Ciaossu ~
Comment allez -vous ? Pressés de lire la suite ? Agacés de voir que je continue à écrire des absurdités juste pour donner l'impression que ce chapitre est plus long ?
Blagues mises à part, ce chapitre est mon préféré (avec le prochain) parce que les masques tombent enfin ! Je suis si contente, fini de galérer à essayer de garder le mystère autour des personnages :')
Sinon, comme d'habitude, les RaR sont en bas de page ^^
Le soleil se couchait à l'horizon lorsque les assassins passèrent à l'attaque. Ils s'avancèrent sans un bruit, leurs pas aussi légers que des plumes, et franchirent sans difficulté les divers obstacles qui leurs faisaient face. Pendant que l'un d'eux s'occupait des gardes, les deux autres entrèrent en coup de vent dans le bureau de leur victime et sortirent leurs armes pour mener à bien leur mission.
Néanmoins, ils avaient oublié deux choses.
Les deux assassins marchèrent en silence dans la pièce éclairée où leur victime écrivait ses rapports, ne s'étant pas rendu compte qu'ils étaient entrés dans son bureau. Enfin, lorsqu'ils furent devant leur proie, ils levèrent leurs lames et les abaissèrent en un mouvement synchrone, ne laissant pas à leur victime la moindre chance de survivre.
Leur victime était Hibari Kyoya.
Un tonfa jaillit des manches de leur proie et contra sans problème leurs couteaux pendant qu'une main saisissait la gorge d'un des assassins. Leur victime leva alors sa tête de son rapport et l'assassin qui avait su éviter l'attaque surprise du garçon jura doucement en croisant les orbes métalliques de l'adolescent.
- Hn, murmura lentement leur proie qui ne paraissait plus si inoffensive qu'avant. Des herbivores... J'en attendais plus de la part des tueurs des Vongola...
Ses doigts se resserrèrent autour de la gorge du premier tueur et ce dernier poussa un grognement avant de relâcher tous ses muscles. Le deuxième assassin ferma brièvement ses yeux pour calmer ses sentiments qui commençaient à s'agiter en lui. La mission était en train de prendre un virage inespéré et son compagnon venait de se faire éliminer. Vues les circonstances, il ne lui restait plus qu'à utiliser son dernier tour.
Et le meurtre d'Hibari Kyoya avait déjà été clamé par une personne.
Avant que l'assassin n'ait eu le temps de sortir sa boîte-arme et d'allumer son anneau, une balle fendilla la baie vitrée du bureau où ils se trouvaient et se planta dans le front du tueur. Ce dernier s'effondra sur le tapis beige de la salle et son sang teinta le sol.
- Wao, susurra Hibari en se tournant vers la baie vitrée pour croiser le regard insondable d'une silhouette indiscernable dans la pénombre du crépuscule.
Le nouveau venu brisa définitivement la fenêtre et sauta dans le bureau pour ensuite épousseter son costume sombre pour en enlever les rares débris de verre qui y étaient restés. Ensuite, comme si arriver par la fenêtre au cinquième étage était parfaitement normal, l'individu se tourna vers le jeune adolescent qui approchait la douzaine et sortit de sa poche un Beretta pour en pointer l'objectif sur le front du garçon.
Le nouvel assassin s'avança vers le jeune et se prépara à entendre les habituelles jérémiades et implorations pour rester en vie. Cependant, Hibari ne fit pas cela, il se contenta de se lever, jetant à terre le corps inerte du premier tueur, et sourit légèrement tout en dégainant ses tonfas.
- Approche, fit-il tout en se mettant en une position de combat. Je vais te mordre à mort.
Le nouveau venu sembla perplexe pendant quelques instants avant de se reprendre. Il enleva prestement le cran de sécurité de son arme à feu et visa précautionneusement la tête du plus jeune. Néanmoins, ce dernier n'allait pas attendre les bras croisés que la mort survienne et se lança sur l'adulte pour lui asséner une pluie de coups mortels. L'assassin les évita tous sans difficulté et éclata soudainement de rire.
Surpris par l'éclat d'hilarité de son adversaire, l'adolescent sauta en arrière pour s'éloigner de ce dernier et lui lança un regard perçant. Comprenant le message que véhiculaient ces prunelles obscures, l'assassin secoua doucement sa tête et garda son arme pointée vers la tête du jeune.
- Dis-moi, Hibari Kyoya, déclara subitement l'adulte avec une voix soyeuse, Que sais-tu des Arcobaleno ?
L'adolescent se redressa et plissa ses yeux tout en resserrant ses doigts autour de ses tonfas.
- Ce sont des phénomènes météorologiques, répondit-il en fronçant ses sourcils.
L'assassin rit à nouveau en entendant la réponse directe et franche du jeune et abaissa son arme pour la ranger dans la poche de son costume. Il secoua ensuite sa tête et s'avança à nouveau vers Hibari pour poser ses mains sur celles du jeune, le faisant si vite que ce dernier n'eut le temps de s'éloigner, et empêchant le futur Préfet de bouger ou de lui donner un coup.
- Intéressant, sourit sombrement l'adulte tout en gardant ses mains sur celles du jeune et en posant son front sur celui du garçon. Je me demande jusqu'où tu pourrais aller dans la mafia s'il y avait quelqu'un pour te guider...
Hibari poussa un grondement, n'appréciant visiblement pas la proximité et les paroles de l'autre et commença à gigoter, cherchant la moindre ouverture pour lui asséner un coup de pieds.
- Pour l'instant, continua l'autre sans s'en préoccuper, Tu ne connais rien à La Cosa Nostra. Tu te feras tuer dans quelques mois si tu restes aussi ignorant de leurs secrets...
Le jeune gronda à nouveau et baissa sa tête pour mordre violemment la main droite de l'homme. Néanmoins, l'adulte ne flancha pas et continua à le regarder avec ses yeux sombres et son sourire entendu.
- Voici ce que je te propose, déclara alors l'assassin. Je vais t'enseigner tout ce que tu ignores et t'aider dans ta folle entreprise. Et, lorsque tu connaîtras enfin tous les secrets de la mafia, je te tuerai.
Les yeux gris de l'adolescent s'élargirent légèrement avant de reprendre leur taille habituelle et le jeune sourit alors avec un air carnassier.
- J'accepte, fit-il tout en continuant à sourire.
Tsuna hoqueta en essayant d'inspirer correctement de l'air. Voir le souvenir d'Hibari avait été difficile cette fois-ci. Il avait été, pour la première fois depuis qu'il visionnait le passé du Préfet, entraîné dans le corps de ce dernier et suivi les actions avec les propres yeux de l'adolescent, sentant, pensant, agissant comme s'il avait été Hibari durant ce laps de temps.
- Oya, oya, s'exclama alors la voix familière de Mukuro. Qui aurait cru que la petite Alouette accepterait un accord pareil...
Tsuna cligna plusieurs fois des yeux, tentant de s'habituer à la luminosité de la pièce et remarqua ensuite qu'il se trouvait allongé sur le divan avec Enma à ses côtés. L'illusionniste se trouvait quant à lui devant Hibari, son trident pointé vers la poitrine du Préfet et un sourire joueur aux lèvres. Cependant, les orbes dépareillés du garçon brillaient avec un éclat qui montrait que l'illusionniste était sérieux.
- Pourquoi as-tu accepté, Alouette ?
Hibari déposa sa plume sur son rapport et releva sa tête pour croiser les yeux vairons de Mukuro, ses lèvres plissées en une ligne stricte.
- Tu as vu le souvenir, Ananas, fit le Préfet avec un ton qui n'admettait pas de refus de la part de son interlocuteur. Dis-moi ce que tu sais.
L'illusionniste fit la moue et soupira avant de s'éloigner du bureau pour s'approcher du divan et s'asseoir sur les genoux de Tsuna. Ce dernier glapit de surprise et d'indignation mais ne repoussa pas le jeune homme, sachant très bien que celui-ci ferait la sourde oreille à ses cris.
- Je sais qui est le fournisseur d'anneaux et de boîtes dans la Mafia, répondit enfin Mukuro.
Les pupilles d'Hibari se rétrécirent et le Préfet s'avança sur son bureau, son attention entièrement tournée vers son interlocuteur.
- Peu importe la personne, continua d'une voix calme l'illusionniste. Il donnera anneau et boîte en ne demandant qu'une chose en retour.
Le Préfet croisa ses bras et baissa légèrement son menton. Comprenant le message que faisait passer l'adolescent, Mukuro hocha sa tête et répondit à la question implicite.
- Tuer le Préfet du Comité de Discipline.
Hibari releva sa tête et croisa le regard vairon de l'illusionniste. Ils restèrent un long moment en silence avant que le brun ne prenne la parole.
- Qui ?, demanda-t-il avec une intonation qui présageait des carnages à venir.
- Byakuran Gesso, déclara l'autre en souriant avec une sombre satisfaction.
Le Préfet décroisa lentement ses bras et se leva pour ensuite faire le tour de son bureau. Une fois qu'il fut devant Mukuro, il le toisa pendant un long moment en silence et finit par prendre la parole.
- Herbivore, dit-il sans se tourner vers Tsuna. Amène-moi l'Akambo.
Le goûteur jaillit hors du divan et s'inclina respectueusement devant Hibari avant de sortir de la salle, Enma sur ses talons. Une fois la porte fermée, un rire se fit entendre et le japonais se tourna vers l'illusionniste qui continuait à le regarder avec intérêt et amusement.
- Dois-je prendre cela comme une déclaration de guerre ?, demanda Mukuro en clignant lentement son œil bleu tandis que le rouge brillait avec un éclat maléfique.
Hibari le regarda en silence avant d'hocher sa tête.
- Je ne laisserai pas cet herbivore planifier ma mort en utilisant de vulgaires pions, gronda sourdement l'adolescent en empoignant avec forces ses tonfas.
La porte s'ouvrit bruyamment, couvrant les mots que prononça l'illusionniste en élargissant son sourire. Les yeux du Préfet s'écarquillèrent légèrement et il se contenta de montrer les dents en signe de défiance pendant que les nouveaux venus s'approchaient des deux jeunes hommes qui semblaient sur le point de se jeter à la gorge de l'autre. Cependant, une fois que Hibari eut remarqué la présence de son Conseiller, il parut se calmer et se tourna vers Reborn.
- Que dois-je faire ?, fit celui-ci en portant une main à son chapeau.
- Je veux les herbivores au complet, répondit Hibari en fermant momentanément ses yeux.
Reborn hocha sa tête et s'en alla pendant que Tsuna hésitait entre rester ou partir. Alors qu'il allait sortir à son tour de la salle, Hibari ouvrit ses yeux et les planta dans ceux de son goûteur. Ce dernier sentit un frisson parcourir son échine et resta figé sur place, les orbes gris de son supérieur paraissant le clouer sur le sol.
Bien vite, la porte s'ouvrit à nouveau, révélant Reborn accompagné d'une foule de personnes que Tsuna reconnut avec étonnement.
- Que se passe-t-il, Kyoya ?, demanda un Dino qui portait encore son tablier de cuisinier et avait son couteau dans une main.
Derrière le blond, Yamamoto salua avec un grand sourire Tsuna et Gokudera mit ses mains dans ses poches tout en faisant une moue agacée d'être en présence de son camarade sportif. Un rugissement se fit entendre et le petit goûteur trembla en remarquant que Sasagawa Ryohei était aussi présent et en forme que d'habitude. Cependant, un éclair vert fit taire le boxeur avant que ce dernier n'agace le Préfet et Tsuna remercia avec un sourire tremblotant le responsable de ce silence inattendu. Lambo se contenta de bailler largement avant de se laisser tomber sur le divan, forçant le petit brun à se tasser contre Enma pour laisser de la place au Bovino qui ferma ses yeux et s'endormit aussitôt.
Enfin, la dernière personne entra dans le bureau et la porte se referma. Hibari lâcha des yeux Tsuna et se tourna vers Reborn.
- Plan V, fit-il après un long moment à toiser son conseiller en silence.
L'adulte ouvrit légèrement sa bouche en signe de profonde surprise et se ressaisit dans les secondes qui suivirent. Il hocha sa tête et avança sa main vers sa poitrine pour en sortir un caméléon vert. Ce dernier bailla, montrant à toutes les personnes présentes sa langue rosée avant de cracher difficilement un morceau de tissu. Ensuite, Reborn prit entre deux doigts le fragment sombre de ce qui avait été un mouchoir noir et se tourna vers l'une des personnes présentes. Celle-ci s'avança sans un mot vers le Conseiller et attendit en silence les ordres.
- Trouve-moi l'endroit où se cache le propriétaire de ce mouchoir, déclara lentement l'adulte.
Ouvrant de grands yeux bruns surpris, la personne hocha sa tête vivement et sortit de son sac-à-dos un immense livre relié en cuir pour s'arrêter sur une page vierge. Puis, il leva ses yeux vers le fragment de tissu et les orbes noisettes se ternirent pendant que le mouchoir s'élevait dans les airs.
Tsuna retint une exclamation de surprise en voyant le numéro de lévitation et faillit s'étranglant en remarquant que le mouchoir n'était pas la seule chose à voler. Il était également en train de flotter à quelques centimètres du divan et ce dernier n'était plus sur le sol ! Un Lambo profondément endormi passa en flottant devant ses yeux et le petit goûteur se demanda si le sommeil du Bovino était à l'épreuve de tout. Bon dieu, il flottait et ne se réveillait même pas !
Enfin, les objets se posèrent plus ou moins doucement, Lambo tombant lourdement sur la table basse et continuant à dormir avec un sourire heureux, et Fuuta souffla profondément comme s'il avait passé les dernières secondes en apnée. Il tourna ensuite ses grands yeux enfantins vers Reborn et fit un large sourire à l'adulte.
- Chine, YangShuo, fut la simple réponde de l'enfant.
- Bien, sourit le tueur en acquiesçant avec satisfaction.
L'adulte se tourna alors vers Hibari, attendant clairement les ordres de ce dernier. Ce fut alors que l'adolescent rangea ses tonfas et dévisagea en silence toutes les personnes présentes.
Pendant que Mukuro riait sombrement, Gokudera fumait sa cigarette avec son éternelle moue agacée, Yamamoto discutait gaiement avec Ryohei sur les bienfaits du sport, Bianchi couvait amoureusement des yeux Reborn, Dino regardait avec un air compatissant Lambo qui se faisait piétiner allègrement par le Conseiller de Discipline, Kusakabe observait le tout en silence et Tsuna était toujours assis sur le divan en compagnie de son garde du corps. Sans oublier Fuuta qui écrivait fébrilement dans son livre toutes les informations qu'il avait trouvées lors de son numéro de lévitation.
Enfin, le Préfet ferma délicatement ses yeux et soupira lentement. Lorsqu'il rouvrit ses paupières, ce fut comme si un vent avait soufflé sur la pièce, faisant s'envoler les façades joueuses et paisibles des personnes présentes et révélant leur côté sombre, appartenant à la Garde rapprochée du Comité de Discipline.
- Je pars pour la Chine, déclara lentement Hibari en dévisageant chaque individu à son tour. Vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Reborn hocha sa tête et inclina imperceptiblement son torse.
- Nous nous occuperons de tout, assura-t-il en jetant un regard d'avertissement à Mukuro.
Ce dernier se contenta de rire et de générer une brume qui l'entoura. Avant qu'il ne disparaisse dans l'élément volatile, il eut cependant le temps d'adresser une dernière phrase à l'adolescent.
- Je vais vérifier pourquoi ce petit mafieux tient tant à te voir six pieds sous terre, ma chère Alouette, kufufufu...
Hibari fronça ses sourcils et se tourna ensuite vers Tsuna.
- Herbivore, fit-il sans douceur. Prépare les valises, nous partons dans une heure.
Tsuna sursauta et sortit de la pièce en courant comme s'il avait le diable aux trousses. Ce qui, si on y réfléchissait un peu, était en quelque sorte vrai vu que le Préfet n'hésiterait pas à l'envoyer en enfer s'il osait le retarder.
L'avion se posa lourdement sur le tarmac de l'aéroport d'Hong Kong et Tsuna enfouit sa tête dans ses mains jointes pour étouffer une plainte horrifiée. Il savait très bien que c'était ridicule, mais la peur dans son ventre ne voulait pas écouter sa raison. Depuis sa virée dans les ais avec la Varia, il ne pouvait plus voir un avion en peinture sans virer aussitôt au vert et chercher les toilettes les plus proches pour régurgiter son repas.
Il sortit de l'avion en premier, surprenant son supérieur qui s'était attendu à devoir à nouveau avoir son goûteur malade sur le dos. Un mince sourire satisfait aux lèvres, Hibari sortit à son tour de la machine et chercha des yeux le petit brun, se demandant où ce dernier pouvait bien s'être rendu. Puis, il fronça ses sourcils en remarquant que la porte menant aux toilettes de l'aéroport était entrouvertes.
- Herbivore, tonna Hibari en entrant dans les toilettes sans plus s'annoncer, Puis-je savoir pourquoi tu nous retardes ?
Un vague bruit de vomissement lui répondit et le Préfet fronça encore plus ses sourcils tout en s'avançant vers la stalle où s'était réfugié le goûteur pour y rendre le frugal repas qu'ils avaient reçu dans l'avion.
Ne sachant plus très bien que faire, mordre à mort l'herbivore maintenant, ou attendre que l'herbivore sache tenir sur ses deux jambes pour le mordre à mort ?, Hibari ouvrit bruyamment la porte de la toilette et regarda en plissant ses yeux le corps recroquevillé devant la cuvette qui semblait sur le point de régurgiter ses entrailles.
- J-Je vais bien, assura alors l'herbivore en se relevant en chancelant. Juste le repas qui est mal passé.
- Hn, renifla Hibari qui n'avalait pas les mensonges de l'adolescent. S'ils étaient mauvais, je devrais mordre à mort le personnel pour servir des repas avariés.
Les yeux de l'herbivore s'élargirent d'une façon quasi comique et il secoua sa tête vivement tout en niant ce qu'il venait pourtant d'assurer auparavant.
- Non !, fit le petit brun en élevant la voix. Ce n'est pas ça ! C'est juste mon estomac qui est un peu sensible !
- Hn, fit alors le Préfet en plissant légèrement ses yeux, Dans ce cas, je devrais te mordre à mort vu qu'un goûteur avec un estomac sensible ne m'est d'aucune utilité...
L'herbivore trembla alors avant de se détourner du garçon pour vomir à nouveau dans la cuvette des toilettes. Hibari fronça son nez en sentant les effluves nauséabonds et il croisa ses bras résolument sur sa poitrine. Il n'allait pas mordre à mort cet herbivore alors qu'il n'arrivait même pas à maintenir une discussion civilisée.
Enfin, lorsque les vomissements se calmèrent et que l'herbivore ne put qu'hoqueter sans régurgiter quoique ce soit, le Préfet prit une décision et se pencha vers l'adolescent pour ensuite le prendre dans ses bras. L'herbivore poussa un petit cri strident et Hibari resserra ses mains sur le corps du garçon, faisant comprendre à ce dernier la souffrance qui l'attendrait s'il osait agacer son supérieur.
Ils sortirent alors des toilettes, Tsuna enfouissant sa tête dans le col de la chemise du Préfet pour cacher aux autres à quel point il avait honte d'être dans un tel état de faiblesse. Puis, alors qu'ils montaient dans un taxi qui les emmènerait jusqu'à la gare où les attendaient un train, le goûteur remarqua quelque chose. La veste que portait son supérieur sur ses épaules était étonnement lourde, il suffisait de voir comment Hibari avait ses épaules, habituellement hautes, basses. Faisant vagabonder ses yeux sur la veste, Tsuna fronça ses sourcils en remarquant que les poches de cette dernière étaient remplies et hermétiquement fermées. Que contenaient-elles ?
« Ne t'inquiète pas, Tsunayoshi. » assura une voix dans son esprit. « Tu le sauras bien vite. »
« Ieyasu ! » s'exclama avec surprise l'adolescent en fermant ses yeux pour se concentrer sur l'homme spirituel.
Depuis son combat avec l'homme aux épées, Tsuna s'était rendu compte que la boite que lui avait donné Enma était en réalité la boîte-arme contenant Natsu. Depuis, le petit brun n'avait plus quitté l'objet, invoquant les soirs le petit félin pour se prélasser dans son lit tout en caressant le lionceau. Sans oublier que désormais Ieyasu pouvait lui parler dès qu'il le voulait, surprenant parfois l'adolescent lorsque le fantôme prenait la parole au moment le plus inopportun.
« Que veux-tu dire par ''tu le sauras bien vite'' ? » demanda Tsuna.
« Ce que cela veut dire. » répondit plaisamment l'être spirituel. « Maintenant, prêtes attention au jeune homme qui t'accompagne, il n'a pas l'air de brillante humeur... »
Tsuna sursauta et ouvrit ses yeux pour se rendre compte qu'Hibari le contemplait avec un air peu amène.
- Herbivore, déclara avec ennui le Préfet, Nous sommes arrivés.
Le goûteur papillonna des paupières avant de se rendre compte qu'il était assis dans un train et que le véhicule était arrêté, signe que le voyage s'était déroulé alors qu'il était dans un état absent.
Il sortit du train à la suite d'Hibari et emboîta le pas de son supérieur lorsque ce dernier donna leurs valises à un homme de main qui s'inclina respectueusement devant le Préfet du Comité. Ils marchèrent jusqu'à l'arrêt d'un taxi et montèrent dès que celui-ci arriva. Ensuite, le reste du voyage se fit en silence, Hibari regardant avec un air vide le paysage chinois montagnard qui défilait par la fenêtre du véhicule et Tsuna se demandant ce que pouvaient bien contenir les poches de son supérieur.
Puis, le taxi s'arrêta net au beau milieu d'une route de montagne qui serpentait autour des pics de calcaire réputés de la région. Hibari sortit de l'automobile et Tsuna s'empressa de le suivre une fois que le Préfet eut payé le déplacement. Ce fut à ce moment-là que la façade civilisée du garçon se défit, une fois que le taxi fut parti, le Préfet redressa ses épaules et se mit en marche, gravissant le pic de calcaire sans se soucier de la présence de son goûteur. Ce dernier regarda avec surprise le paysage surnaturel qui l'entourait, les divers monolithes qui s'élevaient dans la brume matinale des rizières et les cris des oiseaux qui résonnaient lugubrement dans le silence campagnard, et se reprit lorsqu'il se rendit compte que son supérieur était déjà loin. Hâtant le pas, Tsuna le rattrapa et resta à distance d'Hibari, ayant remarqué que ce dernier était de mauvaise humeur.
Le reste de leur ascension se fit en silence et ils arrivèrent bien vite devant un trou dans la roche qui avait clairement été causé par l'homme. L'adolescent aux cheveux noirs s'avança sans hésitation dans la grotte et Tsuna le suivit après avoir glissé une main dans sa poche, où son pilulier, son amulette, ce qui restait des babioles qui étaient avec le Péché Vongola et sa boîte-arme se trouvaient. La caverne était sombre et basse, ils durent se courber pour avancer et Tsuna heurta parfois son supérieur lorsque ce dernier s'arrêtait sans prévenir pour observer leur entourage.
Enfin, le plafond se fit plus haut et ils purent marcher sans devoir se mettre à quatre pattes. Puis, une ouverture apparut au loin et ils arrivèrent au beau milieu d'une clairière où se trouvait un sanctuaire bouddhiste, plusieurs cônes d'encens brûlant à l'entrée du lieu sacré.
Hibari s'avança sans hésitation vers le sanctuaire, s'arrêtant néanmoins devant la maisonnette où se trouvait une statue de la déité honorée. Il déposa humblement une coupole remplie de nourriture qui se trouvait auparavant dans la poche droite de sa veste et se tourna ensuite vers la porte close du sanctuaire. Ses yeux gris se durcirent et il saisit une baguette qui se trouvait à côté d'un gong pour frapper ce dernier avec force. L'instrument résonna longuement dans la clairière, faisant sursauter Tsuna. Ensuite, le Préfet s'agenouilla devant l'entrée du sanctuaire et baissa la tête, attendant clairement que la porte s'ouvre. Surprit de voir son supérieur prendre les choses si calmement, le goûteur s'avança à son tour et se figea en entendant une voix dans son esprit.
« Donne une offrande à la divinité. »
L'adolescent regarda dans ses poches, cherchant ce qu'il pouvait bien donner et finit par en sortir la broche avec le blason Vongola ainsi que la clochette en jade. Il savait que c'étaient des objets précieux qui pourraient l'aider à savoir ce qui était arrivé à sa famille mais il préféra déposer la broche et la cloche à côté de la coupole de nourriture. Il applaudit ensuite deux fois et s'inclina respectueusement devant la statue. Puis, il s'avança vers l'endroit où se trouvait Hibari, ce dernier n'ayant pas bougé pendant tout ce temps, et s'arrêta devant le gong. Levant une main hésitante vers la baguette, il suspendit son mouvement à mi-chemin.
« Ne le fais pas. » conseilla Ieyasu. « Allume l'encens. »
Tsuna hocha la tête et se tourna vers un cône d'encens qui était éteint, son bout noirci et froid prouvant que cela n'avait pas été récent. Il alluma l'encens à l'aide d'une longue tige en bois gravées prévue pour cela et sourit faiblement en sentant l'odeur capiteuse du cône lorsque ce dernier s'enflamma brièvement avant de se consumer lentement. Puis, il s'agenouilla à son tour et baissa sa tête. Son attente ne fut pas longue car la porte s'entrouvrit en un grincement lugubre et l'adolescent releva brusquement sa tête pour croiser le regard aveugle d'un vieillard qui était vêtu de peaux d'animaux et de cuirs entrelacés. De longues rides pareilles à des toiles d'araignées ornaient le visage du nouveau venu et il avait une main pareille à la serre d'un oiseau de proie agrippée à une longue cane dont le haut avait la forme d'une tête d'oiseau pour le pommeau.
- Des visiteurs, s'exclama avec une voix qui n'était pas plus forte qu'un murmure le vieil homme.
- Talbot, déclara calmement Hibari en se redressant.
Les yeux aveugles du dénommé Talbot se tournèrent aussitôt vers l'endroit où se trouvait toujours agenouillé le Préfet et les lèvres craquelées du vieillard s'entrouvrirent en un sourire édenté.
- Hibari Kyoya, Préfet du Comité de Discipline, souffla doucement le vieil homme.
L'adolescent se leva et s'avança vers Talbot, sortant les objets que contenait sa poche gauche. Il se mit alors devant le vieil ermite et prit à nouveau la parole.
- Je suis venu pour réaliser notre promesse, annonça d'une voix claire Hibari.
Talbot avança une main ridée vers la boîte que lui présentait l'adolescent et ouvrit celle-ci pour ensuite faire glisser son doigt sur les sept débris qui s'y trouvaient.
- Sette annelli di Vongola, murmura en italien le vieil homme tout en gardant sa main sur les vestiges qui se trouvaient dans la boîte.
- Exact, affirma calmement Hibari. Je veux que tu les répares au plus vite.
- Les réparer ne sera pas aisé, répondit Talbot en reculant sa main lentement pour empoigner avec force sa canne. Tu les as détruit consciencieusement, suivant à la lettre mes conseils. Leurs esprits ne me parlent plus...
Ce fut à ce moment-là que deux choses se passèrent simultanément.
Tsuna, qui était resté en retrait jusqu'alors, ressentit un éclair le traverser et une envie inexpliquée de prendre les restes de ce qui avaient été les sept anneaux Vongola pendant qu'Ieyasu hurlait dans sa tête de douleur et de rage mêlée.
Et Talbot dirigea ses yeux aveugles vers l'adolescent brun. Les lèvres parcheminées s'étirèrent en un sourire surpris et il s'avança en chancelant vers l'endroit où le jeune goûteur était toujours agenouillé pour s'arrêter devant ce dernier.
- Qui es-tu, enfant ?, demanda alors Talbot avec curiosité.
- Sawada Tsunayoshi, répondit à la place du nommé Hibari, Mon goûteur.
- Il a une bonne aura, susurra avec plaisir Talbot tout en se rendant vers l'intérieur du sanctuaire. Suis-moi, Sawada Tsunayoshi, nous allons faire revivre les anneaux.
Tsuna ouvrit de grands yeux surpris et se tourna vers son supérieur, attendant visiblement que ce dernier lui dise quoi faire. Voyant qu'Hibari était tout aussi pris au dépourvu que lui, le goûteur se ressaisit et s'avança à la suite du vieillard, la boîte contenant les vestiges des anneaux dans les mains.
- Ano, hésita Tsuna en s'asseyant sur les tatamis poussiéreux du sanctuaire comme lui avait demandé de faire son hôte, Pourquoi suis-je ici, Talbot-san ?
Le vieil ermite se contenta de croasser un rire et secoua sa tête tout en posant les sept restes des anneaux sur la table basse qui les séparait. Il cessa alors de rire et caressa presque songeusement les débris avant de prendre la parole.
- Savais-tu, Sawada Tsunayoshi, que je suis le créateur des premiers anneaux Vongola ?
Tsuna sursauta et regarda avec surprise et frayeur l'ancien qui lui faisait face. Il savait que Talbot était vieux mais il n'aurait jamais imaginé que c'était à ce point. S'il avait conçu les premiers anneaux, cela voulait donc dire qu'il existait depuis des siècles !
- N-Non, répondit après un petit silence le brun.
- J'ai aussi été celui qui a dit à Hibari Kyoya comment les détruire efficacement, murmura calmement le vieil homme.
- Mais, ne put s'empêcher de demander Tsuna, Pourquoi ? C'étaient vos chefs d'œuvres ! Pourquoi vouloir les détruire ?
- Justement, sourit sagement Talbot. C'est au créateur d'empêcher sa création d'aller trop loin. Hibari Kyoya voulait arrêter la vague de péchés et de crimes que généraient mes anneaux, j'ai donc décidé de l'aider de mon propre gré.
- Dans ce cas, fit alors le goûteur, Pourquoi avoir accepté de les réparer ?
- Parce que, expliqua Talbot tout en sortant de son manteau plusieurs instruments et fioles, Il m'a fait promettre que je l'aiderais à les réparer s'il en estimait la nécessité. L'ennemi qui vous menace doit être immensément puissant pour qu'il ait décidé cela...
Tsuna ferma sa bouche, des images du visage ensanglanté et souriant de Byakuran apparaissant derrière ses paupières closes.
- Oui, fut sa simple réponse.
Talbot sourit tristement et se redressa, attirant l'attention de l'adolescent. Ce dernier sentit son amulette ainsi que sa boîte-arme chauffer dans sa poche et il les sortit pour les examiner avec inquiétude.
- Je me disais bien, souffla alors le vieillard en surprenant Tsuna. Les anneaux Vongola, pourtant incomplets le jour de leurs destructions, sont aujourd'hui au complet.
L'adolescent le regarda avec surprise et attendit que Talbot s'explique. Néanmoins, le vieillard se contenta de prendre la boite ainsi que l'amulette des mains du jeune pour les poser sur l'un des débris des anneaux.
- Maintenant, la réparation peut commencer, annonça avec une voix ferme l'ancien.
Tsuna ferma ses yeux alors qu'un éclat de lumière éblouissant jaillissait des mains du créateur des anneaux, ces dernières luisant avec force en réponse.
« Enfin ! » fut le chant de victoire qui résonna dans la tête de l'adolescent alors que ce dernier sentait la faiblesse des dernières heures l'assaillir et le faire sombrer dans les ténèbres de l'inconscience.
- Rapport, ordonna Hibari une fois que la personne au Japon eut décroché.
- Pas d'activité de la part des Millefiore, répondit sérieusement son interlocuteur. Les capitaines Yamamoto et Gokudera ont déjà distribué les anneaux et sont en train d'enseigner aux hommes comment les utiliser. Le Conseiller Reborn est parti en mission sans prévenir. Le cuisinier a disparu cependant.
- Le stupide cheval est parti ?, s'étonna Hibari. Si les rats quittent le navire, c'est un mauvais signe. L'herbivore garde du corps est toujours là ?
- Non, hésita son interlocuteur. Il est parti en même temps que le cuisinier.
- Je vois, déclara calmement le Préfet. Je suis en chemin, prépare les hommes.
- Bien, Kyoya-san, répondit sérieusement Kusakabe en raccrochant.
Hibari se frottant lentement les tempes et se tourna vers son goûteur. Ce dernier observait avec attention l'écran télévisé où passaient des images de désolation et destruction du centre-ville de Namimori. Le Préfet plissa ses lèvres et saisit sans douceur la manche de l'adolescent brun pour lui faire signe de le suivre. Tsuna cligna plusieurs fois des yeux avant d'hocher la tête et de lui emboîter le pas.
Depuis que Talbot avait réparé les anneaux, Tsuna se sentait déphasé. Comme si le monde allait à un rythme différent du sien. Il secoua vivement sa tête pour se remettre les idées en place et enfouit ses mains dans les poches de son manteau pour refermer ses doigts autour de la pierre orange que lui avait remis l'ancien. La réparation s'était bien déroulée, si par bien on voulait dire que les anneaux s'étaient transformés en roches de différentes couleurs. Cependant, cela n'avait pas semblé étonner Hibari et ce dernier s'était contenté de prendre toutes les pierres, ignorant son goûteur alors que celui-ci avait dans ses poches l'un des minéraux. Puis, lorsqu'ils étaient partis, sans un mot envers le fabricant d'anneaux, ce dernier avait empoigné avec force la main de Tsuna et lui avait chuchoté à l'oreille.
« Tu dois avoir de bons gardiens, Sawada Tsunayoshi. Car le ciel ne peut exister sans les éléments qui le composent. »
Tsuna n'avait su que répondre au vieillard et s'était contenté de sourire à ce dernier avant de courir rejoindre son supérieur. Que voulait-il dire par Gardiens ? Et pourquoi sa dernière phrase lui semblait-elle si familière ?
Cependant, toutes les pensées concernant Talbot s'évanouirent quand l'adolescent se rendit compte de l'endroit où il se trouvait. Un avion. Le teint, déjà pâle, du brun vira au cachet d'aspirine et Tsuna se tourna vers le hublot, justement la place où s'était assis son supérieur. Pesant le pour et le contre, le petit goûteur préféra écouter son ventre plutôt que son instinct de survie.
- Hi-Hibari-san, appela d'une voix hésitante Tsuna.
Son supérieur baissa le carnet qu'il lisait, probablement un énième rapport, et toisa avec animosité l'adolescent.
- Puis-je aller aux toilettes ?, demanda en priant les dieux ce dernier.
Hibari se contenta de replonger ses yeux dans son rapport et Tsuna inspira profondément avant de poser une main sur sa bouche. Se précipitant vers les toilettes pour y rejeter ce qu'il venait de manger, le petit brun ne remarqua ni les yeux gris qui le suivirent attentivement, ni les deux silhouettes qui se levèrent en même temps que lui pour le suivre à leur tour. Le Préfet déposa son dossier sur le siège libre de son goûteur et emboîta le pas des deux inconnus. Une fois dans le couloir menant aux toilettes et séparant la première de la seconde classe, les trois hommes se battirent et Hibari regarda avec mépris les deux assassins qu'il venait de mettre à terre. Marchant vers le téléphone qui se trouvait accroché au mur, il décrocha le combiné, arracha le fil et entreprit de ligoter les deux complices avec. Ensuite, lorsqu'une hôtesse de l'air s'avança vers lui avec un air profondément indigné pour le dommage fait au matériel de l'avion, l'adolescent se contenta de montrer sa fausse insigne de policier et déclara qu'il venait d'arrêter deux dangereux terroristes.
Et, avant même que l'hôtesse n'ait pu prendre la parole pour s'indigner ou le remercier, qui sait, ce fut alors qu'une explosion secoua l'appareil. Un cri résonna derrière Hibari et celui-ci se retourna vivement pour voir que l'herbivore avait cessé de vomir et avait ouvert la porte des toilettes pour voir ce qu'il se passait.
Tsuna contempla sans comprendre les deux corps inertes et ligotés, son supérieur qui discutait avec une hôtesse de l'air furieuse et sentit une brusque secousse parcourir l'avion, et son estomac en même temps, pendant qu'une violente explosion retentissait. Ne pouvant retenir un cri, l'adolescent s'accrocha de toutes ses forces à la poignée de la porte et faillit hurler lorsqu'il remarqua une chose. Les passagers étaient en train de crier. Pas le genre de cri que l'on pousserait lorsque l'avion chute vers une mort assurée, non. Le genre de cri que l'on pousse lorsqu'on est menacé par un individu qui dégage une aura meurtrière. Alors, n'écoutant même pas les ordres de son supérieur, ni sa raison, Tsuna courut vers la seconde classe et se figea. Cinq individus, vêtus de l'uniforme noir des Millefiore, menaçaient les innocents passagers avec des armes enflammées. Les yeux du goûteur se posèrent sur le corps inconscient et ensanglantée d'une petite fille qui n'avait même pas cinq ans et qui ne les atteindrait jamais et son sang ne fit qu'un tour. Il mit une main dans sa poche et en sortit la pierre orangée. Cette dernière dégagea une brusque lumière chaude et toutes les personnes présentes durent fermer les yeux.
Cependant, Tsuna garda ses orbes résolument ouvertes et posées sur la pierre. Des souvenirs de ce qui lui avait raconté Talbot traversèrent son esprit et il fronça ses sourcils, concentrant toute sa volonté dans la pierre qui se trouvait dans sa main.
« L'anneau du Ciel ne réagira que si ton cœur est calme et ta décision inébranlable, Sawada Tsunayoshi. »
Tsuna fronça encore plus ses sourcils et sentit subitement un lien dans son esprit se briser et une chaleur bien connue se déverser en puissance dans son corps. Enfin, les flammes cessèrent et l'adolescent put contempler l'anneau Vongola du Ciel. Ses lèvres s'étirèrent en un sombre sourire satisfait et il s'élança vers les cinq membres Millefiore.
Le combat fut vite terminé, Tsuna étant trop rapide pour les cinq hommes qui finirent par se donner des coups tant l'adolescent était véloce. Ce dernier donna de rapides coups sur les nuques des derniers hommes restant et se tourna vers les passagers qui avaient observé avec stupeur le combat. Voyant que les innocents n'avaient rien, Tsuna sentit l'émotion qui faisait bouillir son corps s'achever et il ferma lentement ses yeux, laissant sa flamme s'évaporer. Cependant, les cinq n'étaient pas les seuls membres des Millefiore dans l'avion car une subite explosion secoua à nouveau l'appareil qui piqua alors du nez, faisant hurler toutes les personnes présentes, Tsuna inclus.
Ce fut alors qu'un brusque éclat de lumière mauve illumina le véhicule en entier et lorsque la lueur s'adoucit, l'avion se redressa aussitôt, sa chute étant désormais contrôlée. L'appareil atterrit en douceur dans la mer qu'il survolait auparavant et Tsuna s'empressa de courir vers l'une des portes d'urgence pour voir ce qui avait arrêté leur chute. Il se statufia en remarquant la profusion de petites créatures qui flottaient autour de l'avion, leurs piquants étincelants sous le soleil.
- Des hérissons ?, s'exclama sans y croire l'adolescent.
- Pas des hérissons, corrigea alors Hibari qui venait de s'avancer vers la porte, Rollo.
Tsuna fronça ses sourcils avant de sourire gaiement.
- C'est ta boîte-arme, Hibari-san ?, demanda-t-il avec amusement.
- Hn, affirma le Préfet en vérifiant l'état des passagers pendant que les toboggans d'urgences se déployaient.
- Ils sont mignons, fit alors Tsuna en enfilant son gilet de sauvetage tout en se penchant pour observer de plus près Rollo.
- Hn.
Comme les hérissons, Rollo, d'Hibari maintenaient l'avion à flot, les passagers ne discutèrent pas les ordres de celui-ci et s'empressèrent d'y obéir. Ainsi, les premiers soins furent portés aux blessés et la première classe fut réservée au Préfet.
- Qu'allons-nous faire maintenant ?, demanda Tsuna en s'asseyant sur un des sièges confortables pendant que son supérieur mangeait calmement un plat après que l'autre lui ait donné le feu vert.
- Attendre que les herbivores fassent leur travail, déclara tranquillement Hibari en s'étendant sur un siège qui avait été repoussé en arrière pour faire un lit.
Un long moment passa en silence, durant lequel Tsuna observa avec curiosité son nouvel anneau Vongola et l'autre adolescent endormi. Puis, la voix de ce dernier brisa le paisible silence qui s'était installé.
- Herbivore, fit-il en un souffle. Tu as l'anneau du Ciel.
Tsuna hocha la tête puis se reprit en constatant que Hibari ne pouvait le voir acquiescer.
- Oui, affirma-t-il calmement bien que son cœur battait à cent à l'heure.
Que se passerait-il si l'adolescent lui ordonnait de lui donner l'anneau ? Tsuna savait qu'il n'aurait pas d'autres choix que celui d'accepter. Mais cela lui briserait le cœur. Après tout, l'anneau avait fusionné avec Natsu et Tsuna adorait le lionceau, ce qui était réciproque vu qu'il était aussi le créateur du petit félin.
D'ailleurs, comme s'il sentait l'anxiété de son maître, Natsu apparut en une gerbe de flammes et s'installa en ronronnant sur les genoux du petit brun. Hibari se redressa sur un coude et observa le félidé avec attention.
- Son nom ?, demanda-t-il doucement tout en avançant une main vers le lionceau.
- Natsu, répondit en un souffle Tsuna.
Lorsque la main entra en contact avec la fourrure du félin, l'adolescent sentit un frisson parcourir son échine. En touchant sa boîte-arme, Hibari touchait son âme, se rendit compte le brun en rougissant légèrement.
Le Préfet éloigna sa main de la tête de Natsu et regarda longuement Tsuna en silence. Puis, il ouvrit la bouche et voulut prendre la parole.
Cependant, une secousse parcourut l'avion et les deux adolescents se levèrent en un bond pour sortir de la première classe et voir ce qui se passait. Les pupilles de Tsuna s'élargirent lorsqu'il vit les cadavres qui se trouvaient partout où ses yeux pouvaient se poser. Il blanchit et serra avec force ses poings, ses ongles perçant sa peau et son sang ruisselant le long de ses doigts. Captant un mouvement à sa droite, l'adolescent se tourna et hoqueta en voyant l'expression d'Hibari. Il avait vécu durant ces derniers mois avec le Préfet, pouvant avoir un rapide aperçu des différentes expressions dont pouvait faire preuve l'adolescent. Néanmoins, c'était la première fois que Tsuna l'avait vu aussi enragé.
Hibari avait ses yeux grands ouverts, sa bouche plissée en une ligne stricte et ses tonfas dégainés. Cependant, contrairement aux dernières fois, ses armes étaient recouvertes de flammes violettes qui brillaient avec un éclat furieux.
- Qui a fait ça ?, tonna-t-il en s'avança au milieu du carnage.
Un rire joyeux retentit alors parmi le bruit du sang qui s'écoulait du plafond, de partout, du ressac des vagues contre l'avion et les divers Rollo. Le teint blanc de Tsuna vira alors au livide quand il reconnut le rire. Il ne l'avait pourtant entendu qu'une fois mais cela avait suffi.
- Byakuran, murmura-t-il.
Une silhouette sortit lentement des ombres des profondeurs ensanglantées de l'avion et s'avança vers les deux adolescents. Hibari se mit en garde tout en gardant un silence mortel pendant que Tsuna serrait avec force son anneau Vongola dans sa main.
- Ara, s'étonna avec amusement le nouveau venu vêtu d'un uniforme suspicieusement blanc avec tout ce sang qui les entourait, Tu te rappelles donc de moi, Tsunayoshi-kun ?
Les pupilles de ce dernier se rétrécirent et il enflamma son front tout en invoquant toute sa détermination pour trouver les forces suffisantes pour tuer ce démon. Cependant, avant même que ses flammes n'aient eu le temps d'atteindre les anneaux, une main jaillit dans le dos du petit brun et le frappa sèchement à la nuque, appuyant de ce fait un nerf qui immobilisa le corps du goûteur. Celui-ci tomba lourdement sur le sol ensanglanté et ferma ses yeux. Pendant ce temps, Hibari se jeta sur Byakuran, le responsable de l'évanouissement du brun, et lui asséna un coup de tonfa. Néanmoins, le blanc arrêta net l'arme du Préfet en utilisant un simple doigt. Les yeux du japonais se rétrécirent et il plissa encore plus ses lèvres, générant plus de flammes violettes qui se lancèrent sur le parrain mafieux. Celui-ci les fit disparaître avec un ample mouvement de sa main et continua à sourire avec amusement, comme si ce combat était pareil au bourdonnement d'une mouche inoffensive.
Puis, profitant du fait que l'adolescent aux cheveux sombres avait été jeté à terre suite à une attaque du blanc, ce dernier s'approcha du corps inerte de Tsuna et le prit dans ses bras. Cette vision fit gronder avec haine Hibari et il se jeta sur Byakuran, le projetant à travers tout l'avion et réussissant dans l'entreprise à prendre Tsuna dans ses bras. Le Préfet du Comité de Discipline déposa doucement le corps de l'adolescent inconscient sur un siège qui n'avait pas été détruit par les attaques des deux combattants et se concentra sur Byakuran. Celui-ci s'était rapidement mis sur pieds et avançait vers Hibari, son sourire commençant à disparaître.
- Je n'ai plus de temps pour jouer, Hibari-chan, prévint le Millefiore et levant ses mains pour les arrêter dans les airs vers sa poitrine. Nous allons donc en finir avec le prochain coup.
Le japonais se contenta de renifler avec dédain et mit ses tonfas en position défensive. Les flammes violettes se déployèrent autour de lui, donnant l'impression qu'il était le cœur d'un incendie. Byakuran se contenta de siffler son admiration et rétrécit ses yeux, son sourire passant d'amusé à un sourire sadique et prouvant qu'il ne montrerait aucune pitié.
Subitement, Hibari se jeta vers l'italien mais ce dernier se contenta de claquer ses deux mains. L'applaudissement retentit dans le silence de l'avion où seules les flammes et l'océan faisaient du bruit. Le Préfet fut alors repoussé par une force invisible.
- L'applaudissement blanc, murmura avec amusement Byakuran.
Subitement, une vague de flammes blanches se dégagea du corps du jeune homme et se propagea dans tout l'habitacle. Hibari ouvrit ses yeux de surprise et généra un mur de flammes mauves qui encaissa la majorité de l'onde de choc de l'attaque de son adversaire. Néanmoins, l'attaque était trop puissante et le japonais regretta que sa boîte-arme soit trop essentielle au maintien de l'avion et qu'elle ne puisse être présente à ses côtés pour combattre et mordre à mort définitivement le démon blanc qui lui faisait face.
Submergé par les flammes immaculées de Byakuran, Hibari tomba à genoux sur la moquette imbibée de sang de l'avion et contempla à travers ses yeux mi-clos son ennemi s'avancer sans hâte vers lui pour ensuite s'arrêter à quelques pas de son corps qui ne répondait plus à ses commandes. L'adolescent qui venait d'être battu observa avec rage et impuissance Byakuran s'accroupir pour prendre dans ses bras l'herbivore comme une mariée et se relever avec un sourire satisfait aux lèvres. Il se tourna ensuite vers la sortie et partit.
Néanmoins, le Préfet eut le temps de remarquer deux choses avant que le Millefiore ne quitte l'avion.
L'herbivore, Tsuna, avait les yeux ouverts, cela se voyait qu'il combattait les effets du coup de Byakuran et était encore trop faible que pour s'opposer au jeune homme. Cependant, il eut la force suffisante pour desserrer ses doigts et laisser tomber à terre l'anneau Vongola du Ciel tout en faisant un petit sourire à Hibari.
Ce dernier ferma ses yeux avec douleur et entendit plus qu'il ne vit Byakuran s'en aller. Lorsque les secours arrivèrent, bien des heures après, l'adolescent ne répondit à aucune de leurs questions, se contentant d'observer avec des yeux vides les deux anneaux qu'il tenait fermement dans sa main.
Il allait sauver cet herbivore. Il allait le sauver pour ensuite le mordre à mort pour lui avoir souri ainsi alors qu'on allait sûrement lui faire des choses atroces.
- Emmenez-moi à Namimori, ordonna-t-il en levant sa tête vers ses sauveteurs.
Ces derniers échangèrent des regards surpris en voyant que leur rescapé faisait enfin preuve de coopération et acceptèrent.
- Byakuran-sama, les préparatifs sont achevés, annonça une voix masculine.
- Bien, fit la voix guillerette de l'interpellé. Faites comme je l'ai dit.
Un bruit de pas se fit entendre pour ensuite s'évanouir. Tsuna fronça ses sourcils et finit par trouver la force suffisante pour ouvrir ses yeux. Un grognement lui échappa lorsque la luminosité de l'endroit où il se trouvait l'aveugla et il dut attendre quelques minutes avant de pouvoir distinguer son entourage.
- Ara, Tsunayoshi-kun, s'exclama alors Byakuran en se tournant vers le brun. Tu t'es enfin réveillé.
Tsuna fronça ses sourcils et se rendit alors compte qu'il se trouvait dans un salon, vêtu de l'uniforme blanc des Millefiore et que le dirigeant de ceux-ci se trouvait devant lui, mangeant avec appétit un paquet de marshmallows.
- Byakuran, déclara d'une voix basse le brun. Que fais-tu ? Pourquoi m'as-tu emmené ici, habillé comme ça ?
Le sourire du jeune homme aux cheveux blancs s'élargit et il se pencha vers l'adolescent, un air conspirateur étalé sur ses traits gracieux.
- Que dis-tu d'une bonne tasse de thé, Tsunayoshi-kun ?, demanda-t-il en montrant le service de thé qui se trouvait sur la table basse du salon. Nous avons beaucoup de choses à nous raconter.
RaR
Haha 8D : Ce n'est pas du sadisme. Juste de l'amusement en vous voyant grincer des dents... Ok, c'est du sadisme. ^^ Tu n'as pas à me remercier d'écrire pour les fans, je le fais avec grand plaisir ! :D
Badou : Ooh~ que de compliment */* Contente de voir que le rapport de Ryohei t'a fait rire. Moi-même, je souriais en écrivant cette partie, ma très chère béta-esclave peut même le confirmer ;)
natural error : Incroyable, au moment où je me suis mise à travailler le chapitre, j'ai reçu ton commentaire ! Était-ce un signe du destin pour me dire de me dépêcher ? xD Cette anecdote mise de côté, je suis ravie de voir que mon histoire te plaît ^^
Alors, comment vous sentez-vous après ce chapitre ? Déboussolés ? Sur le point de tuer l'auteur pour avoir osé s'arrêter sur un cliffhanger ? (si vous ne savez pas ce que c'est, demandez à notre grand ami Wikipédia :p)
Sinon, dernière note, plus anecdotique cette fois-ci, les pics de calcaires de Yangshuo sont une véritable attraction touristique et, je dois l'avouer, ils sont fascinants lorsqu'il y a de la brume. Je vous conseille de regarder quelques images pour vous faire une idée de ce qu'a découvert Tsuna :D
Sur ce, à dans deux semaines, où la véritable action, le feu d'artifice comme je l'avais promis à Yukiche, commencera~
