TABLEAU RECAPITULATIF DISPONIBLE SUR MON PROFIL
Chapitre 3
PART 6
Mercredi 8 MAI 2002
- 10H00 -
Helen Harris ouvrait le colis de Towler quand le secrétaire pédant du Bureau des Aurors vint la prévenir que les détecteurs de mouchards moldus venaient d'arriver. Elle déchiqueta le papier qu'elle avait initialement pris soin de défaire. La pensine n'avait rien donné et elle avait encore des millions de choses à faire en deux heures. Ses mains tremblaient d'énervement et de stress. Elle devait tout faire avant leur réunion de midi ou Kenneth ne serait pas content du tout. Il était son supérieur, elle ne devait pas le décevoir !
Elle se calma instantanément quand elle vit ce qu'il y avait dans le paquet… Une boîte contenant un de ces appareils de communication moldus dont elle ignorait tout. Une note manuscrite de la main de Towler expliquait le fonctionnement avec des mots simples. C'était un rouleau de parchemin de soixante centimètres. Helen soupira… Et en plus elle allait devoir apprendre à se servir de cet engin !
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Damian connaissait très bien les portables, un de ses amis en avait un et lui avait montré comment l'utiliser. Ce n'était pas le même modèle mais une fois qu'on avait compris la logique, il était plus facile de s'adapter. Il entreprit alors d'appendre à Ginny l'usage de cet outil. Dans la note, Kenneth avait mentionné avoir déjà enregistré les numéros de toute l'équipe. Ils en avaient tous un, leur nom écrit sur chaque boîte pour ne pas qu'ils les échangent s'ils étaient en groupe, comme eux. Malheureusement, Weasley n'avait pas la tête à ça et le pressait plutôt d'accélérer pour qu'ils puissent interroger Charlie par les cheminettes internationales du Ministère.
- « Laisse-moi juste le temps de t'apprendre à l'utiliser correctement ! s'emporta Jennings. Je vais partir à la recherche de ce second John Smith anglais du milieu de la Tamise, il faut qu'on reste en contact.
- C'est bon, j'ai compris comment ça marchait ! Maintenant fous-moi la paix et va de ton côté ! »
Damian avait envie de lui donner une bonne gifle, mais se retint. Il devait la comprendre, son frère était de plus en plus suspect. Mais il avait du mal à se raisonner tant elle l'énervait en ce moment. Alors il resta sans rien faire et la regarda partir à grands pas énergiques quand il entendit la sonnerie d'un texto.
« Zacharias Smith est notre principal suspect. Je veux tout savoir sur lui. Enquêtez. »
Il leur avait offert des Smartphones pour leur donner plus de travail… Merci du cadeau. S'il pouvait au moins savoir comment Zacharias était devenu un suspect… D'où il sortait ? Et puis encore un Smith ! Ca faisait trois ! C'était quoi cette blague ? Il était un abonné des Smith ou quoi ?! Autre sonnerie.
« Occupe-toi de Zacharias. Je te tiens au courant pour Charlie. »
Au moins, Ginny savait effectivement se servir de l'appareil…
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Harry avait déjà un téléphone… Il soupira… Et bien il aurait un numéro professionnel et un autre personnel, comme beaucoup de moldus. Etrange pour un sorcier qui ne s'en servait presque jamais, mais bon… Astoria regardait ça comme une immonde ordure, le tenant du bout des doigts loin de son visage. Valentyne fixait encore le ciel pour comprendre d'où un tel cadeau pouvait tomber. Lui aussi voulait le dernier téléphone à la mode ! Avec son salaire, ce n'était pas un petit coup-de-cœur mais un sacré investissement et des mois d'économies ! Potter demanda à ce qu'il les conduise à la morgue, deux rues plus loin. Sur le trajet, il apprendrait à Astoria comment utiliser l'engin « non-désirable ».
Arrivés sur les lieux, Astoria avait déjà manqué de lancer son Smartphone six fois pour s'en débarrasser. Mais les arguments de Harry l'avait presque convaincue de le garder… pour l'instant. Elle faisait glisser son doigt frénétiquement sur l'écran, pestant contre l'usage absolument pas instinctif, et les applications totalement inutiles.
- « La bourse moldue ! ragea-t-elle. Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre de la bourse ?! Et on ne peut même pas supprimer cette merde ! C'est quoi leur problème ?! »
Et elle continuait encore. Harry en levait les yeux au ciel en soufflant pour la douzième fois quand ils pénétrèrent dans la morgue. Le corps les attendait tranquillement, nu sur une grande table froide en inox. C'était un homme à la peau basanée, revêtu du voile pâle de la mort. Greengrass n'avait pas l'habitude de voir des cadavres, elle se tut immédiatement pour frissonner de dégoût. Elle poussa Potter dans le dos pour qu'il avance mais resta en arrière. Astoria n'aimait pas du tout les morts… Cela était évidemment du à la guerre et à tout ce qu'elle avait vu. Avant, elle avait pensé devenir Auror. Mais après tous ces drames, ce n'était plus possible. La carrière de Langue-de-Plomb lui avait semblé sans risque, tout en lui permettant d'étudier la magie et faire avancer cette science pour qu'elle fasse le moins de dégâts possible…
Finalement, s'échiner à comprendre le fonctionnement du téléphone n'était pas si mal. Elle pouvait faire mine de penser à autre chose tout en écoutant sans regarder. Le médecin légiste commençait à faire son monologue scientifique sur ce qu'il avait trouvé sur le mort. Astoria était en train de regarder comment fonctionnait l'application « Santé », qu'elle trouvait encore plus ridicule que la bourse, quand Harry poussa une petite exclamation.
- « Qu'y a-t-il ? demanda Valentyne, alors que le docteur s'était tu et que Greengrass s'approchait à petits pas hésitants.
- Je sais qui est cet homme, grimaça Harry en portant la main à son front, dépité et les sourcils froncés. Il n'est pas du tout un sans-abri.
- Il était pourtant vêtu de loques et puait comme s'il ne s'était pas lavé pendant des jours, protesta Leigh Valentyne.
- Pour être plus précis, intervint le médecin légiste. C'étaient les habits qui sentaient mauvais. J'allais aborder ce point quand vous m'avez interrompu : après avoir ôté les vêtements, l'homme était propre et bien entretenu. Il avait les ongles manucurés, il se rasait de près, il avait même des cheveux fraîchement coupés. On aurait dit que quelqu'un les avait mis en désordre et saupoudrés de saletés pour faire croire qu'il était SDF.
- Mais alors qui est-il ? s'enquit Leigh, intrigué.
- Je ne connais pas son nom, ni ce qu'il fait, prévint Harry en sortant son nouveau téléphone portable. Mais je sais qu'il était le petit ami de Draco. »
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La sonnerie du portable de Kenneth retentit. C'était Harry. Le tout premier message de son équipe. Il sourit, content de son idée. Zacharias voulut savoir ce qu'il se passait, faisant se détourner Towler pour qu'il ne puisse pas lire sur l'écran.
« Le petit ami de Draco est à la morgue moldue. Il est mort égorgé hier soir, déguisé en SDF. Ne le cherchez plus. »
L'inspecteur soupira. Ils devaient tout de même poursuivre leurs recherches. S'ils savaient comment ces deux là s'étaient rencontrés, peut-être qu'ils auraient une piste ? Une piste pour quoi ? Aucune idée… Mais il était hors de question qu'ils ignorent encore quoi que ce soit de la vie de Draco. Ils devaient en savoir le plus possible sur lui pour avoir les mêmes renseignements que le meurtrier. Et avec un peu de chance, peut-être plus. Mais pour l'instant, il devait s'occuper du journaliste. Alors il envoya un message. Il était hors de question qu'ils se laissent encore distancer pour ne pas avoir récolté toutes les informations. C'était horriblement frustrant. Il commençait à en avoir marre, la colère lui montait au nez.
- « Smith, gronda Towler en se tournant vers lui, le regard dur pour qu'il n'ait pas envie de répliquer. Je crois que tu as compris tout seul être devenu un suspect. J'ai appelé un Auror qui va t'amener dans nos locaux où tu attendras qu'on revienne pour t'interroger. Tu vas gentiment obéir ou tu iras directement en cellule pour un bon bout de temps, et tu pourras dire adieu à ton article.
- Wow ! paniqua Zacharias en levant les mains en signe de paix. Pas besoin d'aller aussi loin ! Vous n'avez qu'à me convoquer quand vous aurez un petit moment de libre et je rappliquerais, je vous le promets.
- On ne peut pas prendre ce risque : si tu es notre tueur, il est évident que tu t'enfuiras.
- Mais ça va pas non ?! Je ne suis pas l'assassin ! C'est insensé !
- Si ça peut te rassurer, je ne pense pas que tu le sois : cela aurait été totalement débile de venir la bouche en cœur te vanter de détester Draco et louanger le travail de notre psychopathe si tu étais celui-ci. Remarque cela t'aurait beaucoup ressemblé, mais ce n'est pas du tout le profil du meurtrier…
- Alors où est le problème ? n'arrivait pas à comprendre Zacharias.
- Le problème ?! rugit Kenneth, au bord de l'explosion. Le problème c'est qu'on est tous sur les nerfs, que le Ministère est en état d'alerte, qu'on est à la pêche aux informations, et que tu viens te pavaner en sous-entendant que tu en sais plus que nous. Alors qu'importe si au final tu n'es au courant de rien, je vais juste te faire passer l'envie de venir me casser les noix. Donc je t'en prie, donne-moi une seule raison, même infime, de te coller au trou. Cela me fera tellement plaisir. »
Ronald arriva en courant à la fin de la phrase, se demandant ce qu'il se passait. Après avoir reçu un message lui demandant de venir tout de suite, il avait transplané du Manoir Malfoy vers un champ à cinq minutes à pieds. Heureusement qu'il n'y avait eu aucune voiture passant sur la route d'à côté, ce n'était pas la période des cultures et il avait donc été à découvert… A présent, Ron se demandait ce qu'il se passait, pourquoi Zacharias Smith était là, et quelle était l'urgence qui nécessitait son arrivée immédiate.
Il n'eut pas longtemps à attendre : Towler lui ordonna d'aller enfermer le journaliste dans la salle d'interrogatoire, le faire surveiller par un agent, puis repartir travailler avec Ulrich. Ron comprenait surtout que ce n'était pas le moment de discuter : Kenneth était en rogne. Smith avait encore frappé. Cela arrivait souvent lors des enquêtes, il avait déjà pas mal énervé Harry par le passé. Cependant, il semblait qu'il avait mal choisi son moment aujourd'hui… Alors Ron obéit et tira Zacharias dans un coin désert pour transplaner, sans poser aucune question. Il verrais bien lors de leur réunion ce qu'il se tramait.
Orla attendit patiemment que la tempête passe. Kenneth tentait de reprendre son calme et s'en voulait déjà d'avoir un peu trop réagi. Ce n'était pas professionnel. Il craqua ses doigts un par un, phalange par phalange, et souffla.
- « Ca va mieux ? demanda distraitement Quirke en vérifiant que son vernis-à-ongles ne craquelait pas.
- Le petit ami moldu de Draco est mort.
- Comment ?! sursauta-t-elle.
- Egorgé et déguisé en sans-abri. Je n'en sais pas plus, c'était dans le message de Potter. Il faut vraiment découvrir qui était cet homme. »
Elle hocha la tête, toujours inquiète : alors il se mettait à tuer les proches moldus de Draco ? Devaient-ils protéger le village entier ? C'était impossible… La mort des sans-abris était un événement triste, mais en réfléchissant objectivement et rationnellement, ils avaient rarement de proches ou d'identité. Il était donc plus facile de les assassiner sans que des moldus s'affolent. Or, le tueur venait de prouver qu'il n'avait pas peur de mettre la communauté moldue en émoi. Du moins une partie d'entre eux, ils ne savaient pas encore qui. C'était l'une des raisons pour lesquelles ils devaient absolument savoir qui était cet homme : il fallait étouffer dans l'œuf les enquêtes de sa disparition. Cela risquait d'être compliqué s'il était connu de beaucoup de personnes… Alors ils se mirent en route sans attendre.
Ils entrèrent dans une librairie où une jeune femme tenait la caisse. C'était la conductrice dont ils avaient la photographie. Ils flânèrent dans les rayons, cherchant à être le plus naturel possible, résistant à l'envie de foncer directement sur elle pour la harceler de questions. Orla se saisit finalement d'un roman policier. Elle aimait particulièrement l'ironie qu'il lui inspirait : il s'intitulait « L'Obsession » de James Renner. L'inspecteur ne put s'empêcher de sourire en coin quand ils allèrent vers la caisse.
- « Cela vous fera 13£99.
- Excusez-moi, j'aurais besoin d'un renseignement, demanda Kenneth. Nous avons rendez-vous avec un ami dans ce village, cela fait bien une demi-heure que nous attendons. Vous ne l'auriez pas vu ? Un garçon blond platine, yeux gris, mince, bientôt 22 ans, 1m75…
- Vous parlez de Morgan Drake ? Normalement il vient tous les jours voir son petit ami, mais cela fait deux jours qu'il ne s'est pas montré. Le pauvre Lawrence, il était effondré. Il a demandé à tout le monde s'il lui était arrivé quelque chose. Et évidemment, Morgan ne répond pas au téléphone… C'est un peu dur de poser un lapin comme ça, sans que rien ne le présage… D'après Lawrence, ils ne s'étaient pas disputés, il n'y avait aucune tension quelconque… Bref, il n'y avait aucune raison… D'habitude ils se retrouvent vers 12H30 pour aller manger au bistro du coin.
- Il s'appelle donc Lawrence ? s'étonna faussement Orla. Morgan voulait justement nous le présenter aujourd'hui. C'est étrange car il nous avait dit l'avoir prévenu de ne pas pouvoir venir ces derniers jours…
- Lawrence Khaoulani, c'est un médecin de Plymouth. Un chirurgien cardiaque, rien que ça. On peut dire que Morgan sait choisir ses amants. Cela lui fait une sacrée trotte pour venir ici tous les midis, il est vraiment très amoureux, sourit tendrement la jeune femme. Je n'arrête pas de dire à Morgan qu'il devrait partir s'installer là-bas avec lui, mais il répond toujours que c'est impossible sans expliquer quoi que ce soit. Mais dites-moi, il va bien ? Il ne lui est rien arrivé j'espère ?
- Non, non, ne vous inquiétez pas pour ça, la rassura Towler. Je l'appellerais s'il n'est pas là dans dix minutes.
- Est-ce que ce ne serait pas vous, justement, qui l'aviez amené à Plymouth quelques fois ? poursuivit Quirke en faignant la réflexion. Il m'avait parlé d'une gentille femme qui avait joué les cupidons pour lui.
- Oh, ce n'était rien, gloussa la libraire adepte des histoires à l'eau de rose. Ce n'était que les samedis, et cela me faisait sortir un peu de ce petit village. J'en profitais pour faire les boutiques dans une grande ville, ça fait du bien de temps en temps. Parfois, Lawrence venait le chercher quand son travail le lui permettait. C'est-à-dire pas souvent… Et puis de toute façon, je n'aime pas trop laisser ce si gentil garçon prendre le train. Rien que la première fois où il a mis les pieds dans notre petit village, il ne s'est pas fait que des amis…
- Ah bon ? s'intéressa Kenneth. Pourquoi ça ? Morgan est plutôt sympa normalement.
- Oui, il est adorable ! Je n'ai rien compris. Il n'avait pas dit un mot que le vieux ronchon du coin le traitait déjà de tous les noms. Et ça ne s'est pas arrangé avec le temps : il lui a tiré les cheveux une fois parce qu'il ne lui avait pas dit bonjour. Heureusement que Jackson était là pour calmer son grand-père acariâtre.
- Jackson ?
- Oh lui, il adore Morgan. Il l'a tout de suite trouvé charmant quand il lui a posé tout un tas de questions sur son travail. Jackson est plombier, et Morgan ne comprenait même pas l'utilité du système d'évacuation des eaux. C'était assez drôle, Jackson a tout de suite été conquis. Simon aussi adore Morgan. Mais Jason le déteste. Il a failli se battre avec Lawrence quand il a traité Morgan de « pédale », « tantouse » et autres joyeusetés. Il y a aussi William qui trouve Morgan trop snob. Je crois que Megan ne le supporte pas non plus : elle sourit et est gentille avec lui, mais crache derrière son dos. Par contre, Wilma est dingue de lui. Ils peuvent parler mode pendant des heures en gardant ses enfants au parc. Et je crois que Catherine est amoureuse de lui, elle s'est saoulé quand elle a appris son homosexualité. La pauvre. Enfin bref… Vous voyez ? Morgan ne laisse personne indifférent, et n'importe qui pourrait le détester au premier regard sans aucune raison. C'est très étrange. Je ne peux décemment pas le laisser prendre le train tout seul. Vous imaginez ? Il pourrait tomber sur un psychopathe !
- J'imagine bien, oui…
- Surtout qu'il ne semble pas dégourdi, le pauvre… grimaça la jeune femme d'un air désolé. Je le soupçonne d'être un peu simplet… Enfin, j'ai peut-être tort, mais d'où vient-il ? Vous vous rendez compte qu'il ne connaissait même pas la télévision ? Il s'est caché derrière une table au pub quand le serveur l'a allumé la première fois que nous y sommes allés ensemble ! Je n'avais jamais vu ça, je ne pensais même pas que ce genre de personne pouvait encore exister. Il n'était jamais monté dans une voiture, et il n'arrivait pas à ouvrir la porte pour sortir quand il a eu peur du bruit du moteur. J'ai du lui apprendre à se servir de son téléphone une bonne dizaine de fois. Il ne comprend toujours pas comment on peut avoir de l'eau courante, encore moins de l'eau chaude ! Il n'a jamais voulu me dire d'où il vient. Et il n'y a aucune communauté mormone dans les environs, je me suis renseignée. Je ne savais même pas qu'il y en a en Angleterre avant de faire quelques recherches sur le sujet.
- Ses parents sont juste… très conservateurs, hésita Towler. Lawrence n'a sans doute pas reçu le message qu'il lui avait envoyé. Comme vous avez dit, Morgan n'est pas très doué avec la technologie… Ca ne m'étonnerait même pas qu'il se soit trompé de destinataire.
- Il pourrait au moins répondre quand on l'appelle, bougonna la libraire. Je lui ai laissé je ne sais plus combien de messages sans avoir de réponse. Ca serait bien qu'il se dépêche de rassurer Lawrence. Il avait une sale tête hier, il m'a vraiment fait de la peine.
- On doit justement y amener Morgan, c'est pour ça qu'on l'attend, s'exclama Orla, très fière de l'idée qu'elle venait d'avoir. Vous pouvez nous donner son adresse maintenant ? Comme ça, on pourra la rentrer dans le GPS et programmer notre trajet pour ne pas perdre de temps. Ca ne vous dérange pas ?
- Euh… non, hésita la libraire. Mais je doute qu'il soit chez lui en ce moment. Il doit être à l'hôpital.
- Morgan voulez lui faire la surprise quand il rentrera. Il a la clef. On voulait en profiter pour faire les boutiques la journée.
- Et bien… D'accord. De toute façon, il est dans l'annuaire. C'est le 12 Quay Road.
- Merci beaucoup, sourit Kenneth, légèrement crispé. Nous devrions y aller ou Morgan va nous chercher partout. A bientôt, et merci encore.
- De rien, aucun problème. Passez le bonjour de ma part à Morgan et son chéri. Dépêchez-vous d'aller tranquilliser ce pauvre Lawrence.
- Vous n'aviez pas besoin de parler de GPS, chuchota Kenneth à Orla quand ils furent dehors et s'éloignaient à grands pas de la librairie. Un nom suffit pour retrouver une personne. Et nous avions en plus sa ville et sa profession. Vous avez failli tout faire échouer : vous avez vu sa réaction ? On ne donne pas les coordonnées de quelqu'un à des inconnus.
- Vous avez bien réussi à lui faire parler du petit ami, grogna Quirke. Elle nous a justement donné sa ville et sa profession. Qu'est-ce que c'est sinon des « coordonnées » ?
- Elle nous les données sans qu'on ait presque rien demandé, grinça l'inspecteur en détachant chaque mot. L'astuce est de parler de façon détournée pour que la personne nous révèle ce qu'elle sait sans s'en rendre compte ! En posant une question aussi directe, vous avez éveillé sa suspicion. Vous nous avez forcés à partir alors que nous aurions pu en apprendre encore plus. Comme pas exemple, la façon dont ils se sont rencontrés. Vous saisissez ? »
L'étudiante retint sa respiration pour ravaler sa réplique. On ne répondait pas à son supérieur. Sa fierté en prenait un sale coup.
- « J'ai demandé si vous avez saisi, insista lourdement Kenneth.
- Oui ! » articula-t-elle sans rien ajouter de plus, se retenant de toutes ses forces.
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- 11H00 -
Harry, Astoria et Leigh étaient sur les lieux du dernier crime. Ils venaient de recevoir un texto de Towler leur annonça l'identité du petit ami mort. Qu'était venu faire un habitant de Plymouth à Londres ? Le tueur était-il allé le chercher pour transplaner ici et le faire passer pour un autre sans-abri mort ? Mais pourquoi ? Quel était le sens de toute cette mise-en-scène, encore une fois ? Voulait-il que les moldus ne se rendent compte de rien ? Ou cherchait-il à le rendre misérable afin de lui faire payer sa relation amoureuse ?
Valentyne n'en revenait pas : un chirurgien cardiaque de Plymouth ? Comment allait-il gérer ça ? Comment expliquer aux proches et à la police qu'il était mort d'avoir eu une relation avec un sorcier poursuivi par un psychopathe ? Ce Khaoulani savait-il au moins qu'il sortait avec un magicien, un vrai ? Pauvre gars… Il n'avait vraiment pas de chance.
- « Il y a beaucoup de sang ici mais c'est tout, dit Astoria après avoir lancé plusieurs sorts et fait le tour du local en attente de location. Les sorts de détection ne donnent rien. Ce n'est pas une surprise… Je ne vois pas ce que nous pourrions apprendre de plus tant que nous n'aurons pas trouvé le moyen de passer outre la Magie Inconnue. Pardon, l'Ignōtus, comme veut l'appeler Funestar.
- Il n'y a pas de vitre cassée, aucun signe d'effraction, chercha Harry. Il a donc ouvert par magie, il devrait forcément y avoir une signature magique. Je crois que Funestar a aussi reçu un téléphone portable, je vais l'appeler. En espérant qu'il ne l'a pas jeté dès réception… »
Leigh ne savait pas du tout qui était ce « Funestar », mais le nom sonnait très sorcier : c'est-à-dire grotesque. Il regarda Potter tapoter sur son Smartphone et le porter à son oreille. Au bout de quelques secondes, il recommença… Puis une autre fois… Greengrass soupira et lui dit d'arrêter : il avait sûrement jeté l'appareil. Peut-être n'avait-il même pas ouvert le colis. Valentyne allait demander s'il pouvait récupérer le téléphone jeté, puisqu'apparemment personne n'en voulait sauf lui… Mais il fût coupé par un cri.
- « QUOI ?! hurla une voix dans le combiné au bout du sixième appel.
- Monsieur Funestar ? C'est Potter.
- Vous pouvez pas me foutre la paix ?! Qu'est-ce qui a pris Towler de m'envoyer un engin de communication moldu ?! J'ai besoin de CALME et de PAIX ! Alors arrêtez de me harceler ! Et laissez-moi bosser !
- Justement ! Ne raccrochez pas !
- Si c'est le terme moldu pour quitter la conversation, alors sachez que je ne sais même pas comment on fait ! J'ai mis des PLOMBES pour savoir comment prendre votre appel ! Et j'ai autre chose à foutre !
- Où en êtes-vous ? insista Harry. Pensez-vous pouvoir être capable de repérer la signature magique du tueur ?
- Mais vous croyez quoi ?! Que je vais faire des miracles en deux heures ?! Ce serait prodigieux que j'arrive à un infime progrès en un mois ! Et vous voulez que je puisse déjà déjouer les maléfices de ce psychopathe ?! A peine deux heures après que j'ai commencé les analyses ?! Mais vous m'avez pris pour qui ? Merlin ?!
- J'en suis conscient, soupira Harry. Mais le temps joue contre nous. Je voulais juste savoir où vous en étiez ? Si vous avez trouvé un petit quelque chose qui pourrait nous aider ?
- Vous avez sérieusement besoin d'un petit cours sur l'art des recherches sur la magie, Potter. En deux heures, vous avez à peine installé votre plan de travail et noté la date sur un parchemin. Alors non, je n'ai rien du tout. Et si vous pouviez me dire comment on éteint cet appareil de malheur, que je puisse bosser en paix, ça m'arrangerait ! Towler ne l'a pas marqué dans sa ridicule petite notice pour sorcier débutant.
- Il vaudrait mieux que vous le laissiez allumé, nous pourrions peut-être vous donner des informations utiles.
- Et vous auriez quoi à m'apprendre, hein ? Un nouveau meurtre ? Et ça m'avancerez à quoi ?
- Je ne sais pas, un nouvel angle de recherche, peut-être. Là, nous sommes sur la scène du dernier crime moldu. C'est le petit ami de Draco qui est mort hier soir, déguisé en SDF. Il était chirurgien cardiaque.
- Et j'en ai quelque chose à faire parce que… ?
- C'est un ajout au profilage : il ne s'agit pas uniquement d'atteindre les proches de Draco dans cet acte, mais il nous dit clairement qu'il n'a pas peur de s'attaquer à des moldus socialement intégrés et respectés, dont beaucoup de gens remarqueront l'absence. Et le fait qu'il le déguise en sans-abri ne change pas grand-chose. Les policiers ne sont pas stupides, ils auraient fini par découvrir son identité. Par conséquent, il agit de plus en plus comme un Mangemort. Voldemort non plus n'avait pas peur qu'ils découvrent notre existence, sauf qu'il pensait en faire nos esclaves. Comment le tueur pense-t-il gérer cette possible révélation, lui ?
- Peut-être qu'il n'en a rien à faire ? Un peu comme moi en ce moment. Vous cherchez quoi, Potter ? Me ralentir ? On sait déjà qu'il utilise des techniques de Mangemorts, et c'est la seule chose qui pourrait possiblement m'intéresser dans votre discours. Mais je vois où vous voulez en venir, soupira Funestar malgré lui. C'est contradictoire… Surtout qu'il utilise des éléments moldus comme des baskets, ou une technique moldue pour tuer avec un poignard sans une once de magie… Nous pensions qu'il aimait ce monde et voulait les venger comme toutes les autres victimes en tuant les Mangemorts encore en vie ou ceux qui les ont fréquenté de près… Mais ce n'est pas cela. Ou bien ce n'est pas seulement cela. Par exemple, s'il voulait nettoyer les rues moldues dans l'idée d'assainir la société, pourquoi ne s'en prendre qu'aux SDF ? En général, ils ne font pas de mal. Ils restent dans leur coin, avec quelques amis et des chiens, mendiant les quelques sous qu'on veut bien leur donner pour acheter de la vinasse ignoble ou une horrible cannette de bière… Enfin, c'est ce que j'ai entendu dire. Ca n'a pas de sens… En quoi les SDF moldus sont-ils un équivalent pour lui de nos Mangemorts sorciers ? Ils ne sont en rien comparables. Cette réponse-là pourrait effectivement m'aider dans la façon de procéder pour les recherches. Rappelez-moi quand vous l'aurez. »
Il raccrocha. Finalement, il savait très bien comment faire. Sans doute lisait-il la notice de Kenneth en même temps qu'il parlait. Astoria et Valentyne avaient suivi toute la conversation en s'approchant très près de l'inspecteur. Les trois personnes étaient figées, faisant fonctionner leurs méninges à toute allure…
- « Valentyne, dit Harry après avoir réfléchi en regardant son écran éteint. Qu'ont en commun tous les sans-abris morts ?
- Que voulez-vous dire ?
- Pourquoi ceux-là et pas d'autres ? renchérit Astoria. Est-ce qu'ils ont fait quelque chose ? Ou ont été des victimes ? Ou des témoins ?
- Je n'en ai aucune idée, on cherche encore le lien… répondit Leigh en se passant la main sur son visage fatigué. J'espérais que vous pourriez m'en apprendre plus, mais finalement nous en sommes au même niveau.
- Etaient-ils tous de simples SDF ? insista Greengrass. Y avait-il des drogués ? Des prostituées ? Des fous ?
- Rien de très inhabituel là-dedans, n'arrivait pas à comprendre Valentyne. Sauf les prostituées qui ont généralement un toit payé par leur mac. Mais des drogués et des fous, il y en a des tas dans la rue.
- Avez-vous un casier pour chacun d'eux ?
- Quelques uns, oui, mais pas tous. Trois des assassinés n'en avaient pas. Vous croyez quoi ? C'est l'une des premières choses que nous avons vérifiées. Quand nous retournerons au commissariat, je pourrais regarder pour Khaoulani. Même si ça m'étonnerait qu'un chirurgien ait un casier… »
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Damian Jennings était au beau milieu du Chelsea Bridge à regarder la Tamise couler. Il se tenait là où devait être l'adresse du John Smith londonien. Ou du moins à peu près… Quel autre moyen avait-il pour retrouver ce type ? Il avait bien une petite idée mais il devait attendre encore un peu… C'était une sacrée coïncidence que l'adresse factice soit justement l'endroit où il devait rencontrer un autre informateur des petits papiers du Ministère. Il savait qu'il venait trainer dans ce coin de temps en temps. Et justement, il la voyait arriver…
Une femme d'un mètre quatre-vingt-dix, couverte de tatouages, la peau pâle, vêtue d'une jolie robe vintage noire… Elle avait des lunettes à monture carrée noire et un chignon impeccable. Elle le repéra rapidement, s'arrêtant de marcher sous la surprise. Puis elle pesta en montrant les crocs alors que Damian souriait. Ce n'était pas la première fois qu'il venait la voir, c'était même lui qui avait fait d'elle un indic des Aurors. Mais elle n'aimait jamais qu'il vienne, c'était mauvais pour ses affaires. Comme il ne bougeait pas, elle s'approcha à grands pas énergiques, balançant les bras en serrant le poing.
- « Qu'est-ce que tu me veux ? s'énerva-t-elle en grognant lorsqu'elle arriva à son niveau.
- Bonjour à toi aussi, s'amusa Damian. Les affaires vont bien ?
- Beaucoup moins quand t'es dans le coin. Balance maintenant, que je puisse bosser en paix.
- As-tu fait des faux papiers moldus sous le nom de « John Smith » ?
- Ce nom pourri ? Oui, je m'en souviens. J'avais beau insister pour qu'il trouve un autre nom, il n'en démordait pas. Un idiot.
- Et son adresse ? C'est bien celle qui est censée se trouver au beau milieu de ce pont ?
- Comme il n'avait pas d'idée et qu'il voulait un nom pourri, c'est moi qui lui ai proposé ça. Après tout, ça ne pouvait pas être pire. Je ne sais pas comment il va se débrouiller avec ça, mais bon… Il suffit qu'il trouve des pigeons peu consciencieux et ce sera bon…
- Qui est-ce ? Quel est son vrai nom ?
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a fait ?
- Il est suspect pour une série de meurtres…
- Tu parles des Malfoy ? Un article est paru dans la Gazette de ce matin, ça n'avait pas l'air si grave.
- Oui, on a vu ça. Heureusement, l'auteur ne dit pas grand-chose de compromettant… pour l'instant… Alors, son nom ?
- C'est un journaliste justement, il voulait cette identité pour son boulot sans que les Aurors viennent l'en empêcher, au cas où son nom remonterait à leurs oreilles. Une identité moldue et sorcière, la totale sous ce faux nom. Ce qui est très con, c'est qu'il a gardé le même nom de famille. L'abruti ! Il refusait d'en avoir un autre. Une histoire de fierté qui n'avait pas lieu d'être. Tu dois bien le connaître, je crois qu'il aime bien écrire des articles pour vous mettre dans l'embarras : c'est Zacharias Smith. »
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Hermione avait fini de lancer les analyses ADN. Elle revenait au Ministère, au Département des Mystères pour aider Roger et Jena sur les recherches génétiques. Elle n'avait pas trop d'espoir pour l'ADN, mais elle se devait d'y arriver pour ses propres recherches. Si elle parvenait à isoler l'Angelus, ce serait le premier gène de don magique héréditaire identifié dans le monde ! C'était énorme ! Un pas immense pour la science sorcière ! Elle devait le comparer avec une banque de données d'ADN immense qu'ils avaient accumulée au fil des ans. Cependant, aucun Sang-Pur n'avait accepté d'être ainsi « décortiqué » et analysé… Elle espérait que Draco ne lui en voudrait pas trop d'avoir profité de sa condition et de l'urgence de la situation pour faire égoïstement avancer son propre travail… Elle ne savait pas trop comment elle se justifierait si jamais il se mettait en colère… Il pourrait facilement porter plainte, et elle perdrait assurément… Hermione espérait que les Langues-de-Plomb la défendraient : après tout, ils ne l'avaient pas retenue…
Lorsqu'elle entra dans la salle où ils épluchaient les généalogies, Jena et Roger étaient à nouveau en plein débat. Hermione comprit rapidement de quoi il était question : Jena Faucett défendait la possibilité que Draco puisse effectivement porter le gène Angelus, et Roger Davies donnait les arguments contre. Hermione était naturellement de l'avis de Jena, c'était elle qui avait lancé cette idée. Cependant, elle devait reconnaître que Roger n'avait pas tort : Draco avait largement mérité le ressentiment qu'il inspirait sans qu'un quelconque maléfice entre en ligne de compte. Tant qu'ils n'avaient pas de preuve, ils ne pouvaient pas partir du principe que le fils Malfoy possédait cet héritage.
- « Nous devrions mettre cela de côté pour l'instant, intervint la médicomage en faisant se tourner les deux visages vers elle : ils n'avaient pas remarqué son retour. Il nous faut avancer. Nous en reparlerons quand nous aurons une preuve.
- Qui n'arrivera peut-être jamais, râla Jena. Il faut combien de temps pour identifier chaque gène d'une séquence ADN ? Des mois ? Des années ? Nous n'avons pas le temps, Weasley. Il faut que nous sachions ! Sinon, ce sera à Towler et Potter de décider du parti pris…
- J'ai conscience que pour vous, cette possibilité explique tout, grogna Roger. Mais vous ne trouvez pas que c'est trop facile ? Les gens qu'on déteste, c'est parce qu'ils sont maudits ? Et les meurtriers, c'est parce qu'ils ont un gène de la violence ? Et, soyons fous, Voldemort avait le gène du psychopathe ! Pardonnons-les, les pauvres ! Ce n'est pas leur faute ! Vous voyez jusqu'où on peut aller avec ces bêtises ? Nous n'aurions plus que deux choix : l'anarchie ou l'euthanasie, puisqu'on ne pourra plus les juger pour les punir de leurs actes. On en viendra à faire avorter les fœtus qui pourraient représenter un danger s'ils venaient au monde ! N'est-ce pas exactement ce qu'a voulu faire Voldemort ? Et notre meurtrier aussi, d'ailleurs : supprimer les indésirables !
- Tu vas trop loin, Roger, soupira Jena. On n'en est pas là. L'Angelus ne fait qu'exacerber les sentiments que nous éprouvons envers lui, cela ne l'excuse pas. Cela signifie juste qu'il a effectivement été un connard, et que du coup nous le détestons encore plus que s'il avait été quelqu'un d'autre. Et ce peut-être une explication de l'obsession du tueur pour Draco. Simplement un argument, pas une excuse.
- Je regrette, c'est beaucoup trop léger, persista Davies. Vous imaginez ? Cela voudrait dire que le petit ami mystérieux de Draco n'était pas vraiment amoureux de lui ? Il a simplement été envouté ? Pareil pour Potter ? C'est juste un béguin qui leur fait croire qu'ils sont fous d'amour ? Va leur dire ça, tu verras leur réaction. Vous voulez nous faire croire à tous que tout ce que nous pouvons ressentir envers lui est faux ? J'ai détesté ce type pendant longtemps, maintenant un peu moins. Et je ne peux pas croire que c'était à cause d'un gène. Ca n'explique rien du tout, ça ne fait qu'embrouiller.
- Changeons de sujet, s'il-vous-plait, grimaça Hermione, gênée d'avoir lancé ce débat avec son idée. Avez-vous découvert autre chose ?
- Le don de détection des Black est très répandu et s'appelle Deprehendatur, résuma Roger sans grande conviction. Lucius avait un gène de beauté, le Magnificum, mais pas Draco. Sinon, une quantité impressionnante d'héritage de toutes sortes dans les deux familles. Rien de très utile pour l'enquête, mais on n'a pas terminé les 37 grimoires de 1300 pages des Black, et les 29 tomes pour les Malfoy… On en a pour des jours, et il faudrait qu'on avance pour les autres familles.
- Ce n'est pas faux, acquiesça Jena. Je propose que Roger et moi nous attaquions enfin aux autres généalogies. Et vous, Weasley, restez sur ces deux familles si vous voulez. J'ai pris quelques notes sur l'Angelus, vous découvrirez peut-être quelque chose qui m'a échappé ? De toute façon, les branches de chacune se recoupent et s'entrecroisent, les Sangs-Purs sont de vrais consanguins. On pourrait tous trouver quelque chose pour les uns ou les autres… »
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Helen avait réquisitionné quelques agents aux archives pour qu'ils terminent de scanner le Ministère avec cinq détecteurs de mouchards, et elle avait pris les cinq autres appareils avec des Aurors supplémentaires pour le Manoir. Williamson n'avait pas été content du tout, mais Harris lui avait rétorqué que s'il avait un problème, il n'avait qu'à en parler au Ministre. Elle ne s'en était pas fait un ami, mais au moins le travail avançait. Avec un peu de chance et d'huile de coude, ils auraient fini à midi. Leur apprendre le fonctionnement des appareils avait pris un temps énorme. Elle-même avait du lire la notice des dizaines de fois pour comprendre…
Elle alla saluer Ron et Ulrich, dans la partie Ouest du jardin. Ils étaient en train de ranger des câbles dans de grands sacs et des mallettes rigides. Ils avaient fini, et avaient l'air très fier d'eux. Mais ils ne voulaient rien lui expliquer, préférant garder la surprise lors de leur réunion de débriefing. Il restait un peu moins d'une heure, alors ils décidèrent de l'aider un peu.
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Kenneth et Orla se rendirent à l'hôpital de Plymouth où travaillait Lawrence Khaoulani : le Derriford Hospital. Ils voulaient en savoir plus sur ce moldu avant de continuer les investigations au petit village de Cornouailles, non loin du Manoir. Et s'ils pouvaient gérer la disparition de l'un de leurs chirurgiens sans l'intervention de la police moldue locale, cela serait encore mieux. Kenneth avait d'ailleurs envoyé un texto à Potter et Greengrass à ce sujet pour que Valentyne puisse prévenir ses collègues de Plymouth, afin qu'ils les laissent agir sans intervenir. Il espérait que le message soit déjà passé.
A l'accueil de l'hôpital, ils se rendirent vite compte que le lieu n'avait rien à voir avec Saint-Mangouste. Les hôpitaux moldus étaient plus fébriles : dans la salle d'attente, il y avait des personnes qui toussaient, d'autres qui saignaient, des enfants qui pleuraient, etc. Et puis tout à coup, des charriots d'urgence, des cris, des bousculades… Chez les sorciers, il y avait toujours une douce tranquillité sur fond de sons quelconques comme une cafetière sifflante, une plante carnivore hurlante, ou des couinements stridents. Personne ne paniquait jamais, car la magie pouvait régler bon nombre de problèmes très rapidement. Les moldus s'affolaient pour tout et n'importe quoi. Quelque chose d'anodin pour un sorcier était d'une très grande gravité pour les moldus.
- « Bonjour, sourit Kenneth à la femme de l'accueil. Nous cherchons un ami : le docteur Lawrence Khaoulani. Il nous a demandé de venir le chercher pour aller manger ensemble.
- Vraiment ? s'étonna la femme en blouse bleu clair. Il a pourtant pris quelques jours de congés. Il est parti en vacances avec son petit ami.
- Ah bon ? feignit Orla. Nous avons du nous tromper de jour… Il voulait justement nous présenter Morgan Drake, son copain. Vous l'avez déjà vu ? Il est comment ?
- Je suis désolée, je n'ai pas le temps de discuter. Nous avons beaucoup de travail.
- Pardon, pardon, s'excusa Towler. Pourriez-vous nous indiquer son bureau ? Il devait me rendre un livre que je lui avais prêté. Il m'a dit l'y avoir laissé.
- Mickaël va vous y conduire, » soupira la femme en faisant signe à un jeune homme d'approcher.
L'infirmier n'avait pas l'air ravi d'être pris pour un guide touristique, il avait déjà du travail à ne plus savoir qu'en faire. Il grogna aux deux visiteurs de le suivre et pressa le pas vers l'escalier. Il ne se retourna pas une seule fois pour savoir s'ils suivaient, ne s'arrêtant qu'en arrivant devant la porte du bureau du docteur Khaoulani. Il la pointa du doigt et s'en alla. Kenneth eut heureusement le temps de voir le dénommé Mickaël repartir pour savoir à peu près de quelle porte il s'agissait. De toute façon, un écriteau de métal mentionnait le nom du médecin. Il attendit Orla qui gravit difficilement les dernières marches : une course de quatre étages sans entraînement physique était un effort laborieux. Elle arriva essoufflée vers l'inspecteur qui vérifiait que personne ne regardait avant de lancer un Alohomora discret sur le verrou. Ils entrèrent et refermèrent derrière eux.
Il s'agissait d'un bureau sobre et spacieux, baigné de lumière. Tout était parfaitement rangé et aligné en une géométrie parfaite. Towler fit le tour du grand meuble qui trônait dans la pièce et sourit en voyant un tiroir verrouillé. Il expliqua à la jeune psychomage que les documents les plus importants se trouvaient toujours là. Et les moldus n'ont pas d'autre protection qu'un simple verrou.
La première chose qu'ils virent en ouvrant fût une photo figée de Draco. Il n'avait pas l'air de savoir qu'on le photographiait au moment du cliché : il avait le regard perdu dans le vague, une main tentant d'éloigner ses cheveux de son visage alors qu'un vent fort soufflait. Il y avait également un trousseau de clefs. Lawrence Khaoulani semblait être une personne minutieuse et ordonnée : une étiquette sur chaque clef informait quelle porte elles ouvraient. « Appartement », « Immeuble », « Bureau », « Boîte-aux-lettres », « Portail », « Tiroir », « Coffre-fort », « Voiture », etc. Il y avait un double pour tout. Towler les mis dans sa poche et continua sa fouille.
- « Regardez ! s'exclama Quirke en feuilletant un dossier. Il s'agit de toutes les informations que Draco a données sur un site de rencontre ! Le site s'appelle « Gaydar ».
- Montrez-moi… « Morgan Drake, célibataire de 22 ans, blond aux yeux gris. St Buryan, Cornouailles. Hobbies : la lecture, la danse, la musique, la cuisine, la mode. Déteste : l'alcool, la violence, le ménage, les travaux manuels, les insectes. Couleur préférée : le vert et l'argenté. Plat favori : les brunchs. » Il a laissé vide l'espace réservé au texte personnel. La photo qu'il a mise est de très mauvaise qualité… Sans doute prise à la va-vite avant de s'inscrire.
- Khaoulani a entouré ce qui l'intéressait le plus : la cuisine et la danse. Il m'avait l'air très superficiel ce type…
- Regardez, en bas il y a la date d'inscription au site : 12 février 2002. Et… Et il a même imprimé tous leurs échanges… Même les mails qu'ils se sont envoyés.
- A première vue, cela ressemble à des discussions basiques pour apprendre à se connaître et séduire… Des quelques lignes que j'ai lu en diagonale, ce serait plutôt Lawrence qui le courtisait. Il avait vite compris à quel genre de personne il avait à faire : il utilise un vocabulaire ampoulé comme s'il s'adressait à une dame de la noblesse. Je suis curieuse de savoir s'il lui a demandé de quelle famille il venait pour avoir eu une éducation typique de la haute société.
- Nous lirons tout cela plus tard, nous n'avons pas le temps. L'infirmier pourrait revenir vérifier que nous sommes bien partis, et même si la porte est fermée, il pourrait nous entendre parler. Prenez tout, et examinons le reste de la pièce. »
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Harry, Astoria et Leigh consultaient les casiers des sans-abris. De la drogue, de l'alcool, des bagarres, du vagabondage, du vandalisme… Rien de bien grave en soit. Et les morts n'étaient pas les seuls coupables de ce type de crimes. Alors pourquoi eux et pas d'autres ?
- « Peut-être que ce sont juste les SDF qui trainaient dans le coin de Walworth ? proposa Potter.
- Ils sont tous des habitués d'autres quartiers, soupira Valentyne. On ne sait pas comment ni pourquoi le tueur les a amenés à Walworth… Il y en avait un qui vagabondait à Pimlico, un autre à Knightsbridge, Mayfair, Southwark, Temple, Vauxhall… Bref, ils venaient tous de secteurs différents. Les sept.
- C'est peut-être ça ? Un sans-abri par quartier ? tenta Astoria. Mais pourquoi les jeter dans la Tamise ? Elle ne passe même pas à Walworth.
- Quels sont les quartiers des SDF, dans la chronologie des morts ? réfléchit Harry en se postant devant la carte de Londres accrochée au mur. Je peux écrire dessus ?
- Prenez plutôt une autre carte, j'en ai une du métro dans le premier tiroir de mon bureau. Alors le premier meurtre était celui d'un sans-abri habitué de Walworth, commença Leigh pendant que Harry entourait le nom du quartier et notait le chiffre 1 sur la carte du commissaire. Ensuite, Mayfair. Puis, Vauxhall. Temple. Knightsbridge. Southwark. Et enfin, Pimlico. Vous pensez sincèrement que le vieux cliché de relier les points va nous apprendre quelque chose ? On ne voit ça que dans les films.
- Au point où on en est, soupira Greengrass. Regardez, ça entoure une partie de Londres en un ovale presque parfait. Quel en serait le centre ?
- Je vais essayer un truc totalement hasardeux : relier les quartiers deux par deux pour voir où ils se croisent… grimaça Harry qui n'y croyait pas du tout mais s'exécuta malgré tout. Voilà… Alors ça donne… Le London Dungeon ?
- Ce ne serait pas le musée moldu de l'horreur et la torture ? fit la Langue-de-Plomb, sceptique. Avec des mises-en-scène et des effets spéciaux censés faire peur ?
- Je crois qu'on est en train de se perdre là, bouda Valentyne.
- Ou alors, c'est le Westminster Bridge… hésita Harry. Avec Big Ben.
- Ou bien c'est juste un parcours que le tueur fait couramment dans Londres, soupira Leigh. Des endroits qu'il visite fréquemment, et ça n'entoure rien du tout.
- Ca me parait plus plausible, effectivement, confirma Astoria qui ne croyait pas trop aux points reliés.
- Je dois admettre que cela semble plus logique, oui, admit Potter. Où retrouviez-vous les corps une fois jetés dans le fleuve ?
- Entre le London bridge et Tower bridge, vers le HMS Belfast, répondit Valentyne. Une fois, c'était un peu plus loin, vers Canary Wharf. Nous avons demandé un spécialiste des courants pour qu'il puisse déduire d'où les corps ont été jetés, mais on ne peut pas dire que mes supérieurs soient prêts à passer une partie du budget pour des SDF… Mais si la demande peut être appuyée par le Premier Ministre en personne, je pense qu'ils ne feront pas les difficiles.
- En attendant, il faudrait qu'on aille se promener à Walworth plus longuement, proposa Astoria. Cela semble être le centre de tout.
- Vous irez cet après-midi, Greengrass, ordonna Potter. Et moi j'irais consulter les documents du Ministère pour savoir quels sorciers pourraient y habiter, avant de vous rejoindre. Nous irons faire du porte à porte. Valentyne, occupez-vous du spécialiste des courants, je vous donne le numéro du nouveau portable de mon patron : il se chargera d'aller voir notre Ministre de la Magie pour qu'il facilite le processus. Pour l'instant, nous devons partir : il est midi. Ils nous attendent pour le débriefing. »
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Ginny regardait frénétiquement sa montre à gousset toutes les cinq minutes. Elle n'avait plus beaucoup de temps avant leur réunion. Les employés du Département des transports Magiques n'étaient pas très rapides pour connecter la cheminette vers la Roumanie, ils n'avaient pas été plus rapides la veille.
Finalement, elle put enfin y accéder. Elle prit la poudre de cheminette en même temps qu'elle s'asseyait et prononça la destination de son appel à toute vitesse. Il y eut à nouveau l'alarme dans le Bureau de la Réserve Naturelle des Dragons. A nouveau la même femme qui arrivait en courant et repartit en pestant quand Ginny lui dit précipitamment vouloir parler à Charlie. Quelques minutes passèrent où le cœur de la jeune femme se serrait d'angoisse. Son frère ne pouvait pas être complice. C'était impossible. Inacceptable. Comment pourrait-elle l'annoncer à sa famille ? Sa mère serait effondrée… Et son père ? Comment réagirait-il ?
- « Ginny ? s'exclama Charlie en arrivant avec son petit dragon blanc dans les bras. Que se passe-t-il encore ? Nous ne nous sommes parl…
- As-tu acheté des baskets « Domyos » à Londres cet hiver ? le coupa Ginny d'un ton sévère et tranchant.
- Euh… oui, ne comprenait pas Charlie qui s'était arrêté sous la surprise.
- Et un poignard de style moyenâgeux ?
- Aussi… répondit-il en s'avançant doucement, comme si sa sœur pouvait surgir du feu pour l'étrangler. Vous étudiez mes dépenses ?
- Où sont-ils ? Tu les as offerts ?
- Le poignard oui, à un ami qui adore ce genre de bibelots. Mais les baskets, je les porte, précisa-t-il en montrant ses pieds chaussés couverts de boue et à moitié brûlés. Ce sont des chaussures très confortables, je n'ai pas trouvé d'équivalent sorcier. Mais je pensais qu'elles résisteraient plus longtemps…
- Tu les portais quand tu es allé espionner Draco ?
- Euh… réfléchit le dragonnier. Oui, c'était même la première fois que je les mettais.
- Ton ami a-t-il toujours le poignard ? Qui est-ce ?
- C'est un collègue, je peux aller lui demander si tu veux. Il travaille sur les Norvégiens à Crête. »
Ginny le pressa. Pendant que son frère s'absentait, elle sortit la tête des flammes pour regarder l'heure… 11H58. Elle allait être en retard. Elle envoya un message à Damian pour lui expliquer la situation.
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Damian venait de revenir au Ministère, fier de sa découverte. Le problème était que ce n'était pas Zacharias Smith, alias John Smith, qui avait payé le poignard et les baskets… Et puis de toute façon, il devait revoir sa liste d'acheteurs pour savoir si une même personne s'était procurée plusieurs poignards… Car il y en avait au moins deux identiques : celui pour Lucius, et celui pour Dahlia. Peut-être même plus. Cependant, il y avait bien plus de chances que le tueur ait acheté les armes à divers endroits… Ou carrément ailleurs. Il n'avait pas envie de reprendre la piste des acheteurs…
Son Smartphone sonna. Un message de Ginny prévenant de son retard : elle était encore avec Charlie. Jennings soupira. Il espérait que tout allait bien de son côté.
- « Salut Damian ! s'exclama Ron, en compagnie de Ulrich et Helen. Ca s'est bien passé de ton côté ? Où est Ginny ?
- Elle va être en retard, mais on a eu ce qu'on voulait. Et vous ?
- Une petite idée de génie, sourit malicieusement Ron.
- Personnellement, j'ai eu une matinée juste longue et fastidieuse, souffla Helen.
- Tu as pu tout faire au moins ? demanda Astoria qui venait d'arriver avec Harry.
- Y a intérêt, fit Kenneth qui marchait vers eux avec Orla. Nous n'avons pas le temps de flâner. »
Harris mima un garde-à-vous caricatural, faisant rire tout le monde. Même Orla, qui avait visiblement besoin de se dérider : elle n'avait pas l'air contente. Kingsley arriva sur ces entre-faits, en compagnie de Herulf.
- « Bon, tant pis pour les retardataires, annonça Shacklebolt en claquant des mains. Allons nous installer, j'ai fait commander des sushis. »
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- 12H00 -
Ginny trottina jusqu'à la salle de réunion. Elle avait dix minutes de retard. Elle avait heureusement pu avoir tous les renseignements qu'elle désirait. Quand elle entra dans la pièce, tous la regardèrent en silence. Ils ne semblaient pas avoir encore commencé, Hermione était en train de s'asseoir.
- « Parfait, tout le monde est là ! sourit Kingsley Shacklebolt. Hyde m'a fait comprendre qu'il ne viendrait pas tant que les sushis ne seront pas là. Je propose que chaque groupe explique ce qu'il a découvert, un à la fois. Commençons par vous, Mademoiselle Harris. Qu'ont donné la pensine et les détecteurs d'engins d'espionnage moldus ?
- Alors, la pensine, fit Helen en se raclant la gorge. Pour le premier témoin, celui de l'agression de Draco, le suspect qu'il a vu sortir de la chambre de la victime portait un masque blanc qui lui cachait la totalité du visage. C'était bien un homme, au vu de la carrure, environ 1m80. Il portait une longue cape avec une capuche, je n'ai donc pas pu voir la couleur de ses cheveux. Il n'y avait pas son de transplanage, ni de voix quelconque qui aurait pu lancer un sortilège pour se dissimuler…
« Pour le meurtre de Dahlia, les souvenirs des autres Aurors n'ont rien donné de plus. Le plus intéressant était de savoir que la silhouette du meurtrier s'enfuyant était en fait Blaise Zabini. Il était pourtant exactement comme le tueur du premier témoin. Et les souvenirs de Blaise lors de l'agression de son ami prouvent qu'il était bel et bien dans sa chambre, et qu'il a entendu le murmure « Ne Curae Temporaria ». Mais du peu que j'ai pu voir dans les souvenirs des Aurors qui le poursuivaient et ne le voyaient que du coin de l'œil sans arriver à réellement le remarquer, Blaise portait la même cape, le même masque, et avait la même carrure, la même taille… Peut-être était-il moins agile. Je dirais que le premier, le vrai tueur, possède une bonne condition physique. Il serait même très bien entraîné, vue la façon dont il est passé par la fenêtre en un bond, tout en bousculant violemment l'Auror.
« Les souvenirs de Zabini se sont révélés plus clairs que je le pensais, grâce à l'Imperium et au Veritaserum des Oubliators. Je peux juste ajouter que la voix du tueur est masculine et… ni trop grave ni trop aigue… juste normale. Mais comme il chuchotait, je serais incapable de reconnaître sa voix si je le réentendais. Par contre, autre l'Imperium que le tueur a jeté sur Blaise, il y avait également le sort qui empêche d'être remarqué, même en étant vu. « Non Videbitis Me ». Vous connaissez ?
- Ca ne me dit rien, dit Roger Davies, dubitatif. Peut-être que Monsieur Funestar ou les collègues qui fouillent les archives pourront mieux répondre.
- « Non Videbitis Me »… fit pensivement Herulf Poliakoff. Ca veut dire « Ne me voit pas ». Mais la formule seule ne sert à rien, il faudrait connaître le mouvement de la baguette, et la pensée associée au sort. Cela ne ressemble pas vraiment à de la magie noire, mais plutôt à de la magie bleue. Celle-ci concerne surtout la protection, ce qui m'a l'air d'être le cas.
- En tout cas, c'est plutôt pratique, intervint Jena Faucett. C'est le genre de sort qui fait fureur. A mon avis, soit il vient fraîchement d'être inventé, soit c'est encore un sortilège tenu secret défense : ce genre de savoir finit rapidement par être connu de tous. Vous imaginez ? Les gamins rêveraient de le maîtriser pour fausser compagnie à leurs parents. Ou même échapper à Rusard et aux professeurs la nuit, à Poudlard ! Je suis sûre que Potter aurait adoré ça : tu as passé toute ta scolarité à enfreindre le règlement avec Weasley et Granger.
- C'est vrai que ce sort est tentant, sourit Harry en regardant Ron et Hermione. Mais il serait plus appréciable entre de meilleures mains. Si ni Funestar, ni les autres Langues-de-Plomb ne le connaissent, il faudrait sans doute l'étudier pour le reproduire et trouver une parade.
- Je suis d'accord, confirma Kenneth Towler. Autre chose, Mademoiselle Harris ?
- Pas pour la pensine, non, répondit Helen. Pour les caméras, nous n'avons rien trouvé au Ministère. C'est rassurant. Par contre, il y avait des mouchards partout au Manoir, c'était impressionnant. Un agent Auror était un né-moldu dont la sœur travaille en informatique. Je lui ai expressément demandé de m'accompagner, et il a découvert que les appareils étaient toujours actifs. Ils enregistraient toujours le son et les images. Par contre, il n'y avait plus de dispositif longue distance. Il est allé voir sa sœur pour qu'elle… « exporte » les données. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais en gros on pourra voir et entendre tout ce qui a été pris.
- Alors cela signifie que les mouchards longue distance étaient moins bien cachés ? demanda Kingsley. Comment fonctionnent-ils ?
- Si j'ai bien compris, hésita Helen. Il faut avoir un appareil servant de récepteur et se positionner à moins de vingt ou trente mètres. La distance varie suivant les appareils : plus ils sont puissants, plus on peut être loin. Ceux-ci étaient de moyenne gamme, facilement trouvable sur « internet ».
- Il va vraiment falloir qu'on prenne un moldu qui pourrait nous aider sur ce « internet », intervint Damian Jennings. Il devient évident que notre tueur s'en sert pour se procurer du matériel : les poignards déjà. Il y en a plusieurs identiques et je n'ai pas vu un acheteur dans la liste de clients que j'ai pu glaner qui s'en serait procuré plus d'un.
- Vous pourriez peut-être nous parler de votre enquête, justement ? proposa Kenneth. A moins que vous ayez d'autres choses à nous apprendre, Mademoiselle Harris ?
- Non, non, c'est tout.
- Mademoiselle Weasley et moi-même sommes partis sur la piste de John Smith, résuma Damian. Le seul nom que nous avions en commun pour le poignard du premier meurtre et les baskets moldus, celles qui ont laissé une trace de boue sur un arbre, protégée par un bouclier climatique. Comme ces biens ont été payés par carte bancaire moldue, nous avons facilement pu remonter la piste à la HSBC. Hors, nous y avons découvert qu'il existait deux John Smith avec un compte suspect chez eux, avec trop peu d'argent pour qu'ils soient des comptes courants : l'un ayant une adresse totalement bidon au beau milieu de la Tamise, l'autre domiciliant en Roumanie.
- En Roumanie ?! s'exclama Ron. Mais c'est impossible ! C'est…
- J'ai contacté Charlie tout à l'heure, le coupa Ginny. Il m'a expliqué qu'il s'était créé des papiers moldus officiels en Roumanie, donc nous n'en avons aucune trace en Angleterre. Et il a choisi ce nom parce qu'il n'avait pas d'idée et qu'il trouvait ça drôle. Cela aurait très bien pu être John Doe. Charlie a offert le poignard à un ami qui les collectionne. Il l'a même fait venir devant la cheminette pour que je puisse constater qu'il l'avait toujours : ce n'est donc pas notre tueur. Quant aux baskets, je crois qu'il s'agit effectivement d'une empreinte qu'aurait laissée Charlie cet hiver. Il m'a même précisé qu'il étrennait ces chaussures pour la première fois, mais n'avait pas prévu qu'il pleuvrait. Le meurtrier a donc saisi l'occasion pour le piéger en protégeant une trace de boue avec son bouclier.
- Après Draco Malfoy, puis Blaise Zabini, voilà maintenant qu'il veut faire suspecter Charlie Weasley, soupira Kingsley en se frottant les yeux de fatigue. Ce mec veut prendre le contrôle de l'enquête et nous mène par le bout du nez… La différence est que nous n'avons jamais cru à la culpabilité de Blaise et continuons à chercher ailleurs que dans cette direction là.
- Je ne pense pas que ce soit le but du tueur, réfléchit Kenneth. Il s'amuse, il joue avec nous et nos nerfs. C'est peut-être là que se cache toute sa sournoiserie : il n'en a rien à faire de ce que nous pensons. Il voulait juste que nous enfermions Draco au début, puis Blaise, et que les Weasley paniquent à l'idée que leur frère soit complice. De la même façon, c'est l'assassin qui a dévoilé l'amour fou que ressent Charlie pour Draco et a révélé son comportement délictueux de harceleur… Et si cela pouvait entraîner des tensions dans la grande famille Weasley, ce serait l'idéal pour lui. Nous avons bien établi que Draco est peut-être le centre, mais Harry Potter est également concerné. Ne faites pas cette tête Monsieur Potter, soupira l'inspecteur en voyant son confrère écarquiller les yeux et entrouvrir les lèvres. Nous sommes tous au courant, et vous ne me ferez pas croire que vous ne le saviez pas vous-même. Donc, le tueur vise Potter aussi, continua-t-il en voyant son collègue se reprendre avec gêne. C'est peut-être là justement un de ses coups tordus pour l'atteindre : tout le monde sait qu'il est très lié aux Weasley, ils sont sa seconde famille. Et avec Charlie, il les frappe directement. Ginny et Ronald Weasley vivent très mal cette situation, c'est évident et naturel : il s'agit de leur frère. En avez-vous parlé à quelqu'un d'autre ?
- Pas encore, avoua Ron, mal-à-l'aise. Mais je sais déjà comment risque de réagir notre mère…
- Très mal, comme nous tous, affirma Ginny. Cela va obligatoirement créer des tensions. J'imagine déjà maman nous demander de ne pas le poursuivre en justice et papa insister pour qu'on le fasse. George risque de l'insulter et Bill de crier à qui veut l'entendre qu'il n'est plus son frère…
- Ce malade doit jubiler dans son coin, continua Shacklebolt, convaincu par l'hypothèse. Préparez-vous : il n'en a certainement pas fini avec vous. Si cela était possible, je vous écarterez tous de l'affaire, vous êtes trop concernés. Cependant, je ne peux pas me le permettre. Pas pour l'instant… Suivant l'évolution de la situation, j'aviserais. Si j'ai bien compris, le but de l'enfermement de Draco puis Blaise viserait… Draco, non ?
- Le rendre coupable de la mort de son propre père qu'il a toujours admiré, acquiesça Orla qui trouvait ces idées en accord parfait avec le profilage établi. Puis, la seule façon pour lui d'être à nouveau libre, est que sa mère meurt à son tour… Le prix de sa liberté est qu'il devienne orphelin. Et alors qu'il est protégé par son meilleur ami, la mère de celui-ci meurt de l'avoir recueilli, et Blaise devient suspect du meurtre de sa propre mère… Pour l'instant, il est dans le coma. Mais imaginez ce qu'il ressentira en se réveillant ? En trois jours, il est devenu orphelin, a sans doute perdu toute sa magie, va avoir un handicap, des dégâts physiques… et il va se sentir responsable de l'inculpation de son meilleur ami et la mort de sa mère. Ca va être atroce : un vrai bonheur pour le tueur.
- C'est un cauchemar, pâlit Ulrich alors que Jena et Roger grimaçaient d'empathie. Et vous dites qu'il n'a pas fini son massacre ? Parce que là, ça devient de la torture psychologique en plus de tout le reste…
- Reprenons-nous, tenta d'apaiser Kingsley. Monsieur Jennings, vous avez mentionné un second John Smith. Etait-ce celui de la carte ?
- Non, c'était le John Smith roumain : Charlie Weasley, répondit Damian. Le tueur l'a sans doute pisté en voyant qu'il espionnait aussi Draco, après tout ils faisaient tous les deux la même chose. Et en le voyant acheter ce poignard, il a eu l'idée d'utiliser les mêmes pour le piéger. Impossible de savoir lequel est le meurtrier dans ma liste des acheteurs, aucun nom n'est sorcier ou semble un pseudonyme visible autre que « John Smith ». Il y a des tas de faussaires créant des faux papiers à Londres, et ce serait risqué d'aller tous les interroger. Mon indic ne peut pas non plus se permettre de le faire à notre place ou bien elle perdrait toute crédibilité et ne nous serait plus d'aucune utilité. De plus, je suis persuadé que l'assassin s'est procuré son matériel sur « internet » : c'est là qu'il a acheté les caméras et les micros, et nous n'avons aucun moyen de remonter cette piste. C'est l'idéal pour lui.
- Il devient effectivement urgent de trouver quelqu'un pour nous épauler sur ce « internet », grommela Kingsley qui notait frénétiquement sur son parchemin. La piste du second John Smith est-elle donc pertinente ?
- Je l'ai tout de même remonté, c'était assez louche pour être pris au sérieux, insista Damian. Figurez-vous que l'adresse se trouve pile à l'endroit où traîne généralement mon indic faussaire : au beau milieu du Chelsea Bridge. Je l'ai retrouvé là-bas et… C'est Zacharias Smith.
- Zacharias ?! s'exclamèrent Kenneth, Orla et Ron en même temps.
- Il s'est fait des faux papiers moldus et sorciers sous ce nom-là pour mener ses enquêtes journalistiques sans que cela ne remonte jusqu'à nos oreilles. C'est sans doute grâce à cela qu'il peut obtenir autant de renseignements sans que nous en soyons prévenus. Cela aura au moins servi à cela : nous pourrons créer une alerte pour John Smith au même titre que Zacharias Smith.
- Figure-toi que Zacharias est justement en train d'attendre dans une salle d'interrogatoire en ce moment-même, ricana Ron. Monsieur Towler m'a appelé pour que je l'embarque : il semblerait qu'il ait poussé le bouchon un peu trop loin cette fois-ci.
- C'est plus compliqué que ça, souffla Kenneth. Cet idiot est venu se vanter sous notre nez en savoir plus que nous, et admirer le tueur pour, je cite : « faire exactement ce que tout le monde rêve de faire ». « Un messie qui ferait le boulot que Potter n'a jamais terminé ».
- Pardon ? s'indigna Harry, scandalisé. C'est quoi cette histoire ?
- Nous aurions du nous y attendre, fit Kingsley, dépité. Pour la population, ce sont juste des Mangemorts et des amis de Mangemorts qui ont été tués. Nous ne pouvons pas attendre d'eux qu'ils s'affolent et les pleurent. Et il n'y a qu'un pas entre cela et penser que c'était à Potter le héro de le faire. Cela va soutenir l'idée du tueur qu'il est un justicier. Une autre attaque directement pour Potter : il le destitue de son statut de sauveur. C'est à croire qu'il a tout pensé dans les moindres détails, ça commence à faire peur. J'espère juste qu'il y a des événements qu'il n'avait pas prévu, même s'ils vont dans son sens… Donc, Zacharias attend d'être interroger, et il risque d'attendre encore un bon moment. Vous pensez aller le voir après la réunion ou à la fin de la journée ?
- La fin de la journée me semble bien, sourit Kenneth. Il voulait mettre un point final à son article pour demain, il faut lui laisser le temps d'y réfléchir au calme.
- Parfait, j'aime ça, ricana Shacklebolt. D'autres choses à rajouter sur votre enquête, Weasley et Jennings ?
- Seulement que je tente d'en dire le moins possible à Charlie pour le moment, précisa Ginny. Il ne sait rien de ce qu'il s'est passé après le meurtre de Narcissa, j'ai tout fait pour. Mais il s'inquiète, alors si jamais vous en venez à l'interroger aussi, faites attention à ce que vous lui dites : il est tellement aveuglé par son obsession envers Draco qu'il serait capable de quitter son travail sans prévenir pour venir en Angleterre. Et je vous laisse imaginer les conséquences…
- Il ne manquerait plus que ça : un autre dingue de Malfoy junior dans les pattes, fit Kingsley, blasé. Il est bien mieux en Roumanie pour l'instant. Passons à l'autre Weasley et Vaisey : qu'a donné la carte « spécial voyeur » de Charlie ?
- Pas grand-chose, grimaça Ulrich Vaisey. Principalement que c'est un psychopathe, lui aussi. Sans vouloir vous offenser, les Weasley. Il nous a aussi livré un journal détaillé de son voyeurisme, avec tous les détails que j'aurais préféré ignorer à jamais. Je vais avoir du mal à m'en remettre.
- Mais en faisant l'effort de nous mettre à la place d'un espion, ajouta Ron, gêné par les remarques de son coéquipier. Nous avons remarqué qu'un passionné de Draco aurait du mal à résister à l'envie de s'approcher le plus près possible. Or, notre suspect a la capacité d'être vu sans être vraiment remarqué, comme une ombre qu'on voit du coin de l'œil. Le « Non Videbitis Me », le sortilège de « ne me voit pas ».
- Cependant, Draco possède le don de repérer les intrus, précisa Ulrich.
- Ca s'appelle le « Deprehendatur », spécifia Roger Davies. Nous l'avons trouvé dans nos recherches sur l'héritage génétique, au milieu de tous les gènes magiques des Black. C'est le plus courant dans cette famille, il y en a beaucoup qui l'ont eu. Narcissa et Walburga l'ont eu, de même qu'Andromeda. Mais pas Sirius.
- Ok, oui, donc, euh… tenta de reprendre Ulrich. Nous avons pensé que ce… Deprehendatur pourrait agir comme un contre-sort à ce sortilège de dissimulation. Sans être tout à fait efficace. Narcissa Malfoy vous avait parlé d'un espion en haut d'un arbre et dont ils ne sont jamais parvenus à voir le visage. Ce n'est pas le genre d'erreur que pourrait commettre notre tueur, et pourtant cela semble être arrivé souvent. Si cela avait été quelqu'un d'autre, comme Charlie, ils auraient fini par l'identifier. Par conséquent, nous en avons déduit qu'il s'agissait d'un test : le meurtrier voulait savoir quelle était la puissance du don de Draco et Narcissa, et également celle de son propre sort de dissimulation. Donc, il prenait bien garde à rester inidentifiable même s'ils le voyaient. Cela correspond très bien à son profilage.
- Et nous avons alors compris que l'assassin connaissait l'existence de cet héritage génétique magique avant même de commencer son espionnage, termina Ron. Très peu de personnes sont au courant de ce genre de choses : quelques unes du Ministère lorsque c'est déclaré, et les proches. C'est une information privée qui est protégée par le secret professionnel, de la même manière qu'un médicomage ne divulgue rien concernant leurs patients. Il y a un sortilège qui protège de ce genre d'indiscrétion.
- Cela confirme qu'il a accès aux informations du Ministère, grogna Kingsley, affreusement mécontent de la tournure des événements. Mais sans avoir posé de mouchards moldus… Il est donc un de nos employés… Il va nous falloir vérifier tous les poignets droits plusieurs fois par jour : si vous voyez un fil de la Promesse à la Justice Sorcière devenir rouge, vous me prévenez immédiatement. Cela ne prouvera rien et le tueur peut très bien glaner des informations sans en divulguer… mais c'est la seule protection que nous ayons.
- Nous avons pris une initiative, intervint Ron d'un air ravi. Ulrich et moi nous sommes procurés des caméras moldues dans une boutique. Nous les avons posées partout autour du Manoir Malfoy et les avons rendues invisibles magiquement.
- Cela fonctionne avec un détecteur de mouvement, ajouta Ulrich tout aussi fier. Elles s'enclenchent automatiquement si elles repèrent une animation quelconque et se mettent à enregistrer. Si un intrus vient sur les lieux, nous le découvriront très vite.
- Vous pensez sérieusement que le tueur va revenir au Manoir ? s'étonna Kenneth. Draco n'y retourna plus avant la fin de cette enquête, j'y veillerais personnellement. Et il a déjà posé ses photographies de voyeur dans la chambre. Que pourrait-il y faire de plus ?
- Mieux vaut prévenir qu'enchanter, soutint Harry. Nous n'avons rien prévu de ce qu'il s'est passé, alors un retour au Manoir : pourquoi pas ? Vous devriez même aller en installer aussi chez les Zabini, au cas où. Autant surveiller toutes les scènes de crime de cette façon, en espérant qu'il ne repérera pas les caméras.
- Cela me convient, dit Kingsley en haussant les épaules. Bonne initiative, continuez à en avoir d'autres. Autre chose ? Alors passons à Monsieur Davies, Mademoiselle Faucett et Madame Weasley avec les héritages génétiques.
- Madame Weasley a voulu que nous commencions par éplucher l'arbre généalogique des Black et Malfoy, amorça Roger Davies en soupirant de lassitude. Et en cherchant ce qu'elle voulait trouver, elle a découvert chez les blonds un maléfice qu'elle pense coller parfaitement à Draco.
- Dis comme ça, cela semble peu crédible, ronchonna Hermione en tapotant sa plume contre la table. Vous me direz ce que vous en pensez tous, je persiste à dire que c'est très probable. J'ai trouvé un gène nommé Angelus, très rare et ne s'éveillant que tous les siècles, ou presque. Actif dès la naissance, il exacerbe les sentiments qu'on éprouve pour le porteur. Je ne suis pas encore parvenue à comprendre pourquoi il se révèle chez un descendant et pas un autre… Généralement, il est très violent et peut donner lieu à de terribles tragédies : meurtres, viols, agressions, kidnapping, et autres joyeusetés. Cependant, il y a des cas plus légers où la malédiction reste faible même si bien présente. Je pense que ce serait le cas pour Draco : c'est pour cette raison que personne ne s'en est rendu compte pour l'instant. Cela s'est déjà produit.
- C'est une hypothèse intéressante, réfléchit Shacklebolt alors que Potter fronçait les sourcils, sceptique. Cela pourrait expliquer l'obsession du tueur et de Charlie Weasley… Cependant, si je suis votre description, il devrait y avoir bien plus de passionnés.
- Déjà, je précise que cela exacerbe les sentiments et empêche toute ignorance, mais n'en créé pas. Ensuite, j'insiste : si Draco possède bien ce gène en éveil, il demeure forcément faible. Je pense que le tueur était déjà psychopathe avant, mais le contact avec Draco lui a fait totalement perdre pied. En plus, je suis sûre que la guerre et l'appartenance des Malfoy aux Mangemorts, a grandement participé à la haine qu'il inspire maintenant pour la majorité de la société. Je dirais donc que Draco pourrait bien être la personne la plus détestée d'Angleterre en ce moment…
- Une seconde, arrêta Harry, perdu. Nous allons vraiment partir sur ce principe ? Sans aucune preuve ? Je suis désolé Hermione, mais j'ai du mal à croire en ta théorie… Alors sans même le voir, on pourrait le détester ou l'aimer ? Comme ça, sans raison ?
- Je dirais plutôt au premier regard. Comme un coup de foudre ou son inverse. Cela peut également être une profonde amitié, ou du mépris.
- Alors si on n'est pas en contact avec lui, l'effet se dissipe ? insista Harry.
- Je, euh… hésita Hermione. Je ne sais pas encore comment cela fonctionne réellement. Je n'ai que les archives pour étudier ce phénomène, j'ai seulement lu de récentes études sur une créature magique disparue nommée Angelus. Ce sont les légendes qui lui ont donnée ce nom. Alors quand je l'ai lu en tant qu'héritage génétique, j'ai tout de suite compris ce quoi il s'agissait.
- Et tu as vu ce que tu voulais voir, insista Roger. Je suis désolé, mais j'ai du mal à y croire.
- Moi, je suis prêt à l'admettre, intervint Ron. Cela me parait logique.
- Je suis également de cet avis, renchérit Damian. Vous avez souvent vu quelqu'un qui déchaîne les passions autant que Draco ? Je trouvais cela surréaliste avant d'entendre l'explication de Madame Weasley. Au contraire, cela rend les événements plus rationnels.
- Et moi, ça m'embrouille, bougonna Ginny. Je n'arrête pas de me demander pourquoi je l'ai tant détesté, pourquoi ce n'est plus le cas maintenant, si ce sont mes vrais sentiments, dans quelle mesure puis-je croire ce que je ressens, quelles devraient être mes vraies émotions… ? Pourtant, ma colère contre lui me semblait légitime. Surtout à Poudlard. Et j'avais une bonne raison de la tempérer ces quatre dernières années. Alors pourquoi serait-ce faux tout à coup ? Je suis comme Roger et Harry : j'ai du mal à le croire.
- Mais cela explique tout ! renchérit Jena Faucett qui avait l'habitude de ce débat pour l'avoir eu quelques minutes auparavant avec Roger Davies. Souvenez-vous, à Poudlard : Draco se comportait comme le prince de sa maison sans aucune raison. Après tout, il n'était pas le seul Sang-Pur à Serpentard. Et pourtant, personne n'avait rien à répondre, tout le monde lui obéissait. Vincent Crabbe et Grégory Goyle en tête : Draco les traitait comme des esclaves sans aucune considération pour eux. Malgré tout, ils demeuraient fidèles et ne lui ont jamais répondu. Cela ne pouvait pas être dû qu'à son charisme, que je lui reconnais volontiers, ni à l'influence de son père. Il a toujours eu le don de se faire respecter et obéir, je n'arrivais pas à comprendre comment il faisait.
- C'est un Serpentard, rétorqua Roger. Il a ses propres combines pour cela sans qu'un gène entre en ligne de compte !
- Mademoiselle Quirke et moi-même avons peut-être un témoignage allant dans le sens de Madame Weasley, dit tout à coup Kenneth, attirant l'intérêt de toute la tablée sur lui. Au village moldue, une habitante nous a raconté pourquoi elle ne voulait pas laisser Draco monter seul dans un train. Dès le premier jour où il est arrivé chez eux, il s'est attiré haine, dédain ou amitié sans rien faire d'autre que se montrer devant eux.
- Quand elle en parlait, je pensais qu'elle inventait et exagérait, confirma Orla. Cela me faisait penser à un mauvais « remake » de « Angélique »… Mais la théorie de l'Angelus me semble tout à fait logique.
- Cela n'a pas de sens ! s'exclama Ginny. Ce n'était pas du tout comme cela à Poudlard. Vous avez dit que ce maléfice était faible chez Draco, et cela ne ressemble pas à des réactions face à un léger Angelus.
- Peut-être que les moldus y sont plus sensibles ? proposa Ulrich Vaisey. Il faut simplement en découvrir les règles à présent. Etudier la vie de Draco ces quatre dernières années et les différents contacts qu'il a eu pourrait nous y aider. Mais si le tueur a effectivement eu connaissance des héritages génétiques de la famille Black, en est-il de même pour les Malfoy ?
- Draco n'a jamais été déclaré comme porteur de l'Angelus, répondit Jena.
- Cela ne signifie pas qu'il n'a pas pu faire les mêmes déductions que Madame Weasley, persista la psychomage. Il a peut-être conscience de la situation et s'en délecte ?
- En parlant de gènes et héritages magiques, intervint tout à coup Herulf Poliakoff. Lorsque nous faisions des recherches sur le sang avec Shacklebolt, nous avons pensé aux effets qu'une perte de sang conséquente pourrait avoir sur l'héritage génétique.
- Nous nous sommes posés la même question, s'intéressa Jena. Cela a-t-il détruit la lignée des Black et des Malfoy d'un seul coup ?
- Il doit rester quelques Malfoy en France, puisqu'ils sont originaires de ce pays. Une autre branche cependant, et peut-être n'ont-ils pas gardé le même nom de famille. Mais des Black, il ne reste plus que le jeune Ted Lupin : un Sang-Mêlé. Et Draco en deviendra un par la force des choses, s'il ne sera pas carrément un Cracmol. Certains gènes des Black sont donc perdus à jamais. C'est un fait. Cependant, les dons qui se sont éveillés chez Draco le resteront. Ils se sont inscrits dans son corps et plus seulement dans le sang. Ils sont dotés d'une vie propre maintenant, et ne mourront qu'avec leur porteur.
- Cela semble être la volonté du tueur, dit sombrement Kingsley. Au début, je me demandais s'il voulait détruire tous les Sang-Purs de notre pays, mais je me pose à présent des questions. Et si c'était juste par rapport à l'Angelus ? S'il voulait détruire ce maléfice qui a fait éclater sa folie ? Il risque d'être déçu : rien ne peut faire taire ce gène autre que la mort. Or, il ne veut pas le tuer.
- Un carnage magique pour rien, geignit Astoria Greengrass qui comprenait mieux que personne l'importance génétique sorcière des Sangs-Pur, hors de toutes considérations politiques ou sociales. C'est un désastre…
- Je ne sais pas si vous êtes tous conscients de la catastrophe que cela représente, insista Ulrich Vaisey, tout aussi horrifié. Des millénaires de préservation magique détruits. Une des rares magies originelles survivantes, unique, éradiquée… Tout un patrimoine qui s'envole. Qui n'existe plus…
- Qu'est-il possible de faire à présent ? demanda Harry, pragmatique. J'ai cru comprendre qu'il existait des rééducations magiques. Encore expérimentales, certes. Mais c'est mieux que rien. Quand pourront-elles commencer ?
- Il faut que Draco se réveille, répondit Herulf. La rééducation magique utilise la volonté du sorcier, cela nécessite donc qu'il soit conscient. Et puis il doit donner son accord. S'il ne souhaite pas être soigné, il n'y aura rien à faire.
- Je suis sûr que ses amis le convaincront, assura Potter. Y a-t-il eu d'autres trouvailles génétiques ?
- Nous avons surtout travaillé sur les Black et les Malfoy, expliqua Jena. Madame Weasley est allée faire des analyses ADN sur le sang sorcier de Draco, après avoir filtré le sang neutre qu'il a reçu.
- Je voudrais isoler le gène Angelus, précisa Hermione. Je ne sais pas ce que cela pourrait nous apprendre mais cela vaut le coup d'essayer. Je pourrais peut-être trouver autre chose pouvant aider à la rééducation en apprenant la composition de son sang pur de sorcier initial ? J'ai croisé Pansy Nott, elle reste auprès de Draco pendant que Theodore Nott et Millicent Bulstrode sont avec Blaise au Ministère. Il faudrait sans doute que vous les interrogiez aussi.
- C'est prévu, confirma Kingsley. Je voulais le faire moi-même. Nous n'avons pas encore fini d'éplucher tous les documents relatifs au sang à Saint-Mangouste. Poliakoff et moi avons surtout réfléchi au tueur et aux conséquences, en se demandant ce qu'il cherchait vraiment à faire. Cette attaque associée au sort empêchant les soins temporairement n'est pas anodin. Cette technique moldue, barbare, macabre et sanglante n'allait pas du tout avec l'idée d'un « justicier »… Cela ressemble à une vengeance « œil pour œil, dent pour dent ». Il use d'une manière Mangemort pour tuer des Mangemorts. Et puis toutes ces connaissances secrètes, dont certaines que nous ne connaissons même pas ! Nous, membre du Ministère, et même des Langues-de-Plomb censés connaître tous les mystères connus de la magie ! Il n'a pas pu apprendre cela tout seul. Alors nous avons pensé à un mentor… ou un tortionnaire ? Ou une simple connaissance ? Peut-être même quelqu'un qui ne sait pas que l'assassin profite de ses connaissances pour tuer ?
- En tout cas, ajouta Herulf Poliakoff. Ce psychopathe est passionné par le sang. Une vraie lubie. Que cela soit dans la technique, la question de la pureté ou les héritages génétiques. Un traumatisme quelconque doit se cacher là-dessous.
- J'ai repensé à Poudlard, intervint Harry, pensif. En sixième année, j'ai lancé sur Draco un sort dont je ne connaissais pas les effets : le Sectumsempra. Cela l'a coupé partout, il s'est très vite vidé de son sang. Heureusement, le professeur Rogue n'était pas loin, et il a réussi à faire revenir le sang de Draco dans son corps.
- Cela ne fonctionne que si l'attaque a eu lieu il y a moins d'une minute, précisa Hermione. C'est un sort temporel : il a remonté le temps de quelques secondes pour faire en sorte que l'attaque n'ait jamais eu lieu.
- Je n'avais jamais entendu parler de cet événement, s'intéressa Kingsley. Si je me souviens bien, le Sectumsempra est un maléfice inventé par Severus Rogue lui-même, non ?
- Oui, j'avais trouvé un livre qui lui avait appartenu à Poudlard et où il avait noté tout un tas de choses vraiment passionnantes, expliqua Potter. Ce matin, j'avais presque l'impression que c'était moi qui avais poignardé Draco. C'était comme revenir en sixième année, et si Rogue était tout à coup apparu pour le sauver, cela ne m'aurait pas surpris. Je me demande si le tueur ne l'a pas fait exprès…
- Il aurait été un des rares à connaître cet épisode macabre ? demanda Kenneth. Encore un autre moyen d'atteindre Monsieur Potter ? Je n'en suis pas sûr, c'est peut-être juste un hasard. Même si je dois reconnaître que la similitude est troublante.
- Passons à autre chose, fit Kingsley en se massant les tempes. Monsieur Towler, Mademoiselle Quirke, qu'avez-vous découvert au village à par les téléphones portables que vous nous avez envoyés ? Vous avez pu voir le psychiatre moldu ?
- Pas encore, non, soupira Kenneth. Nous avons rendez-vous ce soir avec lui : Mademoiselle Quirke se présentera comme une étudiante ayant besoin qu'il réponde à ses questions, et moi je serais simplement son grand frère qui l'accompagne. Par contre, nous avons trouvé la moldue qui l'a conduit hors du village en voiture. Nous avons découvert l'identité du petit ami moldu : le docteur Lawrence Khaoulani, un chirurgien cardiaque à l'hôpital de Plymouth. C'est lui qu'il allait voir tous les jours au village, ils allaient manger au bistro du coin. Ca faisait un sacré temps de trajet tous les jours pour ce Lawrence, il a sans doute dû arranger son agenda pour cela… Ou alors la libraire exagérait un peu : elle a l'air d'être ce genre de personne à en rajouter une couche. Il faudrait donc que nous continuons l'enquête pour en savoir plus. Le samedi, c'était cette jeune femme qui conduisait Draco à Plymouth et le ramenait, ou bien le médecin venait le chercher.
- Nous sommes allés à l'hôpital, dans le Bureau du docteur Khaoulani, continua Orla. Nous avons découvert qu'ils se sont connus à travers un site de rencontres pour homosexuels : « Gaydar ». Lawrence a imprimé la page profil de Draco, qui se faisait appeler Morgan Drake. Il avait une photo de lui, et il y avait aussi tous leurs échanges. Nous n'avons pas encore eu le temps de tout lire, mais il semblerait que Khaoulani soit un dragueur plutôt superficiel : tout ce qui l'intéressait chez Draco était son physique, le fait qu'il aimait faire la cuisine ou danser… Peut-être cela a-t-il changé depuis : la libraire avait l'air de dire que Lawrence était effondré quand Draco n'ait pas venu à leur rendez-vous lundi et mardi. C'est le comportement d'un homme sincèrement amoureux. Il y aurait là une façon de comprendre comment l'Angelus fonctionne en étudiant la relation de ces deux là.
- Nous retournerons également interroger les autres villageois, poursuivit Towler. Afin de comprendre leur ressenti pour celui qu'ils croient s'appeler Morgan Drake. Et il y a aussi le domicile du médecin que nous ne sommes pas encore allés voir.
- Et vous lui, ce médecin ? questionna Kingsley. Vous l'avez trouvé ? Il faudrait aussi l'interroger.
- C'est là que notre enquête intervient, répondit Astoria. Au commissariat moldu, avec le commissaire Leigh Valentyne, nous avons découvert qu'il y avait eu un autre meurtre de sans-abri moldu hier soir. Et il se trouve que c'était Lawrence Khaoulani.
- Il est mort ?! s'exclama Ron, les yeux écarquillés. Mince… Ca ne devrait pas m'étonner…
- Il a été déguisé par le tueur en SDF moldu, sans papier ni rien d'autre que des vêtements sales et malodorants, expliqua Harry. Nous nous demandons encore pourquoi il a agit ainsi. Pourquoi ne pas simplement le tuer à Plymouth, là où les deux enquêtes n'auraient pas été liées par les moldus. Pourquoi lui ôter son identité ? Pour ne pas inquiéter les moldus ? Ou se venger de la relation qu'il a eue avec Draco ?
- Mais il y a un autre problème, ajouta Greengrass. Nous n'arrivons pas à trouver un lien avec tous les SDF morts. Ils viennent chacun d'un quartier de Londres différent, et se retrouvent tous tués à Walworth avant d'être jetés dans la Tamise. Pourquoi Walworth, où le fleuve ne passe même pas ? Est-ce parce que le tueur connait bien cet endroit et qu'il sait où trouver les endroits déserts, et où il ne risque pas d'avoir de témoin ? Mais c'est prendre un gros risque lors du transport des cadavres vers le fleuve. Transplanage ? Le son peut alerter les moldus… Il faut que nous comprenions comment il s'y prend.
- Et puis cela ne colle pas avec son ambition d'être un justicier, bouda Harry qui avait toujours du mal à l'imaginer comme tel pour mieux le comprendre. Les sans-abris sont généralement inoffensifs. Alors pourquoi eux ? Nous avons tenté de repérer sur une carte les différents quartiers d'où les morts venaient, mais cela n'a pour l'instant rien donné. Nous allons chercher si des sorciers habitent Walworth et aller les interroger. Valentyne va trouver un spécialiste des courants pour savoir d'où les moldus ont été jetés dans la Tamise. Il aura d'ailleurs besoin de votre appui, Monsieur Shacklebolt. Je lui ai donné le numéro de votre portable pour qu'il vous contact.
- Très bien, soupira Kingsley. Et bien je crois que nous avons du pain sur la planche. »
Réponses aux reviews anonymes
« Guest » : Désolée, ma réponse va être super courte et rapide, je ne veux pas louper mon train ^^'… Ravie de t'avoir éclairée pour le don Angelus ^^ J'espère apporter encore plus de précisions ici. C'est intéressant l'idée que des admirateurs puissent venir porter secours à Draco et foutre la merde, haha ! j'y songerais ! ton idée du mentor est intéressante aussi, j'y réfléchirais plus en détails pour voir comment je pourrais l'adapter avec ce que j'ai prévu.
Merci pour ta review ! promis, la prochaine fois je répondrais plus en détails !
NOTE DE L'AUTEUR
BON ! Le voilà le super long chapitre promis ! Il y a quand même eu beaucoup de découvertes cette fois-ci ! n'est-ce pas ? Si vous avez des idées, n'hésitez surtout pas, comme d'habitude ! Vous êtes ma source d'inspiration ! ^^ Je serais absente pour deux semaines maintenant… je vais être trop occupée pour poster un nouveau chapitre. A BIENTOT, en novembre !
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Désolée, je n'ai pas le temps d'écrire une note d'auteur plus importante, je dois prendre le train et je vous ai promis ce chapitre aujourd'hui. D'où pourquoi il termine aussi abruptement ! je n'ai même pas eu le temps de faire un récapitulatif des personnages en tête… Désolée… Ni même de relire le chapitre d'ailleurs... J'apporterais des corrections plus tard (minimes, ne vous en faites pas). Juste un petit mot pour vous dire que j'ai récemment regardé les « Angélique », par pure curiosité, et que c'est affolant le nombre de mecs fous amoureux d'elle ! Elle en croise un et HOP ! Ca y est… D'où le petit clin d'œil dit par Orla XD Ca m'a juste fait halluciner.
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NOUVELLE LIGNE AU TABLEAU RECAPITULATIF ! = Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il y a un onglet au tableau récapitulatif qui concerne uniquement le mercredi 8 Mai. Il y a une répartition des personnes avec les horaires, et je pense que ce sera peut-être plus utile pour vous que mon résumé en début de chapitre. DONC, il s'agit d'un complément sur le Mercredi plus qu'une nouvelle ligne du tableau des crimes. Il vous suffit d'ouvrir le tableau, d'aller en haut à gauche et cliquer sur le mercredi 8 Mai pour avoir tous les renseignements sur ce que vous venez de lire ^^ ! (Je ne peux pas le poster tout de suite, il sera mis à jour ce soir – dimanche – ou demain…)
ATTENTION ! Ce peut être du spoil pour ceux qui n'ont pas lu tous les chapitres publiés ! Si vous êtes ici, et qu'il y a d'autres chapitres publiés après, n'allez pas voir le tableau avant d'être arrivé à la fin de ce qui est lisible ! Car j'ajoute petit à petit au fur et à mesure de là où j'en suis. Ce tableau n'a que le but, seul et unique, de rendre digeste cette enquête sans avoir à relire tous les chapitres depuis le début pour se rafraichir la mémoire.
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A bientôt mes bits chéris !
Fantômes ou manifestants !
Sortez-moi tout le jus de votre cerveau en ébullition, mes très chers inspecteurs !
XXX
Capitaine Ashu
