de cet abruti de Rogue. Non mais vous avez vu ça ? Il était tellement fier de lui quand il a parlé de Lunard. »

« Vous croyez qu'il a compris et qu'il va le dire ? », s'inquiéta Peter, qui ne mangeait jamais beaucoup avant d'aller passer la nuit avec un loup-garou.

« Personne ne le croira, s'il dit quelque chose », assura James. « Pas besoin de s'inquiéter. D'autant qu'il n'a aucune vraie preuve. »

Les trois maraudeurs finirent par se taire, tandis que des élèves de deuxième année vinrent s'asseoir près d'eux. James commença à parler Quidditch avec Sally McCrory, la poursuiveuse, et le sujet « Rogue » fut vite oublié. En apparence, du moins …

Sirius fut étrangement silencieux le reste du repas. Il rageait encore à propos de Rogue. Il l'avait toujours détesté, mais ces derniers temps, il ne l'oubliait que rarement. Il n'avait pas oublié la conversation qu'il avait surpris entre Rogue et Regulus. Il n'avait aimé ni la forme, ni le fond. Ni le ton qu'il avait employé pour se moquer de la peur de Regulus, ni la façon dont il lui avait dit de « transmettre ses amitiés » à son frère, et encore moins l'approche de leur rencontre avec Voldemort. Cela signait la fin de la relation que Sirius avait eu avec Regulus et ça le brûlait de l'intérieur. Il n'arrivait pas à en faire le deuil et Rogue était devenu le responsable de ces malheurs. Oui, il était un bouc-émissaire parfait. D'autant plus qu'il ne s'aidait pas lui-même. Il cherchait sans cesse les maraudeurs, toujours à guetter Remus pour réussir à le piéger. Aux yeux de Sirius, il n'était qu'un fouille-merde. Il n'y avait pas d'autre mot. Lunard était le seul du petit groupe à ne jamais lui avoir fait de crasse, à toujours avoir un mot pour désapprouver ses amis. Il n'y allait pas toujours de bon cœur, certes. Mais Sirius trouvait ça incroyablement ingrat de la part de Rogue de s'attaquer à lui en priorité. Comme n'importe quelle saleté de mage noir, il s'immisçait partout et essayait de débusquer la moindre faiblesse. C'était écœurant.

« Patmol ? », demanda James, les sourcils froncés.

« C'est quoi la question ? », s'exclama celui-ci, en esquissant un sourire.

« Peter voulait savoir si t'avais fait ton devoir de sortilèges. »

« C'est pour quand ? »

« Mardi après-midi. »

« Alors tu devrais savoir que je le ferais mardi midi. Comme d'habitude », conclu-t-il, en secouant la tête, tout sourire.

« Ça me laisse pas le temps de copier », bougonna Peter, en engloutissant une pomme de terre.

« Ça te laissera peut-être le temps de réfléchir par toi-même alors ? », répliqua James, qui rehaussa ses lunettes sur son nez.

« Ouais. Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit, il paraît », lança Sirius, l'air particulièrement convaincu.

« Hein ? J'ai rien compris », annonça le plus petit des Maraudeurs.

« Parfois, tu devrais faire semblant, Peter », assura James, après avoir échangé un regard désespéré avec Sirius.

Le dessert fut englouti en peu de temps et les maraudeurs se dirigèrent vers la tour de Gryffondor, pour se préparer à sortir en cette belle nuit de pleine lune.

« Les gars ! J'ai oublié mon pull dans la Grande Salle », s'exclama Sirius, au milieu du chemin. « Je me dépêche et je vous rejoins. »

Le jeune brun se mit alors à courir, ne voulant pas trop retarder ses amis. Il se fit réprimander par pas moins de cinq personnages de tableaux. Certains d'entre eux détestaient vraiment l'animation. Difficile de comprendre ce qu'ils faisaient dans une école. Mais aucune de leurs remarques n'embarrassa Sirius. La seule chose qui ennuya le jeune homme fut de tomber nez à nez avec Rogue, avant même d'entrer dans la Grande Salle.

« Tu veux une nouvelle représentation, Servilus ? », demanda Sirius, avec arrogance.

« Tu peux faire ton intéressant, Black. Mais entre nous, on sait très bien que j'ai trouvé le secret de ton petit copain et ça, ça t'énerve, pas vrai ? »

Sirius ne répondit pas tout de suite, affichant un air impassible, se contentant de rire un peu.

« Tu sais ce qui t'énerves aussi ? C'est que tu ne peux pas me contredire pour une fois. J'ai vu Lupin traverser le parc avec Mme Pomfresh tout à l'heure. De mes propres yeux. Ton petit copain est une saleté de loup-garou », murmura Rogue, en pesant chacun de ses mots.

« Tais-toi, Servilus », souffla le Gryffondor, en secouant la tête.

« J'ai touché la corde sensible, peut-être ? Tu sais que tu ne vas plus pouvoir protéger ce monstre encore très longtemps. »

Le jeune Black commençait à voir rouge. De quel droit cette erreur de la nature pouvait parler de Remus comme ça ?

« Tu veux vraiment le connaître le secret ? », cracha Sirius, en regardant Rogue comme s'il voulait le défier. « Débrouille-toi pour atteindre le nœud en bas du Saule Cogneur. Tu dois être capable de trouver un bâton suffisamment long. Il y a un souterrain à partir de là. Vas-y, Rogue. Vas-y et tu verras toi-même. »

Rogue recula un peu, affichant un air victorieux. Sirius ne pouvait s'empêcher d'être fier de lui. Ce crétin allait avoir la peur de sa vie et c'était tant mieux. Le Gryffondor ne resta pas là, à attendre. Il repartit en sens inverse, enfonçant nerveusement ses poings dans les poches de son pantalon. Après quelques minutes, il traversa la pièce commune et grimpa jusqu'au dortoir, où James avait déjà sorti la cape d'invisibilité de sous son lit. Celui-ci lui adressa un regard surpris.

« T'étais pas allé chercher ton pull ? »

« Oh quel crétin, j'ai oublié. »

« T'as oublié ? Mais comment t'as réussi à faire ça ? », l'interrogea James, de plus en plus intrigué. « Tu tournes vraiment pas rond ce soir, Patmol. »

« C'est parce que je suis tombé sur Servilus en chemin », répondit-il, en sortant un nouveau pull de son placard. « Lui va pas m'oublier, par contre. »

« Qu'est-ce que tu lui as fait ? », s'exclama Peter, mi admiratif, mi inquiet.

« Il fanfaronnait encore à propos du secret de Lunard. Disons qu'il va comprendre pourquoi il ne vaut mieux pas être trop curieux. Surtout quand on parle d'un loup-garou », assura Sirius, qui affichait un sourire amusé.

James s'était redressé en l'entendant, laissant tomber tout ce qu'il tenait dans les mains. Peter suivait l'échange, la bouche entrouverte.

« Qu'est-ce que t'as fait, Sirius ? », demanda James, sans aucun amusement dans la voix.

« Je lui offre une bonne leçon, c'est tout », répondit Sirius, qui enfila son pull, sans s'inquiéter.

« Qu'est-ce que t'as dit à Rogue, bon sang ?! », s'écria James, alarmé.

« Quoi ?! Pourquoi tu t'énerves ? Je lui ai juste dit comment il pouvait entrer dans la Cabane Hurlante. Ça lui fera les pieds quand il verra qu'il avait raison, mais qu'il aurait mieux fait de rester un peu tranquille. »

« Mais Sirius, par Merlin ! T'es complètement inconscient ! »

James prit ses jambes à son cou et ouvrit la porte du dortoir avec tant de puissance qu'elle se referma toute seule dans un claquement bruyant.

« Je vois pas le problème », soupira Sirius, en haussant les épaules.

Ce soir-là, James Potter découvrit qu'il courrait extrêmement vite. Un peu plus et il pourrait certainement participer à des marathons de moldus. Il n'avait pas vraiment le choix, à vrai dire. Si jamais Rogue passait la porte … S'il voyait Remus et pire encore, si Remus le voyait, s'il le blessait ou le tuait … Jamais il ne s'en remettrait. Mais où Sirius avait-il eu la tête ?! Le binoclard attrapa la même branche que Rogue avait utilisé pour entrer avant lui et le Saule Cogneur s'immobilisa soudainement. Pas question d'attendre plus. James s'immisça dans le tunnel et courut encore, le souffle court, le cœur battant comme rarement. Lorsqu'il aperçut la cape noire du Serpentard, il était déjà arrivé à la porte de la Cabane Hurlante et s'apprêtait à l'ouvrir.

« NON ! ROGUE ! NON ! N'OUVRE PAS ! », hurla James, à s'en déchirer la gorge.

C'était trop tard. Le loup-garou laissa échapper un grognement menaçant et la porte s'entrouvrit. James attrapa un pan de la robe de Rogue et le tira en arrière si fort qu'il tomba par terre. Le Gryffondor se balança littéralement contre la porte pour l'empêcher de s'ouvrir. Rogue, encore à terre, reprenait ses esprits comme il pouvait. Lorsqu'il releva la tête, il vit la porte secouée par les assauts répétés du loup-garou.

« COURS ! PAR MERLIN, COURS, ROGUE ! »

Tandis que le maigrichon obéissait enfin en déguerpissant, James réussit à sortir sa baguette de sa poche.

« COLLAPORTA ! »

Il n'attendit même pas de voir si son sortilège était efficace et se rua derrière Rogue, évitant par chance les pierres qui dépassaient du plafond. Derrière eux, ni les hurlements, ni les coups dans la porte ne cessaient.

Dans une autre partie du château, Peter se recroquevillait devant le professeur McGonagall.

« Où allez-vous, en courant si vite ? Où est Monsieur Black ? »

« Dans notre dortoir », assura Peter en hochant rapidement la tête.

« Et Monsieur Potter ? »

« Il … Essaye d'empêcher … Quelqu'un … De faire quelque chose. »

« Ah », fit McGonagall, les lèvres pincées. « Monsieur Pettigrew, il va donc falloir m'en dire plus. »

« Je ne sais pas si … Je devrais », répondit Peter, en tremblotant.

« Pettigrew, par Merlin ! Dites-moi de quoi il s'agit ! Maintenant ! »

« Je … James est allé voir Rogue pour l'empêcher d'entrer dans la Cabane Hurlante », déclara Peter, de but en blanc.

« Mon Dieu », murmura McGonagall, inquiète à présent mais prête à bondir. « Rentrez dans votre dortoir, Pettigrew ! »

« Mais je … »

« Taisez-vous et rentrez dans votre dortoir ! Tout de suite ! », s'exclama le professeur de métamorphose en se précipitant en sens inverse.

Lorsque Rogue et James atteignirent le hall d'entrée du château, le gryffondor attrapa son rival par la manche.

« Lâche-moi ! », s'écria Rogue, en essayant de se dégager. « Vous avez voulu me tuer, bande de ... »

« Je te jure que si tu dis quelque chose, je te tuerai vraiment ! », le menaça James, entre deux halètements.

« Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'en arriver à de telles extrémités », assura une voix calme mais ferme.

Les deux adolescents s'arrêtèrent de lutter tout à coup et découvrirent la haute silhouette d'Albus Dumbledore, vêtu d'une grande robe de sorcier bleu nuit.

« Monsieur Potter, Monsieur Rogue, allons nous asseoir quelques instants dans mon bureau afin que je puisse comprendre ce qu'il s'est passé ce soir. »

James lâcha le bras de Rogue et sans lui adresser un regard, il emboîta le pas du directeur. Comment allait-il bien pouvoir s'en sortir maintenant ?! Rogue allait sûrement se plaindre, accusant les maraudeurs d'une tentative de meurtre qui n'en était même pas une. James savait très bien que Sirius n'avait pas réfléchi à tout ça. Son meilleur ami était impulsif, inconscient, irresponsable et tout ce que l'on voulait mais ce n'est pas un assassin ! Et à l'heure qu'il était, James n'était même pas sûr qu'il juge ce qu'il avait fait comme étant plus grave qu'une mauvaise blague.

« Bien … Pour commencer, je tiens à vous annoncer que le professeur McGonagall s'est assurée que Monsieur Lupin n'avait pas quitté la Cabane Hurlante. De ce côté-là, il n'y a pas d'inquiétude à avoir, ce qui est déjà une bonne nouvelle », annonça Dumbledore en fixant ses deux élèves derrière son bureau. « A présent, je vous écoute. »

« Ils ont essayé de me tuer, voilà toute l'histoire ! », s'écria Rogue, en faisant presque sursauter James.

« Nous, on a essayé de te tuer ? T'es complètement timbré, ma parole ! », répliqua-t-il, avant de se reprendre. « Excusez-moi, professeur. »

« Monsieur Rogue, expliquez-moi. Je vous écoute », dit Dumbledore, toujours si calme.

« Lupin est un loup-garou ! Je le savais ! J'ai fait les calculs, tout concordait et ce soir, comme pour prouver que j'avais raison, je l'ai vu traversé le parc. Black me l'a presque confirmé, il m'a expliqué comment passer le Saule Cogneur. Alors j'y suis allé et je l'ai vu. J'avais raison. »

« Non mais quel crétin », marmonna James, sans pouvoir s'en empêcher.

« Si vous voulez bien développer vos opinions, Monsieur Potter, je vous en prie. »

Avant de parler, James prit une profonde inspiration, pour se retenir d'insulter Rogue de toutes les pires choses qu'il connaissait.

« Rogue a toujours été à l'affût d'une information concernant Lunard – Enfin, Remus –. Il rôde sans arrêt autour de nous, il écoute aux portes, alors évidemment il a fini par comprendre. Et si Sirius t'a expliqué comment entrer dans la Cabane Hurlante ce soir, c'était plus pour te donner une bonne leçon que pour t'assassiner, espèce de crétin », lâcha James, avant de s'excuser à nouveau auprès du professeur Dumbledore.

« D'ailleurs, comment êtes-vous sorti de là entier, Monsieur Rogue ? Vous avez appris qu'un loup-garou se cachait dans la Cabane Hurlante et vous y avez foncé tête baissée. N'aviez-vous pas conscience de la dangerosité de ce que vous faisiez ? »

James laissa échapper un rire narquois, tandis que Rogue le fusillait du regard. Le Gryffondor se fit rappeler à l'ordre et le second prit la parole.

« Il fallait que j'aille vérifier si c'était vrai », bougonna-t-il, sans plus regarder autre chose que ses pieds. « J'avais à peine ouvert la porte quand Potter est arrivé. Il m'a tiré en arrière, il a refermé la porte et on a couru jusqu'au château. »

Dumbledore poussa un long soupir et se laissa tomber contre le dossier de son fauteuil, regardant les deux élèves comme s'il pouvait lire dans leurs esprits. James fut félicité pour avoir arrêté Rogue au péril de sa propre vie. Dans d'autres circonstances, il aurait adressé à son rival un grand sourire narquois, mais pour cette fois la rancœur régnait encore. Remus aurait pu tuer quelqu'un aujourd'hui et pour ça, James s'en serait personnellement voulu. Tout s'était bien terminé, mais le jeune Gryffondor sentait encore son cœur battre à tout rompre. Et Sirius qui ne comprenait pas ce qu'il avait risqué … Quel irresponsable, celui-là. Et c'était sans parler de Rogue. Il était encore pire que Sirius dans l'histoire. Quelle idée de foncer droit dans la gueule d'un loup-garou … Vraiment, ce n'était pas l'intelligence qui l'étouffait !

« Monsieur Potter, vous pouvez aller vous coucher. Je voudrais partager quelques mots avec Monsieur Rogue, à présent », expliqua Dumbledore, en adressant un regard apaisant à James à travers ses petites lunettes. « Pourriez-vous informer Monsieur Black que je souhaiterais le voir également ? Demain soir, peut-être ? Disons, à dix-huit heures ? »

James acquiesça et prit congé sans attendre son reste. Tandis qu'il remontait toutes les marches du château, il fut accompagné par Peeves sur une grande partie du chemin. L'esprit frappeur n'embêtait que rarement les maraudeurs, partageant leur attrait pour les âneries. Mais ce soir, James se serait bien passé de sa seule présence. Il était encore plus agacé quand il passa la porte du dortoir. Il la referma avec le plus grand calme et se retourna face à ses deux meilleurs amis qui le regardaient, l'air interrogateur.

« Sirius, il faudra que tu ailles voir Dumbledore demain, à dix-huit heures », marmonna James en commençant à se déshabiller.

« Oh non, je vais encore avoir une retenue, vous allez voir », grimaça le jeune homme.

« Tu devrais t'estimer heureux qu'il n'y ait que ça comme conséquence. Rogue aurait pu être tué, par Merlin ! »

« Au moins, on en aurait été débarrassé ! », soupira Sirius, en adressant un sourire amusé à Peter.

« Et t'as pensé à Remus ? », s'écria James, rageur. « Comment il s'en serait remis s'il avait tué quelqu'un ?! »

« Oh, ça ne l'aurait pas beaucoup dérangé, il n'aime pas Rogue non plus ! »

« T'es un crétin, Sirius Black ! »

« Oh bah si on peut même plus rigoler ! », grogna Sirius, vexé. « Et qu'est-ce que tu fais ? On est censé rejoindre Lunard. »

En guise de réponse, James lui adressa un regard agacé et se coucha sans plus de cérémonie. Ils en avaient assez fait pour ce soir. Et c'était exactement ce que James pensait sur le moment : que Sirius était un parfait crétin. Patmol ne prenait pas la chose au sérieux mais au fond, James savait très bien qu'il n'avait pas mesuré les risques, qu'il avait agi sans réfléchir. C'était du Sirius tout craché et c'était aussi pour ça qu'il adorait le jeune Black d'ailleurs. Même si ça, le jeune Potter ne l'aurait jamais avoué ce soir-là.

« James ? », fit la petite voix de Peter. « Il ne va rien dire, Rogue ? Sur Remus, je veux dire ? »

« Non. Dumbledore le lui interdira. Il n'y a pas de risque de ce côté-là, Rogue n'a aucune envie d'être renvoyé. »

« Bon voilà, Rogue va la fermer et n'a même pas réussi à se faire une seule égratignure. Tout est bien qui finit bien », bougonna Sirius, quelques minutes plus tard.

James ne put se retenir et lui balança un de ses oreillers à travers la pièce. Un peu plus, et cet abruti aurait pu le faire rire. Le jeune Potter se redressa d'ailleurs, s'asseyant dans son lit pour pouvoir regarder son ami. Celui-ci était toujours debout, occupé à parcourir le dortoir de long en large.

À vrai dire, Sirius avait du mal à s'accorder sur un avis. D'un côté, on parlait de cette sale gargouille de Rogue, le fouineur. Celui qui était si détestable qu'il harcelait le seul des maraudeurs qui ne lui avait jamais causé le moindre tort, celui qui représentait tout ce que Sirius détestait chez les serpentards, celui qui s'était moqué de la peur de Regulus quelques temps plus tôt ... Aux yeux de l'aîné des Black, sa disparition ne serait pas vraiment une grande perte. D'ailleurs, c'était peut-être même le moment d'en finir avec lui. Dans quelques années, en tant que mangemort, il serait peut-être lui-même responsable de plusieurs morts ? Sirius renifla avec mépris, en se disant que ça ne l'étonnerait même pas. D'un autre côté, le jeune homme avait conscience de ne pas être innocent dans la rivalité qu'ils entretenaient. Servilus était plus souvent victime que bourreau et il était plutôt compréhensible qu'il cherche à atteindre les maraudeurs d'une façon ou d'une autre. De là à mériter la mort, il y avait un monde et Sirius en était bien conscient.

En filigrane de toutes ses réflexions pointait sa fierté, celle qui l'empêchait d'avouer qu'il avait eu tort de répondre à Rogue. Et plus on lui reprochait des choses, plus Sirius avait tendance à se braquer en défendant son point de vue ou en dédramatisant la situation. Il croisa finalement le regard de James.

« Je sais bien que t'as pas réfléchi, Patmol », commença le jeune Potter, avec une voix un peu moins dure. « J'imagine que Servilus l'avait bien cherché, en plus. Mais ça aurait pu le tuer. Et Lunard … Il va pas aimer quand il va savoir ce qui s'est passé. »

Sans un mot, Sirius hocha la tête, déjà soulagé de voir que James ne lui en voulait pas vraiment. Pour autant, le jeune homme continua de faire les cent pas. Avec Remus, ça allait sans doute être une autre paire de manche.

« Par contre, si tu continues à piétiner comme ça, c'est moi qui risque de te tuer, Patmol », grogna James, qui s'était rallongé et soupirait bruyamment.

Le jeune homme se laissa donc tomber près d'une des fenêtres de la salle commune et se mit à ruminer autant qu'il le pouvait. Peter mit un bon moment avant de se mettre à ronfler et Sirius commença alors seulement à se détendre. Dans le noir et perdu dans ses pensées, le jeune homme ne bougea pas lorsque James vint s'asseoir près de lui.

« Tu sais … J'ai entendu Rogue parler à Regulus, l'autre jour. Ils doivent rencontrer Voldemort pendant les vacances de Noël », murmura Sirius, les yeux fixés sur le parc.

« Je pense pas qu'il compte leur tatouer la marque des ténèbres tout de suite, ils sont trop jeunes », répondit James, précipitamment.

« Sans doute pas, mais il doit vouloir évaluer sa future petite armée », souffla le jeune Black, en hochant la tête. « Regulus avait peur, c'était évident. Il est influençable, c'est toujours un gamin et il est … Il est pas capable de faire face à Voldemort. Quand il va comprendre ce qu'on attend de lui, il va paniquer et il va finir par se faire tuer. Et Rogue … Ce sale petit … Il a trouvé le moyen de lui rire au nez. »

« Peut-être que si tu lui parles ... », commença James, doucement.

« C'est aussi ce que m'a dit la petite serdaigle », chuchota Sirius, en laissant échapper un rire dépourvu de la moindre joie.

« Jugson ? Elle a pas forcément tort. »

« Je pense que c'est trop tard. Walburga et Orion seront trop honorés que leur fils participe à purifier le sang des sorciers. En plus, il est à Serpentard, entouré par des tarés comme Lestrange, Doholov ou les Avery … »

« Je sais que ça s'annonce compliqué. Mais impossible n'est pas maraudeur et c'est pas ton genre de baisser ta baguette à la première difficulté », répliqua James, avec fermeté.

Sirius tourna doucement la tête vers lui et croisa le regard noisette de son meilleur ami. Il n'était pas seul. Il n'était certainement pas le plus à plaindre ce soir-là, mais il n'était pas seul. Et bientôt, tout irait mieux.