Chapitre 13

Shaw observa la station de métro autour d'elle puis reporta son attention sur la table pleine d'armes vers laquelle s'était dirigé John. Elle s'approcha, attrapa un pistolet et le soupesa. C'était plus lourd que ce qu'elle croyait. Elle s'adressa à John.

– Tu sais t'en servir ?

John eut un léger rire. Shaw continua à le fixer.

– Tu peux m'apprendre ?

Il la regarda et fit oui de la tête.

– Maintenant ?

Toujours le même hochement de tête de sa part.

Elle commençait à l'apprécier. Il parlait peu mais avait un côté rassurant et semblait en connaître un rayon sur la façon de se battre, et celle d'utiliser les flingues. C'est tout ce qu'elle demandait pour l'instant.

Harold qui avait surveillé Shaw depuis son arrivée prit la parole.

– Montrez-lui les rudiments, John. Mademoiselle Groves et moi allons essayer de récolter le maximum d'informations pour trouver Mademoiselle Zhirova.

Cela faisait trois heures qu'ils étaient partis s'entraîner. Harold et Root n'avaient guère avancé. Ils n'avaient pas réussi à trouver quelque chose d'intéressant. La jeune femme soupira.

– Comme vous le savez, Harold, c'est la machine qui m'a demandé d'aller voir Shaw la première fois. Je ne sais pas vraiment pourquoi… Non, ce n'est pas vrai, je sais pourquoi. Shaw est différente, elle n'est pas comme les autres…un peu comme moi… Je me suis aussi beaucoup attaché à Gen. C'est drôle la vie, parfois il faut peu de temps pour se lier complètement à des inconnus…

Harold la regarda songeur. Elle se tourna vers lui.

– Je vais les rejoindre. On n'avance à rien ici.

Elle se dirigea vers la sortie de la station de métro ne laissant pas le temps à l'homme de répondre.

Vingt minutes plus tard, Shaw et John entraient dans la station. Shaw regarda autour d'elle.

– Elle est où Root ?

– Je croyais qu'elle vous avait rejoint répondit Harold.

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Root n'avait cessé d'interroger la machine sur la localisation de Gen, sans succès. La machine restait silencieuse. Elle se pencha par-dessus la corniche et regarda la ville en bas du gratte-ciel, trente étages plus bas. Elle monta sur le parapet en s'adressant à la machine qui l'espionnait par le biais de la caméra de surveillance sur le toit.

– Harold t'a appris le black jack et les échecs, mais t'a-t-il appris à jouer à la poule mouillée ?

Elle se tenait debout sur le muret à deux pas du vide. Elle continua fixant la caméra.

– Je vais marcher sur le rebord les yeux fermés jusqu'à ce que tu m'aides à trouver Gen, sinon, je fais le saut de l'ange vers la mort. Elle écouta un instant le sifflement du vent dans son oreille, ferma les yeux, et se mit à marcher. Son cœur battait la chamade, le vent à cette hauteur était assourdissant et d'une force incroyable. Chaque bourrasque la faisait chavirer d'un côté et de l'autre. Root, toujours les yeux clos, fit un nouveau pas.

Elle s'adressa à la machine.

– Tu as calculé la vitesse du vent. Tu sais comme c'est dangereux. Lequel des deux est pire ? Que nous travaillons ensemble, ou que je franchisse seule la dernière étape.

La machine lui transmit les coordonnées. Elle ouvrit les yeux et regarda la caméra.

– Merci d'avoir jouée. Lâcha-t-elle avant de descendre de la corniche.

En bas de l'immeuble, elle vola une voiture et conduit jusqu'à l'hôpital psychiatrique dont la localisation avait finalement été révélée par la machine.

Elle envoya les coordonnées par sms à Harold et entra dans le bâtiment.