Yop!

Wow, pas d'update sur cette fic depuis novembre...? On est loin du post par semaine promis... Hum, pardon é_è J'fais c'que je peux.

En plus, je dois plaider coupable; ce chapitre était bien loin, me semblait-il, pour un chapitre de l'Alphabet du Snack. L'histoire me semblait un peu trop longue, et, de fait... Elle sera, comme le L de Liberté, séparée en deux lettres. Je puis néanmoins vous annoncer que le P de Prison, qui terminera Liberté, est en cours d'écriture, et que le R de Retrouvailles, suite de cette lettre-ci, est également planifié. J'essaie de taper rapidement, juré!

Merci à tous pour vos reviews, évidemment =) Ça fait toujours aussi plaisir.

Bonne lecture!


-Chocolat chaud ?

Sirius sursauta brusquement quand la voix de Remus se fit entendre, et eut besoin de quelques secondes pour enregistrer la signification des mots de l'autre. Patiemment, le loup-garou regarda son ami considérer la question avant de hocher la tête, bien trop pensif pour que le chocolat soit sa préoccupation première.

-Ou… oui. Merci, Moony, parvint-il à lancer, avec une tentative de sourire.

Le lycan n'était pas dupe pour un sou, mais il hocha doucement la tête à son tour alors qu'il tendait la tasse fumante à Sirius. Celui-ci la serra à deux mains, réchauffant ses paumes dessus avant d'y tremper les lèvres. Il était déjà bien loin de Remus, au-delà du paysage qu'il fixait par la fenêtre, quand celui-ci reprit prudemment la parole.

-Harry est inquiet pour toi, tu sais. Il m'a demandé de te surveiller quand il est reparti pour Poudlard…

-Me surveiller ? Répéta-t-il, confus.

-…Il pense que tu ne supportes plus l'enfermement. Que tu risques de faire quelque chose d'inconsidéré. Le reste de l'Ordre s'inquiète aussi, tu sais, ajouta-t-il avec une moue d'excuse.

-L'Ordre… s'inquiète de moi ?

Le ton intrigué, surpris, était beaucoup trop léger. Remus fronça légèrement les sourcils, incertain de ce qu'il devait dire. Vingt ans plus tôt, il aurait su en un clin d'œil ce qui taraudait son ami, mais à présent… Les réactions de Sirius lui échappaient. Complètement.

Elles lui échappaient toujours, depuis que son ami avait fuit Azkaban, songea-t-il tristement.

-…Oui, répondit-il, maladroitement, après une hésitation. Ils tiennent à toi, tu sais…

-Ils s'inquiètent de moi, répéta Sirius, pensivement, les yeux sur son chocolat, avant de laisser échapper un petit rire qui n'en était pas un. Ils s'inquiètent parce que je tire la gueule… Et Snape ? Ils s'inquiètent de Snape ?

Un rictus bizarre tordait les lèvres de Sirius, et son ton s'était fait amer, presque agressif. Remus fronça les sourcils, incapable de comprendre le changement de sujet brusque. Snape ? Pourquoi Sirius s'inquiétait-il de Snape ? Évidemment, l'Ordre était attristé par la perte de l'espion. Le Mangemort avait disparu, deux mois plus tôt, au milieu de la nuit, sans doute rappelé par le Seigneur des Ténèbres. Il n'y avait eut aucune nouvelle de lui depuis.

Officiellement, l'Ordre le considérait comme mort, probablement découvert et assassiné par son « Maître ». Officieusement, l'Ordre le considérait comme un traître, probablement repassé dans les bonnes grâces de Voldemort pour quelques informations utiles.

Sirius, au contraire de ce qu'avait attendu Remus, n'avait jamais appuyé la théorie. Mais maintenant que le loup y pensait… est-ce que son ami n'avait pas paru absent depuis la disparition de Snape ?

-Pourquoi dis-tu cela ? Demanda-t-il, sourcils froncés.

Mais l'évadé d'Azkaban avait paru sortir de sa rêverie, à présent, et ne paraissait pas disposé à parler davantage. Haussant les épaules, il prit une dernière gorgée de chocolat avant de se lever, abandonnant la tasse sur l'appui de fenêtre pour quitter la pièce.

Remus fixa longuement la tasse, dépité, avant de secouer la tête et de sortir à son tour. Il n'avait plus rien à faire que de surveiller, mais il doutait fort que les pensées de Sirius aillent à la planification de « quelque chose d'inconsidéré ».


-REMUS !

-Q-qu'est-ce qui se passe ?

Le loup-garou sauta hors de son lit avant même d'être réveillé, les yeux à peine ouverts et la baguette déjà fermement serrée dans son poing. Une guerre, ça transformait la vie des combattants. Pas forcément de manière très agréable.

Mais, pour le coup, la rapidité du lycan à être sur ses pieds fut possiblement salutaire à plusieurs, alors que Sirius lui hurlait de s'habiller, attachant lui-même sa cape à toute vitesse. L'Ordre était appelé de toute urgence au combat.

Les Mangemorts avaient attaqué Poudlard.


Attaquer de front le château était, stratégiquement, d'une stupidité incroyable. Poudlard était le lieu sorcier le mieux protégé de toute la Grande-Bretagne, et les concentrations de magie brute qui y circulaient rendait toute attaque quasiment inutile. Personne, pas même Dumbledore, n'aurait pensé à attendre une bataille à cet endroit trop stupide, trop improbable.

Pourtant, les troupes de Voldemort avaient assailli le château avec conviction, certains de leur victoire. Qu'avaient-ils en tête en attaquant un endroit aussi puissant ? Aucun membre de l'Ordre du Phénix n'en avait la moindre idée.

La bataille fut longue, évidemment. La première surprise passée, les professeurs, les membres de l'Ordre, les élèves adultes se précipitèrent aux murailles du château pour riposter. Bien sûr, il y eut des moments où les Mangemorts parurent progresser naturellement, des sorciers tombèrent des deux côtés. Mais, comme n'importe qui l'aurait prédit, les attaquants finirent par devoir se replier, incapable de prendre d'assaut le château aussi aisément qu'ils l'avaient bêtement crus.

Seulement, Dumbledore avait des amis partout. Tout le monde, dans le pays, avait au moins une dette envers lui, et les autres étaient convaincus qu'il fallait le suivre de toute façon. Un patronus efficacement envoyé aux centaures, et la retraite des Mangemorts avait été coupée. Ceux qui n'avaient pas été tués dans la bataille furent arrêtés et le Ministère dut préparer des dizaines de procès en toute urgence.

Personne n'y comprenait rien, évidemment, mais tout le monde célébra la nuit durant Voldemort avait perdu, à vue de nez, les deux tiers de ses troupes. Bien sûr, les gentils avaient leurs propres pertes à assumer. Mais ceux dont les amis et la famille s'étaient tirés sans dommage ne pouvaient que s'interroger. Sirius en faisait partie. Et comme il n'était pas d'un naturel patient, il décida de s'occuper, plutôt que d'attendre des réponses, et se porta volontaire pour les offensives lancées contre Voldemort pour mettre cette défaite à profit.


Les évènements suivants se passèrent très vite.

Voldemort, déstabilisé par sa défaite stupide et trahi par nombre de « fidèles », disparut des mains d'Harry Potter. Des dizaines de batailles se déroulèrent entre Mangemorts récidivistes et Aurors. Les mages noirs étaient en cavale, leurs camps étaient petit à petit retracés et vidés. Tous les membres de l'Ordre disponibles combattaient avec ardeur, encouragés par leur victoire imminente.

Remus Lupin perdit la vue des suites d'un sort particulièrement vicieux de Rodolphus Lestrange, rendu fou furieux par la mort de Bellatrix Black. Un Sectumsempra en plein visage, la perte de son sens le plus précieux, de son autonomie…

Mais c'était Remus Lupin. Il haussa les épaules et s'estima heureux d'être toujours vivant quand il se réveilla avec de la gaze ensanglantée en guise de bandeau.

Sirius, de son côté, pourchassait avec ardeur les derniers criminels en cavale, désespéré par le besoin d'agir.

Même s'il était désormais aveugle, Remus ne put pas manquer les changements vécus par son ami. Comment il était amer, désillusionné pour de bon. Évidemment, la guerre n'avait pas été si simple qu'il l'avait cru, adolescent. La mort de James et Lily, et Azkaban, et la mort de Ron Weasley et des autres, tout cela avait changé Sirius, bien sûr.

Mais le lycan ne pouvait s'enlever de l'esprit qu'un évènement plus précis occupait l'esprit de Sirius quand il cherchait désespérément des occasions de se rendre utile et de chasser le Mangemort. Et il n'arrivait toujours pas à lui arracher quoi.


HP


-…Et les frères Lestrange ?

-Rodolphus sera embrassé d'ici quelques jours. Le procès de Rabastan est toujours en cours, mais il ne devrait pas tarder à recevoir le même sort. Le temps qu'il avoue le nom de ceux qui l'ont aidé pendant sa cavale. Ce qui ne devrait pas être long, d'après moi, conclut Sirius en triturant distraitement la balafre qui finissait de cicatriser dans sa nuque.

-Je croyais que le Ministère avait arrêté les interrogatoires « barbares », remarqua Remus, fronçant les sourcils au-dessus de son bandeau.

L'Auror haussa les épaules en réponse, avant de verbaliser son indifférence sur la question en se rappelant que le loup ne pouvait le voir. D'une certaine façon, et aussi cruelle que pouvait sembler la pensée, Sirius éprouvait un certain soulagement quand il se trouvait seul en compagnie des yeux aveugles de Remus. Il n'avait pas à prétendre qu'il souriait, en présence de l'autre.

-Tu repartiras bientôt ? S'enquit le lycanthrope après quelques instants de silence. Tu dois avoir arrêté la moitié des Mangemorts à toi tout seul…

-Le Ministère de la Magie Irlandais manque de personnel, répondit-il sans grand intérêt. Si Albus pense que je peux leur être utile, je devrais être parti d'ici deux ou trois jours…

D'ici deux ou trois jours, pour passer une ou deux semaines à traquer des criminels de plus en plus insignifiants dans des endroits qui, invariablement, sentaient le deuil et la honte… La lassitude de Sirius allait en grandissant de plus en plus alors que le temps passait.

Il avait, bêtement, imaginé que la fin de la guerre ramènerait les sourires sur les visages. Il avait stupidement songé qu'il pourrait vivre, paisiblement, les années qu'Azkaban ne lui avait pas ravies, en compagnie de Remus et de son café mal préparé, d'Harry et de ses cheveux sauvages, de Snape et des échanges de répliques qu'ils pourraient partager…

Il poussa un petit soupir. Évidemment, il était égoïste. La plupart de ses proches s'était sorti des batailles presque indemnes. Il n'était pas à plaindre.

Mais…

Mais il ne ressentait qu'un cuisant échec en repensant à la guerre. À quoi bon avoir gagné ?D'un point de vue individuel, les souffrances provoquées par tout ça semblaient bien trop grande par rapport à la victoire sur un homme cinglé…

-Je vais y aller, informa-t-il Remus en se redressant, sachant qu'il ne tromperait plus très longuement le loup-garou sur son humeur s'il tardait. Je repasserai te voir avant de partir si Albus me renvoie en mission. Essaie de te reposer, hein.

-Compte sur moi, rétorqua le loup avec un maigre sourire. Je n'ai rien de mieux à faire dans la mesure où je ne peux pas bouger de ce lit… Fais attention à toi, Sirius.

Le Gryffondor promit, sans grande sincérité, et serra brièvement la main que Remus lui avait tendu d'un air incertain. Puis il réitéra ses salutations et quitta la chambre de son ami, les mains dans les poches et le regard sombre.


Sainte-Mangouste n'était définitivement pas un endroit très bien architecturé. Sirius se perdait invariablement à chaque fois qu'il s'y rendait. Et avant d'avoir pu trouvé un escalier, il se retrouvait dans la section des Malades Permanents, son regard ahuri figé sur la note de service qui collait à une porte entrouverte.

Ch. 72-B

Keina M.
Severus S.
Kenneth D.

Note à H.M. : Remplir prov. de b. de Lewisie pr sujet K.D.

Severus S…

Ça ne pouvait pas être ce Severus S. là… si ? Dumbledore l'aurait mis au courant…

Le cœur battant, il poussa très légèrement le battant de la porte pour risquer un œil. Juste pour savoir.


-…est vivant ! Albus, vous ne pouvez pas me faire croire que vous n'avez pas été mis au courant qu'il avait été retrouvé-

-Sirius-

-Non, mais vous ne comprenez pas ! Il est à peine au courant de quoique ce soit ! Il m'a regardé avec un air perplexe quand je lui ai même mentionné les Mangemorts ! Il ne m'a même pas envoyé promener !

-Sirius-

-Comment est-ce que vous avez pu ne pas être au courant ? Vous êtes toujours au courant de tout !

-Sirius, au nom de Merlin ! L'interrompit Dumbledore avec une pointe d'agacement dans la voix. Il est inutile de m'agresser de la sorte !

-Mais il est question de Snape, pour l'amour de Merlin ! Votre fichu espion adoré ! Le Ministère aurait du vous avertir qu'ils l'avaient retrouvé !

-Ils m'ont averti, Sirius ! S'exaspéra le directeur, coupant enfin court au discours décousu de son Auror. Il mit à profit le regard soudainement incrédule du Gryffondor pour reprendre : J'ai été averti à l'instant où ils l'ont repéré dans les cachots de Voldemort, évidemment !

-...M…mais alors, pourquoi est-il à Sainte-Mangouste ? Bafouilla Sirius, ahuri. Pourquoi ne pas l'avoir ramené à Poudlard… ?

-Pensez-vous que je peux m'occuper de tous les blessés de cette guerre individuellement ? S'agaça le vieux directeur. Severus a accompli son travail, et je regrette qu'il ait été blessé dans le processus, mais il est très bien traité à Sainte-Mangouste. Je suis navré qu'il reste dans l'ignorance, mais il est plus important de redresser le monde sorcier de sa crise que de s'occuper des survivants de guerre un par un !

Sirius ne répondit rien, incrédule et choqué, alors qu'il fixait Dumbledore avec un dégoût croissant. Les yeux bleus du directeur paraissaient plus froids que jamais. Pour la première fois, l'Auror y découvrit l'homme calculateur et froid que d'autres avaient souvent accusé le directeur d'être. Plus aucune trace ne subsistait de l'aimable vieillard qui disait aimer ses collègues comme ses propres enfants.

Sirius eut besoin de toutes les peines du monde pour ne pas cracher par terre avant de quitter la pièce d'un pas vif.

Dumbledore était un sale con qui avait mené sa guerre égoïstement, en manipulant ses alliés comme des pions.

Snape avait eut raison.


-À Grimmauld Place ? Répéta Remus, ahuri. Et le Ministère est d'accord ?

-Il a la Marque des Ténèbres sur le bras, répondit Sirius avec agitation. Ils auraient probablement laissé n'importe qui le prendre à sa charge si ça pouvait les en débarrasser, ces sales cons…

-…Sirius, tu penses vraiment que c'est une bonne idée ? On parle de Snape…

-Et alors ? Tu veux que je le laisse pourrir ici, peut-être ? Coupa presque le Gryffondor, quasiment agressif alors qu'il fixait Remus.

-Ce n'est pas ce que je dis, contra calmement le loup en levant une main. Que Dumbledore l'ai laissé dans cette situation après cette maudite guerre est inacceptable, j'en conviens, n'en doute pas. Mais toi et Snape vous détestez depuis quasiment trente ans, Sirius… Je me demande si tu pourras passer outre, simplement-

-Rem', il doit sortir d'ici et avoir quelqu'un pour lui rappeler un minimum qu'il a été… Il ne sait même pas tout ce qu'il a fait pour cette fichue guerre ! Aucun de ses Guérisseurs n'a pris la peine de lui dire qu'il était un putain de héros quand ils ont découvert qu'il était amnésique ! Je… Je sais que c'est Snape, mais… je ne dormirai pas tranquille si je ne le fais pas, Remus… tu peux le comprendre, hein ?

Sa voix s'était faite suppliante sur la fin, il en avait conscience. Il avait besoin de l'approbation de Remus, pour le rassurer. Il avait besoin que le lycan reconnaisse qu'il faisait des efforts pour Snape. Pour réparer ses fautes.

Pour arrêter d'être hanté par la culpabilité, en repensant à l'agitation de Snape, des mois plus tôt, dans la cuisine de Grimmauld, quand ils avaient partagés une insomnie et, bizarrement, des mots presque aimables. Son inquiétude visible et inexplicable quand Voldemort l'avait rappelé à lui. Sirius avait été le dernier membre de l'Ordre à voir Snape avant qu'il ne se soit trahi.

Et il devait faire quelque chose, pour se sentir moins inutile et moins atrocement coupable alors qu'il se demandait s'il aurait pu empêcher le tout et éviter aujourd'hui d'avoir un Snape amnésique sur les bras.

-Je te fais confiance, Sirius, fit Remus après un moment de réflexion. Je suis juste surpris.

-Je suis un Gryffondor, tu sais bien, fit Sirius avec un petit rire aussi soulagé qu'il était nerveux.

-Quand est-ce qu'il emménage chez toi ? S'enquit le loup-garou.

-Ce soir…

Ce soir, un Snape totalement inconnu, qui ne le reconnaissait même pas, allait s'installer chez lui, et Sirius avait pour devoir de tenter d'aider l'autre…

Et il avait bien l'intention de s'acquitter de cette tâche jusqu'à ce que Snape puisse, au moins, recommencer à être qu'il avait été.


Hum, je constate qu'il y a un léger Dumbledore-bashing dans ce chapitre... Bah. J'aime pas Dumbledore, je plaide coupable XD

L'aspect "mémoire" n'est que peu exploité, pour l'instant, puisque Snape et son aimable amnésie ne feront, hélas, leur apparition que dans le R de Retrouvailles... Mais, hum, comme dit plus haut, j'y cogite à l'instant-même.

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