Tout d'abord MILLE MILLIARD d'excuses pour ce retard considérable que j'ai pris. J'ai une BONNE excuse ! Mon exam ayant provoqué une destruction échelle Hiroshima sur mon moral, j'ai décidé de balancer mon ordi par la fenêtre et d'aller m'installer au Népal pour dialoguer avec le vent et entrer en communion avec les lamas.
Non en fait je suis allée à l'océan, et si ca vous rassure j'ai plein de coup de soleil partout je souffre j'ai mal ^^ Allez, la bonne news c'est que j'ai écrit deux chapitres d'un coup dont le 13 que je vous poste dessuite !
Il pourrait s'intituler « accompagnez-moi dans mon intense dépression », mais ça je pense que ça plutôt le titre du chapitre 14 … mmh je médite ^^
Blagounettes glauques à part, merci à toutes celles et ceux qui ont laissé des reviews encourageantes Muffins donc à Mokona au chocopyuh , Tsu' ? (le nom étant Guest, j'en conclu que c'est une erreur de login..) Lyra 64, Yuko Sensei 205, et Hellina, (comme tu n'as pas de compte je ne pouvais pas te répondre et je crevais d'envie de me faire pardonner de te faire tant languir !) Et merci à ma super bêta Irissia et à ses super pouvoirs de correctrice avisée !
Voila maintenant bonne lecture, et à très vite (juré très vite) pour la suite !
Disclamer: Rien n'est à moi, sans surprise ! Tout les persos appartiennent aux Clamp, haaa ces merveilleuses sadiques !
Couple: KuroxFye (ne doutez paaas!)
Titre: Clow Corporation.
Raiting: T
Univers Alternatif: 21ème siècle. Tokyo bout dans l'effervescence d'une course à l'héritage aussi vénale que dangereuse. Âmes perdues et esprits corrompus s'opposent, se défient, s'affrontent ...ou parfois se rencontrent.
Chapitre 13: L'exil
Kurogané su enfin pourquoi il décidait de souffrir 3 fois par semaine en faisant des footings à l'aurore jusqu'à ce que ses jambes lâchent. Cette endurance acquise le propulsait à présent dans les rues de Tokyo à une vitesse qu'il n'aurait jamais cru pouvoir supporter. Malgré la robustesse entretenue de son corps, il était persuadé que ses mollets exploseraient avant qu'il n'arrive chez lui.
Il avait refusé que son chauffeur le conduise : son cœur pulsait une telle dose d'adrénaline dans ses veines que rester immobile sur la banquette arrière aurait provoqué un arrêt cardiaque immédiat.
Il bousculait les gens sur son passage, évitant de justesse les lampadaires, manquant probablement une dizaine de fois de se faire faucher par une voiture. Mais il s'en foutait. Son esprit ne pensait à rien d'autre que de foncer chez lui le plus vite possible. Revoir Fye vivant. Et ne plus jamais le laisser s'éloigner de lui.
Une fois qu'il eu atteint l'entrée de sa Tour, il aperçut du coin de l'œil Tanaka, serein et stoïque, lui ouvrant la porte comme un gentleman. Mais ce fut sans la moindre élégance et dignité qu'il cracha la question qui enserrait sa gorge :
« Là ? Fye .. est là ? »
Sa respiration n'était qu'un souffle suraigu et il se sentit fondre sur place quand le responsable acquiesça calmement. Usant de ses dernières forces il se rua vers les escaliers et gravit les 55 étages haletant et tremblant, maintenu en vie seulement par l'espoir qui compressait ses entrailles.
Quand il déboula dans le couloir, tout ralentit soudainement. Il s'appuya péniblement contre le mur, calmant sa respiration erratique, laissant le temps au brouillard qui obscurcissait sa vue de se dissiper. Il avança lentement jusqu'à la porte de son appartement et s'immobilisa, comme prisonnier d'un autre espace temps. Dans son esprit, c'était pire qu'un jour de foire ou qu'un champ de bataille. Les mots fusaient, hurlaient, se mêlaient sans cohésion. Il n'arrivait même plus à brider ses pensées, aussi confuses et mielleuses que du caramel mou.
Fye, Fye es tu là, derrière cette porte ? Fye es-tu blessé ? As-tu mal ? Fye me pardonneras tu d'avoir laissé Ashura poser la main sur toi ? Me pardonneras-tu de t'avoir laissé affronter cet instant seul, loin de moi ? Fye est-ce que lorsque j'aurais poussé cette porte, je verrai ton sourire ? Tes yeux plongeront-ils dans les miens avec éclat ? Je veux te voir, je veux te sentir, te toucher, t'embrasser… Si je te dis que je t'aime me rendra tu la pareille ? Fye j'ai tellement eu peur de te perdre. Jamais je n'aurais cru prononcer ces mots mais Fye je ne laisserais plus rien me séparer de toi il faudra m'arracher le cœur pour cela.
Puis la porte s'ouvrit. Kurogané regarda chaque coin de l'appartement, alerte. Personne. Il s'avança lentement, presque comme s'il cherchait à se fondre dans le décor. Pas un murmure, pas une voix, il n'y avait rien à part son corps en sueur et les battements assourdissant de son cœur.
« Fye.. ? »
Tel un souffle, adressé à un fantôme. Mais à ce son, une secousse à l'étage se fit entendre. Un bruit de fermeture éclair, un bruissement de tissu, des pas lourds résonnant sur le plancher. La porte de la chambre de Fye claqua violement, comme une réponse sèche. Il entendit ses pas dans l'escalier, il allait bientôt le voir, bientôt il pourrait le prendre dans ses bras. Les pas se rapprochèrent, le cerveau de Kurogané était en ébullition… Ses neurones étaient tellement en sous régime qu'il mit trop de temps à réaliser que Fye était maintenant devant lui, les yeux baissés pour éviter de croiser son regard, un sac en toile à la main. Il continua de marcher vers lui, mais le dépassa finalement sans un mot, sans une œillade, sans une explication, et se rua vers la porte d'entrée. L'esprit du brun n'était plus de la mélasse. C'était un étau.
Il s'était attendu à énormément de scénarios durant sa course effrénée : Fye inconscient, Fye en colère, Fye heureux, Fye blessé, Fye soulagé… mais pas ça. Pas Fye s'enfuyant. Ce n'était juste pas compatible avec ce qu'il ressentait en ce moment. Pas concevable.
Il se précipita à sa suite et lui saisit le poignet, un peu plus violement qu'il ne l'aurait voulu.
« Fye, qu'est-ce qui se passe, où est-ce que tu vas ? »
Sans se retourner, Fye remua le poignet pour tenter de se dégager, puis dit d'une voix très lasse :
« Tu n'as pas besoin de le savoir, lâche moi s'il te plait. »
Kurogané s'exécuta mais fit barrage de son corps au départ du jeune homme, s'adossant à la porte et rétorqua d'un ton qu'il voulait menaçant. Hélas la peur faisait trembler l'intégralité de ses organes comme s'il était sur mode vibreur, et sa voix ne fit pas exception à la règle quand elle s'échappa sous forme de trémolos incontrôlables :
« J'ai l'impression que tout le monde me prend pour un con dernièrement. Toi y compris. Alors je veux que tu me dises ce qu'il s'est passé. REGARDE-MOI ! »
Mais Fye n'y arrivait pas. Fye ne voulait pas le regarder. Ni lui parler. La seule chose qui lui importait c'était de fuir, partir loin d'ici. Partout, dans tous les confins hostiles de l'univers, mais loin du regard troublé de son maître. Maître qui était tellement empreint de confusion qu'il n'osa plus hausser la voix.
Comment en étaient-ils arrivés là ? Que lui avait fait Ashura de si terrible pour qu'il balaie ainsi leur amour mutuel sur un coup de départ improvisé ? Car c'était bien ça non ? Fye l'aimait au moins tout autant que lui. Leurs retrouvailles étaient censées être une explosion de joie et de passion. Alors pourquoi ce silence insoutenable et ce hachoir qui hurlait dans ses entrailles en lui broyant le cœur ?
« Fye, parle-moi. »
Finalement, le jeune homme se retourna et l'esprit de Kurogané s'activa pour interpréter le regard que son majordome lança.
Ses yeux cobalts ne renvoyaient ni compassion, ni désir, ni acceptation. Juste un écran hermétique, indéchiffrable. Ce visage trop serein traduisait plus que de la colère ou de la rancœur. Là, dans son inébranlable beauté, Fye apparaissait plus dévasté que jamais.
« Il y a une heure… souffla-t-il imperceptiblement, j'aurais offert mon corps à un cannibale pour pouvoir te revoir. Mais maintenant je ne suis plus sûr de rien. »
Ses sourcils blonds se froncèrent légèrement tandis qu'il scrutait Kurogané, tentant lui aussi de déchiffrer l'homme en face de lui.
« Je ne suis même plus sûr de te connaître… »
Kurogané cru se liquéfier. Le malaise se propageait dans son organisme, déférant comme des vagues qui lui oblitéraient la gorge. C'était sûr.
Fye savait.
Et maintenant ? Il allait le regarder partir ? Malgré les avertissements de Toya quant aux issues possibles de cette révélation, il n'y avait vraiment rien qu'il puisse faire ?
« Je suis désolé Fye. Précipita-t-il. J'ai tant de fois voulu t'en parler, je peux tout t'expliquer… »
« Explique-moi alors, Kurogané. Coupa le jeune homme en se reculant et laissant la justification du brun mourir à ses lèvres. Explique-moi comment est-ce possible … »
De son sac il sortit la chemise tristement familière où s'entassait là le passé morbide du jeune homme, classé sans appel. Mais sa voix ne prit pas le ton neutre d'un inventaire. Il y avait beaucoup plus de colère et d'incompréhension.
« 5 ans déjà. Elle date cette affaire. Et elle est toute simple, pas même 10 lignes dans la colonne fait divers… et pourtant il y en a bien pour 3 kilos de papiers là dedans… On se demande comment tu as eu tout ca… et surtout pourquoi tu as gardé tout ça ! »
Kurogané s'avança mais Fye recula prestement, se précipitant vers l'autre bout du salon, lui faisant bien comprendre qu'il devrait respecter une large distance de sécurité. Il ouvrit le dossier, faisant mine de fouiller dans les papiers qu'il devait certainement avoir déjà bien étudié.
« Par quoi on commence, Kurogané ? Sur quoi veux-tu te défendre en premier ? »
« Fye assied toi je vais tout te dire mais il faut que tu te- »
« Non, coupa-t-il, je suis très bien là où je suis, ne t'approche pas. »
Il sortit une page jaunie et la brandit vers le politicien.
« I ans, récita-t-il, quand on a porté plainte avec mon père pour MEURTRE dans ce commissariat… Tout le monde a affirmé que ma mère se droguait. Qu'elle s'était suicidée. Personne ne nous croyait. Alors pourquoi je trouve ici une expertise qui prouve qu'une inhalation de cocaïne en phase de demi-conscience est impossible, et donc une preuve irréfutable d'homicide ? »
Il la jeta par terre et attrapa à la volé des photographies et des rapports médicaux jusque là confidentiels.
« Pourquoi on m'a-t-on présenté mille fois un alibi frauduleux prouvant qu'Ashura était en Europe cette nuit là, alors qu'il y a trois prélevés (il secoua les feuilles) trois différents, qui identifient son ADN dans le corps violé de ma mère ? »
Sa voix se brisait, mais il continua sans s'en soucier :
« Tout le monde m'avait convaincu que mon frère avait simplement fugué. J'ignorais moi-même la cause de sa mort. Par quel miracle as tu en ta possession le rapport de patrouille qui a découvert son cadavre ? Veux tu que je te montre aussi le verdict du légiste qui déduit à un crime froid et inhumain ? Mon frère n'a même pas eu droit à la vérité sur sa mort, un enterrement digne de lui, ni un hommage pour son sacrifice! »
Il était tellement aveuglé par la colère et les larmes qui brulaient ses yeux qu'il ne vit pas immédiatement le brun se rapprocher prudemment.
« Pourquoi Kurogané ? S'étrangla-t-il. Explique-moi pourquoi ces ignominies dont le monde entier refuse d'admettre l'existence sont en ta possession ? »
L'interpelé s'arrêta encore, maintenant à quelques centimètres de Fye. De là il pouvait percevoir les tremblements qui l'agitaient.
« Tu protèges Ashura. Tu l'as toujours protégé. »
« C'est faux, se défendit-il en ouvrant la bouche pour la première fois depuis la tirade accusatrice. Je ne cherchais pas à le protéger, mais à élaborer sa destitution. »
« Une revanche politique hein, répliqua le blond acide. Toutes les zones d'ombres de ma vie brisée et détruite sont là, dans un putain de carton. Et toi tu vois juste ça comme… des preuves à mettre de côté. A ressortir au bon moment. Tu as enfermé la justice pour laquelle je me suis battu, puis tu m'as recueilli chez toi en me laissant dans la douleur et l'ignorance ! Quel genre d'homme peut faire ça ?»
« Le genre d'homme qui cherchait avant tout à te protéger ! »
« Me protéger ? S'étrangla Fye C'est lui que tu as protégé ! C'est lui que tu entretenais à travers ma survie. Tu t'es créé un adversaire diabolique, redoutable pour l'écraser avec une carte maitresse sous le coude: moi ! »
« Il est bien trop puissant pour être évincé avec un pseudo procès ! Se récria Kurogané en diminuant considérablement la distance de sécurité du jeune majordome. Je me devais d'être patient pour lui porter un coup fatal. Tu n'as donc pas compris de quoi Ashura est capable ? »
« Oui je sais de quoi il est capable ! Pour lui avoir miraculeusement survécu à deux reprises, JE sais de quoi il est capable moi ! Et c'est pour ça que je ne conçois pas que tu aies pu le laisser libre ! »
« Je ne- »
« Ne cherche pas d'excuses ! Plus de mensonges, pas de faux regrets ! Juste la vérité. »
La vérité, quelle vérité ? La seule vérité dont il était certain, était qu'il aimait Fye à la folie et qu'il ne savait plus quoi dire pour défendre ses sentiments, tellement la rancœur de son amant l'étouffait. La seule vérité était qu'il était prêt à se mettre à genoux, de tomber à ses pieds pour qu'il croie en sa volonté.
« Peux-tu le nier Kurogané ? Peux-tu nier que tu m'as recueilli chez toi sans le moindre esprit de revanche personnelle ou d'orgueil? »
La vérité alors. Même si ca faisait mal, même si ce n'était pas tout rose… Tout ce que Fye voulait, il le lui donnerait.
« C'est vrai. »
Mon Dieu s'il avait réussi à convaincre Toya par le passé au nom de leur confiance ou de leur amitié, Kurogané réalisait qu'il n'y avait plus rien sur quoi il pouvait persuader Fye de le croire. Je te le jure sur ma vie ? Sur notre amour ? Fye venait de renier tous les sentiments qui les liaient. Plus rien. En quelques secondes, la force de leur relation rejoignait le vide intersidéral qui envahissait son cerveau.
« J'ai tout donné pour toi ! » Gémit le jeune blond. « Tout ! Ma liberté, mon cœur, mon corps… Tout pour que tu puisses m'aimer. Mais ca n'a servit à rien, car toi tu ne voulais que te servir de ma vie merdique pour arriver à tes fins politiques. Toi tu ne voulais que ça ! »
Il brandit le dossier pour le lui envoyer à la figure sans retenir la violence de son geste. Kurogané ne l'évita pas et l'amas de feuilles vint s'écraser sur lui pour virevolter à ses pieds.
« Je suis tellement naïf ! Quand je pense que j'ai cru que tu m'aimais! »
Il pensait avoir été suffisamment cruel et violent dans ces propos, mais c'était un regard sérieux, nullement affecté, prêt à se défendre qu'il toisa. Kurogané était à quelques centimètres de lui, il pouvait discerner le dégradé pourpre de ses pupilles braquées sur lui et s'en émouvoir inconsciemment. Finalement, coupant court à sa contemplation, Kurogané pris la parole, et dit ce que Fye ne voulait absolument pas entendre :
« C'est vrai Fye, » répéta-t-il .
Le jeune homme se pinça les lèvres pour retenir une injure désespérée.
« Tout est vrai Fye… Tout ce que tu as dit est vrai. Je t'ai amené ici pour me servir de ton témoignage afin de faire tomber Ashura. Toute ton histoire ne m'atteignait pas, c'était simplement de bonnes pièces à conviction. C'est vrai je n'avais aucune empathie, je ne savais que me battre jusqu'au bout pour mes idéaux en faisait abstraction de compassion. »
Kurogané revoyait nettement toutes ces années vides et inconsistantes qui avaient fait son ascension. Il s'en rappelait avec une affolante clarté. Mais par contre il n'arrivait plus à se souvenir… de ce qu'il ressentait avant de trouver Fye, cette nuit là, dans ce bordel. Ce jeune homme l'avait changé, et avait éradiqué toute trace de solitude et de froideur en lui. C'était le magicien qui avait changé sa vie.
Kurogané avança d'un pas, un mouvement flou et imperceptible :
« Puis je t'ai rencontré. J'ai appris à te connaître. Et je suis tombé amoureux de toi. »
Les prunelles de Fye vibrèrent à ces mots et le cœur de Kurogané eu un sursaut.
La vérité, rien que la vérité, et Fye pourrait rester…
« Je t'aime. Je crois que je le sais depuis ce jour où tu t'es tenu si près de moi, pour me nouer cette cravate que tu m'avais acheté, et que j'ai eu terriblement envie de t'embrasser. Je pense même que je t'aime, depuis ce moment où j'ai cru te perdre en te voyant partir pour l'orphelinat. En fait, je suis sûr que je t'aime depuis que j'ai commencé à avoir peur de ce dossier. A ce moment là, il ne se passait pas un jour sans que je ne songe à le brûler. »
Il s'avança encore lentement du blond qui ne fuyait pas, hypnotisé par ce regard sincère, captivé par ces paroles.
« En réalité je pense… »
Comme Fye ne semblait pas enclin à le repousser, il amoindrit la distance pour se retrouver juste à quelques centimètres de lui
« …que je t'ai toujours… »
Il osa glisser sa main le long de la joue rougie afin de déplacer une mèche égarée derrière son oreille.
« … aimé. »
Enveloppé dans cette étreinte de mots, Fye mis un temps infini à réagir. Le souffle envoutant de Kurogané contre sa peau le fit tressaillir au souvenir de la nuit précédente, et le son grave de sa voix murmurant son nom lui donna la chair de poule. Il en voulut affreusement à cet homme d'utiliser son charme afin de le retenir, aussi, avec un terrible effort, il s'extirpa de ce piège sensuel :
« Ne… »
Sa voix vibrante lui fit perdre toute crédulité, mais il continua, faiblement :
« Ne me touche pas. »
Non ! Fye ne pouvait pas se laisser manipuler par des sentiments inexistants. Il ne pouvait pas fermer les yeux et se laisser appâter par un amour idyllique !
« Non… ! » grinça-il en écho à ses pensées. « Ne me touche pas ! »
Mais cet avertissement ne rebuta pas la déclaration du politicien qui continua d'un ton plus possessif, en glissant ses doigts dans ses cheveux blonds :
« Je t'aime et je sais que toi aussi. »
Cette vérité frappa si fort le majordome que la colère s'empara de lui à une vitesse qui le fit bondir. Il repoussa la main de Kurogané d'un geste violent et recula de plusieurs pas, le regard assombri et la voix rauque :
« Arrête ça! Ne me touche plus JAMAIS ! »
Cette fois, Kurogané ne rétorqua pas. Il resta là, ému, brisé, impuissant face au courroux de celui qui fut son amant.
« Pourquoi tu me dis ces choses là… glapit ce dernier. Est-ce que tu m'as séduit pour ne pas que je m'échappe ? Pour que j'accepte de témoigner pour toi le moment voulu? Tu pensais vraiment que tu allais acheter mon passé en me baisant ? »
Quoi ? S'ébroua intérieurement le brun. C'était donc comme ça qu'il interprétait la vérité ? Comme un vulgaire trafic de preuve contre de la prostitution ?
« Il n'a jamais été question de t'amadouer, de t'acheter et encore moins de coucher avec toi. » Se défendit-il. « J'ai trop de respect pour toi pour oser te posséder de cette manière… »
« Alors c'était quoi pour toi hier? Un moyen d'abuser de ton droit d'autorité totalitaire et despotique sur moi ?»
« C'était un aveu. Que je ne pouvais plus contenir depuis que j'ai pris conscience de mes sentiments pour toi. »
La bouche de Fye se tordit, et Kurogané crut y lire un rictus douloureux.
« Sentiments… »
Il riait presque quand il répéta ce mot, mais le brun était persuadé de voir ces yeux étinceler, des petites larmes retenues humidifiant ses prunelles.
« Comment un homme qui achète les malheurs d'autrui sans remords peut-il prétendre avoir des sentiments ? »
C'est grâce à toi, Fye. Tu m'as tellement changé…
« Je n'en suis pas sûr. Je ne sais même pas comment mettre un mot sur ce fouillis d'émotions. »
C'est intense, vital, et destructeur à la fois. C'est impossible à retranscrire, j'ai juste besoin de dire l'essentiel…
« Je sais juste que je te veux, toi et personne d'autre. Et si tu t'en vas, tout sera fini pour moi.»
Il avait l'impression d'essayer de gagner du temps plus que de l'acceptation. Au fond de lui, une litanie grinçant dans ses entrailles lui disait que tout prendrait fin, maintenant. Ca le déchirait, ça faisait mal. Et tous ses pouvoirs, son rang, et son nom n'y ferait rien.
Parce que je suis un salaud. Tu l'as trop bien deviné et maintenant que tu sais que tu aimais un vrai connard tu ne peux rien faire d'autre que de t'éloigner.
C'était interdit qu'il regarda Fye se saisir de nouveau de son sac, peu enclin à poursuivre ce plaidoyer inutile.
« Fye tu me l'as dit … »
Kurogané se raccrochait gauchement à tous les signes qui pourraient le maintenir à lui.
« Oui je t'ai dit que j'étais amoureux. Murmura-t-il. Sauvagement amoureux de l'homme qui m'a regardé pour la première fois comme son semblable, qui m'a sauvé, qui m'a offert de l'amour propre. Cet homme qui m'a séduit chaque jour par sa maladresse, ses attentions, et sa détermination. Je suis amoureux de l'homme que j'ai embrassé hier dans ce salon, qui m'a fait l'amour dans sa chambre, à qui j'ai offert mon corps tout entier sans le moindre doute. Mais cet homme ce n'est pas TOI ! Ca n'a jamais été toi, ce n'était qu'une putain d'illusion que tu me faisais miroiter pour m'amadouer ! »
L'esprit de Kurogané dérailla. Malgré cette haine, il avait une soudaine envie de faire des choses totalement stupides. Il n'arrêtait pas de penser aux lèvres de Fye, il voulait l'embrasser et le ramener à la réalité. Il voulait balancer le sac par la fenêtre, et se demander s'il pourrait s'y jeter avec.
« Tu m'as tout pris, Kurogané. » La voix de Fye n'était qu'un sanglot maintenant. Il pleurait. « Ma vengeance, ma rédemption et mon amour. Tu m'as menti pendant 4 années. Comment je peux te faire confiance, maintenant ? »
Voila, c'était un fait. Fye partait. Il reprenait tout et s'en allait. Il reprenait son sourire juvénile, son regard perdu, ses baisers timides, son amour enflammé, son corps parfait… leur temps partagé, leurs secrets inavoués, les années les plus extraordinaires de Kurogané. Dans un vulgaire sac. Il partait.
« Tu n'imagines pas a que point JE TE HAIS de m'avoir fait ça ! »
A cet instant, Kurogané avait l'impression que son corps était un amas d'argile. Friable, asséché, il se fissurait lentement et il n'aspirait qu'à s'écrouler en milliers de débris sur son plancher. La douleur de ces mots était tellement physique que ça le déchirait. Son crâne se fendait, il perdait lentement conscience. Son cœur explosait et faisait péter tous ses organes. C'était atrocement douloureux. Il n'y survivrait pas très longtemps. Il n'y avait plus d'amour, plus de passion maintenant. Il était vaincu par la noirceur du mensonge, et il n'avait rien d'autre à ajouter. C'est d'une voix ferme, et totalement neutre qu'il finit la conversation :
« Va-t'en alors. »
Mais chaque éclat de parole lui lacéra la gorge, transformant les mots en gémissements rauques. C'était un raclement amer et violent. Mais il continua :
« Si tu ne crois plus en moi, si je ne peux rien dire pour te retenir, tu peux t'en aller. »
Fye avait le regard suspendu, entre surprise et appréhension, hésitant à prendre au pied de la lettre cette demande d'émancipation. Qu'il en soit ainsi. S'il ne lui avait pas laissé le choix de le garder ici, il pouvait au moins lui laisser le droit de partir.
« Tu es libre. »
Les yeux de Fye papillonnèrent tandis que les dernières larmes coulaient, mais ses lèvres muettes n'exprimèrent aucune contestation.
Il remit son sac sur son épaule, et tourna le dos à Kurogané, marchant précipitamment vers la sortie. Sans un dernier regard, sans une dernière parole, il ouvrit la porte. Kurogané ne chercha même plus à le retenir, conscient qu'il essuierait un énième échec, et il le regarda, impuissant et désarmé, disparaitre dans le couloir.
Fye il y a quelques minutes je jurais que je ne laisserais plus rien me séparer de toi, qu'il faudrait m'arracher le cœur pour cela.
Mais pouvais-je prévoir que ce serait toi qui me l'enlèverais?
La porte claqua, et pour Kurogané c'était égal au bruit sourd d'une balle à bout portant.
Il voulut mourir ce jour là. Une partie de lui avait disparue avec Fye, et il savait qu'il ne serait plus jamais comme avant. S'il avait pris conscience que Fye l'avait changé en être humain capable d'émotions, il sut dorénavant que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne redevienne le roc insensible qu'il avait été tout ce temps. Et sa déchéance ne serait que lenteur, torture et douleur.
A cette désolante perspective, ses jambes le lâchèrent, il s'affala fébrilement dans son fauteuil, et attendit de crever.
Oh que c'est joyeux ! Que de belles choses en perspective: à suivre avec les tergiversations déprimantes de Kuro, une re-décoration originale de son appart, et, alors que tout semble aller au plus mal, un projet oublié refait surface. (moi et mon talent inexistant pour les résumés on accepte d'aller se faire voir :p!)
Pour ceux qui d'ores et déjà, en vue de toutes les péripéties néfaste que je présage, ne voudrais plus lire cette fic, je me permets d'annoncer qu'il s'agira d'un HAPPY END ! (et oui ca m'arrive !) Mais un BIG happy end, du level de Stephenie Meyer, un happy end intergalactique, du genre de ceux qui éradiquent même la faim dans le monde et les conflits en Syrie. Voila :)
