Bonsoir bonsoir ! Il y a un lemon bien cru qui se cache dans ce chapitre (enfin... qui en occupe une grosse moitié) Donc c'est dit, ne vous insurgez pas trop s'il vous plaît.
Bref résumé : Harry et Draco avec mémoire modifiée, se prétendent "amis" mais se matent les fesses en permanence (ou tout comme) et laissent leurs mains se balader gentiment. Chapitre centré sur leur relation amicale-amoureuse-sexuelle. Enjoy (je rappelle de nouveau la présence d'une scène à caractère hautement sexuel et au langage plutôt bien cru)
DRACO SANS HARRY ET HARRY SANS DRACO
Chapitre 13 : Où l'on voit les feux-follets
Ron et Hermione avaient renoncé à intervenir. Ils ne faisaient presque plus partis de la vie de Harry, qui la passait avec Draco. Les deux meilleurs amis du brun le regardaient avec tristesse et résignation. Après tout, il avait l'air plus heureux sans eux... et en compagnie de cette sale fouine.
Malfoy, de toute façon, semblait assez différent d'avant le sort. Sa grande gueule, Ron l'entendait moins. Il en était d'ailleurs ravi, c'était le seul effet positif du sort jeté par Hermione. Tout raconter était désormais impossible, ce serait briser le petit rêve où il semblait évoluer, où il n'y avait que cette raclure de Malfoy et lui.
Comme les deux garçons fréquentaient moins les autres élèves, il n'y avait plus vraiment de choc entre le passé rêvé et le véritable passé. Draco lui-même ne tenait plus tellement à savoir ce qui avait bien pu arriver pour qu'ils se soient réveillés tous les deux dans l'alcôve. Après tout, c'était grâce à cet étrange événement qu'il avait pu se rapprocher du Gryffondor.
Avec le temps – un petit mois était passé –, plus personne ne s'étonnait de voir les deux « amis » se parler pendant et après les cours, manger parfois à la même table et disparaître ensemble on ne savait où. Ils ne cherchaient pas à se cacher, parce qu'ils ne faisaient, somme toute, rien de mal. Au contraire, ils tenaient à prouver qu'ils étaient libres. Que les gens se mettent leurs avis dans le cul si leur amitié les dérangeait.
A force d'être des héros pour les uns et pour les autres, Draco et Harry avaient presque oublié qu'ils étaient des êtres humains. Un personnage de roman n'est pas libre, il suit les directives de l'auteur, son petit dieu personnel, sans pouvoir agir de lui-même. Un personnage est toujours prévisible.
Un être humain, au contraire, a le choix de suivre le chemin qu'on lui destine ou bien de lui dire « fuck ». C'est ce que firent Draco et Harry.
Au fil du temps, les voir discuter ensemble était devenu plutôt habituel – l'homme s'habitue vite – et même si Blaise ou Dean ne comprenaient pas par quelle sorcellerie ils étaient devenus copains comme cochons, les rumeurs se tarissaient.
xXxxXxxXx
- Allez, Harry, ça va te détendre, je t'assure...
Harry était sur les nerfs mais ne pouvait pas se confier. Il sortait du bureau du Directeur. Draco avait insisté pour qu'il ne lui rapporte pas le contenu de leurs rencontres. Il était dans le camp opposé, après tout. Le Seigneur des ténèbres pouvait très bien lui extirper des informations. Au fond, Draco avait peur de lui-même : il avait été tenté par la Carte du Maraudeur. Si Harry, qu'il aimait pourtant beaucoup, lui racontait les plans de l'Ordre, saurait-il garder cela pour lui ? Le trahirait-il ?
Par précaution, donc, les deux adolescents ne parlaient pas ni des cours privés, ni de politique. Harry aurait voulu convaincre son ami de passer du côté du Bien, mais il ne lui en parla jamais. Ils n'eurent pas le temps.
- Je te jure Harry, ça ne peut te faire que du bien, insista Draco, pour lui rappeler son existence.
Il n'appréciait pas du tout qu'on l'ignore, même si c'était pour des raisons valables comme « tuer le Seigneur des Ténèbres ». C'était la seule chose qu'il savait des rendez-vous tardifs entre ce vieux Dumbledore et Harry. Il ne voyait vraiment pas comment établir des plans et des stratégies militaires, confortablement installé dans le bureau du Directeur, pouvait fatiguer à ce point son Gryffondor.
Cependant, Draco, dans sa grande générosité avait, selon lui, trouvé une technique très efficace de relaxation pour le brun. Il n'arrêtait pas de lui en parler, persuadé qu'il était que la thérapie « par le corps » était la solution à la surdose de stress que le brun éprouvait. Pourquoi pas après tout ? Ils étaient suffisamment proches pour s'entraider... Non ?
- Draco, s'il te plaît... Je suis fatigué. Laisse-moi, soupira Harry.
Il était littéralement crevé. Ses paupières étaient lourdes, tellement lourdes... Il avait rejoint son ami dans une salle de classe qui sentait le moisi. Il avait pensé trouver auprès de lui un peu de réconfort et de tranquillité. Mais il semblait que le blond était d'humeur bien plus joueuse que lui et qu'il ne le lâcherait pas tant qu'il n'avait pas eu ce qu'il désirait, malheureusement.
xXx
Subitement, Draco embrassa Harry. Sous la surprise, le Gryffondor ouvrit les yeux tout ronds. Il était parfaitement réveillé désormais, comme si on lui avait balancé un seau d'eau froide. Le blond avait les yeux fermés et se montrait unilatéralement passionné. Leur deux nez étaient collés l'un contre l'autre. Le Serpentard avait l'air totalement absorbé par ce baiser, alors que Harry ne remuait pas les lèvres d'un pouce. Autant embrasser une statue de Dumbledore en string, Draco.
Harry d'ailleurs, ne ressentait rien d'autre que de l'embarras. Draco aimait l'emmerder, certes, mais là il allait vraiment trop loin. Le brun tenta de repousser son ami, mais en vain. L'autre con s'accrochait presque à lui.
Harry pensa que, s'il lui rendait son baiser, peut-être que Draco le laisserait tranquille. Il n'arrivait pas à réfléchir à une autre issue. Il ferma les yeux. Dans le noir, c'était tout de suite différent. Il ne voyait plus le visage du blond, mais sentait seulement ses lèvres fines. Quand il ouvrit la bouche, il frôla ses dents lisses. Leurs langues se touchèrent. C'était troublant. Harry avait du mal à croire que la personne qu'il était en train d'embrasser était Draco.
Que Draco puisse émettre de la salive, un fluide si... organique... Qu'il puisse avoir un souffle si chaud, une langue si dansante, c'était fou. Harry faillit ouvrir les yeux pour vérifier, mais il avait un peu peur de se voir embrassant un autre homme. Harry garda les yeux fermés, donc, et se concentra sur le baiser. Il sentait que le blond hésitait, que leurs langues, se rencontrant pour la première fois, étaient encore étrangères et maladroites.
Bref, ce n'était pas vraiment un baiser passionné et réussi. Il était plutôt chaste et se finit sans un mot, même si Harry jeta un regard de reproche au blond, pour détendre un peu l'atmosphère ou passer à autre chose. Draco lui répondit par un haussement d'épaules. Après tout, ce n'était pas un baiser qui engageait à être un couple, avec tous les problèmes que ça impliquaot, juste un baiser pour « se détendre ». Mais c'était agréable.
xXxxXxxXx
Ainsi, pas tout-à-fait à chaque rendez-vous mais presque, les deux amis échangeaient quelques baisers. Ils n'en parlaient pas. C'était une autre forme d'échange, voilà tout. Harry se persuada que Draco avait eu raison. Embrasser le Serpentard le détendait et lui faisait tout oublier. Aucun des deux ne réfléchissait ou ne voulait réfléchir aux conséquences de ces baisers finalement de moins en moins chastes et de plus en plus excitants.
Ils n'étaient pas et ne pourraient jamais former un couple. Pourtant, ils étaient définitivement trop proches pour être seulement des amis. Ils évoluaient dans un espace trouble, où se mélangeaient l'amitié forte, l'amour, l'attirance physique. Ils se voyaient, ils discutaient, ils s'embrassaient, dormaient parfois ensemble, mais jamais, jamais ils n'exprimaient leurs sentiments. Tout volerait alors en éclats, non ?
S'embrasser était agréable donc, et ce n'était pas si dérangeant qu'ils soient deux hommes. Parfois, Draco, quand il s'ennuyait trop, laissait courir ses doigts sur la peau de Harry, pendant qu'ils discutaient. Harry, alors, avait beaucoup de mal à se concentrer sur la discussion et à répondre aux questions difficiles que lui posait le blond, pour le taquiner. Parfois, Harry s'approchait d'un peu trop près et Draco sentait son souffle dans son cou. Ça lui faisait un effet fou.
Petit à petit, ils en étaient venus à se caresser sans rien dire, comme pour tester leurs limites ou éprouver encore cette sensation d'être vivant. C'est cela qui les attirait vraiment : sentir le sang, la chaleur, les mains moites, la chair molle, la bouche humide... Sentir la vie au bout de leurs doigts, comme si l'autre était la Vie tout entière. Faire un, c'était cela, leur but inconscient. Retrouver la présence de l'ennemi perdu.
Harry avait enfin l'impression d'être un gosse comme un autre. Il cherchait égoïstement à satisfaire les besoins de son corps. Il découvrait ces délicieuses et abominables sensations : l'excitation, la frustration, le désir. La perte de contrôle de sa voix, qui se transformait parfois en gémissement. Bref, il avait envie d'un peu de rébellion contre l'ordre de la société. Adieu Saint Potter.
Admettons donc qu'au fil de rendez-vous dans des pièces obscures et des alcôves désertes, ils en soient venus à se caresser l'un l'autre. Ils ne se mouillaient pas trop jusque-là, se toucher, ce n'était pas encore un engagement. Mais voilà, il fallait bien aller plus loin... Continuer, toujours plus. Observons, cachés vilainement derrière un arbre, notre semblant de couple faire l'amour pour la première fois, encore dans cette foutue alcôve.
xXxxXxxXx
Ils en étaient encore arrivés, sans trop savoir comment, à être collés l'un contre l'autre. Harry était allongé dans l'herbe, Draco sur le flanc, son coude s'enfonçant inconfortablement dans la terre dure. Le blond regardait Harry et dessinait son visage du doigt. Il aimait passer son index sur ses traits, comme s'il était en train de le créer, de le révéler. Puis, il se disait que ça relaxait le brun. Parce que c'était bien le but de tous ces attouchements, non ?
Sa main s'aventura forcément sur son torse, dont il titilla, par dessus le tee-shirt léger du brun, les tétons qui ne tardèrent pas à pointer sous l'effet du toucher et peut-être un peu du froid. Il chercha le nombril sous le tissu puis... Il rappela sa main à l'ordre. Elle revint sagement caresser les cheveux du brun, comme si de rien n'était. Tout cela était extraordinairement frustrant.
Harry n'osait pas souvent toucher le blond, de peur de mal faire, d'être gauche et de ne pas réussir à lui faire éprouver d'autres sensations que des chatouillis ou de l'ennui. Il se laissait souvent faire, sans agir. Il savait, de toute façon, que Draco trouvait son compte dans sa position de dominant. Cela amusait beaucoup le Serpentard de le tripoter, de le faire frémir, de sentir qu'il lui faisait de l'effet. Harry ne pensait pas attirer le blond.
Aucun des deux n'avait suffisamment confiance en lui-même pour imaginer que ses sentiments puissent être réciproques. Harry croyait n'être qu'un jouet parmi d'autres pour Draco et Draco croyait que Harry se lasserait assez vite de se faire caresser par un homme. Ils profitaient le plus possible de leur relation privilégiée, qui était vouée, selon eux, à l'échec.
En cette fin d'après-midi de mai pourtant, les deux garçons étaient particulièrement excités. Le passage du printemps à l'été, l'air calme et tranquille... L'alcôve, toujours elle... L'ambiance était plutôt engageante. Ils discutaient comme d'ordinaire, de choses et d'autres, mais aucun n'était vraiment pris par la discussion. Elle servait presque de prétexte ou de fond sonore, pour permettre à un échange bien plus secret de prendre place. Un échange qui se passe de mots, où il n'y a que le corps qui s'exprime.
xXx
Les doigts de Draco jouait toujours distraitement avec les cheveux du brun, les entortillant, les recoiffant en effleurant parfois sa joue, sa nuque, le contour de son oreille. Harry était toujours paralysé par les caresses du blond. IL s'efforçait de formuler des phrases intelligibles mais son cerveau avait comme qui dirait disjoncté. Il essayait pourtant de tenir un discours cohérent, qui focaliserait l'attention de Draco sur son visage. Il avait tellement peur que le blond ne jette un coup d'œil vers la partie basse de son anatomie et ne remarque la bosse qui s'était formée sous son pantalon... Le blond serait écœuré ou se foutrait de lui.
Bien entendu, Draco l'avait déjà remarquée depuis longtemps, cette bosse. Et il s'en délectait. Comme il avait envie de libérer le sexe de Harry, ridiculement coincé sous les couches de tissu... Mais chaque chose en son temps. De plus, Draco, même s'il le devinait, avait du mal à croire que sous ce pantalon, il y avait bien de la chair. C'était comme si le corps de Harry n'était pas imaginable, qu'il manquait d'informations pour se le représenter. Ainsi, cette bosse, il ne pouvait pas la voir autrement que comme une zone floue. Comme il avait envie de s'assurer que le brun était bien un corps palpable, fait comme lui d'un pénis, de deux fesses, d'un torse plat ! Harry jeta un coup d'œil surpris au blond, qui triturait et tirait sur le col de son tee-shirt, manquant de l'étrangler.
- Ca va Draco ?
Il aurait pu trouver plus original, mais c'était clair et efficace. C'était un Gryffondor, quoi. Le blond se contenta de soupirer. Son petit brun peu futé ne comprenait rien à rien.
- Si je te dis que j'ai juste grave envie de te sauter dessus, qu'est-ce que tu me réponds ?
Draco était excédé. En effet, il avait jusque-là toujours retenu ses mains baladeuses, ne pouvant s'imaginer que le brun puisse vouloir lui aussi de lui. Qu'ils échangent quelques baisers chastes (ou passionnés), qu'ils se touchent au travers des vêtements, cela, c'était concevable. Mais qu'ils couchent ensemble, c'était aller trop loin. Harry était l'Elu, le Bien. Coucher avec lui, un partisan du Seigneur des Ténèbres, c'était l'engager dans une relation qui ne pouvait que le blesser. Et puis, n'oublions pas que le Gryffondor était pur comme la neige. Draco ne voulait pas l'aliéner mais seulement profiter encore un peu, un peu plus.
Il s'attendait à ce que le brun ait un rire gêné, qu'il le repousse, ou qu'il se redresse et parle de tout-à-fait autre chose. Après tout, ils ne s'étaient jamais engagés à quoique ce soit, et chacun était libre de refuser un geste trop osé, de mettre fin à une entrevue ou même à la relation tout entière.
xXx
Harry hésita. Il voulut parler, n'y arriva pas, et puis... sans l'avoir prévu, il embrassa le blond. Il l'embrassa plus fort que d'habitude. C'était une des premières fois où il prenait l'initiative. Le blond était surpris, mais trouva l'attention adorable. Harry cherchait à le rassurer. Il avait certainement remarqué son air un peu mélancolique. Pourtant, il se rendit vite compte qu'il se trompait : Harry cherchait bien plus qu'à le réconforter. Il lui répondait « Je te veux », à sa manière.
Draco sentit, comme surgies de nulle part, les mains du brun dans son dos, caressant sa colonne vertébrale. C'était électrique. La pulpe des doigts tâtait, dessinait les vertèbres, passant de l'une à l'autre doucement. Draco frissonna. Puis les ongles courts s'enfoncèrent sans aucune tendresse dans le creux des omoplates, comme pour s'accrocher désespérément, pour marquer le dos parfait du blond de longues griffures rouges, ou lui arracher la peau pour voir ce qu'il y avait en-dessous.
Harry embrassait Draco, mais c'était bien plus qu'un baiser. C'était déjà se faire l'amour. C'était déjà les corps qui se rencontrent, qui se souillent, qui se fondent l'un en l'autre, qui tentent vainement de devenir l'autre. Le blond répondit intensément au baiser de son ami, sa langue bougeant dans sa bouche ou dans la sienne, il ne savait plus, essayant d'attraper, de s'enrouler autour de l'autre langue. Ils s'en foutaient que ça soit plein de bave, de respirations saccadées, de sueur. Au contraire, c'était cette extériorisation du corps qu'ils recherchaient : que ce qui demeure caché, fluides et organes, soit mis à nu. S'approprier ce qu'il y a de plus intime, l'intérieur de la chair.
Ils ne pensaient plus, leurs corps ne faisaient que se répondre en réagissant aux stimulations qu'ils recevaient. Bientôt, ils enlevèrent leurs tee-shirt, dévoilant leurs torses plats et tendus, humides de transpiration. Draco était finement taillé, sauvage et Harry le dévora des yeux, sans plus craindre la honte. Harry était maigre et c'était magnifique. Son torse n'était que de la peau tendue sur une cage thoracique, sur des côtes qu'on pouvait compter du bout du doigt. Les tétons trônaient sur une surface superbement plane, comme deux mets dans une assiette de restaurant gastronomique. Ses os étaient si saillants que le blond, en passant les mains dessus, avait l'impression de l'atteindre au plus profond de son corps, à l'intérieur de lui-même.
xXx
Assis en face l'un de l'autre, ils se dévoraient du regard, chacun trouvant le corps de l'autre parfait. Ils se dévoraient tout court. Draco lécha ces tétons impudents qui le narguaient, les mordit violemment, comme il avait toujours rêvé de le faire ; Harry gémissait. Ils en devenaient fous. Harry, affranchi de toutes ses peurs, s'intéressa rapidement au ventre du blond. Il emmêlait ses poils bouclés et jouait avec l'élastique de son boxer.
Ils firent voler leurs pantalons. Harry était désormais face au boxer tendu du blond. Il devinait un membre dur, qui n'attendait qu'à jaillir. Il s'en foutait désormais que ce soit un sexe d'homme. Ce qui importait, c'était que ce soit celui de Draco mais il n'avait jamais pensé qu'un pénis puisse être aussi impressionnant. Par-dessus le boxer, Harry embrassa doucement, comme s'il était sacré, le sexe de son Serpentard. Draco gémit de bonheur. Il ne réalisait pas que Harry Potter était bien parti pour le sucer... C'était irréel.
Pourtant, chacun d'eux retrouvait souvent la sensation désagréable de la terre qui maculait leurs genoux, leurs paumes, les petits cailloux qui faisaient mal, et l'herbe rêche, et les insectes bourdonnant... C'était justement ces conditions-là qui leur permettaient d'être si désinhibés. Comment faire l'amour brutalement dans un lit de princesse ? Ils auraient été trop distraits pour la blancheur des draps, par le moelleux du matelas.
Mais dans l'alcôve, il y avait seulement ce corps, cette bouche dans ce pénis ou plutôt le contraire, la bite de Draco atteignant la gorge de Harry... C'était chaud, incroyablement chaud et bon. C'était délicieux. Harry sentait la bite du blond palpiter dans sa bouche, rugissant presque de bonheur. Peu importait qu'il soit doué ou non, que ses dents frôlent un peu trop le membre dur, qu'il ait une vague envie de vomir... En suçant le blond, il éprouvait un plaisir frustrant.
Le sexe de Harry lui aussi avait rudement envie de pénétrer une bouche... Le blond se dégagea, et Harry, instinctivement, se mit debout. Entièrement nu, le sexe pointant effrontément vers le ciel, Harry attendait que son ami le suce. Draco s'exécuta. Presque servilement, avec respect, il inséra le pénis de Harry Potter dans sa bouche. Il en avait souvent rêvé. Il n'arrivait pas à y croire.
xXx
C'était incroyable. Jamais il n'avait ressenti quelque chose de similaire. (Harry n'eut même pas une petite pensée pour Ginny, la pauvre. Sans s'en rendre compte, le brun prit la tête du blond entre ses mains et imprima lui-même le mouvement de va et vient. Draco le suça longtemps, presque avec tendresse. Harry aurait pu jouir mais... Il sut, au moment où le sperme commença à monter dans son pénis, qu'il fallait qu'ils aillent plus loin. Toujours plus loin, jusqu'à s'atteindre aux entrailles, jusqu'à retourner leurs corps dans l'autre sens, dévoiler tous les organes, tout montrer, tout sentir, tout posséder. Du sang, de la salive et le cœur qui s'élance tout au bout de la bite.
- Draco... Draco j'ai tellement envie de toi...
Le regard de Harry était trouble. Il voyait bien autre chose que le monde autour de lui. A cet instant-là, il s'en foutait de n'avoir jamais eu de relation sexuelle avec un autre homme, de devoir exposer son cul, d'avoir mal, d'être déchiré. Au contraire, il voulait déchirer et être déchiré, il voulait avoir mal pour sentir, sentir l'existence, la chair, l'autre. Il voulait avoir mal pour être.
Draco, lui, bien qu'il ait perdu la tête plus tôt, avait peur. Il avait déjà fait l'amour avec plusieurs hommes, sans que ce soit ce qu'il préférait. Il aimait la délicatesse des femmes. Mais quand il avait envie d'être malmené, de suffoquer, de perdre l'esprit, il allait voir un septième année dont nous tairons le nom, pour une séance sans limite dont ils sortaient pantelants. Pourtant, là, c'était différent. C'était Harry qu'il avait devant lui et, même s'il le désirait très fort, il ne voulait pas lui faire de mal. Pas trop de mal.
- Harry, moi aussi j'ai envie de toi... Mais...Bon, viens...
Et Draco, si fier, s'allongea sur le dos, les jambes légèrement élevées.
Harry était étonné mais il comprit le geste. Draco était vraiment adorable. Comment pouvait-on dire de lui qu'il était un connard fini ? Harry sentit monter une grosse vague de tendresse et puis le stress. Serait-il capable de pénétrer le blond, de lui faire éprouver du plaisir ?
Et, un autre type de peur revint : Allait-il vraiment pénétrer un anus ?
xXx
Le blond, prévenant et habitué, murmura une formule, épargnant à Harry le fait de demander comment faire pour lubrifier un trou du cul. Harry aurait voulu regarder ça de plus près mais il eut peur d'être impoli. Il avait pourtant tellement envie de le lécher... Cette pensée le déstabilisa.
N'était-ce pas sale ? Et immoral ?
Il avait l'impression d'être un autre, d'entendre des pensées qui n'étaient pas à lui. Il chassa vite ses dernières réticences, en touchant doucement le trou du blond. C'était si différent d'un vagin, vraiment... Le trou était serré, presque dépourvu de poils, tendu... Ça palpitait, comme si c'était quelque chose d'indépendant, de vivant en soi. Harry regarda son blond avec beaucoup d'émotion. Il n'arrivait pas à réaliser ce qu'ils étaient en train de faire.
Il n'aurait jamais un jour pensé être connectés avec quelqu'un par un doigt dans un cul.
Le brun enfonça doucement le doigt dans l'anus de Draco. Même avec l'aide du lubrifiant, chaque millimètre semblait un challenge. Quand il passa la première phalange, il sentit une goutte de sueur tomber de son front. Pourtant, peu à peu, en bougeant, il élargit le trou. Il espérait être assez doux pour que le blond n'ait pas mal et être assez doué pour qu'il soit toujours excité.
Il se pencha d'ailleurs pour le sucer de nouveau. Draco était sur une autre planète. Harry lui doigtait l'anus et lui suçait la bite ! Bientôt, un deuxième doigt rejoint le premier et ça brûlait affreusement mais putain, s'il mourait là, tout de suite, il n'aurait aucun regret.
- Harry, je crois que tu peux...
Tendrement, le brun retira ses doigts et présenta son pénis devant l'anus du blond. Il frotta quelques instants son gland contre le trou serré, goûtant cette sensation avec extase. Comme il avait envie de le pénétrer, de le violer, même. Il voulait enfoncer violemment sa bite dans son trou, pour le posséder entièrement. Ces pensées effrayèrent Harry, qui découvrait comme un monstre en lui. Un monstre qui s'appelait Désir et qui habitait chaque être humain.
C'était surréaliste. Cette scène était totalement surréaliste. Le blond le voyant pensif, le guida gentiment pour le relancer. Il se sentait un peu con, l'anus dilaté, les jambes en l'air. Harry sourit et arrêta de penser.
Centimètre par centimètre, il entrait dans le corps de son... de... de Draco. Il aurait voulu l'appeler autrement mais aucun surnom ne pouvait résumer tout ce qu'était Draco pour Harry. Tous les petits noms étaient ridicules à côté de Draco, Draco, Draco. C'était le seul nom qui pouvait désigner le Serpentard. Et quelle chance, quel bonheur d'être en lui, putain, quel bonheur !
xXx
- Draco tu es si.. bon.. Si étroit... Qu'est ce que j'aime ton cul... putain...
Nous excuserons la grossièreté du brun. Il était trop pris par ce qu'il leur arrivait à tous les deux pour réfléchir à ce qu'il disait. Draco ne s'en formalisait pas. Lui non plus n'avait plus vraiment un cerveau opérationnel. Leurs mots étaient les plus simples, les premiers qui leur venaient aux lèvres. Rien ne pouvait de toute façon refléter toute la complexité de ce qu'ils ressentaient. Ils le savaient, mais ils avaient besoin d'exprimer le plaisir qu'ils éprouvaient, simplement de le dire à l'autre, pour le rassurer ou l'encourager.
- Harry ta bite est si... Chaude, c'est bon, c'est tellement bon.. Serre moi...
Harry arrêta de bouger pour le serrer fort contre lui. Leurs cœurs battaient à en crever leurs poitrine. Comme après un trop gros effort physique on a l'impression que le cœur remonte pour dégouliner par la bouche. C'était assourdissant.
Ils s'embrassaient tendrement, pendant une sorte de pause, quand Harry, sans prévenir, envoya sa bite tout à fond de Draco, le prenant de surprise. Le blond cria de douleur, de plaisir. Il ne savait plus trop. A quoi ça servait, de toute façon, de nommer ce qu'il ressentait ?
Harry se lâchait complètement, brisant une à une toutes les contraintes que lui posait son rôle de Perfection incarnée, de pureté absolue. Il retrouvait sa liberté en s'enfermant dans son corps. Lui aussi n'était plus qu'un animal, qui avait follement envie de se perdre et de se dissoudre dans le corps de Draco, avec Draco. Mourir, mourir, si c'était la bite en Draco.
Puis, à un instant sans heure, ils inversèrent les rôles sans se consulter. Harry, en dessous, éprouvait un plaisir étrange, entrecoupé d'horribles douleurs, vite compensées par quelque chose d'inqualifiable. C'était charnel, tout au fond, en lui, dans son corps, ça l'atteignait il en avait l'impression, jusqu'à l'estomac, ça le possédait entièrement, c'était dans un trou qu'il n'avait lui-même jamais vu ou visité. Une partie de lui qu'il avait toujours ignorée, dont il n'avait jamais vraiment pris conscience. Ça lui prenait à la tête, l'empêchait de penser, de respirer, de se consacrer à autre chose, c'était entièrement là, la seule chose qu'il sentait à ce moment-là, Draco en lui, Draco bougeant en lui, la bite de Draco le possédant jusqu'au fond de son cul, à en remonter l'œsophage, à en jaillir à travers ses lèvres !
xXx
Draco était en Harry depuis ce qui semblait en même temps trois secondes ou toute la vie. C'était comme s'ils étaient nés au moment où leurs corps s'étaient rencontrés. Ça ne pouvait durer indéfiniment car la tension devenait si forte qu'ils en étaient momentanément aveugles, qu'ils voyaient seulement des petites étincelles, des flashs, des lumières comme des feux follets qui allaient les guider dans l'au-delà. Ils ne voyaient plus rien, étaient sourds, sentaient seulement la chaleur de l'autre, rassurante, une présence compagne, quoiqu'il advienne.
Juste à cet instant très précis où ils eurent l'impression de mourir, dans l'aveuglement total et opaque tellement le plaisir était fort, leur déchirait la bite et le corps, leur arrachait le cœur, ils jouirent. C'était un instant fou. Deux longues éjaculations, des giclées de sperme qui les délivraient d'un poids sur le corps, qui les vidaient de leur substances. C'est comme s'ils avaient été des ballons remplis d'eau, et qu'enfin un trou s'était percé. C'était épuisant.
Retombant sur le sol, dont ils n'avaient même plus conscience de la dureté tellement ils étaient ailleurs, comme évanouis ou anesthésiés de toute sensation, Harry et Draco essayèrent de se regarder. Leurs yeux verts et gris ne pouvaient plus rien fixer de précis. Les yeux bougeaient dans les orbites, cherchant à rencontrer l'autre regard. C'était un peu comme voir pour la dernière fois. Ils n'identifiaient plus les formes mais seulement de grosses taches de couleur. Ils s'endormirent, comme tués sur le coup, après s'être entièrement déchirés et consumés l'un l'autre.
Voilà. J'apprécierais énormément un petit mot de ta part, toi qui viens de lire le chapitre qui m'a semblé le plus facile et le plus difficile à écrire. Qu'en as tu pensé ?
Ha et le prochain chapitre, c'est la "fin". (ça me rend triste). Mais entre guillemets. Tu verras.
