Bonjour tout le monde ! Encore une fois, je dois m'excuser du long délai entre les chapitres… mais cette fois, ce n'est pas parce que je suis occupée à écrire autre chose. Au contraire : je n'écris plus rien depuis des semaines. Sans vous raconter ma vie, disons que c'est pas la joie en ce moment, autant physiquement (rien de grave ne vous inquiétez pas) qu'au niveau du moral et j'ai le syndrôme de la page blanche depuis trop longtemps. Ce chapitre est écrit depuis un bon moment, mais je n'avais même pas la force de le relire et de changer un passage que je voulais absolument modifier. Et puis, aujourd'hui, je me suis bottée les fesses pour m'y mettre ! Je me suis obligée à rester devant mon ordi tant que ça ne serait pas fait et à écrire… écrire même si c'était nul. Et ça fini par marcher ! Yeah ! Tant mieux pour moi, parce que moins je suis capable d'écrire et plus je déprime ! Mais terminer ce chapitre m'a redonné la motivation alors on se croise les doigts pour que ça reste comme ça.

Bon après ce blabla sur ma vie personnelle, place à la vie de Percy qui est beaucoup plus intéressante en passant. C'est le chapitre 13, mais il ne devrait pas vous porter malheur… au contraire ! Dès le début, il y aura une réconciliation que vous attendez tous je crois…

Bonne lecture !

CHAPITRE 13

Lorsque je me réveillai plus tard cette nuit-là, je ne me demandai pas où j'étais ni rien de ce genre. Je n'avais pas encore ouvert les yeux, mais je reconnaissais l'odeur de Boucle d'or et la sensation de son corps contre le mien. Ce ne pouvait être personne d'autre qu'elle… et il fallait que je fiche le camp de là. Même si je n'en avais pas envie, je ne voulais pas non plus voir la tête d'Annabeth si elle réalisait que j'avais dormi avec elle. Ni la tête de Chiron d'ailleurs. Alors doucement, avec toutes les précautions possibles, j'essayai de me glisser hors du lit. C'était plutôt difficile vu qu'elle avait la tête posée sur ma poitrine et que sa jambe était emmêlée aux miennes.

Je n'avais pas encore réussi à me sortir du pétrin lorsqu'elle se réveilla en sursaut. Elle s'assit bien droite dans le lit et posa son regard orageux sur moi.

-Où vas-tu ?

-Heu…. Je me suis dit que… je devrais retourner dans ma chambre. Au cas où Chiron passerait par-là.

-Oh !

Annabeth rougit, comme si elle réalisait enfin ce qui s'était passé, et elle détourna la tête, fixant son attention sur le mur.

-Oui. Bien sûr. Ça vaut mieux.

J'étais un peu surpris par son ton, elle semblait déçue que je doive partir. Et elle n'était ni furieuse ni surprise que je me trouve dans son lit.

-Bon… heu… ça va mieux ?

-Oh oui ! Aucun problème : je vais parfaitement bien. Mon moment de faiblesse est passé et… j'aimerais qu'on en reparle pas. Genre… jamais.

-Dak. Je comprends.

Je me levai du lit et me dirigeai vers la porte, mais je m'arrêtai avant de sortir.

-Au fait, Grover aimerait nous voir dans la journée. Il a appris quelque chose à propos de…

-Tais-toi ! m'interrompit Annabeth d'un ton brusque. Les murs ont des oreilles ici.

Elle jeta un œil autour de nous, comme s'il pouvait y avoir quelqu'un d'autre dans la pièce, et elle vint me rejoindre.

-Ne parle d'aucun sujet délicat ici, me chuchota-t-elle à l'oreille et son souffle me fit frissonner. Chiron a l'ouïe très fine et monsieur D. traîne souvent dans le coin.

-Nous sommes surveillés en permanence de toute façon, non ?

-Les Dieux ont autre chose à faire que de surveiller leurs enfants demi-dieux, surtout en ce moment. Il y a certaines choses qui attirent d'avantage leur attention que d'autres, mais… je crois que ton… ton père compte sur monsieur D. et Chiron pour te surveiller.

-Et monsieur D. et Chiron comptent sur toi pour le faire.

Annabeth me regarda comme si c'était la première fois de ma vie que je disais quelque chose d'intelligent.

-Oui.

Alors la seule chose qu'il me restait à découvrir, c'était si elle était de leur côté. Ou du mien.

-Hum… donc… est-ce que tu vas venir avec moi ?

Elle hésita un long moment, jouant avec ses cheveux, avant de me répondre :

-Je ne devrais sûrement pas, mais c'est d'accord. J'ai autant envie que vous de ramener tu sais qui et il ne fait plus partie des priorités de Chiron maintenant. Ce n'est qu'un prisonnier de guerre parmi tant d'autre.

Prisonnier de guerre. Je ne pus m'empêcher de grimacer à ce mot. D'après le dessin de Rachel, c'est ce que j'allais devenir moi aussi, sauf que j'ignorais totalement qui était mon ennemi. Ou plutôt, je savais très bien que j'avais de nombreux ennemis. Et ça aurait pu être n'importe quel d'entre eux : même mon propre père. Surtout lui en fait.

Mais je ne voulais pas penser à ça. J'avais suffisamment de problème sans me prendre la tête pour un événement qui arriverait peut-être seulement dans six mois ou dans deux ans.

-Parfait. Alors à tout à l'heure ?

-Percy ! Attends !

Elle m'attrapa par le bras et enfonça ses ongles dans ma peau.

-Ouch ! Boucle d'or, attention !

Elle me relâcha avec un petit sourire désolé, puis elle baissa les yeux au sol, tortillant une mèche de ses cheveux d'or. J'attendis un peu pour lui laisser le temps de parler, mais elle resta obstinément silencieuse.

-Heu… tu voulais me dire quelque chose ?

-Oui, répondit-elle dans un souffle.

J'attendis encore, mais toujours rien. Je me sentais étrangement angoissé.

-Annabeth ?

-Attends ! Laisse-moi le temps de… ce n'est pas facile à dire !

-Ok.

Je reculai pour m'appuyer contre la porte, les bras croisés sur ma poitrine, le pied tapant sur le sol. Annabeth prit une grande inspiration, comme pour se donner du courage, et je pensai que ce qu'elle allait dire n'allait sûrement pas me plaire.

-J'en ai assez de cette tension entre nous, lâcha-t-elle finalement.

-Oh ! Heu… ok.

Je poussai un soupir et mon pied tapa avec plus de frénésie sur le plancher.

-Qu'est-ce que tu veux faire contre… ça ? Tu préférerais qu'on ne se parle plus ? Qu'on s'ignore?

-J'en ai assez de ne pas savoir comment me comporter avec toi, reprit Annabeth, ignorant mes questions. Je déteste douter sans cesse de moi. Douter sans cesse de toi. Je déteste ne plus pouvoir me fier à mon propre jugement. Je hais la façon dont ta présence m'embrouille les idées! Je ne supporte plus ça : ne pas savoir si tu es honnête avec moi, ne pas savoir si tu t'intéresses vraiment à moi ou si tu me manipules simplement et que moi, en fille naïve et amoureuse, je me laisse aveugler pas mes sentiments !

Amoureuse. Merde ! Elle a dit amoureuse ! De moi ? Ouais, c'est forcément de moi qu'elle parle…

-Et je déteste que chaque fois que les choses semblent s'améliorer entre nous, il se passe un truc qui fait que tout exploser, continua-t-elle, inconsciente de la tempête qu'elle avait provoqué dans ma tête.

Et ailleurs aussi.

-Je voudrais tellement pouvoir entrer dans ta tête et savoir ce que tu penses une fois pour toutes ! Mais je n'ai pas ce pouvoir alors je peux seulement compter sur ton honnêteté. On s'était dit… on s'était dit qu'on partagerait toutes les informations importantes qu'on trouverait, tu te souviens ? Tu te souviens Percy ?

J'hochai la tête, incapable de prononcer un mot.

-Tu ne l'as pas fait. Tu as rencontré Silena et Charlie et tu ne me l'as pas dit. Tu as échafaudé un plan pour partir d'ici et tu ne m'en as même pas parlé.

Son regard se posa sur moi, en attente d'une réponse, mais je ne savais pas quoi dire. Je ne pouvais pas me défendre : elle avait raison. Nous avions décidé de former une équipe, mais je l'avais mise de côté. À cause de ce truc… de cette attirance entre nous. Je ressentais une furieuse envie de l'embrasser chaque fois que j'étais avec elle. J'avais envie de l'embrasser, là, maintenant. Mais je sortais avec Rachel. Rachel qui souffrait parce qu'elle avait eu une vision de ce qui allait se passer entre Annabeth et moi.

Par les Dieux, j'étais dans de beaux draps !

-Percy, dis-moi la vérité : pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ? me demanda-t-elle d'une voix qui n'admettait aucune échappatoire. Est-ce parce que tu te servais de moi ? Ou parce que tu ne supportes pas ma présence ? Est-ce que tu me détestes tant que ça pour vouloir me laisser derrière sans même me dire aurevoir ? Est-ce que tu me vois comme un poids supplémentaire, un boulet, à traîner derrière toi ? Est-ce que tu te fiches juste complètement de moi ?

Sa voix montait plus haut chaque fois qu'elle posait une question et à la fin de sa tirade, elle avait l'air vraiment furax contre moi. Sa colère m'aida à retrouver un peu mes esprits, assez pour tenter de me défendre.

-Non ! Non ! Rien de tout ça ! C'est juste que… que… c'est comme pour toi ! dis-je, à défaut de trouver mes propres mots pour l'expliquer. Tu as dit un truc comme quoi tu doutais toujours de moi : c'est exactement pareil de mon côté Je ne sais pas si… si je peux te faire confiance.

Les yeux d'Annabeth se firent un peu moins orageux.

-Confiance, répéta-t-elle dans un murmure.

Elle fit un pas vers moi et posa sa main sur mon bras dans une douce caresse cette fois.

-Je vais te prouver que tu peux me faire confiance.

Je fermai les yeux pour ne plus voir son visage tendu vers le mien.

-Ce sera compliqué, marmonnai-je.

Parce que je ne me faisais pas confiance, pas quand ça la concernait, elle. Ses doigts glissèrent sur mon bras jusqu'à mon épaule, passèrent sur ma nuque avant de s'enfouirent dans mes cheveux. Je serai les dents, résistant du mieux que je le pouvais à la tentation. Je ne pouvais pas l'embrasser. Je ne pouvais pas faire ça à Rachel. Je n'étais pas ce genre de gars qui trompe sa petite amie. Je ne pouvais pas l'embrasser.

-Laisse-moi au moins essayer.

Plutôt que de répondre, je passai mes bras autour de la taille d'Annabeth et je l'attirai à moi. Elle lia ses mains sur ma nuque alors que j'enfouis mon visage dans son cou. Elle sentait vraiment bon. Trop bon. Je caressai sa peau du bout de mon nez et je la sentis frissonner contre moi.

-Percy.

Je jure que son gémissement fit arrêter mon cœur pendant quelques secondes. Je me redressai pour pouvoir observer son visage. Mauvaise idée. Son regard intense me donnait l'impression de brûler et ses lèvres étaient tendues vers moi, presque comme si elle attendait, qu'elle espérait que je l'embrasse.

-Tu me rends la vie vraiment difficile Boucle d'or.

-C'est bien mon intention Cervelle d'algues.

Je penchai mon visage vers le sien, mais reculai presque aussitôt, réalisant ce que j'étais sur le point de faire.

-Il faut que j'y aille ! dis-je sans pour autant me libérer de notre étreinte.

Annabeth fronça les sourcils, contrariée.

-Tu es certain que tu veux partir maintenant ?

-Non. Je veux dire : ouais. Ça vaut mieux.

-Ok. Si tu es sûr… on se voit plus tard.

-Ouais.

Je restai en place, mes bras toujours passés autour de sa taille, mes yeux parcourant son visage. Annabeth poussa un soupir exaspéré, mais un petit sourire étira ses lèvres.

-Alors… tu t'en vas oui ou non ?

-Oui, oui.

Je ramenai mes bras, la libérant de mon étreinte, sans m'éloigner. Boucle d'or leva les yeux au ciel et elle me poussa loin d'elle d'un geste joueur.

-Allez ! Dégage d'ici Cervelle d'algues avant que je fasse quelque chose que nous regretterions tous les deux !

Je revins vers elle et elle me repoussa de nouveau en riant.

-Quelque chose comme… quoi ? demandai-je, moqueur. M'attaquer ? Parce que tu sais que je t'ai déjà vaincu plusieurs fois et je peux le faire de nouveau !

-Plutôt quelque chose comme ça…

Cette fois, c'est elle qui revint vers moi. Elle attrapa mon chandail dans son poing, m'attirant encore plus près d'elle. J'étais si près que je distinguais tous les détails de son visage, même les différentes nuances de gris de ses yeux. Puis ses lèvres frôlèrent les miennes et je me désintéressai de ses yeux.

Ce n'était pas un baiser. Pas vraiment. Juste une caresse qui ne dura que quelques secondes, mais mon cœur se débattait comme si elle venait de m'embrasser avec passion. Annabeth me relâcha et elle recula d'un pas. Elle me fixait, attendant visiblement que je dise quelque chose, mais ma bouche refusait de m'obéir.

-Heu… je… il faut que j'y aille, répétai-je, lamentablement.

Bon, je sais que ce n'était pas la bonne chose à dire, mais j'étais stressé et frustré en même temps et je ne savais plus ce que je devais faire. Je savais seulement ce dont j'avais envie.

-Oui, ça, j'avais compris.

-À plus.

Je reculai de quelques pas, me retournai d'un coup et passai à un cheveu de me cogner le front contre le mur. Je poussai une exclamation de surprise, puis ouvris la porte à la volée et sortis de la pièce sous le rire de Boucle d'or. Je retournai sagement dans mon lit pour le reste de la nuit, mais je ne réussis pas à retrouver le sommeil. Chaque fois que je fermais les yeux, j'entendais Annabeth s'agiter de l'autre côté du mur et je repensai à ce qui venait de se passer. Après trois heures de cette torture, le soleil se leva enfin. J'entendis Annabeth se lever et sortir de sa chambre. Je bondis de mon lit et ouvris avant qu'elle ait eu le temps de cogner. Elle se figea, surprise.

-Hum… salut.

-Salut Percy. Je… heu… j'avais l'intention d'aller m'entraîner tôt ce matin. Est-ce que ça te va ? Ou tu voulais dormir encore un peu ?

-Non ! Surtout pas ! Je n'ai pas réussi à fermer l'œil depuis… ben depuis que…

-Je sais, me coupa-t-elle avant que je ne m'enfonce d'avantage. Moi non plus.

Je gardai le silence, les mains croisés derrière mon dos, mal à l'aise. Annabeth me tourna le dos et retourna à sa chambre. Je la suivis, gardant une certaine distance alors qu'elle ramassait ses effets personnels, puis ressortait pour aller à la salle de bain. Pendant que je l'attendais, appuyé contre le mur du couloir, j'eus tout le temps de me traiter d'idiot. Boucle d'or allait croire que je regrettais qu'elle m'ait embrassé. Ou alors elle penserait que j'étais furieux contre elle. J'aurais dû lui dire, lui expliquer que je devais parler avec Rachel, mettre les choses à plat entre nous. Mettre les choses à plat dans ma tête d'abord. Ce qui, me connaissant, prendrait sûrement un certain temps.

Boucle d'or sortit de la salle de bain et elle me laissa la place en me disant que je n'avais que quinze minutes pour me préparer avant qu'elle ne parte. Et je serais obligé de la suivre, peu importe dans quel état je me trouvais. Autant dire que je pris ma douche en deux minutes et m'habillai tout aussi rapidement.

-Et ben, je devrais te menacer plus souvent Cervelle d'algues, lança Annabeth avant de se mettre en route.

Je la suivis, les mains enfoncées dans mes poches, les yeux fixés sur le sol. Heureusement à cette heure, il n'y avait pas beaucoup de pensionnaires déjà levés et je n'eus pas à faire face à leurs regards furieux ou accusateurs. C'était le moment idéal pour discuter avec Annabeth. Il n'y avait personne pour nous surveiller, personne pour nous écouter. C'était peut-être le seul moment de la journée où je pourrais lui parler en toute tranquillité. J'ouvris la bouche une fois, mais aucun son n'en sortit. La vérité, c'était que Piper avait raison : j'étais vraiment nul avec les filles. Je n'avais aucune idée de comment m'y prendre et avec Annabeth, c'était encore pire. Je savais qu'il y avait 90% de chance qu'elle se fâche, peu importe ce que je lui dirais.

Je refermai la bouche et essayai de nouveau. Allez, c'était pas si difficile de dire : Hey Boucle d'or! Tu sais quand tu m'as embrassé cette nuit… et ben, tu recommences quand tu veux !

Ouais, d'accord : c'était peut-être pas la bonne chose à dire.

Hey Boucle d'or ! J'avais vraiment envie de t'embrasser cette nuit, mais je crois que ma petite amie n'aurait pas apprécié !

Pas une bonne idée non plus.

Alors peut-être que je pourrais commencer par dire : Annabeth. Si je l'appelais par son nom, ça la mettrait sûrement dans de meilleures dispositions. Alors : Annabeth, quand tu m'as presque embrassé cette nuit, je… je… je quoi ?

Ah ! Pourquoi est-ce que c'était aussi difficile de discuter avec elle ?

-Tu as quelque chose à me dire ? demanda soudain Annabeth, me faisant sursauter.

Je sentis mon visage rougir d'embarras.

-Heu… peut-être. Ça dépend.

-Ça dépend de quoi ?

-De si tu as l'intention de me rembarrer ou non.

Annabeth éclata de rire. Elle s'arrêta pour se tourner vers moi et je l'imitai.

-Tu sais bien que oui ! dit-elle d'un ton taquin.

Je poussai un grognement et me remis en route. Elle me suivit, riant toujours.

-Oh Percy ! Ne boude pas encore ! Je me moque de toi, c'est tout ! Tu passes ton temps à te moquer de moi alors je peux bien te rendre l'appareil, non ?

-Ouais. Sûr. C'est juste que… ben… je veux te parler de quelque chose d'assez sérieux…

Annabeth s'arrêta de nouveau et pose une main sur mon bras. Ses yeux examinèrent mon visage, cherchant sûrement à deviner ce que je voulais lui dire.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle finalement.

-Hum… c'est à propos de… de cette nuit.

-Oh !

Son visage devint aussi rouge que le mien et elle passa une main dans ses cheveux.

-On est pas obligé d'en parler. J'ai agi sans réfléchir et je sais que…

-Je ne regrette pas, lançai-je sans réfléchir.

Bon, voilà, c'était dit. Ce n'était sûrement pas la meilleure manière d'aborder le sujet, mais tant pis. Il était trop tard maintenant.

-Quoi ?

Annabeth me fixait comme si elle n'arrivait pas à croire à ce que je venais de dire.

-Tu as dit que tu ferais quelque chose qu'on regretterait tous les deux : mais c'est faux. Je ne regrette rien.

Elle pinça les lèvres un instant et je me dis avec horreur que je m'y étais encore mal pris. Elle allait me rembarrer, c'était certain. Mais un sourire étira finalement ses lèvres et je pus respirer de nouveau.

-Je ne regrette pas non plus.

-Ok. Je veux dire… c'est bien. On ne regrette pas et… heu…

Annabeth eut un petit rire devant mes bégaiements et je me sentis encore plus nul.

-Est-ce que… hum… ça veut dire qu'on a fait la paix ? dis-je, ne trouvant rien de mieux à dire.

La paix : c'était déjà un bon début vu ce qui s'était passé entre nous depuis notre rencontre.

-La paix ? répéta Annabeth en fronçant les sourcils. Alors c'est comme ça que tu t'y prends quand tu veux te faire pardonner par une fille ? Tu l'embrasses ?

-Non ! protestai-je avec force, encore plus gêné maintenant qu'elle avait évoqué notre presque baiser. C'est pas ce que je voulais dire… et puis c'est toi qui m'as embrassé !

-Relaxe Percy ! C'était une blague !

-Oh ! Heu… ok.

Je détournai la tête pour éviter son regard, enfonçai de nouveau les mains dans mes poches et me balançai d'un pied à l'autre, ne sachant pas quoi ajouter.

-Donc, on fait la paix, conclut Annabeth.

Elle pose sa main sur ma joue et m'obligea à tourner à la tête vers elle pour river son regard au mien.

-Même si on n'a jamais été en guerre. Je n'ai jamais été contre toi Percy.

Et je ne pus que la croire. Même si elle avait failli me tuer lors de nos premières rencontres. Ce que j'omis de lui rappeler. Après tout, on venait de faire la paix alors autant ne pas chercher les embrouilles.

-Alors… on va s'entraîner ou non ? J'ai l'impression que tu essaies de te défiler ! dis-je en lui donnant un coup d'épaule joueur.

-Moi ? Me défiler ? Tu crois que j'ai peur de toi ? dit-elle en croisant les bras sur sa poitrine.

-Je crois que tu es morte de trouille à l'idée que je te batte encore !

-Pffff… allez viens, monsieur tête enflé. Je vais te prouver que tu n'es pas aussi bon que tu le crois !

Elle m'entraîna jusqu'à l'arène où elle se mit aussitôt en position de combat. Je sortis mon épée de ma poche en souriant.

-Fais tes prières Boucle d'or.

Les yeux d'Annabeth se plissèrent alors que son visage prenait un air menaçant.

-Je n'en aurai pas besoin Cervelle d'algues. Dans quelques secondes, tu me demanderas pardon à genoux.

Et notre affrontement commença. Il dura pendant plus d'une heure, jusqu'à ce qu'il soit temps d'aller déjeuner. J'avais désarmé Annabeth trois fois et elle avait réussi une fois. C'est donc plutôt content de moi que je me dirigeai vers l'atrium. Tellement qu'au moment de s'asseoir à ma table, Boucle d'or m'envoya un coup de coude dans les côtes.

-Arrête de sourire avec cet air satisfait ou je ne réponds plus de moi ! marmonna-t-elle entre ses dents.

-Avoue que tu es seulement furieuse parce que je t'ai battu ! Encore ! dis-je en déposant un doigt taquin sur son nez.

Elle repoussa ma main, me foudroyant du regard.

-Pas du tout ! Et je n'en ai pas fini avec toi !

-Et ben, j'ai déjà hâte d'y être ! répliquai-je avec un clin d'œil.

Annabeth prit un air boudeur, mais je pouvais voir son sourire dans ses yeux. Un plat de gaufres apparut soudain devant elle et ça me semblait si alléchant après mon régime de chips et de biscuits que je pensai à la même chose. En bleu, bien sûr.

-Dis-moi, pourquoi est-ce que tout ce que tu manges est toujours bleu ?

J'haussai les épaules.

-C'est juste une blague. Entre ma mère et moi. C'était une façon de se moquer de mon horrible beau-père. Et toi, dis-moi : tu as écrit à ton père dernièrement ?

-C'est possible. Quelqu'un m'a conseillé de lui pardonner et de répondre à ses lettres. Je me suis dit que ça valait la peine d'essayer.

-Et ben, ce quelqu'un devait être une personne vraiment sensée et intelligente !

-Oh non ! Pas tant que ça ! Il adore avoir l'air d'un bêta !

-Pour une fille aussi pleine de sagesse que toi, ça doit être vraiment agaçant ! répliquai-je avec une grimace.

-C'est sûr, mais d'un autre côté, il est l'une des rares personnes qui arrive à me faire rire.

-Vraiment ! Alors il doit être vraiment drôle parce que c'est pas une tâche facile !

-C'est vrai. Il l'est. Mais ne lui dis surtout pas : il a suffisamment la grosse tête comme ça !

Je fis semblant de verrouiller ma bouche et de jeter la clé, ce qui fit sourire Annabeth. Le reste du repas se passa dans la même ambiance. Il y avait longtemps que nous n'avions pas discuté comme ça elle et moi : sans nous prendre la tête. Après le repas, Annabeth m'entraîna de nouveau dans l'arène, comme promis. Cette fois, elle l'emporta haut à la main. Mais contrairement à ce que j'aurais cru, elle n'en était pas heureuse : elle lança son poignard et se planta devant moi, son regard plus orageux que jamais.

-Tu as triché !

-Quoi ?

-Tu m'as laissé gagner ! Tu n'y as pas mis toute ta force !

Je me sentis rougir. Oups ! Démasqué !

-Heu… je suis un peu fatigué, mentis-je.

Annabeth n'en crut pas un mot. Je poussai un soupir.

-Je voulais seulement… je suis désolé. C'était idiot.

Ça l'était. Je voulais lui faire plaisir, j'avais cru qu'elle ne réaliserait pas que je ne mettais pas toute ma force, mais je l'avais grandement sous-estimé.

-Ouais. Vraiment idiot. Et je suis capable de te battre sans que tu ne me laisses gagner. Allez, on en fait une autre et cette fois, tu te bats correctement !

-Hey ! Les amoureux ! cria soudain un type du bungalow d'Arès. Il y en a d'autres que vous qui ont envie de s'exercer !

Je lui jetai un œil. Il attendait en compagnie de Claire, la sœur d'Annabeth. Elle me fit un sourire resplendissant auquel je répondis. Au moins, tout le monde ne me détestait pas.

-Et pourquoi est-ce qu'on ne se battrait pas en équipe ? demanda Annabeth, qui n'avait pas l'intention de sortir de là tant qu'elle ne m'aurait pas vaincu à la loyal.

Je me penchai vers elle et chuchotai à son oreille :

-Il est hors de question que je fasse équipe avec un Arès !

-Bien sûr ! Tu préfères faire équipe avec Claire…

-En fait, je préférerais faire équipe avec toi.

Ses yeux s'agrandirent de surprise.

-Toi et moi ? Ensemble ?

Ouais. C'était exactement ce que je voulais.

-Pourquoi pas ? Maintenant qu'on a fait la paix…

J'attrapai une mèche de ses cheveux entre mes doigts et tirai dessus, taquin. Annabeth enroula ses doigts entourent des miens et serra jusqu'à me faire grimacer.

-Ok Jackson. Mais ça ne m'empêchera pas de prendre ma revanche une autre fois !

-Tu n'avais pas besoin de le dire : je le savais déjà ! répliquai-je en levant les yeux au ciel.

Puis Boucle d'or demanda à Claire et le gars d'Arès, il s'appelait Sebastien je crois, même si ça n'a pas d'importance, s'ils voulaient se battre contre nous. Les perdants devraient s'occuper des tâches de la journée. Ils acceptèrent et la bataille commença.

Bien sûr, Boucle d'or et moi nous leur avons collé toute une raclée ! C'est pas pour me vanter, mais j'étais bien plus rapide que ce type. Plus précis aussi. Et Annabeth ? Elle était mille fois plus douée que sa sœur au combat. Ils n'avaient aucune chance contre nous. Surtout que vu le nombre de fois où nous nous étions battus l'un contre l'autre, nous avions appris à connaître les points faibles de l'autre. Nous nous battions dos à dos, nous occupant chacun d'un adversaire, et lorsque je sentais qu'Annabeth en avait besoin, je la protégeais. Et quand c'était moi qui étais dans le pétrin, elle me protégeait.

Nos différences faisaient de nous une équipe parfaitement équilibrée.

Le combat prit fin lorsque Sebastien s'écroula sur le sol, bien amoché. Claire, elle, avait renoncé depuis un bon moment déjà. Annabeth poussa un cri de joie, puis elle leva la main pour que je tape dans sa paume, mais j'entourai plutôt sa taille de mes bras et je la fis tourner dans les airs.

-Percy ! Repose-moi enfin ! lança-t-elle en riant.

Je lui obéis et la fixai un instant, avec un sourire d'idiot collé aux lèvres. Puis je me penchai et à la dernière seconde, je déposai un baiser sur sa joue plutôt que sur sa bouche.

-C'était pourquoi ça ? demanda-t-elle, les joues rougies. Encore une offrande de paix ?

-Non. Juste un remerciement… te regarder t'acharner sur cet idiot… ça été un des meilleurs moments de ma vie !

Annabeth pouffa de rire, puis elle secoua la tête, comme si elle se demandait ce qu'elle allait faire de moi.

-Je dois avouer que c'était aussi l'un des meilleurs moments de ma vie ! La prochaine fois, on prendre Clarisse comme adversaire !

Mon sourire s'agrandit. J'étais stupidement heureux de savoir qu'il y aurait une prochaine fois.

-D'acc.

Boucle d'or jeta un coup d'œil à sa montre et perdit le sourire.

-À quelle heure doit-on retrouver Grover ?

-13 heures.

-Et ben… on est en retard !

Je quittai l'arène au pas de course, suivi par Annabeth, jusqu'au lac de canoé-kayak où Grov et Piper nous attendaient. Ils nous regardèrent avancer vers eux, l'un à côté de l'autre, rigolant toujours. Ils eurent tous les deux le même sourire satisfait. Je retins difficilement un grognement irrité : ils étaient agaçants avec ça ! Ils ne pouvaient pas se trouver une vie plutôt que de se mêler de la mienne ? Comme je sentais que le marathon des questions indiscrètes allait commencer, je leur coupai l'herbe sous le pied :

-Alors ? Quels sont les nouvelles ? demandai-je en me laissant tomber à côté de mon meilleur ami.

Annabeth prit place près de moi, si près que nos bras se frôlaient. Bon, c'est pas comme si elle pouvait s'enfuir loin, le sort de monsieur D. l'en empêchaient, mais disons qu'elle était beaucoup plus proche de moi que ce que la situation l'exigeait. Je fis comme si je n'avais pas remarqué, gardant toute mon attention sur Grover.

-Guenièvre m'a rapporté une réponse ce matin, répondit mon meilleur ami. C'est Léo lui-même qui l'a écrit et qui lui a donné. Elle a dit qu'il avait l'air en parfait état.

Il jeta un coup d'œil alentour, pour s'assurer que personne nous observait, puis il me tendit un simple bout de papier froissé.

-Piper et moi l'avons déjà lu.

Je me penchai donc, avec Boucle d'or, sur les mots de Léo.

Salut les gars ! Vous inquiétez pas pour moi, je vais bien ! Mes frères sont plutôt cool même si malheureusement, ils n'ont aucun humour. Et les filles d'Aphrodite sont à tombées par terre ! Je crois que je suis amoureux ! Et ici, il y a assez de matériel pour construire un bateau si je le voulais ! Cet endroit est encore plus dément que la forge ! Désolé d'avoir manqué la grande évasion, mais ce n'est que partie remise pour vous !

On se voit bientôt

Léo

PS : Piper, les filles ici sont persuadées que tu es leur sœur ! Hahahaha ! J'ai bien ri quand elles me l'ont dit ! Piper : reine de beauté ! Hahaha !

Ps2 : Grov, les filles d'Aphrodite ont vraiment hâte de te revoir. Elles en ont assez de ces rustres d'enfants d'Héphaïstos ! Par contre, si tu viens ici, je mets un droit de veto, ok ? Premier arrivé, premier servi vieux ! ;)

Ps3 : Percy… t'inquiète ! On te laisse pas tomber ! Tu recevras bientôt de l'aide !

Je relevai la tête, les sourcils froncés, tentant de déchiffrer cette dernière phrase. C'était presque comme si… Léo était persuadé que nous allions le rejoindre là où il était. Le rejoindre dans le camp de Poséidon. Ce n'était pourtant pas du tout ce que nous avions décidé ! Je pensais aller le rejoindre, oui, mais pour le délivrer.

-Vous pensez qu'il est surveillé ? Que c'est pour ça qu'il ne parle pas de s'évader ?

Piper haussa les épaules.

-Avec Léo, c'est difficile à savoir. Grov et moi on a essayé de décoder un message secret dans cette lettre… mais rien à faire !

-Peut-être que Léo est vraiment heureux là-bas, dit Grover, pensif.

-Et la dernière phrase ? demanda Piper. Quelqu'un comprend ce que ça veut dire ?

J'échangeai un regard entendu avec Annabeth. En cet instant, nous nous comprenions parfaitement.

-Moi je sais ce que ça veut dire.

-Des ennuis, compléta-t-elle. Encore des ennuis.

J'espère que vous avez aimé ! On se retrouve plus rapidement pour la suite !

À bientôt

Sweetmel

xxx