Deuxième chapitre... Dédicacé à Kiko et Luciii3 (merci les filles, vos reviews m'ont réchauffé le coeur). Brefouille, donc pour vous un petit chapitre introductif à l'amour naissant d'evey et Rogue. Passionnées des passages M, je vous en fournirai un plus tard, parole de langue de vipère. Celui-là n'est que le début.

Ne me dites pas que vous captez toujours pas, c'est encore normal, personne ne sait qui a tué Moira et Abigail. C'est normal, je répète, la situation est sous sontrôle.

Faut bien que je m'amuse avec vous, vous qui ne m'écrivez que bien peu souvent...

OoO

Evey se leva et arpenta la pièce, tandis que Pikkles sautait de son tabouret et ouvrit les portes de l'armoire pour y trouver une tenue décente.

-Vous verrez, vous ne regretterez pas d'être ici.

-Mais il a tué Moira et Abigail! Il s'en est fallu de peu pour qu'il ne te tue, toi! C'est un monstre! Et maintenant, il m'a enlevé mon enfant!

-Vous avez peur des relents des marionnettes, des petits pois et des monstrueux éléphants?

Pikkles et sa fichue surdité. Evey soupira et se massa les tempes. Cet homme, ce rustre, l'avait accueillie au manoir il y avait un mois et aussitôt, l'avait privée de sa baguette. Toutefois, ce n'était pas le pire pour Evey, car elle était mère. Et vulnérable.

Il avait emmené son enfant, la pétrifiant dans cet endroit qui n'était plus qu'un fantôme d'une vie meilleure. Tout n'était que poussière, tout était froid, les meubles et les pièces vides, les lustres et les livres, éteints, les miroirs et les statues étaient brisés. Elle demeurait ici parce qu'elle le devait. Il ne lui rendrait son enfant que si elle restait ici. Elle était piégée. Impuissante, démunie.

Heureusement ou pas, il lui restait sa vieille elfe, qui gardait espoir, comme si tout ce que sa maîtresse endurait n'était que naturel et rédempteur. Et le souvenir de Severus.

-Vous savez, vous avez toujours vos livres... Vous vous souvenez de vos livres...?

-Je ne garde en mémoire que son visage.

-Le Rivage des Syrtes? Oui, un livre assez compliqué. Je n'y ai jamais rien entendu!

-Je ne dessine de mes rêves que le contour de ses traits palpitants.

-Les Vautours?... Connais pas. Ça parle de quoi?

-Je me réchauffe de sa voix, comme un écho plaintif, qui me chercherait sur tous les chemins obscurs...

-Jude l'Obscur?... Oui très bon. Mais un peu désuet, non?

-Il marche dans mon ombre, et sa muette présence apaise ma douleur...

-La Mouette? De Tchekov?...vous z'avez pas plus tapageur non plus?

-Et un jour, il me reviendra, il me reviendra et sauvera notre enfant...

-Vous récitez des vers de Pétrarque, hein? C'est bien votre style...

Evey se tut et se remémora cette déchirure lors de leur septième année.

OoO

Comme toujours, ils s'étaient retrouvés près de la statue de la sorcière borgne et ils se dirigeaient vers la Salle sur Demande, pour y passer la nuit ensemble. A travailler, en bons amis qu'ils étaient.

-Evey, t'aurais pu lui dire ça autrement... C'est pas très plaisant d'entendre de sa propre cousine qu'on est le "plus abruti des Dom Juan..."

-Il le méritait! Tu as vu comme il a traité Lily cette semaine? La pauvre!

Severus rit tout de même à la tête renfrognée que son amie faisait:

-Et maintenant, il est tellement vexé qu'il veut retourner au manoir pour Noêl. Il aura droit à se faire admonester par tes deux tantines!

-Ne ris pas de mes tantines, elles sont très bien, mes tantes!

-Oui, elles t'ont cloîtrée dans ton horrible prison pendant onze ans... Un service mémorable!

-Severus, t'es pas drôle! Elles ont fait cela pour notre bien! tu te souviens de cette nuit...? Ou James a failli se faire tuer? C'est normal de...

-Oui mais lui, il a une nature à s'attirer les problèmes!

-Arrête!

Elle venait de marquer la limite, comme toujours. Evey était très protectrice de James et très jalouse de la réputation de ses tantes. Le jeune homme tenta donc de rattraper maladroitement la conversation:

-Et le nouveau prof de Défense contre les Forces du Mal, tu le trouves comment?

Evey frissonna:

-Je ne sais pas, je le trouve étrange. J'ai l'impression de l'avoir déjà croisé... Mais bon, le cours s'est passé normalement. A part lorsqu'il nous a mentionné, James et moi. C'était un ton malsain, tu ne trouves pas?

Elle se retourna vers lui et il put voir une mince lueur d'inquiètude passer dans ses yeux. C'était un appel à la calmer par une démagogie affectée:

-Bien sûr que non, il n'était pas...

-Je suis sérieuse, Severus.

Apparemment, il avait mal interprété son regard. Elle voulait une réponse franche:

-Ben, oui, c'était un regard qui a jeté un malaise, mais il faut laisser les choses venir. Ne te mets pas Martel en tête, attends de voir venir.

Elle grimaça. Même quand elle lui demandait de lui donner une réponse franche et sans atours, il ne pouvait s'empêcher de lui sortir son attitude de "Je-Sais-Tout"!

Ils continuèrent d'avancer en silence entre les murs froids.

Ce nouveau professeur de DCFM... Le professeur Dippet avait pris sa retraite l'année dernière et la directrice des Gryffondor avait pris sa place, à la recherche d'un professeur qui pourrait pourvoir le siège des Défenses Contre les Forces du Mal.

Minerva MacGonagall avait ainsi engagé un certain Tom Jedusor qui avait été un ancien élève. Particulièrement brillant, car il avait un blason à son nom dans la Salle des Insignes où briller une dalle sur laquelle il était écrit qu'il avait rendus des grands services à l'école.

-Mais il est tout de même un peu bizarre, je suis d'accord avec toi.

Severus frissonna. Il avait eu l'air de s'intéresser grandement à son nom et ses yeux avaient roulé de malice lorsqu'il avait aperçu au fond de la classe l'élève discret.

Ils atteignirent la Salle sur Demande mais ne se doutaient pas en pénétrant la pièce qu'ils étaient épiés. Une ombre les observait depuis l'angle du couloir. Elle se retira en ne laissant voir qu'un bout de sa cape.

OoO

-Evey je suis fatigué, on peut s'arrêter là pour ce soir...

-Mais c'est passionnant! Se récria-t-elle en lui tournant le dos. Ils dormaient dans cette salle tous les soirs, avec leurs deux lits respectifs, au centre d'une bibliothèque immense. Et pour Severus, cela était un délice perpétuel, quand bien même Evey ferait montre d'un caractère de cochon. Comme ce soir.

Il ne savait pourquoi, mais elle comptait plus que n'importe qui pour lui. Peut être depuis cet incident lors du saule cogneur. Les petits amis de son cousin s'étaient amusés à le faire entrer dans la gueule du loup, mais son amie l'avait su et avait hurlé sur James, qui avait accouru pour le sauver.

Il avait saisi ce regard d'angoisse qu'elle avait affiché lorsqu'il avait été tiré de là. Elle haletait. C'était très impressionnant. Aujourd'hui encore, il était sûr que Sirius se remémorerait la raclée qu'elle lui avait fichue dans sa furie. Et son cousin.

Visiblement cet incident avait brisé quelque chose entre eux.

-Severus, tu es impossible! J'en suis à la révolte gobeline des années 1847-1848. Marlof le Sage vient de se faire assassiner par un sorcier inconnu!

Il s'affaissa sur son lit. Merlin qu'elle était horripilante avec ses histoires de gobelin. Ces abrutis de gobelins. Si seulement ils n'avaient pas existés. Il aurait pu passer une nuit adorable à parler avec elle. A la place, elle leur consacrait toute son attention et il restait là, à papillonner en attendant qu'elle s'endorme sur Godefric le vaillant qui tue Marlif le Pieux pour s'assurer le contrôle de la compagnie Gringott's en 1927.

Perspective trop douloureuse.

Il fit léviter l'ouvrage, lui arrachant un cri. Elle se retourna, furieuse, vers lui.

-SEVERUS! RENDS-LE MOI!

-Ah ça! Va falloir venir les chercher, tes gobelins.

-Seve..!!

-Allez Evey, viens chercher les gobelins!

Il s'assit sur son lit et attira le livre à lui, passionné par ce nouveau jeu. Il afficha même un petit sourire en coin, très sardonique.

-Je te déteste!

Elle accourut sur son lit, et de ses petites mains blanches, tenta vainement d'attraper le livre, à quelques dizaines de centimètres au dessus de la tête de l'imperturbable gredin.

Il ferma les yeux lorsque les manches de son pyjama effleurèrent son visage et que son parfum l'entoura, pour savourer une sensation qui lui était familière, bien qu'il ne sache pas la nommer.

Elle retomba sur lui, à force de s'étirer et d'étirer son corps pour attraper l'ouvrage.

Ils restèrent allongés, ainsi, étonnés comme s'ils prenaient conscience de la situation comme un rêve qui vient de se terminer pour laisser place à un réveil brutal. Et une réalité qui jaillissait de façon trop violente.

Son corps s'étalait sur lui, le couvrait. Il le sentait fermement sous sa chemise de nuit. Ses cheveux retombaient en boucles interminables sur son torse et lui chatouillaient la peau. Son souffle était chaud dans son cou et son parfum. Ce parfum. Cette terrible fragrance qui ne faisait que précipiter ses sens dans une abîme de délires jouissifs.

Il haleta, désemparé mais pris de tremblements qui lui firent se mordre la lèvre.

Elle était sur lui. Elle avait le nez contre son cou délicat. Ses cheveux épars sur l'oreiller et son corps sous elle, qui pulsait avec une force envoûtante. La chaleur qui se répandait en elle était certes gênante, mais très agréable, et elle eut l'envie irrépressible de s'y abandonner, comme une vapeur qui l'envelopperait voluptueusement.

Elle se détendit mais releva la tête, pour le regarder.

Leurs regards se rencontrèrent. Éperdus, étonnés mais vivants. Tendrement vivants.

Il approcha son visage d'elle, ses mains emparèrent son petit visage surpris et l'emprisonnèrent avec douceur. Elle se laissa faire, pencha la tête de côté et épousa ses lèvres. Ils s'embrassèrent chastement, d'abord chastement, puis avec fougue, avec maladresse et tempête.

Le lit s'agita sous eux, grinça.

Ils se donnèrent l'un à l'autre cette même nuit, entourés des tous les poètes du monde, rangés sur des étagères, qui les regardaient avec bienveillance.

Elle cria, elle empoigna les couvertures, et crispa ses mâchoires. Il poussa, soupira, gémit et murmura. Ils haletèrent, suèrent et s'étreignirent jusqu'au petit matin.

Personne ne vint les chercher ici le lendemain. Et la fin d'après-midi les trouva encore enlacés, encore attachés l'un à l'autre malgré le temps et l'inconscience.

OoO

Evey sourit quelque peu à cette pensée. Leur première fois. Que devenait-il, à présent, le père de son enfant? Viendrait-il l'arracher à ce Tom Jedusor qui retenait l'enfant et sa malheureuse mère?

Pikkles sortit une robe de jeune fille de son armoire:

-Je suis sûre qu'elle vous ira comme un gant!

-Tu dis cela chaque matin, Pikkles.

-Vous préférez un costume de marin? Mais qu'elle idée!

Evey secoua la tête, lui sourit et enfila la robe tendue par l'elfe, même si elle ne lui allait que moyennement. Avec les années, elle avait grandi et cette robe était décidément trop petite.

OoO

voilà, comme promis à Enitna, deux chapitres (oui, je sais, c'est le soleil de votre vie, la joie de vos soirées, le bonheur de vos fantasmes, etc. le pied, quoi.) Allez, une petite review, juste pour dire que vous comprenez pas. Çà serait tellement gentil... (noeils de cocker inadmissible de la part d'une auteuse indépendante...)

Et si je vous dis que je vouzaiiiiiime?

(Encore ces saloperies de noeils de cocker qui vaudraont à Snakky une réputation de mendiante... tu te fourvoies, ma vieille...)