Bonjour tout le monde !
J'espère que votre semaine s'est bien passée et que vous profitez de votre weekend. Je vous laisse à la lecture de ce chapitre !
Bonne Lecture !
Cecile : Oui, c'est quelque chose qui a marqué Théo et quelque part il s'en veut ne pas avoir pu sauver son filleul. Hermione et Drago ne lui en veuillent pas évidemment, ce n'est pas de sa faute, mais Théo ne voit pas les choses comme ça. On verra si ce que tu dis est vrai à propos de Drago, Hermione et Philomena. Merci pour la review !
Floriane : Donc tu dois avoir plein d'interrogations alors. Je suis contente de ça et hâte de savoir quand même :) J'ai fait ce que j'ai pu pour le poster à l'heure mais quand internet n'y met pas du sien, c'est vraiment compliqué. Mais la suite est là ! Merci pour la review !
Chapitre 13 : Contraint et forcé
Avril 2016
Joyeux Anniversaire Callum !
Aujourd'hui tu as dix ans ! Un anniversaire à deux chiffres ! Tu es grand maintenant ! J'aurais trop voulu ébouriffer ta petite tête, te faire plein de bisous et d'offrir tout plein de cadeaux ! On aurait réussi à amadouer papa pour t'offrir un nouveau balai ! Maman aurait fait la tête mais on aurait passé une super bonne journée !
Je vais essayer de passer une bonne journée pour toi. Roxane et Fred ont apparemment prévu quelque chose pour ce soir. Fêter ton anniversaire… sans toi. Ils vont aller à Pré-au-Lard pour acheter plein de choses à grignoter et on se réunira ce soir. Tu n'aurais pas été avec nous si tu étais vivant. Tu aurais été à la maison avec maman et papa, mais ça ne m'aurait pas empêché de t'envoyer une lettre. En attendant je vais garder celle-là jusqu'aux vacances de printemps. Je la mettrai sur ta tombe en faisant en sorte que maman et papa soient tous les deux avec moi.
Je te souhaite encore un joyeux anniversaire petit frère ! Je t'aime.
Helena.
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Le soleil s'était couché, l'heure du couvre-feu était sur le point d'arriver et Helena tournait comme un lion en cage dans la salle commune des Serdaigle. Eliott et elle devaient attendre le feu vert de Roxane et Fred pour quitter la tour des Serdaigle et se rendre dans la salle sur demande. En temps normal, lorsqu'ils se réunissaient tous en cachette, ils s'y rendaient dès la fin du dîner pour être sûrs de ne pas se faire prendre. Mais là, Helena avait le sentiment que Rusard était en train de rôder autour de leur salle commune, prêt à bondir sur eux deux.
-Tu es ridicule, lui dit-il. Rusard ne rôde qu'autour des salles communes des Gryffondor et des Serpentrd. On est tranquilles.
-Génial, il faudra prévenir les autres qu'ils vont se faire prendre maintenant. Pourquoi ce n'est pas toi qui as hérité de la cape de ton père ? lui demanda-t-elle.
-Ce n'est qu'une question de temps. J'attends que Sam fasse une énorme bourde pour qu'il puisse me la donner.
-Tu n'as pas peur qu'oncle Harry la garde pour ne la donner à personne finalement ?
Le sourire d'Eliott s'effaça immédiatement. Mince ! Il n'avait pas pensé à ça.
Tous deux furent immédiatement capté par deux choses différentes, Helena par les petits bruits derrière la porte de la salle commune et Eliott par le feu de la cheminée qui donnait de vives flammes vertes.
-Salut on peut entrer ? demanda Victoria en mettant un pied dans la salle. Elle était suivie de Ciaran. J'ai horreur de me promener dans les couloirs les soirs comme ça. J'ai toujours l'impression qu'on est espionnés.
-On est espionnés, insista Ciaran en roulant des yeux.
-On peut y aller, dit Eliott en revenant vers eux. Les Gryffondors vont sortir de leur tour.
Un miaulement détourna l'attention d'Helena. C'était Poussière qui se frottait contre sa jambe tout en continuant ses miaulements.
-Tu restes sage Poussière, d'accord ? On ne rentrera pas tard.
-Menteuse, chuchota Victoria de peur que Poussière entende.
Une de ses oreilles pointues s'étaient pourtant tournées vers elle. Il se dirigea vers elle pour se frotter à ses jambes aussi. Victoria le prit dans ses bras.
-Oui, ta maîtresse te ment pour ne pas t'inquiéter, mais on peut te promettre d'être là demain matin.
Poussière miaula avant de retourner au sol.
-Je vais demander à maman et papa de m'acheter un chat à moi aussi. Ils sont tellement choux.
-Il faut s'en occuper tu sais, rétorqua Ciaran. Je ne suis pas sûr que tu saches t'occuper d'une autre personne que toi.
-Bien sûr que oui ! Je m'occupe d'Helena.
-Eh ! Je ne suis pas un chat, moi !
-On y va ? insista Eliott.
Les deux Serdaigle et les deux Serpentard partirent en vadrouille jusqu'à la salle sur demande. C'était bien moins pratique de se faufiler dans les couloirs quand on avait les escaliers qui n'en faisaient qu'à leur tête, un Rusard qui pouvait jaillir de nulle part et les préfets qui, à chaque fois qu'ils faisaient leurs rondes, se sentaient investis d'une mission avec un pouvoir inconsidéré qui en toute honnêteté était très minime. Cela n'empêchait tout de même pas les petits héros de souhaiter que Fred et Roxanne deviennent préfets l'année suivante. Après tout, ils étaient de très bons élèves au grand malheur de George et à la joie absolue d'Angelina.
Alors qu'ils étaient sur le point d'arriver devant le mur qui donnait accès à la salle sur demande, Helena sursauta en faisant volte-face, se cognant presque contre Ciaran.
-Qu'est-ce qu'il y a ? chuchota Victoria inquiète.
-J'ai cru entendre du bruit, dit-elle en tentant de contrôler sa respiration. J'ai dû rêver.
Ils continuèrent leur route et s'arrêtèrent tous en même temps en entendant… un miaulement. Eliott, Ciaran et Victoria regardèrent Helena.
-Mais vous savez bien que je n'ai pas emmené Poussière, chuchota-t-elle.
-Si tu n'as pas emmené Poussière ça veut dire que…
Il y eut un autre miaulement qui les fit paniquer, en particulier lorsqu'ils virent la silhouette d'un chat sur l'un des murs du château.
-Rusard ! s'exclamèrent-ils tous en même temps.
Les quatre petits sorciers coururent le plus vite possible vers le mur et passèrent trois fois devant celui-ci à vitesse grand V. Une fois que la porte apparut, ils s'y engouffrèrent en la refermant de toute leur force avant de reprendre leur respiration.
-Ben vous en avez mis du temps, fit Cassie. Qu'est-ce qui se passe ?
-On a… failli… se faire prendre… par… Rusard…, répondit Eliott en reprenant son souffle.
-Rusard ? répétèrent Fred et Roxane en même temps. Impossible.
-Pourquoi ?
-On a mis des bombabouses dans la grande salle pour avoir la voie libre.
Victoria, Helena, Ciaran et Eliott se regardèrent. Si ce n'était pas Miss Teigne qu'ils avaient entendue, qui était-ce ?
Au même moment, le fameux chat qui avait miaulé avança vers le mur où avait disparu la salle sur demande avant de se transformer et de laisser la place au Professeur McGonagall.
-N'entrez pas dans la pièce professeur, entendit-elle derrière elle. Vous gâcheriez un moment agréable.
-Vous laisseriez des élèves errer à cette heure-ci en dehors de leur dortoir, professeur Londubat ?
-En temps normal, non. Mais, ils fêtent l'anniversaire de Callum. Laissez-les ce soir. Vous les punirez demain si ça vous fait plaisir. Bonne nuit, Mrs la directrice.
Neville quitta le couloir laissant la directrice de l'école hésitante avant de se raviser et de retourner dans ses propres bureaux.
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Hermione se sentait bien pour la première fois depuis très longtemps et ce pour une raison très simple. Elle avait invité ses amis à dîner chez-elle. En temps normal, ils venaient pour savoir comment elle allait et surtout pour savoir si elle ne déprimait pas trop dans son coin. Voilà pourquoi Harry et Ron avaient été plus que surpris lorsqu'elle s'était rendue au département des Aurors avec un large sourire pour les inviter à dîner le weekend qui suivrait. Ils avaient vivement accepté et en avaient immédiatement parler à leurs femmes. Seule Ginny avait dû décliner l'offre étant obligée de partir au Canada pour assister à un match de la ligue.
-Papa se sent perdu quand maman n'est pas là, cafta Ninon.
-Bien sûr que non, s'offusqua Harry.
-Si. Tu grognes et te promènes dans la maison comme un esprit errant. C'est effrayant.
Niels éclata de rire à la place de son père qui ravala son sourire au regard que lui lança Lavande.
-C'est très bon ce que tu as fait Hermione. Délicieux. Je pense que je vais déménager pour vivre ici et manger tes bons petits plats, parce qu'avec ce qui me sert de mari (Ron leva les yeux au ciel) je peux toujours crier famine.
-Tu entends ce qu'elle dit de moi, se plaignit Ron.
-C'est la façon qu'a maman de te dire qu'elle t'aime.
-Et tu as parfaitement raison, mon chéri.
Hermione assistait aux échanges de ses amis avec un léger sourire nostalgique.
Elle redescendit sur terre lorsque le nom de Drago sortit de la bouche de Lavande.
-Pardon ? dit-elle.
-Pansy a inscrit Drago pour un autre speed-dating qui va encore une fois se dérouler dans mon salon de thé. J'en ai marre que Daphné et elle prennent mon commerce pour le préambule de la bai…
-Lavande, les enfants !
Elle regarda Ninon et Niels qui avaient arrêté de jouer à la bataille explosive pour regarder Lavande avec de gros yeux. Elle posa immédiatement le verre de vin qu'elle avait dans les mains. Il était temps pour elle de stopper l'alcool.
-Drago, va faire un speed-dating ? répéta Hermione qui avait du mal à y croire.
-Oui. Je ne sais pas ce que Pansy a dit pour qu'il change d'avis – quoi qu'il n'ait sûrement pas changé d'avis – mais il a décidé de le faire. Je n'ai pas vraiment envie de me plaindre parce que l'événement de la St Valentin a attiré beaucoup plus de clients, mais je me sens totalement réquisitionnée. C'est frustrant !
Hermione n'écoutait plus le monologue de Lavande. Elle était restée sur l'information capitale de la soirée. Drago faisant du speed-dating. Elle croyait Lavande lorsqu'elle disait qu'il avait tout d'abord refusé de le faire. Drago n'était pas le genre de personne à s'inscrire dans une agence de rencontre pour trouver l'amour. Il n'avait pas besoin de ça.
Elle imaginait bien la scène d'un Drago s'ennuyant à mourir en voyant défiler les filles plus insignifiantes les unes que les autres. Elle avait plutôt envie de rire de la situation.
Ca l'amena bizarrement à penser à Stanley. Ils avaient déjà couché ensemble. Hermione n'avait pas perdu de temps. Stanley avait voulu prendre son temps, mais Hermione ne lui avait justement pas laissé le temps d'argumenter. Ils étaient sortis plusieurs fois et avaient fini par franchir le cap, ici, chez-elle, dans cette maison. Hermione avait eu peur de regretter mais s'était sentie étrangement sereine après ça. Elle sortait avec un homme à qui elle plaisait et lui voulait du bien. Ca lui faisait du bien.
Ron, Lavande et Niels étaient déjà rentrés chez-eux. Ils ne restaient plus qu'Harry et Ninon qui dormait dans le canapé du salon. Les deux amis avaient une tasse de thé dans la main et jouaient aux échecs. Hermione avait beau avoir une intelligence frôlant l'admiration, elle n'en restait pas moins nulle pour la stratégie des échecs et Harry la gagnait haut la main.
-En vingt-cinq ans d'amitié, tu ne m'as pas gagné une seule fois, sourit Harry.
-C'est parce que je préfère laisser Ron te mettre la pâté, répliqua-t-elle en souriant alors qu'Harry lui tirait la langue.
-Je voulais savoir… Ca… ça ne te fait rien que Malefoy aille à un speed-dating ?
-Ca devrait me faire quelque chose ?
-Oui. Je crois… Je veux dire… il tente de rencontrer quelqu'un d'autre. J'étais persuadé qu'il ferait tout pour te récupérer mais le temps a passé et il n'a rien fait. Maintenant on apprend qu'il va faire un speed-dating dans l'optique de trouver quelqu'un d'autre.
-On dirait que tu réalises seulement maintenant que Drago et moi sommes divorcés, réalisa Hermione.
-J'avoue avoir espéré que vous vous remettriez en couple. Que veux-tu, je suis un romantique. On fait une autre partie ?
Harry n'attendit pas la réponse d'Hermione et remit les pions en place.
-C'est vrai que ça ne me fait pas plaisir mais je me suis fait une raison. C'est douloureux, même très douloureux, mais il faut que j'avance.
-Je te comprends.
-Et puis… J'ai embrassé Stanley.
-Tu as quoi ?! fit Harry un peu trop fort. Ninon gigota dans le canapé avant de se rendormir.
-J'ai embrassé un autre homme que mon ex-mari et j'avoue avoir aimé ça.
Harry garda la bouche bée plusieurs secondes, si bien que ses pions se tournèrent vers lui, se demandant pourquoi il ne donnait aucune instruction pour détruire les pions adverses.
-Tu as embrassé ton collègue ? (Hermione acquiesça avec un petit sourire) Mais c'était quand ?
-Il y a environ trois semaines.
-Trois semaines ?!
-Chut ! prévint Hermione en désignant Ninon.
-Trois semaines ? Et tu me le dis que maintenant ?
-Parce qu'il fallait absolument que je te le dise ?
-Oui ! Et, dis-moi, vous avez déjà….
-Non ! Non ! Enfin Harry pour qui tu me prends ! dit-elle en rougissant.
-J'y crois pas, tu es en train de me mentir en plus ! dit Harry estomaqué.
-Chut… Harry, c'est pas vrai ! Tu ne vas quand même pas me faire la tête pour ça.
-Si. Et je vais le dire à Ginny.
-Certainement pas ! Laisse-moi dire ça à qui je veux ! Avoir ce genre de conversation avec toi est vraiment bizarre, réalisa-t-elle.
-Ginny n'est pas là, alors je la remplace. C'est marrant d'avoir des conversations de filles. Bon, on joue ?
Hermione regarda sa montre. Il était presque deux heures du matin. Elle acquiesça en souriant sachant pertinemment qu'elle perdrait une fois de plus face à Harry. Mais il valait mieux lui que Ron. Elle était très mauvaise joueuse contre Ron.
Harry partit au petit matin, dans les environs de six heures. Ninon avait dormi toute la nuit dans le canapé du salon. Ca faisait très longtemps qu'Hermione n'avait pas fait une nuit blanche où elle s'était sentie bien. Etre avec Harry et discuter avec lui et lui faire des confidences lui rappelait l'époque de ses études lorsqu'elle passait des soirées au Square avec lui pour être tranquille pendant ses révisions, trop souvent distraites par un Drago qui voulait plus d'attention. Ces souvenirs la faisaient sourire à chaque fois. Elle trouvait ce Drago-là agaçant à l'époque, mais en réalité, elle l'adorait, encore et toujours.
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Drago se regarda encore une fois dans le miroir et se trouvait en toute modestie trop élégant. Une réflexion pareille aurait soit fait rire soit exaspéré ses amis. Sauf que là, Drago trouvait que c'était un désavantage pour lui. Il portait l'un des ses nombreux costumes noirs qui, comme l'avait souvent dit Hermione, faisait son charme. Il avait une paire de chaussure en peau de dragons aux pieds et une robe de sorcier en velours mais assez légère pour le mois d'Avril. Il avait plaqué ses cheveux en arrière comme il avait l'habitude de faire lorsqu'il était en représentation. Drago le savait, il allait séduire des femmes en un seul regard. Le souci était qu'il ne voulait pas séduire. Il ne voulait faire la connaissance de personne et ne voulait surtout pas être dragué. Mais depuis que Pansy l'avait quelque peu forcé à accepter l'inscription à l'agence, elle et Daphné n'avaient pas arrêté de le harceler pour avoir la confirmation qu'il viendrait à cet événement. A ça il ne répondait que par un faible grognement que les filles prenaient pour un oui, n'ayant pas envie d'être contrariées.
Elles lui avaient montré plusieurs photos et vidéo de célibataires susceptibles d'être présentes lors de la soirée, mais Drago ne réagissait pas sachant qu'il s'attirerait les foudres de ses deux amies. Il les trouvait soit fades, soit idiotes avec un visage allongé, des cheveux trop plats ou même des dents trop petites.
-On a compris Drago, tu cherches une Hermione numéro deux. Ce n'est pas possible.
Oui, ce n'était plus possible. Et la faute à qui ? lui criait sa conscience. La faute à qui, hein ? C'est toi qui as décidé de divorcer. Tu peux toujours essayer de me faire taire, tu sais que j'ai raison. Tu as abandonné comme l'as dit ton père et maintenant tu souhaiterais qu'Hermione reste célibataire et qu'elle revienne vers toi ? JA-MAIS ! Tu peux toujours rêver. Et c'est aussi de ta faute si elle s'est tournée sur un mec aussi niais qu'Hamilton ! Tu l'as tellement fait souffrir qu'elle a décidé de sortir avec un homme qui t'est diamétralement opposé. Chapeau Drago, tu as tout réussi. Alors là, bravo !
Drago soupira en tentant de taire cette voix qui lui rappelait qu'Hermione avait embrassé son collègue. Un mois était passé depuis ce baiser et Drago se doutait qu'ils avaient sans doute déjà été plus loin. Penser à ça lui faisait mal. Elle avait quelqu'un. Elle s'était trouvée quelqu'un et lui n'avait personne. Il ne voulait personne et ne voudrait jamais personne.
Drago se regarda une nouvelle fois une nouvelle fois dans le miroir. Il ne pouvait reculer, il était temps pour lui d'y aller.
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Drago fut assez surpris de voir le salon de thé bondé de monde. Il regarda sa montre. Il était neuf heures du soir. La soirée avait commencé une demi-heure plus tôt. Et les tables étaient déjà prises par des couples en train de discuter. Avec un peu de chance, arriver en retard était un refus immédiat de participation à la soirée, pensa-t-il.
-Ah ! Te voilà enfin ! s'exclama Daphné en le voyant entrer. Mais où étais-tu ? Ce que tu es beau !
-Je me préparais, grommela Drago.
-Mais quelle diva. Voilà Drago Malefoy qui se faisait attendre, fit Pansy entre ses dents. J'imagine que tu as passé le plus gros de ton temps à te demander si tu allais venir ou non.
-Exactement.
-Tu n'aurais pas dû venir, dit immédiatement Lavande en lui faisant la bise.
-Pourquoi ?
-Parce que…
Le regard que lui balancèrent Daphné et Pansy lui fit comprendre qu'elle devait immédiatement se taire. Si ça n'avait tenu qu'à elle, elle aurait immédiatement prévenu Drago avant qu'il parte de chez-lui, mais elle tenait trop à sa vie et à son commerce.
-Bon, pour t'expliquer simplement, les filles restent à leur table et les garçons se déplacent toutes les sept minutes.
-Et on discute de quoi pendant sept minutes ?
-Comment ça, on discute de quoi ? répéta Daphné sidérée. Tu discutes de ce que tu veux. Tu fais connaissance. Tu sais faire ça, non ?
-Arrête de me parler comme si j'étais un enfant, répliqua Drago agacé.
-Tu es un enfant.
Pansy lui montra une première table où une jeune sorcière attendait qu'on veuille bien discuter avec elle. Drago l'avait à peine vu qu'il grimaça légèrement. Elle était trop jeune. Beaucoup trop jeune. A peine la vingtaine sans doute. Drago s'assit en face d'elle et la vit immédiatement rougir lorsqu'il posa le regard sur elle. Ca commençait bien, pensa-t-il. Elle semblait assez intimidée et baissait le regard n'osant pas le regarder dans les yeux. Drago tenta de faire la conversation comme l'avait dit Daphné et avait eu la confirmation que la jeune fille en face de lui était bien trop jeune. Vingt-un ans à peine, étant dans sa troisième année en étude de médicomagie. Sans doute connaissait-elle Théodore, pensa-t-il. Elle semblait être une fille plutôt gentille, assez timide mais pas très à l'aise et pas seulement à cause de lui. Drago se demandait même ce qu'elle faisait ici.
-Deux de mes amies m'ont dit que ça serait sympa de tester le speed-dating. Elles semblent beaucoup s'amuser, mais pas moi.
-Je connais ça. J'ai été un peu forcé moi aussi.
-Par vos amis ?
-Amies et créatrices de l'événement.
-Oh. Je comprends alors. Vous n'avez pas vraiment eu le choix.
-Pas vraiment. Mais vous si. Vous pouvez partir si ça ne vous plait pas. Je suis sûr que vos amies ne vous en voudront pas.
La jeune femme tourna la tête pour voir ses deux amies être en pleine conversation avec deux jeunes hommes plutôt intéressés.
-Elles ne remarqueront même pas que je serai partie, dit-elle.
-Vous savez, je suis sorti avec ma femme à peu près à votre âge. J'ai vite su qu'elle était la femme de ma vie. Et ce n'était pourtant pas facile entre nous. On s'est détestés pendant presqu'une décennie avant de s'apprécier, d'apprendre à se connaître et de sortir ensemble. Puis on a eu nos enfants et on s'est mariés.
-Vous êtes marié ? demanda-t-elle surprise.
Drago bugga un instant. Venait-il de parler d'Hermione pendant un événement sur les rencontres amoureuses ? Il n'était vraiment pas prêt pour ça. Pas du tout. Il en avait maintenant une autre confirmation. Et il était aussi soulagé de constater qu'il y avait des personnes qui ne savaient pas qui il était et avec qui il avait été marié.
-J'étais marié… Les aléas de la vie font que nous avons divorcé, dit-il sans entrer dans les détails. Enfin ce que je veux dire, c'est que si vous voulez rencontrer quelqu'un, ce ne sera pas ici en enchainant les conversations de sept minutes avec plusieurs hommes. En revanche, vous pourrez le trouver au sein d'un groupe d'étude.
Le visage de la jeune femme s'illumina un instant. Elle était sur le point de dire quelque chose lorsqu'une clochette retentit. C'était la fin. Au moins les sept minutes étaient vite passées, pensa Drago. Il se leva et fut surpris de voir qu'elle aussi. Elle souriait de toutes ces dents.
-Merci beaucoup, lui dit-elle. Elle prit ses affaires et quitta le salon de thé.
-Pourquoi est-ce qu'elle est partie ? demanda Pansy en se précipitant vers Drago. Qu'est-ce que tu lui as dit ?
-Qu'elle ne trouverait pas l'amour ici, dit-il avec un sourire faussement exagéré.
-Tu plaisantes ou quoi ?! Tu viens de faire fuir notre gagne-pain, là ! Je ne sais pas ce qui me retient de…
-Drago, la prochaine fois qu'une autre femme quitte le salon de thé en courant parce que tu lui as dit de trouver l'amour ailleurs, je t'étrangle, c'est clair ? menaça Daphné.
-Essaie pour voir.
-Continue, lui dit Lavande en levant les pouces avant de tirer la langue à Pansy et Daphné.
-Mais qu'est-ce que tu fais là, toi ? lui demanda Daphné de plus en plus agacée. Rentre chez-toi !
-Non ! C'est mon salon de thé je te signale. Je surveille !
Drago se déplaça et s'assit face à une autre femme qui elle, contrairement à la précédente ne semblait pas du tout intimidée d'être là. Autant il avait passé un bon premier tête-à-tête avec cette jeune femme qu'il avait libéré de cette soirée, autant le reste des rendez-vous fut assez laborieux pour lui. Entre celles qui ne le laissaient pas en placer une (même s'il n'avait pas spécialement envie de parler), celles qui visiblement n'attendaient qu'une chose, finir dans un lit et les autres, qui planifiaient leur avenir sur trente ans avec lui, Drago s'était très vite senti épuisé.
-Ah ! Drago Malefoy ! Enfin en face de moi ! Je vous ai remarqué dès votre entrée dans le salon de thé. Qui ne pourrait pas vous remarquer ?
Drago plissa les yeux tout en se redressant. Voilà un autre type de femme que Drago ne s'attendait pas à voir : sûre d'elle mais assez classe pour ne pas être vulgaire.
-Vous êtes ?
-Je m'appelle Philomena Spencer.
-Ah oui, se rappela Drago. La journaliste…
Drago lança un regard en biais à Pansy et Daphné qui se firent toutes petites derrière Lavande.
-Maintenant c'est lui qui a envie de vous étrangler. Bien fait ! leur dit-elle.
-J'avais espéré vous voir lors de l'événement de la Saint Valentin. J'ai été déçue, avoua Philomena.
-Pourquoi aurais-je été présent ? Je n'avais rien à y faire, répondit-il.
-Vous êtes célibataire. C'était la seule condition pour y participer. Et puis vous êtes bien là ce soir, en face de moi.
-Contraint et forcé.
-D'être en face de moi ?
-D'être à cette soirée.
-Je pourrais vous faire changer d'avis.
-J'en doute fort.
Philomena leva un sourcil tout en esquissant un léger sourire en coin. Drago était sur la défensive et elle devait admettre qu'elle aimait beaucoup ça. Elle avait eu du mal à croire Pansy et Daphné lorsqu'elles lui avaient dit que Drago serait présent à ce deuxième speed-dating. Elle n'avait pas prévu d'y aller mais avait vite changé ses plans en apprenant la nouvelle. Philomena voulait se retrouver face à Drago Malefoy et avait dû être comme lui, contrainte et forcée de voir d'autres têtes – têtes avec des hommes aussi inintéressants les uns que les autres. Mais c'était fini tout ça, il était là, en face d'elle et avait toute son attention pour les cinq prochaines minutes.
-Vous vous dites contraint et forcé mais je n'y crois pas, reprit-elle.
-Dites carrément que je suis un menteur.
-Je dis simplement que quelque part, vous avez décidé de faire table rase du passé et d'aller de l'avant. Quoi de mieux que de passer par l'entreprise de deux de vos meilleurs amis pour ça.
-Je ne ferai jamais table rase du passé, répondit simplement Drago.
-Pourquoi cela ?
-Vous êtes journaliste, non ? Vous devriez savoir ? A moins que comme Skeeter, vous ayez une incapacité à faire votre travail.
-Je ne vous dis pas comment faire votre travail, ne me dites pas comment faire le mien, répondit Philomena du tac-au-tac.
-Parce que vous êtes actuellement en train de faire votre travail ? demanda Drago en croisant les bras.
-Non. Mais vous êtes fermé comme une huitre. Il faut bien que je teste tous mes couteaux pour vous ouvrir.
Drago continuait de la regarder avec méfiance. Cette femme l'intriguait. Elle ne semblait pas discuter avec lui ou même chercher à savoir qui il était – en tant que journaliste, elle devait sans doute savoir tout ce qu'il y avait à connaître de lui – mais elle semblait plutôt lui envoyer des balles qu'il rattrapait au vol pour les lui relancer juste après. Un véritable jeu de ping-pong qu'il avait toujours eu pour habitude de jouer avec Hermione.
-Vous êtes bien plus intéressant que tous les hommes que j'ai pu voir ce soir, Drago Malefoy.
-Je n'ai pourtant rien dit.
-Vous n'avez pas besoin de dire grand-chose. Votre présence suffit.
Drago allait répondre quelque chose quand la clochette retentit pour la énumère fois de la soirée. Encore une fois, Drago fut surpris de voir la femme en face de lui se lever comme la première avec qui il avait discuté.
-Ce fut un plaisir de vous rencontrer Drago Malefoy.
-Vous partez ? dit-il étonné.
-Je n'étais là que pour vous voir. Et je suis persuadée qu'on se reverra.
Philomena se retourna sans un mot de plus et quitta le salon de thé. Drago n'alla pas à la table suivante et rejoignit ses amies.
-Tu viens de faire fuir Philomena ? Philomena ?! fit Daphné légèrement tremblante. J'en ai des palpitations.
-Je ne l'ai pas fait fuir, elle est partie de son propre chef.
-Pourquoi ? demanda Lavande.
-Elle a dit qu'elle avait eu ce qu'elle voulait. Et je suppose que c'est grâce à vous.
-Ne nous remercie pas surtout, lui dit Pansy.
-Je préfère crever.
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-Drago Malefoy est tout simplement merveilleux ! Et vous, vous allez m'aider à avoir un dîner en tête à tête avec lui !
Philomena venait de débarquer dans les bureaux de Daphné et Pansy en pleine pause déjeuner avant de reprendre leur travail.
-C'est très gentil de ne pas m'avoir proposé de déjeuner avec vous les filles. Je le prends très mal, dit-elle en s'asseyant.
-Merveilleux ? répéta Pansy. Tu es sûre de toi ?
-Oui ! Merveilleux, charmant et incroyablement sexy !
Pansy et Daphné se regardèrent assez stupéfaites, parce que Drago n'avait pas spécialement dit la même chose à propos de Philomena. Lorsque les clients avaient quitté le salon de thé, il leur avait passé un savon monumental comprenant que le but de sa venue au speed-dating était de le faire rencontrer cette femme dont le principal intérêt était, en plus d'alimenter sa curiosité, d'alimenter également les colonnes de la Gazette des Sorciers, et que la prochaine fois qu'elles se permettraient de faire une chose pareille ce serait lui qui les étranglerait toutes les deux en y prenant un malin plaisir avec une Lavande dans son dos pour admirer le spectacle. Ce qu'elle avait absolument admis.
-Bon d'accord, j'ai peut-être eu une déformation professionnelle, mais je vous promets que c'était… intense ! Il y avait une tension entre nous ! Je veux ressentir ça à nouveau, dit-elle toute excitée.
-La tension que tu as sentie était la pression de nos artères sous les mains de Drago serrant nos cous délicats.
-Oh allez, vous pouvez faire ça pour moi ! Je le ménagerai votre petit Drago.
-Non, répondirent Daphné et Pansy en même temps. On l'a poussé à venir hier soir, pour qu'il s'aère l'esprit et rencontre de monde et ça ne lui a pas plu, poursuivit Pansy. On ne va pas encore le pousser à dîner avec toi pour ton simple plaisir. Tu peux toujours rêver.
-Vous n'êtes vraiment pas croyables toutes les deux ! déchanta Philoména. Ne me faites pas croire que vous avez fait ça pour lui, d'accord ? Vous l'avez fait pour vous !
-De quoi tu parles ? demanda Pansy.
-Vous vous êtes empressées de me dire que Drago serait présent au speed-dating afin que je puisse venir. Vous n'avez pas fait ça que pour lui, vous l'avez aussi fait pour vous. Pour que je puisse encore une fois dire du bien de votre entreprise. Vous vous êtes servies de votre ami dans votre propre intérêt. Vous avez agi en bonnes Serpentard que vous étiez, c'est parfait ! Mais ne me faites pas croire que ce que pense Drago vous importe tant que ça.
-Bien sûr que ça nous importe ! s'offusqua Daphné. C'est notre ami !
-Mais pourquoi tu veux qu'on organise un dîner ? la coupa Pansy. Tu ne peux pas le faire, toi ?
-Pansy… , fit-elle avec de gros yeux.
-Il dira non, si c'est moi qui lui propose. En revanche, si c'est vous, il n'osera pas dire non se sentant « contraint et forcé ». Et je serai là pour lui faire comprendre que cette contrainte peut se retourner à son avantage.
-Le speed-dating ne t'a pas suffi ?
-Non. Ce n'était que l'apéritif. Là je vous demande de me préparer le hors-d'œuvre quant au plat du résistance et au dessert, ne vous en faites pas, je saurai me débrouiller.
Daphné et Pansy se regardèrent. Pansy ne savait pas trop quoi penser de ça. Elle voulait que Drago sorte et qu'il voie du monde, mais en même temps, comme la plupart des personnes de leur entourage, elle espérait, tout comme Daphné, qu'Hermione et lui se remettent ensemble. Une véritable utopie.
-Il est divorcé, les filles. Di-vor-cé. Arrêtez de vivre dans le passé.
-On ne divorce pas systématiquement parce qu'on n'aime pas son conjoint tout comme on n'épouse pas forcément quelqu'un par amour, dit Pansy.
-Peut-être, tu as sans doute raison. Mais comme je te l'ai dit, il n'en reste pas moins divorcé et je ne vois pas pourquoi je ne tentera pas ma chance. Abaissez les barrières que vous êtes en train de mettre autour de lui. Ce n'est plus un enfant.
-D'accord, va pour un dîner, dit Pansy alors que Daphné secouait imperceptiblement la tête de gauche à droite pour dire non. Tu te débrouilleras seule pour la suite. Mais si tu en viens à sortir avec lui et que tu le fais souffrir directement ou indirectement, tu en répondras de mon sort.
-Laisse les menaces pour quelqu'un d'autre Pansy. Ca ne prend pas avec moi. Mais merci quand même.
Philomena quitta le bureau aussi vite qu'elle était arrivée.
-Ok, je suis d'accord pour que Drago sorte et j'étais pour qu'il la rencontre lors d'un speed-dating, mais c'est tout ! Pas un dîner ! Pas un rencard ! Pas avec elle !
-Je sais, soupira Pansy.
-Alors pourquoi tu as dit oui ?! rétorqua Daphné. Tu sais très bien que tout ce qu'on pousse Drago à faire, il le fait pour qu'on lui fiche la paix !
-Ce n'est qu'un dîner, répéta Pansy. Ca n'ira pas plus loin. Elle n'est pas faite pour Drago et si elle insiste trop, il la renverra dans les trente-six mètres.
-Et si ça se passe mal elle pourrait écrire un mauvais papier sur nous. Ou carrément sur Drago, ce qui serait pire !
-Elle ne fera pas ça.
Pansy semblait peut-être sûre d'elle au ton de sa voix, mais elle avait quand même de forts doutes. Philomena Spencer avait pour habitude d'avoir ce qu'elle voulait et ce qu'elle voulait, c'était Drago.
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Hum… hum…
Ceci était le chapitre 13.
Comme vous avez pu le voir, Les enfants ont fêté l'anniversaire de Callum, Hermione a fait des petites confidences à Harry à propos de son début de relation avec Stanley et Drago a été au speed-dating et s'est retrouvé en face de Philomena, ce qu'il n'a pas particulièrement apprécié.
Alors ? Pensez-vous que Drago et Philomena finiront par dîner ensemble ?
Dans le prochain chapitre on aura trois « couples » mis en avant ! A vous de deviner lesquels !
A samedi prochain !
Gouline971
