BONSOIR PARIIIIIIIIIIIS YEAAAAH.

Je sais, ça fait plus d'une semaine, et dans mon planning, j'avais marqué chapitre 13 pour mardi (14). Mais au final, mardi j'ai été voir Les Crimes de Grindelwald au cinéma, et j'ai été déstabilisée pour le reste de la journée. Vous l'avez vu ? Dites moi vos impressions dessus, que je saches si je suis la seule à me sentir si déçue d'être déçue.

A part ça, je lance le premier warning de cette fiction. Parce que la vie a beau être belle, elle ne peut pas l'être toujours.

Donc : /!\ WARNING. On va parle de maladie, de mort, de deuil. Ceux qui sont trop sensibles pour lire ça, ou qui ne veulent pas, sauter juste le passage Thomas. Je ferais un résumé en bas de chapitre de ce qu'il s'y passe, pour ne pas que vous vous sentiez obligé de lire pour la suite. /!\

Gros cœur sur mes bébés, Soran, Koda, Val et Yodrey. Vous êtes les best.

Bisoux bisoux.

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"Alors, explique moi. C'était quoi ton pétage de plomb de vendredi?

-Je suis désolé pour ça.

-Je sais que tu l'es. Je veux juste comprendre. Tu as l'air mieux, plus calme.

-Tu vas trouver ça stupide…

-Je te promets que non.

-Je peux fumer?

-Depuis quand tu demandes?

-J'en sais rien."

Si, il savait. Depuis l'air réprobateur de Thomas à chaque fois qu'il s'allumait une cigarette.

"Allume ta clope et parle, nom de dieu!"

Il coinça le bâtonnet de nicotine entre ses lèvres, approcha le briquet et tira une longue latte.

"Thomas.

-C'est toujours ça, ces derniers temps, hein?

-Oui.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé?

-Je n'avais plus de nouvelles ni de réponses depuis 5 jours.

-5 jours? Newt, tu t'es mis dans cet état pour cinq jours de silences? T'es sérieux?

-Je savais que t'allais dire ça.

-Mais parce que c'est pas toi! Ca te ressemble pas du tout! Toi, tu laisses les gens faire leurs vies sans toi! Toi, tu disparais 2 mois sans donner signe de vie! Toi, tu es libre et personne ne peux t'attacher! Enfin, aux dernières nouvelles…

-Ouais, aux dernières nouvelles…"

Ils échangèrent un regard, et Teresa s'adossa au banc sur lequel ils étaient posés.

"Tu le vois quand?

-Demain."

Elle hocha la tête, et ses yeux dérivèrent sur son meilleur ami.

"Qu'est-ce que tu ne me dis pas?

-Je sais toujours pas s'il est hétéro, tu sais.

-Pourquoi tu te tourmentes autant?"

Il y eut un silence, et Newt essaya vraiment de retenir les mots acerbes qui tentaient de lui échapper. Il ne pouvait pas lui reprocher quoi que ce soit. Il n'avait pas le droit, il n'en avait pa-

"Tu lui as donné ton numéro de téléphone."

Et ça sonnait tellement sec, tellement amer.

"Mais, Newt. Tu es partis t'imaginer quoi, là? C'était en pure amitié! Je l'aime bien moi, ton Thomas. Juste bien! Tu sais que je ne te ferais jamais ça!"

Bien sûr qu'il savait.

Parce que Teresa avait toute sa confiance. Il lui confierait son coeur, son âme, sa vie. Mais ses sentiments, ses émotions envers Thomas, ils étaient déraisonnables, insensés, ils le poussaient à penser à des choses qui n'auraient, et il le savait, jamais lieu. C'était plus fort que lui, cette sensation de jalousie mordante, de possessivité inappropriée.

"C'est du grand n'importe quoi, tout ça.

-De quoi?

-Tout!"

Il avait élevé la voix, parce que merde, il se sentait agacé, non, énervé, exaspéré par son incapacité à contrôler ses sentiments.

"Tout ça! Ma jalousie, mon inquiétude constante, ma tendresse à son égard, mes doutes, ma colère, ma joie, ma culpabilité, ma dépendance, tout ça, putain, ça n'as aucun sens, c'est n'importe quoi! Quand est-ce que j'en suis arrivé là? Quand, comment? J'en arrive à te détester parce que tu lui as donné ton numéro, et j'en arrive à lui en vouloir parce qu'il accepte! Je perds les pédales! Je perds les pédales…"

Une larme lui échappa, la traîtresse, et pour la première fois, la toute et unique première fois, il comprit pourquoi l'amour faisait mal.

Il n'était pas en train de tomber amoureux.

Il l'était déjà.

Et il était tombé si profondément que le bord lui semblait ne jamais avoir existé.

"Bébé, tout ira bien, je te le promet. L'amour ne doit pas faire pleurer! Viens là."

Il lâcha sa clope, qui s'éteignit sur le sol, et posa sa tête sur l'épaule de sa meilleure amie, pendant qu'elle passait un bras autour de lui.

"C'est normal, ce débordement. Tu sais, avant de tomber amoureuse de Brenda, je n'avais aucune idée que je pouvais aimer des femmes. Quand j'ai commencé à ressentir tout ça, tout ce que tu ressens, je me demandais comment gérer ça, comment le mettre de côté, comment faire, j'étais perdue. Et je découvrais à la fois ce que c'était de tomber amoureuse, et à la fois que je n'aimais pas uniquement les garçons. C'était tellement perturbant. Tu te souviens, quand je t'ai appelé en larmes parce que j'étais totalement perdue?"

Il hocha la tête.

"Et tu te rapelle ce que tu m'as dis? Tu m'as dis : Tu peux le faire. Tu n'as pas besoin de gérer ça, ni de restreindre ou de contrôler ce que tu ressens. Voilà ce que tu m'as dis, Newt. Et je t'ai écouté. Parce que tu avais raison. Il n'y a aucune, mais vraiment aucune raison pour que tu te mettes dans cet état. Qu'importe tes peurs ou tes craintes, tu peux, non, tu vas les battre. Alors arrêtes de t'inquiéter, de te ronger les sangs comme ça. Juste, vis. Vis ces sentiments, respire les, ressent les, et tu vas voir, c'est juste beau. Rien de plus, rien de moins."

Oui, ça l'était. Beau. Mais aussi flippant.

Aucun d'eux ne parla pendant plusieures minutes, ils restèrent juste enlacés sur un banc, à écouter les oiseaux chanter, à subir le soleil chaud, à vivre.

Et Newt percuta. Il percuta que même si c'était le bordel en lui, même s'il n'arriverait jamais à tout démêler, peu importe. Parce qu'il y aurait Teresa à ses côtés, parce qu'il était fort, parce que ce n'était que de l'amour. Il allait continuer de respirer, son coeur continuer de battre, parfois plus fort, parfois moins, mais au final, ce n'était rien.

Rien de plus que la vie.

Et elle avait beau être cruelle, elle était définitivement belle.

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-x-

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Un mot pour décrire son après-midi? Riche. En émotions, en sentiments, en fous rire, et surtout, en amitié. Retrouver Teresa lui faisait un bien fou, même plus que ça. Avec elle, pas de combat sur ce qu'il pouvait se permettre de dire, ou de faire. Avec elle, pas de barrières, pas de gênes, pas de hontes. Elle connaissait déjà les pires instants de son début de vie, et elle savait quoi faire et quoi dire lorsqu'il était mal, et ça, c'était foutrement rassurant.

Après son craquage sur le banc, ils étaient partis manger des gaufres, et avaient passés le reste de l'après-midi affalés sur des chaises en terrasse, à jouer au Jeu, avec un grand J.

C'était un jeu qu'ils avaient inventés quelques jours après leurs rencontres, lorsqu'ils s'étaient découverts la même passion pour critiquer les tenues vestimentaires des gens. Le Jeu consistait en deux parties : trouver LE vêtement ou L'accessoire qui rendait la tenue moche, et trouver par quoi le remplacer pour rendre l'ensemble plus harmonieux à leurs yeux. Ils avaient conscience que c'était le pire jeu qu'ils auraient pu inventer, mais même les plus grands ont parfois besoin de critiquer et de faire leurs langues de putes, après tout. Même si c'était terriblement superficiel et objectif, ils avaient les mêmes goûts et ça les faisait rire alors, pourquoi s'en priver? Et plus, c'était lui qui avait gagné.

En même temps, quelle idée de mettre des baskets avec une salopette, alors qu'on peut mettre des Doc Martens et donner un côté rock et rebelle? Et quelle idée de porter des ballerines? Rien que penser à cette chose lui faisait fondre le cerveau. C'était clairement une des raisons de son homosexualité, parce qu'uniquement s'imaginer sortir avec une fille en ballerines lui donnait la gerbe.

Les ballerines. Ces choses ignobles, digne des pires inventions humaines. Dans sa liste? Ballerines, Fiat Multipla, "chaussures" -chaussons- UGG, crocs, téléphones Windows -Windaube-, bananes, et association claquettes chaussettes. Bien qu'il espérait que personne au monde ne faisait ça, il était quasi sûr que rien que le fait d'y avoir pensé faisait que si, certaines personnes -bien évidemment non respectables- faisaient de cette abomination une réalité.

Il rit bêtement, et se retourna, pour faire face à une Teresa endormie. Un sourire doux étira ses lèvres, et il ferma les yeux, calant sa respiration sur la sienne. Ca avait toujours marché pour l'endormir.

… Mais pas ce soir, visiblement.

Il soupira et roula sur son dos, en gardant les paupières fermées. Des milliers de pensées fusaient dans son esprit en même temps, et malgré sa fatigue bien présente, lorsque son cerveau tournait comme ça, il pouvait dire bonjour à son insomnie.

C'était son ombre, sa seconde meilleure amie depuis quelques années maintenant. Alors il s'était gentiment habitué à elle, sans pour autant réussir à la dompter. Elle était bien trop sauvage pour ça. Assez sauvage pour l'empêcher de dormir pendant plus de 48 heures lorsqu'il était contrarié, et ce, même s'il était épuisé. Pas moyen de fermer l'oeil ne serait-ce qu'une minute ou deux. A croire qu'elle était partie en guerre contre son sommeil.

En plus, il pensait toujours des choses débiles lorsqu'il n'arrivait pas à dormir. Comme ça, comme si son insomnie était une personne. En même temps, elle lui gâchait la vie comme si elle était réelle, et qu'elle s'amusait à le secouer lorsqu'il commençait à se reposer. Vraiment pénible.

Teresa remua à ses côtés, il tourna la tête vers elle et elle ouvrit ses yeux incroyablement bleus, qu'elle plongea dans les siens.

"Tu ne dors pas ?"

Il secoua la tête, blasé, et elle s'approcha de lui, l'air endormi.

"Retourne toi."

Il obéit silencieusement, et une fois dos à elle, il la sentit bouger, jusqu'à ce qu'elle passe un bras autour de lui, et qu'elle cale sa tête entre ses omoplates. Ses cheveux bruns lui chatouillèrent le cou, quelques secondes, puis son souffle apaisant caressa son nuque, et un soupire lui échappa.

"Dors, maintenant."

Et elle replongea dans son sommeil.

Et Newt la suivit, parce que, comme d'habitude, comme toujours, elle savait quoi faire pour le calmer.

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Planté devant le portail des Isaac, les yeux fixés sur le saule pleureur, Thomas semblait ailleurs. Peut-être parce qu'il l'était.

Il était encore à l'hôpital, avec sa sœur, en train de donner son sang pour qu'on lui transfuse immédiatement. Il était encore dans le bureau du Docteur Paige, à l'écouter parler de l'espérance de vie de Rachel, qui réduisait de jours en jours. Il était encore dans la chambre de sa sœur, à la regarder sourire vaillamment, comme si elle ne venais pas d'apprendre qu'elle allait mourir bientôt.

Bientot.

1 an, tout au plus, d'après les médecins.

1 an. Qu'est-ce que c'était, 1 an? Rien. Rien du tout. Que dalle. C'était un claquement de doigts, une rentrée scolaire, un Noël, un été, et déjà, c'était écoulé.

Time's Up.

Il entendait encore raisonner la voix du Docteur Paige, son ennemie depuis des années, leur annoncer d'un ton désolé que les organes de sa sœur étaient en train de mourir. Ils ne fonctionnaient plus normalement, et cela entraînait un détraquement général de tout le reste.

En gros, son corps était en train de lâcher de l'intérieur, et rien ni personne ne pouvait y faire quelque chose. Il était déjà trop tard pour envisager une greffe -elle était trop faible pour se faire opérer et anesthésier-, et trop tard pour tout autre traitement expérimental.

Ils étaient donc réduit à l'attente. L'insupportable attente. Lourde, lente, horrible.

Et le pire dans tout ça, c'était que la personne qui semblait vivre cette attente le mieux, c'était la concernée. Sa sœur. Elle continuait de sourire dans la voiture, pendant que Thomas était en état de choc et que sa mère énumérait toutes les solutions qu'on pouvait tenter.

"Thomas?"

Teresa s'arrêta à sa hauteur, et ses yeux bleus le scrutèrent, comme si elle essayait de lire en lui.

"Est-ce que tout va bien..?"

Il ne se demanda pas pourquoi elle était là, ni comment, ni d'où, en fait, c'était comme si sa tête était vidée de toute pensée cohérente.

Puis, d'un coup, il réalisa. Avant, ce n'était que des mots, rien de plus que des mots. Mais là, en regardant Teresa et son inquiet, il réalisa.

Sa sœur jumelle allait mourir.

Peut-être qu'elle était en train de mourir, là, maintenant?

Il voulait faire demi-tour, retourner chez lui, vérifier qu'elle respirait toujours.

Il voulait encore rire avec elle, il voulait qu'elle soit là à son mariage.

Il voulait voir ses enfants l'appeler "Tata", il voulait l'entendre chanter faux sur du Ed Sheeran.

Il voulait encore s'embrouiller avec elle, encore l'entendre lui crier dessus qu'il était con.

Il voulait encore manger avec elle et l'entendre critiquer ses œufs trop cuits.

Il voulait sortir avec elle, l'emmener voir les pays qu'elle rêvait de visiter.

Il voulait voir ses yeux briller et son sourire resplendir.

Il voulait.. il voulait qu'elle vive, qu'elle rie, qu'elle respire, qu'elle s'amuse, qu'elle grandisse, qu'elle aime.

Mais elle allait mourir.

Elle allait tout simplement cesser d'exister.

Et le monde allait continuer de tourner, les gens de respirer, son cœur de battre. Avec une moitié en moins. Il allait être amputé, salement, au couteau de cuisine, et la plaie ne serait pas recousue.

"Thomas, tu pleures? Newt! NEWT!"

Il n'entendait plus rien, il ne voyait plus rien, il ne sentait plus rien. Le monde tournait, tournait. Il allait vomir. Il allait s'évanouir. Il le voulait. Il ne voulait plus se réveiller, ou alors, se réveiller et sortir de ce cauchemar. Ses hoquets l'étouffait. Il étouffait. Il ne pouvait plus respirer, plus parler, plus bouger. Il était pétrifié. Il tremblait. Il se noyait dans ses larmes et dans son océan de désespoir.

Une main se posa sur son bras, et il était à l'intérieur. Depuis quand? Où était-il? Pourquoi n'était-il pas avec sa sœur?

"J-je dois… je dois aller… je dois ..

-Thomas, je t'en pris, calme toi.

-Non, je - je dois..

-Tu fais une crise d'angoisse, fais moi confiance."

La voix de Newt?

"Thomas. Ecoute ma voix, seulement ça.

-Elle .. elle…

-Tommy."

Une chaleur sur sa joue. "Tommy." Newt.

"Concentre toi sur moi, tu peux le faire. Prend une grande inspiration. Ca va aller."

Et son esprit avait besoin de s'accrocher à quelque chose de réel, quelque chose de tangible, quelque chose de fort. Alors il s'accrocha à Newt. Ses mains s'aggrippèrent à celles de Newt, aussi. Tout son corps semblait vouloir se fondre en Newt, en cette voix apaisante, en cette chaleur réconfortante.

Parce que là, maintenant, c'était plus qu'un besoin, c'était une nécessité.

Oublier, ne serait-ce que quelques instants éphémères, sa douleur déchirante.

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-x-

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La chaleur, encore. La douceur. Le confort.

Il n'avait pas envie d'ouvrir les yeux. Il voulait rester encore dans cet état, cet état de somnolence, où on a pas encore repris conscience de la réalité. La réalité? Quelle réalité?

Il papillona, et ses paupières semblaient collées entre elles, par.. des larmes qui avaient séchées? Il voulu se tourner, parce que merde, où était-il? Il ne reconnaissait pas ce tapis. Ah moins que… si, il lui disait bien quelque chose… Les Isaac? Comment avait-il atterri ici? Son front tapa contre un estomac recouvert d'un tee shirt gris chiné, il leva les yeux, et tomba dans le regard de Newt. Newt?

"Salut toi. Comment tu te sens? Mieux?

-Je.."

C'était lui ou sa voix était enrouée?

"Thomas"

Une main tendre se posa sur son front, et il capta brusquement qu'il était allongé sur le canapé des Isaac, avec sa tête sur les genoux de Newt. Il voulu se redresser, et se confondre en excuses, mais les doigts chauds du blond le maintenait sur le canapé, et il ne tenta plus rien lorsque le londonien se pencha sur lui, leurs nez s'effleurant presque.

"Dis moi ce qu'il s'est passé pour te mettre dans cet état…"

Sa voix était basse, et ses pupilles étaient clairement inquiètes. Mais… Que s'était-il passé?

"Je.. je ne sais même plus comment je su-"

Et d'un coup, tout lui revint. En pleine face. Avec la violence d'un tractopelle, il se sentit écrasé par la brutalité des mots qui résonnaient et tournaient dans sa tête. "Rachel va mourir." "Ses organes la lâchent." "Elle n'en a plus pour longtemps." "Nous ne pouvons plus rien faire.".

Il se sentit suffoquer, et repoussa durement Newt, cognant presque son front au sien, pour s'asseoir. Son souffle lui manquait, putain, pourquoi sa cage thoracique était si petite? Son cœur allait imploser.

"Thomas! Ne te laisse pas envahir à nouveau! Regarde-moi! Regarde-moi!"

Les mains du blonds volèrent et s'accrochèrent au visage du brun, comme pour le faire revenir à lui. Et aussi étrange que cela puisse paraître, ça fonctionna. Le contact de Newt contre sa peau le fit redescendre, et il renifla.

"Newt…"

Ses doigts vinrent agripper ceux de Newt, sur ses joues, et il sentit une unique larme forcer le passage de son œil gauche.

La goutte salé s'échoua sur leurs mains.

"Elle va mourir."

Le silence s'éternisa. L'un comme l'autre attendait. Newt, que Thomas soit prêt, et Thomas, que les mots veuillent sortir. Et même si seulement 3 venaient de passer la barrière de ses lèvres, il se sentait un tout petit peu soulagé.

Il l'avait dit.

Et même si ça rendait encore plus réel la chose, ça faisait du bien. Il n'était plus seul. Plus seul à savoir, plus seul à comprendre.

"Elle va juste...cesser d'exister. Son cœur ne battra plus, son sourire ne s'illuminera plus. Elle ne dormira plus dans mon lit. Elle ne respirera plus. Elle ne regardera plus les dessins animés débiles avec moi. Elle ne critiquera plus mes pâtes. Elle ne jouera plus avec mes cheveux. Elle ne me prendra plus dans ses bras. Elle ne… elle ne fera plus tout ça. Plus jamais. Plus jamais, Newt. Ma vie sera sans elle. Elle… elle va juste disparaître.

-Elle sera dans ton cœur, Tommy…

-Non. Mon cœur, elle va l'emporter avec elle.

-Tommy…

-Tu ne comprend pas, n'est-ce pas?

-Je n-

-Ma sœur. Je te parles de ma sœur. Ma sœur jumelle. La moitié de mon âme, de mon cœur, de ma vie. Je ne peux pas vivre sans elle. C'est comme perdre la moitié de soi, de son corps.

-Tu apprendras à marcher sans elle.

-Je ne peux pas…"

Ses mains tombèrent sur ses cuisses, et celles de Newt suivirent. Leurs doigts étaient toujours agrippés les uns aux autres, et ceux de Thomas serraient ceux du blond de toute ses forces. Comme si c'était son ancrage pour ne pas couler.

"Bien sûr que si, tu peux. Je serais à tes côtés.

-Personne ne pourras la remplacer.

-Il ne s'agit pas de ça, et tu le sais. Je t'aiderais. Je ferais tout ce qui sera en mon pouvoir. Crois-moi, je ne te laisserais jamais. Je suis un homme fidèle."

Un sourire passa furtivement sur leurs lèvres, et Thomas finit par hocher la tête. C'était un hochement résigné, blessé et blasé, mais que pouvait-il faire d'autre? Il allait être amputé. Qui serait-il pour refuser un chirurgien, même inexpérimenté, pour recoudre son coeur?

"Tu ne m'en veux pas?"

La question était posée du bout des lèvres, comme s'il savait qu'elle n'avait rien à faire là. Parce qu'elle n'avait rien à faire là, dans son désespoir et sa peine. Mais quelque part, cette peine ne serait que plus grande si Newt répondait "oui".

"Pourquoi je t'en voudrais?"

Il avait réellement l'air surpris.

"Pour ne pas t'avoir parler d'elle. De Rachel.

-Il y a des choses qu'on préfères garder prêt de son cœur, jusqu'au jour où nous sommes prêt à les partager.

-Merci…"

Un soupir soulagé lui échappa, et c'était sûrement la seule chose positive de sa journée. Avec leurs doigts entrelacés.

Son cœur aurait sûrement battu beaucoup plus fort s'il n'était pas occupé à saigner autant.

Mais aujourd'hui, son cœur était à sa sœur, et à personne d'autre.

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Pour ceux ou celles qui auraient sauter le passage, résumé en deux trois mots : Thomas arrive chez Newt, après avoir apprit que sa sœur, Rachel, n'allait pas réussir à battre sa maladie. Newt l'aide à calmer sa crise d'angoisse.

On dirait pas trop le résumé d'une fiction à elle seule mdrrrr ?

Je vous quitte sur une auto-citation, dont Soran peut attester (hastag les vocaux à 2h du matin) : "La fin du chapitre 22, bha c'est le début du 23."