Posté le : 12 Février 2012. En route pour l'arène !
Note : Je sais bien que vous aviez hâte d'entrer dans l'arène et bien la voici ! La fin du chapitre marque la fin du décompte, et donc le début du bain de sang ! Je pense que le suspens sera accru et que vous commencerez à mieux cerner les personnages puisque pas mal succomberont dès les deux prochains chapitres. Aussi, je vais faire un chapitre sur l'équipe de préparation car beaucoup ont l'air de vouloir en savoir plus sur les mentors ou les stylistes. Je me suis vraiment fait plaisir avec ce chapitre qui marquera une courte pause dans le récit. Par contre, j'hésite encore à faire un chapitre sur l'interview aux familles... Je ne sais pas vraiment si ça serait utile, si ça vous intéresse ou pas du tout. Bref, donnez-moi rapidement votre avis pour que je puisse inclure ou non ce chapitre. Sait-on jamais. Je sais que le rythme de postage est plutôt soutenu et que vous accumulez du retard parfois dans votre lecture. Mais bientôt, je pense que vous me remercierez (sourire sadique), parce qu'à certains moments, vous aurez VRAIMENT envie de connaître la suite. Merci pour toutes vos magnifiques reviews et ceux rejoignant l'aventure... Bonne lecture à vous, D. Would.
POUR Y VOIR PLUS CLAIR. Score de tous les tributs récapitulés (le score en gras et italique est celui du public !, celui en police ordinaire est celui des juges. Entre parenthèses, vous avez les numéros qu'ils ont choisi) :
1. Gwendolyne (Lames de coudes), 6 • 5 – Noatak (Sabres jumeaux), 12 • 12
2. Lana (Camouflage), 3 • 3 – Hason (Trident), 10 • 10
3. Djiena (Boxe), 9 • 9 – Enris (Lance), 9 • 10
4. Blue (Souplesse), 7 • 7 – Gabi (Tir à l'arc), 7 • 7
5. Evannah (Poignards et couteaux), 5 • 5 – Cyl (Lancer de poids), 6 • 6
6. Opale (Fronde), 1 • 3 – Kiet (Fléau et masse), 6 • 6
7. Ada (Escalade), 4 • 2 – Axl (Hache), 6 • 7
8. Seven (Nage), 8 • 7 – Vulphy (Epée), 5 • 7
9. Trinity (Aiguilles et poison), 7 • 8 – Séleucos (Survie et Stratégie), 10 • 11
10. Nestine (Pièges), 5 • 5 – Lugo (Mines), 8 • 7
11. Gwalenn (Noeuds), 3 • 4 – Ferroh (Lutte), 10 • 11
12. Fay (Autodéfense), 6 • 8 – Ethan (Mines), 7 • 5
Chapitre 12 : Le décompte
Hason Xaphin, District 2 – L'or et les diamants, 15 ans
Lana et moi quittons pour la dernière fois notre appartement du Village des Tributs.
Une voiture nous emmène jusqu'à l'aérogare où nous attend un hovercraft. Dans quelques heures seulement – deux, tout au plus – nous serons dans l'arène et le Capitole nous regardera nous entretuer à la plus grande joie du peuple de Panem. Notre mentor et l'hôtesse sont silencieux : ils doivent sans doute évaluer une dernière fois nos chances de survie.
Lana me lance un sourire plutôt encourageant. Je sais qu'une fois dans l'arène, elle rejoindra Vulphy et ses sbires. Pourtant, même si à l'heure actuelle nous sommes déjà rivaux, je la protégerai – au moins autour de la corne d'abondance.
J'aime beaucoup Lana : elle voit toujours le bon côté des choses et sans elle, mon séjour ici aurait été très ennuyant. Nous voyons derrière les vitres teintées les rues du Capitole, peut-être pour pour peut-être la dernière fois. Les passants lancent sur notre route des bouquets de fleurs blanches.
C'est devenu une tradition ici : le jour où on emmène les tributs jusqu'à l'aérogare, les habitants du Capitole leur adressent un dernier salut, respectant dignement notre sacrifice. Une boule se crée dans ma gorge lorsque j'aperçois dans la foule une femme ressemblant atrocement à ma mère. Je sais bien que ce n'est pas elle. Mais au fond de moi, cette présence – quoique factice – me met du baume au cœur. Elle veillera sur moi de là où elle est.
Je me demande si hier soir, elle a regardé mon interview devant Caesar et ce qu'elle en a pensé. Est-ce que je passais bien à l'écran ou est-ce que j'ai été ridicule ou... complètement sans intérêt ? Notre mentor semble tout aussi songeuse que moi. Elle a l'air de se lasser du spectacle des rues du Capitole et lance de fréquents coups d'œil à son bracelet électronique.
En sortant du Village des Tributs, un Muet nous a enlevé le nôtre avec une espèce de pince. Mon poignet est soulagé mais je m'étais curieusement habitué à l'avoir. Je le caresse distraitement et Lana prononce :
– Pas trop inquiet ?
– Si, un peu.
– Je vais t'avouer que si je n'avais pas vidé ma vessie avant de partir, je serais déjà en train de me faire dessus, murmure Lana avant de rire légèrement. Tiens, regarde : on passe devant notre District.
Nous hissons le cou et apercevons au loin le monument dédié aux morts devant lequel nous passions chaque matin pour nous rendre à l'école. Mon petit frère doit sans doute être dans la cour de récréation où sont rassemblées toutes les classes avant le début des Jeux. Ils nous projettent les Hunger Games là-bas lors des cours d'été.
Chaque mois de Juillet, la Présidente Coin a exigé des enfants du Capitole qu'ils se rendent dans leur classe afin d'en apprendre davantage aux sujets des anciens Districts de Panem. On passe alors vingt-quatre jours durant lesquels nous devons en apprendre le plus possible sur ce monde à portée de mains que nous connaissons à peine.
Lana et moi avons passé la plupart de notre scolarité ensemble. Nous avions des amis communs mais nous n'avons jamais pris la peine de nous adresser réellement la parole. Lana était beaucoup plus petite que moi. Enfin, deux ans quand on est encore gamin, c'est la mer à boire.
Le jour de la Moisson, j'ai été étrangement soulagé et nerveux à l'idée que cela soit quelqu'un que je connaisse. Lana a été mon socle, mon repère, le souvenir vivant de mon District. Maman avait été trop abattue pour me rendre visite à l'Hôtel de Ville. Il n'y a que quelques camarades de classe qui sont venus me voir.
Lana a eu autant de chance que moi : elle n'a jamais voulu me dire pourquoi ses parents avaient refusé d'aller lui dire au revoir. Elle fait semblant que ça ne la dérange pas, mais je vois tout le contraire dans ses yeux tristes alors que nous dépassons les frontières connues du Capitole. Je me retourne et vois plusieurs voitures identiques à la nôtre former une file bien nette jusqu'à l'aérogare.
Celui-ci est délimité par un haut grillage acéré. Des Pacificateurs le surveillent étroitement et notre mentor doit montrer son bracelet à l'entrée pour qu'on nous laisse passer. Trois hovercrafts nous attendent, leurs gigantesques hélices pour l'instant encore à l'arrêt. Notre hôtesse nous dépêche de sortir. Un Pacificateur lui indique alors de nous rendre jusqu'au second hovercraft avec les Districts du 1, 3 et 4.
Cyl Vasdanci, District 5 – L'architecture, 16 ans
Le Pacificateur me pousse vers un hovercraft et les hélices commencent à se mettre en route. Je tiens la main d'Evannah alors que ses cheveux volent autour de son visage. Nous sommes suivis de peu par les tributs du 6, 7 et le 8. Lorsque Vulphy Leek entre le dernier, la porte de l'hovercraft se renferme. Un Muet nous indique des sièges tous disposés en cercle autour d'un grand tableau de contrôle.
Je suis entre mon hôtesse et Kiet Linj. Je me demande si dans l'arène aussi, nous serons positionnés selon l'ordre de nos Districts ou au hasard. Enfin, il n'y a jamais de hasard dans les Hunger Games. Tout arrive pour une raison bien précise.
À mes côtés, Evannah semble plongée dans ses pensées. Quelques Pacificateurs déambulent dans l'hovercraft, arme à la main. Est-ce que des tributs se sont déjà insurgés lors du voyage ? Peuvent-ils tirer à balle réelle ou se contentent-ils de nous immobiliser ? Quel drame ça serait si un tribut mourrait avant l'entrée dans l'arène, tout de même.
À ma grande surprise, je remarque que l'instructeur en chef de notre stage d'entraînement est ici également. Il n'a toutefois plus cet air dur d'il y a quelques jours. Il nous observe avec un peu de pitié et de compassion. Je me souviens alors de ce qu'il a dit le premier jour : « Vous êtes tributs pour les Hunger Games. Moi, je rentre à la maison chaque soir pour rejoindre ma femme et mes enfants jusqu'à la fin de ma vie, et croyez-moi qu'elle sera longue... ». Je suis mortifié à l'idée que mon existence puisse brutalement se terminer dans un endroit absolument inconnu, loin de ma famille et des gens que j'aime, et ça sous les yeux de Panem tout entier.
Kiet Linj se fredonne une mélodie qui m'est curieusement reconnaissable... C'est l'ancien hymne du Capitole ! Nous le chantions tous les matins à l'école, avant l'arrivée des professeurs. Nous étions rassemblés dans la cour principale et au-dessus du grand clocher se trouvait un portrait peint du Président Snow, le visage rayonnant et entouré d'enfants joufflus et blonds. J'aimais beaucoup cette peinture : pas qu'elle représente réellement la population du Capitole, mais de ma maison je la voyais en ouvrant les fenêtres de la cuisine.
J'aurais bien aimé connaître Snow : dans mon entourage, on en parle toujours en plus grand bien. Alors, quand les Rebelles ont saccagé cette fresque dans mon école il y a de ça des années, je l'ai vécu comme une sorte de... viol. Je n'arriverai pas bien à mettre un mot là-dessus, mais c'était comme si toutes mes certitudes, tout mon héritage partait en fumée à cause de la folie de certains.
Mon école était l'endroit que j'aimais le plus au monde. Notre instituteur – lors de la Révolte – nous avait tous emmenés dans la petite réserve de la cantine. Je venais tout juste d'avoir quatre ans. Je me souviens juste des cris au-dessus de nous, alors que les Rebelles enragés marchaient dans l'école. Si notre instituteur n'avait pas eu le bon sens de nous cacher de leur vue, nous serions certainement morts, comme beaucoup d'autres. Personne ne parle du massacre de l'école du Président Snow dans le District 5. Très peu en ont entendu parler.
Et quand bien même... quand bien même quelqu'un oserait en parler, on le traiterait de menteur. Parce que les Rebelles n'ont apporté que le bonheur avec eux, n'est-ce pas ? Je serre dans ma main mon souvenir de District. C'est un médaillon doré, et quand on l'ouvre, la mélodie de mon enfance retentit. C'est une petite berceuse rassurante. C'est Maman qui me l'a apporté à l'Hôtel de Ville. Elle me la chantait quand j'avais peur, quand tout allait de travers, quand j'avais besoin d'elle. Et aujourd'hui, plus que jamais. Dans l'hovercraft, le silence se creuse tout autour de nous.
J'ignore combien de temps on reste là, à attendre. Je vois juste Seven Glodith s'endormir, comme si c'était un trajet sans risque. Je sens que nous perdons en altitude. De là où je suis, je peux voir la cime des arbres frôler l'appareil.
Nous atterrissons au milieu d'une forêt et là, des Muets nous bandent les yeux, sauf pour Opale. Je suis dans le noir le plus complet. Je ne sais pas pourquoi ils font ça, ou plutôt... je me demande ce qu'ils ne veulent pas que l'on voie se trouvant tout autour de l'arène. Quelqu'un pose ma main sur l'épaule d'un autre tribut et nous ordonne de ne quitter la file sous aucun prétexte. Nos pas résonnent un moment sur la coque de l'hovercraft alors que nous descendons une légère pente.
Quand le bruit disparaît, je sais que nous sommes sur la terre ferme. Nous marchons une minute à peine dans ce que j'imagine être un bâtiment, puis on saisit brutalement mon col et me pousse à l'intérieur d'une pièce.
Lugo Dash, District 10 – La gastronomie, 13 ans
– Vous pouvez enlever votre bandeau, tribut, formule une voix froide provenant d'un des haut-parleurs.
Je m'exécute. Je suis dans une salle d'un blanc aveuglant où se trouve uniquement un tube plastifié.
– Tu as peur ?
Je sursaute violemment en entendant la voix de mon mentor. Je n'avais même pas remarqué qu'il était là. Il a un sourire sur les lèvres, comme s'il jubilait déjà de me voir entrer dans ce traquenard. Je prends une grande inspiration et ne lui accorde pas même un regard.
– Moi aussi j'avais peur quand je suis entré dans les Hunger Games, dit-il d'une voix amusée.
– Rien de ce que vous pourrez dire ne m'atteindra.
Il a un petit rire sournois et je regrette tout à coup que ce ne soit pas notre hôtesse qui soit venue ici. Sans doute est-elle avec Nestine : elles se sont toujours très bien entendues toutes les deux. Je m'étire une dernière fois et, sans demander mon reste, entre dans le tube. Autant que j'y entre de mon plein gré la tête haute plutôt que d'offrir le plaisir à mon mentor de devoir m'y traîner. Je lui tourne le dos : Je ne veux plus rien avoir à faire avec lui.
Mes amis avaient raison : les mentors du 10 sont chaque année très heureux de voir leurs tributs mourir. Le soir de la Cérémonie, ils n'ont même pas dû se casser la tête à nous trouver des sponsors à Nestine et à moi. On ne peut compter que sur nous-mêmes. Ça ajoute un peu de piquant aux Jeux.
Si je reçois un parachute, ça sera seulement grâce à moi, ma gloire personnelle, et personne d'autre ne pourra s'en vanter. Je fais le bilan de ce que je peux regretter de ma vie d'avant. La liste est longue de plein de choses plus futiles les unes que les autres, comme un livre dont je ne connaîtrai probablement jamais la fin, ou le fait que je ne saurai pas si ma grande cousine Jodhy attend une fille ou un garçon. Je fais volte-face et croise le regard goguenard de mon mentor. Je le toise un bon moment avant de prononcer :
– Vous savez, vous n'arriverez jamais à m'atteindre. Je ne sais pas si je vais m'en sortir ou pas, et je crois que ce n'est pas le plus important dans l'histoire. C'est de savoir qu'il y a quelques années... quand vous étiez ici, à ma place, en tant que tribut, vous avez maudit autant que moi le Capitole. Vous vous êtes peut-être promis de vous venger. Et la seule façon originale que vous ayez trouvé, c'est de vous porter volontaire en tant que mentor pour regarder d'autres enfants mourir. Vous n'en n'avez pas eu assez dans l'arène ? Vous arrivez à dormir lorsque vous rentrez chez vous ? Je n'ai rien demandé, d'accord ? Je n'ai pas choisi mon lieu de naissance ni ma famille. Je n'ai pas choisi de participer à ces Jeux, mais vous si. Vous dépensez votre énergie à faire du mal autour de vous. Vous êtes un véritable assassin.
Mon mentor, le visage déformé par la rage, tape de toutes ses forces contre le tube et je ne peux m'empêcher de sourire. Qu'il essaie de m'attraper pour voir. J'éclate de rire et continue :
– Ce n'est pas une existence que vous avez là... c'est de la survie. Je peux comprendre que vous me détestiez, mais pas Nestine. Elle, c'est une gentille fille de notre District. Elle ne mérite pas que vous la précipitiez à sa perte.
C'est la première fois que je dis quelque chose de plutôt positif à son sujet. L'angoisse me fait délirer.
– L'année prochaine, d'autres tributs arriveront et j'espère au plus profond de moi-même qu'ils vous égorgeront dans votre sommeil au Village des Tributs. C'est ce que j'aurais dû faire avec vous. Vous vous cachez derrière la haine et de plus grands esprits que vous, pour imposer votre petite loi. Vous n'êtes qu'une raclure de la société.
– Si tu sors de l'arène, JE TE TUE ! vocifère mon mentor en tapant de plus belle contre le tube.
Sa voix me parvient légèrement étouffée, comme si j'avais la tête sous l'eau. Je souris de plus belle, approche mon visage du sien et dis :
– Vous avez peut-être gagné vos Jeux, mais regardez ce qu'ils ont fait de vous. Si c'est ça la victoire, je la laisse à d'autres. Il ne reste plus qu'une solution pour vous et moi...
– Début du décompte activé, lance la voix depuis les haut-parleurs.
– Le suicide, je murmure.
Gwalenn Hebaster, District 11 – L'écriture et les arts picturaux, 13 ans
Yaran Solervik, mon mentor, me pousse légèrement vers le tube plastifié qui me propulsera d'ici quelques secondes dans l'arène. J'ai peur et je sais que ce qu'il a dit dans l'hovercraft – comme quoi tout irait bien – n'est valable que pour Ferroh. Mon partenaire de District est dans une autre salle avec notre second mentor. Je me demande comment il se sent en ce moment même. Est-il sur le point de s'évanouir, comme moi ? ou est-il résolu d'en finir en écrasant les autres tributs ? Le regard sombre de Yaran me scrute, attentif au moindre de mes mouvements.
– Début du décompte activé, déclare une voix froide et féminine. 60... 59... 58... 57... 56...
J'aimerais lui demander un dernier conseil sur la meilleure façon de m'en sortir dans les Hunger Games, mais je crois que tout a été dit. Et puis Yaran n'est pas très bavard. Il n'aurait sans doute qu'approuvé en de vagues grognements.
– … 51... 50... 49... 48...
Je m'approche du tube et entre à l'intérieur, docilement. Est-ce qu'ailleurs, des tributs opposent une résistance ? Est-ce que derrière cette vitre teintée se trouve une patrouille de Febris prête à me faire entrer de force dans l'arène si je fais machine arrière. Yaran a l'air profondément triste, comme s'il ne me verrait plus jamais. Je lui souris en retour, car je sais que même s'il ne m'aime pas, il a toujours haï cette tradition des Jeux du Capitole. Et ça me suffit. Ça me suffit pour savoir que Yaran est quelqu'un de bien.
– … 34... 33... 32... 31...30...
La vitre du tube se referme et j'ai subitement l'horrible impression d'être prise au piège tel un animal traqué. Je vais essayer de m'en sortir, de m'éloigner le plus possible de cette fichue corne et de remporter les Jeux. Je n'ai plus d'autres choix de toute évidence. C'est moi ou eux.
– … 22... 21... 20... 19...
Yaran me fixe, les mains derrière le dos, puis baisse les yeux alors que nous entrons dans les dix dernières secondes. Je sais que Yaran, lors de ses Jeux, était comme moi : un tribut oublié de tous et négligé. Pourtant, il est là aujourd'hui ! Je lui parle ! J'ai donc une chance. Oui, j'en ai une.
– … 7... 6... 5...
Je tape de toutes mes forces contre les parois du tube, espérant qu'il relève la tête. Je lui crie sans doute mes derniers mots. Je lui crie ma rage, mes peurs, mes doutes. Mais mon mentor ne relève pas la tête. Il fixe le sol et je réalise... je réalise de plein fouet que pas une seule seconde il n'a cru en moi.
– ...0.
Une sorte de pression me fait sursauter et j'ai envie de m'agripper quelque part, mais rien ne me retient. La plateforme circulaire s'élève et en un rien de temps, je me retrouve sur un socle planté sur une passerelle en acier. Devant moi se tient la fameuse corne d'abondance où des armes et des sacs à dos n'attendent que nous, à quelques mètres. Les plateformes voisines sont occupées par Evannah Abilgaard et Ethan James.
Mais ce n'est pas leur présence que je crains le plus. C'est la mer. La passerelle en acier est montée sur des pilotis plantés à quelques dizaines de mètres du rivage. Sous nous, une mer déchainée nous attend. Il faudra sauter et nager pour s'en sortir, avoir les bons réflexes, choisir le moment propice. Au sommet de la corne d'abondance, une grande horloge retransmet un nouveau décompte. 10.
Je vois dans les yeux de mes adversaires tant d'expressions mêlées. 9. Une vague gigantesque s'abat sur la corne d'abondance et fait glisser deux sacs tout près des frères et sœurs Petrellius. Ils doivent être bénis des Dieux, ou les Jeux leurs sont favorables. 8. Je tente de réfléchir de manière cohérente : près de Noatak Oromy se tient une belle corde. Ça serait parfait si je mettais la main dessus. Parfait, mais incroyablement risqué.
7. Séleucos Avandit jauge la hauteur de la passerelle : cela doit bien faire trois ou quatre mètres. Le garçon du 3 semble incroyablement anxieux. 6. Je me demande si son alliance avec Fay sera prometteuse. 5. Fay a les cheveux attachés en queue de cheval très serrés mais cela reste tout de même joli. Je ne serais pas très étonnée si son styliste était derrière tout ça. C'est lui qui a dû l'accompagner jusqu'aux tubes.
4. Au-delà de la mer se trouve une sorte de presqu'île densément recouverte d'arbres tropicaux. Il y a également des reliefs bordant la plage. Là-dessus, on doit avoir un bon angle de tir. 3. Quand le décompte sera fini, je sauterai de ma plateforme et prendrai un sac avant de sauter dans l'eau. Oui, c'est ça. C'est la meilleure chose à faire. 2. De toute façon... BOUM.
Une explosion retentit sur ma droite. Je n'ai pas le temps de tourner la tête qu'une pluie de sang ruisselle sur ma figure et qu'une main atterrit mollement juste à mes pieds. Je pousse un hurlement strident, essaie de la repousser, deviens absolument hystérique.
Je tremble, crie à l'aide tandis que la voix froide de l'arène annonce un nouveau décompte car un tribut ne l'a pas respecté. Je sanglote comme un bébé, recroquevillée sur ma plateforme tout en me balançant d'avant en arrière. J'ai les yeux brouillés par les larmes alors que la main, détachée de son corps, me nargue avec un filament de tendon. 10. Je maudis ces putains de Hunger Games. 9. Je pousse un hurlement de rage.
J'insulte le Capitole, la Présidente Coin, la Rébellion. Je leur vomis ma rage, ma déperdition. 8. Je les accuse de tous les maux et je m'en fous que tout Panem voie ça. 7. Je m'en fous qu'on me traite de folle et que les juges deviennent complètement enragés et bien décidés à me faire taire. Je m'en fous de tout. Je veux sortir de là. Je m'agenouille sur ma plateforme et me remets à pleurer. 6.
Sur ma gauche, une voix masculine que je ne connais pas me gronde de me taire. Je crois que c'est le garçon du District 12. Je pleure encore plus fort et lui crie d'aller se faire foutre, que s'il n'est pas content, il n'a qu'à venir me chercher. 5. La mer gronde de plus belle en dessous de nous.
En fixant le sol, je remarque qu'il est composé d'un grillage étroit. 4. C'est par là que tombe le sang de la première victime des Hunger Games. Il colore l'eau d'une teinte rosée et je me répugne à l'idée de devoir sauter, tout à coup. 3. Je ne suis plus sûre de rien. Je crois que finalement, cet endroit aura ma peau.
2. La houle nous balaie, comme si elle essayait de me faire glisser de ma passerelle. Non, ce n'est pas si : la houle – enfin, les juges – veulent vraiment que je tombe, que je perde. Je me les suis mis à dos à l'instant. Ils vont me le faire payer tout à l'heure. 1.
Et alors que je perds espoir en mes chances de survie, la voix de Ferroh me parvient de l'autre bout du cercle. Je ne sais pas très bien ce qu'il dit puisque les remous de la mer m'empêchent de tout comprendre. Mais je suis pratiquement certaine que sa bouche se referme sur le mot « Courage ». Alors je me relève, j'essuie le sang qui a giflé sur ma joue. 0.
Je me redresse et me souhaite de Joyeux Hunger Games.
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• Le sponsoring continue ! N'oubliez pas de voter pour votre tribut favori à la fin de ce chapitre. Et pour ceux qui ne votent pas, croisez les doigts pour que vos tributs favoris s'en sortent ! J'approche désormais dans la rédaction du Banquet qui sera très spécial.
Bonus : Selon vous, quel tribut – malgré son score élevé – succombera au bain de sang ? (donner un seul nom)
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Pour la question bonus du chapitre précédent : Think-Up et ManoirMalfoys ont répondu juste. Vous avez donc un double point pour le ou les tributs de votre choix.
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Info : A la fin des chapitres suivants, vous aurez toujours un résumé sur les morts de la journée. DONC, ne faites plus glisser votre curseur à la fin si vous aviez la mauvaise habitude de le faire sinon vous risquez de savoir qui est mort sans même connaître les circonstances et donc de passer à côté du stress horrible des Hunger Games. Evidemment, moins il y aura de personnages, plus les points de vue seront longs !
