Bon, en premier, désolée pour le retard (dit la fille privée d'internet pendant un moment trop long).

Comme le clame le titre, c'est le dernier chapitre de l'histoire.

J'ai rendu les personnages, soldé ma location...

Allez, en avant pour la fin.


Epilogue : Les survivants vécurent heureux, tant pis pour les autres

Ram Dass regarde avec haine l'homme qui menace de les trucider.

TC : Alors ? J'attends...

RD : D'abord… Vous êtes le seul à être assez riche pour acheter une île. Sauf Sarah mais elle est mineure, donc… Ensuite, ce mot plein de fautes d'orthographe… C'est bien votre style médiocre d'écriture… Ensuite, vous êtes le dernier à avoir vu Amélia Mangin. Nous avions tous un alibi, nous étions par groupes de deux. Et la directrice… Sarah et moi nous dormions, et Peter et Lavinia s'envoyaient en l'air. Vous êtes aussi resté seul en bas avec elle. Et puis, vous aviez changé. Ce chantage ignoble à propos de Sarah que vous aimiez tant avant… Votre esprit pervers… Mais quand vous êtes mort, bien sûr, tous ces soupçons se sont effondrés comme un château de cartes.

TC : Bien, bien. Je vous avais sous-estimé, je l'avoue.

RD : Ce que je ne comprends pas, c'est après.

TC : Et bien, je crois qu'il me reste le temps … et la bonté d'éclairer votre lanterne… Te rappelles tu, ma petite Sarah, m'avoir vu parler avec Peter, le soir où j'ai délicieusement violé ton Prince Charmant ?

SC : Oui… Oui…

TC : J'ai convenu d'un petit accord avec lui. Je lui ai dit que je soupçonnais Ram Dass et que si nous devenions alliés, nous pourrions contrer ses plans.

RD : QUEL accord ?

TC : Peter devait être le seul à vérifier ma soi-disant mort.

SC (crie) : C'est vrai ! Il m'a empêché de voir de près !

RD : Et vous vous doutiez bien que j'aurais une répulsion instinctive à vous approcher !

TC : Exact. Il devait aussi me rejoindre, la nuit, ici même. Rien de plus facile qu'une petite poussée, et " floc ", à l'eau ! Ce brave garçon ! Si prévisible ! Si… stupide…

RD : Et vous avez tué Lavinia avec cette horrible statue !

TC : Exact. Droit sur sa jolie tête vide. Vous restiez deux, avec une arme entre vous. Tout pouvait arriver ! Devait arriver !

SC : Tu es devenu un monstre ! Pourquoi tant de haine ?

TC : Je ne sais pas, je me suis senti devenir fou, je te dis… Ce que moi je ne comprends pas, c'est comment vous avez échappés à mon piège psychologique. Vous auriez du vous entretuer si vous aviez eu un tant soit peu l'instinct de conservation.

RD (méprisant) : Parce que nous nous aimons !

TC : Bah, quelques heures de fiançailles officieuses ne devaient pas peser bien lourd…

Ram Dass ne peut s'empêcher de ricaner à son tour.

RD : Vous ne savez pas tout non plus !

SC (affolée) : Ram Dass, ne lui dis paaaas…

RD : Je vais me gêner ! Lui aussi saura la vérité avant de…

TC : Quelle vérité ?

SC : Bien, en fait… Le premier soir, tu m'as abandonnée dans le couloir…

RD : Elle avait peur, toute seule, et je suis resté avec elle, puisque vous aviez égoïstement fui votre devoir de tuteur (et toc !).

SC : Et en cuisinant le gâteau, nous avions parlé aussi…

RD : Et nous nous étions avoués notre amour. Alors, cette nuit là… Nous n'avons pas résisté à la tentation de... enfin… je ne vais pas vous faire un dessin…

Tom Crisford bondit, rouge d'indignation. Effectivement, son esprit pervers n'a pas besoin de précisions supplémentaires.

TC : QUOI ? Vous avez déshonoré mon héritière qui a à peine 16 ans ?

RD : Hum, dans l'absolu… Oui.

TC : Et vous couchiez ensemble depuis tout ce temps là ?

SC : Oui. Tous les jours. Nous pouvions mourir à tout moment, alors nous avons profité de notre amour sans attendre une cérémonie…

TC : Hé bien ! Félicitations ! Je n'aurais pas cru cela de vous…

RD (amer) : Votre folie est aussi une totale surprise pour nous Monsieur !

TC (grogne) : Bon… Au fond cela n'a plus d'importance. Puisque vous avez péché, je vous retrouverai avec joie en Enfer…Finissons-en !

SC : Pitié Oncle Tom ! Tu ne peux pas faire ça !

RD : Monsieur ! Epargnez Sarah !

TC (rit) : Pas de traitement de faveur ! Voyons… Lequel vais-je tuer en premier ?

Il sifflote de manière agaçante, feignant de réfléchir profondément.

Sarah blêmit. Ram Dass se place résolument devant elle avec son pistolet.

TC : Je pensais bien que vous joueriez les héros, mon cher Ram Dass…

RD (crie) : Vous ne la toucherez pas ! Je n'hésiterai pas à vous tuer sinon !

Tom secoue la tête, l'air très amusé.

TC : Vous n'auriez pas assez de courage pour m'éliminer.

RD (résolu) : Ah, vous croyez ?

TC : Oui, je crois…. Rappelez-vous tout ce que vous me devez…. Sans moi vous seriez mort dans la jungle. Je vous ai recueilli et élevé comme mon fils. Vous me connaissez depuis bien plus longtemps que cette petite sotte.

RD : Désolé de vous décevoir, mais pour moi Sarah passe avant tout. Et cela depuis que je la connais.

TC : Oui, par devoir, parce que c'est mon héritière…

RD : Non, pas pour cela ! Même si elle était restée une servante, j'agirais de la même façon. Tant pis pour votre ego ! Je tuerais pour elle, je mourais pour elle, je traverserais l'Enfer s'il le faut ! Alors ne vous faites pas d'illusions sur ma loyauté envers vous.

TC (furieux) : Mais…

RD : Et si j'avais une dette, vous vous êtes largement remboursé en m'agressant sauvagement !

TC : Tiens, vous me donnez une idée. Je vais un peu m'amuser avec vous. Je suis sûr que Sarah trouvera le spectacle très intéressant. Ensuite, ce joli fusil mettra fin aux souffrances morales de notre Princesse Diamant… Et puis, une fois que je vous aurai laissé le temps de bien savourer la douleur sur le cadavre de votre chérie, je vous égorgerai proprement mon cher… D'une oreille à l'autre… J'irai ensuite me coucher sur mon lit, à ma place… Ils ne retrouveront que des charognes !

Les jeunes gens verdissent à cette horrible description sadique de Tom Crisford. Non seulement ils vont mourir, mais aussi souffrir sous la cruauté raffinée de leur bourreau.

SC : Ram Dass… Le bébé… Pas notre bébé…

Elle s'effondre sur le sol en claquant des dents.

RD : SARAH ! Tu as mal ? Le bébé ?

Monsieur Crisford dresse les oreilles, abasourdi.

TC : Qu'est ce que c'est que cette histoire de bébé ?

RD (furieux) : Sarah est enceinte ! Je vous jure que si elle a une fausse couche à cause de vous, je ne me contenterai pas de vous tuer !

Le gentleman reprend contenance en se lissant la moustache.

TC : Bien, bien… Cela fera donc 11 cadavres, en fait ? Franchement, Ram Dass, je vous croyais plus prudent avec votre expérience… Et en plus, vous contrariez mon plan. J'avais compté 10 morts, moi…

SC (gémit) : Pitié… Pour notre bébé, Oncle Tom ! Pense au moins à lui !

TC : Inutile de donner un bâtard de plus au monde. Tu ne m'attendriras pas avec ça !

Posément, il braque son fusil sur ses victimes. D'une main qui tremble le jeune Indien pointe également son arme sur Monsieur Crisford.

Deux coups partent en même temps.

Sarah hurle en fermant les yeux. Quand elle les rouvre, c'est pour voir son oncle toujours bien campé sur ses jambes, l'arme fumante à la main.

TC (ironique) : Ton cher amour vise très mal, ma petite Sarah…

Folle d'angoisse, Sarah remarque du sang couler sur elle. Le sien ? Non.

Tom Crisford a désarmé Ram Dass en lui tirant dans l'épaule.

RD : Bordel de m…

TC : Ne jurez pas mon cher… Je ne vous ai pas élevé comme ça !

SC : Ram Dass ! Mon Dieu ! Tu es blessé !

TC : Bon. Faites vous vos adieux. Finalement je vais vous massacrer sans raffinement… comme du gros gibier… La chasse est ouverte !

Le jeune homme s'est effondré sous la douleur. Ce genre de projectile est effectivement approprié pour les sangliers et il n'a pas la solidité d'un sanglier. Sarah s'accroche à lui en reniflant. La blessure de son amant a l'air grave et saigne abondamment.

RD : Pardon ma fleur de lotus… Je n'ai pas réussi à te protéger…

SC : Mon amour…

Le ricanement dément de Tom Crisford ponctue cette scène digne des plus médiocres romans à l'eau de rose que la défunte Becky déchiffrait régulièrement en versant des torrents de larmes à chaque page.

Le gentleman vise le couple éploré avec une joie sauvage.

TC : Adieu mes enfants… Rendez-vous en Enfer.

Ram Dass protège Sarah de son corps avec désespoir. Il peut juste lui servir de bouclier. Un bouclier bien dérisoire.

Le temps passe… Et rien ne se passe !

Surpris, les amoureux risquent un coup d'œil et écarquillent les yeux.

Tom Crisford a été désarmé et est maintenu par un groupe de pêcheurs.

Tout à l'horreur de leur règlement de comptes sanglant, les protagonistes du drame ne les ont pas vus accoster dans l'île.

Ils sont sauvés.

Deux heures plus tard, d'autres bateaux sont arrivés.

L'île est devenue une foire. Des policiers accompagnés de légistes tâtent les cadavres (celui sans tête de Lavinia est particulièrement étudié), et prennent une abondance de notes, recensant le moindre caillou (et les abeilles).

Au salon, Sarah est tourmentée de questions par un inspecteur.

Il traite la jeune fille avec beaucoup de courtoisie, mais raconter en détail les jours de terreur qu'elle a vécu n'enchante pas Sarah. Cependant elle est un témoin, une rare survivante du massacre ! Cela la rend d'autant plus précieuse.

Tom Crisford est incapable de dire quelque chose de sensé (à vrai dire, avoir été empêché d'achever ses victimes a terminé le processus déjà bien entamé de sa folie et l'a rendu enragé). Maintenu par une camisole de force, il hurle des menaces incompréhensibles en bavant ignoblement.

Ram Dass est entre les mains des médecins (pas des légistes !) qui sont en train de lui charcuter l'épaule sans anesthésie pour tenter de réparer les dégâts occasionnés par le gentleman.

Entre deux hurlements et deux évanouissements dus à l'atroce douleur, le jeune homme doit répondre lui aussi aux questions pointues d'un autre inspecteur sans pitié. L'enquête passe avant tout ! Et puis l'inspecteur est un ancien boucher, alors interroger un homme dont l'épaule ressemble à de la viande hachée lui est parfaitement indifférent.

Sarah, elle, verdit un peu plus à chaque cri d'agonie de son bien-aimé.

L'opération n'en finit pas. Chaque point de suture est un calvaire.

Enfin tout s'arrête.

Ram Dass est ramené (en piètre état) à sa fiancée, et les deux jeunes gens sont autorisés à quitter l'endroit maudit.

Les deux inspecteurs vont les accompagner durant leur rapatriement vers Londres.

Tom Crisford suivra, entouré de médecins. Un beau cas pour les aliénistes !

Quand aux cadavres… Chaque famille retrouvera le sien à la morgue de la capitale après une autopsie minutieuse.

C'est avec un soulagement infini que les survivants arrivent à Londres.

A bout de forces, ils voient les élèves du collège.

Un cri de stupeur s'élève à la vue des jeunes gens accrochés l'un à l'autre.

Ils ont l'air de revenir de L'Enfer.

Un autre cri s'élève à la vue de Tom Crisford, contenu avec difficulté.

Les sept corps qui suivent sous un drap blanc achèvent de méduser l'assemblée.

Cela n'a pas du tout l'air du retour d'un voyage d'agrément.

La semaine suivant le retour fut pénible pour les amoureux.

Harcelés par les journalistes, ils se sentirent obligés d'assumer la corvée de prévenir les familles des victimes.

Les parents de Peter, accablés de la mort de leur seul fils (et source de revenus).

Madame Carmichael qui se lamenta avec Donald et Janet. Ayant bien assez de la douleur de son deuil et de ses propres enfants orphelins, elle s'empressa d'organiser le mariage de Sarah et Ram Dass. Tom Crisford étant déchu (naturellement !) de ses droits de tuteur, Sarah et sa mine de diamants lui retombaient dessus et elle n'avait aucunement l'intention d'assumer tout cela.

Puisque qu'un jeune homme de 26 ans dont elle connaissait les qualités se présentait si opportunément, elle se débarrassa avec empressement des problèmes.

Cela arrangeait tout le monde après tout, non ?

Puis les jeunes gens, chaperonnés un peu tard par Mariette (la femme de chambre française était revenue au service de Sarah quelques années plus tôt) entreprirent un périple campagnard pour avertir la mère de Becky.

Scène pénible. Sarah repartit en sanglotant et Ram Dass avec une allergie aux foins.

La mère de Becky envoya incontinent Martha travailler à son tour comme servante en ville. Une fille et un salaire perdu, un autre retrouvé.

Le père de Marguerite manifesta une superbe indifférence. Sa fille cancre et bornée avait toujours été une déception pour lui. La tante Eliza eut la gracieuseté de mouiller quelques mouchoirs entre deux tasses de thé à la rose. Les amoureux repartirent les poches remplies de bonbons à la violette, leur moral un peu revigoré par tant de sucre.

Les parents de Lavinia manifestèrent une douleur grandiloquente et un brin théâtrale.

Madame Herbert se lamenta sur le physique détruit de sa fille. Elle ne pourrait pas obtenir l'effet maximum d'un grand enterrement mondain en exposant artistiquement le corps de Lavinia. Cela se ferait à cercueil fermé.

Gertrude et Amélia Mangin étant leur seule famille, il n'y eut rien à faire.

Tom Crisford fut jugé pour sept assassinats prémédités (avec ruse ou violence), pour deux tentatives de meurtre et pour coups et blessures.

Ram Dass avait soigneusement passé sous silence son agression sexuelle, malheureusement le gentleman tenait méticuleusement son journal intime, et y décrivait avec volupté ce qu'il avait fait subir à son malheureux serviteur.

Cela aggrava les charges de viol et tortures assortis de chantage moral.

Heureusement pour la fierté du jeune Indien le procès se tint à huis-clos. C'était déjà beaucoup trop pour lui que les enquêteurs, jurés et avocat des jeunes gens sachent ces ignobles détails.

Tom Crisford passa à un cheveu de la peine de mort où des travaux forcés.

Reconnu fou et irresponsable de ses actes, il fut enfermé dans un asile.

Il parait qu'il passe son temps à raconter inlassablement son plan génial.

Sarah eut la surprise de découvrir qu'Amélia Mangin lui léguait le collège si jamais sa sœur n'était plus en vie. Une façon de se racheter de l'ancienne méchanceté de sa sœur Gertrude.

Elle fut ravie de devenir jeune directrice en plus de milliardaire du diamant.

Un portrait idyllique (donc faux) de Gertrude Mangin, Amélia, Marguerite et Lavinia souriantes trôna bientôt fièrement dans un corridor du pensionnat. Sarah l'avait commandé en souvenir des disparues. Ram Dass, lui, s'esclaffait à chacun de ses passages devant l'œuvre d'art tellement l'expression bonne et aimable de la directrice et de Lavinia est totalement inventée et peu conforme à la réalité.

Après un mariage grandiose, Ram Dass s'attela à la tâche écrasante de gérer la mine de diamants et un collège de jeunes pimbêches par-dessus le marché.

Il y gagna quelques migraines récurrentes.

James et Mary furent plus obséquieux que jamais avec Sarah et son nouveau mari.

Il faut dire que Sarah se montrait moins avare que Mlle Mangin au niveau des gages et des jours de congés. Les cuisiniers commencèrent à économiser un joli petit bas de laine pour leurs vieux jours.

Les élèves furent aussi très satisfaites du changement de direction. Le pensionnat y gagna une atmosphère fraîche et chaleureuse fort différente de l'austérité froide de la rigide directrice décédée.

Les jeunes mariés percèrent allégrement des portes dans les murs pour faire communiquer le collège et la maison de Monsieur Crisford.

L'épaule du jeune homme guérit mais il en garda malheureusement des cicatrices. Sarah dut affirmer quotidiennement à son mari que cela ne nuisait pas à sa beauté.

Ram Dass passa ensuite les mois suivants à se tourmenter pour Sarah.

Comme l'avait prédit la regrettée Lavinia, la tête du jeune homme valait le détour quand les neufs mois furent passés.

Le bébé choisit sadiquement le milieu de la nuit pour s'annoncer.

Au mépris des convenances de l'époque, Ram Dass insista pour rester avec Sarah lors de l'accouchement et s'évanouit comme une mauviette au bout d'un quart d'heure.

Tout se passa bien, et un petit garçon vit le jour.

Ressemblant totalement à son papa, sauf les yeux verts.

Les jeunes parents sont en admiration béate (et idiote) devant lui.

Donald Carmichael devint avocat à son tour et se maria plus tard avec Lottie.

Tom Crisford mourut assez rapidement dans son asile, répétant toujours ses histoires d'île meurtrière.

Bref, les survivants vécurent heureux, et tant pis pour les autres !

FIN


Ouf, je suis arrivée à la terminer !

Je sens qu'ils vont me manquer, tous...

J'espère que cela vous a plu, ou au moins fait rire...