CHAPITRE 13

Quelques jours étaient passés.

Severus s'arrêta devant la gargouille.
—Kinder Surprise! cracha-t-il.

Il se souviendrait longtemps de ce moment.
"Et il y a un jouet à l'intérieur!"
—Vieux cinglé.

Il lui en avait même donné un.
Il avait goûté une partie qu'il n'avait pas écrasée de rage. C'était pas mauvais.

—Entrez, Severus…
—Humphfr…
—Voyons, vous m'en voulez encore pour cette histoire d'œuf? Le chocolat n'était pas bon?
—Ce n'est pas la question.
—Harry, qu'en penses-tu?
—Que c'est tellement bon qu'on ne peut pas refuser!
—Bonne réponse…
—Ce n'est pas la question!

Harry sortit un jouet de sa poche.

—Moi j'ai eu le Schtroumpf Farceur, et vous Albus?
—Le Schtroumpf Costaud. Peut-être devrions-nous échanger… Severus? Auriez-vous eu le…
Il lui montra une autre figurine.
—...Schtroumpf Grognon?
Fumseck émit un petit cri.
—Humphfr… C'est pour me parler de ça que vous m'avez fait venir?
—Certes non.
—Alors?
—Je voudrais que tu me fasses une potion.

Severus tourna la tête.

—Quelle potion?
—Celle-ci, répondit le voyageur du temps.

Il pointait un livre sur le bureau. Le maître des potions se pencha dessus.

—Vu les ingrédients... C'est une potion d'augmentation de puissance. Très dangereux. Et interdit.
—Tu m'impressionnes, par moments, Sev.
—Elle est aussi très particulière. Venin de frelon?
—Il nous a fallu quelques jours pour rassembler les divers ingrédients, mon cher. Certains sont plutôt rares, lui dit Albus.
—Oui. Elle est très complexe…
—Mais à ta portée?
—Humphfr… Evidemment…

Harry lui sourit largement.

—Je n'en ai jamais douté.
—C'est quoi ce livre?
—Oh, euh…

Severus regarda la couverture. Rien. Pareil à l'arrière.
Il était très usé. Il regarda les premières pages.

—Etrange… Les potions et sortilèges décrits ici sont vraiment simples, mais d'un autre temps. Celle-là guérit l'acné...
—Avance dans le bouquin, lui fit Harry.

Il s'exécuta. Il s'arrêta vers le milieu.

—En effet, elles deviennent plus complexes. Celle-ci est pour faire repousser les os. Une variante est celle utilisée de nos jours.

Severus regarda à la fin.

—Que font dans ce livre un sortilège de bouclier capacitif de haut niveau, un autre pour commander les éclairs, et une potion pour invoquer les esprits interdite depuis 800 ans?

A ce moment, Severus remarqua une annotation sur une des dernières pages.
Il resta figé.

—Ah.
—Oui. Garde ça pour toi. Tu m'aurais cru si je te l'avais dit?
—Non… Pourquoi cette potion?
—Mais pour gagner, Sev!
—Oui, fit Albus, cette potion oubliée pourrait aider Harry dans sa mission.
—Pourrait?
—Ce n'est qu'une potion énergisante, n'est-ce-pas?
—Oui, elle ne fera pas de miracles. Ta puissance n'augmentera pas énormément, et très peu de temps.
—Ce qui pourrait suffire.
—Vous n'allez pas m'expliquer, hein?
—Non, firent les deux autres avec un rire.

Severus savait que c'était peine perdue.

—A la place, vous allez me dire une chose, Albus.
—Je vous écoute, mon cher.
—Vous l'avez vu en action, n'est-ce-pas? demanda-t-il en pointant Harry du doigt. Où ça?
—Je vais répondre, mais il faudra me dire quel Schtroumpf vous avez eu...
—Humphfr… D'accord...
—Ah! Quel souvenir, Severus… Nous étions dans la Chambre des Secrets…

Severus déglutit.

—Quoi?
—Oui, Harry connaît l'entrée.
—Où?
—En trois mots, répondit Harry, Toilettes-Mimi-Geignarde. Zut, j'aurais du les mélanger…
—Humphfr… Et alors?
—Donc nous étions dans la Chambre… continua Albus.
—Et?
—Il faut aimer le style. Vous aimeriez, je pense.
—Très drôle. Qu'avez-vous eu à tuer?
—Oh, un basilic.

Severus tiqua. Juste un serpent de vingt mètres, quoi. Dans Poudlard.

—Il a été formidable. Un seul coup…

Ils fixaient maintenant Harry.

—Ah… Espérons que tu sois aussi chanceux quand tu auras à prendre la potion.
—Mais c'est ta potion qui va me donner de la chance, Sev!

Il leva les yeux au ciel.

—Tiens, voici une copie de la recette, on te fera amener les ingrédients.
—Bien, ce sera fait dans deux, trois jours.
—Merci, Sev.

Il se retourna et allait passer les portes.

—Hep, hep, hep, revenez mon cher.

Il s'arrêta.
Il mit la main dans sa poche.
Il se retourna, frappa violemment le bureau, et s'exclama:

—J'ai eu ce Gargamel!

Et il quitta la pièce.
Les deux restants découvrirent l'objet qu'il avait déposé sur le bureau.
Ils éclatèrent de rire.
Fumseck se posa juste à côté de la figurine, la regarda et tourna la tête dans tous les sens.

—Il se demande sûrement comment il a fait pour rétrécir! fit Albus.

Il leur fallut deux bonnes minutes pour retrouver leur calme.

Albus redevint sérieux.

—Harry, es-tu sûr de toi?
—Si ça ne marche pas, tant pis. L'important c'est que Harry survive, pas moi. Voldy avait détruit lui-même mon Horcruxe avec un Avada. Difficile de reproduire ça ici… Encore moins sans Voldemort vivant.

Albus hésita.

—Comment as-tu fait la première fois?
—Une histoire de sang partagé… Pendant le rituel. Et ensuite de baguettes.
—De baguettes?
—Elle ne tuerait pas son maître… Le sort s'est retourné contre lui.
—Tu étais le maître de la baguette de Voldemort?
—Par un hasard incroyable, oui. Une vraie relique, pourtant...

Harry souriait. Albus mit quelques secondes à comprendre.

—Oh… Il l'a prise…
—Oui… La baguette de Sureau…

Le directeur se pencha.

—Tu connais les Reliques…
—Oui… Vous avez une belle baguette, au fait! Très stylée…

Il lui sourit.

—Et vous avez enfin la Pierre! dit Harry.
—Ah oui, la bague… Tu savais, donc.
—Oui.

Plus personne ne souriait.

—Harry, ce que dit le livre… Tu ne m'avais pas tout montré la première fois. Il est possible que tu ne t'en sortes pas…

Harry le regarda tristement.

—Et alors?