Salut tout le monde ! Voici le douzième/treizième chapitre de Lady Moon, et un chapitre plus calme que les précédents, avec beaucoup, beaucoup moins d'actions ! Mais avant toute chose, je vais répondre aux reviews de Nom-Aléatoire :
Pour le chapitre neuf : Ah, je suis contente que les explications sur les Clans t'aient convenues. Honnêtement, je les ai rajoutées après avoir lu ton commentaire sur le chapitre précédent xD Et oui, Jiraiya meurt ! La scène que j'ai écrite dix fois sur mon téléphone, trois fois sur mon PC avant de me fixer x) en fait, j'avais plus des images que du texte qui me venait, quand j'y venais, donc c'est hyper dur xD "Hinata obèse" m'a fait beaucoup rire honnêtement !
Pour le chapitre dix : Toujours heureuse que Konan te plaise ! Je la trouvais parfaite dans ce rôle, perso xD Voui, Sakura a un petit rôle, mais elle est quand même là, et elle sera plus utile dans le futur ^^ J'adore écrire Gaara *-* j'essaie de le faire cynique au possible, mais aussi complètement dérangé. Haku ? Tu verras bien :) il ne sera jamais central, et comme il vit loin d'Hinata, je ne peux pas le faire entrer en action facilement... C'est dommage, j'aime beaucoup le personnage d'Haku dans la série ! Oui, Hinata est utopique, mais son seul but est en réalité d'épouser Gaara, elle se fiche pas mal de tuer des gens. Bon, elle veut accomplir le rêve de son père, aussi ^^ Oh, je te remercie du compliment ^^ Je travaille beaucoup cette partie, je ne veux pas que vous soyez en mode "WTF c'est quoi ce bordel ?".
Pour le chapitre douze : oh oui, du sang et des boyaux partout ! Je voulais rendre les combats brutaux, violents et aussi réalistes que possible pour rappeler que les Assassins Royaux sont avant tout des machines à tuer. Ils sont censés pouvoir exterminer des armées ^^ Hanabi ? Bah, elle a sa chère grande soeur pour la protéger ! Elle est un comme Tommen dans GOT, un visage pour leu peuple, mais pas vraiment la tête pensante du Royaume. Après, tu verras bien ce qui lui arrive ;) Oui, Itachi est un prince charmant. Enfin, tu verras s'il est honnête ou pas ~ Je suis trop contente que Gaara te plaise *-* c'est sociopathe chéri 3 Disons que si rien ne change, Hinata n'a rien à raconter. Donc, il s'est forcément passé quelque chose, n'est-ce pas ? Je suis contente que le rythme soit bon, c'est super dur à doser xD
J'espère que ce chapitre vous plaira à tous et à toutes !
Chapitre Douze : Le couronnement du Yondaime Hokage.
Devenir reine d'un des cinq grands royaumes ne doit pas être chose facile. À onze ans à peine, ce devait être pire. Le couronnement devait avoir lieu après l'enterrement du Sandaime Hokage, qui devait lui-même avoir lieu lorsque toutes les délégations seraient arrivées. Nous devions recevoir au moins soixante-dix personnes de royaumes étrangers pour l'enterrement de l'Hokage, mais je fis préparer plus de chambres, en cas de besoin, en plus des invités du Royaume du Feu. J'avais reçu la tâche de tout organiser. J'avais dû prévoir les chambres pour les invités, le budget pour les nourrir et acheter de la nourriture, organiser l'enterrement, prévoir comment chacun réagirait à tel ou tel propos. J'étais, d'une certaine manière, la reine régente. Hanabi était trop jeune pour tirer toutes les ficelles d'un jeu qu'elle ne connaissait pas bien et, de ce fait, il fallait quelqu'un pour assurer la régence du Royaume. Cette tâche m'incombait naturellement. Je m'étais donc chargée de tout, aidée par Ino, les gardes royaux, et les rares ministres qui m'appréciaient et qui n'étaient pas occupés à gérer d'autres paramètres. Par exemple, le ministre de la guerre s'était chargé de toute la sécurité, postant des soldats partout. J'étais satisfaite de son travail, et il m'enlevait un poids. Nous n'avions plus d'ennemis directs pouvant causer autant de dommages qu'Orochimaru, et personne n'osait bafouer l'enterrement d'un Hokage ainsi qu'un couronnement, c'était un sacrilège. Néanmoins, il fallait pouvoir parer à n'importe quelle éventualité. Je me cassai donc la tête sur des calculs, des organisations, tout en ignorant les monstres aux yeux vides, qui rampaient partout dans mon « bureau », une pièce que l'on m'avait attribuée et dans laquelle je recevais les ministres et autres nobles. Les monstres se moquaient de moi, m'insultant de traîtresse de leurs voix nasillardes et grinçantes. Il me rappelait ma faiblesse et ma culpabilité, mon incapacité à sauver l'Hokage et mon père, alors que j'essayais désespérément de ne plus penser à cela. Depuis la mort de l'Hokage, ils ne m'avaient pas laissée seule un instant. Alors que j'écrivais un ordre pour les gardes, qui devraient fouiller chaque personne, chariot, carrosse qui souhaiterait entrer à Konoha, l'un d'entre eux grimpa sur mon bureau, et rapprocha son visage difforme du mien. Je déglutis et reculai vivement la tête. Ils avaient beau être là, ils ne s'approchaient jamais aussi près de moi. Ils avaient toujours préféré garder leur distance avec moi. Il sourit largement, dévoilant une bouche aussi vide et blanche que ses yeux. Il était ma culpabilité, se moquant du fait que je faisais tout pour protéger ma sœur alors que j'avais été incapable d'aider Hiruzen. Je me levai d'un bond et lui mis un gifle. Évidemment, ma main passa au travers, car il n'était pas réel, et il disparut, changé en nuage de fumée noire.
_ Disparaissez ! Hurlai-je en leur lançant des projectiles. Laissez-moi tranquille !
Les monstres obéirent en couinant et je restai debout derrière mon bureau, essoufflée. Je n'étais plus faible, c'était fini, tout cela. Je ne voulais plus jamais revoir ces choses autour de moi. La porte s'ouvrit violemment sur un garde brun au visage poupon, qui me demanda si tout allait bien. Je le fixai un instant avant de le rassurer et de m'excuser, mettant tout cela sur le compte de la fatigue. Le soldat sembla peser le pour et le contre, puis referma la porte, m'informant tout de même que, d'après les estimations des gardes royaux, la délégation du Royaume de l'Eau arriverait dans la journée. Je hochai la tête et me rassis avant de m'écrouler sur le bureau, épuisée et lassée. Je n'avais qu'une envie : que tout cela cesse. Je voulais être libre, vivre avec Gaara, et que l'on ne me parlât plus jamais de politique. Je hais la politique : je sais tout simplement tuer et mentir. Je n'aime pas manipuler les gens, et je ne le fais pas très bien, de toute façon. Je n'ai pas l'art de parler, contrairement à beaucoup de politiciens et autres nobles.
Je quittai mon bureau et décidai de rendre visite à Hanabi, qui étudiait très sérieusement dans la bibliothèque, décrétant qu'elle rendrait hommage à Hiruzen en devenant la meilleure Hokage qui soit. Une fois le choc de la découverte passé, elle avait très bien dissimulé son chagrin derrière les livres et son rôle de souveraine, qu'elle entendait assumer plainement. La bibliothèque du palais royal était immense, et s'étendait sur presque un étage complet de l'aile centrale. À l'intérieure, les étagères couvertes de livres montaient jusqu'au plafond, et je finis par trouver ma sœur, assise à une table, concentrée sur un imposant ouvrage aux pages jaunies. Elle était assise devant une fenêtre immense, qui laissait passer beaucoup de lumière. Anko était à ses côtés, et s'inclina à mon arrivée. J'aurais aimé que tous les autres gardes royaux soient avec elle, mais ils s'étaient également vu confier la gestion de la sécurité des deux événements à venir.
_ Princesse Hanabi ? L'appelai-je doucement.
_ Ah ! Euh ! Lady Moon ! C'est vous. Je ne vous avais pas vue arriver, excusez-moi, balbutia-t-elle en redressant la tête.
_ Ce n'est rien, répondis-je. La délégation du Royaume de l'Eau ne devrait point tarder à arriver. Peut être serait-il temps d'aller vous préparer à les accueillir ?
_ Oh oui vous avez raison ! S'écria-t-elle en se levant, le livre sous la main. Je vais emporter ce livre, il faudra que je prévienne les érudits. Il est très intéressant, et parle de sociologie. Je pense qu'il vous plairait, ajouta-t-elle en me montrant l'ouvrage.
_ Si vous le dîtes, Princesse, je le lirai.
_ Oh pitié, ne me flattez pas, soupira-t-elle. Je suis plus jeune que vous, et nous nous connaissons depuis longtemps. Je n'aime pas être flattée comme si j'étais parfaite. Tout le monde fait cela ! C'est désagréable au possible, mais je me dois d'être polie.
_ Hélas, c'est là la règle fondamentale de ce grand jeu qu'est le pouvoir, répondis-je, amusée par sa sincérité.
Je l'accompagnai jusqu'à ses appartements, où Ino, Touka-san et d'autres couturières l'attendaient. Elle lui avait préparé une chemise blanche, qui s'enfonçait dans une longue jupe noire, qui remontait jusqu'à son nombril. Elle avait également un manteau ample blanc aux bordures noires, au dos duquel était inscrit Yondaime Hokage, ainsi que le symbole du Clan Hyuga, dessiné au-dessus du titre de ma sœur. Ses cheveux noirs furent attachés en un chignon sophistiqué, tandis que deux longues mèches furent laissées lâches devant. Il y avait des perles dans ses cheveux, et elle portait la chevalière de l'Hokage. Elle était ravissante et noble à la fois. Je souris, satisfaite du travail de la famille Yamanaka, qui s'était toujours démarqué par leur capacité à toujours produire des vêtements fabuleux, et des tenues de combats pratiques. Alors que je me tournai pour quitter la pièce, Ino posa la main sur mon épaule et, un grand sourire aux lèvres, annonça qu'elle et sa mère avait également concocté une tenue pour moi. Mes yeux s'écarquillèrent. Je portais déjà une tenue de deuil tout à fait acceptable, et je n'avais aucune envie qu'on la change. C'était celle que j'avais porté à l'enterrement de mon père, et elle était en parfait état. En changer serait un gâchis. Cependant, je n'eus pas mon mot à dire, et, en quelques instants, je me retrouvai en tenue de combat devant les deux couturières, la Princesse et la garde royale. Hanabi ouvrit des yeux ronds.
_ Cette tenue est incroyable ! Vous avez beaucoup de prestance, ainsi, constata-t-elle.
_ Elle a été conçue pour être pratique, Princesse, répondis-je.
Ma sœur haussa les épaules, et les deux couturières me montrèrent ma nouvelle tenue. Elle ressemblait à celle d'Hanabi, puisqu'une chemise blanche s'enfonçait dans une longue jupe noire fendue, qui me permettait d'effectuer des mouvements larges. J'avais également un long manteau noir dans le même style que celui d'Hanabi, fermement serré par une ceinture en tissu mauve. Cela s'appelait un kimono, et c'était, apparemment, très à la mode. Je ne pus m'empêcher d'approuver cette tenue, car les manches amples me permettait de cacher des armes, et la jupe fendue, qui cachait un pantalon moulant noir, ne m'empêchait pas de bouger, ce qui faisait que je pouvais la garder même durant mes combats. Je félicitai donc les couturières, qui sourirent, fières d'elles. Hanabi protesta, déclarant que c'était un enterrement, et non un lieu festif. Anko prit alors la parole, et ce fut une des rares fois où je l'entendis parler. C'était une femme de nature discrète, et elle ne parlait que si cela était nécessaire ou si ses sentiments l'emportaient sur son contrôle.
_ Votre Altesse, il s'agit également d'une démonstration de pouvoir. Les autres Kage vont vous juger, voir ce que vous valez en tant que souveraine. Si vous vous présentez habiller parfaitement à la mode, vous donnerez l'image d'une Hokage moderne mais respectueuse de ses prédécesseurs. C'est pour cela que l'enterrement se doit d'être parfait, millimétré à la seconde près, expliqua-t-elle.
_ Vraiment ? S'insurgea-t-elle. Ils me jugeront durant un enterrement ? Quelle impolitesse ! Quel irrespect !
_ Princesse, c'est ainsi que fonctionne le jeu du pouvoir. N'oubliez pas que vous allez également être couronnée, répondis-je. Anko-dono a parfaitement raison, ajoutai-je en hochant la tête à l'attention d'Anko.
Hanabi hocha la tête, et nous remercia pour nos explications, avant de déclarer que nous devions à présent nous rendre dans la salle du trône, afin de nous préparer à accueillir nos invités. Nous quittâmes donc la pièce, Ino sur mes talons. Elle prenait son rôle de suivante très au sérieux, et était vêtue dans le même style que moi. Nous atteignîmes rapidement la salle du trône, et je contemplai, amusée, Hanabi s'asseoir sur le trône. Elle semblait mal à l'aise, ses mains reposant sur le milieu des accoudoirs tandis que ses pieds frôlaient à peine le sol. Pour ma part, j'étais debout à ses côtés, tandis qu'Ino attendait, avec les autres femmes de la cour. Les gardes royaux étaient en bas des escaliers montant jusqu'au trône, et deux soldats s'occupaient des portes. Les discussions allaient bon train, et Hanabi me fit part de son angoisse à l'idée d'accueillir les nobles étrangers seule. Je la rassurai, lui rappelant ma présence, et celle des Clans Royaux, qui étaient évidemment arrivés les premiers. Le Clan Hyuga avait dépêché une délégation de vingt personnes, ce qui équivalait à tout le Clan Uzumaki réuni, qui avait envoyé cinq personnes. Il y avait également dix Uchiha, et tout le Clan Sarutobi, soit soixante personnes. Si l'on ajoutait à cela les délégations étrangères, on atteignait facilement les trois cents convives. J'avais dû embaucher un nombre ahurissant de cuisiniers et serveurs pour la cuisine. Heureusement, la plupart des délégations apportaient leurs propres serviteurs personnels, qui pourraient être d'une aide non négligeable.
Finalement, après une heure, la délégation arriva, et on les accueillit dans la salle du trône. Le silence tomba lorsque la Mizukage, accompagnée de six serviteurs, Haku et quinze soldats dont quatre gardes royaux entra dans la pièce.
_ Princesse Hanabi, je viens vous présenter mes respects et condoléances, déclara-t-elle. Si vous avez un jour besoin qu'une femme vous apprenne comment régner, sachez que je serais ravie de vous aider, sourit la Mizukage.
_ Je vous remercie de votre considération, Mizukage-sama. Je suis heureuse de vous recevoir dans mon Royaume et j'espère que vous avez fait bon voyage.
_ Oh ! Un voyage en carrosse n'est jamais chose intéressante ou facile, répondit la souveraine en balayant les paroles de ma sœur d'un revers de la main. Mais il n'était point désagréable.
_ Vous m'en voyez rassurée. Désirez-vous vous reposer ? Vous devez être épuisée.
_ J'aimerais bien, en effet, sourit Mei.
_ Serviteurs ? Appela alors Hanabi. Que quelqu'un escorte la Mizukage et sa délégation aux appartements qui leur ont été préparés.
La délégation fut ainsi escortée par un jeune homme brun, qui marchait rapidement. Hanabi soupira. Elle avait fait d'énormes efforts pour parler d'une voix puissante et autoritaire. Rapidement, les autres délégations arrivèrent rapidement. Les membres de la délégation d'Iwa était au nombre de quinze. Deux gardes royaux, le souverain, son héritière, deux serviteurs, Roshi, et six soldats. J'étais étonnée de la faible escorte mais en sentant l'aura des gardes royaux, je compris. Ils étaient très puissants, et pouvaient facilement défendre leur seigneur face à quiconque n'était pas un Assassin Royal. Après quelques politesses dont je ne me souviens pas, la délégation d'Iwa fut escortée hors de la pièce. Arriva ensuite la délégation du Royaume du Vent. Ils étaient trente, faisant d'eux la délégation étrangère la plus nombreuse. Le Kazekage, Gaara, Baki, trois gardes royaux, dix soldats, quatre serviteurs, cinq musiciens et cinq danseurs. Les danses du Royaume du Vent étaient très réputées, et on cherchait les troupes originaires de ce pays pour égayer les festivals. Le Kazekage semblait vouloir étaler le talent artistique de son Royaume, ce qui me fit rouler des yeux. Ce n'était pas à lui de faire une démonstration de pouvoir mais après tout, les souverains ne cessent jamais de se mener une guerre de mot et d'apparence. Gaara me sourit ironiquement, comme s'il comprenait tout l'agacement que je ressentais face à ces démonstrations incessantes de puissance. Le Kazekage flatta légèrement Hanabi, glissant cependant quelques remarques sur son âge. Ma sœur ne les releva pas, restant parfaitement calme et souriant poliment.
Lorsque la délégation du Royaume de la Foudre arriva, cela finit presque en une double réception. Je faillis pousser un cri de frustration en entendant son arrivée, alors qu'Hanabi conversait toujours avec le Kazekage. Ne pouvaient-ils pas se débrouiller pour ne pas arriver en même temps ? Je me chargeai donc d'accueillir le Raikage à l'entrée du palais, et guidai personnellement les étrangers jusqu'à leurs quartiers pour m'excuser du fait que nous n'avions pas pu les recevoir dans la salle du trône. Heureusement, le Raikage ne fut pas offensé, et déclara que les protocoles avaient tendance à l'agacer. Il était accompagné de son héritier, Darui, de son Assassin Royal, d'un seul garde royal, de deux serviteurs et de cinq soldats. C'était la plus petite délégation, mais on comprenait pourquoi : le Raikage avait la puissance d'un Assassin Royal, et dégageait une aura de puissance impressionnante, même pour moi. Je déglutis. Si je venais à affronter cet homme, qui était dans la force de l'âge, je ne m'en sortirais certainement pas indemne. Une fois cela fait, je retournai rapidement à la salle du trône. Je voulais en finir avec tout cela rapidement. Une fois arrivée, je constatai que la salle était vide. Je me tournai vers un des soldats et le hélai.
_ Où est la Princesse ?
_ Dans les jardins, ma Lady. La garde royale l'escorte. Votre suivante, Ino-sama, m'a demandé de vous dire qu'elle vous attendait dans votre bureau. C'est urgent, selon elle.
Je le remerciai et rejoignis ma suivante, qui s'était installée sur un fauteuil. Elle se leva vivement à mon arrivée, tremblante. Je fronçai les sourcils aussitôt sur mes gardes, et lui demandai ce qu'il y avait de si important et angoissant. Elle respira profondément pour se calmer, et me raconta tout ce que mes petits oiseaux avaient pu entendre. Apparemment, notre plus important potentiel danger venait de Suna qui, étant en froid avec Iwa depuis toujours, pourrait décider d'exécuter le Tsuchikage. Selon elle, un des enfants que j'employais auraient entendu un des gardes royaux déclarer « La vieille montagne va bientôt s'écrouler », lors d'une discussion avec un de ses frères d'armes, alors qu'ils pensaient être seuls. Tandis que je remerciai mentalement l'enfant pour avoir espionné les gardes, je poussai un juron. Inutile d'être un génie pour comprendre la signification de ce message. Comment osaient-ils prévoir une attaque dans mon Royaume, sous ma surveillance, durant un enterrement et un couronnement ? Il fallait que je trouve les gardes royaux et l'Hokage pour les prévenir et préparer la protection du Tsuchikage. Mais avant, j'écrivis un mot à l'adresse de Roshi. Il fallait qu'il sache à propos des plans de Suna, afin de défendre correctement son seigneur. Personnellement, je me fichais éperdument du sort du vieil Onoki. Mais je ne tolérerais pas que l'on brisât la paix et que l'on gachât le couronnement de ma sœur. Je scellai donc le rouleau et le donnai à Ino. Elle devait le confier à Roshi en personne de ma part, et seulement s'il répondait « oui » à la question « La liberté est-elle intéressante ? », afin d'éviter que quelqu'un, aidé par un Henge, ne le récupère à la place de Roshi. Personne d'autre ne devait ouvrir cette lettre. Elle n'avait à se justifier auprès de personne et je lui confiai la chevalière portant le sceau royal, qui lui conférait le droit de refuser d'obéir à qui que ce soit, exceptée l'Hokage et moi. Ma suivante hocha la tête et quitta mon bureau rapidement, tandis que je me rendais dans les jardins. Une fois dedans, je repérai rapidement Hanabi, qui était en compagnie des gardes royaux, grâce à mon Byakugan. Elle était assise à un kiosque avec eux, et conversait à propos de je ne savais quoi. Je courus là-bas et montai les marches du kiosque rapidement.
_ Princesse Hanabi, il faut dégager trente soldats au service du Conseiller du Royaume de la Terre, déclarai-je en m'arrêtant devant la table.
_ Je vous demande pardon, Lady Moon ? s'étonna-t-elle en me regardant avec de grands yeux surpris.
_ Le Royaume du Vent compte assassiner le Tsuchikage, Princesse. Il faut détacher des soldats à la protection personnelle du Tsuchikage et de Lady Kurotsuchi afin d'éviter le drame, expliquai-je rapidement. Un de mes espions a surpris un des soldats du Royaume du Vent en discuter. C'était un sous-entendu, mais nous ne pouvons courir le risque.
_ Le Kazekage compte faire cela ici ? En ces temps ? répéta-t-elle.
_ Oui, Princesse. Je me suis permise de prévenir Roshi-dono et de lui confier des soldats. Veuillez m'excuser, ajoutai-je en m'inclinant.
_ Je veux trente-cinq soldats dédiés uniquement à la protection du Tsuchikage. Ils doivent être prêts dans deux heures, décréta Hanabi, en se levant d'un bond, livide de rage. Anko-san, Kakashi-san, occupez-vous en. Kakashi-san, je veux que vous commandiez personnellement ces hommes aux côtés de Roshi-dono. Aucun Kage ne mourra sous mon toit. Soyez discrets, mais efficaces. Vous avez l'autorisation d'arrêter et d'interroger quiconque vous paraît suspects. Lady Moon, qu'en est-il des Conseillers ? Que doit-on redouter ?
_ Baki-sama pourrait être le plus dangereux. Il est extrêmement loyal au Kazekage, et l'a servi durant plusieurs décennies. Quant à Gaara-san... En terme de puissance, il surpasse son père sans aucun doute. Cependant, il manque de motivation et s'arrêtera au moindre découragement, expliquai-je, retenant un sourire fier. Hanabi avait pris ses décisions rapidement et efficacement ; elle serait une bonne souveraine.
_ Ma Lady, peut-on compter sur vos petits oiseaux pour nous tenir informés ? Demanda Hatake tandis qu'Hanabi marquait un d'arrêt.
Je hochai la tête. Ils disposeraient de tous les renseignements que je possédais, cela allait de soi. Soudain, je fis volte-face. Matsuri. Elle était derrière une haie, et avait tout écouté. Je grognai : cette gamine avait pour habitude de m'agacer ! Je bondis au-dessus des plantes et atterris devant elle. La jeune fille couina de peur et je la plaquai contre la haie, un poignard sous sa gorge. L'enfant poussa un cri de peur et je me léchai les lèvres, amusée par sa terreur évidente. Son panier de linge avait roulé au sol, et elle me suppliait à présent de l'épargner.
_ Que tu es pathétique, me moquai-je. Supplier pour ta vie. Tu espionnais l'Hokage, n'est-ce pas ? Tu as dix secondes pour m'expliquer pourquoi.
_ J-Je... C'est le Seigneur Baki qui m'a envoyée ici ! J-je devais évaluer votre système de sécurité ! Chouina l'enfant.
_ Je vois. J'imagine que tu es au courant de la tentative d'assassinat sur le Tsuchikage, n'est-ce pas ? Ronronnai-je en caressant sa joue avec ma lame.
Elle hocha vivement la tête, terrorisée par mon sourire cruel.
_ Bien ! Maintenant, tu travailles pour moi, déclarai-je. Je veux savoir où et quand. Tu as jusqu'à demain, compris ? Si tu fais ça, tu survivras. Si tu ne me dis pas ce que je veux, tu mourras lentement, et douloureusement.
_ Ils ne me confieraient jamais une information si précieuse ! mentit-elle, apeurée, avant de se reprendre, comprenant que j'avais facilement décelé son mensonge. Pitié, je ne veux pas trahir mon Royaume.
_ Matsuri, regarde autour de toi. Vous êtes en terrain inconnu. L'armée, les gardes royaux et moi massacrerons votre délégation. Toi aussi. Si cet assassinat n'a pas lieu, nous n'aurons aucune raison de vous attaquer. D'une certaine manière, tu les sauveras. Tu seras une héroïne, même s'ils ne le sauront pas. (je pris un air plus sympathique et me penchai à son oreille) De plus, Gaara-san et moi nous entendons bien. Il me semble que tu l'apprécies, n'est-ce pas ? Je pourrais peut être lui glisser un ou deux mots en ta faveur, si tu fais ce que je te demande, ronronnai-je.
Je vis de l'intérêt apparaître dans les yeux de Matsuri et je faillis sourire cruellement. Pauvre et stupide petite fille. Elle était tombée droit dans mon piège, qui était un des plus basiques. Elle était vraiment idiote ! Elle me prévint donc du déroulement de la chose. Lors de la fête donnée après le couronnement d'Hanabi, les Conseillers devaient assassiner les gardes royaux et Roshi, puis le Kazekage se chargerait du Tsuchikage qui, malgré sa puissance, était âgé. Quant à Lady Kurotsuchi, sa maîtrise du Jinton, le Kekkei Genkai qui permet de maîtriser les particules, était encore trop faible pour qu'elle puisse représenter une quelconque menace. Des soldats s'occuperaient d'elle. Tout ceci devait avoir lieu durant le spectacle des artistes du Royaume du Vent. Je la remerciai et la renvoyai. J'aurais aimé tuer Matsuri car elle était un témoin, mais je ne pouvais pas me permettre de faire cela en plein jour. De plus, ce serait comme aller voir le Kazekage et lui dire que je connaissais son plan. Cette stupide gamine devait vivre. Pour l'instant. J'avais à présent toutes les cartes en main, je n'avais plus à qu'à les jouer. Échec et mat, Kazekage-sama, me dis-je en rejoignant Hanabi et les gardes. Ils avaient entendu la conversation avec Matsuri, et ma sœur me fé m'inclinai, répondant que je ne faisais que mon devoir.
Je pris congé et retournai dans mon bureau pour saisir ma tête entre mes mains. Pourquoi ? Ne pouvaient-ils pas régler leur conflit autrement ? Se sentaient obligés de briser la paix ? Ne pouvaient-ils pas mettre leur conflit de côté ? Une larme roula sur ma joue mais je la balayai rapidement. Le temps des larmes était fini, j'en avais versé assez pour toute une vie. Le soir, vers minuit, alors que je portais une longue robe blanche ample, la porte s'ouvrit sur Gaara. Je le détaillai un instant, m'arrêtant sur son visage parfait et ses yeux de glace avant de soupirer mentalement. Son masque était parfait. Si je ne l'avais pas su, j'aurais été incapable de deviner qu'il préparait l'assassinat d'un des cinq Kage. C'était pour moi si inconcevable que de faire cela en plein couronnement ! Même si, stratégiquement, le choix du moment était bien pensé, c'était la pire chose que l'on puisse faire. Les couronnements et les enterrements étaient des temps de paix, durant lesquels nous n'avions pas l'autorisation de tuer : Erin nous foudroierait sur place ou nous condamnerait à une éternité de souffrance pour cela. Je viens d'un Royaume très croyant, alors peut être mon dégoût pour ces actes vient-il de là et que, pour Gaara et Baki, qui viennent d'un Royaume dans lequel l'athéisme est chose courante, les punitions divines ne voulaient rien dire.
_ Comment vas-tu ? Tu avais l'air angoissée, au dîner, s'enquit Gaara en s'allongeant sur mon lit, les bras croisés derrière la tête, me faisant sursauter.
_ Non, tout va bien, répondis-je. Organiser tout cela est difficile, c'est tout. Je suis un peu sous pression, comprends-tu ? J'espère que tout se déroulera comme prévu ! Ajoutai-je en pouffant. J'ai eu ma dose d'émotions fortes pour dix années !
Il m'attira sur lui en grognant et caressa lentement mes côtes et mes cuisses. Il admirait mon corps, et le couvrait de caresses. Je frissonnai de plaisir, charmée par ses doigts chauds. Je pris une gorgée de vin pour contenir un petit gémissement approbateur.
_ Es-tu lassée de moi, aussi ? Ronronna-t-il.
_ Voyons, tu n'es pas une émotion forte, me moquai-je en avalant du vin.
_ Tu m'en vois vexé, rétorqua-t-il, amusé, en me prenant de l'alcool.
Il s'était redressé sur ses coudes pour boire. Une fois qu'il eût bu, il déposa la coupe à côté de moi, sur le sol, et m'attira à lui pour m'embrasser. Ses mains se perdaient dans la masse implacable qu'était mes cheveux noirs. Je griffai légèrement ses joues, et mordis sa lèvre inférieure. Il me retourna pour me plaquer sur le matelas, m'arrachant un petit cri d'indignation. Sa main se perdit sous ma robe, le long de ma cuisse, et sa bouche dans mon cou. Son souffle était chaud comme le vent qui l'accompagnait partout, et je respirais son odeur à pleins poumons.
_ Es-tu sûre que je ne suis pas une émotion forte ? Ronronna-t-il en mordant mon cou de ses dents ridiculement pointues.
_ Il faudrait que tu me le montres, murmurai-je en retour.
Il grogna et passa le reste de la nuit à me prouver qu'il était bien une émotion forte. C'était affreux, j'étais tiraillée entre amour et devoir. La promesse que je lui avais faite, celle de le tuer si notre devoir le demandait, me paraissait totalement irréalisable. Quand j'étais ainsi, collée à lui, sentant son corps battre sous sa peau chaude, son sang circuler sous mes doigts froids, l'écoutant me dire qu'il m'aimait et ses plans rêvés pour nous lorsque nous serions libres, j'avais envie que le temps s'arrête, que nous puissions rester ainsi pour toujours. J'avais envie d'être libre, de l'embrasser en public, de me marier avec lui, j'avais envie d'être sa femme, de vivre avec lui et, même si le combat et l'assassinat était tout ce que je connaissais, je voulais découvrir de nouvelles choses. Je fermai les yeux, essayant d'imaginer cette nouvelle vie et, bien que je luttai contre, le sommeil m'emporta finalement.
J'ouvris les yeux lorsque l'on toqua à la porte de ma chambre. Je me levai d'un et enfilai rapidement ma robe blanche. Gaara était parti après que je me sois endormie, visiblement. J'ouvris précipitamment la porte, les cheveux encore ébouriffés de ma soirée en compagnie de mon amant. Heureusement, il s'agissait d'Ino. J'aurais été honteuse de me présenter ainsi à n'importe qui d'autre. Ma suivante portait un plateau de victuailles, et je m'écartai pour la laisser entrer. Malheureusement, la salle de réception n'était pas assez grande pour recevoir tous les invités. Dès lors, chacun serait le matin servi dans ses appartements, tandis que le midi et le soir, nous mangerions dehors. De plus, tout le monde ne se levait pas à la même heure, ce qui aurait été un cauchemar d'un point de vue logistique. Je m'assis lourdement à ma table, et Ino s'assit en face de moi, le regard malicieux et le sourire en coin.
_ Qu'y a-t-il, Ino ?
_ Je ne vois qu'une solution pour que vos cheveux soient dans cet état, ma Lady, sourit-elle. Visiblement, Gaara-sama vous aime en retour.
_ Ino... grondai-je.
_ Je ne dirais rien, ne vous faîtes pas. Je vous suis fidèle. De toute façon, personne ne me croirait, me rassura-t-elle.
Je la remerciai, et elle m'informa que l'Hokage était déjà levée, et s'évertuait à converser avec le Kazekage dans les jardins. Je sentis mon visage pâlir et je me levai d'un bond. Il fallait que je la rejoigne. Le Kazekage était un homme intelligent et il pourrait très facilement manipuler Hanabi pour qu'elle lui révèle indirectement notre connaissance du futur attentat. Ino m'aida à me vêtir comme la veille et je quittai rapidement mon appartement. Même si les gardes royaux étaient là, ils ne feraient jamais le poids contre Baki et Gaara réunis si les choses dégénéraient. Je me rendis rapidement dans les jardins, Ino sur les talons, et rejoignis ma sœur rapidement. Elle était assise en face du Kazekage, et les trois gardes royaux assignés à sa protection direct – Might Guy, Anko et Itachi – se tenaient derrière elle, écoutant silencieusement la conversation. Le Kazekage, quant à lui, avait ses gardes royaux et ses deux Assassins à ses côtés. Une démonstration de force très inégale. Il me fallait inventer une excuse quant à mon réveil tardif. Lorsque je me présentai à eux, je mentis et déclarai que j'avais vérifié que tout soit en ordre toute la soirée et que je m'étais couchée tard, perdant le fil du temps. Bien entendu, Gaara savait que c'était faux mais il ne pouvait pas révéler la vérité. Ç'aurait été très cocasse s'il l'avait fait. « Excusez-moi, mais je me dois réfuter cette excuse : nous faisions l'amour, hier soir ». Je faillis rire à cause de mon imagination, mais je me retins. Mon amusement aurait été compliqué à expliquer. Je pouvais toujours mentir, mais mieux valait éviter les positions inconfortable. Reprenons. Hanabi ne m'en tint pas rigueur, et le Kazekage me félicita de mon implication dans mon travail. Je le remerciai, et la journée défila rapidement jusqu'à l'enterrement du Sandaime Hokage.
Après un dîner silencieux, tous les convives s'installèrent devant le temple d'Erin. Konan était debout en haut des marches. En bas, assis sur des trônes fabriqués pour l'occasion, les quatre Kage et la Princesse nous attendaient. Je tenais une chandelle, et marchais devant le cercueil porté par les quatre gardes royaux. Je guidais le cortège funéraire. Nous avancions lentement dans l'allée centrale, et chacun mettait une main sur son cœur à notre passage. Je marchais les yeux baissés, mon long manteau noir traînant au sol derrière moi, emportant des feuilles mortes sur son passage. L'automne était là. Le vent était froid et glaçait nos os, le ciel était gris et grondait au-dessus nous. Finalement, nous atteignîmes le bas du temple, et les gardes posèrent le cercueil d'or et de bois riche sur une table prévue à cet effet. Konan, d'une voix puissante et portée par le vent qui se réchauffait au fur et à mesure de ses paroles, nous intima de prier, de respecter la paix dont Hiruzen Sarutobi rêvait. C'était une véritable meneuse, je le sentais dans sa voix. Tous l'écoutaient, chacun était fasciné et, quand il fût temps de chanter pour accompagner l'âme de notre souverain durant son voyage pour rejoindre le Paradis d'Erin, la force de nos voix sembla décuplée.
Nous étions tous emportés par les chants sacrés que nous connaissions depuis notre enfance, même s'ils étaient dans une langue que nous n'utilisions pas. Nous connaissions les traductions de ses chants, mais nous ne savions pas parler cette langue ancienne. Le chant sembla monter jusqu'au ciel, et je fermai les yeux pour m'en imprégner. Chantera-t-on avec autant d'ardeur à ma mort ? Me demandai-je, me questionnant sur ma propre mort, me demandant quand et comment je rejoindrai mon maître dans les Plaines Dorées. Mais ce jour-là, alors que nous enterrions l'Hokage, nous chantions comme si notre vie en dépendait, avec toute l'ardeur et toute la volonté dont un humain peut faire preuve. Nous étions emportés les uns par les autres et je sentais les voix de chacun résonner dans mon corps. Je souriais pendant que je chantais, et, pendant ce court moment, j'oubliai ma rancœur envers l'Hokage qui m'avait détestée dans ses dernières paroles. Finalement, au bout d'une quinzaine de minutes de chants, pendant que les prêtresses dansaient au rythme de nos voix sous le soleil couchant, alors que la lune se levait, chacun se tut. Les prêtresses s'immobilisèrent et Konan reprit la parole. Il était temps pour chaque de déposer une fleur sur le tombeau d'Hiruzen. Mei fut la première, et déposa un imposant nénuphar aux couleurs chatoyantes.
_ Que ton voyage soit paisible, Hiruzen, dit-elle en déposant la plante.
Vint ensuite Onoki, qui déposa une rose rouge.
_ Voilà que j'enterre l'un d'entre vous. Je ne m'y attendais pas... Drôle d'enfant, qu'est-ce qu'il t'a pris de tomber malade avant moi ?
Ce fut après le tour d'Hanabi, qui déposa un lilas blanc.
_ Hokage-sama, j'espère que je saurais vous honorer.
Ensuite, vint A, le Raikage, qui déposa une tulipe bleue.
_ Mon vieil ami, pardonne-moi si je ne te rejoins pas tout de suite.
Pour finir, ce fut le tour de Rasa, qui déposa une fleur de cactus dorée.
_ Que les vents du désert réchauffe ton chemin jusqu'à Erin.
Normalement, nous aurions dû emmener le corps, mais une dernière personne décida de payer ses respects à l'Hokage. Mito Uzumaki sortit du rang, appuyée sur sa canne. Elle marchait lentement, et ne tenait rien dans les mains.
_ Nagato, mon enfant, aide-moi à marcher, veux-tu ? Mes vieux yeux ne peuvent plus me guider, dans la pénombre.
_ Tout de suite, Votre Altesse ! Répondit le jeune Uzumaki en se précipitant aux côtés de la reine.
Personne ne protesta. Lady Mito était de ceux qui avait instauré notre système politique et sociétale. Ici, personne n'oserait s'opposer à elle, pas même les Kage. Elle était hors du temps et des rangs de noblesse. C'est pourquoi nous regardâmes tous cette vieille femme, doyenne des cinq Royaumes, qui foulait cette terre depuis plus d'un siècle, marcher lentement, si lentement, soutenue par Nagato Uzumaki, un garçon dont personne ne connaissait le nom, jusqu'au cercueil de l'Hokage. Elle posa sa main sur le cercueil et le caressa lentement. Personne ne disait rien, personne n'osait bouger. Elle dégageait ce genre d'aura qui vous fait obéir, qui vous force tout naturellement à la respecter. Elle était un être presque mystique. Elle parlait lentement, mais nous étions tous fascinés.
_ Espèce d'enfant sot, murmura-t-elle. Mourir de maladie, c'est bien bête... Après Jiraiya, c'est toi qui part trop tôt ? Stupides enfants... Et dire que mon corps peut toujours combattre et vaincre quoi que ce soit. Certains bénissent ma résistance, disant que c'est une chance. Mais personne ne me survit ! Je suis un vestige du passé, et je vois tous les enfants mourir. N'es-tu pas d'accord avec moi, petit Hiruzen ? Je t'ai vu naître, grandir, et mourir. Ce n'est pas ainsi que les choses doivent se passer. Mais si Erin désire que je reste, alors je resterai. Je t'ai maudit, un jour, le sais-tu ? Lorsque tu as banni Kurama-sama de nos terres. Je t'ai maudit car ma pauvre Kushina a pleuré nuit et jour, et la voir malheureuse ainsi me rendait malade de rage. Mais j'ai laissé la haine et la rancœur dans le passé et aujourd'hui, je n'ai plus que la patience et l'amour. Que ton repos soit tranquille, mon enfant. Le Royaume est entre de bonnes mains, et si ces mains le désirent, je les guiderai jusqu'à ce qu'elles puissent écrire le futur seules.
Sur ces mots, elle fit demi-tour et retourna à sa place. C'est alors que je remarquai qu'Hanabi avait les larmes aux yeux. Ma sœur prit son courage à deux et rattrapa la reine.
_ Votre Altesse ! L'appela-t-elle.
_ Ma jeune enfant, tu es la nouvelle Hokage. Ce titre ne me revient plus, dit doucement Lady Mito en se retournant.
La jeune princesse surprit alors toute l'assistance et tomba à genoux, face contre terre.
_ Je vous en prie, Votre Altesse, guidez mes mains ! Je ne suis pas assez expérimentée pour écrire par moi-même ! Lady Moon et mes gardes royaux tentent de m'épauler, mais j'ai besoin de votre sagesse et de votre expérience.
Lady Mito tendit alors la main et Hanabi se releva lentement, le visage plein d'espoir. La vieille femme serra légèrement la main de ma sœur en souriant doucement.
_ Je vais guider tes mains, ma jeune enfant. Je suis heureuse que tu ne décides pas d'affronter ce monde seule. Je suis ravie d'aider une enfant au cœur aussi bon que le tien.
_ Merci Votre Altesse !
La reine sourit encore plus et rejoignit sa place dans le silence le plus total. Nagato aida Lady Mito à s'asseoir. C'est ainsi que s'achève mes souvenirs de l'enterrement de l'Hokage. Il fut par la suite conduit dans la crypte réservée aux Hokage, dans laquelle personne exceptée l'Hokage et Konan ne peut pénétrer. Elles durent ainsi placer elle-même le cercueil, car personne n'était autorisée à les aider. Je trouvais cela stupide mais le Royaume du Feu était le plus religieux de tous, et outrepasser une tradition serait s'attirer la colère de tous les convives originaires de notre Royaume. Je restai éveillée tard ce soir-là également, car Gaara m'avait encore rendue visite. Nous dansâmes, discutâmes, rîmes, puis il partit, me laissant seule dans mes appartements, non sans m'avoir embrassée une dernière fois.
Après l'enterrement, deux jours passèrent rapidement, durant lesquels je vérifiai à nouveau tous les détails du couronnement de ma sœur. Ce devait un événement mémorable, et le Clan Hyuga, désireux de faire connaître sa puissance, en avait financé la moitié, soulageant ainsi les dépenses de la couronne. Elle avait déjà dû financer les trois quarts de l'enterrement de l'Hokage, l'autre quart ayant été financé par le Clan Sarutobi. Grâce à ces deux Clans, la banque de la couronne s'en sortait et ne coulait pas. Heureusement, nous aurions été incapable de gérer un couronnement et l'écroulement financier de la Cour. Un matin, Ino vint me réveiller aux aurores. Le couronnement avait lieu aujourd'hui, et il fallait me préparer. Ma suivante portait un kimono blanc parcouru de fleurs violettes sans manches, et ses cheveux étaient attachés en une queue de cheval, même si une mèche rebelle tombait sur un de ses yeux. Après une rapide déjeuner et une toilette complète visant à me rendre, selon ses mots, « splendide », Ino me fit enfiler un pantalon très serré noir, et enfonça un chemise blanche dedans. Elle m'attacha mon corset en cuir, sur lequel étaient attachés six couteaux à lancer, et fixa mes lames rétractables. Ensuite, j'enfilai une jupe blanche fendue, et un kimono mauve dont les manches, peu après mes coudes, tombaient brutalement au sol. Une ceinture de tissu, large et violette, bordée de dorée, tenait fermement le kimono serré. Ino laissa mes cheveux lâches, et installa dedans une coiffe sur laquelle poussaient une fleur de lotus violette et des perles, perdues dans mes cheveux. Pour une fois, je mis une longue chaîne d'or blanc à mon cou, dont le médaillon était le symbole du Royaume du Feu. Je portais également ma chevalière portant mon sceau, et mon épée. J'étais même maquillée. Une fois que tout fut fait, nous quittâmes la pièce. Il était déjà dix heures, et il me fallait être prête pour réagir à n'importe quel problème. Je me rendis donc auprès d'Hatake, qui devait me faire un rapport sur la sécurité du Tsuchikage. Le garde royal était posté sur un des balcons du dernier étage du palais, afin de tout observer. Il fixa son unique œil sur moi lorsque j'arrivai, et s'inclina.
_ Hatake-dono, est-ce que tout se passe comme vous le désirez ?
_ Oui, ma Lady. Les hommes du Royaume du Vent ne suspectent rien, nous faisons passer les ordres spécifiques à cette situation grâce à vos oiseaux.
_ Très bien, répondis-je en repartant. Et n'oubliez : même si votre mission actuelle est d'éviter l'assassinat du Tsuchikage, votre priorité est notre souveraine.
Hatake ne répondit pas et j'allai ensuite dans la salle du trône, afin de l'examiner et m'assurer que tout allait pour le mieux. Qu'il n'y ait aucun parchemin explosif, aucun danger. Les gardes ouvrirent respectueusement la porte à mon passage et s'inclinèrent. J'activai mon Byakugan et, constatai, avec joie, qu'il n'y avait rien de suspect. Les serviteurs s'affairaient, nettoyant, remplaçant les blasons Sarutobi par les blasons Hyuga, s'assurant que le trône était confortable, qu'il n'y avait aucune poussière dessus. On aurait dit des fourmis. Des dizaines de fourmis qui s'affairaient dans tous les sens. J'avais à la fois envie de rire d'eux et de les féliciter. Rire car ils étaient comparables aux plus petits insectes. Les féliciter car ils accomplissaient leur tâche avec ardeur et volonté. Chacun savait ce qu'il avait à faire et le faisait parfaitement. Ils me saluaient brièvement lorsqu'ils me croisaient, pris par leur devoir. Je m'approchai du trône et l'observai un instant. Cinq familles se faisaient la guerre pour lui. Une imposante et haute chaise d'argent, couverte de velours rouges. Ino, à mes côtés, toucha timidement un accoudoir.
_ Elle est terriblement laide, cette chaise, commenta-t-elle. Moi, je n'en voudrais pas.
_ Vraiment ? Si tu pouvais devenir Hokage, être la reine, tu refuserais ? M'étonnai-je.
_ Oui. Quel est l'intérêt ? Je serais obligée de réfléchir au moindre mot que je dis, à la moindre action que je fais ! Et puis, être surprotégée, merci, mais non. Le seul intérêt, ce sont les beaux kimonos. Le reste, pas besoin d'être reine pour l'avoir. Je préfère vous servir, c'est beaucoup plus intéressant. Je suis la sous-chef des espions, je sais presque tout sur tout. Je m'amuse beaucoup, pouffa-t-elle. J'adore être votre bras droit.
_ Tu m'en vois flattée, souris-je en coin.
_ Vos chevilles ne gonflent pas trop, j'espère ? Se moqua-t-elle. Vous auriez du mal à mettre vos chaussures.
_ Si seulement j'avais une excuse pour ne plus porter ces maudites chaussures ! Je suis bien mieux en bottes ou pieds nus.
_ On dirait un enfant, répondit Ino en tirant la langue, avant de regarder l'immense pendule. Cela va bientôt commencer, préparez-vous.
Je hochais la tête et m'installai à ma place, à côté du trône. J'étais celle qui poserait la couronne sur la tête d'Hanabi. Konan serait également là, mais ce n'était pas son rôle que de nommer Hanabi Hokage. C'était celui du Conseiller. Les portes s'ouvrirent, et les quelques cent convives de nature assez haute pour assister au couronnement entrèrent. Les Kage et Konan étaient au premier rang, puis venaient les Conseillers, puis les chefs de Clans et leurs épouses, puis d'autres membres des Clans. Lady Kushina se tenait aux côtés de Fugaku, la femme du Chef de Clan Uchiha croupissant en cellule pour les dix prochaines années. Ino quitta rapidement la pièce. Je lui avais demandé de veiller à tout durant le couronnement. Alors que tout le monde était installé, la porte s'ouvrit lentement et Hanabi entra.
Elle était superbe. Elle portait un long kimono violet aux bordures dorées au niveau du col, et pourpre au niveau des manches, qui étaient courtes. Dessous, elle avait un second kimono, jaune cette fois-ci, aux longues manches tombantes. Ces deux kimonos étaient serrés par une ceinture noire, surmontée d'une ceinture rouge plus fine bordée d'or, elle-même surmontée d'une cordelette dorée, à laquelle étaient accrochées des perles rouges et dorées. De la ceinture noire jaillissait un long pan de tissu large et jaune sombre, bordée d'or. Une ceinture de perles dorées et rouges se regroupait pour former un médaillon : le symbole du Clan Hyuga. Ses cheveux étaient coiffés en un chignon cerclé d'une tresse, et deux longues mèches pendaient devant, libres. De l'or, des rubis et des diamants décoraient ses cheveux. Elle était entourée par les gardes royaux, en tenue d'apparat. À leur passage, chacun mettait un poing sur le cœur et s'inclinait. Les Kage, eux, se contentèrent de hocher la tête. Les gardes s'arrêtèrent en bas des marches et Hanabi monta lentement l'escalier qui la menait jusqu'à moi. Je m'inclinai bas, puis me redressai, la couronne dans les mains. C'était un cercle d'or blanc, faits de plusieurs branches qui se mêlaient les unes aux autres. À l'avant était incrusté une améthyste, entourée de quelques pierres d'ambre.
_ Je proclame maintenant Hanabi du Clan Hyuga, Yondaime Hokage du Royaume de Feu, souveraine de ces terres, protectrice et mère du Royaume ! Tonnai-je en posant la couronne sur la tête de ma sœur. Puisse-t-elle régner longtemps !
La foule scanda ma dernière phrase et Hanabi se leva pour dominer les convives. La lumière du soleil lui donnait un côté irréelle et elle entama un long discours. Elle promit protection à son peuple, amitié aux Kage. Sa voix ne tremblait pas, elle résonnait dans la salle et chacun semblait pendue à ses lèvres, buvant comme un assoiffé ses paroles. Finalement, elle se tût et descendit lentement les marches. Nous devions nous rendre dans les jardins, là où les serviteurs et les autres membres des Clans l'attendait. J'étais derrière elle, et les gardes royaux ouvraient la marche, nous encadrant. Lorsque nous posâmes un pied dans les jardins, tout le monde scanda le nom de ma sœur et jeta des fleurs à son passage. Un vent frais se leva, emportant les pétales dans les airs et dansant joyeusement avec. Hanabi souriait grandement, serrait rapidement les mains des gens qui voulaient absolument la toucher. Les soldats formaient un mur entre eux et nous, ce qui me rassura. Les mouvements de foules sont incontrôlables. Mais les soldats faisaient bien leur travail, et Hanabi riait avec son peuple. C'était une très belle image, qui resterait à jamais graver dans mon esprit.
Et voilà pour ce chapitre ! Le chapitre Treize arrivera lorsque j'aurais des reviews. En espérant qu'il vous a plu, bisous mes amis !
