Hullo !
Bon je suis pas très active mais bon, c'est la rentrée. M'en voulez pas, j'essaie d'obtenir une licence qui me permettra d'obtenir un master qui me permettra d'obtenir le chômage ça va être trop cool
Nan mais je vais faire anglais hébreu suédois grec et syriaque. Sérieux. Je vais avoir plus de langues que d'Histoire. (Je voulais faire philosophie de la religion au lieu de syriaque mais pas moyen de trouver l'institut qui s'en occupe... Enfin j'aurais toujours Histoire des religions le deuxième semestre. -la non-croyante strike again)
Sinon j'ai commencé Homestuck c'est chelou
Plus sérieusement. Donc, le sondage du chapitre d'avant tient toujours -quant aux personnages-, c'est le genre de truc qui m'aiderait bien. Autrement. Hu, rien de spécial à dire... Je vous kiffe, et merci pour tout le feedback, et merci à Meri pour la correction !
Culture time ! La chanson qui sera chantée est une berceuse Yiddish. Je sais qu'elle est aussi chantée en Alsace... Enfin le Yiddish et l'Alsacien étant du haut-Allemand c'est normal.
Il revint. Au milieu de la soupe du soir, alors que tout le monde était occupé à se réchauffer avec le peu de chaleur qui s'échappait des conserves, il revint. Il était bleu. Il tremblait. Son nez et ses oreilles étaient noirs.
- Asseyez-le ! cria Feliks en sautant de son étagère.
Ceux du milieu se poussèrent comme ils le purent, installant Roderich au milieu d'eux.
- Je… je…, bégaya l'Autrichien en s'agrippant à sa peau de rayé
- Déshabillez-le ! fit quelqu'un du groupe.
Ce fut vite fait. Sa peau fut envoyée en quelques secondes plus loin, et il n'avait déjà plus ses chaussures. Des marques de brûlure courraient le long de ses bras et de ses jambes. Ses doigts étaient noirs. Et ses pieds aussi.
- Il faut le réchauffer avant qu'il ne nous fasse des engelures, dit Feliks. Tino, toi les SS t'aiment bien, va lui chercher de la soupe.
Les autres se mirent à le frotter comme ils le pouvaient. Feliciano et Heiko avaient ôté leurs hauts pour coller leurs ventres chauds à son dos, Arthur, Francis et Berwald tentaient de lui réchauffer les pieds. Ődőn lui prit les mains et les colla sur son ventre, sous son haut rayé, en murmurant des prières pour qu'il aille mieux.
Deux mains se posèrent sur les oreilles de Roderich et les frictionnèrent doucement, faisant leur possible pour ne pas lui faire mal.
Feliks regarda quelques secondes l'homme qui tentait de les aider. C'était un des Grecs qui étaient arrivés deux jours plus tôt. Il ne parlait ni allemand, ni yiddish, ni hébreu. Alors Feliks se contenta de hocher la tête pour le remercier.
Roderich ne tremblait plus autant. Ses dents claquaient toujours, il était toujours d'une couleur tendant dangereusement vers le bleu, mais il pouvait enfin se concentrer sur autre chose que sur la brûlure du froid qu'il ressentait.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda lentement Ludwig, en récupérant la conserve pleine de soupe chaude que Tino et sa position de chanteur attitré de l'orchestre avaient réussi à négocier.
- Je… je… je… hoqueta Roderich, tremblant d'un coup encore plus. Ils… ils m'ont attaché au poteau toute la journée… J'ai froid…
- Calme-toi, fit Ődőn, en resserrant la prise sur ses doigts. Shsh… shlof, kindele, shlof…
Roderich ferma les yeux, s'apaisa un peu en entendant les paroles de cette berceuse qu'il connaissait par cœur.
- Dort in jenes hof… chuchota-t-il, les yeux fermés.
- Il faut pas qu'il dorme ! fit Feliks en le secouant un peu.
- Allez, chante la suite, le pressa Ődőn, complètement paniqué.
- Je sais plus… répondit lentement Roderich.
- Alors, alors… Dis, tu te souviens du jour où on était à Salzburg ? demanda le Magyar.
- Oui… Tu t'étais perdu… Et puis Elizaveta… Oh, elle me manque Elizaveta…
Pendant que Roderich divaguait, Feliks inspectait ses doigts et ses pieds. Les deux derniers orteils du pied gauche, et le petit du pied droit étaient resté noirs l'auriculaire et pratiquement tout l'index gauche, et la dernière phalange de l'annulaire droit. Le bout d'une des oreilles aussi. Et de grosses cloques étaient apparues un peu partout.
- Il faut peut-être arrêter de toucher le noir, non ? demanda Ludwig. Il ne faut pas frotter les engelures.
- Tu sais, vu où on est, y'a aucune chance de les faire partir, répondit Feliks. Il va falloir amputer. Si ça se trouve elles ont déjà commencé à nécroser.
Roderich trembla comme une feuille en entendant la voix implacable du Polonais. De toute la phrase, il n'avait retenu qu'une chose. Amputer. Et qui dit amputer, dit Revier.
- Je… Je veux pas aller au Revier… maugréa Roderich en claquant des dents.
- Tu vas pas avoir le choix, on n'a pas de quoi t'enlever ce qui est mort.
- Tant… tant pis…
- Quoi ? Non, t'es malade ! s'offusqua Feliks. Tu vas avoir encore plus mal ! Tu risques de te blesser encore plus.
- Mais si je vais au Revier, je ne reviendrais jamais ! s'énerva l'Autrichien, remonté d'un coup. Je ne veux pas mourir ! Je veux revoir Elizaveta !
- T'as la moitié des doigts qui a crevé ! chuchota le Polonais. Tu crois que tu vas réussir à bosser comme ça ? Demain, tu vas te les faire enlever, et il faut que Ludwig arrive à te faire changer de Kommando !
- Changer de Kommando, maugréa l'Autrichien. T'es drôle. Je ne sais rien faire
- Tu crois honnêtement que je savais creuser les tranchées des eaux usées ou nettoyer la merde des autres ? Que Feliciano savait vider des valises pour voler ce qui était précieux à leurs propriétaires ? Que Heiko savait creuser une mine ?
Roderich ne dit rien, le regard vide devant lui. Oui, Feliks avait raison. Mais lui, il ne savait rien faire, et maintenant, il allait lui manquer trois orteils, trois doigts, et le bout d'une oreille. Et lui, il ne savait rien faire, mais il n'a jamais été élevé pour apprendre à faire des choses.
- Je ne veux pas aller au Revier…
Le lendemain, ça sera un mardi. Ludwig verra Gilbert. Il verra ce qu'il peut faire. Parce que maintenant, aucun des hommes n'était capable de prendre une décision. Ce n'était plus leur rôle.
En attendant, ils se recouchèrent les uns collés aux autres. En remerciant de la tête une dernière fois le Grec qui les avait aidés.
Le Kapo était vraiment un bon Kapo. Il faisait ce qu'il pouvait pour aider les gens de son block, il connaissait beaucoup de monde et ne travaillait pas dans un Kommando susceptible de le tuer du jour au lendemain. Il avait plusieurs fois calmé le jeu en cas de bagarre, fait passer des lettres en douce, et avait toujours un sourire chaleureux envers les gens de son block. Il obéissait aux SS, et ne se faisait pas remarquer.
Personne ne sut vraiment pourquoi les SS l'avaient embarqué ce jour là. Tout ce qu'il savait, c'était que le Kapo suivant, bien que Rouge aussi, était bien moins bon. Au moins, il avait tellement peu d'autorité que quand les SS n'étaient pas dans le coin, le block pouvait se permettre de parler.
