Do not worry. Cette fic est à propos de Brian/Justin. Sera toujours Brian/Justin. Et pis, il faut qu'il leur arrive les pires trucs pour qu'ils se rendent compte à quel point ils tiennent à l'autre…

Désolée pour les délais de parution, la fièvre du Nanowrimo y est pour beaucoup. Voici un chapitre qui arrive comme un cadeau de Noël et j'espère qu'il vous plaira. Je ferai de mon mieux pour écrire le chapitre suivant au plus vite.

Le chapitre n'a pas été relu par ma merveilleuse bêta, Wyny, car je voulais vous le livrer au plus vite. J'éditerai la nouvelle version quand elle me le renverra.

Encore merci à Vianaha à qui je dédie ce chapitre, à Wyny bien sûr et à shaniice. (effectivement, Adam va faire réagir Brian et de façon très brutale. Ce sera pour le chapitre 14 ou 15. Et oui, j'ai pensé à Kiss pour le groupe peinturluré du bar bien vu ;3)

Warning : rating M



A friend of mine

Come back to me a while
Change your taste in men
It's been this way since Christmas Day
Dazzled, doused in gin
Change your taste in men

Reviens moi un instant
Opte pour les hommes
C'est comme ça depuis le jour de Noël
Ébloui, imbibé de gin
Opte pour les hommes



Chapitre 13

Justin ne perdit guère de temps et se rendit immédiatement chez Adam, avant de pouvoir revenir sur sa décision. Il était temps de faire quelque chose, de cesser cette relation qui allait sans doute le détruire. Il aurait sans doute mieux fallu en parler à Brian, mais Justin savait que c'était peine perdue, et que son ami refuserait de parler de quoique ce soit qui toucherait le sujet « que ressens-tu, Brian Kinney ? »

Ce n'était pas comme s'il rompait avec Brian.

Après tout, ils n'avaient jamais été ensemble pour autre chose que du sexe. Le reste de leur relation demeurerait la même qu'avant; simplement... simplement Justin n'embrasserait plus Brian. Le jeune homme ignorait s'il pouvait même retourner au stade "juste ami" avec Brian. Il espérait que oui. Il ne voulait le perdre pour rien au monde.

Il arriva en courant au bas de l'immeuble d'Adam, le souffle court. Il monta les escaliers quatre à quatre et sonna à la porte. Puis il resta figé quand Evan, le frère d'Adam, qui était dans sa classe, lui ouvrit la porte.

« Eh, Justin. Qu'est-ce que tu fiches ici ? demanda Evan avec un grand sourire.

- Moto, répondit Justin spontanément, sans même réfléchir.

- Ah, t'es mordu ma parole. Bon, j'y vais, Adam. A plus, » cria-t-il.

Il salua Justin d'un signe de tête et disparut dans les escaliers. Comme la porte était ouverte, Justin n'hésita pas longtemps avant de la pousser.

« Adam ? » appela-t-il.

Il soupira discrètement en réalisant que son ami était seul. Adam fumait une cigarette affalé dans un canapé, sans même se soucier d'ouvrir une fenêtre.

« Eh, Justin, fit-il. Ca va ?

- Ouais. Et toi ?

- Vu de meilleurs jours. Venu pour la moto, alors ?

- Pas réellement. »

Justin haussa les épaules.

« Mais je peux repasser plus tard.

- Non, c'est bon. Tu peux rester. »

Il y avait quelque chose de pathétique dans la posture d'Adam. Celui-ci avait vraiment l'air déprimé, et soudain Justin ne sut plus vraiment ce qu'il était venu faire ici. Ce qu'il s'apprêtait à faire était terriblement égoïste, pour ne pas dire que c'était risqué. Ce n'était pas parce que Adam l'avait embrassé trois fois qu'il était prêt pour virer sa cuti, à raison de plus si le mec impliqué entretenait des relations bizarres et pas vraiment définies avec son colocataire.

« J'aurai pas dû venir, dit Justin.

- A-attends ! »

Adam se leva et passa ses bras autour de la nuque du jeune étudiant, l'attira contre lui.

« J'arrête pas de penser à toi », souffla-t-il, « comme si t'étais une putain de meuf. Je pense à t'embrasser, à ton corps et je me masturbe en pensant à toi. Qu'est-ce que tu m'as fait ? » grogna-t-il dans son oreille.

Justin déglutit, incapable de lui donner une véritable réponse qui ait un quelconque sens.

« Je suis désolé, Adam.

- Ferme-la. »

Adam l'embrassa.

C'était différent des fois précédentes. L'homme n'était pas rasé et Justin déglutit, agréablement surpris quand la barbe de trois jours râpa contre sa peau. Le baiser fut maladroit, parce que Adam ne savait pas quoi faire de ses mains.

« C'est juste un baiser, » dit Justin à moitié amusé.

Puis il passa sa langue sur les lèvres de l'homme, caressa sa nuque, son dos, le creux de ses épaules. Adam grogna et s'appuya contre lui et Justin eut soudainement très chaud. Il se laissa tomber sur le canapé, entraînant Adam avec lui. Un genou posé sur le canapé, le motard le surplombait et profita de sa position pour initialiser et dominer le baiser suivant qui se fit un peu plus rude, un peu plus brutal que les précédents. Justin grogna. Soudain empêtré dans son propre désir - un corps chaud, dur, appuyé contre lui, un corps qui était là, tout de suite, maintenant - il envoya ses réserves - et Brian Kinney - se faire foutre et retira avec hâte son t-shirt.

Il s'apprêtait à faire de même pour Adam quand celui-ci l'arrêta, se contentant de l'embrasser et de caresser son ventre, sa gorge, son torse.

« Adam, » soupira-t-il.

Celui-ci ne cessa jamais les baisers, écrasant sa bouche sous la sienne. Finalement, il finit même par jouer avec sa ceinture, glisser une main dans son pantalon. Justin cria de surprise quand les doigts se refermèrent autour de lui.

« S'il te plait, dit-il.

- Justin, » grogna l'autre.

Ils terminèrent dans le lit d'Adam, à moitié satisfaits, à moitié frustrés et Justin se prépara à passer une nuit bizarre car son ami ne parvenait visiblement pas à se décider s'il voulait le garder dans ses bras ou bien rester loin de lui. Justin finit par fermer les yeux et s'endormir laissant Adam débattre avec son hétérosexualité vacillante.

Le lendemain, Justin se réveilla seul dans le lit. Il se demanda si Adam avait seulement dormi durant cette nuit. Il se leva, attrapant son tee-shirt qui gisait sur le sol et l'enfila pardessus son pantalon. Puis il sortit de la chambre.

Adam était dans la cuisine ; assis devant une tasse de café fumante. Il releva les yeux lorsqu'il entendit Justin s'approcher et lui offrit un sourire qui rassura un peu l'artiste.

« As-tu seulement dormi ? s'enquit ce dernier.

- Non, avoua l'autre. J'ai fini la nuit en matant des DVD.

- Tu travailles aujourd'hui ?

- Non, mais j'ai entraînement. »

Les yeux de Justin s'allumèrent.

« Pour une course, n'est-ce pas ?

- En février. »

Il hésita.

« Est-ce que tu veux venir ? »

Le sourire de Justin était éclatant.

« As-tu vraiment besoin de demander ? »

Justin s'installa en face d'Adam, après s'être servi une tasse de café. Il huma l'arôme avec délice et prit une gorgée. L'amertume de la boisson lui remplit la bouche et Justin sentit la chaleur réchauffer tout son corps.

« C'est une cafetière italienne, dit Adam sur le ton de la conversation.

- Très bon café. »

Aucun d'eux ne savait comment aborder ce qu'il s'était passé cette nuit-là. Justin était venu pour mettre les choses au clair et il n'avait fait qu'embrouiller la situation. Bien joué Sunshine, fit une voix sarcastique dans sa tête. Oh, ta gueule Brian. Voilà maintenant qu'il se mettait à parler à un Brian imaginaire. Il était bon à enfermer, maintenant. Nul doute que son père accueillerait l'idée avec enthousiasme et paierait peut-être même les frais médicaux.

« Adam.

- Justin. »

Ils explosèrent de rire ensemble et Adam se leva prestement pour planter un baiser sur la bouche de Justin.

« J'ai juste besoin de temps, dit-il.

- Faut que je te parle d'un truc… »

Et Justin parla. Il raconta le weekend à New York, la danse, l'alcool, Mikey, Ted et Emmett. Et Brian. Surtout Brian.

« Depuis combien de temps vous couchez ensemble ?

-C'est juste de temps en temps. Quand il n'a rien de mieux à faire. »

« T'as jamais pensé à avoir un copain ?

-Non. J'y ai jamais pensé. Et encore moins avec toi en guest star. »

« C'est juste qu'il y a ce gars…

- Quoi ? T'as besoin d'une excuse pour le baiser ?

- T'es vraiment trop con. »

Adam se renfonça dans sa chaise.

« Et moi qui pensais que les mecs se prenaient moins la tête.

- C'est de toute évidence le cas de Brian.

- C'est ce qu'il dit. »

Justin arqua un sourcil.

« Laisse tomber, dit Adam. Et amène toi, on va prendre les bécanes. »

~*~

Adam ne s'entraînait pas seul. Il avait rendez-vous avec un coach. Un type immense, barbu, vêtu d'un blouson en cuir où étaient marqués des trucs comme 'Anarchy'. Jay Greenfield, un ancien coureur qui entraînait des motards depuis plus de quinze ans. Il devait pas être loin de la soixantaine, mais la dernière chose dont on avait envie, c'était d'énerver cet homme. Il salua d'un air bourru Adam et étudia Justin avec suspicion. Puis il envoya Adam faire vingt cinq kilomètres en moins de quinze minutes « pour commencer ».

« Tu vois dans les courses, dit-il à Justin qui écoutait avec attention, le tout c'est pas seulement d'aller vite. C'est le départ. Si tu niques ton départ, t'es foutu. Tu veux courir, toi aussi ?

-Oui. »

La réponse directe parut plaire à Jay.

« Pourquoi tu veux faire ça ? La course, c'est ce que tu as dans le sang, petit. On dit que la mort nous attend au tournant, là, je peux t'assurer que c'est pas seulement un dicton merdique. J'ai jamais vu une course se terminer sans un mec mort, blessé, brûlé, ou que sais-je encore. T'as quoi ? T'es majeur au moins ?

-Evidemment, » mentit Justin.

Ce serait bientôt vrai de toute façon.

Jay hocha la tête, pas vraiment convaincu.

« La première chose qu'il te faut, c'est une machine digne de ce nom. Tu peux pas courir avec n'importe quoi. »

Justin rétrécit les yeux. Bientôt, bien trop vite à son goût, il allait falloir payer le second semestre et retrouver trois mille dollars. Il fallait qu'il se renseigne sur la location des motos de compétition. Ou qu'il trouve très vite une autre idée brillante pour trouver du fric. Ce n'était pas encore aujourd'hui qu'il pourrait vivre de son art.

Moins d'un quart d'heure plus tard, Adam était en vue.

« T'appelles ça un tour ? » hurla Jay à son encontre.

~*~

Ils s'arrêtèrent au Thaï pour prendre un truc à manger. Justin envoya un message à Brian pour lui dire qu'il ne serait pas là le soir ; mais il doutait que Brian s'en préoccuperait. Parfois, Justin n'était pas vraiment sûr que Brian notait sa présence.

Ils retournèrent chez Adam et mangèrent devant un DVD naze. Puis, Adam lui montra des vidéos de course qu'il lui commenta.

« C'était idiot, n'est-ce pas ? De vouloir à tout prix faire de la course ?

- Non. Il te faut un solide entrainement ; mais tu es jeune, tu as tout le temps. Si c'est ce que tu veux vraiment faire, tu y arriveras, dit Adam, levant son verre à l'esprit borné de Justin Taylor. »

Justin songea à la moto, à vitesse, à l'air qui filait autour de lui, à l'emballement de son cœur qui allait de pair avec la montée de l'adrénaline.

« Oui. J'y arriverai. »

Ce n'était peut-être pas avec cela qu'il paierait le PIFA mais c'était tout de même ce qu'il voulait faire – et qu'il ferait.

« Artiste et motard. Qui aurait cru que tu avais tant de facettes ?

-Tu n'en connais que quelques unes, » répliqua Justin, joueur.

Adam passa une main derrière la nuque de Justin et l'attira à lui pour l'embrasser.

~*~

Mikey laissa tomber ses sacs à terre, tandis que Brian disparaissait dans la cuisine pour aller chercher de l'alcool. Il revient un pack de bières et une bouteille de vodka.

« Justin n'est pas là ?

-Non. Justin est avec son copain, » fit Brian une moue dégoûtée aux lèvres.

Michael écarquilla les yeux. Quoi ?

« Ou il le sera bientôt, de toute façon, » ajouta son ami, en décapsulant les bouteilles avec son briquet.

Michael porta sa bouteille à ses lèvres, jetant un regard prudent à son ami avant de parler.

« Tu couches avec lui, n'est-ce pas ?

-Je vois pas en quoi c'est tes affaires, répliqua Brian, d'un air mauvais qui était plus une confirmation qu'autre chose.

-Je peux savoir à quoi tu penses ? »

Mikey ne savait même pas comment qualifier cette situation. Justin complètement amoureux de Brian (comme lui-même), Brian qui couchait avec Justin (il ne pouvait pas ignorer les sentiments de Justin, n'est-ce pas ?) et Justin qui avait maintenant un petit ami ?

« Peu importe ! Buvons au bonheur de Justin, » dit Brian d'une voix enjouée qui n'allait guère avec son expression douloureuse et son sourire narquois, cassé, forcé.

Michael roula des yeux mais but la bière. Il se sentait impuissant et il avait l'impression que tout ceci allait mal se terminer.

~*~

Justin rentra, un plat à emporter à la main. Il y avait assez à manger pour deux personnes aussi donna-t-il volontiers une part de son plat à Brian. Ils mangèrent en silence devant la télé, mise sur une chaîne de clips musique et sur volume sonore très bas.

« Je suis amoureux de toi, » dit Justin à voix basse.

Brian ne répondit d'abord rien ; assommé par la confirmation de quelque chose qu'il n'avait alors fait que soupçonner. Avant qu'il n'ait eu le temps de paniquer, Justin continua.

« Je n'attends rien de toi. Je sais… je sais comment tu es. Simplement, je ne peux plus continuer comme avant.

- Tu déménages ? demanda Brian d'une voix posée qui ne trahissait pratiquement pas l'orage qui grondait dans ses veines.

- Je veux rester ici, » dit Justin, en le regardant.

Il détailla le visage de Brian.

Je ne peux pas ne pas être avec toi. Il aurait voulu avoir le courage de prononcer ces mots à voix haute, mais avoir énoncé ses sentiments étaient bien assez. Il était suffisant que Brian sache qu'il était attaché à lui de cette manière, inutile qu'il ne réalise à quel point.

« D'accord. »

Justin se demanda si cela allait créer un climat de gêne entre eux. Une sorte de barrière que Brian se sentirait obligé de placer, comme pour toujours lui rappeler sa place et ce qu'il n'aurait jamais.

Sur la chaine de musique, un vieux clip de Queen se mit à passer. Justin n'eut bientôt qu'une envie, couper la télévision, même si c'était pour affronter le silence.

I can't live with you, but I can't live without you.

« Je crois que cela vaut mieux si on arrête de coucher ensemble, » dit Justin.

Brian arqua un sourcil, un sourire narquois imprimé sur ses lèvres, comme s'il se moquait de ce que Justin pouvait bien ressentir. C'était peut-être le cas, et le jeune artiste se retrouva déçu, comme s'il avait espéré jusqu'à la dernière seconde que Brian puisse changer d'avis.

«Je vais me coucher, » dit-il. « Bonne nuit Brian. »

Il n'attendait aucune réponse, aussi se leva-t-il pour rejoindre sa chambre. Il n'entendit pas la réponse de Brian, perdue dans un murmure. « Bonne nuit, Sunshine. »

I can't live, if you stay, but I can't live if you go away


A suivre...

Crédits : Taste in men, Placebo - I can't live with you, Queen

Traduction Queen : Je ne peux pas vivre avec toi mais je ne peux pas vivre sans toi. Je ne peux pas vivre si tu restes, mais je ne peux pas vivre si tu t'en vas.

Les choses bougeront dans le prochain chapitre :)