Auteure :Tch0upi
Titre :Sur Ton Piédestal
Disclamer :Tous les petits personnages présents dans cette fanfiction appartiennent à Masashi Kishimoto.
Rating :T (Pour les possibles futurs lemons)
Couples :Naru/Sasu et les autres sont secrets!
RÉPONSES AUX REVIEWS
Brooklyn : Salut ! Merci, je suis contente de voir que je ne tombe pas dans le « guimauve » ! =) Merci d'avoir lu !
Caprice75 : Mdr ! Oui tout est beau maintenant, mais dis-toi que toutes les histoires ont des retournements et que tout n'est pas rose très longtemps :P Merci d'avoir lu ! :)
reytan : Je suis contente d'être la seule à te faire apprécier le romantique xD Mon Dieu, tu aime quand c'est bestial, et un Naruto charmeur, dans ce chapitre tu vas être servie, ma grande ! :D Même si ça reste dans l'ensemble, encore très guimauve et doux :)... Non non tu ne me mets pas la pression, t'en fais pas. J'espère que ce chapitre sera « D'enfer » comme tu dis, à la hauteur de tes attentes. Et, Moi faire mourir Sasuke ? Je l'ai fait une fois, plus maintenant ! xD Non mais, sérieusement, ce n'est pas une death fic. :) Bonne lecture !
Zassou : Merci, je suis vraiment touchée par ton commentaire ! Vraiment ravie que ma fic te plaise ! Et, comme tu le dis, le chapitre 12 et le 13 servent de calme avant la tête. Tu verras pourquoi… Merci d'avoir lu et bonne lecture.
Tanusi : Mon dieu ne tombe pas dans les pommes xD ! Je suis contente de voir que tu aime bien ma fiction. Merci de me lire encore, surtout ! J'espère que ce chapitre continuera à te plaire… =) Bonne lecture à toi !
0 : Merci de ton commentaire ! Non, je n'abandonne pas, ;) !
Heobs-so : Mon Dieu, Wow ! Ton commentaire m'a mis un grand sourire. Je suis ravie de l'effet que mes écrits te fait… :) J'espère que ce chapitre te plaira autant que les autres. Bonne lecture et merci de me lire, et de commenter, surtout !
mimicam : Merci à toi, c'est très gentil de m'encourager ! ;)
Darkflower93 : Bon, je garde le plus long review pour la fin. xD Coucou ! *.* Bonne idée ça de faire au fur et à mesure xD ! ;) Ah bon, tu connaissais pas le mot « marmoréen » ? Contente d'élargir ta culture xD ! Tu as trouvé le paragraphe du baiser, sensuel, attends de voir les baisers dans CE chapitre. J'espère que t'auras assez de mouchoir pour tes saignements de nez ! xD Mdrr ! Sinon, je suis contente de voir que j'arrive à créer une profondeur entre eux. Ce que tu m'as expliqué par rapport au passé entre les deux, qu'on sent qu'ils se connaissent… Bref, je suis super contente de voir que tu l'as ressenti ! Merci de me le faire savoir, également. T'inquiète, en effet Sasuke saura trèèèèèès bien s'accommoder au beau physique de Naruto xD ! Pour la fin, ce que tu pense être « annonciateur », eh bien, non, ça ne l'est pas. Je n'ai pas voulut faire de message subtil, t'inquiète pas ! Ce n'est pas une death fic. C'était juste pour montrer que Naruto a compris que, Sasuke a souffert et que s'il revit un jour ce genre de perte, il n'y survivra pas, bref.. xD Tu as compris ! :) Ooooooh oui, la longueur du review me plaît ! Merci à toi de prendre le temps de les rédiger après avoir lu mes chapitres ! Pour ma part, je te dis : j'espère que tu aimeras ce nouveau chapitre, il a mit du temps, mais il marque un tournant dans ma fic. Le « début de la fin », en quelque sorte. L'action commence véritablement… Tu verras .. :) ! Bisous et bonne lecture !
Chapitre 13 : Le coup d'envoi
Kiba était heureux. Cela semblait faire des siècles qu'il n'était pas parti en mission avec Neji. Seuls. Il avait donc immédiatement sauté sur l'occasion et avait accepté tout de suite sans hésitations lorsque Naruto leur avait chargé cette tâche, une semaine auparavant. Et puis, cela s'était avéré facile : retrouver la fugueuse et la ramener au village, sans oublier de chercher des traces des imposteurs qui se promenaient sur des cheveux. Plusieurs fois pendant les quelques jours, Neji et lui les avaient entendus, cependant ils ne purent jamais leur mettre la main dessus.
Le jeune Inuzuka venait d'ouvrir les yeux. Après sa courte nuit, il était de nouveau prêt à repartir au boulot. D'un bond, il se redressa et, tout en se frottant les yeux puis les cheveux, il chercha du regard son petit ami. Il le trouva revenant d'un petit sentier entre les arbres.
- Hey, lança-t-il avec un tendre sourire.
L'Hyûga marcha jusqu'à lui transportant une fiasque qui laissait tomber quelques gouttes d'eau. En arrivant près de lui, il ne dit qu'un « Bon matin » bref mais d'une voix douce, qu'il n'adressait rarement à d'autres qu'au maître des chiens.
- T'as ramené de l'eau ?
- Ouais. On va en avoir besoin, cette journée s'annonce chaude et je ne vois aucun nuage.
- Visiblement, acquiesça le brun en levant le menton pour admirer le bleu infini.
Après quoi il décida de se lever. Neji, toujours debout, refermait la fiasque. Kiba l'approcha et passa ses bras autour de lui en lui posant un baiser sur la tempe.
- La journée commence bien, en tout cas, murmura-t-il.
Neji ferma les yeux, alors qu'un petit sourire moqueur et amusé naquit sur ses lèvres. Il tourna la tête et rouvrit deux yeux d'un blanc qui avait toujours fasciné Kiba, les plongeant tout droit dans ceux de l'autre garçon.
- Tu sais qu'on est en pleine mission, n'est-ce pas ?
- Si ! dit Kiba. Pas le droit de t'embrasser alors ? Ça fait longtemps qu'on n'avait pas eu de mission tous les deux, je ne fais que profiter.
- Je trouve seulement ça étrange de profiter d'un temps comme celui-là pour se caresser et s'aimer.
- Pourquoi ?
- Parce que dans une mission, on peut mourir n'importe quand. Ce n'est pas ce que j'appelle des moments très romantiques.
- On s'en fiche. Depuis que tu t'occupe de ces genins, je n'ai pas eut beaucoup de temps avec toi. D'ailleurs, il n'y a vraiment qu'avec un senseï comme toi que des gosses qui ne sont genins que depuis quelques mois peuvent passer chunins dès leur premier Examen. Je suis toujours sous le choque qu'ils aient passé les trois épreuves haut la main. Je me souviens quand notre génération a passé cet Examen la première fois, on s'est tous plantés, bah, à part Shikamaru, mais c'est un cas à part.
Neji pouffa.
- Que veux-tu, je suis le meilleur.
- Ça y est, monsieur a la grosse tête !
- C'est toi qui as venté mes mérites, s'amusa le garçon aux longs cheveux bruns.
Kiba roula des yeux alors que Neji lui tapota le ventre. Ensuite, il le contourna et fit quelques pas vers leur campement.
- Bon, il faut qu'on se remette en route.
Kiba se retourna, l'air redevenu sérieux.
- Ouais ! Laisse-moi t'aider.
Il s'avança et donna un coup de main à son amant. Ensembles, ils rangèrent leurs couchettes et leurs couvertures, remirent le tout dans leurs sacs. Ils reprirent la route après avoir ingurgitées quelques gorgées d'eau. Ils cherchèrent d'abord un petit village où ils purent manger quelque chose vite fait, et en profiter pour interroger les habitants, concernant à la fois les chevaliers et la fameuse princesse Zoumi. Apparemment, cette dernière était connue aux alentours, n'avait jamais été vue cependant. Pour les gentils hommes se baladant sur des chevaux, rien, aucune information, à part quelques personnes ici et là les ayant entendus, ou senti lorsque la terre en tremblait.
En fin de journée, ils s'arrêtèrent afin de se reposer un peu. Kiba balança son sac près d'un tronc couché et vint s'assoir dessus en s'étirant tel un chat.
- J'espère que cette fille a d'excellentes raisons de nous fuir comme ça !
- On dit qu'elle a une liaison avec Uchiha Itachi, déclara soudain Neji, debout les bras croisés.
- Quoi ? fit Kiba en relevant la tête. Sérieux ?
Neji acquiesça, l'air grave.
- Naruto me l'a avoué. Il avait l'air tellement obsédé par quelque chose. Et depuis un moment que Sasuke me semblait bizarre, comme concerné par quelque chose… Naruto a finit par me dire la vérité.
- Tu sais le pire ? poursuivit Kiba.
- Non ?
- Paraît qu'elle est enceinte, marmonna Kiba.
Neji écarquilla les yeux.
- C'est une blague ?
- Bah, ce ne sont que des rumeurs, pour l'instant. Mais t'imagine ? Je comprends que Sasuke ne soit pas de super humeur ! Merde, apprendre que l'assassin de sa famille batifole avec des nanas pendant que lui il essaie d'oublier le mal qu'il lui a fait…
Kiba marqua une pause, son regard perdu sur un point inexistant devant lui. Il pensa à Sasuke. Durant son enfance, il n'avait jamais vraiment apprécié le dernier Uchiha, celui-ci ayant toujours été arrogant et peu amical mais depuis le départ de Naruto, tout le monde avait pu apprendre à connaître mieux Sasuke, son enfance terrible et le drame de sa famille. Avec ces infos, autrefois inconnus, sur lui, Kiba ne pouvait plus lui reprocher son attitude distante et froide. C'était normal qu'il ait été comme ça. Pendant ces cinq ans, avec l'absence du blond qui les avait tous rapprochés, Kiba avait finalement accepté Sasuke comme un véritable ami.
Il secoua la tête alors que cette pensée le fit frissonner, celle qu'Itachi Uchiha ait pu mettre une femme enceinte.
- C'est malsain, grogna-t-il finalement.
- On ne connaît pas toute l'histoire, Kiba.
- Toujours est-il que ce pauvre enfant naîtra d'une mère complètement détraquée qui passe sa vie à fuir et d'un père assassin aliéné qui a massacré toute sa famille.
- Une belle et heureuse famille, sourit Neji avec une ironie cinglante.
Kiba roula des yeux avec un petit sourire dépassé, avant de fermer les yeux et s'étendre le long du tronc.
Neji le regarda tendrement alors que le brun semblait vouloir se reposer un peu. La journée avait été longue et le soleil se couchait à peine à l'horizon. Encore une fois, aucune info à envoyer à Naruto.
Neji lâcha un soupir, puis décida d'aller s'installer près de Kiba pour se reposer à son tour. Au même moment, alors qu'il marchait vers lui, ce dernier se mit à renifler quelque chose. Ouvrant les yeux, il se redressa et regarda derrière lui. Neji fronça les sourcils.
- Y a un problème ?
- Tu sens pas ça ? demanda Kiba en le regardant.
- Quoi ?
- Cette odeur… On dirait un animal mort.
- Et alors ?
- Neji, ce n'est pas un terrain de chasse. C'est une forêt peu empruntée par les humains.
- Kiba, déclara Neji sur le même ton. Il arrive que les animaux se tuent entre eux, tu sais ?
- Non… Je dis ça, mais… ça ne ressemble pas à des animaux. C'est plus fort.
- Tu veux dire que ça sent la dépouille humaine ? Je ne le sens pas… avoua l'Hyûga, confus.
- Il faut que je vérifie, peut-être que… Je reviens, un instant.
Sur ce, Kiba bondit debout, se retourna et partit, suivant visiblement son odorat. Il fit quelques pas et disparut dans l'ombre des arbres. Neji le suivit des yeux, ne sachant pas s'il devait s'inquiéter ou pas. Lorsque de longues secondes s'écoulèrent et qu'il n'entendit plus les pas du brun, il fit un pas devant dans la direction qu'il était parti.
- Kiba ? appela-t-il. Tu ne t'éloigne pas trop, d'accord ? C'est préférable qu'on ne se perde pas…
Il ne reçut aucune réponse. Un peu inquiet, il regarda tout autour, ne sachant pas s'il devait aller le rejoindre. Kiba avait dit qu'il reviendrait, s'il allait le chercher, ils risquaient de réellement se perdre de vue. Alors il attendit. Mais bien malgré lui, il ne put résister longtemps : il partit rejoindre Kiba.
L'Inuzuka, de son côté, marchait vite et nerveusement. Il était sûr de ce qu'il avait senti. C'était une odeur de pourriture, de chair. Par le passé, il lui était arrivé de voir des cadavres, heureusement pas très souvent, mais il savait reconnaître les odeurs, et il avait un sens de l'odorat plus développé que n'importe qui d'autre. Il regretta presque de ne pas avoir emmené Akamaru pour cette mission – son chien était malade et devait rester auprès de sa mère.
Mais finalement, il déboucha sur la source de l'odeur. Devenue plus forte, il recula d'un pas vif en se bouchant le nez et la bouche. Mais son regard ne put se détacher des deux corps. C'étaient des ninjas, visiblement. Les cadavres étaient ensanglantés, avec des plaies profondes au niveau de l'abdomen… C'était une vision de pure épouvante. Dégoûté, Kiba faillit tourner les talons aussitôt, mais ce ne fut que lorsqu'il reconnut les deux corps qu'il écarquilla les yeux.
- Neji ? appela-t-il.
Les pas de son coéquipier se firent entendre, et bientôt il entendit sa voix.
- Où es-tu ?
- Par ici ! Neji, écoute, déclara Kiba. Il faut immédiatement rentrer à Konoha.
Neji apparut alors.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? Oh !...
Le junin s'arrêta net lorsqu'il vit les deux corps. Bien sûr, d'instinct, il plaqua ses mains à sa bouche et son nez.
- Neji… marmonna Kiba en se détournant de la vision. Merde… C'est pas vrai !
- Mais… Attends, c'est… ? fit Neji en reconnaissant l'identité des deux défunts.
- Oui, articula Kiba, qui commençait à avoir la nausée. É-Éloignons-nous et rentrons au plus vite. Putain, je ne peux pas supporter plus longtemps… Je…
- Mon Dieu, balbutia Neji, devenu tout blanc. Je… Oui, viens.
Il posa une main sur l'épaule de Kiba et tous deux quittèrent les lieux pour s'éloigner de l'odeur nauséabonde et de la vision terrifiante et désolante.
Bouleversés, ils prirent immédiatement la route pour Konoha, ne se préoccupant plus de Zoumi ou de quoique ce soit d'autres.
J'entre dans mon bureau en poussant d'une paume la porte, suivi par Tsunade depuis le rez-de-chaussée du palais. Je me dirige d'un pas franc vers mon bureau, devant la vitre de par laquelle j'ai une vue magnifique du ciel éclairé et bleu azur dénué de nuage, d'une journée déjà bien entamée. Les conversations qui emplissent la pièce me viennent aux oreilles dans une agréable trame de fond sonore. Je souris, en voyant les deux personnes qui squattent mon bureau.
Sakura est debout près de la vitre, dans son accoutrement habituel, torturant une mèche de cheveux d'un doigt, attentive au deuxième ; Sasuke. Ce dernier se balance nonchalamment sur mon siège en parlant à voix basse d'un sujet que je ne connais pas, puisque je n'ai rien suivi de cet échange. Il est habillé pour sa part d'un pantalon noir, d'un pull de la même couleur dont les manches relevés lui arrivent aux coudes, et sur lesquels les épaules sont munies du symbole de son clan, et le tout est finalement surmonté d'une veste Junin. Ils bavardant tous les deux comme s'ils n'étaient pas dans un bureau mais bien dans un salon en train de s'amuser et non de travailler.
À mesure que je m'approche, je ne peux malgré tout m'empêcher un sourire attendri (y a pas à dire, j'aime toujours autant les voir si vivants et si sereins, dans une scène telle que celle-ci, si banale et quotidienne), et une fois tout près, je toussote, faisant comprendre ma présence. Sakura m'avait déjà aperçue et me salue plus officiellement d'un grand sourire ravissant et d'une main qui se secoue dans l'air – je m'adressais plutôt à Sasuke. Ce dernier se tourne et en me voyant, se lève et m'adresse un petit sourire embarrassé. Je le lui rends, bien sûr avec l'embarras en moins, plutôt avec bonne humeur, et viens m'assoir sur ma chaise récemment libérée. Il se plante de mon autre côté comme une ombre, dans son rôle d'assistant, aussi parfait qu'il l'a été depuis que je suis à ce poste.
La cinquième et ex-hokage vient poser le dossier qu'elle trimballait depuis qu'elle m'a trouvé sur la surface du bureau, faisant relever un peu de poussière tout autour.
- Attendez, là, vous m'avez dit que j'allais avoir un après-midi léger ! m'exclamé-je.
- Ça, c'est pas pour toi, m'explique-t-elle en poussant l'immense dossier vers la droite, le faisant glisser jusqu'à l'extrémité du meuble – mes saphirs suivent ce mouvement avant de se reposer sur les doigts blancs de la vieille femme. Voilà ce qui te concerne, poursuit-elle en posant un index sur une feuille qu'elle vient de sortir de je ne sais où.
- Qu'est-ce que c'est ?
- C'est un document officiel que tu dois remplir, stipulant que les élèves dont il est question ont réussis l'Examen Chunin. Il faut que leur réussite et leur changement de statut soit approuvé et signé par l'hokage lui-même.
- Ah oui ! les promus, marmonné-je en laissant mes yeux parcourir la feuille de haut en bas. De la paperasse, en somme.
- Exactement. Bon, tu sais ce que tu dois faire, je ne vais pas rester plus longtemps. Sakura, fait alors la grande blonde en tournant son attention vers mon amie. Tu viens ? Il y a énormément de blessés qui sont rentrés de mission ce matin. J'aurai besoin de toi.
Sakura acquiesce, naturellement, et sautille jusqu'à Tsunade. Avant d'aller plus loin, elle se tourne vers moi.
- À plus Naruto ! lance-t-elle joyeusement.
- Ouais, souris-je. À plus.
- Bisous, Sasuke.
Je louche du coin de l'œil, curieux de voir la réaction de celui à qui s'adressaient ces « bisous », et vois Sasuke opiner silencieusement. Ces deux là sont réellement trop mignons. Ils me font sourire chaque fois que je les vois discuter comme deux vieux amis, se sourire et s'adorer mutuellement. Quand je pense à la jeune fille désespérément amoureuse et le garçon froid et associable de l'époque où j'ai quitté ce village… Les voir si proches m'est toujours un peu étrange mais, comme le fait de sortir avec Sasuke Uchiha, on s'habitue. Quoique, pour ça, c'est un peu plus difficile… Mais non moins plaisant.
Sakura et Tsunade laissent la porte entrouverte, et dès que j'entends le bruit de leurs pas et de leurs voix s'estomper au bout du couloir, je pousse un soupir à fendre l'âme et me penche sur mes papiers, me prenant la tête à deux mains.
Sasuke étouffe un ricanement, se déplaçant pour venir s'assoir sur mon bureau, tout juste à côté de moi.
- Ça l'air difficile, dit-il d'une douce voix.
- Pénible, commenté-je. Remplir des trucs de ce genre, c'est le pire ! Pourtant, j'adore mon boulot jusqu'à maintenant. On m'a apprit à gérer des missions, je dois imaginer des tactiques et des stratégies pour des cas plus complexes, c'est cool ! Mais remplir de la paperasse… et signer… Argh ! Je crois que je n'ai pas autant écris mon propre nom dans ma vie entière que depuis que je suis devenu hokage.
- Mon pauvre, la vie est dure.
- Sasuke, est-ce que tu te moques de moi, là ?
- Non, pas du tout, rigole-t-il en me surplombant d'un regard tendre.
Je lève les yeux et rencontre les siens. Bah oui, c'est ce que je pensais : il se moque de moi. Mais le sourire en coin, et les petites courbes aux coins de ses lèvres quand il a ce rictus, sont tellement craquantes, que je n'arrive même pas à me fâcher, ou m'énerver.
- Ne fais pas ton enfoiré d'accord ? grommelé-je.
Il sourit, rayonnant, et c'est à ce moment que je sombre soudain dans une observation presque inconsciente de son visage sans défaut. Combien de fois l'ai-je touché depuis une semaine et demie ? Aucune idée, vraiment. Je ne peux oublier cette soirée que l'on a passée autour d'un repas de ma confection, dans une douce intimité obscure, écoutant le lointain son de la pluie qui tombaient, et de nos cœurs qui battaient. Ni cette déclaration que je lui ai livrée, et celle qu'il m'a ensuite livrée à son tour.
« Quand je m'attache à quelqu'un, c'est... pour toujours. » À l'instant, j'avais été aveuglé par ses beaux yeux, emporté par cette subtile demande d'éternité. Je n'avais que son visage de porcelaine à mon esprit, et la certitude que mon rôle était de le rassurer, de le protéger de la souffrance. Mais j'avais malgré tout vite compris ce que signifiait sa réticence du début de notre relation. Au fond, Sasuke a eu peur de me donner cette chose, qu'il a pourtant, en même temps, très envie de me livrer. Il n'en a probablement rien à faire de mes grands mots, de mes discours à la con, de mes « je te protégerai » ou « je ne te laisserai pas tomber ». Tout ce qu'il veut, et il me l'a clairement fait comprendre ce soir-là, c'est avoir la conviction qu'avec moi, ce sera du vrai. Il cherche un endroit sûr où il pourra se laisser aller… un endroit comme… dans mes bras, sans doute.
L'aimer est donc, désormais, mon but premier dans la vie. L'aimer sans échouer, s'entend. L'aimer fidèlement, comme il le mérite.
Je reviens peu à peu à moi, sortant des dédales de mes pensées enchevêtrées et complexes, quand je vois un mince filet d'incertitude voler le sourire sur les lèvres roses pâles que je fixe sans m'en rendre réellement compte, depuis je ne sais combien de longues minutes. La seconde suivante, un doux son en sort.
- Quelque chose ne va pas… ? demande Sasuke, tout doucement, intrigué à la fois par mon regard perdu et mon mutisme.
Je réagis sans trop de retard, cette fois, et réponds presque aussitôt :
- Ça va. Je te regardais, c'est tout.
Il baisse les yeux, mais puisqu'il est plus haut que moi, je peux encore les voir. Deux pierres obsidiennes d'un noir pur, qui brillent de toutes sortes d'émotions, mais à l'instant, dominées par la confusion et l'intrigue. J'amène une main vers son genou que je touche doucement.
- Tu te faisais pas du souci pour moi, par hasard, Sasuke ? demandé-je, taquin mais tout de même un petit peu sérieux.
Il lève le menton et dirige ses yeux, non pas outrés (ce à quoi je m'étais attendu), mais plutôt surpris vers moi.
- Non, répond-t-il calmement. Je me demandais à quoi tu pensais, fin de l'histoire.
- Même pas un peu ? Genre, ça t'inquiète pas quand je suis perdu dans mes pensées comme je l'étais à l'instant ?
- Pourquoi le serais-je ? s'énerve-t-il. Te connaissant, tu m'en aurais parlé, si c'était un truc grave.
Dans son agacement, j'aperçois une fine touche de nervosité, de fébrilité, comme si j'ai touché la bonne corde. Il s'inquiétait ! Un éclair de victoire vrille mes yeux et je souris en me mordant la lèvre inférieure.
- Ne me la fais pas, Sasuke. Je sais que tu t'inquiètes pour moi, ne le nie pas.
- Tu sais que tu es vraiment lourd, parfois ? me lance-t-il avec un regard de tueur alors que je me lève.
Il me suit des yeux quand je viens m'installer entre ses jambes, attrapant une cuisse dans chacune de mes mains pour les appuyer de part et d'autre de mes hanches. Lui assis et moi debout, je suis un peu plus petit que lui, mais cette position n'en est pas moins provocante et sexy. Nos regards soudés l'un dans l'autre. Moi, aussi passionné et joueur que je l'ai toujours été, et lui, terriblement ennuyé et légèrement agacé par ma fougue, et mon acharnement à l'embêter.
Je m'approche un peu plus de son visage, et viens tapoter son nez d'un doigt.
- Et toi tu es vraiment, vraiment mignon.
- Recule ou je te cogne, m'avertit-il.
- Rooh, qu'est-ce qui t'arrive ? T'es pas d'humeur, Sas'ke ?
- Pas à me faire traiter comme si j'étais un enfant.
- Mais il fallait le dire que tu voulais être traité comme un adulte !
Ses yeux continuent à me foudroyer, ce qui est carrément excitant. Ce côté bête sauvage à dompter en lui est tellement attirant, que sans plus attendre, j'attrape son visage et fond sur sa bouche. L'une de ses mains se plaque sur le bureau, pendant que l'autre vient s'accrocher à mon col, afin de tirer légèrement dessus. Aaah… Même si je lui tombe sur les nerfs, il a toujours autant envie de moi. Ça me fait sourire dans le baiser, alors que j'approfondis l'échange, enfouissant ma langue dans sa cavité buccale à la recherche d'une caresse plus intense, plus renversante. Encore une fois, ses doigts glacés viennent frôler ma peau au niveau de ma gorge, au moment même où je l'entends gémir, ses joues devenues brûlantes sous mes doigts. Un frémissement nous traverse de part et d'autre. J'entends un doux gémissement gronder comme un faible grognement dans sa gorge – j'ai la sensation d'avoir réussi à dominer la bête, ce qui me fait à mon tour gronder de plaisir et de satisfaction.
Le feu et la glace entre nous créent, à tous les coups, un excellent cocktail qui suffit à m'envoyer dans les étoiles – et ce, depuis cette soirée sur le terrain d'entraînement, où on s'est embrassés pour la première fois, devant ce coucher de soleil radieux. Un couple électrisant, voilà ce que nous sommes. Un doux mélange… mais un mélange également explosif. Chaque fois, j'ai l'impression d'être sur le point de détoner. Ou peut-être est-ce mon cœur qui fait tout ce bruit ?
En m'écartant doucement, je glisse une main vers sa taille que j'enserre délicatement mais fermement d'une poigne et je pose mon front sur le sien.
- Alors ? murmuré-je. Avoue que tu t'inquiétais, monsieur-je-suis-le-plus-têtu-du-monde.
Un rictus apparaît sur ses lèvres, reluisantes de nos salives. Je recule et l'observe, pendant que dans un fin sifflement, nos souffles se mêlent. Il continue à me fixer.
- Tu ne lâcheras pas l'affaire, hein ? Tant que je ne l'aurais pas avoué de vive voix ?
- Aucune chance.
- Et qui est le plus têtu, après ?
- Ça, c'est à en débattre, bébé.
- Alors là, je suis très inquiet, avoue-t-il en croisant les bras sur son torse.
- Ah ?
Je fronce les sourcils.
- Pour ta vie, réplique-t-il, si tu m'appelle encore une seule fois comme ça.
Ma tête se penche vers l'arrière quand un grand éclat de rire me prend. La pièce est envahie par mes excès de rigolade et j'imagine très bien, sans pourtant les voir, les traits de Sasuke se renfrogner. Soit son regard assassin s'est refroidi de plusieurs degrés, soit il a roulé des yeux, ou soit il me sautera à la gorge bientôt, c'est selon. Je vote pour… tiens, toutes ces réponses !
- Bah, c'est qu'un p'tit surnom affectif. Bébé. C'est pas joli ?
- Ma proposition de te cogner tient toujours.
Je m'avance d'un pas, et entoure son corps tendu de mes bras.
- Je trouve ça mignon, moi… Tu es mon bébé, après tout, susurré-je en venant embrasser sa jugulaire, provoquant un grand frisson sur sa peau.
Sa main droite s'aplatit sur mon biceps afin de me retenir, mais la mienne descend déjà vers son ventre.
- J'ai été le bébé de ma mère et c'est tout, lâche-t-il.
- Combien veux-tu parier que je te le ferai crier un jour ? chuchoté-je à son oreille. Que tu m'appartiens ?
On aurait clairement pu voir le rouge trancher en une seconde sa peau parfaitement blanche, mais à part ce signe qui parle de lui-même, aucune réaction sur son expression ne me fait penser que ma réplique l'a gêné. Mais je sais que je l'ai gêné, et j'en suis tellement satisfait que je ne peux m'empêcher de sourire largement.
- Naruto…
- Oui ? fais-je, l'innocence même.
Un long silence s'éternise, durant lequel je lèche doucement la peau de son cou, derrière son oreille, sa nuque. Sa main a de moins en moins de motivation autour de mon muscle, ce qui me fait très plaisir. Elle s'y accroche presque, désormais. Quand, enfin, il reprend :
- Tu es un tel pervers.
- Ose t'en plaindre, Sasu…
- Naruto.
Il roule des yeux puis soupire de nouveau mon nom lorsque j'atteins une zone sensible de son cou, un soupir qu'il n'a pas pu retenir. Je frissonne à ce doux son, si sensuellement près de mes oreilles. Ses doigts se sont enfoncés dans la manche de ma veste d'hokage, encore au niveau de mon biceps.
- Tu as du travail, achève-t-il. On a du travail.
- Je sais.
- Alors arrête. Imagine que quelqu'un entre.
- Hmm… Ça me donne des idées…
Il détourne la tête afin de me priver de son cou. Ce sont ses lèvres que je retrouve alors près des miennes. Mais également ses yeux.
Voyant qu'il est sérieux, je souris et l'embrasse vite fait avant de me résigner à faire un pas derrière. Mes mains, toujours sur ses hanches, glissent vers ses cuisses et se posent finalement sur ses genoux.
- C'est vrai, tu as raison. Mieux vaut être raisonnable. Et puis, j'aurai tout le temps de profiter de toi… à l'avenir.
- Oui, dit-il tout bas.
Un silence s'ensuit. Je soupire et me déplace légèrement pour reprendre ma place sur mon siège. Le chaud s'éloigne, c'est désormais le froid qui me frappe au visage comme une claque. J'ai, effectivement, très hâte à l'avenir. Au moment où nous ne ferons plus qu'un… J'en ai envie, depuis la première fois que ses lèvres ont touchées les miennes. Mais il faut que je me calme, pour l'instant…
J'attrape mon stylo et survole le document des yeux, étouffant un profond soupir.
Cinq jeunes genins ont apparemment passé le test. Normalement, cela aurait dû être à moi d'en décider, mais l'Examen Chunin a été organisé et prévu avant mon retour au village et avant que je ne devienne hokage. Donc, cette tâche revient à Tsunade, car elle était l'hokage lorsque l'Examen a été préparé. En plus, je n'ai que quelques semaines d'expérience, je ne peux pas prendre des décisions aussi importantes que la nomination des futurs chunins. Malgré tout, je dois approuver ces choix, car que ce soit Tsunade ou quelqu'un d'autre qui ait été en charge de cet Examen, je reste, officiellement, l'hokage.
Je signe vite fait, malhabilement, si doué que je suis avec un crayon, et range ces papiers aussi rapidement que Tsunade me les a mit sur la table quelques instants plus tôt.
Aussitôt, la belle voix de velours résonne.
- Qu'est-ce qui était à l'horaire après ça ?
- Tsunade baa-chan m'a promis un après-midi calme et pas trop chargé, dis-je légèrement boudeur. Je crois qu'on a reçu des propositions de missions que je dois classer pour des jeunes genins, je m'occuperai de ça plus tard. Ce qui m'importe le plus, c'est… En fait, je voulais… faire venir Hayato afin que l'on poursuive le dossier de sa sœur.
Sasuke ne dit rien mais ne semble pas énervé par cette nouvelle. Je sais qu'il n'aime pas trop cette fille, surtout le lien possible et éventuel avec son frère. Mais je ne vois aucun embêtement sur son visage, je décide donc de poursuivre.
- Il y a deux semaines, j'ai fait envoyer une équipe d'AMBU dans un petit village pas loin d'ici, parce qu'apparemment, les villageois auraient aperçu Zoumi rôder – c'est un autre ninja de notre village qui m'a fait parvenir cette info. Certains ont même dit qu'elle était poursuivie par des ninjas qui faisaient énormément de bruits, que la terre en tremblait à leur passage.
- Des chevaux, remarque Sasuke, le visage sérieux, me regardant.
- Oui, déclaré-je en plongeant dans ses yeux.
- Qu'est-ce qu'elle fabrique, à ton avis ?
- Je l'ignore. L'équipe n'est toujours pas rentrée. C'est soit parce qu'ils ne l'ont pas trouvée, soit parce qu'ils ont trouvé sa trace et qu'ils la traquent. Je ne sais pas quoi penser.
- On s'en fait trop avec ça. Attendons simplement qu'elle réapparaisse. Si… comme je le pensais… elle est vraiment…
Sasuke a du mal à faire sortir ce mot, mais je le comprends. Après un petit moment, il décide de passer à côté.
- Si elle est vraiment dans cet état, si elle a des comptes à régler avec moi, avec mon clan, elle se remontrera. Entretemps, la vie continue à Konoha. Et t'es en train de te rendre malade avec ça.
- Pas moi, fais-je remarquer en lui lançant un coup d'œil par-dessus mon épaule. Hayato est en train de se rendre malade.
- Toi ou lui, peu importe. Cette histoire nuit au bon fonctionnement du village et de nos ninjas. Qu'est-ce qu'on peut y faire, après tout ? Si elle décide de se cacher, d'accord, c'est son problème.
Je médite quelques instants ses paroles, le regard fixé droit devant, dans le vide, alors que mes doigts jouent avec mon stylo. C'est vrai, Sasuke a raison. J'ai envoyé des shinobis la traquer, ils font leur travail et pendant ce temps, je devrais faire le mien sans m'en préoccuper. C'est si compliqué. J'ai l'impression qu'il faut que j'aie la tête ici et là en même temps…
Au bout d'un très long moment de silence, j'entends un soupir venant d'à côté de moi. Sortant de mes pensées, je tourne le visage vers Sasuke, l'auteur de ce petit son presque découragé, et le vois qui contourne mon fauteuil pour se diriger vers la fenêtre. Je le suis des yeux. Sa démarche semble fatiguée, peu confiante.
Je fronce mes sourcils toujours en le fixant. Devant la fenêtre, il porte une main à ses cheveux puis la fait descendre à sa nuque.
- Sasuke ? demandé-je.
Quand je ne reçois aucune réponse, je décide de me lever et de m'approcher. Ma main trouve naturellement refuge autour de son bras que je ne serre à peine.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Son visage de profil ne réagit presque pas. Je n'aperçois qu'un bref froncement de sourcils. Sa lèvre inférieure se fait mordre légèrement par deux dents qui ne sortent à peine de sa bouche. Ses yeux qui pointent l'horizon sont de nouveau indéchiffrables.
Mon inquiétude commence à s'élever en moi comme un mauvais pressentiment.
- Hey, insisté-je dans un murmure doux.
- Et si elle était vraiment… si elle portait vraiment l'enfant d'Itachi ?
Je suis pris au dépourvu. Ses mots ont été chuchotés plus bas encore que mon « hey ». Sa voix n'indique ni de la douleur, ni de la colère. Elle me semble à moi simplement intriguée, elle ne formule qu'une question, ni plus ni moins. Mais je sais que c'est plus profond que ça. Je sais que Sasuke est malade tout au fond de son être à imaginer que son assassin de frère ait pu mettre une femme enceinte, que le meurtrier de ses parents et de sa famille entière ait pu laisser sa trace sur la terre…
Peut-être que mes hypothèses concernant ce qu'il pense sont complètement fausses. Après tout, lire en Sasuke, c'est impossible. Quand il décide de se fermer comme ça, quand il décide que son regard se voile, même moi je n'arrive pas à pénétrer dans sa tête. Ce qui, malgré moi, m'attriste.
- C'est une possibilité qu'il faut considérer, Sasuke. Je…
- Comment ? crache-t-il alors et son visage se déforme avec une rage soudaine. Comment a-t-il… osé… ?
- Ne pense pas à ça, m'empressé-je de dire en lui attrapant le bras plus fortement.
Je me penche et l'enserre contre moi, posant mon front contre sa tempe en une tentative d'étreinte rassurante et calmante. Le voir s'énerver, s'empoisonner avec des émotions si néfastes n'est pas ce que je veux. Loin de là. Délicatement mais fermement à la fois, je passe mon bras autour de lui.
- N'y pense pas, chuchoté-je de nouveau.
Son visage se tourne complètement vers le mien, et je le sens se calmer, alors que son front se rapproche du mien.
- Ça prend toute la place dans ma tête, souffle-t-il sur un ton suppliant en levant les yeux vers moi.
- Je sais…
Ses billes noires disparaissent à nouveau quand il baisse la tête. Mais je la lui remonte aussitôt, dans un tendre geste, ma main sous son menton. Sans vraiment le vouloir, ou du moins c'est ce que je ressens alors, il replonge dans mon regard. Ce petit quelque chose de brisé en lui, dont il m'a parlé le soir où il s'est déclaré à moi, j'arrive à le voir à l'instant. La déchirure de son âme, causée par son frère, réapparait devant mes yeux.
Une éclaire de douleur me traverse et je grimace malgré moi et pour le cacher – inutile qu'il ait sur la conscience que je m'inquiète comme un damné pour lui – je passe mes bras autour de son cou et le serre contre moi si fortement qu'il reste pétrifié quelques secondes, écrabouillé contre mon torse et enseveli sous mes biceps. Ma tête repose contre la sienne, et bientôt, ce qui me soulage, je sens ses mains se poser délicatement sur le haut de mon dos. Son visage dans mon cou semble se détendre, je peux presque sentir ses yeux se fermer.
- Je sais que ça te rend dingue, murmuré-je.
- Plus que tu ne le crois.
- Pour l'instant, va falloir rester lucide. Pourquoi ne pas se défouler ce soir ? Avec un bon entraînement.
- J'en ai terriblement besoin, soupira-t-il.
- Génial. Peut-être pourrais-je enfin réveiller la bête en moi, ricané-je.
Il s'écarte et me regarde presque avec un sermon inscrit dans le front.
- Naruto, je n'ai jamais dit que tu avais une bête en toi. J'ai seulement dit que cette force spéciale que tu as, celle avec laquelle tu as vaincu tous tes ennemis, finira par ressortir un jour, quand un danger surplombera Konoha.
- Ouais, c'est tout comme une bête tapie au fond des ténèbres, ça, continué-je sur le même ton de plaisanterie.
- On ne se cachera pas que Kyubi existe, dit-il. Mais ce n'est pas de lui que je parle.
- Ouais, ouais !
- Mais tu m'énerve à la fin, espèce de baka ! s'exclame-t-il en me bousculant l'épaule.
J'éclate d'un grand rire et malgré tout, il me rejoint vite, rigolant avec moi, ne pouvant résister à mes idioties.
Quel bonheur de revoir ces étoiles briller dans ses yeux…
Zoumi poussa un cri en sautant d'un arbre très haut. Atterrissant saine et sauve sur la terre ferme, telle un félin, elle se redressa, essoufflée, et regarda derrière elle. Cette folle poursuite dans la forêt n'allait donc jamais se terminer ? pensa-t-elle avec agacement. Voilà de longs kilomètres qu'elle parcourrait en étant poursuivie. Dans cet endroit, cela semblait encore plus long et interminable. Cette forêt dense et profonde, était aussi sombre qu'en pleine nuit, la cime des arbres tellement haute qu'elle en bloquait le passage des rayons lumineux.
Elle plissa les yeux et tenta d'apercevoir un mouvement au loin, mais rien. Les avait-elle semés? Probablement pas. Les chances étaient minces. Et puis c'était trop silencieux, tout d'un coup, il fallait qu'elle fasse confiance à son instinct. C'était trop calme, elle savait que ses poursuivants n'étaient pas loin, qu'ils se cachaient pour lui tendre un piège. Elle ne devait en aucun cas s'arrêter.
La jeune femme serra les lèvres et se détourna. Ses mains tremblantes se posèrent sur son ventre arrondi et elle gémit, en se penchant un peu vers l'avant. Son souffle était saccadé et ses jambes de plus en plus faibles. C'était peut-être une mauvaise idée, d'avoir dit à Itachi qu'elle serait en mesure de se rendre à Konoha à coup sûr. Elle avait cru qu'elle le pourrait, à ce moment-là, mais cette douleur dans le ventre persistait, dans le dos également, et ça la nuisait. En plus, elle n'avait jamais envisagé que ces foutus barbares la localiseraient et la pourchasseraient si vite. Konoha ne devait plus être très loin, cela dit... la distance semblait infinie.
Levant les yeux embrumés de douleur vers l'avant, elle se mordit violemment la lèvre.
- Ça ira, marmonna-t-elle s'adressant au petit être qui vivait en elle. J'y suis... plus que quelques kilomètres... il faut tenir.
Elle se remit à courir, mais tout d'un coup, elle se mit à sentir autour d'elle les chakras puissants. Ils étaient là, ils n'étaient qu'à quelques mètres...
La panique la posséda si violemment qu'elle accéléra, courant maintenant d'une vitesse affolante et, tremblante, elle sortit ses kunaïs en chemin dont elle s'arma. La priorité, c'était de protéger son enfant, le reste, elle s'en fichait. Qu'elle atteigne Konoha ou pas, elle n'en avait plus rien à cirer, désormais. Alors, en essayant de suivre l'énergie derrière elle, elle sut qu'ils la suivaient, de très, très près. Aussi tenta-t-elle de les semer à nouveau, en les entraînant dans une embuscade. Il lui suffirait de changer sa trajectoire et de les déjouer.
Mais avant qu'elle n'ait pu mettre son plan à exécution, un cheval sortit des broussailles derrière elle, dans un long hennissement, courant si vite qu'elle pouvait sentir le résonnement de ses sabots au sol. On aurait dit une armée. Un long frisson la prit. Tout allait si vite, tout était si bruyant. Elle espérait que tout se termine bien, même si elle en doutait. Et la panique, telle un poison coulait dans ses veines et la ralentissait.
- Rends-toi ! cria le chef, celui qui était en tête de troupe, tout juste derrière elle. Tu as déjà perdu, inutile de prolonger cette poursuite, tu nous fais perdre notre temps, ma chérie !
Grimaçant, Zoumi se retourna en plein vol et balança un kunaï. Cependant, son adversaire avait pensé à la même chose. Écarquillant les yeux lorsqu'elle réalisa que le projectile se dirigeait directement sur son front, entre ses deux yeux, elle tenta de s'écarter en se projetant de côté, mais le kunaï eut le temps de lui entailler la joue. Elle hurla de douleur alors que son corps fut propulsé au sol, brutalement, et dans sa malchance, elle dégringola d'un ravin abrupt. Les feuilles et les branches lui éraflèrent la peau ici et là, déchirant également quelques parcelles de vêtements. Tout en bas, elle termina sa descente dans un étang glacé.
Abasourdie, elle tenta de remonter à la surface afin de respirer profondément. Une fois la tête en dehors, elle entendit les voix de ses assaillants :
- Elle a filé, chef !
- Je ne sens plus son chakra !
- Bandes d'incompétents ! Trouvez-la !
- Je paris qu'elle a prit la fuite en direction de Konoha. On devrait s'y rendre.
- Non, c'est trop évident. Réfléchis un peu, Tsukito. Elle a dû se trouver une bonne planque, voilà tout. En route ! Et restez aux aguets ! Inspectez les buissons et les arbres ! Je veux que vous-...
Elle replongea dans l'eau quand elle vit, au sommet du ravin du haut duquel elle était tombée, les chevaux se retourner et repartir vers l'est – la direction contraire à Konoha. Elle resta cachée sous la surface un long moment, pour être certaine qu'ils fussent bien partis. Quand elle n'entendit plus le martellement des bêtes faire trembler le sol, elle sortit de l'eau.
Faiblement, elle se traîna dans la boue et s'écroula un peu plus haut. Ses forces semblaient l'avoir quittée définitivement. Elle fixa le ciel clair qu'on pouvait voir ici, en grelottant, frigorifiée par cette eau sale, et l'air froid lui gelait la peau douloureusement. Ses vêtements étaient trempés et crasseux, et quelques morceaux d'algues s'étaient accrochés autour de son poignet et de sa jambe droite.
Et son ventre la faisait souffrir.
Quelques larmes coulèrent de ses yeux, roulant sur ses joues et brûlant sa peau froide, se mêlant au sang de son entaille. D'une main, elle balaya ses larmes puis vint poser sa main ensanglantée sur son ventre, priant tous les dieux pour que cette chute n'ait pas été fatale... et que son petit ange n'ait rien, même si c'était carrément comme demander à Dieu de reprendre Lucifer dans son paradis. Elle le savait... cette chute... elle avait déboulé le ravin si brutalement... Doucement, imaginant le pire, elle se mit à sangloter, la tête enfoncée dans la terre, entre quelques branches mortes, les cheveux entortillés, emmêlés de brindilles et mouillés.
Zoumi ignorait combien de temps s'était écoulé quand, prenant son courage à deux mains, elle se releva. Tenant toujours son ventre d'un bras, elle escalada avec une extrême prudence la colline et repartit vers Konoha, à moitié consciente de la gravité de sa situation. Ces imbéciles l'avaient loupée, songeait-elle, tant pis pour eux. Il fallait qu'elle atteigne le village de la feuille. Elle avait non seulement un message à délivrer, mais elle était faible, blessée et enceinte, par-dessus tout. Et elle savait également que ce n'était pas en restant là dans la boue, qu'elle reverrait Itachi un jour. Le visage du jeune homme à son esprit lui donna la force nécessaire pour continuer à avancer.
Plus que quelques kilomètres...
- À quoi penses-tu ?
Ma voix s'élève dans la tranquillité du soir. Après un entraînement dur et sévère (que nous avions tous les deux besoins pour nous défouler un peu) et un repas bien mérité, nous voilà étendus dans le lit de Sasuke, chez lui, où il a eut l'amabilité de m'inviter. C'est la première fois que j'y viens, et je n'ai pas été surpris de découvrir un appartement impeccable – tout ce que Sasuke touche est impeccable de toutes façons… Il y avait quelques petites choses qui n'étaient pas rangées ici et là mais qui reste dans la limite du normal, et qui me rassure sur le fait qu'il soit bel et bien humain, après tout.
- À rien… murmure-t-il, me tirant de mes pensées. J'essaie de faire le vide.
Un peu plus tôt, alors que nous étions devant la télé, il s'est mis à avoir si mal à la tête qu'il a voulut qu'on aille se coucher sans attendre, ce qu'on a fait, malgré qu'il soit encore tôt.
Il s'est allongé tout contre moi, la tête sur mon torse, pendant que moi, je suis couché contre les oreillers, le dos légèrement relevé. J'ai passé un bras autour de lui, tandis que l'autre repose derrière ma nuque. Je le regarde depuis un long moment, écoutant le souffle de nos respirations. On est si bien que, pour un instant, je pourrais presque oublier qu'il a mal et apprécier pleinement le moment sans me soucier de mes inquiétudes. Après cette si longue journée mouvementée au village, je ne peux que soupirer de bien-être, là, tout contre la personne que j'aime…
- T'as encore mal à la tête ? demandé-je tout doucement, en me penchant pour lui embrasser le sommet de la tête.
Il gigote légèrement au contact, se blottissant un peu plus contre moi.
- Non… ça va maintenant, avoue-t-il avec une légère hésitation.
- T'es sûr ? insisté-je.
- Oui, t'en fais pas avec ça, marmonne-t-il rapidement.
- Tu sais, ça commence à être étrange tout ça. Des étourdissements, des migraines… T'es sûr qu'il n'y a rien d'autre ?
- Naruto, je suis un grand garçon, j'irai voir un médecin quand je le jugerai nécessaire.
- Réponds. T'as autre chose ? Comme des problèmes de vision ou j'sais pas quoi ?
- C'est quoi le rapport ? s'enquit-il en se redressant légèrement afin de me regarder.
- Ben, les étourdissements et les maux de tête, ça peut avoir un lien avec la vision. Peut-être qu'il y a un problème avec ton sharingan, ça ne coûte rien d'aller consulter… Par mesure de précaution…
Il me fixe un petit moment, avant de détourner le regard nerveusement, puis de se recoucher sur moi. Je le serre un peu plus fort, angoissant à l'idée de ne pas être au courant de quelque chose de plus grave.
- Imagine que ça t'arrive en plein combat, chuchotai-je tendrement après un petit silence. Tu perds l'équilibre, t'as le tournis… qui sait. Et l'ennemi en profite pour t'attaquer. Ça pourrait t'être fatal.
En disant ces paroles, il me vient un frisson incontrôlable. De son côté, Sasuke, qui l'a bien sentit, a un petit rire qui fait secouer sa poitrine. Je fronce les sourcils.
- Qui s'inquiète maintenant ? rigole-t-il dans un doux murmure.
- Moi !
- Et est-ce que c'est pour ça que tu ne m'envoie plus en mission ?
- Quoi ?
- Je ne me rappelle pas avoir eut de mission depuis la dernière avec Sakura, qui s'est terminée le jour où t'es rentré au village. Tu te souviens ? C'est bizarre… Le nouvel hokage ne semble pas pressé de me faire travailler…
Malgré l'amusement dans sa voix, je perçois l'agacement et le sérieux qui s'y trouvent. Je souris en décidant de jouer le jeu.
- Je ne sais pas de quoi tu parles…
- Sérieusement, Naruto. J'aurais envie d'un peu d'action… Si tu pouvais me trouver quelque…
- Non, définitivement pas maintenant, grogné-je.
- Pourquoi ? s'agace-t-il.
- Écoute. J'ai besoin de toi. Tu es mon assistant, mon garde du corps, mon bras droit au travail. Je suis pas encore un excellent hokage, j'peux pas me passer de toi. Et si je ne t'ai pas envoyé en mission c'est que depuis ta dernière, tu as accumulé les blessures. D'abord celle de ton épaule, puis l'autre sur ta tête. Tu n'es pas guéri à cent pour cent et avec ces étourdissements et ces malaises qui te prennent ces derniers jours… Ne crois pas pouvoir partir bientôt en mission.
- C'est quand même mon boulot, tu sais, dit-il en se redressant de nouveau.
Son regard plonge dans le mien et je baisse un de mes bras afin de venir poser une main sur sa joue.
- Je sais. Mais je ne veux pas risquer ta vie. Tu n'es pas en état d'effectuer une mission de ton niveau habituel. C'est la même procédure pour tous les shinobis du village qui sont en état de blessure ou de maladie. Et puis, je doute que tu veuille remplir les missions C et D qui comportent moins de risques…
- Mais je ne suis pas malade ! s'entête-t-il. Franchement, je peux très bien me débrouiller, c'est pas quelques douleurs qui vont m'empêcher de faire ce que je fais de mieux. Je suis un ninja, j'ai besoin de me battre, de tuer quelques bandits…
- Ma décision n'est pas réversible, souris-je en approchant mon visage pour déposer un baiser sur le bout de ses lèvres.
- T'es nul Uzumaki !
Mon sourire s'allonge un peu plus contre sa bouche, lorsque je sens ses bras glisser autour de ma nuque afin de me tirer à lui d'une façon possessive qui m'excite totalement. Il ne m'embrasse pas, ne fait que me chauffer. Et sa respiration qui s'accélère progressivement, mêlée à la mienne, me chauffe on ne peut plus…
- Ah ouais, je suis nul ?
- Hn ! fait-il avant de finalement choper mes lèvres pour le début d'un long baiser ou du moins, c'est parti pour ça.
Ses doigts fins se faufilent entre mes cheveux. Je décide de ne pas laisser les miennes inactives en entreprenant de les faire descendre le long de sa taille jusqu'à ses hanches. Un doux frisson couvre son épiderme et ma bouche, attirée par cette réaction délicieuse, part embrasser sa joue, puis sa mâchoire, se dirigeant peu à peu ainsi jusqu'à cette partie sensible derrière son oreille.
J'attrape alors ses hanches et le fais basculer pour qu'il se retrouve sous moi. Je m'appuie d'une main d'un côté tandis que de l'autre je continue mes caresses sur son corps frémissant. Mes lèvres chatouillent sa peau sensible et du bout de mon nez j'écarte quelques mèches qui me gênent, puis je l'embrasse de nouveau, sans attendre, un peu partout. Pendant ce temps, ses mains explorent mes formes à leur tour, se baladant jusqu'à ma taille qu'elles saisissent avec douceur et fermeté, envoyant des décharges d'excitation dans chacun des membres de mon corps. Mon corps totalement en alerte…
Je me remets à l'embrasser sur la bouche, attrapant ses lèvres avec force et envie, une terrible envie.
Ce n'est que quand il soupire de bonheur que je réalise un peu ce qu'il se passe… mais je n'arrête pas pour autant. C'est si bon, si juste, si doux. J'ai le cœur qui bat à cent à l'heure alors que j'ai sous moi le corps de Sasuke Uchiha – et qui bat encore plus vite en sentant que c'est ma place. Cette simple constatation me fait frémir de joie. Son corps frissonnant, qui m'appartient complètement, son corps qui répond au mien. Il est clair que j'aurais coucher avec lui volontiers sans même avoir de sentiments. Il est d'une beauté exceptionnelle… Qui lui dirait non ? Qui se refuserait à lui ? Il faudrait être asexué ou alors pour un homme complètement hétéro pur et dur. Je crois que j'aurais changé d'orientation rien que pour entendre ces doux sons qui sortent de cette bouche parfaite… Rien que pour le posséder…
Mais le fait de ne pas seulement sentir mon membre palpiter mais aussi mon cœur, le fait que toute mon âme y soit impliquée ajoute des centaines de sensations… toutes aussi merveilleuses les unes que les autres. Plus jouissives, plus satisfaisantes… plus vraies. Et je ne pourrais jamais plus m'en défaire.
Dieu… J'en ai tellement envie… Ce devrait être interdit de le vouloir autant !
- Tu voulais un peu d'action, marmonné-je, souriant de façon amusée en relevant la tête. Il fallait seulement demander, tu sais…
Ses pommettes rouges se lèvent vers moi et son sourire me fait chavirer instantanément. Ce n'est pas un de ses sourires arrogants, ni fiers, ni pervers. C'est un sourire innocent, plein de joie et d'enfance. Des yeux pétillants d'amour. Combien de fois dans une vie verrais-je ce genre de lueur, non, de lumière, dans ses yeux?
Je souris sans m'en rendre compte, plus heureux que jamais, et viens embrasser son nez. Ses paupières se ferment au contact mais il les rouvre aussitôt que je me recule.
Il me regarde en retenant un rire.
- Où as-tu appris à être si pervers ?
- Tu crois que je foutais quoi pendant cinq ans, hein ? m'exclamé-je avec un éclat de rire.
Il rougit en roulant des yeux, puis sa main vient ébouriffer mes cheveux blonds.
- Irrécupérable !
- Nee, Sasuke. Tu es magnifique, révélé-je alors, plus sérieux que jamais.
Sur le coup, il est surpris. Son sourire s'efface graduellement, réalisant les mots que je viens de prononcer. Il me fixe, l'air de ne pas comprendre ce qu'il se passe. Quant à moi, je souris tendrement, avec amour, et d'une façon un peu niaise. Ses fins sourcils noirs se froncent et sa bouche se serre légèrement.
Après quelques secondes, toujours sans parler, il détourne le regard, gêné. Mon sourire s'élargit et je ramène doucement sa tête vers la mienne mais plutôt que de lui dire quoique ce soit ou exiger une réponse, je l'embrasse.
Je l'embrasse amoureusement, glissant mes mains jusqu'à sa taille, puis vers son bassin que je plaque contre le mien. Il gémit entre mes lèvres quand je frôle de ma main baladeuse son intimité, bien cachée certes, sous ses vêtements. Je ne cesse le baiser même lorsque d'un coup de hanches j'écarte ses jambes. Un peu tremblant, il les passe contre mes cuisses. Je romps le baiser uniquement pour venir embrasser sa tempe, ses cheveux, mais lorsque je descends pour continuer vers sa gorge et son torse, il attrape mon visage et me le remonte vers lui.
Aussitôt je tombe dans deux abysses noires mais dans lesquels brillent des centaines d'étoiles.
- Il y a un problème, j'ai fait quelque chose de mal… ?
- Naruto ! me coupe-t-il dans un souffle tout bas.
- Euh… Oui ? fut la seule chose que je dis, un peu étonné, le souffle court.
Il me regarde intensément l'espace de quelques minutes, durant lesquelles je baigne dans l'incompréhension la plus profonde. Mon cœur bat des milles là-dedans, j'ai les jambes tremblantes et la chaleur qui me monte… Sasuke, sous moi, a les joues roses et le regard pétillant. Je ne sais pas ce qu'il a à me dire dans un moment comme celui-là, mais j'ai bien hâte de le savoir.
- Sas…
- Je t'aime ! pousse-t-il finalement, et le néant total se fait dans ma tête suite à ces trois mots.
Je crois que mon cerveau a cessé de fonctionné. Au-dessus de son corps, le mien se fige.
- Quoi ?
- Je suis amoureux de toi… répète-t-il dans un chuchotement, me rapprochant grâce à ses bras soudés autour de ma nuque, ses yeux ne lâchant jamais les miens. Comme un fou ! Tout est clair, pour moi, maintenant !
- Tu… tu viens de t'en rendre compte, comme ça, tout d'un coup ? balbutié-je en lâchant un rire que je ne peux retenir.
- Oui, j'imagine… Mieux vaut tard que jamais, non ?
- Oh, Sasuke…
- Tu voulais être fixé… à propos de mes sentiments. Maintenant tu sais. C'est toi… depuis le début.
- Le début ?
Il me regarde un moment, avant de baisser les yeux, réfléchissant. Ses mains glissent jusqu'à mes épaules, provoquant mes frissons. J'attends patiemment.
- Je ne sais pas quand exactement, finit-il par déclarer, toujours en chuchotant. Je sais seulement qu'il y a toujours eu quelque chose entre nous. Est-ce que tout a commencé quand je t'ai protégé contre Haku, ou alors était-ce quand toi tu m'as protégé contre Gaara, durant l'Examen Chunin ? Ou quand tu es rentré au village et que j'ai réalisé que tu m'avais manqué à un point inimaginable ? Je ne sais pas. Peut-être que tout s'est concrétisé quand tu m'as embrassé. Mais à l'instant, je me rends compte que… quand tu es là, avec moi, si près, quand tu me tiens dans tes bras, je n'ai besoin de rien d'autre. J'ai la certitude que plus rien n'a d'importance, plus rien n'est nécessaire, à part ce qu'on a. J'ai l'impression d'être à ma place, que toi et moi, ça tombe sous le sens. C'était la suite naturelle des choses… en quelque sorte. C'est vrai que j'ai eu peur, que j'ai douté, que j'ai été aveuglé par mon passé et par mes craintes idiotes, mais désormais j'ai besoin de toi plus que tout. Parce que je me sens complet avec toi, je ne suis plus brisé…
Il rougit adorablement en baissant la tête. Cette courte pause me donne à peine le temps de me demander si je respire encore, mais je ne trouve pas de réponse, quand il reprend, tout bas, fixant mon torse plutôt que mes yeux :
- Et voilà… Tu connais mes sentiments, maintenant.
Un long moment je reste immobile au-dessus de lui. Mon cœur semble s'être arrêté. Mes membres sont mous et figés tout en même temps, je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas si c'est possible de ressentir autant de bonheur. Je vais exploser, c'est certain !
- Tu ne sais pas à quel point je suis heureux en ce moment, soufflé-je.
Il lève les yeux, comme soulagé que je parle enfin. Il rigole doucement et tend une main vers mon visage pour caresser ma joue. Les bouts de ses doigts fins se glissent dans mes cheveux et je ferme les yeux.
Puis, je me laisse tomber sur le côté, prenant cette main dans la mienne et l'embrassant vivement. Sasuke tourne la tête simplement pour continuer à m'observer. J'ai les yeux fermés, et j'ai presque peur de les ouvrir pour découvrir que tout n'a été qu'un rêve.
Mais je souris et finis par rouvrir les yeux quand je sens Sasuke revenir s'installer dans mes bras, posant sa tête sur mon torse, exactement là où mon coeur bat à cent mille à l'heure. Je l'enserre avec plaisir, reprenant les positions dans lesquelles nous étions tout à l'heure. Je sens inévitablement mes lèvres s'étirer en un large sourire, puis je passe mes bras autour de son corps, avec une joie difficilement retenue.
Ce sont deux coups secs et résonnants qui me réveillent. Sursautant, j'ouvre les yeux et me redresse. La première chose que je remarque est la lumière, pénétrant la chambre par rayons, entre les lattes du store. Je grimace et plisse les yeux avant de me les frotter vigoureusement.
Ensuite, lorsque je bouge légèrement, j'aperçois Sasuke qui dort encore près de moi. Sa douce respiration emplit le silence apaisant du matin (ou de l'après-midi ?), et je souris tendrement en me penchant pour lui embrasser le front, écartant quelques mèches qui lui tombent sur le visage. Il est magnifique. Je le contemple quelques secondes rêveusement jusqu'à ce que les coups ne se répercutent de nouveau – et je réalise que c'est quelqu'un qui frappe à la porte.
Je lève la tête et observe la porte de la chambre de Sasuke. Entre ouverte, c'est définitivement pas celle-ci. Mais attends, je suis chez Sasuke ? Lentement, je me souviens de notre petite soirée d'hier, j'ai sûrement dû m'endormir avec lui. Oui, voilà.
Curieux, je décide de me lever avant que la personne ne s'impatiente et pour une troisième fois ne frappe, je ne voudrais pas que Sasuke soit tiré d'un sommeil qui semble si doux et réparateur à première vue.
D'un pas léger, je me lève et marche jusqu'au couloir, sortant de la chambre en refermant la porte, puis finalement vers l'entrée. De nouveaux coups, complètement impatients, retentissent à la seconde où j'ouvre la porte.
- C'est bon, j'suis là !
J'ouvre et vois Hayato, l'air plus sérieux que jamais.
- Hey, Hayato.
- Naruto ?
- Euh ouais ?
Il me regarde un petit moment, l'air de se demander ce que je fais là. Après tout, je suis chez Sasuke, c'est donc lui qu'il s'attendait de voir. Mais pour une raison qui m'échappe, Hayato ne prend pas la peine ni le temps de me poser la question, et d'un air inquiet, entre. Je m'écarte pour le laisser passer puis referme la porte.
- Sasuke dort encore, alors ne parle pas trop fort, dis-je calmement.
- Très bien. De toute façon, c'est toi que je voulais voir.
- Ah ? Mais pourquoi es-tu ici ?
- Tu n'étais ni à ton appartement ni à ton bureau, c'est le premier endroit où j'ai pensé à te chercher.
Je souris nerveusement, puis fronce les sourcils alors qu'il fuit mon regard, l'air sincèrement inquiet et sérieux.
- Hayato, il y a un problème ?
- Écoute Naruto, il faut que toi et Sasuke veniez immédiatement avec moi. Neji et Kiba sont rentrés de mission cette nuit.
- C'est vrai ? Ils ont ramené ta sœur ? Que s'est-il passé ?
- Non. Ma sœur s'est pointée d'elle-même, très mal en point, hier soir également. Elle est à l'hôpital, à l'instant.
- Et ça t'inquiète ?
- Il y a pire.
- Quoi ? m'exclamé-je, ahuri.
Son regard profondément inquiet croise alors le mien. Il me fixe pendant de longues secondes, durant lesquelles mes mains sont devenues toutes moites.
- Hayato, que se passe-t-il ? demandé-je finalement.
- C'est à propos de Sakura que je m'en fais. Neji et Kiba ont retrouvé les corps de ses parents. Ils ont été assassinés.
À SUIVRE...
