Coucou...je vous aime ? Ne me tapez pas ? Avant que vous ne commenciez à jeter les tomates, je tiens à m'excuser de mon retard. Je n'ai pas posté depuis presque un an, jour pour jour, j'étais occupée avec la fac et mon travail et même quand j'avais le temps d'écrire, je me concentrais surtout sur le fandom de Naruto. J'avais la première partie de ce chapitre écrit dès l'été dernier, mais je n'arrivais pas à avancer. J'avais un bloquage monstre. J'ai commencé à me remettre à écrire sur Rosemary il y a quelques semaines, mais le chapitre ne me plaisait pas assez pour le poster. Au final, j'ai décidé de le diviser en deux et de poster ce que j'avais, je posterais la suite de ce chapitre à la fin du mois normalement. J'espère que je ne vous décevra pas.

S'il y a des musulmans qui me lisent : Ramadan Mubarek...I feel your pain.

anujen666 : Nagini est ma préféré pour être honnête ^^ Je suis contente que tu aimes Rosemary, j'espère que tu aimeras la femme qu'elle deviendra mais avant ça, elle va devoir passer par la puberté comme tout le monde...pauvre, pauvre Tom. Il va en baver.

Yuni Stark : Le monde se porterait tellement mieux si tout le monde disait la vérité pur et simple...Je sais, mes fautes me sautent toujours aux yeux, après que j'ai posté un chapitre. Harry est un idiot, ça ne fait aucun doute mais la plupart des garçons le sont à douze ans. Une part de Rose sait que Tom est sans doute son âme soeur mais elle est dans le déni et préfére ne pas y penser.

Regina lily Swan : Ne t'en fais pas, Harry va en baver pour se faire pardonner et ce sera la dernière fois qu'il fera un coup pareil à sa soeur. Il va changer, il va grandir. J'espère que tu aimeras ce que j'ai prévu pour son personnage, parce qu'il deviendra plutôt badass (c'est quand même le jumeau de Rose !) mais ça prendra du temps. En attendant, ce sera au tour de Rose de briller dans ce tome. J'espère que tu aimeras et encore une fois, je tiens à m'excuser d'avoir autant tarder à poster ce chapitre.

lolabellax : Nagini est une diva XD J'espère que tu aimeras ce que j'ai prévu pour le couple Tom/Rose. Au vue de la différence d'âge, rien ne se passera avant un bon moment mais leur relation évoluera à chaque tome jusqu'à ce que les deux soient forcés d'arrêter de se voiler la face. Neville deviendra un personnage plutôt badass quand il aura gagné confiance en lui. Il aura un rôle plus important et j'ai vraiment hâte d'en arriver là.

Bitchouille : Merci ^^ J'espère que ce chapitre ne te décevra pas.

Rose British : Yep, Harry est un idiot. Je ne connais pas beaucoup de garçons de douze ans qui ne le sont pas. Mais il va changer et il deviendra plutôt badass je dois dire. Dans ce tome, c'est Rose qui brillera. J'espère que tu aimeras.

VallaBennet : Merci :) Et oui, tu l'as dans le mille. Une part de Rose sait que Tom est son âme soeur mais elle préfera ne pas y penser et Tom a passé tellement de décennies à renier tout ce qui est sentiment que ça lui prendra du temps avant d'admettre qu'il tolère Rosemary.

cmptbd : Merci pour tout ! J'espère que tu aimeras la suite.

Bellasidious : Je suis tellement désolé d'avoir autant tardé ! J'avais le syndrôme de la page blanche, c'était horrible !

Lerugamine : Yep, Tom et Rose sont âme soeur...Maintenant, il faut juste qu'ils grandissent un peu...

Ellea Cloud : J'espère que je ne t'ai pas fais fuir avec ce...euh hiatus imprévu.

Freya11 : C'est exactement ça, Harry avait besoin de se rendre compte de ce qu'il risquait et Rose avait besoin d'arrêter d'autant dépendre de son frère. Ca prendra du temps, mais ils se réconcilieront.

Cmptbd : Haha, Tomrose, c'est leur shipname ? J'espère que tu aimeras la suite si tu continues de passer par là.

Holfear : Haha, nope, pas de basilique dans ce tome. Le serpent apparaîtra par la suite mais ce tome ne tournera pas autour de la chambre des secrets, je voulais faire quelque chose d'original (et puis Lord Serpentard est présent et bien vivant).

PandoraL : Je suis contente que tu aimes. J'espère que la suite te plaira, surtout que je m'éloigne du canon et que je prends pas mal de liberté. J'ai hâte d'écrire sur Rose quand elle deviendra un peu plus mâture et aura ses soeurs à ses côtés.

Son D Akira : Merci :)

Prims10 : Harry se fera pardonner mais ça prendra du temps. Beaucoup de temps. En attendant, Rose apprendra à devenir plus forte et Harry arrêtera de se soucier autant de l'opinion des autres. D'un côté, leur dispute aura des bénéfices. J'espère que tu aimeras ce que j'ai prévu pour les jumeaux Potter :)

Loaw : Nope, je n'abandonne certainement pas cette histoire, j'étais juste en panne d'inspiration. J'espère que tu continueras de me lire et d'aimer ce que je fais :)

Shadow : Je n'abandonnerais jamais mon petit bébé ! ... Mais j'avoue que je l'ai pas mal délaissé. Pour ma défense, j'ai vraiment essayé d'écrire, mais j'avais un bloquage. C'est passé à présent et j'ai recommencé à écrire sur Rosemary ^^ Contente que tu aimes mes histoires sur Naruto en tout cas.

Merry Archer : Je suis contente que tu aimes :) J'espère que tu aimeras la suite. Quant à la relation entre Rose et Harry, elle n'était pas très saine. Pendant des années, ils ont été dépendant de l'autre au point qu'ils ne savaient pas trop comment fonctionner une fois séparés. Harry s'est accroché à Ron, aux Gryffondors et à son rôle de héro, alors que Rose essayait de continuer comme avant. Harry se fera pardonner mais ça prendra du temps. En attendant, Rose a un monde à domine...euh, je veux dire des devoirs à faire.

Magouille : Je n'ai jamais compris pourquoi les élèves de Poudlard se contonnaient à seulement quelques qualités. J'aimerais être rusé comme Salazar, brave comme Godric, sage comme Rowena et travailleuse comme Helga. Chaque maison a ses qualités comme ses défauts et j'aimerais bien toutes les aborder, mais je le ferais sans doute en second plan. Sinon, effectivement Tom et Rose sont âme soeur...les deux sont dans le déni soit dit en passant.

Disclaimer : Rien n'a changé.

Tom Jedusor - Ben Barnes

Rosemary Sage Potter - Katie McGrath


13) Luna, botanique et charlatan

01.09.1992, Royaume Uni, Angleterre, Londres, King's Cross, 10 :55

Luna Lovegood arriva avec son père à la gare de King's Cross avec deux heures d'avance. Il avait dû la déposer plus tôt que nécessaire pour pouvoir interviewer une sorcière Néerlandaise, seule témoin de la brutale attaque du ministère britannique à l'encontre de la communauté des Aquavirius. Son père lui avait expliqué que malgré leur nature pacifique, les larves d'Aquavirius étaient mortelles pour quiconque tentait de s'en approcher. Le ministère les élevait secrètement dans le but d'en faire des armes. Mais Xenophilius –qui était très anti-ministère- était persuadé qu'ils ne réussiraient jamais. Les larves d'Aquavirius étaient trop imprévisibles…elles attaqueraient sans doute les malheureux du département des mystères qui tenterait de s'en approcher.

Luna était habituée à devoir attendre. Elle était habituée à être seule également, malgré les efforts de son père qui travaillait à domicile pour pouvoir s'occuper d'elle. Ça ne la dérangeait pas tellement. Et puis les nargoles lui avaient murmuré qu'elle allait rencontrer sa sœur cette année, elle avait tellement hâte ! L'excitation de gagner une sœur suffisait à étouffer sa déception de ne pas avoir son père auprès d'elle…

Assise dans un compartiment vide, son carnet de croquis posé sur genoux, elle était assise en tailleur, ses longs cheveux blonds retenus en un chignon lâche, grâce à sa baguette magique. A ses oreilles, elle portait ses boucles d'oreilles radis préférées et à son cou, un collier avec pour médaillon plusieurs capsules de bouteille de bièreaubeurre.

Pour passer le temps pendant ses deux heures, elle se mit à dessiner une rose aux larges pétales déployées, s'appliqua avec les ombres, s'amusa avec les finitions : tige, épines, feuilles. Lorsqu'elle finit un peu trop tôt, elle ajouta un papillon se reposant sur la fleur. Elle dû utiliser sa baguette pour effacer les imperfections et ne releva la tête que lorsque le bruit que faisaient les nargoles devint insupportable.

Elle leva deux grands yeux gris presque globuleux juste à temps pour voir les Weasley traversaient la barrière. Elle reconnut Ginny avec qui elle avait un jour été amie, entourée de ses deux parents, mais ne fit aucun mouvement pour indiquer sa présence. Elles ne s'étaient plus parler depuis un bon moment, après tout. Depuis la mort de sa mère, Pandora Lovegood, trois ans plus tôt pour être exacte. Luna n'était même pas sûre que Ginny l'ait jamais vu comme une amie. Ce n'était pas grave, Luna savait qu'elle était un peu étrange, et les autres enfants l'avaient toujours quelque peu évité. Elle fut surprise de ne pas trouver Ron Weasley parmi sa famille mais également soulagée. Enfant, il ne s'était jamais montré très gentil avec elle.

Les nargoles, bien que des créatures qui aimaient faire des farces parfois cruels, lui avaient promis qu'elle aurait des amis à Poudlard. Luna avait tellement hâte ! Elle aurait une sœur, elle aurait des amis, c'était plus que suffisant.

A onze heures piles, la locomotive rouge se mit en marche et la porte de son compartiment s'ouvrit avec force.

-Salut, on peut s'asseoir ici ? Demanda une fille. C'était une jolie fille, brune de peau avec de grands yeux vairons, l'un vert et l'autre noisette. Elle était accompagnée d'une autre fille d'origine japonaise et d'un garçon blond à l'air studieux. Luna leur offrit un sourire calme, quelques peu distraite par les joncheruines qui dansaient au-dessus de leurs têtes.

-Bien sûr, mais tu devras faire attention aux nargoles, le compartiment en est infesté.

La fille perdit son sourire et adressa un regard incertain à ses camarades.

-Et vous devriez faire attention aux joncheruines. Ils semblent très attirés par vous.

-Les jonche quoi ? Demanda la fille aux yeux vairons.

-Les joncheruines. Ils entrent dans la tête des gens par les oreilles et embrouillent leurs cerveaux. Oh, il y en a un qui vient d'entrer en toi, dit-elle au garçon.

Le garçon se mit à la regarder d'une façon étrange et se retourna vers les deux autres filles.

-Et si on allait trouver un autre compartiment, cette fille est folle.

-Ce n'est pas très gentil de dire ça, dit Luna.

Le garçon l'ignora et s'en alla.

-Comment tu t'appelles ? Demanda la fille aux traits asiatiques.

-Luna Lovegood. Enchanté !

Luna leur sourit calmement, mais légèrement soucieuse lorsqu'elle vit des joncheruines entraient dans les deux filles.

-Loufoca Lovegood ? Demanda d'un ton faussement innocent la brune.

-Non, Luna. Je crains que les joncheruines t'aient déjà embrouillé le cerveau, de simples boucles d'oreille radis devraient régler le problème, lui dit Luna essayant de les aider.

La brune s'esclaffa.

-Si tu le dis, Loufoca. Je crois que je vais aller rejoindre Ian.

-Lovegood…tu ne serais pas la fille du propriétaire du chicaneur ? Demanda l'autre fille.

Le visage de Luna s'illumina comme à chaque fois qu'on reconnaissait le travail de son père.

-Oui ! J'ai un magasine sur moi, si tu veux. Tu es une abonnée ?

-Non, merci. Tout le monde sait que le chicaneur est une poubelle, viens Erika, cette fille est cinglé, c'est de famille.

Luna perdit son sourit et observa les deux filles sortirent de son compartiment en se moquant d'elle.

Après ça, elle sortit sa baguette et la pointa tristement sur la porte.

-Collaporta.

Luna faisait de son mieux pour ne jamais laisser les paroles blessantes des gens l'atteindre. Mais parfois, c'était plus facile à dire qu'à faire.

Sa mère avait toujours été la seule à la comprendre parfaitement. Et elle lui manquait tellement…

Quelques heures plus tard, Luna commença à avoir faim. Son père avait comme à son habitude, oublié de lui préparer à manger, Luna déverrouilla donc la porte pour se mettre à la recherche du chariot de friandises.

De temps en temps, elle passait la tête dans les compartiments pour voir si sa sœur était présente. Elle ne savait pas à quoi elle ressemblait, mais elle savait qu'elle saurait la reconnaitre.

-Bonjour, auriez-vous vu ma sœur ? Demanda-t-elle à un groupe de garçon un peu plus âgé qu'elle. Le plus grand devait avoir dans les quatorze/quinze ans, il avait des cheveux chatain/blond et des yeux gris. Il lui sourit gentiment.

-A quoi elle ressemble ?

-Je ne sais pas, je saurais quand je la verrais, répondit Luna.

Elle porta son regard vers le garçon d'à côté. C'était le deuxième plus grand du groupe. Il était noir de peau et portait déjà son uniforme. C'était un Poufsouffle. Les joncheruines avaient fait un nid dans la tête du pauvre garçon et Luna cru même voir un ou deux ragepiel.

-Tu te fiches de…commença-t-il.

Mais Luna était déjà ressortit pour reprendre sa recherche de sa sœur et de sucreries.

A un moment donné, elle croisa Ginny en compagnie de Erika et ses deux autres compagnons. Le garçon, Ian, était plongé dans son livre mais les filles la pointèrent du doigt et se mirent à glousser. Le compartiment était rempli de premières années et Luna sourit, triste à l'idée de devoir bientôt retourner dans son compartiment vide.

-Salut Ginny.

La rousse grimaça légèrement quand les têtes se retournèrent vers elle.

-Salut Luna, marmonna-t-elle.

-C'est elle, Loufoca ? Chuchota quelqu'un.

Luna tourna ses grands yeux gris vers Erika qui hocha la tête et se mit à glousser derrière sa main. Elle ne savait pas ce qu'il y avait de drôle mais aurait bien aimé comprendre la blague.

Ecosse, Localisation introuvable, Poudlard, La grande salle, 20 : 19

-SERDAIGLE ! Cria le choixpeau.

Luna remercia Angus le chapeau magique pour la plus intéressante conversation qu'elle ait eu depuis bien trop longtemps. Les nargoles étaient nombreux à Poudlard, tellement que le chuchotement des créatures lui faisait horriblement mal à la tête. Mais Luna tituba jusqu'à la table des Serdaigle, heureuse d'avoir été répartit dans l'ancienne maison de son père.

Elle ignora la grimace de Erika lorsqu'elle s'assit à côté d'elle. En face d'elle, une autre fille, Julie si ses souvenirs étaient exacts lui sourit.

-Salut, tu t'appelles Luna, c'est ça ?

Luna s'apprêtait à confirmer mais Erika fut la première à répondre.

-Mais elle préfère Loufoca.

-Pas vraiment, protesta Luna.

-Loufoca ? Demanda un garçon.

A côté de lui était assis Ian. Le pauvre garçon avait deux joncheruines qui valsaient sur sa tête. Luna songea un instant à le prévenir mais changea d'avis. Il ne la croirait pas. Les gens ne la croyaient jamais. Sauf son père. Son père n'était peut-être pas capable de les voir mais ils croyaient en leur existence et ça le rendait plus apte à sentir la présence de créatures « invisibles ». Invisibles pour la plupart des humains en tout cas.

-C'est Luna, corrigea-t-elle. Luna Lovegood.

Son nom avait été annoncé il y a quelques minutes, avaient-ils déjà oublié ? Peut-être les nargoles leurs jouaient des tours. C'était des sacrés petits farceurs après tout.

La conversation s'arrêta là et les Serdaigle se reconcentrèrent sur la répartition. Tous les Serdaigle, sauf Luna. Elle était fatiguée. Ses paupières semblaient anormalement lourdes et elle avait le ventre vide. Le bruit incessant des nargoles lui donnait la migraine et son père lui manquait. Mais malgré tout, elle était heureuse. Loutry St-Chaspoule, le village ou elle avait grandi dans le Devon était un village semi-magique, un endroit parfait pour grandir lorsqu'on était aussi sensible à la magie que Luna. Mais Poudlard était littéralement saturé de magie et Luna ne s'était jamais sentit aussi vivante malgré sa fatigue.

Ecosse, Localisation introuvable, Poudlard, Salle commune des Serdaigle, dortoir des filles, 21 : 02

La tour de Serdaigle était située dans la tour de l'aile Ouest du château. Le préfet, Robert Hilliard les avait fait passer par une porte avec un heurtoir en forme de tête d'aigle et ils avaient dû répondre à une énigme pour y accéder. Luna aimait les énigmes. Elle les trouvait enrichissante.

La salle commune des Serdaigle était une vaste pièce circulaire. D'élégantes fenêtres en arcades agrémentaient les murs tendus de soie couleur bleu et bronze. La vue donnait sur les montagnes environnantes. Le plafond en forme de dôme était parsemé d'étoiles peintes qui se reflétaient sur la moquette bleu nuit. Elle était meublée avec des fauteuils confortables, des tables et une bibliothèque et dans une niche face à la porte se dressait une haute statue de marbre blanc, celle de Rowena Serdaigle.

Après un rapide discours de Robert, les treize nouveaux Serdaigle avaient été envoyé dans leurs dortoirs. Sept garçons, six filles. Luna pouvaient voir Erika, Julie et Maria allongées sur le lit de cette dernière en pleine conversation. Rhea et Arya étaient apparemment des amies d'enfances et s'étaient rapidement couchés après avoir enfilés leurs pyjamas. Quant à Luna, elle était légèrement isolée des autres –courtoisie d'Erika- et trop occupée à ranger ses affaires pour prêter attention au sujet de conversation des trois filles (elle). Luna avait rangé ses vêtements et son matériel de dessin dans l'armoire qui lui était attribué et sur son lit à baldaquin elle fit pendre des couronnes de lavande censées traiter l'insomnie, l'irritabilité, la mélancolie et éloigner les parasites. Elle retira ensuite ses boucles d'oreilles radis et son collier composé de capsules de biereaubeurre qu'elle posa sur sa table de nuit avec sa baguette magique avant d'enfiler sa chemise de nuit. C'était une des vieilles chemises de nuit de sa mère, blanche et vaporeuse, très élégante, Luna l'adorait.

-Bonne nuit, dit-elle aux filles.

Julie fut la seule à lui répondre mais ça ne la dérangeait pas. Demain, elle irait à la recherche de sa sœur.

A trois heures du matin, Luna se leva comme à son habitude pour méditer une heure entière. C'était l'heure des sorcières et pour une élémentaliste Caeli comme elle, l'heure la plus importante de la journée.

C'était difficile à expliquer et une tradition de sa mère qu'elle avait continué religieusement. L'heure des sorcières, était l'heure ou la magie était à son paroxysme et Luna considérait cette heure comme sacrée.

02.09.1992, Royaume-Uni, Ecosse, Localisation introuvable, Poudlard, Dortoir des Serpentard, 07 : 09

Rosemary n'avait pas aussi bien dormi depuis des mois. Depuis son dernier jour d'examen pour être tout à fait honnête. Avant que Quirell/Grindelwald ne l'attaque. Retrouver son dortoir et son lit à baldaquin aux rideaux verts émeraude avait été un réel soulagement et Rosemary était bien décidée à en profiter jusqu'au bout. Malheureusement, Lily avait un avis différent. Elle lécha le visage de sa maîtresse jusqu'à ce que celle-ci consente à se lever.

-Encore sept petits mois, gémit-elle en enfonçant son visage plein de bave contre son oreiller.

Pour toute réponse, Lily s'assit sur elle et gémit pitoyablement.

-C'est bon, c'est bon. Je me lève, grogna Rose.

Avec irritation, elle remarqua que ses camarades de chambres dormaient encore. Elle fusilla Lily du regard avant de soupirer. Elle était incapable de rester fâcher contre cette adorable boule de poil. Les yeux bleus de Lily étaient une de ses faiblesses.

-T'as de la chance d'être mignonne.

Lily remua la queue. Rosemary aurait juré qu'elle avait l'air flatté.

Au final, la jeune sorcière fut soulagée d'avoir été réveillée la première. Ainsi, elle eut le temps de nourrir Lily et de prendre une longue douche sans avoir à attendre son tour. Elle utilisa un demi-flacon de potion de Lissenplis sur ses cheveux les rendant joliment ondulés et enfila son uniforme rapidement. N'ayant pas énormément grandit, Rose n'avait pas racheté d'uniforme. La seule différence notable était que sa jupe semblait légèrement plus courte.

Lorsque les autres filles commencèrent à se réveiller, Rosemary était en train de méditer. Etant plus calme et reposée que la veille, elle était décidée à harceler Tom ce jour-là pour qu'il la débarrasse enfin de ses menottes poids.

Daphné fut la deuxième à finir de se préparer, elle caressa Lily machinalement derrière les oreilles et attendit que son amie finisse sa séance de méditation. Trop soulagée de voir de ses propre yeux qu'elle était présente et qu'elle allait bien, Daphné n'avait pas prêté beaucoup attention à son apparence, la veille. Ce jour-là, Daphné remarqua pour la première fois les différences entre la Rosemary de l'an dernier et celle de cette année.

Rose se tenait toujours aussi droite et avec fierté mais aussi avec plus de grâce. Ses cheveux lui arrivait jusqu'aux omoplates et encadrait un visage aux traits fins qui ressemblait de moins en moins à celui de son frère.

-Daphné ?

La sorcière blonde cligna des yeux, légèrement perdue, avant de réaliser que c'était son amie qui l'appelait.

-On y va ?

Elle hocha la tête et les c'est les bras entrecroisés que les filles sortirent de leurs dortoirs. La plus grande différence entre cette Rose là et celle de l'an dernier, c'était qu'elle semblait plus tactile. Plus approchable. La veille, Rose avait posé sa tête contre son épaule, aujourd'hui elle n'avait pas hésité à la toucher. C'était des gestes que Rose n'avait esquissé qu'avec son frère. Daphné n'osa pas commenter. Elle aimait bien ce côté de son amie.

Au bas de l'escalier, Blaise et Draco les attendaient. Ce dernier avait une mine réjoui et parlait avec excitation tandis que Blaise le contemplait d'un air poliment désintéressé et les mains dans les poches. Mais Draco continuait de monologuer sans se rendre compte de l'ennui de son ami, ou peut-être qu'il s'en rendait compte mais s'en fichait ce qui était plus probable. Draco était intelligent et observateur. Il était aussi suffisamment égoïste pour continuer sur sa lancée.

-De quoi vous parlez ? Demanda Daphné.

-Quidditch ! Vous ne devinerez jamais ce qui est arrivé !

-Laisse les avoir la surprise, intervint Blaise.

Daphné aurait juré que Draco était sur le point de bouder. Abraxas Malfoy s'en retournerait dans sa tombe.

-Vous êtes excités pour aujourd'hui ? Demanda Rosemary.

-Il n'y a que toi pour être excité par le premier jour de classe, répliqua Draco momentanément distrait.

-Un mot : Granger.

Il grimaça.

Ensemble, les quatre amis sortirent de la salle commune pour se diriger vers la grande salle. A peine Rosemary, était-elle entré dans la salle qu'elle fut accosté par Harry. Son visage s'assombrit lorsque ses yeux se posèrent sur le visage nerveux et contrit de son jumeau. Rosemary avait réussi à ne pas penser à Harry depuis qu'elle s'était réveillée. Elle avait pensé qu'elle pourrait l'ignorer et éviter de penser à lui pendant les dix prochains mois, persuadée qu'il allait faire comme l'an dernier et passer le moins de temps possible en sa compagnie. Avec le Quidditch, les devoirs et ses propres amis, sûrement il serait suffisamment distrait pour ne pas remarquer qu'elle l'évitait ? Rosemary retint une grimace. Elle n'avait pas tenu une journée.

-Rosie, on peut parler ?

-Je ne crois pas.

Rosemary continua sa route en entraînant Daphné avec elle et dépassa Harry.

-S'il te plait, je veux juste parler.

-Et moi, je ne veux pas te parler.

-Ros…

-Fiche moi la paix Harry ! S'énerva Rose.

Les yeux luisants, Rose avait sans le savoir, laissé un peu de son aura s'échapper et de la magie insufflé ses mots. La première fois que c'était arrivée, Rose avait été irritée par un gobelin. La seconde fois, ça avait été face à sa salle commune quand ils s'étaient ligués contre elle, pensant qu'elle était faible. Quant à la dernière fois que ça c'était produit, la colère de Rose avait été dirigé contre la harpie de l'allée des embrumes qui avait osé toucher son frère.

Aujourd'hui, c'était contre son frère qu'elle était en colère.

Rosemary se dépêcha jusqu'à la table des Serpentard en ignorant les murmures de la salle qui avait observé la scène. Rose leva machinalement la tête vers la table des professeurs. Le directeur était absent. Son trône en or vide. Mais ce n'était pas lui qui l'intéressait. Le trône plus petit, en argent à côté était occupé par Tom.

Nagini sur ses épaules, il avait le même air nonchalant que d'habitude et ses yeux noirs étaient rivés sur elle.

Rosemary, les joues rouges, se retourna immédiatement pour se servir du thé.

Elle ne savait pas comment les elfes du château faisaient mais ce qu'elle désirait était toujours à proximité d'elle. Que ce soit de la nourriture pour Lily, une couverture supplémentaire ou ses desserts favoris. Rose était déterminée à les visiter dans la semaine pour les remercier.

Elle se servit du thé à la menthe et un toast. Ses amis eurent à peine le temps de s'asseoir que soudain un grand bruit d'ailes s'éleva au-dessus de leurs tête : une bonne centaine de hiboux venaient de s'engouffrer dans la Grande Salle en tournoyant au-dessus des tables pour laisser tomber lettres et paquets entre les mains –ou sur les têtes- de leurs destinataires. Parmi les hiboux, un unique corbeau au pelage bleuté vola avec grâce jusqu'à sa maîtresse.

Rosemary caressa doucement les plumes de son nouvel animal de compagnie qui lui mordilla l'oreille en retour. Entre ses serres, il tenait une enveloppe avec l'insigne de Gringottes. Elle s'empressa de lire sa lettre sans même se soucier des regards étranges qu'elle suscitait.

-C'est de qui ? Demanda Draco.

-Gringottes. Le gobelin qui s'occupe de mes finances.

Rose avait confié à Ragnok le soin de s'occuper de ses finances en tant que futur Lady Le Fay. Elle refusait encore de penser aux implications de ce que son autre titre voulait dire.

Le gobelin venait de l'informer du montant que contenait son coffre, ainsi qu'un inventaire de tous ses biens matériels…tout en l'insultant toutes les deux lignes avec la subtilité d'un orque.

Ce bon vieux Ragnok…Rosemary ne lui avait toujours pas pardonné de lui avoir caché qu'elle aurait pu faire un test de lignée lors de sa première visite. La jeune sorcière prévoyait déjà de se venger, elle attendait juste que l'inspiration lui vienne.

Tout à coup, une explosion retentit du côté des Gryffondor. La première pensée de Rose fut que les jumeaux Weasley avaient fait exploser quelqu'un ou quelque chose. Sa deuxième pensée fut que peut-être, son frère était allé se fourrer dans un autre pétrin.

- ... VOLER LA VOITURE ! ÇA ME M'AURAIT PAS ÉTONNÉ QU'ILS TE RENVOIENT ! ATTENDS UN PEU QUE JE T'AIE SOUS LA MAIN ! J'IMAGINE QUE TU NE T'ES PAS DEMANDÉ DANS QUEL ETAT D'INQUIÉTUDE ON ÉTAIT, TON PÈRE ET MOI QUAND ON A VU QUE LA VOITURE AVAIT DISPARU !...

Les hurlements de Mrs Weasley, cent fois plus puissants que d'habitude, faisaient trembler les assiettes et les cuillères et se répercutaient en échos assourdissants sur les murs de pierre. Rose se retourna, abasourdi. Elle n'arrivait pas à voir Ron Weasley depuis sa place, mais elle crut apercevoir une tête rousse dépassant de la place d'à côté de son frère. Ce dernier était rouge, une expression hébété sur le visage.

-... REÇU UNE LETTRE DE DUMBLEDORE HIER SOIR ! J'AI CRU QUE TON PÈRE ALLAIT MOURIR DE HONTE ! ON NE T'A PAS ÉLEVÉ PENDANT TOUTES CES ANNÉES POUR QUE TU TE CONDUISES COMME ÇA ! HARRY ET TOI, VOUS AURIEZ PU VOUS TUER '...

Rosemary ne fut jamais aussi soulagée d'être oubliée.

-…ABSOLUMENT INDIGNÉE ! TON PÈRE RISQUE UNE ENQUÊTE DU MINISTÈRE ! C'EST ENTIÈREMENT TA FAUTE ET SI JAMAIS TU REFAIS LA MOINDRE BÊTISE, TU REVIENS IMMÉDIATEMENT À LA MAISON !

Le silence retomba, encore imprégné de fureur. L'enveloppe rouge qui avait glissé des mains de Ron prit soudain feu et fut rapidement réduite en cendres. Harry et Ron semblaient assommés, comme si un raz-de-marée les avait brusquement submergés. Draco fut le premier à rire, bientôt suivit par pas mal d'élèves puis, peu à peu, les conversations reprirent.

-C'était quoi, ça ? Demanda Rose, n'ayant jamais vu une beuglante de sa vie.

-Une humiliation, répondit Daphné

-Une beuglante, répondit Blaise.

Ou bien le karma, pensa Rose qui se mit à apprécier Mrs Weasley beaucoup plus.

A ce moment-là, le professeur Rogue distribua les emplois du temps. Il était difficile de dire qui détestait l'autre plus. Rogue ou Rosemary.

Royaume-Uni, Ecosse, Localisation introuvable, Poudlard, Serres du château, 08 : 20

Harry était misérable. Il suivit silencieusement Ron et Hermione –qui décida de leur pardonner au vu de l'humiliation que leur avait causé Mrs Weasley- jusqu'aux serres pour son premier cours de la journée : Botanique.

Mais Harry, qui avait attendu ce jour tout l'été, ne se sentait pas d'humeur joyeuse. Oh oui, il était à Poudlard, il avait enfin retrouvé ses amis et pouvait enfin faire de la magie…Mais Rose le détestait et Harry ne s'était jamais sentit aussi malheureux. Le pire, c'était qu'il comprenait sa réaction…mais même s'il comprenait pourquoi elle avait réagi ainsi, ça ne l'empêchait pas de vouloir qu'elle lui pardonne. C'était Rosie ! C'était sa jumelle ! Elle avait toujours été là pour lui. Ce n'était pas censé changer. Mais la façon dont elle l'avait regardé ce matin…Harry avait l'impression d'avoir perdu quelque chose d'important à jamais, mais ce n'était pas si grave, n'est-ce pas ? Il allait continuer à s'excuser et Rosie allait finir par lui pardonner...

Il le fallait. Parce que Harry n'était pas sûr de pouvoir le supporter si elle se mettait à vraiment le détester.

Lorsqu'ils arrivèrent devant les serres, le reste de la classe était déjà là, attendant le professeur Chourave. Quelques instants plus tard, Chourave traversa la pelouse à grands pas, en compagnie de Gilderoy Lockhart. Le professeur de botanique avait les bras couvert de bandages et Harry éprouva à nouveau un sentiment de culpabilité en apercevant au loin le saule cogneur qui portait plusieurs branches en écharpe.

Le professeur Chourave était une petite sorcière potelée, coiffée d'un chapeau rapiécé sur ses cheveux en désordre. Ses vêtements étaient souvent maculés de terre et l'état de ses ongles aurait fait s'évanouir la tante Pétunia. Gilderoy Lockhart, en revanche, était impeccable dans sa robe de sorcier turquoise, avec ses cheveux dorés qui brillaient sous un chapeau également turquoise, bordé de fils d'or.

Très franchement, il avait l'air ridicule.

-Bonjour, tout le monde ! lança Lockhart en adressant aux élèves un sourire radieux. Je viens de montrer au professeur Chourave comment il fallait s'y prendre pour soigner un saule cogneur ! Mais n'allez surtout pas vous mettre dans la tête que je suis meilleur qu'elle en botanique ! Il se trouve simplement que j'ai souvent rencontré ce genre de plantes exotiques au cours de mes voyages...

-Serre numéro trois, aujourd'hui ! dit le professeur Chourave qui avait perdu sa gaieté habituelle et paraissait de très mauvaise humeur.

Harry s'apprêtait à suivre sa classe lorsqu'une main adulte se posa sur son épaule.

-Harry ! J'aurais un mot à te dire. Vous êtes d'accord pour qu'il soit un peu en retard à votre cours, professeur Chourave ? Demanda Lockhart.

Harry se sentit se tasser sur lui-même. Sa première expérience avec Lockhart ne lui avait pas laissé de bons souvenirs. Rosie l'avait traité d'idiot et lui avait dit de ne pas hésiter à protester lourdement quand ce genre de situation se produisait. Elle avait également feuilleter les livres de Lockhart avant de déclarer que c'était du pur gâchis de papier. Harry devait admettre qu'il doutait lui aussi de la crédibilité de Lockhart. Et à en juger par sa mine renfrognée, Chourave n'était pas d'accord du tout, mais Lockhart ne lui laissa pas le choix.

-De toute façon, c'est comme ça, dit-il, et il lui ferma au nez la porte de la serre. Harry, poursuivit-il en hochant la tête, ses grandes dents blanches resplendissant au soleil. Ah, Harry, Harry, Harry !

Complètement désarçonné, Harry resta silencieux.

-Quand j'ai entendu... Bien sûr, c'était entièrement ma faute. Je me serais donné des gifles.

Harry ne savait absolument pas où il voulait en venir. Il s'apprêtait à le lui dire lorsque Lockhart reprit :

-Je crois que je n'ai jamais été aussi stupéfait ! Venir à Poudlard en voiture volante ! Bien sûr, j'ai tout de suite compris pourquoi tu avais fait ça. C'était évident. Ah, Harry, Harry, Harry !

Même lorsqu'il ne parlait pas, il avait l'extraordinaire faculté d'exhiber ses dents étincelantes.

-Je t'ai donné le goût de la publicité, c'est bien ça ? dit Lockhart. Je t'ai passé le virus. Tu as fait la une du journal grâce à moi et tu as absolument voulu recommencer.

-Oh, mais non, professeur, simplement...

-Harry, Harry, Harry, coupa Lockhart en lui saisissant l'épaule. Je te comprends, tu sais. C'est normal d'en vouloir toujours un peu plus une fois qu'on y a goûté. Et je m'en veux de t'avoir donné cette envie. Ça ne pouvait que te monter à la tête. Seulement voilà, jeune homme, on ne peut quand même pas faire voler des voitures pour attirer l'attention. Tu dois te calmer, maintenant, d'accord ? Tu auras tout le temps pour ça quand tu seras plus âgé. Oh, je sais bien ce que tu penses ! « Pour lui, c'est facile à dire, c'est un sorcier célèbre dans le monde entier ! » Mais quand j'avais douze ans, je n'étais pas plus que toi. J'étais même moins que toi ! Toi, tu as déjà une vague réputation chez certaines personnes, n'est-ce pas ? A cause de cette histoire avec Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.

Il jeta un coup d'œil à la cicatrice, sur le front de Harry.

-Je sais, je sais, poursuivit-il, ce n'est pas tout à fait aussi glorieux que de remporter cinq fois de suite le prix du sourire le plus charmeur décerné par les lectrices de Sorcière-Hebdo, comme c'est mon cas, mais c'est quand même un début, Harry, c'est un début.

Il adressa à Harry un clin d'œil chaleureux avant de s'éloigner à grands pas. Harry resta stupéfait pendant quelques instants, puis, se souvenant qu'il était censé suivre le cours de botanique, il alla rejoindre ses camarades dans la serre.

Le professeur Chourave se tenait derrière une table à tréteaux sur laquelle étaient disposés des cache-oreilles.

-Aujourd'hui, nous allons rempoter des mandragores, annonça-t-elle lorsque Harry eut pris place entre Ron et Hermione. Qui peut me dire quelles sont les propriétés de la mandragore ?

Personne ne fut surpris de voir Hermione lever aussitôt la main.

-La mandragore possède de puissantes propriétés curatives, récita-t-elle.

Comme chaque fois, on aurait dit qu'elle avait avalé le manuel.

-On l'utilise pour rendre leur forme d'origine ou leur santé aux victimes de métamorphoses ou de sortilèges.

-Excellente réponse. Dix points pour Gryffondor, dit le professeur Chourave. La mandragore constitue un ingrédient essentiel entrant dans la composition de nombreux antidotes. Mais c'est également une plante dangereuse. Qui peut me dire pourquoi ?

Hermione leva la main si brusquement qu'elle faillit accrocher les lunettes de Harry au passage.

-Le cri de la mandragore est mortel pour quiconque l'entend, dit-elle aussitôt.

-C'est exactement ça. Dix points de plus pour Gryffondor. Les mandragores dont nous allons nous occuper aujourd'hui sont encore très jeunes.

Elle montra une rangée de bacs et tout le monde se rapprocha pour mieux voir une centaine de petites plantes touffues aux fleurs violacées qui s'alignaient dans la terre.

Le professeur de botanique leur expliqua ce qu'ils allaient faire avant de leur demander de créer des groupes de quatre.

Harry, Ron et Hermione furent rejoints devant leur bac par un élève de Poufsouffle aux cheveux bouclés que Harry connaissait de vue, mais à qui il n'avait jamais parlé.

-Je m'appelle Justin Finch-Fletchley, dit le garçon d'une voix claironnante en serrant la main de Harry. Je sais qui tu es, bien sûr, le célèbre Harry Potter... et toi, tu es Hermione Granger, la deuxième meilleure élève de la promotion et bien sûr Ron Weasley, c'est toi qui as une voiture volante ?

Ron n'eut pas le moindre sourire. Le souvenir de la Beuglante était toujours bien présent. Quant à Hermione, elle semblait avoir avalé un citron entier lorsqu'il lui rappela qu'elle n'avait encore jamais réussi à battre Rose dans aucune matière. Harry, préféra garder le silence mais Justin ne sembla pas s'en offusquer.

-Ce Lockhart, c'est quelqu'un, vous ne trouvez pas. Un type formidable. Vous avez lu ses livres ? Moi, je serais mort de peur si j'avais été coincé dans une cabine téléphonique par un loup-garou, mais lui, il est resté parfaitement calme et... hop ! Fabuleux, non ?

Harry s'apprêtait à hocher poliment la tête tout en ignorant le Poufsouffle bavard mais il songea à Rosie. Sa sœur jumelle plus intelligente et plus brave que n'importe qui. Il songea à ce qu'elle dirait si elle entendait les propos de Justin.

-Lockhart est un crétin, je suis pratiquement certain que c'est un charlatan, dit Harry.

Hermione émit un sifflement indigné tandis que Ron hochait la tête à côté de lui avec un demi-sourire.

-Beaucoup de gens sont sceptiques à l'idée qu'un bébé ait vaincu Grindelwald, répliqua Justin d'un ton patient particulièrement agaçant. Certains diraient que c'est toi le charlatan.

Harry adressa un regard noir au Poufsouffle.

-Je n'ai jamais prétendu avoir vaincu qui que ce soit, je n'ai jamais vanté cet exploit ni demandé à être célèbre pour avoir survécu à la mort de mes parents, dit-il sèchement.

Et il lui tourna le dos. Rosie aurait sans doute ponctué ça par un maléfice ou un coup de poing…

Royaume-Uni, Ecosse, Localisation introuvable, Poudlard, cour intérieur du château, 12 : 42

Hermione était de nouveau furieuse contre lui pour une raison qu'il ignorait. Ou plutôt qu'il faisait semblant d'ignorer. L'admiration de la sorcière pour les figures d'autorités (même celles qui portaient des robes turquoises) était quelque chose qu'il ne comprendrait jamais. Harry passa donc le cours de métamorphose et l'heure du déjeuner à ne parler qu'avec Ron de Quidditch et de cours en faisant de son mieux pour oublier qu'il s'était mis à dos la personne qui comptait le plus pour lui.

Bientôt, cependant, Harry se sentit observé. Il tourna la tête et vit un garçon de petite taille aux cheveux clairs. Le garçon le regardait fixement, comme paralysé. Il tenait entre les mains un appareil photo de moldue et devint cramoisi lorsqu'il vit Harry se tourner vers lui.

-Ça va, Harry ? Je... Je m'appelle Colin Crivey. Moi aussi, je suis à Gryffondor. Tu crois que... ça ne te dérangerait pas si... si je prenais une photo de toi ? demanda-t-il, levant son appareil, le regard plein d'espoir.

-Une photo ? répéta Harry sans comprendre.

-Pour prouver que je t'ai rencontré, dit Colin avec enthousiasme en s'approchant un peu plus près. Je sais tout sur toi. Tout le monde m'a raconté comment tu as survécu quand Tu-Sais-Qui a essayé de te tuer, comment il a disparu, ta cicatrice sur le front et tout ça. Et puis j'ai un copain qui m'a dit que si je développe ma pellicule dans la bonne potion, la photo bougera. C'est vraiment bien, ici, hein ? J'ai toujours fait des trucs un peu bizarres, mais je ne savais pas que j'étais sorcier jusqu'à ce que je reçoive la lettre de Poudlard. Mon père est laitier, il n'y croyait pas non plus. Alors j'essaye de prendre le plus de photos possible pour lui envoyer. Et si je pouvais en avoir une de toi, ce serait formidable...

Il lança à Harry un regard implorant.

-Peut-être que ton copain pourrait la prendre, comme ça, je me mettrais à côté de toi. Tu voudras bien me la dédicacer ?

Harry s'apprêtait à décliner le plus gentiment possible quand un ricanement familier (et haït retentit). C'était Draco Malfoy et Harry avait la désagréable impression que c'était de lui dont il se moquait. Le garçon brun releva la tête et se rembrunit lorsqu'il vit son ennemi en compagnie de sa sœur et de tout les deuxièmes années Serpentard.

Rosie marchait entre Malfoy et Daphné Greengrass et parlait avec cette dernière d'un ton qu'il qualifierait de presque animé sans accorder de regard au reste de sa cour.

Parce que c'était exactement ce à quoi ce spectacle ressemblait. Une princesse, entourée de sa cour. Même Parkinson qui ne la supportait pas gravitait autour d'elle.

Regarder sa sœur avait toujours été comme contempler un miroir : quand on voit quelqu'un tous les jours, on ne remarque pas les petits changements qui s'opèrent dans son apparence. Mais Rosie avait changé. Rosie était devenue plus jolie durant l'été sans qu'il ne s'en rende compte. Sans ses cheveux en bataille pour distraire tout le monde, il était plus facile de remarquer sa fine ossature et ses grands yeux verts. Elle était entourée de tous les Serpentard de deuxième année et tous semblaient vouloir son attention mais elle ne l'accordait qu'à la sorcière à ses côtés et même là, Rosie semblait légèrement distraite.

Draco Malfoy dit quelque chose qui lui fit tourner la tête vers lui et Harry observa avec un mélange d'effroi et de jalousie sa sœur lever une main pour taper le blond derrière la tête. Non content de se montrer familière avec le blond, Rosie lui adressa par la suite un sourire en coin et ricana lorsque le garçon marmonna quelque chose d'inintelligible.

Harry sentit son estomac se transformer en plomb.

Il ne savait pas à quoi s'attendre, mais il s'attendait à quelque chose. Que sa sœur le remarque et dise quelque chose, que Malfoy se moque de lui et fasse une blague à ses dépens sur le fait qu'il dédicaçait des photos, que quelqu'un fasse quelque chose… Mais les Serpentard ne s'arrêtèrent pas et continuèrent jusqu'à leur prochain cours et à l'exception de quelques rictus méprisant de la part de Parkinson et sa bande, personne ne lui adressa la moindre attention.

-Ça va, Harry ? Demanda Ron d'un air soucieux.

Harry ne répondit pas.

Royaume-Uni, Ecosse, Localisation introuvable, Poudlard, Salle de défense contre les forces du mal, 13 : 00

-Entrez, dit sèchement Tom Jedusor à sa classe de deuxième année.

Rosemary fronça les sourcils. Ce n'était pas la première fois que Tom leur enseignait d'humeur exécrable. Le professeur de défense avait toujours eu la manie de faire profiter de sa mauvaise humeur avec son entourage et Rose se demanda ce qui avait réussi à le contrarier alors que l'année scolaire ne faisait que commencer.

La jeune fille décida d'ignorer le fait qu'elle-même avait jusqu'à présent toujours été contrarié en début d'année.

Les Serpentard et les Gryffondor entrèrent dans la classe de défense, les deux maisons pour une fois unis dans leur détresse. Personne ne voulait avoir à faire avec Lord Serpentard quand il était de mauvaise humeur. Dans le meilleur des cas, il n'était pas d'humeur à enseigner, dans le pire des cas, il démontrait un nouveau sort en se servant des élèves comme cobayes. Rose y avait toujours échappé.

Lorsque Rosemary et son groupe pénétrèrent la salle de classe, la jeune fille grimaça à la vue du flamboyant Gilderoy Lockhart et de son sourire éblouissant.

Daphné et Blaise étaient poliment neutres, mais Draco semblait tout aussi dégouté qu'elle du nouvel assistant. Les deux élèves se lancèrent un regard lourd de sens qu'un certain Gryffondor ne manqua pas de remarquer.

-Asseyez-vous, ordonna Tom.

La classe s'exécuta et Rose remarqua avec dégout que pratiquement toutes les filles de la classe bavaient presque en direction de Lockhart. Les seules exceptions étaient Fay Dunbar, Daphné, Parkinson et elle-même bien sûr. Même Granger qui pourtant était quelqu'un d'intelligent (même si dépourvu d'originalité et agaçante au possible) avait l'air complètement gaga.

-Bonjour ! Fit d'un ton joyeux Lockhart en adressant un sourire rayonnant à la classe. J'imagine que je n'ai pas à me présenter et que tout le monde me connait mais juste au cas où, je me présente : Gilderoy Lockhart. Ordre de Merlin, troisième classe, membre honoraire de la Ligue de Défense contre les Forces du Mal et cinq fois lauréat du prix du sourire le plus charmeur, décerné par les lectrices de Sorcière-Hebdo, mais ne parlons pas de ça. Croyez-moi, lorsque j'ai réussi à me débarrasser du Spectre de la mort, ce n'était pas par un simple sourire.

Certains élèves offrirent quelques sourires faibles mais Rose ne se sentait pas d'humeur charitable. Elle fusilla du regard Tom pour qu'il fasse quelque chose mais ce dernier semblait trop occupé à se masser les temps pour la remarquer ce qui n'aida pas à améliorer l'humeur de la jeune fille.

-Je vois que vous avez tous acheté la collection complète de mes liv…, mais qu'avons-nous là ? Pourquoi n'avez-vous pas sortit vos livres, miss… ?

-Potter, répondit-elle en ignorant son écarquillement des yeux à l'entente de son nom de famille. Tom, est-ce qu'on peut commencer le cours ? Demanda-t-elle d'un ton impatient.

-Peste. Tu as déjà une retenue avec moi, ne m'obliges pas à t'en donner une autre.

Rosemary leva les yeux au ciel.

-Miss euh Potter, pourquoi n'avez-vous pas vos livres avec vous ?

-Parce qu'ils étaient complètement inutiles et qu'il n'y avait pas un seul sortilège, vos livres sont plus apparentés à de la fiction qu'à des manuels scolaires, répondit-elle.

Le sourire de Lockhart se fit quelque peu figé, Rose sentit plusieurs regards meurtriers la vriller et Tom renifla avec amusement.

-Je peux vous assurer, miss Potter que le professeur Jedusor peut se porter garant de mes compéten…

-Je suis de l'avis de miss Potter, l'interrompit Tom. Lockhart, poursuivez qu'on en finisse.

L'assistant garda courageusement –si ce n'est stupidement- son sourire collé aux lèvres.

- J'ai pensé que nous pourrions commencer le premier cours avec un petit questionnaire. Rien de bien méchant. Simplement pour vérifier si vous avez bien lu ce que j'ai écrit et voir ce que vous en avez retenu…

-Ça suffit, le coupa Tom en faisant disparaître les copies que Lockhart tenaient d'un simple coup de baguette. Même un élève de premier année enseignerait mieux que vous.

-Mais…

Tom le fusilla du regard, ses yeux devenant rouge sous l'irritabilité. Le blond émit une sorte de petit couinement et prit la sage décision de se faire discret pendant le reste de la séance.

-Aujourd'hui, je vais vous enseigner le sortilège de désarmement.

Expelliarmus était un sortilège utile très populaire chez les duellistes. Usé autant en défense qu'en offense, il avait été inventé au XIVème siècle par la duelliste Elisabeth Smudging. C'était un sortilège qui appartenait à la magie blanche et certains élèves dont l'affinité était noir (notamment Draco, Blaise et Théodore Nott) eurent un peu de mal à le maîtriser, mais heureusement pour eux, les trois garçons étaient des sorciers très doués et capable de pratiquer la magie blanche. D'autres élèves ne pouvaient pas en dire autant (notamment Weasley, Londubat, Crabbe et Goyle).

Tom –qu'elle avait toujours soupçonné d'être un sadique absolument non refoulé- prit un malin plaisir à assigner aux quatre garçons un devoir supplémentaire requérant deux rouleaux de parchemins et à détruire leur amour-propre par la même occasion.

Rose qui avait appris le sortilège au mois de Mai et qui avait passé la séance à aider son groupe, s'était installée sur le bureau de Tom en ignorant superbement les regards noirs que lui lançaient subtilement les groupies de Gilderoy Lockhart.

Daphné était à ses côtés tandis que Blaise et Draco continuaient de pratiquer le sortilège à quelques mètres des deux filles.

-Rose, je peux te parler ? Demanda la voix de Harry.

La jeune fille se retourna et adressa à son jumeau un regard parfaitement neutre. Daphné, quant à elle, lui adressa son meilleur regard de sang-pur hautaine.

Harry avait été le premier élève à maîtriser le sortilège de désarmement (Rose ne comptait pas vraiment) à la surprise de pratiquement tout le monde. Le garçon avait ensuite attendu que ses amis soient distraits et que sa sœur soit seule pour venir lui parler. Lorsqu'il réalisa que Greengrass n'avait aucune intention de s'en aller, il avait pris son courage de Gryffondor à deux mains pour tenter de s'excuser auprès de sa sœur une nouvelle fois.

-J-je voulais m'excuser.

-Pour quoi Harry ? De m'avoir abandonné à Kings Cross pour partir à l'aventure avec ce crétin de Weasley ? Demanda Rose d'un ton sarcastique. J'aurais dû me douter que tu le suivrais.

Harry aurait voulu se défendre, mais ce qui sortit de sa bouche fut :

-Ron n'est pas un crétin ! S'il n'a pas réussi le sortilège, c'est à cause de sa baguette cassée.

Rose haussa un sourcil, peu impressionnée.

-Est-ce que tu es amoureux de lui ? Demanda-t-elle.

Daphné faillit s'étouffer avec sa propre salive tandis Harry rougissait jusqu'à la racine des cheveux.

-Pas du tout !

-Alors, arrête de jouer son avocat.

Le garçon s'apprêtait à dire quelque chose quand il fut interrompu par sa meilleure amie.

-Toi ! Comment as-tu osé parler au professeur Lockhart comme ça ? Siffla Hermione, d'un air furieux en faisant bien attention à ne pas être entendu par le reste de la classe.

Le dit professeur tentait de donner des conseils à un Neville confus. Rose était pratiquement certaine que le garçon se porterait bien mieux s'il ignorait les conseils du flamboyant assistant.

-Granger, rassures-moi, tu ne penses pas vraiment que Lockhart a fait toutes ses choses qu'il prétend dans ses livres.

-Bien sûr que si !

-Si c'est le cas, j'ai pitié de toi.

-Que…!

-Clairement, tes hormones ont pris le dessus sur ton bon sens.

Hermione rougit et serra les poings comme si elle devait se retenir d'attaquer physiquement la jumelle Potter. Harry préféra s'abstenir de dire quoi que ce soit sur le sujet.

-Rose a raison, intervint Daphné. Lockhart est un charlatan. Tout le monde sait ça.

La blonde lança un regard à Tracey et Lily qui gloussaient de façon très peu subtile et se corrigea :

-Presque tout le monde.

-Le directeur n'aurait jamais engagé un charlatan, argua la Gryffondor.

Pour toute réponse, elle reçut trois regards sceptiques.

-Parce que tu trouves que le personnage que jouais Grindelwald était un bon professeur, peut-être ? Demanda Rose d'un ton sarcastique.

Hermione ouvrit la bouche pour répliquer mais fut interrompu par Tom.

-Est-ce qu'il y a un problème ? Demanda-t-il.

Hermione sursauta violemment avant de rougir comme une tomate sous le regard de son professeur de défense.

-N-non, p-professeur, bredouilla la sorcière.

La jeune fille attrapa Harry par le poignet et la traina jusqu'à leur ami rouquin.

Le professeur tourna son regard vers Rosemary.

-Miss Greengrass, laissez-nous une minute, dit Tom sans quitter des yeux la brunette.

-Qu'est-ce que j'ai fait cette fois ? Demanda Rose lorsque son amie s'exécuta.

-Premièrement descends de mon bureau.

Rose resta obstinément assise, une expression bornée sur le visage, le faisant soupirer.

-Deuxièmement, je voulais te rappeler ta retenue. Viens un peu plus tôt que d'habitude, si tu es encore en retard, j'enverrais mon autre serpent venir te chercher. Et il est beaucoup plus gros et vicieux que Nagini.

Rose attendit que Tom lui tourne le dos pour lui tirer la langue.

-Une semaine de retenue, petite peste.


1) Dans le prochain chapitre, Rose et Luna se rencontrent, j'ai hâte ^^ 2) Le chapitre 14 est presque prêt mais je peux encore le modifier, est-ce que vous voulez le point de vue de Tom sur sa situation avec Rose ou est-ce que vous préférez garder le mystère ? 3) J'ai toujours essayé de faire des chapitres longs pour cette histoire, dîtes le moi si vous préférez des chapitres plus court. 4) Qu'est-ce que vous avez pensé de Harry et co dans ce chapitre ? Harry mettra du temps à se faire pardonner, mais il le fera c'est certain. Sinon, ça me fait un peu de mal de peindre Hermione sous un mauvais jour parce que je l'aime beaucoup et c'est sûr, elle deviendra vraiment badass à partir du tome 4 ou 5 mais en attendant, elle est très jalouse de Rose et a vraiment trop de respect pour les adultes de Poudlard...hmm, il va falloir que j'y remedie. 5) Si vous avez des critiques, suggestions, idées, si vous avez aimé ou détesté, n'hésitez pas à en parler :)

PS : Sinon, vous êtes dans quelle maison, vous ? Pottermore m'a envoyé à Serdaigle en me disant poliment que c'était là que les tarés vont ^^ De tout façon, la normalié c'est tellement sufait.

Bises,

LS.