Salut ! Voilà la suite ... nous retrouvons Cho ... il fallait bien éclaircir les choses entre Harry et elle ... Bonne lecture ...

Le reste des vacances passa à une vitesse hallucinante du point de vue d'Harry et d'Hermione. Il était inutile de dire que cette nuit passée dans les bras l'un de l'autre avait fini par briser le peu de barrières qu'il restait depuis "l'accident" d'Hermione. La complicité était à nouveau totale.

Rapidement, les couloirs furent à nouveau sillonnés par les élèves qui se rendaient à leurs cours respectifs. Harry avait bien évidemment tout raconté à Ron de ses vacances. Celui-ci avait avoué à Harry ses soupçons ainsi que tous les efforts qu'il avait fait avec Ginny pour qu'il n'ait jamais une crise en présence d'Hermione. Harry lui avait fait la tête une bonne semaine, laissant Hermione perplexe sur les motifs de cette dispute ; mais il finit par comprendre que c'était par amitié qu'il avait fait ça et lui pardonna. Ils parlaient souvent des sentiments de Harry laissant ce dernier stupéfait de la maturité qu'avait gagné Ron depuis le début de l'année en matière de conseils amoureux.

- Dis Ron ! Aux dernières nouvelles tu n'es pas ce qu'on appelle un tombeur ! Alors comment ça se fait que tu puisses me donner autant de conseils ?

- Ben ... commença Ron gêné.

- Aller crache le morceau ! Comment elle s'appelle ?

- Samantha.

- C'est une Poudlarienne ?

- Non, elle étudie à Beauxbatons, parce que La Réunion est française. Elle étudie donc en France.

- Laisse moi deviner ... elle fait partie des "mystérieux" amis qui sont venus chez vous à noël, lança Harry narquois.

- Heu oui, répondit Ron de plus en plus écarlate.

- Et comment ça s'annonce vous deux ?

Ron devint tellement rouge qu'on aurait pu croire qu'il venait d'avaler une flasque de Whisky-Pur-Feu d'une traite. Harry ouvrit la bouche de stupeur, comprenant bien ce que signifiait ce silence.

- Et c'est maintenant que tu me le dis ! Tu n'as pas une photo d'elle ? Je veux voir de quoi elle à l'air !

Ron se pencha par dessus son lit et farfouilla dans sa valise.

- Eh ben ! Mais t'as des gouts de luxe ! s'exclama Harry hilare en voyant une jeune fille brune aux yeux bleus et à la peau mate. Et ça fait combien de temps ?

- Et ben disons que je pensais qu'elle ne m'aimait pas. Que nous ne pourrions être qu'amis mais à noël on s'est vraiment rapprochés et enfin voilà quoi.

- C'est pas trop dur de ne pas pouvoir la voir pendant plusieurs mois ?

- Ben en fait elle m'a invité à venir la voir à Beauxbatons pendant la deuxième semaine de Pâques, répondit le rouquin avec un sourire béat.

- Et ben ça fait du bien de voir que tes amours marchent au moins. Moi je suis dans une impasse, reprit Harry en pensant que l'objet de ses rêves prenait sa douche dans la Salle de Bains des Préfets au moment où ils parlaient, avant de secouer la tête afin de ne pas laisser cavaler son imagination trop loin.

- Tu sais Harry, il y a une chose que j'ai appris avec ma propre expérience. Si Samantha n'avait pas fait le premier pas, moi j'aurais jamais osé et on serait passé à côté de nos sentiments.

- Peut être mais on est tellement proche avec Hermione que si je lui dit que je l'aime, non seulement je vais me rendre ridicule mais en plus je vais perdre son amitié. Je préfère encore me contenter de ce que j'ai tu sais ...

- De toute façon je ne peux que te donner mon avis et tu sais mieux que personne ce que tu te sens de faire ou pas, répondit Ron en essayant de ne pas paraitre trop déçu.

Il mourrait d'envie de dire à Harry que ses sentiments étaient largement partagés mais Dumbledore l'avait convoqué, lui et Ginny, à leur arrivée dans le château pour leur donner des instructions. Ron avait violemment protesté sur le fait qu'il ne devait pas dire à ses amis quels sentiments les unissaient ; que c'était les condamner à une souffrance inguérissable mais Dumbledore lui avait fermé le clapet avec un argument en béton armé. En effet, Dumbledore avait décidé de prendre la relève de Rogue dans les leçons d'Occlumancie vu le peu de résultats que le Maitre des Potions avait récolté. Il était absolument indispensable que Harry apprenne à fermer son esprit pour que Voldemort ne puisse plus se servir de leur connexion. Les cours du second semestre étant bien plus denses que ceux du début de l'année, Dumbledore espérait que Harry se plonge assez dans son travail pour endormir un peu ses sentiments. Voldemort n'ayant que faire des matières de Poudlard, Harry serait relativement en sécurité au moins le temps de progresser en Occlumancie. Par contre, l'allégresse provoquée par la concrétisation de sa relation avec Hermione revenait à servir Harry cuit au petits oignons à Voldemort. En ne disant rien aux intéressés, au moins, ils ne faisaient pas d'Hermione une proie facile. C'est donc avec un masque d'impassibilité que Ron regardait Harry se poser des milliers de questions alors qu'il bouillonnait à l'intérieur de lui même.

Ginny, du même avis que son frère et ne supportant pas de laisser Hermione comme ça avait cependant réussi à négocier l'explication des crises. Hermione en avait assez rarement mais cela avait suffi pour la rendre curieuse. Dumbledore n'avait pu que s'incliner sachant pertinemment que quand Hermione Granger cherche une réponse quelque part elle finit toujours par la trouver. Hermione avait été stupéfaite d'apprendre qu'elle ressentait ce que Harry ressentait et en même temps heureuse qu'un lien si unique ait pu se tisser.

La reprise des cours fut assez rude pour notre trio. Dumbledore n'avait pas menti en disant à Ron que tout allait s'intensifier. Ils avaient autant de travail si ce n'est plus que lorsqu'ils avaient passé leurs BUSES. Harry, visiblement beaucoup plus enclin à s'entrainer à fermer son esprit avec Dumbledore qu'avec Rogue, devenait peu à peu un occlumens assez potable, mais il n'avait plus aucune minute à lui. Il du même renoncer à certains entrainements de Quidditch, ce qui mettait Angelina passablement en colère. Le talent naturel de Harry pour voler sur un balai lui permit heureusement de rester à niveau, et la Capitaine de l'équipe de Gryffondor garda pour elle ses réprimandes.

Il eut cependant le bonheur d'avoir un après midi de libre lorsqu'un cours de Botanique fut annulé du fait qu'un troisième année avait ravagé la serre numéro six. On était déjà au mois d'avril. Il décida d'aller à la bibliothèque avancer ses devoirs afin de pouvoir passer le weekend un peu plus tranquillement. Ses bonnes résolutions partirent en fumée lorsqu'il vit Cho entrer dans la salle. Quand elle aperçut Harry, elle lui sourit timidement et alla s'assoir à une autre table. Etonné, il alla la rejoindre.

- Cho ? Bonjour ...

- Oh bonjour Harry.

- Tu vas bien ?

- Oui très bien pourquoi ?

- Je ne sais pas mais tu as l'air triste, ou soucieux , quelque chose comme ça.

- Non je t'assure que tout va bien, dit-elle en faisant un sourire.

- Tant mieux. On a pas eu l'occasion de se parler depuis les vacances et je pense qu'il faudrait, dit Harry bien décidé à ne pas perdre l'amitié de la Serdaigle.

- Oui tu as raison.

Harry s'assit à côté de Cho et lui mit la main sur l'épaule.

- Ecoute, je pense qu'il faudrait arrêter de se voiler la face et se parler franchement, alors voilà je me lance ... je pense que tu connais l'origine de mes crises n'est-ce pas ?

- En effet, Dumbledore m'a tout expliqué.

- Quoi Dumbledore ? lança Harry avec un pointe d'agacement.

- Oui, quand ils ont retrouvé Hermione et que Mme Pomfresh l'a soignée, Dumbledore m'a convoquée dans son bureau. Il m'a expliqué ce qui c'est passé et m'a montré le lien qu'il existe entre vous.

- Donc, tu savais que j'aimais Hermione ...

Harry écarquilla les yeux, alors qu'il faisait le lien.

- ... tu le savais même avant moi et c'est pour ça que tu as eu ce mouvement de recul quand je t'ai embrassé ! Maintenant tout s'éclaire ! Mais pourquoi ne pas me l'avoir dit à ce moment là ?

- Dumbledore pensait que ça pourrait avoir des répercutions néfastes et que de toute façon tu ne mettrais pas longtemps à découvrir la vérité ... et il avait raison.

- Je vois ... mais toi ? Comment tu as pris ça ?

- Oh moi, au début j'étais désespérée parce que je pensais être amoureuse de toi, mais Dumbledore m'a prouvé que non.

- Ah bon ? Comment ça ?

- C'est simple, si je t'avais aimé, j'aurai subi les effets du sortilège tout comme toi.

- Oui c'est vrai ...

- Et puis de toute façon je sais ce que tu représentes pour moi maintenant.

- Ah et je peux savoir ?

- Tu te rappelles quand on a parlé de ton enfance à Halloween ?

Harry acquiesça.

- A ce moment là, je t'avais dit qu'il ne m'était rien arrivé de spécial dans mon enfance mais je n'étais pas complètement sincère.

Harry sentit que Cho allait lui faire une confidence assez douloureuse. Il lui prit la main pour essayer de la réconforter.

- Quand j'avais environ huit ans, ma mère m'a annoncé une grande nouvelle : j'allais devenir grande sœur.

- Je ne savais pas que tu avais des frères et sœurs.

- Non, pas vraiment.

Elle avala sa salive avec difficulté. Mais elle avait commencé et elle savait que de confier son histoire à Harry lui ferait du bien.

- En fait j'ai eu un frère mais ... je l'ai tué.

Harry regarda Cho, ne sachant vraiment pas quoi faire ni que dire. Cependant, le fait de lui tenir la main semblait lui faire du bien puisqu'elle poursuivit son récit.

- J'avais dix ans et lui deux ans. Je savais je j'allais bientôt entrer à Poudlard et j'avais tellement hâte ! Je n'avais pas la patience d'attendre encore une année alors je subtilisais la baguette de ma mère et je m'entrainais avec un vieux livre que j'avais trouvé au grenier. Il avait appartenu à mon grand père qui était Auror. Bien sûr la majorité des sorts étaient infaisables pour moi vu mon niveau. Mais un jour, en prononçant une formule, la baguette a fait des étincelles et j'étais tellement surexcitée que j'ai réessayé jusqu'à avoir un résultat. C'était le sortilège de Confusion. Au bout de plusieurs tentatives, le sort a marché mais j'avais pas vu que mon frère était là.

Cho respira à fond et une larme coula sur sa joue.

- Le sortilège a ricoché sur le miroir de ma chambre et a frappé mon frère. En temps normal, ce sortilège n'est pas dangereux mais pour un enfant de deux ans, il est mortel ...

Cho se tut. Harry n'avait pas besoin d'en entendre davantage pour comprendre. Il cherchait ses mots pour la réconforter du mieux qu'il pouvait.

- Ce n'est pas de ta faute, c'était un accident ... commença t-il.

- Peut être mais ma désobéissance a couté la vie de mon frère et ça je ne me le suis jamais pardonné ! s'exclama douloureusement la jeune fille, des larmes inondant son visage.

- Ça doit être un lourd fardeau à porter mais sache que tu n'en restes pas moins une fille formidable. Crois moi ...

Cho sourit timidement et murmura un minuscule "Merci".

- Mais dis moi, qu'est-ce que je viens faire là dedans ? poursuivit Harry.

- Et bien, tu es le frère que j'ai perdu. Quand je te vois si courageux, j'aime penser que Yaten aurait été comme ça aussi. Je t'aime comme un membre de ma famille.

Harry fixa la Serdaigle tendrement. Il était très ému que la jeune fille puisse ressentir autant d'affection à son égard.

- Ça me touche beaucoup. Je suis très honoré de pouvoir prétendre au titre de frère de Cho Chang, finit-il par murmurer.

Cho sourit.

- AH ! Je préfère ça ! s'exclama t-il.

- Merci Harry, je sais pas ce que je ferai sans toi.

- Mais de rien, je ne laisserais pas tomber tomber ma grande sœur quand même !

Cho élargit son sourire et Harry enleva la larme qui s'était attardée sur sa joue.

- Aller sèche moi ça, tu es tellement jolie quand tu souris ...

Cho rougit légèrement sous le compliment, et laissa son sourire s'élargir davantage. Ils passèrent le reste de l'après midi ensemble à faire leurs devoirs.