Notes :

Je suis rentrée de weekend et j'ai vu tous vos reviews… OMG je ne m'attendais pas à autant de d'enthousiasme !
Vous êtes les plus adorables lecteurs que quelqu'un puisse avoir :3.


Ils avaient sauté le déjeuner. Hannibal avait attiré Will sur le canapé et ils étaient restés entrelacés tout l'après-midi. Will ne voulait plus réfléchir. Il était fatigué de réfléchir. Sans un mot, il avait laissé Hannibal le bercer. Il était seulement resté là, à apprécier les douces attentions du psychiatre. Eventuellement, il s'était endormi sur ses genoux.

Quand il ouvrit les yeux, Will eut du mal à se rappeler de ce qu'il s'était passé. Etrangement, son sommeil n'avait pas été trop agité. Il sentit une main lui caressait plaisamment les cheveux et la nuque, et il se souvint.

Il se releva brusquement, sous le regard surpris d'Hannibal qui avait encore le bras en l'air.

« William ?

— Je… » Il évitait à tout prix de croiser les yeux du psychiatre. « Tout va bien. Il faut que je nettoie le vase. Celui que j'ai cassé. »

Il se leva et partit presque en courant en direction de la cuisine.

Ce rapprochement avait été une erreur. Il ne pouvait agir de la sorte avec Hannibal. Mais dernièrement, il semblait enchaîner ces erreurs. Appuyé contre un mur, il se prit la tête dans les mains, ne savant plus quoi penser. Il se sentait en conflit avec lui-même.

Un part de lui répugnait clairement Hannibal. C'était l'Eventreur de Chesapeake. Il avait tué, mangé et servi des dizaines de personnes, et il avait même tranché la tête à une de ses amies les plus proches. Il menaçait en permanence ses autres amis, et pire que tout, il le retenait en otage depuis plusieurs jours.

Une autre partie de lui, cette partie qu'il détestait tant avoir et qui grandissait, semblait vouloir excuser chacune des actions du psychiatre : c'était la faute de Will si Beverly était morte. Il ne pouvait pas en vouloir à Hannibal de tuer des gens puisque lui-même avait des pulsions au fond de lui qui s'infiltraient jusqu'au plus profond de ses rêves. Et puis, Hannibal était et avait toujours été là pour lui. Il l'appréciait Will et n'avait rien fait pour le blesser, dans la mesure où il n'était pas attaqué. Plus que ça, désinhibé par alcool, il lui avait dit qu'il l'aimait, du moins d'après sa propre définition. C'était plus que Will n'avait jamais reçu de quiconque.

« Est-ce que ça va ? »

Hannibal était entré à son tour dans la cuisine et semblait perplexe de voir Will perdu dans ses pensées.

« Oui je… je ne trouvais pas de balai.

— Je vais m'en occuper, ne t'inquiète pas pour ça. »

Will attendit qu'Hannibal soit accroupi par terre dans le salon à ramasser les morceaux de porcelaine. En faisant le moins de bruit qu'il en était capable, il se dirigea vers la porte d'entrée. Elle était là, devant lui et majestueuse. Il avait eu plusieurs occasions pour partir mais il les avait toutes manquées. À chaque fois qu'Hannibal baissait sa garde, Will était trop perturbé pour essayer quoi que ce soit.

Il ouvrit la porte et sortit sur le palier, la refermant doucement derrière lui. Il bruinait légèrement et le ciel était sombre.

A quoi bon essayer de s'enfuir ? Hannibal me rattraperait de toute manière.

Le auvent protégeait Will de la pluie mais il pouvait sentir l'air frais se fouetter docilement son visage.

Il y aurait plus de souffrance qu'autre chose si j'arrivais à partir… en particulier pour Alana et Jack.

Il percevait l'humidité sur sa peau et pouvait sentir l'odeur du jardin mouillé.

Hannibal ne me traite pas mal… il prend soin de moi à sa manière.

« William ? »

Le concerné se retourna et vit Hannibal dans l'entrée, curieux de le voir ainsi. Il ne souffla pas un mot.

« Je vais aller préparer le dîner.

« Tu ne devrais pas rester dehors. Tu vas prendre froid. »

Il lui tendit sa main. Will la considéra un moment. Finalement, il passa devant le psychiatre pour rentrer à l'intérieur.


Hannibal cassait des œufs dans un bol et Will le regardait faire, appuyé contre le plan de travail. Cela semblait tellement… normal. Il ajouta des poivrons préalablement découpés dans la mixture ainsi que différentes herbes et épices avant de se tourner vers Will. « Tu veux faire cuire l'omelette ? »

Will leva son regard vers Hannibal, puis regarda le bol avant de retourner à nouveau sur le psychiatre. « Pourquoi ?

— Eh bien, il est fréquent que les œufs crus contiennent des salmonelles, il vaut donc mieux les cuire et l'omelette est une recette que j'apprécie particulièrement.

— Non… Je ne voulais pas dire ça. Pourquoi tu veux que je la cuise ?

— J'ai pensé que cela pouvait t'occuper un peu l'esprit. Tu me sembles très troublé. »

Will grommela des paroles incompréhensibles.

« Et puis, continua Hannibal comme s'il n'avait pas été interrompu, la cuisine est très thérapeutique. Approche-toi. »

Le psychiatre lui tendit une poêle et Will l'attrapa en soupirant. Il se mit en face de la plaque de cuisson et alluma le gaz. Hannibal pris une bouteille d'huile d'olive et y versa un filet dans la poêle en train de chauffer. Lorsqu'il jugea qu'elle était prête, Will versa la mixture d'œufs et de poivron. Des bulles commencèrent à se former sur le dessus et le mélange coagulait doucement.

« Il faut que tu fasses sauter l'omelette pour la retourner, dit Hannibal au bout d'un moment.

— Tu plaisantes j'espère ? Je ne suis ni chef étoilé ni jongleur, je ne pourrais jamais la rattraper.

— Je vais t'aider. »

Le psychiatre se place derrière Will, attrapa le poignet de Will qui tenait la poêle et plaça son autre main sur sa hanche. Avec une maîtrise parfaite, il guida le geste de Will et fit voler l'omelette avant de la rattraper parfaitement dans la poêle. Lorsqu'elle eut fini de cuire, le jeune homme éteignit le gaz. Hannibal avait toujours sa main sur sa hanche.

« Arrête, ordonna Will.

— Arrêter quoi ? »

Il se retourna pour faire face au docteur qui retira sa main.

« Ça. Tout ça. Ce que tu fais. Arrête.

— Je ne suis pas sûre de te suivre.

— T'approcher de moi. Me prendre la main. Me toucher. M'em… m'embrasser. Ça suffit.

— Ça n'avait pas l'air de te déranger cet après-midi.

— Je n'étais pas bien. »

Le rouge lui monta aux joues mais il ne se démonta pas. Hannibal recula et attrapa la poêle. « Mangeons, dit-il. L'omelette va refroidir. »

Le dîner se passa en silence. Seul le raclement des couverts se faisait entendre. L'omelette était accompagnée d'une salade composée de différentes crudités et Hannibal avait donné un couteau et une fourchette à Will pour la manger. Il était tellement surpris et heureux de manger comme un adulte qu'il ne daigna même pas s'en servir pour attaquer son hôte. Lorsqu'il se leva pour débarrasser, Hannibal frôla la main de Will en attrapant son assiette. Sauf que le contact dura trop longtemps pour être accidentel. Il se leva brusquement à son tour.

« Je t'ai demandé d'arrêter ! Ça me met à l'aise Hannibal !

— Je ne te crois pas.

— Je ne te demande pas de me croire, je te demande de me laisser tranquille. »

Hannibal attrapa le poignet valide de Will. Il ferma les yeux quelques secondes, concentré. Quand il les rouvrit, son regard était intense.

« Dans ce cas, explique-moi pourquoi ton pouls est si élevé. »

Will retira sa main. « Je… c'est parce que tu m'énerves.

— Tu es sûr ? »

Le psychiatre se pencha vers lui, comme pour l'embrasser à nouveau. Will fut surpris et ferma les yeux. Il ne bougea pas et appréhenda le contact. Mais rien de vint. Il entrouvrit les paupières et vit Hannibal sourire à quelques centimètres de lui.

« Ce n'est pas la réaction de quelqu'un qui voudrait que je le laisse tranquille, ricana-t-il.

Will contourna Hannibal et sortit furibond de la cuisine sans un mot.


Notes :

Hannibal cherche toutes les raisons pour se coller à Will. Et ouais.