Voilà la suite, en espérant qu'elle vous plaise !

J'ai publié hier un OS : "Hermione Granger cherche appartement désespérément". Je vous invite à aller y faire un tour et me donner votre avis, en espérant qu'il vous plaise !

En attendant, bonne lecture et on se retrouve en bas !

cherry60 : Je suis contente que tu aies vaincu ta "flemmingite aiguë" si c'est pour que je ne reçoive que des compliments :). J'espère sincèrement que ce chapitre te plaira autant que les précédents. Merci beaucoup pour ta review !

Byuul : Je suis vraiment désolée pour ton année, mais dis-toi que parfois, ça ne peut être que bénéfique :). Je suis contente que ça te plaise toujours et que tu prennes du plaisir à me lire. Et ne t'excuse plus à l'avenir pour ton retard, ça ne me pose aucun problème :). Bonne lecture.

Aurélie : Merci beaucoup pour ta review et tes compliments, j'espère ne pas te décevoir !

LONDON123 : Merci encore pour ta fidélité et tes commentaires.


Chapitre 13

Crimes et botanique

Hermione marchait à vive allure dans les couloirs de Poudlard, les joues en feu. Elle aimait bien ses élèves, mais parfois, elle les trouvait carrément stupides. La fin de la classe avait été une délivrance pour elle. L'un des étudiants de Serpentard avait passé tout le cours à essayer de la rendre folle, sans prendre en compte ses avertissements et les points qu'elle lui avait ôté.

Ce jeune était un vrai abruti. Un Malefoy miniature dans ses mauvaises années.

En pensant au blond, elle sentit ses joues s'embraser à nouveau, mais pour une raison toute autre.

Depuis le soir où elle les avait surpris, Léa et lui, ses rêves avaient pris une tournure… inattendue. A son grand désespoir. Elle se trouvait désormais incapable de le regarder dans les yeux ou de lui parler sans avoir cette image qui lui revenait en mémoire, de plus en plus floue à mesure que les jours passaient. Parfois, ses rêves se finissaient brutalement par l'intervention de Cormac. Le reste du temps, elle se réveillait en sueur, les pensées totalement embrouillées et se sentant totalement ridicule.

Elle n'était plus qu'à une année de la trentaine et voilà qu'elle commençait à faire des rêves érotiques avec Malefoy comme une vulgaire adolescente, quoiqu'elle espérât qu'une vulgaire adolescente ne puisse imaginer ce genre de choses. Elle ne ressentait pourtant pas un manque particulier, puisqu'elle s'était remise avec Cormac.

Il était venu au château, deux jours après leur violente dispute et, comme toujours, elle avait pardonné son écart. Drago l'avait réprimandée pour sa faiblesse et elle s'était donc disputée avec lui, lui reprochant de se mêler de ce qui ne le regardait pas.

« Ce n'est pas lui qui t'a ramassé à la petite cuillère, avait-il craché. Ne compte pas sur moi pour être là la prochaine fois si tu es assez stupide pour te jeter dans la gueule du loup à chaque fois qu'il revient vers toi en te faisant les yeux doux. »

Elle avait été vexée, et avait tourné les talons pour ne pas le gifler. Elle détestait cette relation qui s'était instaurée entre eux. Tantôt amicale, tantôt catastrophique. Ils étaient supposés être devenus amis, ou quelque chose s'en approchant, mais ils passaient tout de même leur temps à se quereller pour des broutilles.

Elle détestait ça. Elle le détestait lui, pour venir hanter ses rêves alors qu'elle ne lui avait rien demandé ! Ne pouvait-il pas rester sagement caché dans son subconscient et la laisser tranquille ?

- Hermione ! s'écria une voix derrière elle.

Elle stoppa sa course folle et se tourna vivement vers Neville, qui arrivait vers elle en courant. Il s'arrêta et posa ses mains sur ses genoux pour reprendre son souffle.

- Il est loin le temps où j'avais de l'endurance, plaisanta-t-il. Je n'aurais peut-être pas du me laisser aller après la bataille finale.

Elle lui sourit d'un air tendre, celui qu'elle avait toujours quand elle regardait ses amis.

Neville se redressa et ils marchèrent côte à côte dans le couloir, se dirigeant vers le terrain de Quidditch, réprimandant parfois les élèves qui couraient ou se disputaient : les batailles Gryffondor/Serpentard étaient toujours d'actualité.

- Je voulais te demander un service, dit Neville jouant avec une balle à piquants de chez Weasley, Farces pour sorciers facétieux qu'il venait de confisquer à un étudiant.

- Je t'écoute.

- A cause de l'épidémie de grippe foudroyante, je n'ai plus assez de racines de Cricasse pour que Drago prépare le remède, et je voulais savoir si ça ne t'embêterait pas de venir avec nous dans la Forêt Interdite ce soir pour aller en cueillir.

Hermione réprima une grimace.

- Nous ?

- Drago et moi, répondit Neville sur le ton de l'évidence.

Sa collègue et amie poussa un soupir qu'elle ne tenta pas de dissimuler. Elle ne pouvait rien refuser à Neville.

- Bien sûr.

- Tu es sûre que ça ne te pose pas de problème ? demanda-t-il en fronçant les sourcils. Tu as un problème avec Drago ?

- Non, non, bien sûr que non, s'empressa-t-elle de répondre. C'est juste que la perspective de passer une soirée avec lui dans la Forêt Interdite ne m'enchante pas particulièrement.

- Tu me vexes, Hermione.

Elle se retourna brutalement pour faire face à Drago. Il se tenait derrière eux, alors qu'ils s'étaient arrêtés devant le terrain de Quidditch. Aujourd'hui avait lieu un match Serpentard/Gryffondor qui promettait d'être palpitant pour toute autre personne qu'elle.

Neville serra amicalement de Drago, puis inventa une excuse absurde pour s'éclipser.

- Puis-je savoir pourquoi tu m'évites depuis une semaine ? demanda le blond en faisant un pas vers elle.

Elle recula brusquement, manquant d'heurter l'attrapeur de Gryffondor qui venait de passer derrière eux pour se rendre aux vestiaires. Elle rougit furieusement et baissa la tête.

- B-Bah… C'est-à-dire que… Enfin… Tu vois… bafouilla-t-elle maladroitement.

Surpris, Drago haussa un sourcil et posa sa main sur son épaule pour la secouer.

- Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait d'Hermione Granger ?

Malgré elle, elle ne put s'empêcher de sourire. Il pencha la tête sur le côté pour l'observer.

- Alors ?

- On ne peut pas dire que notre dernière conversation ait été particulièrement agréable, argua-t-elle en articulant parfaitement.

Il eut un sourire et la tapa gentiment sur le front.

- Et alors ? répondit-il. Nos conversations sont rarement un modèle de courtoisie, ça ne veut pas dire que tu dois te mettre à me fuir dès que j'hausse un peu le ton, petite idiote.

Elle ne réagit pas à l'insulte, consciente que dans sa bouche, c'était sans doute une marque d'affection.

- Il n'y a que ça ?

- O-Oui, souffla Hermione alors que l'image de ce qu'elle avait surpris une semaine auparavant lui revenait brutalement en tête.

Elle la secoua vivement la tête pour se changer les idées et il la regarda comme si elle eut été folle.

- Je commence à m'inquiéter pour ta santé mentale, lui murmura-t-il avec un faux air inquiet. Si les élèves apprennent que tu n'es pas totalement saine d'esprit, ils vont en parler à leurs parents et combien de temps crois-tu qu'il faudra pour que ça arrive aux oreilles de Rita Skeeter ?

Hermione ne répondit pas, le frappant à l'épaule. Un élève qui sortait s'arrêta brutalement et les dévisagea avec un air choqué, puis continua sa route sur ordre de son professeur de potions.

- Qu'est-ce que je disais ? s'exclama-t-il avec un air théâtral. Complètement folle ! Tu finiras à Sainte-Mangouste, ma pauvre chérie.

- Je ne suis pas ta pauvre chérie, grommela Hermione en faisant la moue.

Il éclata de rire.

- Le fait que tu ne contredises que cette partie est-il une façon de corroborer le reste ? Alors, tu es consciente que tu finiras à Sainte-Mangouste ?

Elle leva les yeux au ciel, le frappant à nouveau.

- J'aimerais que tu cesses de me frapper, reprit-il en se frottant l'épaule. Un jour, tu vas finir par toucher à mon visage et comment veux-tu que je drague après ça ?

- Pas mon problème, marmonna-t-elle en le poussant pour se diriger vers les escaliers qui menaient à la tribune des professeurs.

Il la suivit d'un pas joyeux, particulièrement fier d'avoir pu l'embêter un peu. Alors qu'elle montait les marches, il tira un peu sur le pan de son pull pour qu'elle s'arrête. Elle se tourna vers lui, réalisant qu'il n'était qu'à deux marches derrière elle.

Elle rougit malgré elle, le revoyant avec Léa, et poussa un juron pour se sortir cette image de la tête. Il la regarda avec une moue surprise.

- Un si vilain mot dans une si jolie bouche, se moqua-t-il.

- N'utilise pas tes techniques de dragueur à deux gallions avec moi, Malefoy ! gronda Hermione, menaçante.

Il rit à nouveau et la lâcha pour se tenir les côtes.

- Te draguer ? Toi ? s'esclaffa-t-il. Autant m'attaquer à McGonagall, elle serait plus facile à amadouer.

La jeune femme fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que tu insinues, serpent malfaisant ? demanda-t-il d'une voix agressive.

- A ton avis ? répondit Drago avec un sourire narquois, ses yeux pétillant de malice. Franchement, Hermione, tu es plutôt jolie, bien que négligée, mais je ne m'approche pas des femmes avec des caractères comme le tien. Tu serais capable de m'étouffer dans mon sommeil.

Elle baissa la main, la plaquant sur sa hanche d'un air outré, puis regarda vers le plafond, réalisant qu'ils étaient toujours au milieu des marches et que le coup de sifflet annonçant le début du match avait déjà retenti. Elle lui tourna le dos et gravit celles qui leur restaient.

- Tu as raison, j'en serais sans doute capable, répondit-elle quand ils s'assirent.

Il rit à nouveau puis se concentra sur le match. Serpentard menait déjà 10 à 0.

.

Gryffondor gagna finalement le match et Drago bouda comme s'il eut été un joueur de l'équipe. Hermione ne se priva donc pas pour se moquer un peu de lui, lui rendant la pareille, et il protesta un peu pour la forme, mais fut satisfait de voir qu'elle s'était enfin décidée à lui parler à nouveau.

Elle venait de lui lancer une pique particulièrement cinglante quand son rire mourut dans sa gorge alors que Léa se dirigeait vers eux avec un large sourire.

- Hermione ! Mais où étais-tu passée cette semaine ?

Drago la dévisagea, un sourcil haussé. Avait-elle décidé de fuir tout le personnel de Poudlard ?

- J'avais beaucoup de copies à corriger, répondit Hermione, mentant honteusement.

Cependant, son mensonge sembla passer parfaitement car ni Léa ni Drago ne commentèrent.

- Tu viens te promener un peu avec moi ? demanda simplement l'infirmière en lui attrapant le bras avec un sourire joyeux.

Elle entendit Drago leur dire qu'ils se verraient plus tard avant que Léa ne la traine jusqu'au lac. Aussitôt, elle perdit son sourire et se tourna vers Hermione, croisant les bras et la regardant avec une moue à la fois perplexe et fâchée.

- Es-tu amoureuse de Drago ? attaqua-t-elle de but en blanc.

Le choc fut tel qu'Hermione ne sut quoi répondre, pour la première fois de sa vie. Sa mâchoire se décrocha disgracieusement et ses yeux s'arrondirent. Elle resta figée comme si ou lui avait lancé un sort, semblant réaliser peu à peu ce que son amie venait de lui demander. Elle hésitait entre rire ou pleurer mais rien ne lui semblait à la mesure de sa surprise. Rien.

Finalement, elle reprit lentement ses esprits, clignant des yeux plusieurs fois, comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Son visage se tendit brusquement et sa gorge se serra.

- P-Pardon ?

Elle dut avouer qu'elle n'avait pas l'air très loquace, ainsi, mais sur le coup, elle avait été incapable de répondre autre chose que ce stupide mot. Elle s'était rarement sentie aussi stupide de toute sa vie.

- Tu me demandes si je suis amoureuse de Malefoy ? murmura-t-elle, comme si on lui avait annoncé que Voldemort venait de renaître à nouveau.

Impassible, Léa opina du chef, les bras toujours obstinément croisés.

- Quel jour sommes-nous ? s'enquit Hermione.

L'infirmière perdit finalement son air renfrogné, surprise par cette question pour le moins… déroutante.

- Le 12 janvier, répondit-elle néanmoins. Mais quel est le rapport avec la date ?

- Je m'assurais juste que nous n'étions pas le premier avril, souffla Hermione, semblant finalement reprendre des couleurs. Léa, il est tout bonnement impossible que je sois amoureuse de Drago Malefoy. Ni sur cette planète, ni dans une autre, ni dans toute la galaxie. Nous sommes amis, et encore, cela me semble être un grand mot. Nous sommes quelque chose nous approchant des amis, sans l'être totalement. Et nous sommes à des années-lumière de ce genre de relation que tu suspectes.

Léa eut une petite moue, se sentant coupable d'avoir accusé Hermione à tort.

- C'est juste que… depuis que tu sais que Drago et moi nous voyons de temps en temps, tu es devenue si distante.

La professeure grimaça, l'image qu'elle avait surprise dans l'infirmerie lui revenant en mémoire.

- Je te l'ai dit, répondit-elle. J'avais beaucoup de copies à corriger et j'ai eu des problèmes avec Cormac. Rien de plus, ne t'inquiète pas.

Léa sembla soulagée, car elle relâcha finalement ses bras et fourra ses mains dans ses poches, plongeant son nez dans son épaisse écharpe.

Hermione eut finalement un sourire amical et lui donna un léger coup de coude, appuyé d'un coup d'œil.

- Alors, qu'est-ce qu'il y a exactement entre Drago et toi ?

Elle remercia intérieurement Ginny de lui avoir appris à agir de la sorte. S'intéresser aux autres pour dévier la conversation était un art que la rouquine maniait avec l'habilité des maîtres manipulateurs. Ce n'était pas vraiment le but d'Hermione, mais elle voulait juste éviter de revenir sur le sujet, pour ne pas finir par en aborder un autre qui pourrait être, par le plus grand des hasards, « Je vous ai surpris, Malefoy et toi, en train de faire des choses désavouées par Merlin sur une table de consultation à l'infirmerie et depuis, je fais des rêves érotiques avec ledit Malefoy ». Oui, vraiment, elle remerciait Ginny à cet instant.

Si fort qu'elle ne remarqua qu'à peine le regard renfrogné de son ami.

- En réalité, il n'y a rien, soupira Léa. On se voit de temps en temps, mais il m'a bien fait comprendre qu'il ne voulait pas de relations sérieuses… Il ne veut que du sexe.

Elle avait dit le dernier mot avec un mélange de dégoût et de tristesse qui révolta Hermione, mais elle tenta de le cacher.

- Je veux dire, ce n'est pas que je veuille particulièrement me caser, mais il me plait vraiment, tu sais. Il est intelligent, drôle et très avenant quand il le veut. Et puis, il a un physique agréable, ce qui ne gâche rien.

Repensant aux muscles contractés de son dos, Hermione ne put nier la dernière affirmation.

- Tu te fais du mal, souffla-t-elle finalement. Pourquoi tu le vois s'il ne te donne pas ce que tu veux ? Tu veux une relation sérieuse, non ? Alors pourquoi perdre ton temps avec cet imbécile, si intelligent, drôle, avenant et je ne sais pas quoi d'autre soit-il.

- Je crois qu'il m'a un peu fait perdre la tête, répondit l'infirmière avec un sourire.

- Léa, souffla Hermione en levant les yeux au ciel. Tu t'es tournée vers un homme veuf depuis à peine six mois, à quoi t'attendais-tu ? Malefoy n'est déjà pas vraiment du genre démonstratif, ou stable. Ou fidèle, d'après ce qu'on dit dans les couloirs du Ministère, alors je t'assure que tu as jeté ton dévolu sur le mauvais garçon. Malefoy a des qualités indéniables mais il a aussi d'énormes défauts et tu devrais te concentrer sur eux avant de voir qu'il a une présence d'esprit convenable ou une paire de fesses agréable à regarder.

Léa ne put retenir un sourire. Elle hocha doucement la tête, promettant de ne plus se laisser avoir par les yeux métalliques du démon. Contente d'être parvenue à lui faire entendre raison, Hermione l'attrapa par le bras et elles retournèrent vers le château d'un pas joyeux, le cœur plus léger.

.

Le soir venu, Hermione se présenta à l'entrée de la cabane d'Hagrid avec une expression contrite.

- Bon, se murmura-t-elle à elle-même. Tu es déjà parvenue à t'entendre avec lui plusieurs minutes sans vouloir l'étrangler, ça ne devrait pas être si compliqué de recommencer !

Fière de sa conclusion, elle toqua vivement à la porte de la petite chaumière. Il y eut un bruit sourd à l'intérieur et un rire qu'elle reconnut comme étant celui de Neville, puis la porte s'ouvrit sur Hagrid, sa barbe pleine d'un mélange de miel et de petites boules rosâtres. Il l'invita à entrer et elle s'exécuta après l'avoir enlacé.

Dans le minuscule salon, Neville et Drago étaient installés autour de la table, buvant une Bièraubeurre en riant comme s'ils avaient toujours été amis.

Elle s'assit là où Hagrid le lui proposait.

- Une Bièraubeurre ? demanda le demi-géant de sa voix bourrue.

Elle refusa en secouant la tête, fixant un point invisible sur la tête. Elle se sentait particulièrement idiote pour cela, mais elle était nerveuse à l'idée de la soirée qu'ils allaient passer.

Elle n'avait pas peur d'aller dans la Forêt Interdite avec Neville et Malefoy. Elle n'avait d'ailleurs pas peur d'aller dans la Forêt Interdite. Elle ne voulait simplement pas se retrouver seule avec Drago, consciente qu'il devait être courant de sa conversation avec Léa, mais aussi parce qu'elle savait que s'il lui parlait, elle reverrait certainement cette image qu'elle n'arrivait pas à se sortir de l'esprit depuis une semaine.

- Hermione ?

Et puis après tout, elle était une Gryffondor, se morigéna-t-elle intérieurement. Elle n'allait tout de même pas paniquer à l'idée de se retrouver seule avec un Serpentard. Elle n'était plus une adolescente, elle était tout de même capable d'être plus forte que son satané inconscient qui lui imposait des rêves sensuels tous les soirs. Elle était maîtresse d'elle-même.

- Hermione ?

Voilà. Il était hors de question qu'elle se laisse avoir par les charmes du vil serpent qu'il était. Elle pouvait très bien admettre qu'il était un bel homme, puisque la société sorcière l'avait fait avant elle quand le magazine Sorcières Hebdo lui avait décerné plusieurs années d'affilée le prix du « Sourire le plus Charmeur » autrefois propriété de Gilderoy Lockhart.

Oui, elle pouvait admettre en toute conscience que ses yeux orageux avait des raisons d'en troubler plus d'une, que son sourire, quand il n'était pas moqueur, était absolument délicieux, que ses cheveux avaient quelque chose d'hypnotique et qu'il avait un corps bien dessiné, sans l'être trop ni pas assez. Oui, Drago Malefoy était un bel homme.

- Hermione ?

Mais elle n'était en aucun cas l'une de ces groupies qui lui courraient après dans l'espoir d'approcher un peu l'Apollon… et sa fortune. Elle était une adulte saine d'esprit et de corps. Son corps réagissait donc de façon saine à la vue de Drago Malefoy, parce que, forcément, ses hormones avaient décidé de lui jouer des tours. Il n'y avait rien de plus normal que ça, puisqu'il était agréable à regarder.

Elle n'était probablement pas la seule personne à fantasmer un tant soit peu sur lui !

- Granger ! On te parle, hurla-t-on.

Elle sursauta brutalement et leva les yeux vers Drago qui lui lançait un regard furibond, puis vers Neville qui avait l'air intimidé par la réaction du blond.

- Oui ? demanda-t-elle, sortant de ses pensées et elle ne put s'empêcher de penser qu'elle avait probablement un air de Luna, ainsi perchée dans ses songes.

- On y va, dit calmement Neville, alors que Drago s'était empressé de sortir de la maison une fois qu'il avait eu son attention.

Reprenant ses esprits, elle se leva d'un bond et ils rejoignirent le blond, qui les attendait dehors. Hagrid avait proposé d'envoyer Crocdur les accompagner, mais ils avaient refusé, le chien se faisant trop vieux pour être d'une quelconque utilité en cas de danger.

Ils pénétrèrent donc dans la Forêt Interdite tous les trois, et marchèrent en silence, les yeux rivés sur leurs pieds pour voir où ils marchaient et si aucune créature n'envisageait de les attaquer.

Drago marchait devant, tandis qu'elle fermer la marche, à quelques pas de Neville. Le blond semblait s'être renfrogné depuis qu'elle était entrée dans la cabane du demi-géant, alors qu'il riait avant cela. Les mains dans les poches, il donnait des coups de pieds à tous les cailloux ou branchages qui avaient le malheur de se retrouver sur sa route. Ses épaules étaient voutées, signe de sa colère. Ne comprenant pas son attitude, Hermione haussa les épaules, préférant l'ignorer.

- Drago !

Il se retourna et ralentit doucement pour que Neville se retrouve finalement à sa hauteur. Il émit un grognement qui témoignait seul qu'il avait son attention et Hermione, restée en retrait, fronça davantage les sourcils.

- Tout va bien ?

Drago hocha simplement la tête, ses traits s'obscurcissant encore. Neville n'osa pas creuser, la mauvaise humeur du maître des potions devenant presque palpable. Il recula de quelques pas pour retourner auprès d'Hermione.

Finalement, ils arrivèrent dans une petite clairière, uniquement baignée des rayons de la Lune et de la lumière de leurs baguettes. Neville leur indiqua où chercher et ainsi, chacun d'un côté, ils se mirent à fouiller aux pieds des arbres, remplissant les paniers qu'ils avaient à leur disposition.

Quand elle eut rempli un premier panier, Hermione se décida à faire une pause et se dirigea vers Drago qui, accroupi, fouillait dans des racines à la recherche des précieuses cricasses.

Elle s'assit dans l'herbe et le regarda faire, consciente qu'elle risquait de l'énerver davantage. Il poussa un profond soupir et leva ses yeux orageux vers elle.

- Qu'est-ce que tu veux ? cracha-t-il, acerbe.

Hermione fut pendant un instant surprise de son ton froid, alors qu'il avait été celui qui était venu la voir pour lui dire de ne pas rester fâchée l'après-midi même.

- Où est Scorpius ? demanda-t-elle simplement, pour faire la conversation.

Il lâcha la racine qu'il avait entrepris d'arracher et la dévisagea gravement, retenant un nouveau soupir. Il enleva ses gants, passa une main dans ses cheveux et ferma les yeux, comme pour se calmer. Quand il la regarda à nouveau, elle ne put s'empêcher de frémir sous ses yeux menaçants.

- Qu'est-ce que ça peut te faire, Granger ?

- On retourne à Granger ? rétorqua la brune, fronçant les sourcils.

Il poussa un profond soupir, comme si elle le fatiguait démesurément.

- Fous-moi la paix, tu veux ! J'aimerais cueillir tranquillement ces foutues plantes pour pouvoir préparer ma potion ce soir et rentrer chez moi pour dormir ! Et ce n'est pas en discutant avec toi que je vais avancer alors, sois gentille Granger, retourne à tes paniers et laisse-moi aux miens.

Hermione croisa les bras, et il comprit qu'elle ne partirait pas.

- Dégage, soupira Drago, dans l'espoir qu'il pourrait la faire fuir ainsi.

Mais une fois encore, ses efforts restèrent vains.

- Qu'est-ce que j'ai encore fait ? demanda-t-elle finalement, lui lançant un regard sombre. Quand ce n'est pas toi, c'est moi et vice versa. Il y a toujours quelque chose qui nous empêche d'avoir une relation normale !

Ses yeux gris se firent glacials.

- Nous aurions une relation normale si tu te mêlais de ce qui te regarde, Granger !

- Oh, je vois, murmura Hermione, comprenant finalement son animosité. Tu as parlé avec Léa, c'est ça ?

- Je dirais plutôt que c'est Léa qui a parlé avec moi, corrigea Drago.

- Je n'ai fait que lui ouvrir les yeux ! Tu joues avec elle, alors qu'elle est sensible !

- Et alors ? s'écria-t-il soudainement, la faisant sursauter. Ca ne te regarde pas ! Est-ce que je te demande si ton McLaggen te fait jouir ? hurla-t-il, la colère le faisant devenir grossier. Non ! Alors mêle-toi de ce qui te regarde pour une fois dans ta vie !

- Ca me regarde à partir du moment où Léa est mon amie et que tu te sers d'elle pour assouvir tes besoins masculins !

- Je ne l'ai pas violée, gronda Drago, en l'attrapant brutalement par le bras. Je ne l'ai forcée à rien et je lui ai dit dès le début qu'il n'y aurait rien entre nous ! C'est elle qui m'a couru après depuis la rentrée ! Je n'ai jamais joué avec elle ! Elle savait très bien à quoi s'attendre !

- Et alors ? Rien ne t'autorise à traiter les femmes comme des objets !

- Ce n'est pas mon problème si elles sont assez stupides pour venir me voir ! Elles savent toutes à quoi s'attendre avec moi dès l'instant où elles veulent une relation sérieuse ! Et puis merde, je ne vois pas en quoi mes rapports avec la gente féminine te concernent !

- Je n'ai jamais…

- Ca suffit ! hurla Neville.

D'un même mouvement, ils se tournèrent vers le professeur de botanique, qui se tenait à deux pas d'eux, ses yeux lançant des éclairs. Il posa calmement le panier qu'il tenait dans les bras et s'approcha d'eux. Il les éloigna l'un de l'autre, parce qu'ils s'étaient tous les deux levés et n'étaient plus qu'à un pas de l'autre. Il n'en fallait pas beaucoup plus pour qu'Hermione lève la main.

- Y en a marre, hurla ce Neville pourtant si calme à l'accoutumée. Vous avez bientôt trente ans et vous agissez comme des gamins ! Je ne suis pas le seul à le penser mais je vais vous le dire une bonne fois pour toutes : vous êtes fatigants ! Vous vous disputez pour des broutilles, juste pour trouver une raison de vous crier dessus parce que c'est la seule façon que vous avez de communiquer l'un avec l'autre ! Ca suffit ! Vous êtes des adultes, vous êtes censés être responsables, particulièrement toi, gronda-t-il en pointant un doigt accusateur vers Drago. Et j'en ai marre ! On en a tous marre de vous voir vous bousiller la santé à chercher chez l'un et l'autre des défauts inexistants.

Neville reprit un instant son souffle, puis se tourna vers Hermione.

- Alors toi, souffla-t-il, presque menaçant, tu n'as en aucun cas le droit de te mêler de la vie privée de Drago, même si elle ne correspond pas à tes valeurs ! Si Léa est assez idiote pour se jeter dans ses bras alors qu'il ne lui promet rien d'autre qu'une relation purement physique, c'est son problème à elle ! Pas le tien ! Et toi, cria le professeur de botanique en se tournant vers son collègue masculin, tu m'as dit au début de l'année que tu avais mûri et j'ai pu le constater de mes yeux alors pourquoi t'évertues-tu à agir comme un crétin dès qu'Hermione est dans les parages ?

Ils ne répondirent pas, les yeux baissés sur leurs chaussures comme deux enfants pris en faute. Ils n'avaient jamais vu Neville dans un état pareil. D'ailleurs, ils n'étaient pas sûrs que quiconque ait déjà vu Neville dans un état pareil.

Furieux, Neville tourna les talons, récupérant son panier au passage, et alla s'installer à l'autre bout de la clairière.

- Désolé, marmonna Drago, si bas qu'elle ne fut pas sûre de l'avoir entendu.

- Moi aussi, répondit-elle sur le même ton.

Elle baissa timidement les yeux et se tourna pour lui faire face. Il la regardait fixement, mais elle n'osait pas le lui rendre, ses joues la brûlant un peu. Elle se sentait honteuse de s'être mêlée de ses histoires personnelles. Neville avait raison. Ca ne le regardait en rien, mais elle ne supportait pas la nonchalance qu'il affichait quant à sa manière de traiter les femmes.

Cela la mettait systématiquement hors d'elle.

Mettant sa fierté de côté, elle s'approcha de lui et, se hissant sur la pointe de ses pieds, entoura ses bras autour de son cou pour le serrer contre elle.

Drago se figea d'horreur, comme si c'eut été Voldemort à sa place, et elle se détacha rapidement devant son manque de réaction, piquant un fard.

- Pardon, bafouilla maladroitement Hermione. Parfois, j'oublie que tu n'es pas Ron ou Harry.

Pour toute réponse, il eut un grognement maladroit et, sans lui adresser un regard de plus, il se pencha pour retourner à sa tâche. Hermione retrouva également son panier, à une dizaine de mètres de lui et se remit à arracher les Cricasses.

Il se passait toujours des choses étranges dans la Forêt Interdite…


Prochain chapitre : "Lettre par lettre", en ligne vendredi ou samedi, selon mon temps.

J'espère que ce chapitre vous aura plu, j'attends vos impressions.

Bises,
L.

Ps : Ne me détestez pas trop pour Cormac... Détestez plutôt Hermione ! :D.