Nouveau personnage dans ce chapitre, à la fois pour aider Dean, et pour en apprendre plus sur Cas, un peu plus tard
Dean n'en fait qu'à sa tête, il reste Dean, et c'est difficile d'accepter l'aide des autres, alors… un pas à la fois (en avant ou en arrière, d'ailleurs)
Merci pour les reviews, merci de me lire, en fait
.
Dean passe le reste de la nuit dans le bureau des infirmiers, parfois avec Jason, parfois avec Castiel, parfois les deux. Il rit, il se plaint, s'énerve un peu, aussi, par moments, puis refuse ne serait-ce que de s'allonger. Castiel ne l'oblige à rien, et même si Dean a conscience de la désapprobation dans ses yeux, il fait semblant de ne pas voir.
Le lendemain arrive rapidement, et Charlie a un mouvement de recul quand elle se retrouve en face de Dean en entrant. Elle fronce légèrement les sourcils. "Tu n'es pas-" avant d'être interrompue par Castiel, qui secoue la tête, pour la dissuader de continuer. "D'accord… Alors je vais juste dire que j'espère pour toi que ce n'est pas du café, que tu es en train de boire."
"Depuis quand est-ce que je n'ai pas le droit de boire un café le matin?"
"Ce n'est pas le matin pour toi, puisque d'après ce que je sais, tu n'as pas dormi de la nuit."
"Cas non plus, il n'a pas dormi," en haussant les épaules, avant de poser sa tasse sur le bureau. "Je ne suis pas fatigué."
Charlie pousse un soupir d'exaspération. "Tu es fatigué, c'est marqué sur ton front, Dean, alors je voudrais que tu te reposes. C'est ce que tu es censé faire. Te reposer, parler, et-"
"Tu peux arrêter de me casser les couilles?"
Castiel tousse, tandis que Dean se lève, pour quitter prestement le bureau, en ajoutant :
"T'es la personne la plus casse-couilles que j'ai rencontrée, Charlie."
"Dis-moi, Castiel," reprend celle-ci, une fois seule avec l'infirmier. "Ça t'arrive d'avoir envie de le gifler?"
"Oh, oui," avec un petit sourire.
"Je vais me retenir, parce que même s'il ne me dit pas grand-chose, je devine beaucoup, mais parfois, sincèrement, je pourrais vraiment le gifler," poursuit Charlie. "Il est tellement... je ne sais même pas quel mot utiliser."
"Têtu?" propose Castiel.
Charlie n'a pas le temps de répondre, parce que Dean réapparaît dans l'encadrement de la porte. "C'est avec Cas, ou c'est avec moi, que t'es censée parler?"
"Tu peux essayer de te calmer?"
"Non, je ne peux pas essayer de me calmer, parce que tu vois, j'ai l'impression que mon sang est en train de bouillir, je tremble, j'ai mal à la tête, et je suis très énervé," rétorque Dean, haussant le ton à chaque mot. "Et tout ça, c'est parce que vous trouvez ça marrant de me laisser dans cet état, alors qu'il y a une manière très simple de m'aider à aller mieux. Tu sais ce que c'est?"
"Dean, s'il te-"
"Je vais te le dire, moi," en la coupant. "Donnez-moi plus de médicaments."
"Dean," intervient Castiel. "Personne ne trouve ça marrant, mais personne ne va non plus te donner quoique ce soit, alors-"
"Putain, Cas, tes leçons de morale, j'en ai vraiment, mais alors vraiment assez."
Castiel prend une inspiration, sans s'énerver. Il hoche la tête. "Tu peux en avoir assez, tu peux même en avoir tant que tu veux, ça ne va rien changer au fait que la drogue, c'est terminé pour toi."
"Ça ne me plaît pas," marmonne Dean.
"Je sais."
"Toi aussi, tu me casses les couilles."
"On avait compris," répond Castiel. "Tout le monde te casse les couilles."
Dean le fusille du regard, puis fait brusquement volte-face pour sortir.
Charlie hausse un sourcil. "Il y a quelque chose chez toi, Castiel, qui a de l'effet sur lui," dit-elle, avant de suivre Dean jusque dans sa chambre. Celui-ci s'assoit en tailleur sur son lit, prend son oreiller pour jouer avec la housse, soudain nerveux.
"Je n'arrive pas à me contrôler."
"C'est normal, Dean," le rassure Charlie, en s'asseyant en face de lui.
"Je déteste ça," avant de relever la tête. "Désolé d'avoir dit que tu me cassais les couilles."
"C'est rien," avec un sourire. "Même si en fait, je suis à peu près sûre que tu le penses."
"C'est vrai."
"Pour Castiel aussi, c'est vrai?"
"Non," fait Dean, un peu du bout des lèvres, comme s'il espérait que Charlie n'entende pas vraiment. "Je n'ai pas très envie de parler de Cas avec une autre personne que Cas."
"D'accord," acquiesce Charlie. "Pourquoi tu ne veux pas dormir, Dean?"
Celui-ci détourne brièvement les yeux, puis hausse les épaules. "Je n'y arrive pas, c'est tout."
"Il y a une différence entre ne pas pouvoir dormir, et ne pas vouloir dormir."
"Qui a dit que je ne voulais pas?" réplique Dean.
"Tu t'empêches de dormir, maintenant, et tu le faisais déjà avant d'être hospitalisé," dit Charlie. "Mais les amphétamines ne sont plus là, Dean, alors-"
"Tu peux laisser les amphétamines en dehors de ça?"
"Est-ce que tu as envie d'en prendre?"
"Devine," ironise Dean en levant les yeux au ciel. "C'est vraiment ta spécialité de poser des questions stupides, ou alors ça t'amuse d'essayer de me mettre le plus en colère possible?"
"Besoin ou envie, Dean?" en ignorant les sarcasmes.
"Il y a une différence?"
Dean change de position, ramène ses genoux contre son torse, et repose l'oreiller à côté de lui, le regard fixé sur Charlie, qui garde le silence pour lui faire comprendre qu'il est censé répondre à sa propre question. "D'accord," finit-il par admettre. "Mon corps en a besoin parce que je suis en manque, mais moi, j'en ai envie. Est-ce que c'est la bonne réponse?"
"Mmh," reprend Charlie. "Si tant est qu'il y ait une bonne réponse, alors oui, c'est celle-là."
"Génial," sur un ton trop amer.
"Tu peux me citer une bonne raison qui justifierait cette envie de prendre des amphétamines?"
"Tu m'en donnerais?" les sourcils haussés.
"Probablement pas," répond Charlie. "Seulement une raison, Dean."
Celui-ci semble réfléchir un moment, puis soupire doucement. "Est-ce que tu as déjà été défoncée, Charlie?" alors qu'elle secoue la tête. "Je m'en doutais, en fait, parce que tu n'as pas une tête à être défoncée, mais bon, moi, je suis presque sûr d'avoir passé au moins la moitié de ma vie dans les vapes. Et qui voudrait ne pas l'être, sincèrement? Il n'y a rien dans ce monde qui justifie que j'accepte de souffrir comme ça."
"Tu souffres beaucoup, maintenant?"
"Je souffre tout le temps, Charlie, plus ou moins, mais tout le temps."
"Et quand est-ce que c'est moins, en dehors des moments où tu es défoncé?"
"Oh, je te vois venir," fait Dean avec un rire ironique. "Tu ne me feras pas admettre quoique ce soit, parce que tu sais ce que je pense? je pense que ça ne vaut pas le coup, peu importe à quel point Cas peut-"
Le sourire de Charlie est si éblouissant que Dean ferme les yeux pour ne plus le voir. "Tu vois," dit-elle tout de même. "Tu l'admets sans moi."
"Putain mais qu'est-ce que t'es chiante, Charlie," en marmonnant, presque rageusement. "La réalité, c'est que je ne sais même pas pourquoi je ne me suis pas déjà barré de cet hôpital. Je ne sais pas pourquoi j'accepte d'essayer d'arrêter de me droguer, parce que de toute façon, je vais recommencer dès que j'aurai un pied dehors."
"C'est bien pour cette raison que tu n'es pas près de sortir d'ici, Dean," réplique Charlie, neutre. "Tu vas rester jusqu'à ce que tu ne sois plus un danger pour toi-même, et si tu replonges quand j'aurai décidé de te laisser rentrer, tu reviendras, et on reprendra depuis le début. Et si ce n'est pas encore suffisant, on recommencera encore. Je ne vais pas te lâcher, Dean, alors tu peux me trouver chiante, tu peux même me détester si ça t'aide à avancer. Peu importe si ça veut dire qu'à la fin, tu es sobre."
"L'espoir fait vivre, hein?"
Charlie penche la tête en le regardant, tellement consciente du fait que Dean a lâché prise depuis longtemps. "Oui, Dean," avec un léger sourire, les yeux dans les siens. "L'espoir fait vivre."
.
Le cinquième jour, Dean ne dort toujours pas, autant parce qu'il ne veut pas, que parce qu'il n'est pas sûr de pouvoir y parvenir. Il passe son temps à faire les cent pas dans le couloir et à hurler sur tout le personnel médical. Son corps est en feu, il ne peut même pas envisager l'idée de manger quoique ce soit sans avoir la nausée, même s'il ne vomit pas encore.
Castiel s'approche de lui, doucement, pour ne pas le faire sursauter. "Tu ne voudrais pas t'asseoir, au moins?" demande-t-il, sans avoir l'impression d'être écouté.
"Non," réplique Dean, sèchement, tout en continuant à marcher.
"Dean, tu-" avant de s'interrompre, pour fixer un point derrière Dean. "Gabe?"
Dean se retourne, pour voir un homme s'avancer, avec un sourire trop grand, des yeux trop pétillants. "Salut, Cassie."
"Qu'est-ce que tu fais là?" demande Castiel, les sourcils froncés.
Gabriel ignore son petit-frère, pour se concentrer sur Dean, qui le fixe toujours. "Je parie que tu es Dean," dit-il. "Et ça n'a pas l'air d'aller très fort."
"Je vais bien," répond Dean, les dents serrées.
"Cassie m'a beaucoup parlé de toi."
"Eh bien peut-être que Cassie devrait apprendre à se taire."
"Mmh," fait Gabriel en jetant un coup d'œil à Castiel. "Je comprends mieux ce que tu voulais dire quand tu parlais d'une tête de mule."
Dean se tourne vers Castiel, hausse un sourcil. "J'espère que ce n'est pas moi, la tête de mule en question, Cas."
"Si, c'est toi," rit Gabriel, alors que Castiel résiste à l'envie de se taper la tête d'une main, sentant les problèmes arriver de très loin. "Mais il n'avait pas vraiment besoin de me le dire, parce que je suis psychiatre, tu sais, et… oh, et je devine à la tête que tu fais qu'il ne te l'a pas dit."
"Peut-être parce qu'il sait que je déteste les psys."
"Généralement, les gens qui ont réellement besoin d'une thérapie détestent les psys," rétorque Gabriel avec un sourire encore plus grand. "Ce qui en dit vraiment très long à ton sujet. Même si, à te voir maintenant, je sais déjà que tu as besoin d'une thérapie."
Sans le lâcher du regard, Dean rit, sarcastique. "Oh, alors en plus d'être psy, t'es un connard."
"Peut-être, mais toi, tu devrais t'allonger, parce que j'ai vraiment l'impression que tu vas nous claquer entre les doigts."
"Cas, tu ne pourrais pas virer ton frère avant qu'il ne me fasse sortir de mes gonds, s'il te plaît?" demande Dean, les yeux bifurquant vers Castiel, qui observe la scène sans essayer d'intervenir.
Gabriel penche la tête, pas avec cet air candide qu'a Castiel, mais c'est quand même ressemblant. "Ça a l'air assez violent, comme sevrage," reprend-il sans laisser à son frère l'occasion d'en placer une. "Tu trouves que toutes les drogues que tu as prises valaient la peine de souffrir comme ça maintenant?"
"C'était pas mal, ouais," un ton plus haut, le dédain transpirant dans sa voix.
"Ça suffit," finit par dire Castiel. "Gabe, arrête, et, Dean, s'il te plaît, est-ce que tu veux bien me regarder?"
Doucement, Dean obtempère. Castiel lui adresse un petit sourire, qui a pour effet de calmer la colère de Dean. "Je te regarde," répond celui-ci.
"Je sais que tu ne veux pas dormir, mais tu pourrais juste rester allongé un moment," en indiquant du menton la porte de la chambre. "Juste un moment."
"Tu restes un peu avec moi?"
"Oui."
L'expression sur le visage de Dean s'adoucit, et il hoche lentement la tête. "D'accord."
"Gabe, tu pourrais m'attendre un moment, s'il te plaît?"
"Pas de problèmes."
Une fois dans la chambre de Dean, celui-ci se glisse sous les couvertures, et fronce les sourcils quand Castiel s'assoit juste à côté de lui, à sa droite, pour éviter la perfusion. "Qu'est-ce que- Cas, qu'est-ce que tu fais?"
"Je t'aide," en baissant un peu la tête de lit. "Allonge-toi."
"Non, Cas, non, je ne peux pas."
"Essaie."
"Mais j'ai-"
"Je vais m'allonger avec toi, je peux te caresser les cheveux, si tu as envie, mais je peux aussi ne pas le faire," le coupe Castiel. "Ce n'est que moi, et tu es en sécurité tant que je reste là, avec toi."
"Les rêves sont plus intenses, à cause du sevrage, et je ne-" proteste Dean, avec de moins en moins de réticence.
"Je te réveillerai."
"Mais-"
"Tu peux t'endormir, Dean, et ça va aller, je te le promets," avant de s'allonger, légèrement sur le côté. "N'aie pas peur."
Dean frissonne quand le corps de Castiel entre en contact avec le sien, mais il finit quand même par accepter de s'étendre à côté de lui. Timidement, il se tourne dans sa direction, la tête presque contre son torse. "D'accord, Cas, mais je ne suis pas sûr de réussir."
Et pourtant, il suffit de quelques minutes pour que sa respiration s'apaise, et qu'il se laisse un peu plus aller contre Castiel, qui caresse doucement sa pommette avec son pouce. Le souffle de Dean est régulier, et il ne bouge pas beaucoup, ne gémit pas. Il n'a pas l'air de souffrir, ni de se débattre avec quelque chose que personne d'autre ne peut voir. Castiel ne bouge pas non plus, écoute ses inspirations, et tous les petits sons qui sortent de la bouche de Dean.
Il relève les yeux pour croiser le regard du docteur Singer, qui fait un pas à l'intérieur de la chambre avant de s'arrêter. "Depuis combien de temps?" articule-t-il silencieusement. Castiel lève deux de ses doigts, pour deux heures, puis fait un autre geste de la main, plus vague, pour signifier qu'il n'est pas tout à fait sûr. Le médecin hoche la tête, avant de repartir dans le couloir.
Castiel reste là un certain temps, somnolant légèrement, jusqu'à ce que Dean se réveille, vers le milieu de la soirée. "Cas?"
Sa voix est rauque, enrouée, presque comme s'il allait pleurer.
"Oui," sans le lâcher, alors que Dean est toujours immobile, contre lui.
"Je suis encore fatigué, Cas, je suis vraiment fatigué."
"Je sais," répond Castiel, la main dans ses cheveux. "Est-ce que ça va, Dean?"
Il n'a pas besoin de préciser qu'il ne parle pas de son état physique. Dean secoue un peu la tête, faiblement. "Non," dit-il. "Ça ne va pas, et je suis… je suis désolé d'avoir toujours envie de mourir, d'être toujours si triste et pas assez stable. Je suis désolé d'être en colère, d'être vraiment… en colère. Et je suis désolé de ne pas réussir à t'aimer plus, comme tu le fais, toi."
"Tu m'aimes suffisamment."
"Je-" et la voix de Dean craque.
"Tu n'as pas besoin de t'excuser," reprend Castiel, le cœur broyé par les sanglots que Dean ne peut pas retenir. "Je sais que c'est difficile, Dean, et je sais que tu penses que tu ne vas pas y arriver, peut-être même que tu ne veux pas y arriver, parce que c'est long, et vraiment difficile, mais si tu pouvais te rendre compte de tout ce que tu as réussi à faire depuis que je t'ai rencontré."
Dean attrape la main de Castiel pour la serrer. C'est spontané, presque instinctif, et vraiment plus. "Tu sais, j'ai… rêvé de toi," murmure-t-il. "J'ai rêvé de tes yeux, et de ta voix, et pour la première fois de ma vie, il n'y avait pas mon père, et… Cas?"
"Oui?"
"Pourquoi ton frère est là?"
"Je ne sais pas," répond Castiel, en caressant sa tempe. "Je lui demanderai plus tard."
"Il doit me détester."
"Oh, non," avec un petit rire. "Je suis sûr qu'il t'aime bien, au contraire. Sinon il n'aurait pas dit ce qu'il t'a dit."
"C'était une manière étrange de me faire réagir? De m'aider?"
"Oui."
Dean a un petit rire, puis remue un peu, sans essayer de se lever. "Peut-être que je devrais m'excuser."
"Toi, tu envisages de t'excuser?" s'étonne Castiel.
"Mmh," en se mordillant la lèvre. "T'as raison, c'est pas mon genre."
Castiel sourit, puis relève la tête. "Ne sursaute pas," dit-il. "Charlie vient d'entrer dans la chambre, et elle est à trois mètres de toi."
Dean n'essaie pas de se retourner vers la porte, mais se tend quand même un peu. Charlie se racle la gorge. "Comment tu te sens, Dean?"
"Oh, vraiment super bien," plein d'ironie.
"Je vois," fait Charlie. "Tu es encore capable d'être sarcastique, c'est un bon point."
"Probable," en se retournant doucement pour la regarder. "Tu m'excuses, Charlie, mais je n'ai pas vraiment envie de te parler maintenant. Je suis fatigué, et j'ai l'impression que je pourrais tuer quelqu'un pour moins d'un demi verre de n'importe quoi. Même de l'eau de javel, ça m'irait, à ce stade, et puis le son de ta voix m'agace, aussi. Je suis désolé de te le dire, parce que je t'aime bien, mais arrête de parler, au moins ce soir, d'accord?"
"Je suis ravie de savoir que finalement, tu m'apprécies, Dean, même si c'est dit d'une manière si peu agréable," répond Charlie. "Essaie de dormir encore un peu, mais ne monopolise pas trop Castiel. Lui aussi, il a besoin de dormir."
Sans vraiment répondre, Dean se retourne vers Castiel en grognant.
Celui-ci échange un regard avec Charlie, qui hoche la tête, puis fait volte-face au moment où Gabriel apparaît dans l'encadrement de la porte. "Tu dois être Charlie, la psy de-"
"Putain," gronde Dean. "Vous trouvez vraiment que cette chambre ressemble à une salle de réunion, bordel de merde?"
"Dean," souffle Castiel en levant les yeux au ciel.
"Comment tu veux que je dorme si n'importe qui rentre ici comme dans un moulin?"
"Gabe, tu étais censé m'attendre," soupire Castiel en relevant la tête vers son frère, alors que celui-ci échange quelques mots avec Charlie, qui finit par sortir, les laissant tous les trois.
"Oui," répond Gabriel. "C'est ce que tu m'as dit, il y a plusieurs heures, mais j'en avez assez d'attendre à la cafétaria, même s'ils ont des distributeurs à bonbons vraiment-"
"Tu peux abréger, s'il te plaît?"
"Cassie, tu sais que-"
Dean éclate de rire, puis se redresse pour s'asseoir, obligeant Castiel à faire de même. "Arrête de l'appeler Cassie, sinon je ne pourrai plus jamais le prendre au sérieux."
"C'est vrai, Gabe," ajoute Castiel en se levant, pour s'étirer un peu. "Cassie, ça marchait quand j'avais dix ans."
"J'ai décidé de déménager, et de m'installer plus près de mon petit-frère," ignorant leurs remarques.
"Quoi?"
"C'est une bonne chose," dit Dean, en se passant une main sur le visage, pour chasser les dernières traces de sommeil. "C'est ton frère, Cas."
"Enfin une parole sensée," sourit Gabriel, alors que Castiel roule des yeux. "Et je voulais aussi te dire, Castiel, que Raphael m'a dit de te dire que-"
Castiel fusille son frère du regard. "Ne me parle pas de Raphael," siffle-t-il. "Raphael est un sale connard infidèle, menteur, et manipulateur, et je ne veux même pas entendre parler de lui, ou de ce qu'il a à dire."
"Ouah," fait Dean, presque sidéré, en pivotant légèrement vers Gabriel. "Tu viens de réussir à énerver la personne la plus calme et la plus patiente que j'aie rencontrée de toute ma vie."
"Je ne suis pas-"
"Mais si, Cas," en le coupant. "Tu es un ange."
Gabriel rit doucement, puis adresse un sourire à son frère. "Tu devrais être heureux que quelqu'un t'apprécie à ta juste valeur."
"Tu pourrais arrêter, Gabe?" soupire Castiel. "Arrête de t'immiscer partout dans ma vie, et de jouer les psys avec moi."
"Cas, putain, c'est ton frère, alors laisse-le s'immiscer partout dans ta vie."
Castiel ouvre la bouche, mais la referme quand il prend conscience du tremblement dans la voix de Dean.
"Oh, je comprends mieux," reprend Gabriel.
"Gabe, non," prévient Castiel.
"Tu n'es pas au courant?" demande Dean, l'air sincèrement surpris, avant de jeter un coup d'œil à Castiel. "Tu ne lui as rien dit, Cas?"
"Tu voudrais que je le fasse?"
"Non."
"Je sais," avec un sourire très doux. "C'est pour ça que je n'ai rien dit."
Gabriel penche la tête, le regard passant de Castiel à Dean, survolant le fil invisible qui semble les relier, les accrocher l'un à l'autre. "Ton frère est mort, Dean?"
"Gabriel, non mais tu-"
"Mon frère est mort," dans un murmure douloureux, l'acceptation à voix presque haute. "Mon frère est mort."
Dean baisse un peu les yeux, pose ses poings sur ses paupières fermées, le cœur brisé mais ses battements un peu moins difficiles à supporter.
Gabriel ignore Castiel, qui le prie silencieusement de ne pas intervenir, et s'assoit sur le bord du lit. "Ton frère est mort," répète-t-il posément. "Est-ce que tu peux faire quoi que ce soit contre ça?"
"Non," avant de relever les yeux.
"Non, tu ne peux rien faire," en hochant la tête. "Rien de tout ce que tu pourrais boire, ou prendre, ne ramènera ton frère. Tu as peut-être l'impression que ça t'aide à oublier, mais c'est faux. Tu ne peux pas oublier quelqu'un que tu as aimé et qui est mort, mais tu peux apprendre à avancer avec ça."
Le souffle de Dean se bloque dans sa gorge, et il se tourne vers Castiel, qui le regarde aussi, la lumière si pure dans ses yeux. La beauté des traits de son visage, la douceur de tout ce qu'il ressent pour Dean. Celui-ci tend une main vers lui, et Castiel la prend, se rapproche pour s'asseoir.
"Cas, je… tu sais que je suis-"
"Je sais," répond Castiel, pour ne pas le forcer à exprimer ce que tout le monde sait déjà.
