Bêtas : Mireillelabeille & Rin Yumii & Miss Homme Enceinte 2
Chapitre 13
L'été était déjà bien entamé lorsque Harry s'installa sur le banc du parc.
Ce jour-là, on lui avait avait permis de rester loin de la maison pour l'anniversaire de Dudley. Chose qu'il ne pouvait qu'approuver puisque ça lui permettait d'avoir une journée toute à lui. Ses vêtements étaient quant à eux toujours aussi mal ajustés, mais au moins n'avait-il pas hérité des habits de Dudley, cette fois-ci.
Si seulement le temps pouvait passer plus vite...
Les familles autour de lui jouaient gaiement dans le bac à sable et lui ne pouvait qu'observer. Depuis la fin de l'année scolaire, des mauvais rêves ne cessaient de l'assaillir. Cet instant lorsqu'il avait agrippé le trophée en même temps que Cédric, la lumière verte qui l'avait envoyé dans l'autre monde, le sang qui avait été utilisé pour ramener Voldemort à la vie, il se souvenait de tout. C'était un véritable cauchemar dont il ne parvenait pas à s'extraire. Paupières closes, il tenta de lutter contre les souvenirs, de les enfermer loin dans son esprit… Mais ça ne fonctionnait pas. Ça ne s'arrangeait pas. Ca ne s'arrangerait jamais.
La brise glissait contre ses joues.
– Tu dois être Harry Potter. Ça m'a pris un moment pour te trouver, tu sais ? entendit-il une femme déclarer avec un accent écossais.
Il ouvrit subitement les yeux avant de reculer rapidement. Harry ouvrit la bouche pour parler, mais, lorsqu'il croisa la silhouette de l'étrangère, il ne put s'y résoudre.
La femme avait des cheveux roux ondulés et ses yeux étaient d'une couleur de jade. Elle était vêtu d'un jean, de simple tennis et d'un t-shirt blanc avec pour seul motif un corbeau. Pendait à son cou un collier en argent et en cuir rouge sombre. Elle le fixait comme s'il était un spécimen intéressant.
– Qui êtes-vous ? demanda-t-il calmement.
Pourquoi cette femme se trouvait-elle ici ? Comment avait-elle pu le remarquer lorsque tant d'autres passaient à côté de lui sans le voir ? Une part de lui ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle ressemblait étrangement à sa mère. Mais il le savait bien : sa mère n'était plus de ce monde.
– Enid Llwyd, répondit-elle en se posant à côté de lui.
Harry la dévisagea du coin de l'œil. Elle aussi était en train d'examiner les familles qui s'amusaient non loin. Elle sourit.
– Comment me connaissez vous ? Et comment m'avez vous trouvé ? s'inquiéta-t-il
La rousse se tourna vers lui et fixa son regard dans le sien.
– C'est tout simple, en fait. Un sortilège de traçage, un peu de bon sens et une carte, voilà tout ce qu'il m'a fallu pour te retrouver. Pour ce qui en est du comment je t'ai retrouvé, disons simplement que je garde mes yeux et mes oreilles grands ouverts, expliqua-t-elle en lui offrant un large sourire.
Un sort de traçage ? Cette femme l'avait fait tracer ? Était-ce si simple… La panique commença à monter. Et si c'était un Mangemort ? Si ça se trouvait, elle était là pour l'emmener… "Vigilance constante" avait dit Fol Œil. Si seulement il avait été de nature aussi prudente que lui…
Lorsqu'elle plaça une main sur son épaule, il se tendit soudainement.
– Ne t'en fait pas, je ne suis pas ici pour t'emmener où que ce soit. Je suis là pour m'assurer que tu vas bien. Tu vas bien, n'est-ce pas ? dit-elle d'une voix réconfortante.
Harry la dévisagea une nouvelle fois. Pouvait-il la croire?
Dans ses yeux il ne voyait nulle lueur sadique ou cruelle. Il s'agissait d'un regard tendre agrémenté d'un sourire apaisant. Il se détendit quelque peu. Il ne voyait pas là quelqu'un qui lui voulait du mal, n'est-ce pas?
Néanmoins, il ne pouvait pas simplement la croire juste parce qu'elle avait l'air gentille. Il n'était plus le gamin naïf qu'il avait été l'année dernière.
– Pourquoi est-ce que vous vous en souciez ? se braqua-t-il.
Elle rit doucement en secouant la tête.
– De toute évidence, tu as souffert lors du Tournoi, plus que tu ne veux le montrer J'ai l'œil pour ce genre de chose. Et je vais te surprendre ! Mais je peux en deviner encore plus, rien qu'en te regardant ! La vie n'a pas été agréable avec toi. Tes proches n'appartiennent pas à ton monde et te déteste, tu te sens seul… Tes amis ne t'ont pas écrit depuis le début de l'été… pas vrai ? Est-ce que je chauffe ?
Harry baissa le regard vers ses poings fermés.
– Hé, tu as le droit d'être furieux. Moi aussi, si j'avais dû subir ce que tu as subi lors du Tournoi, par les sept enfers, j'aurais exigé une compensation en échange du traumatisme physique, émotionnel et spirituel encaissé, le rassura-t-elle en sortant une boîte pleine de pommes.
Elle en prit une et la lui tendit. Harry accepta, confus. Qui était-elle ? Étrangement, il sentait qu'il pouvait lui faire confiance. Peut-être ressentait-il ça parce qu'elle ressemblait à sa mère, d'une certaine façon, même si c'était une parfaite étrangère. Il fit rouler la pomme rouge et jaune entre ses doigts, réalisant doucement qu'il n'avait rien mangé de la journée. Le Gryffondor croqua dedans et une saveur acide et douce à la fois explosa dans sa bouche.
Après quelques minutes de silence, occupés à manger leur pomme respective, elle se mit à parler de nouveau :
– J'ai été envoyé par quelqu'un qui veille sur toi. Il est désolé de ne pas pouvoir être là en personne, mais il est très occupé en ce moment, raconta-t-elle en terminant son fruit avant d'envoyer valser le trognon dans la poubelle la plus proche.
Elle s'empara d'une autre pomme et recommença sa dégustation.
– C'est Dumbledore qui vous envoie ? demanda le rouge et or.
La femme se mit à rire moqueusement.
– Circé, non, je n'ai aucune confiance en ce vieil homme. Mais peut-être que de son côté il t'a contacté, non ? Qu'en est-il de tes amis ?
Harry était un peu désarçonné par le ressentiment que semblait éprouver la jeune femme vis-à-vis du directeur de Poudlard, mais là n'était pas le sujet. Et maintenant qu'elle ramenait Ron et Hermione dans la conversation, il se remémorait leur avoir envoyé des dizaines de lettres pour savoir comment se passaient leurs vacances. Mais il n'avait reçu que des réponses brèves, sans indication… Comme s'ils ne voulaient rien lui raconter.
Cette fois, même si il tenta de la réprimer, la colère lui fit fermer le poing.
– Ils m'écriront. Peut-être qu'ils appelleront quand ils auront le temps, se mentit-il à lui même.
La jeune femme resta silencieuse en continuant sa dégustation. Elle fronça les sourcils en se remettant à le fixer.
– Tu sais… pour un enfant d'à peine quinze ans, je pensais que tu serais un peu plus difficile que ça. Mais, encore une fois, je vois où est le problème, dit-elle en remarquant qu'elle avait terminé de dévorer sa deuxième pomme.
Elle en prit une troisième et la lui tendit. Réalisant qu'il avait encore faim, il se débarrassa du trognon comme elle l'avait fait précédemment et s'empara du fruit.
– Quel problème ? Celui de ma célébrité ? Ou celui qui m'a forcé à voir renaître Voldemort ? Ou peut-être est-ce celui comme quoi il aurait mieux valu pour tout le monde que je meurs à la place de Cédric ?
Sa gorge le fit souffrir tandis que ses yeux commençaient à brûler.
– En as-tu assez de te sentir faible, Harry ? lui demanda Enid calmement.
Il se tourna vers elle, des larmes glissant sur ses joues. Faible ? se sentait-il faible ? Oui. Il s'était senti faible lorsque Wormtail l'avait stupéfixé pour l'utiliser comme sacrifice humain pour son rituel. Tout ça pour ramener Voldemort à la vie. Il avait été chanceux de pouvoir s'en sortir vivant.
La chance ?
Il la détestait.
La chance était son fléau.
– Oui, j'en ai assez, finit-il par avouer, la fatigue perçant sa voix.
– Il me semble que tu as besoin d'un petit peu d'aide pour devenir plus fort. Tu n'as qu'à relire tes livres d'abord, puis, si tu veux en savoir plus, reviens me voir, nous pourrons essayer de mettre ce que tu auras appris en pratique. Sans baguette, bien sûr, lui soumit-elle, le sourire toujours accroché à ses lèvres.
Il l'observa intensément. Ses larmes s'étaient taries et il plissa des yeux.
– Pourquoi vous intéressez-vous à moi ? Et si ce n'est pas Dumbledore qui vous envoie, qui l'a fait ? l'astreignit-il.
Son regard pétilla et elle plaça un doigt sur ses lèvres.
– Ça, c'est un secret ! Mais, patience, tu le rencontreras bientôt. Alors dis moi, qu'en dis-tu ? Veux-tu t'élever au-delà des standards d'un simple enfant ayant des meurtriers à ses trousses… souhaites-tu protéger ceux qui te sont le plus proche ?
Harry y pensa l'espace de quelques instants, puis n'y trouvant que des avantages, murmura sa réponse sans sourciller :
– J'en suis.
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Travailler avec Enid était tout simplement passionnant. Il s'arrangeait toujours pour terminer l'ensemble de ses corvées avant neuf heures tapantes afin de pouvoir la retrouver aux alentours de onzes heures dans le parc où ils s'étaient rencontrés. Ils s'asseyaient à une table en pierre qui comportait un plateau d'échecs et jouaient. Enid gagnait souvent, mais le rouge et or commençait doucement à prendre confiance en lui et à remporter quelques coups. Elle passait également la journée à tester ses connaissances sur certains sorts et sur leurs manières d'agir. Toujours sans baguette, évidemment. Enid lui apprenait aussi les multiples façons de lancer certains sortilèges, aussi bien dans les diverses langues que dans la gestuelle. Néanmoins, parler une autre langue signifiait aussi qu'il devait utiliser une autre formulation pour chaque sortilège et il n'avait pas les livres nécessaires pour faire les traductions.
A côté de ça, elle lui faisait également faire des jeux tels que des mots-croisés, des énigmes, des grilles de mots et des sudokus lorsqu'ils en avaient terminés avec leur leçon du jour.
Harry avait encore du mal à croire qu'elle faisait tout ça pour lui. Même à Poudlard, les professeurs, tout du moins la plupart d'entre eux, n'en faisaient pas autant. Et quand il l'avait fait remarquer à Enid, voici ce qu'elle lui avait répondu :
"Aux dernières nouvelles, il me semble qu'apprendre en autodidacte est la meilleure manière de travailler. Poudlard est malheureusement l'une de ces académies qui ne vont pas creuser les sujets en profondeurs, sauf si tu t'y intéresses vraiment"
Il y pensa longuement, à tel point qu'il commença à reconsidérer les options qu'il avait choisi en troisième année. Il n'avait pas pris Runes ou Arithmancie à cause de Ron, et sa première pensée avait été de prendre les sujets où il était certain d'obtenir facilement un Optimal sans vraiment considérer le peu d'intérêt qu'il y portait. Lorsqu'il lui en avait fait part, Enid l'avait fixé, l'air déçue. Sans qu'il ne comprenne vraiment pourquoi, sous son regard, il se sentait dépité et ça ne lui avait pas du tout plu. Il devait changer ça.
– La divination ne sert pas à grand chose, tu sais. Bien sûr, tu serais peut-être capable de prédire deux ou trois choses, mais ça ne t'avancerait à rien pour comprendre le reste du cours. Laisse moi te dire quelque chose : seuls les vrais voyants sont capables de prendre un apprenti qui doit lui-même avoir le don de voyance. Et c'est quelque chose qui est peu commun. Tu ferais mieux de changer de classe pour une option qui te sera plus utile, le convia-t-elle.
Il y repensa longuement un jour où ils ne devaient pas se voir. Enid lui avait demandé pourquoi il n'avait pas choisi des options qui constituaient un défi pour lui, mais il avait été incapable de lui répondre immédiatement. Maintenant qu'il n'avait rien à faire si ce n'est nettoyer la maison des Dursley, il se mit à y réfléchir plus sérieusement. Pourquoi avait-il fait ce choix-là ?
Y penser le ramena à ses plus jeunes années pendant lesquelles on lui avait fait baisser son niveau à l'école primaire pour que Dudley paraisse toujours meilleur que lui. Il adorait apprendre toutes sortes de choses en ce temps, mais pour éviter le courroux de son oncle et sa tante, il s'était vu obligé de perdre ce besoin de connaissance. Cependant, depuis que cette femme était apparue dans sa vie, il pouvait le sentir : ce besoin d'apprendre commençait à émerger une nouvelle fois. Après tant d'années où il avait dut l'étouffer de ses mains… tout ça pour quoi ? Rien. Son oncle et sa tante n'avaient pas changé de comportement envers lui.
Les jours passèrent et il continuait d'écrire à ses amis, mais à chacune de leurs réponses, la frustration semblait l'envahir un peu plus.
"Bien entendu, nous ne pouvons pas dire grand-chose sur tu-sais-quoi… "
"On nous a bien recommandé de ne rien écrire d'important, au cas où nos lettres se perdraient…"
"Nous sommes très occupés, mais je ne peux te donner aucun détail pour l'instant…"
"Il se passe beaucoup de choses et nous te raconterons tout dès que nous te verrons…"
"Ne fourre pas ton nez là où tu ne dois pas et tout ira bien…"
Des excuses. Bien trop d'excuses. Puisqu'ils étaient si insistants sur la confidentialité, il abandonna et arrêta de leur écrire. À côté, il dévora littéralement les livres qui étaient rentrés en sa possession.. Enid lui en avait trouvé quelques-uns et il s'y plongeait chaque fois qu'il avait terminé toutes ses corvées. Arithmancie, Runes, Occlumancie (qui l'intéressait de plus en plus) et quelques autres sujets. Elle lui avait même offert un livre sur les Arts Sombres et lorsqu'il l'avait questionné, voilà ce qu'elle lui avait répondu :
"Juste parce que c'est un livre sur les Arts Sombres ne veut pas dire que le sujet en lui même appartient aux Forces du Mal. Essaie-le et dis moi ce que tu en penses."
Il ne laissa pas ses préjugés sur la matière réfréner sa lecture et, alors qu'il lisait avec attention, il ne se rendait pas compte qu'il était en train de changer le futur lui-même.
Les choses commençaient à bouger pour le Survivant.
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Zoé ne pouvait être plus enchantée de travailler avec le garçon. Malheureusement, à cause de la Trace apposée par le Ministère, elle ne pouvait pas l'aider à pratiquer de peur de le voir recevoir une lettre pour utilisation de la magie par un sorcier de premier cycle. D'un autre côté, Regulus lui avait dit que, depuis le Tournoi des Trois Sorciers, le garçon était censé avoir été émancipé. Il y avait participé en tant qu'adulte, on l'y avait reconnu comme adulte, et ce, d'après les lois britanniques.
Fâcheusement, ça ne le dispensait pas de la Trace, alors la seule manière de pratiquer était la magie sans baguette. C'était bien la seule chose que le Ministère lui-même ne pouvait pas épier puisque la Trace était placée sur la baguette du sorcier. Elle faisait tout de même attention à ce qu'il ne ne se fasse pas attrapper par une personne dépourvue de magie. Ils travaillaient donc surtout sur la prononciation et les mouvement à performer. Le garçon avait une charge très lourde à porter sur ses épaules, charge dont il ne devrait pas être le propriétaire. Quelque soit la prophétie en question, elle n'aurait aucun scrupule à assommer quiconque se permettrait de croire le contraire.
Elle l'observa tandis qu'il lisait un chapitre de son livre sur les Arts Sombres afin qu'elle puisse le questionner juste après. Il lui rappelait beaucoup son jeune frère qui se trouvait actuellement en Amérique à l'Institut pour Sorciers et Sorcières de Salem. Atlas avait exactement la même personnalité que Harry à l'exception fait que le Gryffondor préférait lire des bouquins pendant son temps libre que d'aller jouer au football ou de faire une partie de Quidditch. Ca lui rappelait qu'elle devrait écrire à son frère bientôt, ça commençait à faire un moment depuis la dernière fois.
– Enid ? l'appela Harry.
Elle sortit de ses rêveries et planta son regard sur le rouge et or. Peut-être que si elle arrivait à l'emmener à Gringotts, elle pourrait demander à ce qu'il soit libéré de la Trace. Cependant, elle savait le garçon surveillé. Elle pouvait sentir quelques signatures magiques entre cinq et dix mètre de là où ils se tenaient.
À cause d'eux, elle levait souvent un bouclier pour les empêcher de suivre toutes leurs conversations.
– Qu'est-ce qu'il y a Harry ? l'interrogea-t-elle.
La jeune femme pouvait voir que le garçon lui ouvrait peu à peu son cœur et elle était plus que réjouie de constater qu'il semblait aussi plus heureux que morose étant donné ses antécédents. Et il continuait de s'améliorer.
– Je me demandais… qu'est-ce que tu sais des rituels ? lui demanda-t-il.
Ah. Elle se demandait quand il allait enfin lui poser cette question.
Étant donné ce qu'il s'était passé à la fin de la troisième épreuve du Tournoi, elle savait que ce sujet viendrait un jour ou l'autre sur le tapis. Le garçon ne semblait pas encore se départir de sa culpabilité dans le rôle qu'il avait jouer au retour de Riddle dans le monde des vivants, mais elle tentait peu à peu de lui faire comprendre le contraire. Elle voulait le rendre plus fort et ce n'était pas une simple tâche, mais souvent le chemin à emprunter pour y arriver était pavé d'obstacles. Le voir plus heureux était son seul soulagement.
– Ça dépend de quel genre de rituel tu parles. Rituel de sang ? Rituel de la terre ? De nécromancie ? Bénie par le feu et la glace ? Lequel ? demanda-t-elle.
Enid remarqua qu'il semblait y penser sérieusement, sa bouche s'ouvrant et se fermant à plusieurs reprises.
– Quelque chose qui pourrait faire revenir un spectre à la vie à l'aide de l'os du père, de la chaire du serviteur et du sang de l'ennemi pris par la force, murmura-t-il.
Zoé crut un instant que son cœur s'était arrêté de battre. Elle avait déjà entendu parler de rituels de ce genre. Mais on en parlait plus sous le titre de rituels impurs. Une version innommable de la nécromancie.
Il était possible de ramener un mort à la vie, mais il fallait donner en retour l'entièreté de noyau magique, laissant l'utilisateur à l'état de cracmol. Et, dans ce cas, la personne qu'on avait ramenée à la vie ne serait alors plus que l'ombre d'elle-même. La Magie n'aimait pas que ce qui était mort retourne dans le monde des vivants.
Néanmoins, le cas de Regulus était complètement différent.
Le rituel qu'Harry avait mentionné ressemblait beaucoup à ce genre de rituels et consistait à donner l'os du père (pas n'importe lequel : celui de la troisième côte), la chair du serviteur (la main droite d'un elfe de maison) et le sang de l'ennemi pris par la force.
– Qu'est-ce qui s'est passé ? l'interrogea-t-elle.
– Wormtail… je veux dire, Peter Pettigrew, a utilisé un os, mais je ne suis pas certain duquel, sa propre main droite et mon sang pour pratiquer son rituel, expliqua-t-il, l'air agité.
– Hmm, d'après ce que tu me dis, je pense que ce Wormtail a certainement saboté tout le rituel, marmonna-t-elle devant l'air confus peint sur le visage du rouge et or. Bon, dis moi, quand Voldemort a été 'vaincu', il avait une forme humaine, non ? À quoi ressemble-t-il maintenant ? demanda-t-elle.
– Une peau pâle, des yeux rouge et il n'a pas de nez. Et je pense qu'il a des dents pointus aussi, tenta-t-il de décrire.
À en voir le visage de Zoé, il semblait que quelqu'un venait tout juste de marcher sur sa tombe.
Circé… C'était plus qu'un rituel saboté ! Et tout lui laissait penser à un horcruxe… Ce monstre doit vraiment avoir peur de mourir, pensa-t-elle en frissonnant.
– Tu sais quoi, je vais faire des petites recherches. Cela me rappelle un peu ce qui se faisait du temps des Incas, murmura-t-elle.
– Est-ce que les rituels magiques font partie des Forces du Mal, Enid ? demanda-t-il.
– Ça dépend de ce que tu fais avec le rituel. La plupart d'entre-eux requièrent un sacrifice, d'animaux, de sang, de nourriture, d'eau, d'os, de plantes et de bien d'autres choses. Mais c'est quand ça concerne une partie du corps que les choses se corsent, frissonna-t-elle.
– Une partie du corps ?
– "Les rituels n'appartiennent pas aux ténèbres Harry, tout comme avec la magie, c'est l'intention qui compte. Qu'elle soit bonne ou mauvaise. Mais il existe des choses qu'on nomme la magie impure. Tu suis à la lettre un sortilège, et ensuite tu décides que ce n'est plus suffisant. Tu en créé un nouveau et il se retourne contre toi. C'est la raison pour laquelle les développeurs de nouveaux sorts sont si peu nombreux. Pour pouvoir en créer, il faut de la puissance, de la concentration et une bonne connaissances des runes", expliqua-t-elle en agitant vaguement sa main.
"Mais je m'écarte du sujet, là. Utiliser une partie du corps humain pour un rituel n'est pas si rare, mais c'est un ingrédients moins stable que les autres. La chaire est toujours délicate à incorporer dans un rituel. C'est pourquoi on utilise du sang. C'est l'ingrédient de base d'un rituel. Malheureusement, il semble que la Grande-Bretagne ait classé ce genre de rituels dans la catégorie 'magie noire' et les ait fait interdire," se lamenta Zoé.
– Les rituels de sang… pourquoi sont-ils si importants ? questionna Harry.
Le glamour apposé sur les yeux de la jeune femme s'éclaircit alors qu'elle se relevait. Elle sortit un canif des plus ordinaires et dégagea la lame avant d'entailler son auriculaire. Elle se rapprocha de lui avant de parler :
– Ne t'inquiète pas, c'est temporaire.
De son petit doigt, elle traça le symbole aux traits légèrement stylisés représentant le kanji japonais de la protection sur le bras droit du Gryffondor comme sur une toile. Comme elle l'avait affirmé à Regulus, Harry Potter faisait partie de la famille Black, même si de manière distante, donc il tombait bien sous la protection de cette maison. Elle, en tant que Zoé Aphrodite Grey, et sous les instructions de Regulus Acturus Black, protégerait le garçon jusqu'à ce qu'on lui retire ces instructions. Pour le moment, apposer ce bouclier de protection devrait suffir.
– Watashi wa ima, kono wakai kokei-sha ni izon watashi no chi no hogo o sazukeru. Watashi wa maho no megami no namae de kore o mippu suru, chanta-t-elle en japonais.
Elle ressentit une traction sur son noyau et le sang sur le bras du garçon se mit à scintiller imperceptiblement.
– Qu'est-ce que tu viens de dire ? s'enquit Harry en grimaçant faiblement.
Le kanji brûla légèrement avant de disparaître sous sa peau.
– C'était un simple rituel de protection par le sang. On peut les exécuter en plusieurs langues, écritures et de différentes manières, mais celui-ci est éphémère. Il ne durera pas plus d'une semaine et te protégera contre toute forme de violence physique ou magique, éclaircit-elle tout en commençant à tresser sa queue de cheval.
Harry paraissait ne plus pouvoir détacher ses yeux de son bras. En temps normal, il se sentirait absolument révulsé par ce qu'elle venait de faire, mais là, étrangement, ça ne le dérangeait pas.
– Donc on peut pratiquer d'autres rituels du même genre ? Et est-ce que vous connaissez des rituels pratiqués essentiellement sur les enfants ? s'intéressa-t-il.
– Ah, tu veux en savoir plus sur ce genre de rituels. Hm, disons que lorsqu'une sorcière est enceinte, sa capacité à faire de la magie diminue puisqu'une partie va au nourrisson qu'elle porte dans son ventre. Mais, il existe un rituel qui n'est plus couramment utilisé depuis le dix-neuvième siècle car considéré comme trop barbare qui consiste pour une femme enceinte à se baigner dans le sang d'une licorne offert en toute connaissance de cause. Il est censé protéger la mère et son enfant des attaques éventuelles conte sa famille. Ma mère, elle-même, l'a pratiqué, mais c'était en Amérique à l'époque, raconta Zoé. Il exista aussi un rituel qui requiert le placenta après la naissance de l'enfant. Il servirait à lier certaines formes de magie curative à l'enfant afin que celui-ci ne tombe jamais malade. Ce type de rituel se pratique d'ailleurs encore beaucoup au sein des Anciennes Familles.
Zoé fronça les sourcils devant l'expression qu'arborait Harry.
– C'est répugnant.
Elle ne put s'empêcher de rire sous le ton emprunté par le plus jeune.
– Bien, quoi qu'il en soit, les rituels sont primordiaux car ils permettent de faire progresser la société. Je me suis rendue sur le Chemin de Traverse il y a peu et j'ai eu l'impression d'être revenue à l'ère victorienne, dit-elle en secouant la tête.
Harry ne pouvait pas la contredire. Certaines tenues qu'ils portaient n'avaient vraiment plus rien d'acceptable à leur époque.
– Si tu veux faire avancer une société, il y a certaines choses qu'il vaut mieux abandonner. Les sorts, les potions, la magie même peuvent rester les mêmes, mais la culture doit s'adapter à celle des personnes dépourvues de magie, affirma Zoé tandis qu'elle scrutait le ciel.
Le soleil se couchait et elle devait déjà revenir auprès de Regulus pour faire son "rapport". Il lui avait aussi fait savoir qu'il voulait qu'elle se rende à Poudlard, dans sa forme animagus évidemment, afin qu'elle s'habitue à ce nouvel habitat. Dans deux jours, il devait lui-même se rendre chez le directeur pour une réunion avec les autres membres du personnel.
– Il y a beaucoup de choses dans la magie que je ne comprends pas, avoua Harry d'une voix calme.
Zoé tourna son attention vers lui et son regard s'adoucit.
– Même moi j'en apprends encore tous les jours. Écoute ça, par exemple.
Elle s'approcha tout près de lui.
– Il m'est parvenu qu'il serait possible que tu puisses tenter d'accéder à ton héritage familial, fit-elle avant de se relever et de s'étirer.
– Mon héritage ? s'enquit Harry.
– Ça ne sera pas facile, mais accéder à une telle magie t'aidera à mieux te protéger et augmentera le pouvoir que tu détiens au sein de ton noyau magique, raconta-t-elle, souriante.
Elle put voir dans ses yeux qu'il paraissait déjà fasciné par cette perspective. Dumbledore n'était-il pas censé apprendre aux élèves l'héritage qu'ils détenaient ? Ses instructeurs au Japon lui avaient fait bien comprendre que la magie familiale était cruciale pour les Anciennes Familles. Et elle l'était même pour les Sangs-Mêlés et les Héritiers qui possédait un tel héritage. Quant aux Black, eux possédaient quasiment un pouvoir de souveraineté dans le monde magique étant donné la puissance dont ils disposaient. Et il y avait le fait que leur ancêtre, Polaris, avait commencé à nommer ses enfants d'après des constellations et autres étoiles, pensant que leur octroyer un nom venu du ciel sanctifirait la maison des Black d'une magie puissante. Lorsqu'elle avait fait de son côté ses recherches sur les Potter, elle avait pensé qu'Harry avait hérité de sa magie familiale directement après la mort de ses parents. Mais ça ne semblait de toute évidence pas être le cas.
– Est-ce que vous pouvez m'apprendre ? La manière d'accéder à mon noyau magique, je veux dire ? demanda-t-il.
Zoé sourit avec une timidité feinte.
– Tout ce que je demande, Mr Potter, c'est de la prudence. Ce type de magie est quelque peu difficile à atteindre. Surtout sachant que tu devras en effet d'abord accéder à ton noyau, le prévint-elle.
– Comment puis-je y arriver ? l'interrogea Harry.
– Tout ce que tu as à faire, c'est de plonger dans un état de méditation parfait. Nous avons déjà travaillé là-dessus pour construire tes barrières mentales et c'est sur cette même base que tu pourras y avoir accès. Vide ton esprit, domine le, et laisse toi traverser par ton cœur magique. Ça prendra du temps, donc dès que tu as du temps libre, essaie par tous les moyens de trouver ton noyau. Lorsque tu auras réussi, fais-le moi savoir, termina-t-elle alors que le soleil était sur le point de finir sa course.
Se levant, elle fit signe à Harry de faire de même.
– Il faut que je te dise je ne vais pas pouvoir revenir avant un petit moment. Une semaine tout au plus. Pendant mon absence, j'attends de toi que tu t'entraînes sur tout ce qu'on a vu ensemble, dit-elle tandis qu'elle prenait la direction du 4, Privet Drive.
Harry ferma son bouquin et se mit rapidement en marche à son tour.
– Vous allez revenir… n'est-ce pas ? questionna le rouge et or, ses orbes se plongeant désespérément dans les yeux d'Enid.
Zoé s'arrêta et fixa ses deux yeux d'émeraudes. La couleur du sort de la mort. Elle avait promis qu'elle parviendrait à gagner sa confiance et elle ne briserait pas cette promesse.
– Je serais là jeudi prochain, à midi pile, informa-t-elle avant de sortir une montre de poche sur laquelle un corbeau en plein vol était engravé.
Elle poussa l'attache et vérifia l'heure.
Elle devait absolument rentrer à l'appartement et faire ses valises pour le déménagement prévu à Pré-au-Lard. Elle avait eu la chance de s'être rapidement créer un réseau de contacts et de connexions même au sein des Langues de Plomb et du Ministère en lui-même en si peu de temps. Il y avait des jours où elle se félicitait d'être devenue Tireur d'Élite.
Elle rangea sa montre.
– Rappelle toi de ne pas attirer l'attention sur toi malgré tout, souligna la jeune femme en plaçant une main sur sa tignasse pour la décoiffer.
– Ok, merci Enid, fit Harry tandis qu'ils se rapprochaient de Privet Drive.
– Prends soin de toi Harry. Je reviens jeudi, rappela-t-elle avant de tourner les talons et de disparaître un peu plus loin en transplanant.
Le brun fixa longuement l'endroit où elle se tenait quelques secondes auparavant. Elle n'avait jamais une fois raté l'un de leur rendez-vous.
Il espérait simplement au fond de lui qu'elle ne l'oublirait pas.
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Regulus, avec l'aide de Kreattur, était sur le point de terminer de rassembler ses affaires. Zoé avait quitté l'appartement la veille et s'était déjà rendue à Pré-au-Lard pour investir sa nouvelle demeure.
– Je ne peux pas rester constamment dans ma forme animagus. Il faut au moins que je retourne à Pré-au-Lard trois fois par semaine. J'ai déjà informé mon logeur que j'explorerai certainement la Forêt Interdite pour dénicher quelques plantes et donc que je serais absente la plupart du temps… tu pourrais me lister les choses à éviter là-dedans ?
La jeune Grey lui avait affirmé qu'elle s'était déjà créée une fausse identité en allant au village sorcier : elle serait sous la même couverture qu'elle adoptait lors de ses rencontres avec le Survivant. D'après elle, c'était le plan qui comportait le moins de failles. Elle pourrait garder un œil sur le garçon depuis les airs lorsque celui-ci ferait son grand retour à Poudlard et pourrait surveiller les allées et venues des résidents et des élèves depuis le village. Elle avait également mentionné une autre personne sur laquelle elle voudrait garder un œil, mais elle était bien trop occupée à tout organiser pour prendre le temps de lui dire qui.
Simplement penser à la jeune femme le fit sourire. Elle était vive d'esprit, intelligente aussi. Lorsqu'elle lui avait dit qu'elle avait déjà réussi à se créer des contact au sein du Ministère, il avait été impressionné. Il ne put s'empêcher de se rappeler d'une conversation qu'ils avaient eu quelques jours plus tôt.
Elle portait une robe pourpre et ses cheveux ivoire étaient relevés dans un chignon compliqué. Ses pieds étaient nus et elle s'était installée sur la table, murmurant des pensées pour elle-même tout en les écrivant ensuite sur un bout de parchemin.
– Étant donné que certaines personnes au Département des Mystères..., murmura-t-elle avant de continuer en grec.
Il venait tout juste de revenir après l'achat de quelques robes et autres vêtements pour son temps à Poudlard. Le vert et argent avait également été récupéré deux étuis pour baguettes impossible à déloger d'un accio. Il savait que ça lui serait utile dans un futur plus ou moins proche.
– Qu'est-ce que tu as sur le Département des Mystères ? demanda-t-il, curieux de savoir pourquoi elle le mentionnait.
Kreattur apparut et plaça une théière brûlante ainsi qu'une tasse près de la jeune femme.
– Miss Grey souhaite-t-elle autre chose ? s'enquit l'elfe.
– Ça ira Kreattur. Merci, le dispensa-t-elle avant de s'asseoir et de passer une mèche rebelle derrière son oreille.
– Le département, Grey ? demanda-t-il à nouveau.
– J'ai réussi à me faire mes premiers contacts. J'ai maintenant une paire de Langues-de-Plomb sous mes ordres ainsi que quelques employés du Ministère hauts gradés. Mais ce n'est que le début, je compte élargir mon réseau, affirma-t-elle en souriant.
Il en avait le souffle coupé devant sa simple explication.
Les Black ne restent pas bouches béantes tels des carpes ! se souvint-il sa mère lui crier. Il ferma la bouche.
– Tu… Comment ? balbutia-t-il.
Cette femme était véritablement en train de faire basculer toutes ses notions du monde.
– Qu'est-ce que tu attendais de moi exactement ? Que j'aille à Poudlard juste comme ça avec un plan à moitié pensé ? haussa-t-elle un sourcil.
C'est vrai qu'elle n'avait pas tort sur ce coup là…
– C'est une chance pour la Brigade d'obtenir des informations sur la Grande-Bretagne. Tu as besoin d'alliés et de personnes déjà dans le système et qui savent y faire. Si tu veux faire tomber Riddle, tu dois avoir avec toi des personnes qui savent se faire leur propre avis et qui te suivront sans y réfléchir à deux fois, dit-elle en inclinant sa tête sur le côté, inscrivant une autre note sur son parchemin avant de prendre une gorgée de son thé.
Reposant sa tasse, elle releva les yeux vers Regulus, la curiosité luisant dans son regard améthyste.
– As-tu pensé à inclure ton frère, ta cousine et son fils dans tes préparations ? questionna-t-elle.
– Non. Pas pour l'instant. Je sais que Sirius se cache avec l'Ordre du Phénix et je ne tiens pas à changer ça. Il a purgé une peine de treize ans à Azkaban, il pourrait être plus sensible à la folie qui touche ma famille qu'il n'y paraît. Quant à Cissy et Draco…, continua Regulus avant de se stopper.
– Nous ferons ce qu'il faudra en temps voulu, alors. J'ai déjà emballé mes affaires, tu devrais t'y mettre aussi, sourit-elle avant de retourner à son bouquin.
Elle ne cessait de le surprendre jour après jour. Elle n'avait même pas cligné des yeux lorsqu'il avait mentionné la folie des Black et s'il y avait bien une chose dont il avait peur, c'était d'y succomber. Il espérait sincèrement que ça ne lui arriverait jamais.
Il soupira. Un 'crac' sonore retentit dans l'appartement.
– Miss Grey manque déjà à Maître Regulus ? s'enquit Kreattur.
Le vert et argent lança un regard noir à la petite créature. Une veine palpita sur sa tempe. Depuis que Zoé était revenue avec lui en Angleterre et qu'il l'avait présentée à son elfe, celui-ci semblait penser qu'il lui faisait la cour.
– Kreattur…, soupira Regulus, exaspéré.
– Kreattur veut simplement savoir quand Maître Regulus fera proprement la cour à Miss Grey, lança l'elfe.
Il claqua des doigts et les malles se remplirent des affaires restantes du serpentard. L'épée qu'il s'était procuré quelques semaines plus tôt était bien attachée à sa hanche et couverte par un sort de désillusion.
Regulus soupira et secoua la tête.
– Je n'ai besoin de 'faire la cour' à personne pour l'instant… Kreattur, je ne sais pas si tu as remarqué, mais…, commença Regulus le plus calmement qu'il le put avant de craquer. Nous allons nous engager dans une guerre contre Riddle ! Je n'ai pas le temps de faire la cour à qui que ce soit !
Kreattur lui jeta un regard impassible.
– Kreattur sait ça. Kreattur pense que Maître Regulus devrait trouver une soupirante après avoir détruit l'infâme Sang-Mêlé Riddle, répliqua-t-il.
Si Regulus ne le connaissait pas aussi bien, il pourrait presque croire que Kreattur tentait de jouer les entremetteurs. Il frissonna à cette pensée. Au moins, ce n'était pas sa mère. Il se souvenait encore parfaitement avoir été engagé à Lindra Nott. Il frissonna une nouvelle fois… Même là, il préférerait encore Zoé à Lindra. Elle était peut-être la plus dingue de la maison desSerpents.
– Ça suffit Kreattur. Plus un seul mot là-dessus. Je n'ai pas le temps pour une telle conversation de toute façon, dit-il en reprenant le contrôle sur ses pensées.
Kreattur se sembla pas vraiment le croire, mais il n'en dit pas un mot. Il rapetissa les malles et Regulus s'en empara aussitôt pour les ranger en sécurité dans une poche de sa cape.
– Je t'appellerai quand j'aurais besoin de toi. Garde tes oreilles et tes yeux bien ouverts au quartier général de l'Ordre, le prévint-il en ramassant la dernière de ses valises.
Il repensa l'espace d'un instant à son frère et soupira.
– Garde un œil sur Sirius, d'accord ? Mets-moi au courant si tu penses qu'il pourrait embrasser la Folie des Black, insista-t-il, épuisé.
Kreattur acquiesça.
– Kreattur gardera un œil sur le traître à son sang pour Maître Regulus, grommela-t-il.
– Merci Kreattur, le gratifia-il avant de lui faire prendre congé.
L'elfe disparut dans un 'crac' sonore et Regulus quitta le somptueux hôtel après s'être glissé dans les traits de Rex Whitestone. Il avança ensuite vers l'aire réservée à l'utilisation de portoloins la plus proche. Ça lui semblait des années depuis la dernière fois qu'il s'était rendu à Pré-au-Lard et à Poudlard… et il se demanda brièvement ce que l'année allait lui réserver. Ça ne pourrait qu'être intéressant avec Harry Potter comme élève, s'il s'en référait aux années précédente. Il sourit largement.
Qui sait, peut-être que je suis fait pour être professeur après tout ? songea-t-il tout juste avant d'atteindre l'aire en question.
Après avoir payé son allée pour Pré-au-Lard, on lui tendit un bout de cuir avant de lui indiquer qu'il y serait d'ici cinq minutes. Lorsqu'elles furent passées, il sentit un crochet tirer sur son nombril et il disparut.
RARs :
Mastuyama : Hello, merci beaucoup pour ton chaleureux message, je vais faire de mon mieux pour que cette traduction continue de te plaire. Aussi, par rapport à ta remarque, elle m'a fait douter un instant, et, étant en train de revoir tous mes chapitres en ce moment même et en relisant le chapitre 6, je me suis rendu compte que tu avais raison. Alors je suis allé revoir le chapitre original et là j'ai compris que ce n'était pas du tout la faute de l'auteure, mais la mienne ! L'auteure a bien écrit 'plusieurs siècles', c'est une faute d'inattention de ma part, je ferais d'autant plus attention dorénavant. Merci pour ta remarque ! Je te fais pleins de bisous :)
Miss Homme Enceinte 2 : Eh oui ! Me voilà donc parmi ces fictions qui promeuvent cette idée que la magie ne pop up pas de nul part ! J'espère que tu aimes Hermione parce qu'elle va devenir récurrente dans l'histoire bientôt ;) Quant à Harry, Zoé va être d'une aide non négligeable pour Harry, sans elle, on sait ce qui serait arrivé... sans Reg, on sait aussi ce qui serait arrivé, argh Ombrage me hante !
