Disclaimer : Rien de des univers d'Harry Potter ou des contes repris par la compagnie de Walt Disney ne sont ma propriété.
Pairing : DM/HP, BZ/RW, TN/NL
Rated : MA (je préviendrai en début de chapitre en cas de relation explicite !)
Rappel : Cette fic comprend un prologue, un interlude et 31 chapitres. Je poste tous les vendredis. :)
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LaFanYaoiste -
Ooh ça a dû être tellement confus d'avoir lu le dernier avant l'autre ! J'espère que ça ne t'a pas trop gâché le chapitre 9...
En tout cas c'est sûr que de tout le monde, pour l'instant Sirius est le plus proche de l'échafaud ! (Au sens propre !) Quant à Ron et au bal, on aura nos réponses dès que ces deux-là (*ahem*Harry-et-Draco*ahem*) auront l'amabilité de laisser l'antenne aux copains ;) Ce qui ne devrait plus tarder !
En tout cas ne t'en fais pas pour ta dernière absence, ce qui compte pour moi c'est que ça continue à te plaire ! :D
Bonne lecture ~ :3
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Bien sûr je remercie toujours celles et ceux qui continuent de m'ajouter en favoris et/ou follow sur cette histoire ! :)
Enjoy !
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- Unis à nouveau -
Quand enfin la porte de la chambre s'ouvrit, Draco était habillé comme un prince et ses yeux étaient encore un peu rouges d'avoir pleuré. Dans le couloir, ses parrains et marraine le regardèrent avec la plus profonde des inquiétudes. Mais Draco prit une grande inspiration, eut un sourire et demanda, bras ouverts :
-De quoi j'ai l'air ?
Une vague de soulagement se lut alors sur le visage de ses parrains. Ils lui sourirent en retour. « Tu es parfait, Draco, comme toujours. ». Minerva en avait presque les larmes aux yeux. Draco lui sourit, et la laissa prendre sa main pour le guider à travers les couloirs. Il fit taire l'amertume au fond de sa poitrine, et tenta de s'imaginer l'allure de ses parents. Il s'imagina une salle pleine à craquer de monde pour le voir, et frissonna à cette idée. Il n'était pas sûr d'être prêt pour ça.
Et s'il ne les aimait pas ? Soudainement, cette pensée le terrifia. Et s'il voulait rentrer à la chaumière, s'il ne se plaisait pas ici ?
Et si le visage de sa mère n'éveillait rien chez lui ? Il baissa les yeux.
-Je suis persuadé qu'il y a un chemin plus simple pour nous y rendre…
-Mais enfin Severus je sais encore où me diriger ! Je ne suis pas sénile !
-Allons allons, Minerva, mes amis…
Un fin sourire étira les lèvres de Draco. Ils avaient dû vivre entre ces murs, jadis. Au moins eux devaient s'y sentir bien, et c'était déjà ça. Il se demanda quels postes est-ce qu'ils occupaient avant d'avoir dû s'occuper de lui, loin de tous. Il se demanda si le palais leur avait manqué. Peut-être qu'avec eux, il pourrait s'y sentir chez lui… Ils s'arrêtèrent. Il releva les yeux, surpris.
-C'est ici, lui souffla Minerva. Vas-y, encouragea-t-elle, entre.
Il les regarda, pétrifié un instant. Mais ils semblaient si sereins que Draco ne put que leur faire confiance. Il porta sa main à la poignée de la porte et, doucement, l'abaissa. Sans s'en rendre compte, il retint sa respiration. Il s'attendait à de la foule, à deux souverains sur leurs trônes, toute une attention qu'il ne désirait pas… la porte se referma, et ses yeux tombèrent sur une tablée plus garnie qu'il n'en avait jamais vue. Et puis, en bout de table, trois couverts.
L'homme faisait les cents pas, nerveusement, s'arrêta net en le voyant. La femme, debout, stoïque, releva les yeux vers lui quand son mari se stoppa. Silence. Tous trois retenaient leurs souffles. Les yeux de Draco s'humidifièrent doucement. Il reconnut ses yeux dans ceux de sa mère, sa silhouette dans celle de son père. La femme courut vers lui et il ne put empêcher un mouvement de recul. Avant qu'il n'ait pu réagir autrement, elle le tenait dans ses bras chaud.
-Mon fils ! Pleura-t-elle contre lui. Mon tout petit, je suis si heureuse !
Il ne savait pas quoi faire. Ses yeux embués de larmes brouillaient sa vue. Il distingua son père, immobile à quelques pas. Il leur ressemblait tellement… Ses bras se refermèrent d'eux-mêmes dans le dos de sa mère. Sa mère. Son père. L'homme approcha, il ne semblait pas tenir solidement sur ses jambes.
-Draco…
C'était le premier mot qu'il entendait de sa bouche, et c'était tellement différent que tout ce qu'il avait pu s'imaginer au cours de son voyage qu'il ne put empêcher d'autres larmes silencieuses de tomber sur son visage.
-Nous… Balbutia son père, comme si c'était douloureux pour lui de parler. Nous ne savions pas ce que tu aimais alors nous… avons fait préparer, hm, un peu de tout…
Sa mère s'éloigna de l'étreinte et lissa ses manches, comme si elle avait peur d'avoir froissé son fils. Draco se laissa guider à la table dans un état un peu second, et il vit bientôt pour la première fois le sourire de sa mère, juste comme dans son seul et unique souvenir d'elle – celui que peut-être il avait fabriqué.
Ils lui posèrent mille questions. Ils voulaient tout savoir de lui, ce qu'il aimait faire, voir, manger. Ce qu'il pensait de ceci, de cela. Est-ce qu'il aimait sa chambre ? Ce n'était pas celle qu'ils avaient voulu qu'il ait tout d'abord, mais ils avaient pensé qu'il serait peut-être brusqué d'être directement emménagé près d'eux. Avaient-ils bien fait ? Avaient-ils eu tort ? Il pouvait tout leur dire.
Draco se sentit à la fois agréablement surpris et extrêmement gêné d'avoir suscité tant de réflexion. Ils voulaient tellement qu'il se sente bien ici… et pourtant il ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'à chaque fois que son regard se perdait par-delà la fenêtre fermée, il pensait à Harry. Il baissa les yeux. Il avait tellement honte d'être parti sans rien lui dire.
-M-mais… Bredouilla sa mère. Peut-être que tu es fatigué ? Nous- nous ne voulons pas te retenir si tu désires dormir, tu as fait un long voyage et, je… hm, nous nous verrons pour le petit déjeuner, n'est-ce pas ? Si- si tu le veux ?
Draco releva les yeux vers elle. Elle avait dû méprendre sa tristesse pour autre chose. Il se saisit de l'opportunité – un peu honteux de se défiler de la sorte, mais reconnaissant d'en avoir l'occasion.
-Oui, merci. Je saurai retrouver le chemin de la chambre. A demain, sourit-il.
Il se leva alors et quitta la table, puis la pièce. Il referma doucement, très doucement le battant derrière lui. Puis il souffla, fermant les yeux, et s'y adossa un instant. « Il nous déteste… » souffla la voix de sa mère de l'autre côté de la porte. « Mais non, il a simplement besoin de temps ! Ce doit être si dur pour lui. » – Draco sentit les larmes s'agglutiner derrière ses paupières closes. Il ne les détestait pas. Ils avaient l'air… gentils. Mais ils ne l'avaient pas élevé.
-Nous n'aurions pas dû prévoir son retour au peuple si tôt dans la semaine… je sais bien que nos gens ont le droit de revoir leur héritier mais… Oh Lucius, je t'en prie, reportons ! Il n'est pas prêt pour ça, ne le brusquons pas !
Draco ouvrit les yeux, doucement, fatigué. Son père approuva. Ils lui en parleraient. Ils trouveraient une solution, ensemble, tous les trois. Alors Draco s'éloigna de la porte et, en silence, retrouva le chemin de la chambre qu'on lui avait assignée. Ils avaient raison. Il n'était pas prêt.
A l'intérieur, il déboutonna sa veste et la jeta sur le lit. Il défit le col de sa chemise, souffla lourdement, se laissa tomber sur le tabouret devant le miroir. Il ne regarda pas une seconde son reflet, la tête entre ses mains. Mais qu'est-ce qu'il faisait là… Lentement, son regard fut attiré par la fenêtre. Il faisait bien nuit. Au loin, il entendit sonner la demie d'une certaine heure. Levant les yeux vers la pendule près de la cheminée, il put y lire qu'il ne restait plus que trente minutes avant minuit. Ainsi s'achevait le jour de son anniversaire. Lui qui avait si bien commencé… une lueur attira son attention.
Ses yeux se baissèrent doucement dans cette direction. Dans la cheminée flottait une boule de lumière rosée, qui l'apaisa immédiatement. Soudainement, il eut la sensation que rien de mal ne pouvait lui arriver, et que tout allait s'arranger. Il se leva, incertain… et quand un passage s'ouvrit dans le mur, il fut réticent à l'idée de le suivre.
Mais il s'émanait de cette lumière une telle chaleur, un tel bien-être, qu'il ne put s'en empêcher. Il était sûr, en la suivant, tout irait mieux. Lorsqu'elle le mena à une majestueuse machinerie de couture ornée d'or, et fut gagné tout entier d'une nouvelle vague de sérénité. C'était là la réponse à tous ses problèmes, à tous ses maux… et au moment même où il la toucha, du bout du doigt, sa vie n'aurait pu être plus belle.
…Avant que tout sentiment ne le quitte, dans le fracas de son corps inconscient s'écroulant sur le sol.
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Severus et Minerva faisaient les cents pas dans un couloir adjacent, se croisant à chaque fois au milieu de leur route. Albus, assis sur un banc de pierre, commençait à se lasser de les voir ainsi déambuler. Il soupira.
-Je suis certain que le dîner s'est parfaitement déroulé…
-Nous l'avons entendu entrer dans sa chambre il y a de ça un fort quart d'heure et il n'avait pas l'air ébahi de joie ! Coupa Severus.
-Oh Albus, je suis terriblement inquiète, ajouta Minerva en s'arrêtant enfin. Nous n'aurions peut-être pas dû l'élever au sein de tant de mystère.
Sur ce point, Albus n'était pas d'accord. A quoi aurait-ce servi de lui en parler ? Très jeune il aurait su qu'il avait des parents mais qu'il ne pouvait pas les voir ? Quelle idée affreuse. Et grandissant, s'il avait voulu s'y rendre seul ? Fuguer pour savoir ? C'était pire encore. Qui sait ce qui aurait pu se passer dans de telles conditions. Il n'eut pas le temps de le dire, cependant, car Severus s'arrêta à son tour – aux aguets, il leur fit signe de se taire.
-Vous sentez ça ?
Ils se turent. Se concentrèrent. C'était vrai qu'il y avait comme un fond de… eh bien, ils n'auraient pas pu mettre le doigt sur une odeur, mais… peut-être un certain sentiment… de… calme… Leurs yeux s'écarquillèrent – aucun d'eux n'était dans les dispositions de ressentir un calme quelconque.
-Dolorès ! S'exclamèrent-ils alors.
Ce sortilège, ils l'auraient reconnu n'importe où. Ils accoururent à la porte de la chambre de Draco, et l'ouvrirent juste à temps pour le voir disparaître dans la cheminée qui se referma sur lui. Ils jurèrent. « Par tous les dieux ! ». Il pouvait être n'importe où. Aussi vite qu'il en eut l'idée, Albus s'assit à même le sol, et ferma les yeux. Minerva se rongeait les ongles, Severus se passa une main nerveuse dans les cheveux. Quand Albus rouvrit les yeux, une minute plus tard, il lança :
-Le grenier Ouest !
Ils déplièrent leurs ailes alors et foncèrent dans cette direction. Ils savaient ce qui devait être en train de se passer, et pourtant ils refusaient de toutes leurs forces rien que l'aube de cette idée. Le jour de l'anniversaire de Draco se terminait dans quelques minutes seulement, ils étaient parvenus si loin et avaient tout de même échoué ! Quel terrible, terrible dénouement ! Ils volèrent vite, si vite, mais c'était déjà trop tard. Quand enfin ils arrivèrent, ils ne trouvèrent que le corps inerte de Draco étalé sur le sol et le rire terrible d'Ombrage qui résonnait encore entre les murs – elle était partie.
-Dieux du Ciel ! S'écria Minerva en portant ses mains à sa bouche. Est-ce qu'il est…
-Non, coupa Albus.
Agenouillé auprès de leur protégé de toujours, il pouvait sentir son cœur battre contre sa main, sur sa chemise. Il ferma les yeux, accablé. Comment avaient-ils pu laisser faire ça…
-Et- et Severus, cette prophétie que vous avez faite ? S'il n'est pas mort, c'est que tout n'est pas encore perdu – c'est que ça a marché !
Mais Albus n'était pas si confiant en leurs chances.
-Minerva, je crains que nous ayons nous-même condamné ce pauvre enfant en l'emmenant avec nous, il y a de ça maintenant bien trop longtemps…
Aucun prince des régions alentour ne le connaissait, il avait vécu caché de tout. Comment, en ces termes, pourrait-il être réveillé par le baiser d'amour de l'un d'eux ? C'était peine perdue. La prophétie de Severus avait fonctionné, oui : il pourrait être réveillé grâce à l'amour sincère d'un prince charmant. Et par rien d'autre. Rien d'autre… Albus se relevait, portant dans ses bras l'enfant qu'ils avaient failli à protéger.
-Emmenons-le dans une chambre loin de tout le monde. Ensuite, nous irons parler à ses parents. Ils doivent savoir…
-Ciel, qu'avons-nous fait… – Minerva était dévastée.
Seul Severus ne disait rien. Les yeux sur le corps inerte, il pensait. Il pensait au jour où Dolorès était venue maudire le jeune prince, et il pensait au détournement qu'il avait apporté à la prophétie. Or, une prophétie, si elle était formulée par quelqu'un d'assez puissant, se réalisait forcément. Forcément. Celle d'Ombrage était devenue réalité, oui, mais ce n'était pas ça qui trottait dans la tête de Severus…
C'était qu'il était puissant, lui aussi.
Et au fur et à mesure que ses pensées se faisaient de plus en plus nettes, ses yeux s'écarquillaient de clarté. Brusquement, il déploya de nouveau ses ailes.
-Ne prévenez personne d'autre que ses parents, ordonna-t-il. Et ne prenez aucune décision avant mon retour !
Et sur ce, à la vitesse d'un éclair, il vola de nouveau au-dessus des marches des escaliers en sens inverse, puis traversa tout le palais, jusqu'à sortir par les grandes portes et s'engouffrer en un coup de vent dans l'épaisseur des bois.
Il ne resta plus alors que Minerva et Albus pour conduire Draco dans la plus lointaine des chambres, par des couloirs de traverse, prenant des détours, en silence. Le chemin fut long, et terrible. Mais pas aussi terrible que lorsqu'ils devraient annoncer à Lucius et à Narcissa que leur unique fils venait de leur être enlevé, de nouveau. Ils l'allongèrent par-dessus les royales couvertures, posèrent ses mains sur son ventre respirant lentement. Il paraissait endormi – et c'était ce qu'il était. Grâce à Severus. Oh Severus… pria Minerva, ramène-nous l'espoir…
-Reste auprès de lui, dit alors Albus. Je vais me tenir devant ses parents.
Ce qu'il fit. Dès qu'ils le virent, seul, sans Minerva ni Severus, la mine si sombre, ils surent qu'il était arrivé quelque chose. Quelque chose de terrible. Narcissa se leva, Lucius la retint par le bras. Il perdait ses couleurs.
-Que se passe-t-il ? Demanda-t-il, le cœur battant. Est-ce que c'est Draco ?
Albus ne répondit pas tout de suite. Dieu, il ne savait pas comment leur dire… Lucius se leva à son tour, descendit de la marche qui surélevait leurs trônes. Le bras devant son épouse qui ne bougeait plus, c'était comme s'il désirait la protéger de ce qu'ils allaient entendre.
-La prophétie s'est… s'est réalisée, dit finalement Albus.
Silence. Albus déglutit – de culpabilité. Lucius ne disait rien. Narcissa éclata en sanglots. Lucius serra les poings.
-Est-ce qu'il est…
-Non ! Coupa Albus. Non. Le sortilège de Severus a fonctionné, il est seulement… endormi.
-Mais pour combien de temps ?
La colère dans la voix de Lucius grandissait de seconde en seconde, grondante. Albus ne pouvait lui dire, il n'en savait rien lui-même… Son roi fit trois pas vers lui.
-JE T'ORDONNE DE ME REPONDRE, VIEIL HOMME !
-Oh Lucius, je t'en prie ! Pleurait Narcissa.
Elle voulait qu'il se calme mais ne le pouvait pas elle-même – elle tomba à genoux
-Mon tout petit…
-VOUS AVEZ DES POUVOIRS, FAITES QUELQUE CHOSE !
Albus en trembla. Sa détresse le prenait à la gorge. Lucius se retourna, de rage – vit son épouse, si démunie. Il se tut. Marchant vers elle lentement, si lentement, il vint s'agenouiller près d'elle et passa une main dans les cheveux si longs. Il aurait voulu que rien de tout cela ne se produise, il aurait voulu lui épargner toute peine, il aurait voulu lui prendre sa détresse, il aurait voulu… il ferma les yeux.
-Nous venions tout juste de le retrouver… Souffla-t-il – et sa gorge se noua.
Silence. Albus eut le regard attiré par les fenêtres et le dehors. Il baissa les yeux. Il n'était pas sûr qu'un faux espoir… mais c'était comme si rien, jamais, ne pourrait être pire. Et c'était ainsi que lui-même le ressentait. Il ne pouvait imaginer les tempêtes en leurs êtres.
-Il faut que vous sachiez… commença-t-il doucement. Que Severus pense avoir trouvé une solution… et…
-Pouvons-nous le voir ? Coupa Lucius, lentement, sans vouloir écouter la suite.
Albus se tut. Il n'était pas sûr que ce fût une bonne idée, mais ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait leur refuser. Il les mena jusqu'à la chambre, celle qui était si éloignée qu'ils avaient mis tant de temps et de peine à l'y porter, et les laissa s'écrouler au chevet de leur unique fils – son air si paisible et ses yeux si clos, sur ce lit si beau que peut-être jamais il ne quitterait.
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La nuit tombait, et Harry avait arrêté de se débattre. Epuisé, assoiffé, sa tête tombait sur son torse. Il avait fermé les yeux. Il n'avait rien mangé ni bu depuis le matin, il avait oublié comment c'était d'être privé. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser à Monsieur Black, et il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter pour Draco. Des heures durant il s'était acharné pour se libérer, mais il n'avait réussi qu'à se blesser – les bras, les jambes. Il avait été d'une parfaite inutilité. Il ne pouvait même pas veiller sur lui-même. Il n'avait rien fait de ce qu'il avait promis – il n'avait pas trouvé les souverains Malfoy, il n'avait pas transmis la lettre de Sirius, il n'était pas resté pour attendre le retour du prince Blaise, il n'était pas arrivé à temps pour Draco. Il était faible – et de plus en plus faible, alors que le temps passait.
Un bruit, dehors.
Harry redressa vivement la tête. Si vivement qu'une douleur perçante lui traversa la nuque. Son cœur battait à tout rompre. Est-ce que quelqu'un venait ? Est-ce que quelqu'un… revenait… pour lui ? Un frisson désagréable le parcourut de bas en haut. Si Jedusor avait envoyé quelqu'un pour en finir avec lui, il était fichu. Il avait eu une chance monstre de parvenir à lui échapper ce matin-là, mais jamais – jamais – dans sa position il aurait le loisir d'y parvenir encore.
Dans l'obscurité, il vit briller comme une lueur. Une lueur qui avançait le long de la fenêtre, jusqu'à atteindre la porte, qui s'ouvrit brutalement. Harry sursauta, terrorisé. Une silhouette sombre se découpait dans la porte, un homme s'y tenait haut, solide dans ses bottes. Il fit un geste brusque dans sa direction et tout le corps d'Harry se crispa, il ferma brutalement les yeux – une lumière vive perçait à travers ses paupières closes, comme si l'on avait levé une lampe à huile devant ses yeux.
-Par tous les dieux ! S'exclama la voix sourde de l'inconnu. Je me disais bien que j'avais senti de la magie pas nette… et dans ma maison en plus…
Ce n'était plus qu'un grommèlement, la lumière s'éloignait, Harry avait le cœur battant – se risqua à ouvrir les yeux. La lueur venait d'un morceau de bois fin de quelques décimètres et il comprit tout de suite que c'était de la magie. Il semblait observer les lianes et branches qui sortaient du mur et qui le retenait prisonnier. Etait-il… venu pour l'achever… ? La lumière revint sur son visage et l'éblouit un instant.
-Qui a fait ça ? Est-ce que c'est Dolorès ? Vous êtes prince, pas vrai ? Je ne pensais pas que je vous retrouverais si facilement… Vous êtes bien prince, non ? De quelle contrée venez-vous ? Vous n'êtes certainement pas des environs, je les connais tous… La mer Sud ? Un peu pâle… Les landes du Nord peut-être ? Oh et puis ces satanés machins…
Il grommelait comme pour lui-même, alors qu'il retournait regarder les lianes de près, s'agitant autour d'Harry, qui n'osait répondre à aucune de ses questions. Pourquoi voulait-il savoir s'il était princier ? S'il était un homme de main de Jesudor alors il n'attendrait que confirmation pour le tuer. Mais s'il était un homme de main de Jedusor, n'aurait-il dû pas connaitre son visage ? A ce moment-là seulement il se rendit compte qu'il tremblait, ferma les yeux à nouveau. Dieux, faîtes que Draco soit en sécurité…
-Et voilà !
Immédiatement Harry s'écroula sur le sol. Le choc fut rude, mais ce ne fut rien comparé au sentiment de panique qui le prit quand l'homme vint pour l'aider à s'asseoir. Il se recula précipitamment, se piégeant lui-même contre le mur dont il venait d'être libéré.
-Calmez-vous, je veux juste voir vos yeux…
La lumière passa devant son regard et Harry la suivit, par reflexe, le souffle court. L'homme sembla satisfait de ce qu'il vit – puis il sembla se rendre compte qu'ils étaient toujours dans le noir et alluma d'un geste de la main la lumière du plafonnier. Harry mit sa main devant son visage, pour se protéger un instant de l'éclat blanc.
-Maintenant, dîtes-moi, fit l'homme en s'accroupissant devant lui. Vous êtes bien le garçon que Draco a rencontré dans les bois ?
Draco. Harry releva la tête immédiatement. Est-ce que cet homme connaissait Draco ? Est-ce qu'il savait où il était en ce moment même ? Et d'ailleurs, maintenant qu'il y pensait… n'avait-il pas appelé cette maison la sienne ?
-Vous savez où il est ? Demanda-t-il précipitamment. Vous savez où est Draco ?
-Alors c'est bien vous ? Je pensais que je devrais vous chercher partout… De quel royaume venez-vous ? Vous devez être prince sinon toute ma prophétie…
Ses yeux s'écarquillèrent lentement alors. Harry put voir un regard marron, des cheveux noirs et de longues robes sombres. Un être de magie à l'apparence humaine qui le regardait droit dans les yeux, dans un silence illuminé. Mais alors qu'il semblait comprendre qui il était, et que de nouvelles préoccupations germaient dans son esprit… il garda en tête le principal de ses tourments.
-Votre Majesté, fit-il alors. Est-ce que par le plus grand des hasards vous disposeriez d'un cheval ?
A suivre...
...D'accord. Pour l'instant, plus de problèmes que de solutions. Mais les solutions arrivent à grands pas ! J'espère que Neville, Ron et les autres ne vous manquent pas trop, mais je crois que quelqu'un va bientôt devoir se battre pour son bien-aimé... Non ? ;)
J'attends vos avis, bien évidemment ! Et comme toujours je vous dis à vendredi prochain (22/09/17) pour le chapitre 12 ! :) (Le chapitre devrait arriver le matin comme d'habitude, mais il est possible que je n'ai pas le temps... Dans ce cas, il arrivera vers 15h !)
Ciao ciao ~
Chip.
