Coucou vous !

Pour commencer en un mot : WHAOU !

Vous êtes les meilleures lectrices du monde entier. Le dernier chapitre a été sacrément bien apprécié, vous avez toutes étaient ravies qu'Edward avoue (ENFIN) ses sentiments. Tanya a provoqué des ondes de colère indescriptibles. Bref, génial quoi ! Mon petit coup de gueule à eu son petit effet, et j'ai reçu 40 reviews pour un chapitre (un record personnel !). Merci tout simplement et ne lâchez pas, j'aime avoir vos avis, partagez avec vous, et je sais que la vie est courte, que c'est "chiant et long" de poster un petit commentaire mais s'il-vous-plait continuez ainsi !

Je tiens à faire quelques précisions : Collin n'est pas le "vrai" fils d'Edward au contraire d'Emily (voir chap. 1)

Je remercie mon adorable correctrice qui a pris le temps de corriger ce chapitre. Sachez que le suivant est fini aussi, donc tout roule !

Ce nouveau chapitre annonce un tournant important pour nos deux héros, et je sens que vous allez de nouveau hurler ! L'intrigue se met en place, doucement...mais sûrement !

Bonne lecture ! Enjoy !


Avoir le cœur brisé (expression) : Ressentir un chagrin extrême après avoir été abandonné par l'être qu'on aimait.

La définition du dictionnaire ne rendait pas justice à la réalité de l'expression. Un chagrin extrême ? Je dirais plutôt une impression de mourir sur place, une sensation de trahison et peut-être aussi un profond vide intérieur. Le syndrome du cœur brisé, piétiné, arraché, déchiqueté et broyé. Un sentiment connu par tout le monde, vécu par certains et redouté par d'autres.

Pas n'avais jamais songé à cela. Sûrement parce que je n'avais jamais vraiment aimé sincèrement quelqu'un… Maintenant ce n'était plus le cas. On vous met assez en garde contre ça dans les livres, les bons romans drames d'amour ou les bons films et séries américaines en tout genre. Mais à dire vrai, c'est bien en dessous de la réalité. C'est simplement inexplicable alors je me contenterai d'un seul mot : souffrance. J'étais plongée dans la souffrance depuis cinq jours, et je ne pensais pas m'en relever de si tôt. A la question peut-on recoller un cœur brisé, et peut-il pardonner ou recommencer à aimer même après avoir tout encaissé et même s'il a été gravement blessé, je vous réponds : FOUTREMENT NON.

- « Tu as une mine affreuse. » me lança mon amie, ses lunettes Dior sur le nez. Rosalie la suivait chargée d'un panier en osier. Collin et Emily arrivèrent en courant, pour embrasser « Tata Rose » et « Tata Ali ». Ils adoraient mes amies et elles le leur rendaient bien. J'eus un petit sourire, le premier en cinq jours. J'avais été négligente avec eux depuis l'autre soir. J'étais désagréable, amère et peu attentionnée. Je me promis mentalement de m'en excuser auprès d'eux.

- « Lève-toi, je vais mettre une couverture. Il est hors de question que j'abîme mon jean. » s'offusqua Alice

J'obéis docilement. Chaque muscle ou articulation de mon corps me faisait atrocement souffrir. A vrai dire, l'ancienne Bella aurait pensé à son jean, mais désormais je n'en avais rien à faire de me tâcher. Collin et Emily jouaient à quelques mètres. Le petit garçon soufflait dans l'anneau en plastique recouvert de savon ce qui provoquait une vague de bulles, et Emily leur courrait après émerveillée et à la fois frustrée de ne pas pouvoir les toucher. Je les observai un moment avant de replacer mon visage yeux fermés face au soleil. Je profitai des derniers rayons de soleil, qui chauffaient ma peau. C'était ma première vraie sortie depuis cette fameuse nuit où tout avait basculé.

- « Ça va Bella ? » s'enquit doucement Rosalie

- « Doucement… » répondis-je avec un faible sourire.

Je gardai ma position sans regarder mes amies, pour ne pas croiser leurs regards inquiets. Celui que je voyais depuis qu'elle m'avait retrouvé prostrée, en pleurs, devant leur porte. Celui qu'elles avaient eu toute la soirée, celui qu'elles avaient depuis cinq jours. Je n'étais pas d'humeur à faire semblant, tout était trop proche. Mes blessures n'avaient pas encore cicatrisées, il faudrait du temps…

- « Tu veux boire quelque chose ? Nous avons le choix bière ou vin? » proposa Alice

- « Non merci je conduis et je préfère être prudente avec les enfants. » fis-je

- « Oh oui désolé. »

Je rouvris les yeux pour surveiller d'un œil les deux bambins. Ils étaient superbes. Comme leurs parents, songeai-je. Cette pensée provoqua une onde de douleur, je la clouai donc rapidement. Nous passâmes la fin de soirée à parler de choses anodines. Nous mangeâmes tous ensemble et les enfants rirent aux blagues d'Alice, jouèrent avec Rosalie. Nous reprîmes la route de la villa peu avant 20 heures. J'embrassai mes amies en leur promettant de les appeler. Je les adorais encore plus que d'habitude car elles avaient respecté ma peine et mon état pathétique sans évoquer l'affaire ni fait de remarques sur mon absence de maquillage qui laissait mes cernes violettes à la vue de tous. Elle n'avait pas commenté ma tenue. Et surtout, elles avaient fait attention à chacun de leurs mots pour m'éviter une peine supplémentaire. Je ne pouvais que les adorer pour ça.

Le trajet se fit en silence et je constatai que les deux enfants dormaient à poings fermés en arrivant. La soirée leur avait plu, et je souris en les voyant ronfler paisiblement. En arrivant à la maison, je dus réveiller Collin ne pouvant porter les deux enfants. Je franchis la porte chargée d'Emily. Il se trouvait sur le divan face à la télévision. À notre entrée, il se leva immédiatement pour refermer la porte derrière moi.

- « Je vais la prendre. » proposa-t'il

Je ne protestai pas, ne répondit pas. Il glissa ses bras sous les miens-notre premier contact en cinq jours- et je m'éloignai rapidement à son contact. Ses yeux cherchèrent les miens, mais je l'ignorai. Trop de pardon y était ancré. J'attrapai la menotte de Collin et le conduisit dans sa chambre pour l'aider à se changer. Une fois qu'il fut au lit, je partis sur la pointe des pieds dans la chambre d'Emily où Edward la changeait en s'évertuant à ne pas la réveiller. J'attendis qu'il ait fini, puis allumai la veilleuse et embrassai sa tête endormie avant de quitter la chambre sans bruit. Il sortit à son tour quand j'atteignis le pas de ma porte, ma zone de repli.

- « Bella, comment vas-tu ? » demanda-t'il en chuchotant faiblement

Je me figeai, surprise. Il ne m'avait pas adressé la parole-je l'en remerciai d'ailleurs- n'ayant pas besoin de sa pitié ni de ses excuses et attentions. Il fallait que je l'oublie et je ne pouvais pas le faire s'il m'adressait sans cesse la parole. Toute la haine que j'avais envers lui remonta à la surface. Je continuai mon chemin sans me retourner pour m'engouffrer dans ma chambre.

Le samedi, je rejoignis le centre-ville à la demande de Jane pour l'aider à installer sa nouvelle galerie. Elle avait réussi à trouver un petit local pas trop cher d'après ce qu'elle m'avait annoncé afin d'y exposer ses photos. Son rêve se concrétisait. Je n'avais pu me résoudre à lui annoncer nos histoires à son frère et moi au téléphone, et j'avais donc fait un effort physique pour ne pas l'alerter. Je voulais prendre du temps pour lui expliquer la situation et éviter de lui gâcher son moment. Nous avions donc tous été réquisitionnés à sa demande pour l'aider à s'installer, nettoyer le local et préparer la soirée d'ouverture prévue pour la semaine d'après. J'avais enfilé une vieille paire de Converse et un jean troué avant de me rendre dans le lieu qu'elle m'avait indiqué.

Je poussai la porte en verre, émerveillée par le charme du lieu. Je fis le tour de l'endroit en admirant l'originalité qu'il dégageait. Je tombai sur Jasper et Emmett vautrés sur un vieux canapé vert, mangeant des chips. Alice et Rosalie discutaient ou plutôt se disputaient sur une palette de couleurs. Jane apparue, radieuse. Elle lança un bref regard désapprobateur aux garçons, qui s'empiffraient et courut me faire la bise.

- « Alors tu en penses quoi ? » s'écria Jane

- « C'est génial, j'adore ! »

- « C'est vrai ? J'ai eu ça pour une misère ! » ajouta-t'elle avec un sourire satisfait

- « Tu l'as acheté ? »

- « Absolument. »

- « Ché génial, on aurash un endroich pour trainerch. » s'exclama Emmett avec un sourire.

- « Rêve mon petit Emmett. »

Je ris face à la mine décomposée d'Emmett. Alec revint charger de deux pots de peintures blanches.

- « Il faudrait...que quelqu'un...aille prendre...l'autre...pot. » souffla-t'il comme un bœuf

Personne ne bougea, et Rosalie qui avait arrêté de se prendre la tête avec Alice, lança un bref regard à Emmett qui finit par se lever pour y aller. Jane noua ses cheveux sur lesquels elle ajouta un bandana rouge et nous l'imitâmes. Nous prîmes tous un rouleau pour commencer à repeindre les différents mûrs. Jane avait opté pour des murs blancs, ce qui avait déçu Alice qui voyait quelque chose de plus fun tandis que Rosalie aurait voulu du rouge. Nous étions en train de rire et de nous amuser quand la porte d'entrée tinta. Edward apparut un léger sourire aux lèvres. Tout le monde stoppa net ses mouvements, la tension parut augmenter d'un cran tandis que Jane ne remarqua rien.

- « Désolé, je suis en retard. » marmonna-t'il

- « Ah parce qu'il est invité lui aussi ? » s'écria Rosalie

- « Oui, c'est mon frère et il a souhaité participer. Ne commence pas Rosalie. » accusa Jane

- « Est-ce que au moins tu sais ce que… » renchérit Rose

- « Rosalie, c'est bon. » tranchai-je, d'un ton sec

- « Mais Bella ! » s'énerva-t'elle

- « Tais-toi. » la suppliai-je, en lui lançant un regard profond

Jane me sourit pour me remercier de mon soutien. Je repris mon activité en tentant d'oublier sa présence. Personne ne broncha plus, l'ambiance avait viré carrément au gelée. Tous étaient au courant de la situation sauf Jane et Alec. Nous finîmes de repeindre toute la pièce. Emmett proposa à Edward de l'accompagner chercher à manger, tandis que nous étions tous avachis sur le canapé.

Ils revinrent quelques minutes plus tard. Emmett apparut le premier, les bras chargés de pizza. Je ne pus m'empêcher de chercher Edward qui ne le suivait pas. Jane s'aperçut aussi de cette absence.

- « Où es mon frère ? » s'étonna Jane

- « J'sais pas. Il me suivait pourtant. » dit nonchalamment Emmett

Deux minutes plus tard, Edward apparut. Il semblait déboussolé. Je ne remarquai pas directement l'entaille qui saignait légèrement sur son arcade sourcilière, ni même sa lèvre gonflée et violette. En faite, je n'avais osé le regarder en face depuis longtemps. Mais les cris de Jane et Alice me surprirent. Elles accoururent vers lui pour l'obliger à s'asseoir. Alice examina les dégâts, tandis que Jane s'impatientait derrière elle en tournant en rond. Elle stoppa net pour observer Emmett.

- « Que s'est-il passé ?! » vociféra-t'elle

- « Pourquoi est-il dans cet état ?! » reprit-elle en hurlant

Jane s'adressait à Emmett, qui engouffrait une part de pizza sans se soucier de l'affaire. Rosalie se trouvait à ses cotés, elle ne semblait pas très compatissante.

- « J'ai eu une altercation. » souffla Edward

- « Avec qui bon sang ? » s'énerva Jane.

- « Un petit voleur qui a essayé de me piquer mon portefeuille. » expliqua-t'il doucement

Edward avait dit ça après quelques secondes de silence. Un regard intense s'échangea entre les deux hommes. Nous l'avions tous remarqué. Sauf Jane.

- « Et toi, pourquoi tu ne l'as pas défendu ? » Jane était à bout de nerfs. Je posai une main sur son épaule pour la calmer. Emmett ne répondit pas. Il engloutissait une énorme part de pizza.

- « Il n'était pas là. » décréta-t'il

- « Tu lui as mis une raclée j'espère ? » demanda sa soeur

- « Non. » avoua-t'il

- « Tu vas porter plainte au moins ? »

- « Laisse tomber Jane. » dit Edward

Alice proposa d'aller récupérer des soins de première urgence chez elle. Jasper l'accompagna. Rosalie et Emmett mangeaient tous les deux sans s'occuper de nous. Jane resta auprès d'Edward tandis qu'Alec tentait de la rassurer. Je m'approchai d'Emmett il ne croisa pas mon regard, et fit mine d'être absorbé par le décor.

- « Je peux te parler un instant ? » murmurai-je

- « Je t'écoute. »

- « Seuls, dehors. » annonçai-je

- « Ok. »

Il se leva d'un mouvement pour me suivre devant la boutique. Je me retournai furieuse.

- « C'est toi qui a fait ça ? » fis-je hors de moi

- « De quoi tu parles ? »

- « Edward ! » criai-je, agacée

- « Il l'a dit, il s'est fait agressé. Je n'y suis pour rien. » mentit-il

- « Emmett, ne me prend pas pour une idiote. » l'avertis-je

Il lança un regard à l'intérieur.

- « Alors ? » le questionnai-je de nouveau

- « Rosalie m'a raconté ce qu'il t'avait fait. Elle était furieuse. Elle s'en veut beaucoup de t'avoir poussé à coucher avec lui. Tu souffres et elle ne supporte pas de te voir dans cet état et d'être impuissante. Elle m'a dit qu'une petite correction ne lui ferait pas de mal. » confessa-t'il sans sourciller

- « Continu ! » l'encourageai-je

- « Écoute Bells, tu es la meilleure amie de Rose,la femme que je vais épouser et que j'aime. Quand tu souffres, elle souffre et je souffre. Je t'apprécie et je dois dire que je te devais bien ça. Quand je t'ai vu, ne le prends pas mal surtout, j'ai eu de la peine pour toi. Et il m'a parlé de toi…dans la voiture. J'ai pété un câble, et j'ai donné à cet enfoiré ce qu'il méritait. » assura-Emmett

- « Emmett, c'est un très bonne intention… Mais tu n'aurais pas dû… Je sais qu'en ce moment je ne suis pas au mieux de ma forme, mais j'essaie de remonter la pente, et je suis désolée si Rosalie en a souffert. »

- « D'accord. »

Il me prit dans ses bras, et je pleurai pendant une minute. Après m'avoir réconforté, il attendit que je sèche mes larmes pour entrer.

- « Emmett ? » chuchotai-je.

- « Qu'a-t-il dit ? » repris-je

- « Rien il s'est laissé faire. Il m'a même remercié. » pouffa-t'il

- « Non je ne parle pas de ça… Qu'a-t-il demandé pour parler de moi ?»

- « Il voulait savoir si tu t'en remettais. » lâcha-t'il

- « Je vois…Merci. »

Nous reprîmes nos places sous les regards inquisiteurs d'Edward, Jane, Alec et Rosalie. Alice finit par revenir avec le nécessaire et Jane s'occupa d'Edward. Nous passâmes l'après-midi ensemble, à rire, et tout finir.

Nous décidâmes de finir la soirée dans le bar du coin et Edward déclina prétextant une migraine mais je songeais que le regard d'Emmett l'en avait dissuadé. Il rentra les épaules basses et pour la première fois je le plaignais. Le bar était bondé et nous restâmes juste le temps de boire un verre. Je rentrai directement après, épuisée par la journée. J'avais en dépit de tout passé une agréable soirée. Le geste d'Emmett m'avait aussi bien bouleversé, attristé que soulagé. Malheureusement, je n'étais pas sortie de ma souffrance et je me promis de faire un effort dorénavant pour mes amies, et pour moi-même. Je ne pouvais pas rester brisée ainsi trop longtemps.

La maison était calme quand je rentrai. Tanya était assise à la table du séjour, où elle sirotait du vin en écoutant de la musique classique. Je reconnus l'air de Debussy que mon père adorait. Cette pensée me ramena à de lointains souvenirs. Elle pianotait sur un Ipad, tandis que les enfants regardaient Peter Pan. Je les embrassai rapidement et décidai de monter. Après avoir rejoint mon lit, et décidé qu'il n'était pas trop tard pour un appel je composai son numéro.

- « Bella chérie ! » s'exclama mon père, ravi

- « Papa… » bredouillai-je

- « Comment vas-tu ? »

- « Couci-couça. Et t-toi ? » répondis-je

Ma voix se brisa et je tentai de retenir un énorme sanglot. J'étais redevenue la petite fille fragile. Mon cœur était brisé et parler à mon père me soulageait.

- « Ma petite fille a un gros chagrin… » constata-t'il

J'eus un léger rire. A chacun de mes pleurs, cette phrase sortait presque sans qu'il s'en rende compte.

- « Non, tout va bien. Je suis juste très fatiguée… » piaillai-je, d'une petite voix

- « Tu es sûre ? » s'inquiéta mon père

- « Oui, papa. » assurai-je

- « Et ton travail ? » questionna Charlie

- « Aussi. »

- « Tu voulais quelque chose de spécial peut-être ? De l'argent ? » proposa-t'il

- « Non papa, juste entendre ta voix…j'en avais besoin ce soir. »

- « Tu sais quoi chérie ? Allonge-toi dans ton lit, je vais rester avec toi jusqu'à ce que tu dormes. » décida-t'il

- « D'accord. Merci. »

Le silence se fit entendre. Je m'assoupissai de secondes en seconde, la respiration de mon père suffisant à me calmer.

- « Papa ? » couinai-je.

- « Je suis là… » me berça-t'il

- « Je suis désolée…de ne pas t'appeler plus souvent. » m'excusai-je

- « Ne te soucis pas de ça…Dors ma petite fille chérie. »

Je m'endormis quelques minutes plus tard apaisée. Malheureusement, mes rêves étaient hantés par les mêmes visions, les mêmes images qui tournaient en boucle et me faisait horriblement mal. Je n'arrivais plus à dormir, je me réveillais en sursaut tous les soirs…C'était les mêmes choses horribles, lui, ses yeux verts incandescents, ses mains douces, et sa bouche si parfaite. Il embrassait, cajoler, et faisait l'amour à un corps…celui d'une autre.

FLASH-BACK

- « Écoute, c'est simple…C'est elle ou moi ! Tanya sait tout ! Elle a réussi à nous séparer une fois, il faut que tu choisisses. Je comprends que ça soit dur, mais si tu veux être avec moi c'est ma condition. »

Après avoir lâché ma remarque, je retins mon souffle. Edward parut gêné puis sa main s'empara de la mienne, il me pressa doucement puis fortement. Sa tête était baissée, ses yeux fermés. Que se passait-il ? Il y avait à peine quelques minutes, nous étions fous de joie… Une panique incontrôlable s'empara de moi…

- « Edward ? » chuchotai-je.

- « Je t'aime Bella, tu le sais ? »

- « Oui, tu me l'as dis. Moi aussi je t'aime. »

- « Je suis désolé, j'ai fais quelque chose de mal, je ne me le pardonnerai jamais. » avoua-t'il, d'un coup

- « Quoi ? Mais de quoi parles-tu ? Tu me fais peur. » m'écriai-je, paniquée

- « Je t'ai menti…Depuis tout ce temps…J'ai couché avec Tanya. Deux fois. » lâcha Edward

Mes épaules s'affaissèrent sous le poids du chagrin, j'avais l'impression que mon cœur battait fort, trop fort, comme pour sortir de ma cage thoracique. Les larmes roulèrent sur mes joues. incontrôlables. Furieuses. Mon cœur était compressé, j'avais mal, je suffoquai littéralement. Mes ongles étaient plantés dans le couvre lit et je tentai de m'y tenir comme un naufragé à son radeau. J'allais couler, je coulai. L'eau m'engloutissait, au fur et à mesure. Il lui avait fait l'amour, l'avait touché, embrassé…

- « C'était le weekend où je suis partis avec elle. Nous nous étions engueulé la veille Bella, j'étais énervé contre le monde entier, j'ai voulu te faire souffrir autant que les mots que tu m'as dis. Elle était là, elle n'attendait que ça, elle-elle s'est jetée sur moi. Je ne me suis jamais senti aussi minable de ma vie. Je savais que je faisais une connerie, mais tu m'avais blessé Bella… » confessa-t'il, d'une voix brisée

- « POURQUOI ? » hurlai-je

Il ne répondit pas.

- « Pourquoi ne pas me l'avoir dit avant ? » repris-je

Je n'avais jamais haussé le ton de cette façon là, Edward fut surpris. Je tremblai de colère, et de chagrin.

- « Je n'ai pas trouvé la force, je ne voulais pas te blesser. Quand je suis rentrée ce soir là, tu étais mal en point, je n'ai pas voulu tout aggraver. J'ai cru pouvoir tout oublier, revenir en arrière mais je n'ai pas été honnête… Je m'en veux depuis tout ce temps. J'ai voulu te l'avouer, j'étais prêt à le faire mais tu n'es jamais venu à l'hôtel. » poursuivit-il

- « Tu m'as laissé tout ce temps croire que c'était possible, qu'il fallait attendre, que tu finirais par m'aimer. Mais c'était déjà finit. Je me suis excusée pour les mots que je t'avais dis, j'ai culpabilisé, pleuré, et je m'en suis tellement voulue. Pendant que tu faisais l'amour à une autre…» m'étranglai-je

- « Je suis désolé…J'aurai du rester avec toi…Si tu savais comme je m'en veux. »

- « Tu as eu des tas d'occasions de me l'avouer… Tu n'es qu'un lâche … » lui crachai-je

Il encaissa mes paroles sans rien dire. Ma main me démangeait. Je me levai brusquement, il fallait que je sorte de cette chambre. Il se leva à ma suite, paniqué. « Je n'aurai jamais cru qu'un jour quelqu'un puisse me faire si mal… » murmurai-je presque pour moi-même.

- « Je t'aime Bella, je n'ai jamais voulu te faire ça » m'assura-t'il

Je stoppai net mes mouvements, ses paroles furent de trop. Je me retournai pour lui asséner une gifle magistrale. Elle claqua fortement. Sa joue devint légèrement rouge.

- « Comment oses-tu ? Tu viens de perdre le droit de prononcer ces mots. » m'ugis-je

Je me retournai pour sortir de sa chambre. En sortant de la chambre je lui adressai mes dernières pensées, mes derniers mots. J'avais fini de perdre mon temps avec lui…

- « J'aurai voulu ne jamais te rencontrer… » regrettai-je

Et sans lui adresser un regard, je partis en claquant la porte. Quelque chose en moi se fissura. La volonté que j'avais dans sa chambre s'envola et je finis en larmes dans le couloir, aveuglée, ne pouvant plus bouger. C'était donc ça, il ne m'avait jamais aimé, il s'était payé ma tête. Et moi, qui avais accepté tout. La solution s'imposa à moi, après avoir reprit le contrôle, je rejoignis ma voiture et conduisis jusque chez Rose et Alice. Arrivée chez elles, je sonnai sans obtenir de réponse. Elles étaient encore en boite. Je me laissai tomber par terre, la tête contre le mur et pleurai toutes les larmes de mon corps.

Le temps défilait et les images derrières mes yeux aussi. Edward avec Tanya. Ses lèvres sur sa bouche, sur son corps. Son souffle dans son cou. Et l'image d'Edward quand il était revenu, son regard sur moi, ses paroles…Un haut le cœur me prit et je dus me retenir de vomir devant la porte d'entrée. Le temps passa, je ne pus dire combien de temps après, elles arrivèrent, tout sourire au bras d'Emmett et Jasper. Alice m'aperçut la première, en un éclair elle fut à mon coté, délaissant le bras de Jasper. Rosalie comprit la situation et congédia les garçons pour nous laisser une intimité. J'entrai dans l'appartement avant de me laisser tomber sur le canapé. Les filles étaient derrière moi. Les regards compatissants de mes meilleures amies, rouvrirent les vannes de larmes. Alice s'installa près de moi pour me cajoler et me bercer doucement en répétant des « chut » et des « ça va aller ». Rosalie fit couler du café et vint se mettre de l'autre coté de moi. Un long moment passa, puis Alice m'allongea sur ses genoux où je finis par m'endormir, lasse. Je me réveillai déboussolée. L'espace d'un instant, j'espérai que tout ça ne soit qu'un terrible cauchemar mais les yeux inquiets de mes amies m'apprirent le contraire. Je me relevai pour me mettre en position assise.

- « Tu veux en parler… » me proposa mon amie

- « C'est Ed-ward. » ma voix se brisa.

- « Il…Il a couché avec elle… » leur révélai-je

- « Je vais le buter ! Je jure que… » meugla Rosalie

- « Calme-toi Rose, explique-toi Bella… » souffla Alice

- « Il m'a avoué ce soir que pendant son voyage avec elle, ils ont fait l'amour. Alors que quand il est revenu il n'a rien dit ! Il a affirmé devant moi, droit dans mes yeux, qu'il voulait n'être qu'avec moi, que notre relation était exclusive. Et comme si ça ne suffisait pas, il m'a redit qu'il m'aimait… » continuai-je

- « Quel connard ! » jura-Rose

- « Ma pauvre Bella, je suis désolée…Ça va aller, t'en fais pas… » me rassura Alice

- « Je ne sais plus où j'en suis… J'en peux plus… » lançai-je, anéantie

- « Quitte ce travail. Tu trouveras autre chose de beaucoup mieux, et tu n'auras plus à le voir… » proposa Rosalie

- « Rosalie, tu es folle. Bella a eu un mal de chien à trouver ce job ! Il est bien payé, les enfants sont attachés à elle. Elle ne peut pas faire ça… » contesta mon autre amie

- « Je sais… Mais elle ne va pas s'infliger la vue de cet imbécile pour le restant de sa vie… » persifla-t'elle

- « Non, elle va passer à autre chose pas vrai ma belle ? » m'avisa Alice

- « J'espère… Le pire c'est que je l'aime encore, malgré tout… »

- « C'est normal, ça passera, on est là, ne t'en fais plus. » me cajola-t'elle

Je passai la soirée chez elles à pleurer sur mon sort, bouleversée. Mes amies me proposèrent de dormir chez elles pour la soirée, m'épargnant ma chambre de bonne. Mon téléphone vibrait sans cesse aux sms et appels d'Edward. Je l'éteignis agacée dans le cours de la journée de Dimanche. Rosalie fit l'effort de me laisser son lit et se coucha au salon. Je pus m'autoriser encore quelques larmes seule dans le noir. Le dimanche s'étira, et nous passâmes la journée devant la télévision, sans rien dire de plus. Tout tournait dans ma tête, et je n'étais même plus sûre de pouvoir rester sous le même toit qu'eux deux sans vomir ou pleurer. Malheureusement, le dimanche soir, je dus rentrer à la villa une boule au ventre.

La semaine se passa lentement et machinalement. Réveil, travail, et pleurs étaient devenus mon rythme quotidien. Je ne faisais aucun effort pour être agréable aux enfants, et je m'en voulais d'ailleurs beaucoup. Je dus faire face aux appels incessants de mes amies qui demandaient de mes nouvelles, même si mon cœur n'était pas à la discussion. Je pleurais tous les soirs dans mon lit, et je percevais à chaque fois son regard posé sur moi. J'aimerai dire que je l'avais totalement oublié, malheureusement ce n'était pas le cas. Je l'aimais totalement, follement et irrévocablement. Je priais pour que ce sentiment s'efface au fil du temps. J'étais donc toujours accro et j'avais sans cesse l'impression d'étouffer, son absence me brisait le cœur. Je haïssais Edward Cullen presque autant que je l'aimais. Il m'adressait des regards chargés de remords que je faisais semblant de ne pas voir. Ses traits étaient tirés, des cernes entouraient ses yeux et sa barbe mangeait la peau de son visage. Même ses cheveux qui d'habitude rayonnaient, étaient ternes. Une ombre voilait ses yeux d'ordinaire lumineux. Je ne prenais plus part au repas de « famille », je me dégoutais. Pire que sa perte, c'est la mauvaise opinion de moi-même qui me surpris. Je me faisais horreur, d'être une briseuse de couple, d'avoir laissé les choses se passer. Les remords me maintenaient éveillée tous les jours, je n'arrivai plus à manger, et mes jeans devinrent légèrement moins saillants. J'avais perdue une part de moi-même, que je savais ne jamais retrouver. Edward ne tenta aucun mouvement envers moi, et je l'en remerciai.

Un soir après avoir couché les petits et prit une bonne douche brûlante, j'entrecroisai Tanya dans le couloir en sortant de la salle de bain. Elle m'adressa un sourire satisfait avant de continuer son chemin. Tanya rayonnait depuis quelques temps, notre distance avait du l'informer sur notre rupture. Elle toqua deux coups énergiques à la porte d'Edward qui apparut, en boxer sur le pas de la porte. Je me cachai derrière la porte de ma chambre entrouverte. Je savais que c'était mal, mais je m'en fichais…

- « J'aimerai qu'on parle. Je peux entrer. » dit Tanya d'un ton charmeur.

Je n'entendis pas la réponse d'Edward, et j'attendis deux secondes pour laisser le temps à Tanya d'entrer avant de passer ma tête par l'entrebâillement pour avoir une vision du couloir. Edward se trouvait sur le seuil de sa chambre, le regard fixé sur la porte de la mienne. Il m'aperçut et m'adressa un long regard. Il s'effaça ensuite dans sa chambre et la porte se referma. Les larmes inondèrent mes yeux, un sanglot finit de m'achever et je me laissai tomber à genoux dans ma chambre sous le pois du chagrin. Je tendis l'oreille malgré mes pleurs,et la porte s'ouvrit plus tard. Les pas lourds de Tanya se firent entendre.

Je m'endormis quelques minutes plus tard. Une caresse sur mon épaule dénudée me tira de mes rêves. Edward était penché sur moi, les yeux voilés, et la bouche entrouverte. Son haleine me provoqua un frisson, son odeur était totalement excitante. Il s'assit sur le bord de mon lit précipitamment, pendant que je refaisais surface. Il prit sa tête dans ses mains, à bout de nerfs.

- « Je suis tellement désolé Isabella. De tout. Je n'ai pas pu t'offrir le genre de relation dont tu voulais, ni être le genre d'homme qui te mérite, et par-dessus tout je t'ai fait souffrir. » gémit-il

Sa voix s'étrangla et je compris qu'il pleurait. Je dois dire que je n'avais jamais vu aucun homme pleurer. J'avais toujours hurlé de rire à ce genre de comportement de la part d'un homme. Mais maintenant, Edward ne me faisait pas rire du tout. Je voyais une nouvelle facette de lui plus humaine et vulnérable. J'aimais ça, je l'aimais… Mais il m'avait blessé au delà du possible.

- « J'aimerai tout arranger, je sais que c'est possible…Si tu me donnes une seconde chance, je ferai tout pour la saisir. Dis-moi que c'est possible. » me supplia-t'il

- « Non je suis désolée, c'est finit Edward. Tu m'as blessé, et menti alors qu'il aurait été beaucoup plus simple de me l'avouer dès ton retour… » répondis-je enfin

- « Je sais, mais je ne lâcherai pas Bella. Je vais me rattraper, récupérer ta confiance, et te prouver que c'est possible. » décida-t'il

- « Laisse-moi, je ne veux plus de toi. C'est fini. »

- « Ne dis pas ça…Je pensais chaque mot que je t'ai dis : je t'aime. »

- « Il fallait y penser avant. Pars maintenant.» ordonnai-je

Quand il se leva et disparut, la pression retomba et je pus exploser en larmes.

Fin du flashback

Le lendemain mon téléphone bourdonna près de mon oreille, je me réveillais. Je pris l'appel sans prendre la peine de voir le nom affiché.

- « Bells, tu vas mieux ? »

- « Hey papa. Oui, merci. J'ai eu un petit coup de cafard hier soir. » lui dis-je en tentant d'être enjouée

- « Tu es sûre hein ? » insista mon père

- « Absolument. »

- « Tu ne veux pas m'en parler ? » fit-il déçu

- « Si papa, mais…je ne suis pas sûre que tu comprendrais… » tentai-je

- « Essaie toujours, je ferais de mon mieux promis. » assura-t'il

- « J'ai rencontré quelqu'un. Il s'appel Ed… »

- « Edward, oui, ta mère m'en a parlé. » me coupa-t'il

- « Je vois, elle n'a pas pu s'en empêcher… » dis-je dans un petit sourire

- « Tu la connais… » rétorqua-t'il

- « Il m'a fait beaucoup de mal dernièrement. Il m'a anéanti au possible. Je suis vide. » expliquai-je, mal à l'aise

- « Je comprends chérie. Tu lui as dis tout ça ? » m'interrogea-t'il

- « Oui. »

- « Qu'a-t-il répondu ? » demanda mon père

- « Qu'il était désolé, qu'il voudrait tout changer, revenir en arrière… » lui confessai-je

- « Penses-tu que c'est quelqu'un de bien ? Etait-il sincère ? » formula-t'il

- « Oui, c'est quelqu'un de bien, et je pense qu'il s'en veut réellement. » lançai-je sans y réfléchir

- « Alors si j'étais à ta place, je lui pardonnerai. Je ne te dis pas d'oublier Bella, tu n'es pas obligée de faire comme si rien ne s'était passé. Mais crois-moi pour l'avoir vécu, garder des rancœurs contre quelqu'un ce n'est pas bon du tout. Tu vas en souffrir. Il faut que tu te libères, que tu trouves la force de pardonner pour avancer et pour te libérer. Et s'il est un homme bien, il en aura besoin aussi. Il faut qu'il sache afin de pouvoir se pardonner à lui-même. » exposa-t'il d'un coup

- « Merci…Papa. » soufflai-je

- « De rien. Ça va aller ? » s'enquit-il

- « Oui… je crois. » hésitai-je

- « Prends ton temps chérie, mais fais-le. Tu es quelqu'un de bien. » assura-t'il

- « Merci papa, et je suis désolée que maman t'es fais tant de mal… »

- « Qui t'as dis que je parlais de ta mère ? » rit-il

J'eus un rire parmi mes larmes.

- « Bon, je te laisse, je vais bosser. » fit-il

- « Nous sommes dimanche papa. » rétorquai-je

- « Maintenant que je suis seul, c'est différent. » me confessa-t'il

- « D'accord, prend soin de toi, je t'appelle très vite. »

- « Bises. »

Je restais quelques minutes à songer aux paroles de mon père. J'avais toujours suivi ses conseils. Mon père malgré sa vie ennuyeuse et calme savait toujours quel comportement adopter, je l'admirai pour ça. Je restai dans mon lit toute la matinée, n'ayant rien de prévu. Un grondement sourd de mon ventre me fit sortir au alentour de midi. Je passais devant la salle de bain, la porte entrebâillée, me renvoya le reflet du miroir. Edward croisa mon regard. Je continuai puis décidai d'écouter mon père, je fis un pas en arrière. Je toquais puis poussai la porte. Edward semblait gêné voir choqué de mon audace.

- « Comment te sens-tu ? » lui demandai-je presque trop inquiète

- « Bien, j'ai presque fini, je te laisse la salle de bain. »

- « Je ne suis pas là pour ça… » le rassurai-je

- « Je n'ai pas besoin de ta pitié, je le mérite. » insista-t'il

- « Oui tu le mérite, mais je m'inquiète pour toi. Assieds-toi, je vais regarder. » lui proposai-je

Il obéit sans discuter. Il s'appuya sur le rebord de la baignoire, tandis que je me penchai sur lui. Je fis de mon mieux pour ne pas le toucher trop, et je lui appliquai une crème.

- « Je suis désolée, Emmett n'avait pas à te frapper. »

- « Non il a raison, il te protège. Dommage que ce soit de moi… » soupira-t'il, lasse

Il resta assis à me faire face, nos regards se croisèrent véritablement pour la première fois. Nous soufrions, je voulais tant tout oublier pour qu'il me prenne dans ses bras. Je me détournai gênée.

Il attrapa mon coude dans un geste désespéré.

- « Attends ne pars pas. Comment tu vas ? » s'inquiéta-t'il

- « Bien. » mentis-je

Je me détachais de son emprise pour sortir. Être dans la même pièce que lui me faisait toujours autant souffrir. C'était atroce, pour la simple et bonne raison que je l'aimais et le détestais à la fois.


Oui, Edward est un sacré...(complétez avec le mot de votre choix.)
Mais ne soyez pas trop méchante, ça reste notre petit Edwardounet !

J'attends vos avis avec impatience !

Bisous, S.